Collectif
: Jeanne d’Arc, une époque, un rayonnement (1982)
II. : Notice des sources du procès de condamnation (Jean Fraikin)
227Notice des sources du procès de condamnation de Jeanne d’Arc
- Identification des cinq copies authentiques du procès de condamnation (1431)
- Chaîne de production des documents : notes d’audience, minute française, registre original en latin
- Cinq copies authentiques du registre latin : A, B, C, D, E
- Jusqu’à Champion (1920), trois manuscrits connus : A (parchemin), B (papier), C (papier)
- Doncœur (1961) : Identification d’une copie d’un quatrième manuscrit
- Le Stemma codicum qui en découle
- Une contradiction apparente : Boisguillaume a rédigé les copies A, B, C, Manchon dit en avoir rédigé trois. Hypothèse communément admise : Manchon a rédigé D, E et le registre original latin, qu’il considérait comme un original
- Nouvelle hypothèse et tentative de description des copies perdues : D et E
- Méthode : Exploitation des renvois aux folios des copies authentiques, dans les mémoires de la réhabilitation
- Mémoire de Bouillé (1450, premiers des mémoires) ; les références renvoient à deux manuscrits originaux (originalis) :
- Le processus pergameneus (parchemin)
L’examen des renvois montre que ce n’est pas A ; et que Pontanus, Basin et Bréhal l’ont utilisé.
- Le processus papireus (papier)
L’examen des renvois montre qu’il est distinct de B et C ; et que Leliis l’a utilisé.
- Le processus pergameneus (parchemin)
- Réfutation de l’affirmation d’Edmond Richer qui considérait les deux manuscrits décrits par Bouillé comme des duplicatas de travail
- Le terme originalis chez Bouillé suggère que ces deux manuscrits sont : D, E, ou le registre original latin
- La déposition du notaire Boisguillaume (1456) permet de conclure que D est le processus pergameneus, et fut rédigé par Manchon
- Une nouvelle lecture de la déposition de Manchon (1455) suggère une autre hypothèse pour résoudre la contradiction (3) : Manchon n’aurait rédigé que deux copies authentiques : E est le processus papireus
- Conclusion : D est le processus pergameneus, E le processus papireus
- Production documentaire pendant le procès (janvier-mai 1431)
- Les enquêtes préalables et la phase préliminaire (janvier-février 1431, document perdu)
- La minute française des interrogatoires et le réquisitoire du promoteur d’Estivet (21 février-26 mars 1431)
- Établissement du texte latin définitif (juin-novembre 1431) ; réfutation de la thèse d’une rédaction tardive
- Le registre original en latin et la production des copies authentiques (après le 30 mai 1431)
- Controverse sur la datation tardive
- La thèse de Denifle-Chatelain (1897) : une rédaction en 1435 au plus tôt
- Démonstration de la faiblesse de leurs arguments
- Réexamen des erreurs alléguées : quatre sans importance, une seule significative : sans incidence
- Omission décisive : Cauchon a apposé son sceau d’évêque de Beauvais, alors qu’il était évêque de Lisieux depuis le 8 août 1432
- Nouvelle lecture de l’indication (longtemps après la mort de Jeanne) dans les dépositions des notaires Manchon et Taquel
- Des documents financiers, inconnus de Denifle-Chatelain, indiquent que Cauchon a terminé de s’occuper du procès le 30 novembre 1431 : date de l’apposition de son sceau et donc date limite de rédaction
I. Identification des cinq copies authentiques du procès de condamnation (1431)
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