Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

Déposition de Jean Morel (parrain de Jeanne)

Interrogé une fois en 1456.

Enquête de 1456au lieu de naissance de Jeanne

  • Interrogé le mercredi 28 janvier 1456
  • Lieu : Domrémy

Les 34 témoins de l'enquête :

  1. Jean Morel
  2. Dominique Jacob
  3. Béatrice, veuve de Thévenin d’Estellin, marraine
  4. Jeanette, femme de Thévenin Le Royer, marraine
  5. Jean Moen, voisin
  6. Étienne de Syonne
  7. Jeannette, veuve de Thiesselin de Vittel
  8. Louis de Martigny
  9. Thévenin Le Royer
  10. Jaquier de Saint-Amant
  11. Bertrand Lacloppe
  12. Perrin Drappier, marguillier
  13. Gérard Guillemette, ami d’enfance
  14. Hauviette, femme de Gérard de Syonne, amie d’enfance
  15. Jean Waterin, ami d’enfance
  16. Gérardin d’Épinal, le bourguignon
  17. Simonin Musnier, voisin et ami d’enfance
  18. Isabelle, femme de Gérardin d’Épinal, amie d’enfance
  19. Mengette, femme de Jean Joyart, voisine et amie d’enfance
  20. Jean Colin
  21. Colin, fils de Jean Colin
  22. Jean de Metz
  23. Michel Le Buin
  24. Geoffroy de Foug
  25. Durand Laxart, l’oncle de Jeanne
  26. Catherine, femme de Henri Le Royer
  27. Henri Le Royer
  28. Albert d’Ourches
  29. Nicolas Bailly
  30. Guillot Jaquier
  31. Bertrand de Poulengy
  32. Henri Arnolin
  33. Jean Le Fumeux
  34. Jean Jaquard

Lire dans les différentes éditions

Français :

  • Gratteloup (Abrégé, 2023)
  • Duparc (Procès en nullité, t. III, p. 240, 1983)
  • Fabre (Procès de réhabilitation, t. I, p. 84, 1888)

Latin :

  • Duparc (Procès en nullité, t. I, p. 252, 1977)
  • Quicherat (Procès, t. II, p. 387, 1845)
[Parrain de Jeanne.]

Jean Morel, de Greux, laboureur, âgé d’environ 70 ans. Témoin n° 1, entendu le mercredi 28 janvier 1456 à Domrémy.

Art. 1. Lieu d’origine de Jeanne

Jeannette naquit à Domrémy et fut baptisée en l’église paroissiale Saint-Remi.

Art. 2. Ses parents

Son père s’appelait Jacques d’Arc, et sa mère Ysabelle, laboureurs, demeurant tous deux à Domrémy tant qu’ils vécurent ; ils étaient de bons et fidèles catholiques, de bons laboureurs, de bonne renommée et d’honnête conduite, comme laboureurs, car il a parlé souvent avec eux.

Art. 3. Ses parrains et marraines

Fut l’un des parrains de Jeanne. — Marraines : la femme d’Étienne le Royer et Béatrice, veuve de Thiesselin, demeurant à Domrémy ; Jeannette, veuve de Thiesselin de Vittel, demeurant à Neufchâteau.

Art. 4. Son enfance

Lui semble que Jeannette fut bien et convenablement élevée dans la foi et les bonnes mœurs, et telle qu’à peu près tout le monde l’aimait dans le village de Domrémy. Comme toutes les jeunes filles, elle savait ses articles de foi, le Pater noster, l’Ave Maria.

Art. 5. Son adolescence

Jeannette était honnête dans son comportement, comme peut l’être semblable fille, car ses parents n’étaient pas très riches.

Elle allait à la charrue et parfois gardait les animaux dans les champs ; elle faisait les travaux de femme, en filant et accomplissant tout le reste.

Art. 6. Son assiduité à l’église

Elle allait souvent à l’église, au point que parfois les autres jeunes se moquaient d’elle ; elle allait parfois à l’église ou ermitage de Notre-Dame de Bermont, près du village de Domrémy, alors que ses parents la croyaient aux champs, à la charrue ou ailleurs.

Lorsqu’elle entendait sonner la messe et qu’elle était aux champs, elle venait à l’église du village pour entendre la messe, comme le témoin assura l’avoir vu.

Art. 7. Ses occupations

Jeannette filait, allait à la charrue et gardait les animaux, cf. 5e article.

Art. 8. Son assiduité à la confession

Jeannette se confessait à Pâques et lors des fêtes solennelles. Il la vit se confesser à dom Guillaume Fronté, alors curé de la paroisse de Domrémy.

Art. 9. L’arbre des fées

Entendit dire autrefois que des femmes ou personnes surnaturelles, on les appelait fées, allaient anciennement danser sous l’arbre appelé des dames ; mais, à ce qu’on dit, après une lecture de l’évangile de saint Jean, elles n’y vont plus. Encore aujourd’hui, le dimanche de Lætare [4e dimanche de Carême] communément appelé dimanche des Fontaines, et les jours de fêtes au printemps et en été, les jeunes filles et jeunes gens de Domrémy vont sous cet arbre pour danser ; parfois ils y déjeunent ; et en revenant ils vont à la fontaine aux Rains, qui est plus près du village que l’arbre, en se promenant et chantant, y boivent son eau et autour s’amusent à cueillir des fleurs. — Jeanne y allait parfois avec les autres jeunes filles et faisait comme les autres ; il n’entendit jamais dire que Jeannette fût allée seule, ni pour d’autres raisons, à cet arbre et à cette fontaine, si ce n’est pour se promener et s’amuser comme les autres.

Art. 10. Son départ de Domrémy

Quand Jeannette partit de la maison paternelle, elle alla deux ou trois fois à Vaucouleurs pour parler au bailli [Baudricourt, bailli de Chaumont].

Il entendit dire que le seigneur Charles, duc de Lorraine, voulut la voir et lui envoya un cheval de poil gris, suivant ses dires.

Ajoute qu’au mois de juillet, lui, témoin qui parle, alla à Châlons lorsqu’on disait que le roi allait à Reims pour se faire sacrer, et là il vit ladite Jeanne qui lui donna une veste rouge qu’elle avait revêtue.

Art. 11. Les informations commandées par les juges de Rouen

Ne sait rien.

Art. 12. Son séjour à Neufchâteau

Quand Jeanne alla à Neufchâteau à cause des bandes armées, elle fut toujours en la compagnie de ses père et mère. Ils y restèrent quatre jours et rentrèrent à Domrémy. Le témoin le sait, car il fut avec d’autres dudit village à Neufchâteau et vit alors Jeannette et ses père et mère.

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