Déposition de Perrin Drappier (marguillier)
Interrogé une fois en 1456.
Perrin Drappier, de Domrémy, âgé d’environ 60 ans. Témoin 12, le 29 janvier.
Art. 1. Lieu d’origine de Jeanne
Jeanne la Pucelle naquit à Domrémy.
Art. 2. Ses parents
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, laboureurs honnêtes et bons catholiques, de bonne renommée, comme il le vit.
Art. 3. Ses parrains et marraines
Jeanne fut baptisée dans la paroisse du village à l’église Saint-Remi ; elle eut à ce qu’on dit parrains et marraines, qu’il ne connaît pas, sauf qu’encore actuellement au village il y a deux femmes passant pour les marraines de ladite Pucelle, à savoir Jeannette, femme de Thevenin Royer, dudit village, et Jeannette, veuve de Thiesselin de Vittel, demeurant à Neufchâteau.
Art. 4. Son enfance
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeannette la Pucelle, dans sa jeunesse et quand elle eut l’âge de raison jusqu’à son départ de la maison paternelle, fut et était constamment une fille bonne, chaste, franche, modeste, ne jurant ni par Dieu ni par ses saints, craignant Dieu. Elle faisait beaucoup d’aumônes.
Art. 5. Son adolescence
[Cf. 4.]
Art. 6. Son assiduité à l’église
Elle allait fréquemment à l’église. Le témoin parle en connaissance de cause, car il était alors marguillier de l’église de Domrémy et il voyait souvent ladite Jeanne venir à l’église, pour les messes et les complies ; et quand le témoin ne sonnait pas les complies, elle le lui reprochait et le blâmait, disant que ce n’était pas bien ; et Jeanne avait promis au témoin de lui donner des galettes afin qu’il fût diligent à sonner les complies.
Jeanne allait souvent, avec sa propre sœur et d’autres personnes, à l’église et ermitage de Bermont, fondé en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie.
Art. 7. Ses occupations
Elle travaillait volontiers, filant et faisant les autres travaux nécessaires ; parfois elle allait à la charrue, et gardait le troupeau à son tour.
Art. 9. L’arbre des fées
L’arbre en question est appelé l’arbre des dames. — Il vit une dame du village, qui était la femme du seigneur Pierre de Bourlemont, et la mère de ce seigneur aller parfois vers cet arbre pour se promener ; avec eux ils emmenaient leurs demoiselles et quelques jeunes filles du village, et ils portaient du pain et du vin avec des œufs. — Au printemps et le dimanche de Lætare, appelé dimanche des Fontaines, les jeunes filles et les jeunes gens du village ont coutume d’aller à cet arbre et aux fontaines ; ils emportent de petits pains et mangent sous cet arbre, et se promènent en faisant des rondes et en chantant. — Jeanne dans sa jeunesse y alla parfois avec les jeunes filles du village, se promener et faire des rondes vers l’arbre et à la fontaine des Rains.
Art. 10. Son départ de Domrémy
Quand Jeanne voulut partir de la maison paternelle, elle alla avec un Durand Laxart, son oncle, à Vaucouleurs pour parler à Robert de Baudricourt, alors capitaine de ce Vaucouleurs.
Art. 11. Les informations commandées par les juges de Rouen
[Article non évoqué.]
Art. 12. Son séjour à Neufchâteau
Quand les gens du village s’enfuirent à Neufchâteau à cause des bandes armées, Jeanne et ses parents y allèrent et y conduisirent leurs animaux ; après trois ou quatre jours elle revint avec son père à Domrémy.