Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

Guillaume d’Estouteville (~1412–1483)

Issu d’une grande famille normande, c’est en tant que légat du pape auprès de Charles VII que le cardinal d’Estouteville lança l’enquête canonique de Réhabilitation de Jeanne d’Arc, en avril 1452.

Chronologie

  • ~1412

  • Naissance près du château de Valmont, Normandie.

    Par son père, il appartenait à la meilleure noblesse de Normandie. Par sa mère, Marguerite d’Harcourt, il était proche parent de Charles VII. — (Belon-Balme, Réf., p. 6).

  • 1451

    (39 ans)
  • 13 aoû.
    Le cardinal est nommé légat du pape auprès de Charles VII par Nicolas V, afin de rétablir la paix avec l’Angleterre.
  • déc. 1451–avr. 1452
    Il se rend en France accompagné de deux canonistes italiens, Théodore de Lellis et Paul Pontano (secrétaire de la légation). Le 14 décembre, il arrive à Lyon et y reste plus d’un mois ; en février 1452 il rejoint Charles VII à Tours ; fin avril, il se transporte à Rouen.
  • 1452

    (40 ans)
  • avr.–mai

    Enquête sur le procès de Jeanne d’Arc. — Dès son arrivée dans la capitale normande, le cardinal ouvre l’enquête canonique sur le procès de 1431 et s’adjoint l’inquisiteur Jean Bréhal comme co-juge.

    Les témoins sont convoqués (citation du 27 avril) : cinq sont interrogés sur un questionnaire en 12 articles (2 et 3 mai). Contraint de se rendre sans délais à Paris, le cardinal confie l’enquête à Philippe de La Rose (6 mai 1452) : 17 témoins sont interrogés (dont à nouveau les 5 précédents) sur un questionnaire en 27 articles (8 et 9 mai).

    Voir : Questionnaires et dépositions de l’enquête de 1452.

    Le 22 mai, il écrit de Paris au roi que Jean Bréhal et Guillaume Bouillé se mettent en route pour lui porter le résultat de l’enquête.

    Voir : Lettre du cardinal d’Estouteville à Charles VII (Quicherat, V, 366).

  • 11 mai

    Il est reçu avec solennité à Notre-Dame ; discours de Thomas de Courcelles. Le 18 mai, il célèbre la messe de l’Ascension, assisté de Robert Ciboule.

    Le 11, tous les chanoines reçoivent solennellement le légat à Notre-Dame. Le cardinal baise d’abord la croix et les Évangiles, puis reçoit l’eau bénite que lui présente l’évêque de Paris ; il entre dans l’église au son des orgues et de toutes les cloches magnis et parvis, se rend à l’oratoire qu’on lui a préparé devant la statue de Notre-Dame, pénètre ensuite dans le chœur orné de pannes de soie brodées, va prier devant l’autel, écoute le bref discours de Thomas, accorde quelques indulgences au peuple accouru en foule, et se retire au palais épiscopal. Le 18 mai, fête de l’Ascension, l’office pontifical est célébré par le légat a latere assisté de Robert Ciboule, qui chante l’Épître, et de Jean de Courcelles, qui chante l’Évangile. Le légat accorde de nouvelles indulgences et, en compagnie de ceux qui l’ont assisté, va prendre son repas au palais épiscopal. — (André Combes, Réf., p. 151.)

  • 9 jun.
    De passage à Orléans, le cardinal accorde une indulgence d’un an à tous ceux qui suivraient intégralement les exercices de la fête traditionnelle du 8 mai, et une de cent jours pour l’assistance à chacune des cérémonies (Belon-Balme, p. 25).
  • jul.

    Début juillet, le cardinal retrouve Charles VII au château de Mehun.

    Il fut décidé que l’inquisiteur continuerait son œuvre, et s’occuperait sans relâche de recueillir, soit en France, soit à l’étranger, partout où il le jugerait expédient, les consultations des plus savants théologiens et canonistes. — (Belon-Balme, p. 25.)

    Jean Bréhal perçoit 127 livres pour financer sa mission.

  • sep.
    Rappelé à Rome par le pape, le cardinal va prendre congé de Charle VII alors en Forez avec son armée, prêt à s’opposer de vive force aux entreprises du duc de Savoie (Belon et Balme, p. 50). Il s’offre comme médiateur et le 27 octobre un traité de paix est signé à Feurs. Le 10 novembre il écrit de Vienne.
  • 1483

    (71 ans)
  • 24 déc.
    Décès à Rome.

Références

  • Pères Belon et Balme, Jean Bréhal et la réhabilitation (1893), livre I : Les préludes du procès.
  • André Combes, Un témoin du socratisme chrétien au XVe siècle : Robert Ciboule (1403-1458) (1933), dans Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge, vol. 8, pp. 93-259 (167 pages), Gallica.
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