Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Jeanne parmi les soldats

Jean Dunois

Elle dépassait en tempérance toute autre personne vivante. Jean d’Aulon, que le roi avait chargé d’accompagner et de protéger Jeanne, disait ne pas croire qu’il existât femme plus chaste qu’elle. En présence de Jeanne, lui-même comme d’autres n’avaient plus de désir charnel envers aucune femme ; ce qui paraît au déposant comme chose venant presque de Dieu.

Raoul de Gaucourt

Jeanne était sobre au boire et au manger ; de sa bouche ne sortaient que de bonnes paroles, servant à édifier et à donner un bon exemple ; elle était chaste, à sa connaissance aucun homme n’a jamais été de nuit en sa compagnie, au contraire elle dormait toujours avec une femme dans sa chambre.

Elle se confessait souvent et s’adonnait assidûment à la prière. Elle écoutait la messe chaque jour et recevait fréquemment le sacrement de l’eucharistie. Elle ne supportait pas qu’on jure ou blasphème en sa présence et haïssait de telles choses, en actions comme en paroles.

Guillaume de Ricarville

Elle eut une vie très belle. Elle était sobre au boire et au manger, chaste, pieuse, entendant chaque jour la messe, confessant ses péchés très souvent et communiant chaque semaine avec une dévotion fervente. Elle reprenait les hommes d’armes quand ils blasphémaient, juraient, ou commettaient quelques méfaits ou faisaient des actes de violence.

André Bordes

A vu Jeanne faire des reproches à des hommes d’armes, quand ils reniaient ou blasphémaient le nom de Dieu. Il en vit certains, de vie très dissolue, qui se convertirent et s’arrêtèrent de mal faire à la suite des exhortations de Jeanne.

Jeanne

Jeanne était bonne catholique, simple, humble, d’un saint comportement, pudique et chaste, détestant les vices et reprenant ceux qui s’y adonnaient parmi les hommes d’armes.

Renaude

Se souvient un jour avoir vu un grand seigneur qui marchait en pleine rue, en jurant vilainement et reniant Dieu. Jeanne le vit et l’entendit, et très troublée, s’approcha de lui et le prit par le cou en disant : Ah ! Osez-vous renier notre Seigneur et maître ! En nom Dieu vous vous dédirez avant que je parte d’ici. [Citation en français.] Alors le seigneur se repentit et s’amenda.

Louis de Coutes(page de Jeanne)

Jeanne toujours une femme avec elle la nuit ; et si elle ne pouvait en trouver, comme en campagne, elle couchait tout habillée.

Elle ne voulait pas de femmes dans l’armée. Un jour, près de Château-Thierry, elle surprit la concubine d’un soldat à cheval et la poursuivit l’épée dégainée ; elle ne la frappa pas mais lui conseilla avec douceur et bonté de ne plus se trouver en compagnie des soldats sous peine de désagrément.

Gobert Thibaut

En campagne Jeanne était toujours avec des gens d’armes ; plusieurs de ses familiers disaient pourtant n’avoir jamais eu de désir à son égard ; et que si parfois leur venait une impulsion charnelle, jamais cependant ils n’osèrent diriger leur pensée vers elle, comme si elle ne pouvait être l’objet de concupiscence. Ils parlaient souvent entre eux du péché de chair, mais dès qu’il la voyait approcher, ils ne pouvaient plus continuer et aussitôt abandonnaient leur impulsion charnelle. Le témoin voulut vérifier et en interrogea plusieurs qui avait couché en sa compagnie : tous le confirmèrent ; ajoutant que jamais ils n’eurent de désir charnel lorsqu’ils la regardaient.

Simon Beaucroix

Jeanne recommanda à tous les hommes d’armes de se confesser en leur assurant que s’ils étaient en bonne condition, Dieu leur accorderait la victoire.

Jeanne était bonne catholique, craignant Dieu ; elle se confessait tous les deux jours, communiait chaque semaine, et entendait la messe chaque jour. Elle exhortait les hommes d’armes à bien vivre et à se confesser souvent.

Lui-même n’eut jamais envers elle le désir de mal agir. — Jeanne couchait toujours avec des jeunes filles ; et ne voulait pas de vieilles femmes. — Elle détestait jurons et blasphèmes, et reprenait ceux qui juraient ou blasphémaient. — Elle interdisait les pillages et refusait la nourriture qu’elle savait volée. Elle s’irrita un jour contre un Écossais qui lui fit savoir qu’elle avait mangé d’un veau volé et voulu le frapper. — Elle ne voulait jamais voir de femmes de mauvaise vie dans l’armée ; aucune d’elles n’aurait osé se trouver devant elle ; et si Jeanne en rencontrait une, elle devait soit partir, soit se faire épouser.

Jean Barbin

Les hommes d’armes la voyaient comme une sainte tant elle se comportait selon Dieu ; personne n’aurait pu lui faire des reproches.

Marguerite La Touroulde

Ceux qui la conduisirent auprès du roi disaient qu’à première vue ils la crurent folle, et avaient eu l’intention de la faire enfermer. Mais à peine partis, ils furent prêts à tout faire pour elle, désiraient autant qu’elle-même la présenter au roi, et n’auraient pu aller contre sa volonté. Ils eurent au début le désir de la rechercher charnellement, mais au moment de lui en parler avaient tellement honte qu’ils n’osaient le faire ou lui dire une parole.

Jean d’Alençon

Jeanne était chaste et détestait ces femmes qui suivaient les armées. Il la vit à Saint-Denis, au retour du sacre, qui en poursuivait une, l’épée tirée du fourreau, si bien qu’elle en cassa son épée.

Elle détestait aussi entendre les hommes d’armes jurer, et les réprimandait beaucoup, surtout le témoin, qui se retenait de jurer dès qu’il la voyait.

En campagne il coucha avec Jeanne et les hommes d’armes à la paillade [en français] ; il la vit parfois s’habiller, et parfois voyait ses seins, qui étaient beaux. Il n’eut cependant jamais aucun désir charnel à son endroit.

Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)

Elle exhortait aussi les hommes d’armes à se joindre, mais ils devaient s’être confessés le jour même ; et tous les prêtres étaient prêts à confesser ceux qui le voulaient.

La bastille fut prise et ses défenseurs anglais faits prisonniers ; beaucoup furent tués aussi et Jeanne en eut grande douleur, elle les plaignait car ils étaient morts sans confession ; et aussitôt elle se confessa au témoin. Elle lui demanda également d’exhorter tous les soldats à se confesser leurs péchés et à rendre grâce à Dieu pour la victoire ; ou bien elle abandonnerait leur compagnie.

En campagne, Jeanne se logeait toujours à part avec des femmes.

Jeanne souhaitait que si elle mourait, le roi fît bâtir des chapelles, afin de prier Dieu pour le salut de l’âme de tous ceux morts dans la guerre, pour la défense du royaume.

Simon Charles

Jeanne blâmait fort les hommes d’armes lorsqu’elle les surprenait à mal faire.

Pierre Milet

Jeanne reprenait ceux de son entourage qui blasphémaient ou juraient, surtout les gens d’armes. Elle chassait les femmes qui suivaient les hommes d’armes.

Seguin de Seguin

On demanda à Jeanne pourquoi elle avait un étendard, elle répondit qu’elle ne voulait pas se servir de son épée, ni tuer quelqu’un. — Jeanne détestait entendre jurer le nom de Dieu en vain, et avait horreur de ceux qui juraient ; elle disait à La Hire, qui avait l’habitude de dire beaucoup de jurons et de renier Dieu, qu’il reniât son bâton. Et ensuite ce La Hire, en présence de Jeanne eut coutume de renier son bâton.

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