Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

Guillaume Bouillé (~1410–~1495)

Docteur en théologie, dignitaire de l’Université de Paris et conseiller de Charles VII, il joua un rôle essentiel dans la procédure de réhabilitation de Jeanne d’Arc.
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Chronologie

  • 1410

  • Naissance dans le diocèse de Soissons.

    Sa date de naissance n’est pas connue ; nous l’avons estimée plusieurs jalons de son cursus universitaire : arrivée au collège en 1425 (on entrait à la Faculté des arts vers 15 ans) ; bachelier cursor en 1435 (soit après environ 7 ans en arts et 5 ans en théologie).

  • 1425

    (15 ans)
  • 1425–1444

    Université de Paris.

    Il est membre de la Nation française, boursier au collège de Dormans-Beauvais (reçu le 3 août) ; il deviendra sous-maître du collège (1429, ~19 ans) puis maître (1437, ~27 ans) avant de quitter ses fonctions (1451, ~41 ans) après y avoir passé 25 années.

    le collège avait été fondé en 1370 par Jean de Dormans, alors évêque de Beauvais et chancelier de France (sous Jean II, dit Jean le Bon, père de Charles V, grand-père de Charles VI, arrière-grand-père de Charles VII).

    Cursus universitaire :

    • Faculté des arts (1425-1430) : maître ès-arts (1430)
    • Faculté de théologie (1430-1444) : bachelier (1435), licencié (20 jan. 1444), docteur (27 mars 1444)
  • 1429

    (19 ans)
  • 21 mai

    Il est nommé sous-maître du collège de Beauvais.

    Par les commissaires du Parlement Jean Aguenin et Gautier Jayer.

  • 1430

    (20 ans)
  • Il obtient le grade de maître ès-arts et entre à la Faculté de théologie.

  • 1434

    (24 ans)
  • 23 sep.
    Il est élu procureur de la Nation française (et le sera à nouveau en 1437 et 1438).
  • 1435

    (25 ans)
  • Il est bachelier bachelier cursor (21 février 1435, chargé d’expliquer la Bible), bachelier sententiaire (12 février 1439, chargé d’expliquer les Sentences de Pierre Lombard).

  • 1437

    (27 ans)
  • 7 jun.
    Il devient maître du collège de Beauvais.
  • 16 déc.
    Il est élu recteur de l’Université de Paris (pour un trimestre) ; et représentera l’Université à l’assemblée du clergé à Bourges (1438) qui aboutira à la promulgation de la Pragmatique Sanction par Charles VII.
  • 1439

    (29 ans)
  • 21 aoû.
    Il est reçu chanoine de Reims.
  • 1444

    (34 ans)
  • Il est reçu licencié en théologie (20 janvier), puis docteur (27 mars). On le retrouve bientôt maître-régent en théologie.

    Un acte du mois d’août le donne doyen de Soissons.

  • nov.–déc.

    Ambassade de l’Université auprès de Charles VII au sujet des Mendiants.

    Bouillé est élu pour représenter la Faculté de théologie (8 novembre). La délégation part (12 décembre), accompagnée de Gérard Machet (confesseur de Charles VII depuis 1420 et son conseiller).

    Composition de l’ambassade : — représentants des Facultés : théologie : Guillaume Bouillé, décret : Pierre Maugier (futur avocat de la famille d’Arc à la réhabilitation), médecine : Robert Julienne ; — représentants des Nations : France : Jean Solier, Picardie : Jean Baille, Normandie : Pierre Richier, Allemagne : Albert Scriptoris (de Doesborch, diocèse d’Utrecht).

  • 1446

    (36 ans)
  • 11 mai

    Il échange sa prébende de chanoine de Reims contre une chapellenie dans le diocèse de Noyon. L’année suivante on le trouve chanoine de Noyon puis doyen.

  • oct.–déc.

    Ambassade auprès de Charles VII.

    Les ambassadeurs reçoivent leurs instructions le 22 octobre, sont de retour le 6 décembre, et font leur rapport le 13.

    Composition de l’ambassade : Guillaume Bouillé et Robert Julienne.

  • 1447

    (37 ans)
  • 15 fév.
    Il est élu doyen de Noyon, et reçu au cours de la veillée pascale (nuit du 8 au 9 avril).
  • 1448

    (38 ans)
  • oct.–déc.

    Ambassade auprès de Charles VII pour l’union de la paix de l’Église (départ le 28 octobre).

    Composition de l’ambassade : — représentants des Facultés : théologie : Guillaume Bouillé, décret : Pierre Maugier, médecine : Guillaume de La Chambre (assesseur lors du procès de condamnation, témoin à la réhabilitation) ; arts : Jean Boucart.

  • 1449

    (39 ans)
  • sep.–oct.

    Ambassade auprès de Charles VII au sujet des atteintes aux privilèges de l’Université.

    Les ambassadeurs reçoivent leurs instructions (6 août), partent (15 septembre), arrivent auprès du roi (4 octobre). Charles VII était en Normandie, en pleine reconquête de la province.

    Composition de l’ambassade : Guillaume Bouillé et Robert Ciboule (auteur d’un des mémoires de la réhabilitation).

  • 1450

    (40 ans)
  • fév.

    Enquête royale sur le procès de condamnation de Jeanne d’Arc.

    Au lendemain de la reddition de Rouen (29 octobre 1449) et alors que le recouvrement de la Normandie n’est pas achevé, Charles VII charge Guillaume Bouillé, son amé et féal [aimé et fidèle] conseiller d’enquêter sur le procès de 1431.

    Les lettres de commissions, régigées en français, sont datées de Rouen, le 15 février 1450.

    Les 4 et 5 mars, il interroge sept témoins.

    Quatre frères dominicains rouennais Jean Toutmouillé, Ysambart de La Pierre, Martin Ladvenu, Guillaume Duval, le notaire Guillaume Manchon, l’huissier Jean Massieu et le docteur parisien Jean Beaupère (proche de Cauchon).

    Il rédige un mémoire (un codicille, écrit-il en introduction) qu’il joint à l’enquête ; il y établit l’innocence de Jeanne et appelle le roi à procéder à la révision du procès.

    La datation du codicille de Bouillé n’est pas établie : avant ou après l’enquête ? Il est en tout cas probable qu’il s’agisse du premier des mémoires pour la réhabilitation.

    Il reçoit 100 livres tournois pour sa mission.

  • 1452

    (42 ans)
  • mar.

    Ambassade auprès de Charles VII, toujours au sujet des privilèges.

    N’ayant pu s’accorder sur l’envoi d’une ambassade (après opposition de la Nation picarde) l’Université charge deux émissaires de porter au roi leur demande écrite (qui, si elle n’était pas satisfaite, provoquerait la cessation de toute activité académique).

    Émissaires : Guillaume Bouillé et Pierre Maugier.

  • avr.–mai

    Enquête canonique du cardinal d’Estouteville.

    Guillaume d’Estouteville, légat du pape auprès de Charles VII (pour rétablir la paix avec l’Angleterre et réformer l’Université) se rend à Rouen et ouvre l’enquête canonique sur le procès de condamnation de Jeanne. Avec l’aide de l’inquisiteur de France Jean Bréhal, il procède à l’interrogatoire de dix-sept témoins.

    Cinq sont interrogés sur un questionnaire en 12 articles (2 et 3 mai) ; dix-sept (dont à nouveau les cinq précédents) sur un questionnaire en 27 articles (8 et 9 mai).

    Le 22 mai, le cardinal écrit au roi que Bréhal et Bouillé se mettent en route pour lui porter le résultat de l’enquête. Ils le trouvent au château de Chissay (Touraine).

    Bréhal sera chargé par le roi de poursuivre la cause en sollicitant l’avis d’éminents théologiens et juriste. Bouillé fut également impliqué puisque Thomas Basin composera peu après son mémoire d’après les actes du procès transmis par le le vénérable et circonspect seigneur le doyen de Noyon.

  • 1455

    (45 ans)
  • nov. 1455–jul. 1456

    Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc.

    Bouillé intervient tout au long de la procédure qu’il suivit avec autant d’intérêt que d’assiduité.

    Il assiste à l’ouverture du procès à Notre-Dame (17 novembre 1455) où il remet au tribunal une version remaniée de son mémoire de 1450 (qui ne contient plus d’hommage au roi, la procédure de 1456 ne concernant que Jeanne) ; à au moins une audience à Rouen (décembre) ; aux auditions des témoins à Orléans (février-mars 1456) ; aux cérémonies de réparation à Rouen, qui suivent la sentence (du 7 juillet).

    Sa présence est signalée dans les actes suivants : — Paris : citations des témoins à Rouen et Beauvais (17 nov.), procurations d’Isabelle et Pierre d’Arc (18 nov.), de Jean d’Arc (24 nov.) ; — Rouen : réception de la lettre des héritiers de Pierre Cauchon (20 déc.) ; — Orléans : dépositions de Dunois (7 fév.), Ricarville (8 mars), des bourgeois (16 mars).

    Le 8 juillet, au lendemain de la sentence, il est chargé du sermon qui accompagne la pose d’une croix en mémoire de Jeanne sur la place du Vieux-Marché de Rouen. Il s’appuie sur Psaume 104,5 : Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites, de ses prodiges, des jugements qu’il prononça.

    Après avoir rendu compte de l’issue du procès à Charles VII, Bréhal et Bouillé partent à Rome (1457) informer le pape Calixte III.

  • 1456

    (46 ans)
  • 12 avr.

    L’Université le charge de défendre ses droits contre les Mendiants, devant le Parlement de Paris.

    L’Université contestait les privilèges des ordres mendiants (comme celui de pouvoir entendre les fidèles en confession, sans autorisation spéciale de l’autorité diocésaine), confirmés par une bulle du pape Nicolas V (29 juin 1448).

  • 1464

    (54 ans)
  • 16 sep.
    Paul II est intronisé pape (et succède à Pie II). Il fait de Guillaume Bouillé (alors à Rome au nom de l’Université) son chapelain, ainsi que le pénitencier mineur de Saint-Pierre de Rome. En 1467 il renoncera à son office de pénitencier mineur pour rester doyen de Noyon.
  • 1465

    (55 ans)
  • 19 jul.
    Bouillé de retour de Rome fait son rapport à l’Université.
  • 1474

    (64 ans)
  • Il devient doyen de la Faculté de théologie.

    À ce titre il est membre de la commission chargée par Louis XI d’arbitrer la querelle philosophique entre Réalistes et Nominaux (ou Nominalistes) : l’enseignement et les livres des Nominaux sont bannis de l’Université (édit de Senlis du 1er mars 1474).

  • 1494

    (84 ans)
  • Il meurt après 1494.

    Selon la Gallia christiana il était mort en 1476. Une bulle du 13 juin 1494 le mentionne et le dit âgé de 80 ans.

Références

  • Denifle, Chartularium Universitatis Parisiensis, (4 vol. 1889-1897), t. IV (1897).

    Index (p. 790) :

    Bouillé (Boullé, Buille) Guillelmus, decan. Noviomens., mag. theol. (doyen du chapitre cathédral de Noyon, docteur en théologie) : 2467 (p. 572), 2532 (p. 609), 2580 (p. 636), 2585 (p. 642), 2591 (p. 645), 2615 (p. 673), 2638 (p. 684), 2648 (p. 688), 2651, 2660, 2677 (p. 706), 2688 (p. 712), 2698 (p. 738).

    (Sélection de notices.)

    2467. (1434, Septemb.-1435, Septemb., Parisiis.) Cursores in facultate theologiæ. Sequntur nomina bachalariorum cursorum qui inceperunt post principia Sentenciarum anno CCCCXXXIIII : Mag. Guillermus Boullé (seu Bouillé, Suessionens. dioec, de quo celebri vivo), 21 Februarii 1um curs.

    (Paris, de septembre 1434 à septembre 1435). — Cursores à la Faculté de théologie. Suivent le nom des bacheliers cursores (c’est-à-dire qui suivent les cours de licence), et qui ont commencé après le début des Sentences en 1434. 1° Me Guillaume Boullé (ou Bouillé, du diocèse de Soissons, célèbre de son vivant), le 21 février, premier cours.

    2532. (1438, Octob.-1439, Julii, Parisiis.) Cursores in facultate theologiæ : […] Mag. Guillelmus Boullé (seu Bouillé), 12 Febr. 2um curs.

    2532. (Paris, d’octobre 1438 à juillet 1439.) — Cursores à la Faculté de théologie. 4° Me Guillaume Boullé (ou Bouillé), le 12 février, deuxième cours.

    2580. (1444, Januarii 20, Parisiis.) Licentiati in facultale theologiæ : […] Mag. Guillelmus Bouillé (Mag. Mart. 27.).

    2580. (20 janvier 1444, Paris.) — Licenciés en théologie : 2° Me Guillaume Bouillé (maître, c’est-à-dire docteur le 27 mars).

    2585. (1444, Julii 29, Villemori.) Gerardus Macheti facultati theologiæ Paris. de conservatore privilegiorum et de Mendicantibus. Clarissimis viris, sacrorum eloquiorum professoribus emeritis, dominis et magistris decano et cæteris supositis sacræ facultatis theologiæ studii Parisiensis. Note : Guillelmus Bouillé Universitatis ambassiator ad regem fuit Decemb. 12.

    2580. (29 juillet 1444, Villemorin.) — Gérard Machet à la Faculté de théologie de Paris, au sujet du conservateur des privilèges et des Mendiants. Adresse aux hommes les plus illustres, aux maîtres éminents en éloquence sacrée, aux seigneurs et maîtres, au doyen et aux autres membres de la Faculté de théologie de l’Université de Paris. […] Note sur Guillaume Bouillé : Fut ambassadeur de l’Université auprès du roi, le 12 décembre.

    2591. (1444, Decembris 12, Parisiis.) Ambassiata ad regem mittitur, pro facultate theol. Guillelmus Bouillé, pro fac. decret. mag. Petrus Maugier, pro fac. med. mag. Robertus Julienne; pro natione Franciæ mag. Joh. Solerii, pro nat. Picardiæ mag. Joh. Baille, pro nat. Normanniæ mag. Petrus Richier, pro nat. Alemanniæ mag. Albertus Scriptoris. Novemb. 8 electi, Decemb. 12 jam iter arripuerant, secum Instructiones portantes. Note sur Bouillé : Primo etiam Johannes d’Aussi electus erat, sed ipso impedito Guillelmus solus pro theologis profectus est, cum quo etiam Gerardus Macheti conversabatur.

    2591. (Paris, 12 décembre 1444). — Composition de l’ambassade envoyée auprès du roi ; pour la Faculté de théologie : Guillaume Bouillé, pour la Faculté de décret : Me Pierre Maugier, pour la Faculté de médecine : Me Robert Julienne ; pour la nation de France : Me Jean Solier, pour la nation de Picardie : Me Jean Baille, pour la nation de Normandie : Me Pierre Richier, pour la nation d’Allemagne : Me Albert Scriptoris. Élus le 8 novembre, ils avaient déjà entrepris leur voyage le 12 décembre, munis d’instructions (données au n° 2592). Note : Jean d’Aussi avait été initiallement élu pour représenter la Faculté de théologie, mais étant indisponible, Guillaume partit à sa place, accompagné de Gérard Machet.

    2615. (1446, Octobris 22, Parisiis.) Guillelmus Bouillé, s. theol. mag., et Robertus Julienne, medicinæ mag., ambassiatores Universitatis Paris. ad regem, recipiunt Instructiones. Note : Decemb. 6 reversi erant. Decemb. 13 præsentatæ sunt litteræ regis.

    2615. (Paris, 22 octobre 1446.) — Guillaume Bouillé, maître en théologie, et Robert Julienne, maître en médecine, ambassadeurs de l’Université de Paris auprès du roi, reçoivent leurs instructions. Note : Ils étaient rentrés le 6 décembre ; les lettres du roi furent présentées le 13 décembre.

    2638. Universitas quatuor ambassiatores ad regem mittendos eligit. (1448, Octobris 26, Parisiis) Et concorditer nominati fuerunt pro theologia mag. Guil. Bouillé, pro decretis ego Petrus Maugier, pro medicina mag. Guil. de Gamera, pro artibus mag. Joh. Boucart. Et placuerunt Instructiones, et quod dicti quatuor ambassiatores, sive tres ipsorum, sive duo de altioribus facultatibus jam nominati parati sint et habeant plenam potestatem complendi contenta suarum Instructionum. | Ambassiata ad Octob. 28, mittebatur pro unione pacis ecclesie.

    2638. (Paris, 26 octobre 1448.) — Élection des quatre ambassadeurs de l’Université auprès du roi. […] Furent nommés d’un commun accord : pour la théologie, Me Guillaume Bouillé ; pour les décrets, moi-même, Pierre Maugier ; pour la médecine, Me Guillaume de La Chambre ; pour les arts, Me Jean Boucart. Les instructions furent approuvées, et les pleins pouvoir accordés aux quatre ambassadeurs, ou trois d’entre eux, ou deux, pour remplir leur mission conformément aux instructions. L’ambassade partit le 28 octobre pour l’union de la paix de l’Église.

    2648. (1449, Julii 14-Octobris 4, Parisiis.) Universitas Paris. Jul. 14 concludit unum vel duos tanquam nuntios ad regem cum litteris Universitatis pro conservatione privilegiorum mittendos, quia cotidie ratione impositionum et talliarum supposita Universitatis molestantur. Augusii 6 Instructiones pro ambassiatoribus lectæ sunt. Statim post Septemb. 15 magistri Guillelmus Bouillé et Robertus Ciboule ad regem profecti sunt, qui Octob. 4 apud ipsum commorabantur, misso ad eos ex parte Universitatis nuntio cum litteris Universitatis de conservandis liberiatibus ejusdem. Note : De Beaucourt, Hist. de Charles VII, t. V, p. 303, not. 9, confundunt hanc legationem cum posteriore mense Januarii sequentis facta. 1. Septemb. 15 Parisiis coram patriarcha Antiocheno, Jacobo Juvenalis des Ursins, proposuit nomine Universitatis.

    2648. (Paris, 14 juillet-4 octobre 1449) — Le 14 juillet, l’Université de Paris décide d’envoyer un ou deux ambassadeur au roi pour lui porter des lettres concernant la conservation des privilèges, car il ne se passe pas un jour sans qu’elle soit tracassée par les impots et les tailles. Le 6 août furent lues les Instructions des ambassadeurs, et le 15 septembre suivant, maîtres Guillaume Bouillé et Robert Ciboule partirent. Le 4 octobre ils arrivèrent auprès du roi et lui remirent une lettre de l’Université sur la préservation de ses libertés. Note 1 : De Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. V, p. 303, note 9, confond cette ambassade avec celle du mois de janvier suivant. Note 2 : Le départ eut lieu le 15 septembre en présence de Jacques Jouvenel des Ursins, patriarche d’Antioche, qui représentait l’Université.

    2677. (1450, Octob.-1451, Septemb., Parisiis.) Cursores in faculiate theologiæ. Mag. Guill. de Placencia, 6 Oct. 1um curs. (Guill. Boullé). Frat. Nicholaus de Leodio, O. S. Ben., 13 Oct. 1um curs. (Rob. Cyboulle). Mag. Joh. de Feuqueroy, 17 Decemb. 1um curs. (Girardus Thome). Mag. Joh. Ramier, 8 Mart. 1um curs. (P. de Vaucello). Mag. Joh. Galteri, 28 Mart. 1um curs. (Thomas de Courcellis). […] Mag. Gauffridus Embello, 26 Jul. 1um curs. (Guill. Bouillé)…

    2677. (Paris, octobre 1450-septembre 1451). — Cursores à la Faculté de théologie. Me Guillaume de Plaisance, 6 octobre, 1er cursus. (Guillaume Bouillé). Frère Nicolas de Liège, O.S.B., 13 octobre, 1er cours. (Robert Ciboule). Me Jean de Feuqueroy, 17 décembre, 1er cours. (Girard Thomas). Me Jean Ramier, 8 mars, 1er cours. (Pierre de Vaucelles). Me Jean Gautier, 28 mars, 1er cours. (Thomas de Courcelles). […] Me Geoffroy Embello, 26 juillet, 1er cours. (Guillaume Bouillé).

    2688. (1451, Decemb. 29-1452, Martii 22, Parisiis.) Universitas Paris. Decemb. 20 et 30 concludit ambassiatores mittendos citius quo fieri poterit ad regiam majestatem super facto privilegiorum. Jam antea magistri Petrus Cory et Gaufridas Normanni electi erant, et Universitas desistebat eliam Robertum Ciboule et Petrum Maugier mittere. Januarii 15 de juramento et Instructionibus agebatur. Sed Jan. 18 et 23 placuit pro nunc non mittere ambassiatam, quia natio Picardiæ ambassiatæ mittendæ se opposuit. Scribatur solum regi, et nisi votivum responsum daret, cessaremus ab omni actu scolastico. Fere idem etiam Febr. 29 conclusum est. Nihilominus tamen ambassiatores postea ad regem profecti sunt, saltem Gaufridus Normanni Martii 17 apud ipsum fuit (April. 1 adhuc in curia regis commoratus est et Universitati scripsit), immo Martii 22 Universitas ad eum magistros Guillelmum Bouillé et Petrum Maugier cum procuratorio mittebat.

    2688. (Paris, 29 décembre 1451-22 mars 1452.) — Les 20 et 30 décembre, l’Université de Paris décide d’envoyer des ambassadeurs auprès de sa majesté royale aussi rapidement que possible, pour la question des privilèges. Maîtres Pierre Cory et Geoffroy Normand avaient été choisis, ainsi que Robert Ciboule et Pierre Maugier. Le 15 janvier, on prêta serment et remit les instructions ; mais les 18 et 23 janvier l’ambassade fut ajournée, après opposition de la nation picarde. Il fut alors décidé qu’on enverrait un simple message au roi, avec l’indication qu’en l’absence d’une réponse favorable, l’Université cessera toute activité académique. Le 29 février, le projet fut confirmé. Finalement des ambassadeurs partirent auprès du roi ; le 17 mars Geoffroy Normand arrivait (le 1er avril, toujours à la cour, il écrivit à l’Université) ; le 22 mars surtout, l’Université envoyait maîtres Guillaume Bouillé et Pierre Maugier avec une procuration.

    2698. (1452, Septemb., Parisiis.) Magistri regentes facultatis theologiæ. […] 4. Guillelmus Evrardi, 5. Thomas de Courcellis, 7. Johannes Fabri, 10. Rob. Cybolle, 12 Petrus de Vaucello, 16. Guill. Bouillé.

    2698. (Paris, septembre 1452). — Maîtres régents de la Faculté de théologie : (dont :) 4. Guillaume Évrard, 5. Thomas de Courcelles, 7. Jean Lefèvre, 10. Robert Ciboule, 12. Pierre de Vaucelles, 16. Guillaume Bouillé.

  • Alexandre Tuetey, Henri Lacaille, Journal de Clément de Fauquembergue, t. II, 1909, p. 308, Gallica :

    Samedi, XXIe jour de may (1429). | Ce jour, maistre Guillaume Bouillé, du dyocese de Soissons, a esté commis à l’office de soubz maistre du college de Dormans, fondé à Paris en la rue de Clos-Brunel, par l’ordenance de maistre Jehan Aguenin, president, et G. Jaier, conseillier de ceans, commis et deputez au gouvernement dudit college, jusques à ce que autrement y sera pourveu. | Matinées, XIV (Xia 4796), fol. 92 v°.

  • Gallia christiana (province de Reims), t. IX (1759), col. 1035, Google Books :

    Decani Noviomenses. […] XXVII. Guillelmus Bouille, seu Boville, doctor ac theologiæ professor eruditissimus, ex canonico eligitur idibus Februarii anno 1446, id est 1447, admissus in ipso Paschæ pervigilio; decanus item S. Florentii de Roya, et capellanus S. Cuthberti in ecclesia S. Maturini apud Parisios. Nonnihil precum ac suffragiorum fundavit in honorem SS. Eligii, Acharii, Mommoleni, Albini et Godeberta. Oratores regios comitatus est Romam. Adfuit celebri conventui Rotomagensi, in quo Puellæ Aurelianensi suus honos redditus est, et ipse eloquenter peroravit in hæc verba psalmistæ, Mementote mirabilium ejus quæ fecit, prodigia oris ejus et judicia oris ejus. Adfuit anno 1454 concilio Suessionensi. Canonicatum suum dimisit an. 1466. Obiit anno 1476, sepelirique voluit extra porticum Sibyllarum ad latus dextrum sine monumento.

    Doyens de Noyon. […] XXVII. Guillaume Bouillé, docteur et professeur en théologie parmi les plus érudits, élu le 15 février 1447 et admis au cours de la Vigile pascale [nuit du 8 au 9 avril] ; également doyen du [chapitre de la collégiale] Saint-Florent de Roye, et chapelain de Saint-Cuthbert, en l’église Saint-Maturin de Paris. Il fonda des prières et suffrages en l’honneur des saints Éloi, Achaire, Mommelin [évêque de Noyon, VIIe s.], Albin et Godeberte. Il accompagna plusieurs ambassades royales à Rome. Il assista au célèbre procès de Rouen, qui rendit son honneur à la Pucelle d’Orléans, à l’occasion duquel il pérora sur le verset 5 du Psaume 104 : Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites, de ses prodiges, des jugements qu’il prononça. Il assista au Concile de Soissons en 1454. Il renonça à son canonicat en 1466. Il décéda en 1476, et souhaita être enterré à l’extérieur du portail des Sibylles, sans monument.

  • Quicherat, Procès (1841-1849) :
    • Note sur Guillaume Bouillé, t. II, p. 1 ;
    • Son mémoire fut remis aux juges dès la première journée du procès (17 nov. 1455), t. III, p. 322 et t. V, p. 463 ;
    • L’hommage au roi a été effacé dans la rédaction définitive du mémoire, lequel précéda tous les autres, même ceux des jurisconsultes romains, t. V, p. 467.
  • Père Marie-Dominique Chapotin, Le collège de Dormans-Beauvais, 1870, p. 168, Google Books :

    Au XVe siècle, c’est d’abord Guillaume Bouyllé, qui fut élu procureur de la nation de France à trois reprises, savoir, le 23 septembre 1434, le 3 juin 1437, et le 18 novembre 1438. Il était depuis quelques années maître du collège de Beauvais, lorsqu’il fut revêtu de la dignité de recteur. Les lettres ne l’absorbaient pas tout entier ; il cultivait avec succès la science théologique, et la réputation qu’il s’y acquit porta la faculté de théologie à l’élire pour son doyen. Il était en outre doyen de l’Église de Noyon. Il prit part à une dispute fameuse. La vieille querelle des réalistes et des nominaux, soulevée avec tant d’éclat au XIe siècle par Roscelin et Abailard, Guillaume de Champeaux et saint Anselme, avait été au XIVe réveillée de son long assoupissement par le franciscain Guillaume d’Ockam. [En 1473, Louis XI chargea son confesseur Jean Bochard, évêque d’Avranches de trancher la question : les Nominaux furent bannis de l’Université (Bouillé est mentionné dans l’ordonnance de Louis XI contre les Nominalistes).]

  • Lanéry d’Arc, Mémoires et consultations, 1889, p. 323 (notes sur Guillaume Bouillé).
  • Pères Belon et Balme, Jean Bréhal et la réhabilitation de Jeanne d’Arc, 1893, p. 1 (chapitre sur l’enquête de 1450) :

    Maître Guillaume Bouillé, doyen de la cathédrale de Noyon, était particulièrement apte à remplir les fonctions qui venaient de lui être confiées.

    Sur le voyage à Rome en 1457, p. 164 :

    Il convenait que le pape fût directement instruit du parfait accomplissement de son mandat. Personne ne pouvait mieux s’acquitter de ce devoir que l’inquisiteur au zèle infatigable, qui avait su mener la cause à bonne fin. Un voyage en cour de Rome fut donc décidé. Bréhal s’adjoignit encore cette fois son dévoué collaborateur, maître Guillaume Bouillé, et deux religieux dominicains, frère Pierre Sohier (ou Soyer) et frère Pierre Polet ; tous les quatre partirent aux frais du trésor royal.

  • Albert Sarrazin, Jeanne d’Arc et la Normandie au XVe siècle, 1896, p. 512, Google Books :

    Il fut payé à maistre Guillaume Bouillé, maistre en théologie et doyen de Noion, la somme de c. l. t. (cent livres tournois) à lui ordonnée..., que le roy nostre sire lui a donnée pour vacquer et besoigner en aucunes choses touchant le fait de feue Jehanne la Pucelle que les Anglais firent ardoir à Rouen* ; mais l’information à laquelle il avait procédé n’eut pas de suite immédiate, et le procès de Réhabilitation ne devait aboutir qu’en 1455. L’intervention de Charles VII ne pouvait que créer des difficultés politiques et, comme l’a dit justement M. Wallon, ce procès qui avait été fait par l’Église ne devait être aboli que par elle.

    * Manuscrit du XVe siècle contenant un fragment d’un compte des sommes payées par le Trésor royal, et vendu à la salle Drouot en 1894. Il eût été à souhaiter que la Bibliothèque de Rouen s’enrichit de cette curieuse pièce historique. (Patriote de Normandie.)

  • Paul Doncœur, Documents relatifs..., t. III, 1856, p. 8 :

    Tout porte à croire que Bouillé fut choisi par Charles VII pour son loyalisme, et sans doute parce qu’on le savait, depuis longtemps, pressé de réparer l’iniquité commise par les Maîtres de Paris. Quoiqu’il en soit, Bouillé allait prendre à cœur la mission dont la confiance royale le chargeait.

  • Pierre Duparc, Procès en nullité, 1977-1988 :

    Sur l’information royale de 1450, t. V, p. 5 :

    Le choix de Guillaume Bouillé était justifié : ce doyen du chapitre de Noyon, docteur en théologie et professeur à l’Université de Paris dès 1430, recteur de l’Université de 1437 à 1439, avait déjà accompli diverses missions auprès de Charles VII en 1447 et 1449,…

    Sur les auteurs des mémoires insérés au procès, t. V, p. 57 :

    En 1457 il accompagna Bréhal en cour de Rome pour annoncer officiellement au pape Calixte III l’issue du procès.

  • Marie-Madeleine Compère et Boris Noguès, La direction d’établissement dans les collèges de l’université de Paris sous l’Ancien Régime, 2001, https://journals.openedition.org/histoire-education/829, §7 :

    Statuts du collège de Beauvais, promulgués en 1370 au nom du fondateur, l’évêque Jean de Dormans : Nous ordonnons, créons et fondons dans notre maison un maître (magister) et un sous-maître (submonitor) perpétuels qui sachent, doivent et même soient obligés d’instruire (instruere) et d’enseigner (docere) fidèlement et avec soin nosdits douze boursiers, présents et à venir, en grammaire positive, selon les règles et par principes. Nous voulons et nous recommandons particulièrement qu’on les prenne et choisisse bons et suffisants de façon qu’ils sachent et puissent prendre un soin attentif de nosdits écoliers, qu’ils aient une affection spéciale à les polir (erudire) en mœurs et savoir (doctrina) tant qu’ils seront dans ladite maison. — (Arch. nat. M88, analysé par le père M. D. Chapotin.)

  • Laurent Tournier, Notices biographiques des ambassadeurs, porte-parole et députés de l’université de Paris au XVe siècle, 2000, HAL, p. 14, notice sur Guillaume Bouillé.

    Guillaume Bouillé (Guillelmus Boulle) : Originaire du diocèse de Soissons, membre de la nation française, Guillaume Bouillé, apparaît comme sous-maître au collège de Dormans en 1429. Il commence son premier cursus en théologie le 21 février 1435, le second le 12 février 1438. Licencié en théologie le 20 janvier 1444, il accède à la maîtrise le 27 mars suivant. Il apparaît comme maître régent en 1449, 1450 et 1452. Procureur de la nation française en 1434, 1437 et 1438, Guillaume Bouillé est recteur de décembre 1437 à mars 1438. Dès sa première année de régence, Guillaume Bouillé est l’un des personnages les plus en vue de la faculté dont il est l’un des principaux ambassadeurs. Le 8 décembre 1444, il remplace Jean d’Auchy dans l’ambassade envoyée auprès de Charles VII pour l’encourager à rétablir la paix et maintenir les privilèges universitaires (ACUP, t. 2, col. 600-603). En 1446, en compagnie de Robert Julienne (ACUP, t. 2, col. 667 et 672), puis continuellement de 1449 à 1452, il retrouve Charles VII pour traiter d’affaires religieuses (ACUP, t. 2, col. 769-779 ; 869-878). Entre temps, est notamment choisi comme porte-parole auprès du duc d’Orléans, en octobre 1448 (FDUP, t. 2, p. 185 ; ACUP, t. 2, col. 748), et commissioné par Charles VII, en 1450, pour faire une information sur le procès de condamnation de Jeanne d’Arc (CUP, t. 4, n° 2654).

  • Thierry Kouamé, Le collège de Dormans-Beauvais à la fin du Moyen Âge, Brill, 2005, in-8° de xxvi-720 pages, Brill ; p. 471 :

    Bouillé, Guillaume (entre 1407 et 1414, mort après 1494)

    • Écolier : 1425-1427 / Sous-maître : 1429-1437 / Maître : 1437-1451
    • Dénomination : […]
    • Dates extrêmes : il apparaît dans deux bulles datées du 23 janv. 1487 et du 13 juin 1494, qui affirment, l’une comme l’autre, qu’il est environ dans sa 80e année (ACUP, III, 417 n. 3 / RV 729, f. 59 ; RL 956, f. 223). L’anniversaire de ses 80 ans devait se placer entre ces deux dates. Précisons que certaines sources le font mourir dès 1476 (Gallia Christ., IX, 1035).
    • Origine géographique : […] diocèse de Soissons.
    • Statut personnel : il est encore sous-diacre en 1439 (Fasti Reims, 296). Il est prêtre en 1464 (RV 542, f. 19).
    • Parenté : c’est le neveu du chap. boursier Geoffroy Bouillé (H 8, f. 27).
    • Réseau de relation : […]
    • Fonctions au collège : il est reçu boursier le 3 août 1425, et le chap. Geoffroy Bouillé verse 8 l. pour lui et le boursier Jean II Roussel, afin de payer leur entrée, leurs nappes et leurs serviettes (H 7, f. 123). Il s’absente du collège une semaine et demi à la Noël 1427 (H 7, f. 214v). Il était donc encore boursier à cette date. Il est nommé sous-maître du collège le 21 mai 1429 par les com. du Parl. Jean Ier Aguenin et Gautier Jayer (Fauquembergue, II, 308). Il succède sans doute directement au sous-maître Jean Pain-et-Chair. Il s’absente du 8 oct. 1436 au 9 mai 1437, av. de remplacer Jean Béroud dans ses fonctions de maître du collège, le 7 juin 1437 (H 8, f. 87v). Il aurait fait venir, par son action, un grand nombre d’hôtes au collège, selon les comptes de 1438 à 1445 (H 8, f. 162, 285). Il avait négocié les modalités de la fondation Richard avec le fondateur lui-même, selon l’accord du 9 février 1456 (AN, M 88, n° 30). Il quitte ses fonctions le 21 janvier 1451, et Hugues Drouart le remplace (H 9, f. 195v). Il loue deux ch. et les écuries du collège en 1456-57 (H 10, f. 147 v) et de 1459 à 1465 (H 10, f. 313 ; AN S *63652, f. 221). En tant qu’exécuteur testamentaire de Jean Berthélemy, il procède, le 20 juin 1471, à un échange de rentes au profit du collège, celles données par le défunt ayant été jugées médiocres (AN, M 100, n° 13, f. 3).
    • Études : il est qualifié de Me (ès arts) dans le compte de 1430-32 (H 7, f. 309v), titre qui est confirmé par la suite (1438) (H 8, f. 87 v). Il commence son cours de bach. cursif à la Fac. de théol. de Paris le 21 février 1435 et son cours de bach. sententiaire le 12 févr. 1439 (CUP, IV, n° 2467, 2532). Il est qualifié de bach. formé en théol. dès le compte de 1438-39 (H 8, f. 162). Il est boursier de la Sorbonne en 1439 (ACUP, VI, 85 n. 2 / Paris, Bibl. de l’Arsenal, ms. 1020, p. 216). Il devient lic. en théol. le 20 janv. 1444 (2e sur 11) et doct. le 27 mars suivant (CUP, IV, n° 2580 / BN, Lat. 5657A, f. 20v.)
    • Carrière ecclésiastique : il devient chan. de Reims le 21 août 1439, mais il échange sa prébende avec Jean II Richard contre une chapellenie à St-Quentin (dioc. de Noyon), le 11 mai 1446 (Fasti Reims, 296, 410). Il était doyen de Soissons en août 1444 (ACUP, II, 600 n.7). Il est élu doyen de Noyon le 13 fév. 1447. Il était alors chan. de Noyon, doyen de St.-Florent de Roye (dioc. d’Amiens) et chap. de la chapelle St-Cuthbert dans l’église des Mathurins à Paris (Gallia Christ., IX, 1035). Il assiste en tant que doyen de Noyon, au concile provincial de Soisson (1455) (Gallia Christ., IX, 1035). Paul II l’ayant pourvu des offices de chap. du pape et de pénitencier mineur de la Basilique St-Pierre de Rome (16 sept. 1464) (RV 542, f. 19), il préfère finalement renoncer à l’office de pénitencier mineur plutôt qu’au décanat de Noyon (4 juin 1467) (Lesellier V, 274 / RS 604, f. 55v). Il aurait été remplacé en 1476 comme doyen de Noyon (Gallia Christ., IX, 1035), mais il l’est encore en 1480, selon d’autres sources (ACUP, IV, 260, n. 2).
    • Carrière universitaire : élu trois fois proc. de la Nat. française les 23 sept. 1434, 3 juin 1437 et 18 nov. 1438 (Du Boulay, V, 875), il devient rect. de l’Univ. de Paris le 16 déc. 1437 (ACUP, II, 500, n. 3). Il représente l’Univ. à l’assemblée de Bourges (1438) (ACUP, II, 555, n. 2). Il est ensuite amb. de l’Univ. auprès du roi les 8 nov. 1444, 22 oct. 1446 (ACUP, II, 600, 667) et 26 oct. 1448 (FDUP, II, 1885). Il était devenu entre-temps régent en théol. à Paris (1446) (Fasti Reims, 296). Il rend compte à l’assemblée gén. du 28 oct. 1448 de son ambassade auprès de Charles d’Orléans (ACUP, II, 748) et celle du 15 sept. 1449 de son ambassade auprès du patriarche d’Antioche, Jacques Juvénal des Ursins (ACUP, II, 775). Alors qu’il se trouve à la cour de Charles VII, l’Univ. le charge, le 4 oct. 1449, d’avertir le roi des graves atteintes faites au privilèges universitaires (ACUP, II, 779). Il est encore élu amb. auprès du roi le 22 mars 1452 (ACUP, II, 878). Il est chargé par l’assemblée gén. du 12 avr. 1456 de défendre au Parl. de Paris les droits de l’Univ. contre les Mendiants (Du Boulay, V, 601). Il a dû se rendre à Rome en qualité de nonce, puisqu’il informe l’assemblée gén. du 19 juil. 1465 qu’il a bien présenté au pape les lettres de l’Univ. (ACUP, II, 962). Il finit doyen de la Fac. de théol. de Paris (1474-86) (ACUP, III, 418 n. 3 / BN, Lat. 5657A, f. 6v) C’est d’ailleurs à ce titre qu’il fait partie de la commission d’universitaires parisiens consultés par Louis XI av. la promulgation de l’édit de Senlis, interdisant l’enseignement du nominalisme à Paris (1er mars 1474) (Du Boulay, V, 707). Il est sollicité à trois reprises, en 1479, pour porter au roi des lettres demandant la confirmation des privilèges universitaires, mais il semble finalement avoir décliné l’offre (ACUP, III, 418, 421-422).
    • Autre type de carrière : il est cons. du roi en 1450 (Duparc, V, 5). Il se déclare chap. et commensal du card. Richard de Longueil dans une suppl. du 31 oct. 1465 (Lesellier V, 274 / RS 580, f. 113v.)
    • Vie Publique : il est chargé par Charles VII d’enquêter sur le procès de condamnation de Jeanne d’Arc (15 fév. 1450) (Duparc, V). C’est ainsi qu’il recueille, les 4 et 5 mars 1450, sept dépositions qu’il accompagne d’un mémoire (codicillus) rédigé par la suite (Duparc, V, 6). Tandis que les dépositions font partie des pièces de l’enquête extra-judiciaire, son codicillus est finalement inséré dans le procès en nullité (Duparc, II, 317-348). Guillaume Bouillé est ensuite convoqué, comme témoin, au procès de Rouen (20 déc. 1455) et participe aussi à l’enquête d’Orléans, du 22 févr. au 16 mars 1456 (Duparc, I, 99, 316, 329, 330). Il fait enfin partie de la délégation officielle qui se rend à Rome pour informer le pape de l’issue du procès (1456) (Duparc, V, 126).

    Autres extraits :

    (p. 144) : Jean Béroud, qui avait dirigé l’institution pendant l’occupation anglo-bourguignonne, est remplacé par le sous-maître Guillaume Bouillé, le 7 juin 1437. Il n’est pas sûr que ce remplacement se soit fait d’un commun accord : l’ancien maître, devenu chapelain, est encore ostensiblement appelé nostre maistre dans les comptes. Il s’agissait sans doute, pour le Parlement de Paris, d’effacer les traces les plus visibles de la collaboration de l’établissement avec l’occupant. […] Certes, le nouveau maître s’inscrivit tout à fait dans le rôle qui lui avait été assigné. Il tient le collège jusqu’en 1451, restant aux commandes jusqu’au départ définitif de son prédécesseur, Jean Béroud, qui était resté comme chapelain. Dans le même temps, Guillaume Bouillé mène une brillante carrière universitaire qui le conduit à servir directement le gouvernement royal. […] Pour autant, Guillaume Bouillé avait fait toute sa carrière de boursier sous le régime anglais : entré comme écolier en 1425, il était devenu sous-maître du collège en 1429. Si, par ses fonctions, il était moins compromis que Jean Béroud dans le gouvernement de l’institution pendant l’occupation, il ne lui était pas non plus étranger. En définitive la nomination d’un nouveau maître en 1437 répondait, tout comme l’hébergement des partisans anglo-bourguignons, à la nécessité de conserver l’intégrité de la fondation. Au-delà du clivage entre résistants et collaborateurs, le collège cherchait avant tout à survivre.

    (p. 146) : Guillaume Bouillé, successeur direct (du sous-maître) Jean Pain-et-Chair, lorsque ce dernier devint maître du collège de Presles. Mais il ne prend toute son ampleur qu’entre 1434 et 1438, période durant laquelle le collège accueille entre trente et cinquante martinets (élèves externes) par an.

    (p. 154) : L’accord de 1456 précise que Guillaume Bouillé, alors maître du collège, avait lui-même négocié avec Jean Richard les modalités de la fondation de 1448. Or, les deux hommes se connaissaient déjà. Le 11 mai 1446, seulement deux ans plus tôt, Guillaume Bouillé avait en effet permuté sa prébende de Reims avec la chapellenie que possédait Jean Richard à Saint-Quentin. Le maître du collège devenait ainsi bénéficier dans le diocèse de Noyon. L’année suivante, le chapitre cathédral de Noyon l’élisait comme doyen (13 février 1447). Cette permutation opportune semblait donc s’inscrire dans un plan de carrière.

    (p. 229) : Plus problématique est l’âge du boursier Guillaume Bouillé, dans la mesure où l’on connaît au moins deux bulles qui lui donnent le même âge (environ 80 ans), alors qu’elles ont été fulminées à sept ans d’intervalle. (Ce sont les bulles des 23 janv. 1487 et 13 juin 1494, qui le présentent comme étant in octuagesimo anno vel circa constitulus, Liber procuratorum Nationis anglicanæ, III, éd. Ch. Samaran, Paris, 1935, col. 417, n. 3.) Même s’il n’y avait pas de discordance de date, cet âge approximatif de 80 ans, tout comme d’ailleurs celui de 100 ans, appartiendrait de toute façon à la catégorie des âges rhétoriques.

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