Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Vaucouleurs

14 témoins :

Jean Morel(parrain de Jeanne)

Quand Jeannette partit de la maison paternelle, elle alla deux ou trois fois à Vaucouleurs pour parler au bailli [Baudricourt, bailli de Chaumont].

Béatrice(marraine)

Jeannette alla à Vaucouleurs quand elle quitta la maison paternelle.

Jeanette(marraine)

Ne sait rien, mais a entendu dire qu’un de ses oncles conduisit Jeanne à Vaucouleurs.

Louis de Martigny

A entendu dire que, quand elle voulut aller en France, elle alla voir le seigneur bailli de Chaumont [Baudricourt] et ensuite le seigneur duc de Lorraine ; et le seigneur duc lui donna un cheval et de l’argent ; et ensuite les nommés Bertrand de Poulengy, Jean de Metz, Jean de Dieuleward et Colet de Vienne la conduisirent vers le roi.

Bertrand Lacloppe

Un homme de Burey-le-Petit vint au village de Domrémy pour chercher Jeannette, et il la conduisit à Vaucouleurs pour parler au bailli [Baudricourt, bailli de Chaumont]. A entendu dire que ce bailli l’envoya au roi.

Perrin Drappier(marguillier)

Quand Jeanne voulut partir de la maison paternelle, elle alla avec un Durand Laxart, son oncle, à Vaucouleurs pour parler à Robert de Baudricourt, alors capitaine de ce Vaucouleurs.

Gérard Guillemette(ami d’enfance)

Lorsque cette Jeannette partit du domicile paternel, il la vit passer devant cette maison avec un oncle, nommé Durand Laxart ; et alors Jeannette dit à son père : Adieu ! Je vais à Vaucouleurs. Et ensuite il entendit dire qu’elle allait en France.

Isabelle(amie d’enfance)

A entendu ceci de Durand Laxart, qui la conduisit au sire Robert de Baudricourt : elle lui demanda de dire à son père qu’elle allait aider la femme de ce Durant qui était en couches, afin qu’il pût la conduire audit sire Robert.

Mengette(voisine et amie d’enfance)

Quand Jeannette voulut aller à Vaucouleurs, elle fit venir Durand Laxart, pour faire savoir à ses père et mère qu’elle allait chez ce Durand Laxart, demeurant à Burey-le-Petit afin de rendre service à sa femme ; et en partant elle dit à elle qui témoigne : Adieu ! la recommandant à Dieu, puis alla à Vaucouleurs.

Colin

A entendu Durand Laxart dire qu’elle le pressait de la conduire à Vaucouleurs, car elle voulait aller en France ; elle lui demandait aussi de dire à son père qu’elle se rendait à la maison dudit Durand, pour aider sa femme en couches ; et ainsi fit ledit Durand. Alors, avec le consentement de son père, elle se rendit à la maison de Durand, qui la conduisit à Vaucouleurs pour parler à Robert de Baudricourt.

Jean de Metz

Elle était habillée de pauvres vêtements de femme, de couleur rouge et logeait chez un certain Henri le Royer. Il l’interrogea : Que faites-vous ici ? Convient-il que le roi soit chassé du royaume et que nous soyons anglais ? Elle répondit : Je suis venue trouver Robert de Baudricourt pour être conduite au roi, mais il m’ignore. Il faut pourtant que je sois auprès du roi avant la mi-carême, dussé-je y perdre les jambes jusqu’au genou, car nul au monde, ni rois, ni ducs, ni fille du roi d’Écosse ou autres, ne peut recouvrer le royaume de France. Je préférerais filer auprès de ma mère mais il faut que j’aille car mon Seigneur le veut. Il lui demanda qui était ce Seigneur, elle répondit que c’était Dieu. Alors, lui touchant la main, il promit de la conduire vers le roi, avec l’aide de Dieu.

Il lui demanda ensuite quand elle voulait partir ? Plutôt aujourd’hui que demain, et demain qu’après. Avec ses vêtements ? elle répondit préférer des vêtements d’homme ; il lui remit l’habit d’un de ses serviteurs, puis les habitants de la ville de Vaucouleurs lui firent faire un costume d’homme et des chausses, des guêtres et tout le nécessaire, et lui donnèrent un cheval valant environ seize francs.

Ainsi équipée elle se rendit [à Nancy] auprès du duc Charles de Lorraine, qui lui avait délivré un sauf-conduit ; le témoin l’accompagna jusqu’à Toul [à mi-chemin]. Elle fut de retour à Vaucouleurs au début du Carême (cela fera bientôt 27 ans).

Le témoin et Bertrand de Poulengy la conduisirent au roi à Chinon, à leur frais, avec deux serviteurs, Colet de Vienne, messager royal, et un certain Richard l’Archier.

Durand Laxart(l’oncle de Jeanne)

Elle voulut aller trouver Robert de Baudricourt pour qu’il la fasse conduire auprès du dauphin ; mais celui-ci répéta plusieurs fois au témoin qu’il devrait la reconduire chez son père et lui donner des gifles. Après le refus de ce Robert, Jeanne accepta les vêtements du témoin et dit qu’elle voulait partir ; il la conduisit à Vaucouleurs.

À son retour, les habitants de Vaucouleurs lui achetèrent des vêtements d’homme, et un équipement. Le témoin et Jacques Alain, de Vaucouleurs, lui achetèrent un cheval, douze francs, que lui remboursa Baudricourt.

Jean Moreau(habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy)

Lui-même est natif de Viéville près de Lamothe en Bassigny, non loin de Domrémy. Il n’a pas connu ni Jeanne, ni ses parents, mais à l’époque où Jeanne se trouvait auprès du roi de France, il apprit de deux marchands chaudronniers Nicolas Saussart et Jean Chando, comment Jeanne avait quitté la Lorraine. Elle s’était rendue à Vaucouleurs afin de convaincre Baudricourt qu’elle devait être conduite au roi de France, tant et si bien qu’il fut content de le faire. Arrivée à Chinon, on lui désigna un autre que le roi, à elle qui ne l’avait jamais vu, mais elle reconnut que ce n’était pas le roi. Enfin, après examen de clercs et de docteurs, elle parla au roi. Il n’en entendit plus parler jusqu’à ce qu’il la vît à deux prédications, à Saint-Ouen et au Vieux Marché.

Husson Lemaistre(habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy)

Se trouvait dans son pays natal, quand Jeanne se rendit à Vaucouleurs demander à Baudricourt d’être conduite au roi ; on disait alors que c’était une grâce de Dieu, et que Jeanne était conduite par l’esprit de Dieu. A entendu dire : qu’elle demanda à Baudricourt des gens pour la conduire auprès du sire dauphin ; qu’elle était réputée bonne et honnête jeune fille ; qu’elle séjourna chez une femme vertueuse, appelée la Rousse, demeurant à Neufchâteau ; qu’elle se confessait volontiers et très souvent et communiait.

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