Prosper Jollois (1776–1842)
Chronologie
1776
- 4 jan.
Naissance de Jean-Baptiste-Prosper à Brienon-l’Archevêque, en Bourgogne (Brienon-sur-Armançon depuis la Révolution, à 25 km au nord d’Auxerre).
Il est le second fils de Jean-Baptiste Jollois (35 ans, avocat en parlement et notaire à Brienon) et Marie-Colombe Lemuet (26 ans).
1792
(15 ans)-
Après de solides études à l’école militaire d’Auxerre, il se destine à l’architecture, mais l’abolition de la monarchie (journée du 10 août 1792) bouleverse ses plans.
1794
(17 ans)- 1794–1798
Il est admis dans la première promotion de l’École polytechnique, connue sous le nom de
promotion de l’an III
.L’École venait d’être fondée par la Convention (décret du 28 septembre 1794) pour remplacer les anciennes écoles d’ingénieurs. Jollois avait à peine l’âge requis pour être candidat.
Il y devient
chef de brigade
(1796), et une fois diplômé (1798) est admis à l’École nationale des ponts et chaussées.Les ponts et chaussées était alors devenue une sorte d’
école d’application
pour nouveaux polytechniciens. 1798
(21 ans)- 1798–1801
Campagne d’Égypte.
Avec d’autres camarades de la même promotion (notamment Édouard de Villiers du Terrage, avec qui il se liera d’amitié), il rejoint la Commission des sciences et des arts qui accompagne Bonaparte en Égypte.
La flotte quitte Toulon le 19 mai 1798 ; Jollois est à bord du Guerrier. Le 1er juillet les troupes débarquent à Alexandrie, le 2 la ville est prise, et le 3 les savants sont autorisés à débarquer. Le Caire est prise à son tour le 24 juillet et l’Institut d’Égypte y est fondé le 22 août.
Jollois et Villiers parcourent le pays, multipliant notes et découvertes.
Après le départ de Bonaparte (août 1799) et l’assassinat du général Kléber (14 juin 1800) la dynamique est rompue. Les savants se replient bientôt à Alexandrie avec leur matériel, leurs notes et les objets amassés. Ils obtiennent l’autorisation d’embarquer pour la France (13 mai 1801) mais les Anglais, qui bloquent le port, ne les laissent passer qu’après avoir prélevé une partie des objets (dont la pierre de Rosette).
Embarqué à bord de l’Amico Sincero, Jollois voyagera du 25 septembre 1801 au 10 janvier 1802, date de son arrivée à Brienon.
1802
(25 ans)-
Les années qui suivent leur retour, Jollois et Villiers se consacrent à la publication des travaux de l’expédition.
Jollois est nommé secrétaire de la commission chargée de la publication de la Description de l’Égypte (une vingtaine de volumes illustrés, publiés entre 1807 et 1822).
1814
(38 ans)- 30 sep.
Première Restauration. — Il est fait chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur.
1818
(41 ans)-
Maison natale de Jeanne d’Arc.
Le 20 juin 1818, le département des Vosges acquiert la maison de la famille d’Arc pour 2.500 francs à son propriétaire, le brave Gérardin, qui en avait refusé 6.000 à un comte prussien venu se recueillir lors de l’invasion de la France en 1815. Le 5 août, Louis XVIII approuve l’acquisition et le 12 octobre octroie une somme de 20.000 fr. pour élever un monument à la mémoire de Jeanne d’Arc à Domremy, fonder une école de jeunes filles et payer l’entretien d’une sœur de charité chargée de la diriger.
1819
(42 ans)-
Le département achète également les batisses avoisinantes et vote 3.000 fr. supplémentaires pour l’ensemble des travaux.
Jollois rentre dans la carrière des Ponts et chaussées. Il est nommé ingénieur en chef du département des Vosges. C’est à lui qu’est confiée la direction des travaux.
En plus du monument (une fontaine sur la place de Domremy) et de l’école, il restaure la maison de Jeanne d’Arc. Notamment, il réinstalle le tympan sculpté à sa place initiale.
1820
(43 ans)-
La première pierre est posée le 25 juin. L’inauguration du monument, le 10 septembre, est l’occasion d’une grande fête à laquelle participe une délégation d’Orléans emmenée par son maire.
1821
(44 ans)-
Jollois compose, à l’intention des visiteurs, une Notice sur le monument, la maison et Domremy. Puis il décide de la faire précéder d’une Histoire abrégée de Jeanne d’Arc, d’après celle de Le Brun de Charmettes (1817).
M. Le Brun des Charmettes a publié le travail le plus étendu et en quelque sorte le plus complet qui ait été entrepris sur la Pucelle d’Orléans. Son ouvrage est plein d’érudition et de recherches. Je ne pouvais donc mieux faire que d’y puiser les matériaux que comportait le cadre que j’avais à remplir. Aussi ne doit-on considérer ce que je publie aujourd’hui que comme un extrait de ce grand travail, où j’ai cherché à rapprocher les faits, à les presser davantage, afin de montrer, pour ainsi dire à la fois, tout ce qui a rapport à la libératrice de la France. — (Avant-propos, p. VII-VIII.)
Les notables du département le convainquent de le faire imprimer. C’est son premier ouvrage sur l’héroïne, dédicacé à Louis XVIII et imprimé par l’imprimeur du roi. L’exécution des illustrations est confiée à Charles Pensée, peintre d’Épinal.
Lire : Histoire abrégée de la vie et des exploits de Jeanne d’Arc
- 26 fév.
Il épouse à Paris, Amélie Soufflot de Palotte (24 ans), fille d’un négociant d’Auxerre.
1822
(45 ans)-
La ville d’Orléans, voulant lui donner un témoignage de gratitude, l’invite aux fêtes johanniques du 8 mai. Une amitié réciproque se noue avec les historiens locaux.
Il demande et obtient d’être nommé ingénieur en chef du département du Loiret ; devient bientôt membre correspondant de la Société royale des sciences, belles-lettres et arts d’Orléans et publie dans les Annales de la Société.
Exemple : Notice sur un coffre ancien qui se voit dans la sacristie de l’église de Saint-Aignan (année 1824, p. 81, Gallica)
1829
(52 ans)-
Exploitant les décennies de recherches de l’abbé Dubois, érudit local décédé fin 1824 avant d’avoir pu publier, il compose une Histoire du siège d’Orléans, qu’il achève fin 1829. Dans sa préface il rend hommage à l’abbé.
Nous devons consigner ici que nous aurions difficilement rempli la tâche que nous nous sommes imposée, si nous n’avions été puissamment aidé par les recherches immenses de feu l’abbé Dubois, théologal de l’église cathédrale d’Orléans, dont les manuscrits déposés à la bibliothèque publique nous ont été communiqués par le bibliothécaire. — (Préface, p. IV.)
Il la présente à la Société des sciences (début 1830, rapport fait dans la séance du 19 mars). Dans l’intention de la publier, il fait à nouveau réaliser des gravures par Charles Pensée, qui l’a suivi à Orléans.
1830
(53 ans)-
Il est nommé ingénieur en chef du département de la Seine. Ses nouvelles occupations l’obligent à reporter la publication de son Histoire.
1832
(55 ans)-
Après son installation à Paris, il est admis membre titulaire de la Société royale des Antiquaires de France (9 mars 1832). Il sera élu vice-président en 1834 et président en 1835.
1833
(56 ans)-
Publication de son Histoire du siège.
Lire : Histoire du siège d’Orléans
1834
(57 ans)-
Publication d’une Notice sur les monumens élevés en France à la mémoire de Jeanne d’Arc, toujours illustrée par Charles Pensée. (Paris, Dupont et Laguionie, 14 p.)
1840
(64 ans)- 7 mai
Il est élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur.
1842
(66 ans)- 24 jun.
Il décède à Paris, dans son cabinet de travail. Il est inhumé au cimetière de Montmartre.
Références
Notice biographique de Jollois par Alfred Maury, dans Annuaire historique du département de l’Yonne, 1848, p. 33-42, Google
Prosper Jollois, Journal d’un Ingénieur attaché à l’expédition d’Égypte, 1798-1802, notes de voyages et d’archéologie, Paris, 1904, Archive
Édouard de Villiers du Terrage, Journal et souvenirs sur l’expédition d’Égypte, 1798-1801, Paris, 1899, Google