Manuscrits de Jeanne d’Arc

Manuscrit Latin 5970 de la BnF

Une des trois exemplaires authentiques du procès de Réhabilitation (exemplaire de la famille d’Orléans).
Première page du manuscrit.
(Source gallica.bnf.fr / BnF)

Description

  • Localisation : BnF / Département des Manuscrits
  • Cote : Latin 5970, BnF
  • Description : 207 folios de vélin ; signée à chaque recto par les notaires officiels Denis Le Comte et François Ferrebouc
  • Contenu :
    • Le procès de Réhabilitation en entier, dont les traités (204 ff.)
    • Une épopée en vers latin sur la délivrance d’Orléans, ~1460 (3 ff.)
  • Version numérisée (Gallica) :
  • Notice (depuis le catalogue de 1744) :

    Processus justificationis Joannæ d’Arc, vulgo dictæ, la Pucelle : exemplar autographum, singulisque paginis Notariorum syngrapha consignatum ; ad calcem subjicitur anonymi carmen de laudibus ejusdem Joannæ.

    Procès de justification de Jeanne d’Arc, communément appelée la Pucelle : exemplaire autographe, contresigné par les notaires à chaque page ; un poème anonyme en l’honneur de Jeanne a été ajouté à la fin.

  • C’est le manuscrit qui a servi de base à l’édition de Jules Quicherat (Procès, t. II et III, 1844-1845). Pierre Duparc (Procès en nullité, 5 vol. 1977-1988) lui préféra le manuscrit Stowe 84 de la British Library, dont Quicherat ignorait l’existence.

Repères

Repères dans le manuscrit :

  • Préface des notaires :

    f°1 r° ; Exigit rationis ordo et recta dispositio equitatis docet, et precipit sacrorum...

  • Chapitre I : f°2 r° ; In Christ nomine, amen.
    • Rescrit du pape Calixte III : f°3 r° ; Calixtus, episcopus, servus servorum Dei,...
    • Citation publiée dans le diocèse de Rouen (changement d’écriture) : f°5 v° ; Johannes, miseratione divina archiepiscopus,...
  • Chapitre II : f°8 r° ; Anno Domini millesimo quadringentesimo quinquagesimo quinto...
  • Chapitre III : f°10 r° (avant dernier §) ; Item anno Domini millesimo quadringentesimo quinquagesimo quinto...
    • Cédule des héritiers de Pierre Cauchon : f°14 r° (3e §) ; Die autem vicesima mensis decembris,...
  • Chapitre IV (101 articles) : f°18 r° (dernière ligne) ; Item tenor articulorum. Sacre dixerunt sanctiones...
    • Article 1 : f°18 v° ; In primis protestantur quod nulli malitiose...
    • Article 24 : f°20 v° ; Item et per quarum ipsi rei principia...
    • Article 50 : f°22 v° ; Item et aliunde manifesta est dictorum...
    • Article 101 : f°26 v° (3e §) ; Item et sunt premissa omnia et singula vera...
  • Chapitre V (enquêtes) : f°32 r° ; Tenores autem informationum, inquestarum et attestationum...
    • Déposition de Manchon (2 mai 1452) : f°33 r° ; Primo. Dominus Guillermus Manchon...
    • Enquête au lieux de naissance de Jeanne (changement d’écriture) : f°49 r° ; Receptis autem in hujus processus exordio una cum libris...
    • Déposition de Poulengy (changement d’écriture) : f°62 v° ; Nobilis vir dominus Bertrandus de Poulengeyo...
    • Enquête à Orléans : f°65 r° (3e §) ; Item sequitur inquesta facta Aurelianis...
    • Enquête à Paris et à Rouen : f°69 v° (dernier §) ; Sequuntur depositiones testium tam Parisius quam in villa Rothomagensi examinatorum...
    • Dépositions des témoins à Rouen : f°83 r° (dernier §) ; Anno Domini millesimo quadringentesimo quinquagesimo sexto...
    • Dépositions de Jean d’Aulon : f°95 r° (2e §) ; Sequitur consequenter depositio nobilis viri, domini Johannis d’Aulon... (Manque la partie comprise entre : ... in domo conventus nostri Lugdunensis et prestito prius per eum juramento..., à savoir la manière dont Aulon a été convoqué et la lettre de l’archevêque de Reims.) Et premièrement, dit que vingt huict ans a, ou environ, le roy nostre sire estant lors en la ville de Poictiers...
  • Chapitre VI : f°98 v° ; Item Anno Domini millesimo quadringentesimo quinquagesimo sexto die prima mensis junii... (Manque la Continuatio assignationis ad dicendum [9 juin] et la Declaratio contumacie [10 juin]. Variante de la Continuatio assignationis predicte par rapport au ms. 17013.)
  • Chapitre VII : f°104 r° ; Subsequente autem die crastina, que fuit dies secunda mensis julii... (Variante par rapport au ms. 17013.)
  • Chapitre VIII (traités sur la matière du procès) : f°110 r° ; Presentatis igitur coram prefatis dominis delegatis...
    • Jean Gerson (3e §) : Et primo, incipit opusculum magistri Johannis de Jarsonno...
    • Hélie (de Bourdeilles), évêque de Périgueux : f°111 r° ; Sequitur consideracio reverendi patris domini Helye episcopi Petragoricensis...
    • Thomas Basin : f°132 v° ; In Nomine Domini nostri Jhesu Christi Incipit oppinio et consilium Thome Lexoviensis episcopi...
    • Martin Berruyer, évêque du Mans : f°144 r° ; Ad gloriam Dei. Juste quod justum est persequeris, Deuteronomii...
    • Jean Bochard, évêque d’Avranches : f°151 r° ; Cum citra paucos dies, propter nonnulla mee Abrincensis ecclesie agenda...
    • Jean de Montigny : f°153 r° ; Premissa excusatione : qua summe indigeo, tum ratione arduitatis materie...
    • Guillaume Bouillé : f°160 r° ; Ad honorem et gloriam Regis regum qui causas defendit innocentum...
    • Robert Ciboule : f°164 r° ; Sequitur consideracio seu opinio venerabilis viri magistri Roberti Siboule...
    • Inspection des instruments à Paris : f°174 r° (3e §) ; Post presentationem igitur dictarum allegationum...
    • Jean Bréhal (Recollectio) : f°175 r° ; Sequitur recollectio predicta, continens nona capitula circa materiam processus... [Dans la marge :] Frater Johannes Brehal predicator sacre theologie et in regno Francie in[quisitor].
  • Chapitre IX : f°202 r° ; Factis igitur visitationibus, examinationibus et deliberationibus...
    • Signature des notaires Comitis (Le Comte) et Ferrebouc : f°204 r° ;
      Et ego Dionysius Comitis...
      Signature de Denis Lecomte (Procès de Réhabilitation de Jeanne d’Arc, manuscrit BnF latin 5970)
      Denis Lecomte
      (Source gallica.bnf.fr / BnF)
      Et me Francisco Ferrebouc...
      Signature de François Ferrebouc (Procès de Réhabilitation de Jeanne d’Arc, manuscrit BnF latin 5970)
      François Ferrebouc
      (Source gallica.bnf.fr / BnF)
  • Poème inédit, en vers latin, sur l’arrivée de la Pucelle et sur la délivréance d’Orléans. f°205 r° ; Scribere fert animus gestorum pauca Puelle...

    Reproduit par Quicherat, t. V, p. 24-43.

Aperçu

On remarque qu’il manque le premier E de Exigit au début du manuscrit ; l’emplacement laissé vacant aurait dû accueillir un E enluminé, à l’instar du manuscrit Latin 17013 :

Première page du procès de Réhabilitation de Jeanne d’Arc, manuscrit BnF latin 5970)
Première page du ms. Latin 5970
(Source gallica.bnf.fr / BnF)
Première page du procès de Réhabilitation de Jeanne d’Arc, manuscrit BnF latin 17013)
Première page du ms. Latin 17013
(Source gallica.bnf.fr / BnF)

Commentaires des historiens

  • Pierre Duparc, Procès en nullité, t. I, 1977, p. XI :

    Le ms. latin 5970 de la Bibliothèque nationale à Paris, grand in-folio de 207 folios de vélin, est signé à chaque recto par les notaires Denis Le Comte et François Ferrebouc ; il comporte leurs attestations et leurs seings à la fin. Cet exemplaire soigné, avec quelques lettres ornées, fut probablement remis à Charles d’Orléans, ou à son frère naturel, le comte de Dunois, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc. Conservé d’abord dans la bibliothèque du château de Blois, il entra dans la bibliothèque du roi avec l’avènement de Louis XII. C’est le manuscrit de base pris par Quicherat pour son édition.

    Note : Pour son édition, Duparc lui préférera le manuscrit Stowe 84 du British Museum.

Chronologie

  • ~1456

  • Bibliothèque de Charles d’Orléans. — Le manuscrit est relié en velours violet et rejoint la bibliothèque du duc Charles d’Orléans (1394-1465) au château de Blois.

    L’historienne Nicole Pons pense que le premier récipiendaire du manuscrit fut Dunois (le bâtard d’Orléans) plutôt que son père Charles (voir).

  • 1501

  • Bibliothèque royale de Blois. — Louis d’Orléans (1462-1515, fils de Charles), devenu roi sous le nom Louis XII à la mort de Charles VIII en 1498, fait du château de Blois une résidence royale. En 1501 il y installe la bibliothèque royale qui réunit :

    • la bibliothèque de Charles d’Orléans, son père ;
    • la bibliothèque de Charles VIII, son prédécesseur (auparavant au château d’Amboise).

    En 1507 le célèbre jurisconsulte Guillaume Benoît de passage à Blois remarque le manuscrit du procès dans la nouvelle bibliothèque royale (voir).

  • 1515

  • À son avènement, François Ier hérite de l’ensemble et ordonne un inventaire. Le Catalogues de Blois est établi par le dominicain Guillaume Petit en 1518 ; le manuscrit du Procès y est répertorié.

    Guillaume Petit (ou Parvy), confesseur de Louis XII puis de François Ier, fut nommé la même année évêque de Troyes (14 novembre 1518), puis de Senlis (28 mars 1528). Il est l’un des fondateurs du Collège de France (1530).

  • 1544

  • Bibliothèque royale de Fontainebleau. — François Ier ordonne que la bibliothèque royale soit transférée du château de Blois à celui de Fontainebleau. Les collections sont transportées du 23 mai au 5 juin (environ 1.890 volumes). Le roi commande un nouvel inventaire et un important programme de reliures des manuscrits.

    La transformation du vieux château médiéval de Fontainebleau avait été ordonnée par François Ier en 1527. Il devient rapidement son lieu de résidence favori et le berceau de la Renaissance française.

  • 1568

  • 1568–1721

    Bibliothèque royale à Paris. — Dans la tourmente des guerres de religion, Charles IX fait acheminer la bibliothèque à Paris (environ 4.000 volumes), où elle connaîtra de nombreux déménagements au fil des décennies et des rois.

    Quartier de la Sorbonne :

    • 1595-1604 : (Henri IV) Collège de Clermont (futur Collège de Louis le Grand), rue Saint-Jacques ;
    • 1604-1622 : (Henri IV, Louis XIII) Couvent des Cordeliers ;
    • 1622-1666 : (Louis XIII, Louis XIV) Collège Saint-Côme, rue de la Harpe ;

    Site Richelieu (sous l’impulsion de Colbert) :

    • 1666-1721 : (Louis XIV, Régence) rue Vivienne ;
    • 1721 : (Régence, Louis XV) rue de Richelieu (aujourd’hui hôtel de Nevers), l’actuel site Richelieu de la BnF ;
  • 1625

  • 1625–1630

    C’est sans doute l’exemplaire qu’emprunte Edmond Richer à Charles du Lys (1559-~1632) pour son Histoire de la Pucelle, comme il l’indique dans son Advertissement au lecteur :

    La troisiesme pièce originale est la revision de ce procez dont j’ai eu deux originaux, l’un du trésor de l’Église Nostre Dame de Paris, l’autre de la Bibliothèque de Monsieur du Lis, conseiller du Roy et son advocat général en sa cour des Aides... — (Éd. Dunand, 1911, p. 39)

    L’exemplaire conservé à Notre-Dame correspond à l’actuel Latin 17013 (BnF). Le troisième manuscrit authentique du procès, actuel Stowe 84 (British Library), était quant à lui entreposé au Trésor des Chartes à la Sainte-Chapelle.

  • 1645

  • Les frères Dupuy dressent un nouveau catalogue de la bibliothèque du roi (alors au collège Saint-Côme). Le manuscrit est coté n° 187 (inscription visible en première page).

    Les frères Pierre et Jacques Dupuy formaient une paire indissoluble dont l’aîné Pierre (1582-1651) était la tête. Ce dernier occupa la charge de garde de la bibliothèque de juin 1645 à sa mort en 1651 ; son frère Jacques (1591-1656) lui succéda.

  • 1682

  • Le bibliothécaire Nicolas Clément réorganise la bibliothèque royale. Les manuscrits sont classés par langues, puis numérotés en une seule série de 1 à 10557 (manuscrits orientaux : 1-1636 ; grecs : 1801-3538 ; latins : 3561-6700 ; français et langues modernes : 6701-10542).

    Le manuscrit du procès est coté n° 6817 (inscription également visible en première page).

    Nicolas Clément (1647-1712), garde de la bibliothèque royale de 1661 à sa mort, en dressa un inventaire général qui servi de base à tous les classements et catalogues jusqu’en 1996 (Cotation Clément).

  • ~1740

  • Les manuscrits sont scindés en plusieurs fonds linguistiques, et renumérotés. Le manuscrit est désormais coté : Ancien fond latin n° 5970, avec comme notice dans le catalogue de 1744 (voir) :

    VM CMLXX. | Codex membranaceus, quo continetur processus justificationis Joannæ d’Arc, vulgo dictæ, la Pucelle : exemplar autographum, singulisque paginis Notariorum syngrapha consignatum ; ad calcem subjicitur anonymi carmen de laudibus ejusdem Joannæ. | Is codex anno 1456. exaratus est.

    5970. | Manuscrit sur parchemin, contenant le procès de justification de Jeanne d’Arc, communément appelée la Pucelle : exemplaire autographe, chaque page étant authentifiée par la signature des notaires ; à la fin est ajouté un poème anonyme en l’honneur de Jeanne. | Ce manuscrit a été rédigé en l’an 1456.

    À l’origine de cette réorganisation. — En 1735 la numérotation des manuscrits en une série unique (Clément, 1682) apparut problématique : comment intercaler un nouveau volume latin entre le dernier latin n° 6700 et le premier français n° 6701 ? quel numéro lui attribuer ? On décida d’ouvrir une sous-série pour chaque langue et d’y renuméroter les manuscrits à partir de 1. Les manuscrits latins anciens (c’est-à-dire acquis avant 1740, date du nouveau classement) constituent l’Ancien Fonds Latin.

Références

  • Guillaume Benoît (1455-1516), jurisconsulte toulousain, Repetitio, t. II (Lyon, 1575), f° 90, §140, Gallica.

    Sicut post obitum Ioannæ Darc (vulgariter la pucelle vocatæ) Cuius divino auxilio regnum tempore Caroli huius nominis VII. Francorum regis, occisis pro meliori parte et fugatis Anglis ereptum, cuius victoriæ ac Franci nominis odio, et cum virili veste fœmina usa esset, nec non de fide catholica male sensisset, ea apud Compendium a Ioanne Luxemburgo (qui eam Anglis venumdedit) capta a quibus hostiliter habita Rhotomagi de facto cremata inhumane fuerat. Isabel mater eius et duo sui fratres heredes fecerunt, qui anno dominicæ incarnationis M. CCCCLV. coram a sede apostolica delegatis indicibus memoriam nobilis ac virtuosæ supra fœminæ vires canonice purgarunt, ne fama eius tam gloriosa, et quæ tam validas nationes vicerat, posteris maculata relinqueretur, de qua et eius interitu plene disserit Gagui. lib. I. c. III. Cuius purgationis processum expos[itum] hoc anno domini M. CCCCCVII. vidi in bibliotheca regia per Chistianissimum regem dominum regem Lud[ovicum] XII. benefactorem meum noviter et magnificæ Blesis erecta in æternam rei memoriam repositum, et in pergameno scriptum.

    Mort de Jeanne d’Arc (communément appelée la Pucelle). Celle qui avait, avec l’aide de Dieu au temps de Charles VII, chassé et tué la plupart des Anglais, fut capturée près de Compiègne par Jean de Luxembourg (qui la vendit aux Anglais), puis détenue à Rouen et brûlée cruellement. En 1455, sa mère et ses deux frères obtinrent des délégués du siège apostolique que la mémoire de cette noble et vertueuse femme soit réhabilitée, afin que son nom si glorieux, ayant triomphé de nations si puissantes, ne soit pas entaché pour la postérité. Robert Gaguin revient en détail sur tout cela au IIIe chapitre de son Ier livre. En 1507 j’ai pu voir un exemplaire de ce procès écrit sur parchemin et placé par le roi très-chrétien Louis XII, mon seigneur et bienfaiteur, dans la nouvelle et magnifique bibliothèque royale de Blois, afin que mémoire éternelle de ces faits demeure.

  • Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale, part. III, t. IV (1744) : Latin 4794-7225, p. 186, Gallica.

    Catalogus codicum manuscriptorum Bibliothecæ regiæ, pars tertia, tomus quartus, M. DCCXLIV.

  • L’Averdy, Notices et extraits, t. III (1790) : Manuscrit XIII (p. 177-180).
  • Paulin Paris, Les Manuscrits françois de la Bibliothèque du roi, t. I (1836), p. 354, Google Books :

    N° 6817. Processus justificationis Joannæ d’Arc. — Ce manuscrit, entièrement latin, a été réuni au fonds latin, sous le n° 5970. Voyez, pour sa description, le Catalogue des manuscrits latins, t. 2, et surtout la Notice du procès et condamnation de Jeanne d’Arc, tirée des différens manuscrits de la Bibliothèque du roy, par M. de L’Averdy. Elle est insérée dans les Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque du roy, t. 3, p. 177.

  • Pierre Champion, Notice des manuscrits du procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc (1930) : Le manuscrit latin 5970 (p. 9-13).

    Le manuscrit latin 5970 est un volume de très grand format in-folio oblong de 207 ff. de vélin, dans une reliure de maroquin rouge aux armes de France sur les plats. Au dos on lit : Processus Justificationis Joannæ Darc, et l’on voit les L affrontés de Louis XV. Ce manuscrit est bien une copie authentique du procès de Réhabilitation, signée à chaque recto par Denis Le Comte et François Ferrebouc ; il porte, à la fin, les attestations authentiques de leur main et le dessin de leurs signets.

  • Nicole Pons (chercheur au CNRS), à propos de l’Épopée sur la délivrance d’Orléans, le poème en vers latin ajouté à la fin du manuscrit 5970 :

    Pour conclure, l’épopée fournit un indice pour préciser le possesseur du manuscrit latin 5970 : Charles d’Orléans ou Dunois. D’une part, le manuscrit n’apparaît pas dans l’inventaire de la bibliothèque de Charles d’Orléans, telle que Léopold Delisle l’a reconstitué. D’autre part, il semblerait plus logique que ce soit le compagnon d’armes de Jeanne d’Arc qui ait reçu un tel témoignage de sa réhabilitation. Enfin, on a vu que l’auteur avait très probablement prévu une épopée en trois livres : le premier consacré à l’enfance de Jeanne et à son arrivée à Chinon, le second à la délivrance d’Orléans, le troisième au sacre de Charles VII. Or, Dunois a été le seul témoins du procès en nullité à affirmer que, en évoquant sa mission, la Pucelle ne mentionnait que la délivrance d’Orléans et le sacre. On connaît les liens de Pierre de La Hazardière avec Charles d’Orléans grâce à son don de deux manuscrits ; rien n’empêche qu’il ait également connu son demi frère et qu’il ait composé son épopée à son intention. Quant à la date de composition, elle ne saurait être très éloignée du prononcé de la sentence et de l’exécution des copies. L’épopée pourrait donc être datée des alentours de 1460. — (Annuaire-bulletin de la Société de l’Histoire de France, 2007, Google Books, p. 108-109).

    Nous ferons remarquer que pour reconstituer son inventaire, Delisle s’est appuyé sur des documents tous antérieurs à 1440, ne pouvant donc mentionner le manuscrit du procès de Réhabilitation :

    Les inventaires qui serviront de base à mon travail sont au nombre de quatre : 1° le catalogue dressé en 1417 [...] ; 2° la liste arrêtée en 1427 [...] ; 3° l’état dressé en 1436 [...] ; le catalogue rédigé vers 1440. — (Delisle, Cabinets des manuscrits, t. I, 1868, Gallica, p. 114-119.)

    Cet argument, comme les deux suivants, ne nous paraissent pas probants pour conclure quant au premier destinataire du manuscrit.

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