Réhabilitation

Robert Ciboule (1403–1458)

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Chronologie

  • ~1403

  • Naissance à Breteuil (à 20 km au sud-ouest d’Évreux), Normandie.
  • 1418

    (15 ans)
  • 1418–1438

    Cursus à l’Université de Paris.

    Il est boursier au collège d’Harcourt et appartient à la nation de Normandie de l’Université.

    (Note : La date de son arrivée à Paris n’est pas connue mais estimée. Il fallait en général 12 années d’études : 7 pour être maître-ès-art, 5 pour bachelier. Or le 12 avril 1430 on le retrouve inscrit comme bachelier.)

    • 1418-1424 : Faculté des arts : il devient maître-ès-art vers 1424.
    • 1425-1430 : Faculté de théologie : il est reçu bachelier vers 1430.

    Candidat à la licence, il est désormais bachelier cursor, également chargé de cours :

    • 1430-1433 : bachelier biblique (chargé d’expliquer la Bible) ; il suit les cours de Roger de Gaillon ;
    • 1433-1437 : bachelier sententiaire (chargé d’expliquer les Sentences de Pierre Lombard) ; bachelier formé à partir de 1435 ;
    • 1437 : licencié ;
    • 1438 : docteur en théologie.
  • 1434

    (31 ans)
  • sep.–oct.
    Avec quatre collègues de la nation normande, il tente de priver la nation anglaise de sa voix délibérative à la faculté des Arts (qui élit notamment le recteur de l’Université). Bedford (régent de France) et Jean Chuffart (chancelier de l’Université) s’interposent.
  • 1435

    (32 ans)
  • 16 jul.

    L’Université le choisit pour représenter la faculté des Arts au congrès d’Arras (Thomas de Courcelles celle de Théologie). Les ambassadeurs quittent Paris le 25 août et sont de retour pour faire leur rapport à l’Université le 4 octobre.

    La paix d’Arras signée le 21 septembre 1435 entre le roi Charles VII le duc de Bourgogne Philippe le Bon, mit fin à la querelle des Armagnacs et des Bourguinons. L’Université était alors hostile au parti de Charles VII.

  • 1436

    (33 ans)
  • avr.
    Délivrance de Paris. — Après plusieurs mois de siège les troupes du roi de France commandées par Richemont et Dunois entrent dans Paris. Le 17, la garnison anglaise est autorisée à s’en aller pour Rouen sous les huées de la foule.
  • 1437

    (34 ans)
  • 24 mar.
    Ciboule est élu recteur de l’Université.
  • 12 nov.
    Charles VII fait son entrée dans Paris.
  • 20 déc.
    Ciboule reçoit sa licence (classé premier) des mains de Jean du Pont, délégué du chancelier Chuffart.
  • 1438

    (35 ans)
  • 17 fév.
    Il reçoit le bonnet de docteur en théologie.
  • jun.

    Pragmatique Sanction. — Du 5 au 8 juin, à la Sainte-Chapelle de Bourges, se tient la première assemblée où s’élabore la Pragmatique Sanction. Thomas de Courcelles parle au nom du concile de Bâle. Robert Ciboule est délégué de l’Université ; son discours de clôture, dans lequel il exhorte le roi à approuver les conclusions de l’assemblée fait vive impression.

    Ambassade à Bâle. — Charles VII promulgue l’ordonnance le 7 juillet et charge Ciboule de porter au concile un message de conciliation ; il est accompagné par Martin Berruyer ; l’ambassade arrive à Bâle en décembre.

    Schisme du concile de Bâle : Début 1438, le pape Eugène IV, en conflit avec les pères de Bâles, avait transféré le concile à Ferrare (puis à Florence à cause de la peste). Ne restaient à Bâle que les partisans de la supériorité du concile sur le pape qui, de moins en moins nombreux, s’apprêtaient à déposer Eugène (25 juin 1439) pour élire l’antipape Félix V (le duc Amédée de Savoie, le 30 octobre). — Par le contenu de la Pragmatique et son ambassade à Bâle, le roi semblait pencher pour le concile.

    À cette époque, Ciboule est mentionné comme chanoine de Paris (mais il n’y sera effectivement reçu qu’en avril 1443).

  • 1439

    (36 ans)
  • jul.–aoû.

    Ambassade à Florence. — Charles VII, qui souhaite éviter le schisme, envoie Robert Ciboule et Martin Berruyer rencontrer Eugène IV. Le 8 juillet ils écrivent de Lyon, le 8 août de Florence. Ciboule est reçu par le pape et lui exprime l’attachement du roi ; il fait bonne impression (lettre d’Eugène à Charles VII du 5 septembre).

    Il n’est pas téméraire de penser que cette entrevue est le point de départ de l’attachement irrévocable manifesté dorénavant par Robert Ciboule au Saint-Siège. — (André Combes, Un témoin, p. 133.)

    L’Université de Paris reste majoritairement favorable au concile de Bâle. Lors d’une nouvelle assemblée à Bourges (août 1440), Thomas de Courcelles est encore l’orateur de Bâle ; des mémoires de docteurs parisiens justifient l’élection de Félix V ; le 1er janvier 1441 l’Université déclare se maintenir dans l’obédience de Bâle, malgré les réclamations de la nation Normande (dont fait partie Ciboule) et des ordres religieux, malgré l’indignation de Regnault de Chartres et du connétable de Richemont, malgré l’éloquent discours de Guillaume Chartier, futur évêque de Paris (et juge de la Réhabilitation).

    Ciboule est également mentionné comme chanoine de Chartres.

  • 1441

    (38 ans)
  • mar.

    Ambassade à Mayence. — Charles VII envoie Robert Ciboule et Geoffroy Cuiller à la diète de Mayence ; ils la quittent en ayant obtenu l’accord de principe des deux partis sur la tenue d’un nouveau concile pacificateur, le 1er avril 1442, ailleurs qu’à Bâle et à Florence.

    Thomas de Courcelles, présent à la diète, prononça une harangue en faveur de Bâle (24 mars), à laquelle répondit Nicolas de Cues, partisan d’Eugène (29 mars).

  • déc.

    Nouvelle ambassade à Florence. — Charles VII envoie Robert Ciboule et Pierre de Versailles à Florence, convaincre Eugène de participer au nouveau concile. Versailles prononce un long discours au nom du roi où, sous les éloges, il met le pape face à ses responsabilités quant au salut ou à la ruine de l’Église (16 décembre 1441).

  • 1442

    (39 ans)
  • 25 mar.
    Ciboule prononce à Saint-Jacques de la Boucherie son grand sermon sur la Passion.
  • avr.

    Élection du doyen du Chapitre de Paris. — Il plaide en faveur du candidat nommé par le pape, Eustache Laqueatoris, mais le Chapitre vient d’élire Guillaume Cotin et maintient son choix.

    À la même époque Gérard Machet, évêque de Castres et confesseur du roi, lui confie le recrutement de bacheliers sententiaires.

  • 1443

    (40 ans)
  • 6 avr.
    Ciboule est reçu chanoine du Chapitre de Paris (grâce à un soutien du roi contre un Chapitre peu pressé) ; il est inscrit au quatorzième rang parmi les vingt-quatre chanoines résidents.
  • aoû.–déc.
    Il est chargé de la médiation entre l’Université et le Conseil royal au sujet de gages pécuniaires accaparés par le percepteur des tailles.
  • 1444

    (41 ans)
  • 12 mar.
    Il assiste à l’assemblée où la faculté de Théologie prépare la lettre aux curés pour qu’ils s’opposent à la fête des fous.
  • 1445

    (42 ans)
  • jul.–aoû.
    Ambassade en Savoie. — Charles VII envoie Robert Ciboule et Jean d’Auxy tâcher de persuader Félix V (le duc Amédée de Savoie) d’abdiquer.
  • 1446

    (43 ans)
  • jun. 1446–jul. 1445
    Nouvelle ambassade en Savoie. — Charles VII l’envoie cette fois avec Jacques Jouvenel des Ursins négocier de nouveau avec Félix V à Genève.
  • 1447

    (44 ans)
  • 6 mar.
    Le pape Nicolas V succède à Eugène IV, mort à Rome le 23 février.
  • oct.
    Après plusieurs démarches entreprises dès le début de l’année, Ciboule se voit enfin attribuer (23 octobre) une maison claustrale (dans le cloître de Notre-Dame), celle qu’avait habité Pierre Pol.
  • 27 oct.

    Alors que Ciboule est à Rouen, où il représente le Chapitre pour une affaire, Nicolas V nomme Antoine Crespin nouvel évêque de Paris (27 octobre), sans consulter le Chapitre. (L’ancien évêque Denis du Moulin était mort le 15 septembre.) Le 4 décembre, le Chapitre élit de son côté Guillaume Chartier à l’évêché (Ciboule est présent). Le 7, Ciboule demande à l’Université de Paris ses lettres de recommandation en faveur de Chartier ; les lettres, accordées, sont lues le 12.

    En avril 1448, il se rend à Rome pour remettre au pape et aux cardinaux le procès-verbal de l’élection. Il est absent lors de la réception de Chartier le 4 août. Le 28 août il fait son rapport au Chapitre.

    Antoine Crespin, qui avait prêté serment à Charles VII en juin 1448, sera finalement transféré à l’évêché de Laon en mars 1449 (et absout seulement le 18 août pour avoir voulu administrer l’Église de Paris avant sa promotion).

  • 1449

    (46 ans)
  • 8 jan.

    Guillaume Chartier le nomme Pénitencier de Paris (en remplacement d’Henri Thibout).

    Le Pénitencier est un prêtre que l’évêque commet dans son église cathédrale pour absoudre certains péchés dont lui ou ses prédécesseurs se sont réservé l’absolution.

  • aoû. 1449–aoû. 1450

    Recouvrement de la Normandie. — Charles VII rompt la trêve avec l’Angleterre (31 juillet 1449) et entreprend la reconquête de la province. Les premières villes tombent rapidement (Lisieux, Dieppe, Fécamp) et mi-octobre l’armée est aux portes de Rouen.

    Le 19 septembre Ciboule informe le Chapitre qu’il souhaite prendre ses 21 jours de congé (conférés par les statuts) ; il part retrouver le roi en Normandie avec Guillaume Bouillé (du 22 septembre au 20 octobre). Il sera de retour à Paris lorsqu’arrivera la nouvelle de la reddition de Rouen (29 octobre).

  • nov.

    Il est choisi par l’Université pour aller à la rencontre du légat du pape, Alphonse de Ségura, de passage à Paris. Ce dernier avait été chargé par Nicolas V d’engager Charles VII à renoncer à sa Pragmatique Sanction.

    Le roi convoque alors une assemblée le 31 décembre à Rouen, afin de statuer, et somme le chapitre d’envoyer des députés. Ciboule et deux autres chanoine partent pour la Normandie ; il est de retour à Paris le 9 février 1450. Le roi convoque une nouvelle assemblée le 15 mai à Chartres ; l’absence de Ciboule à Paris à cette période suggère qu’il y fut à nouveau député.

  • 1450

    (47 ans)
  • avr.–aoû.

    Bataille de Formigny. — Les forces anglaises sont écrasées à Formigny (15 avril 1450) ; suivent les prises de Caen (1er juillet) et enfin de Cherbourg (12 août), dernier bastion anglais en Normandie.

  • déc. 1450–mar. 1451

    Dès lors, l’Université de Paris s’emploiera à obtenir la dissolution de l’Université de Caen (rivale fondée par les Anglais en 1425). Le 9 décembre elle déclare les maîtres de Caen (presque tous gradués à Paris) parjures et infâmes ; elle envoie une délégation en Normandie : Pierre Maugier fait son rapport le 16 janvier 1451 ; fin février elle envoie Robert Ciboule et Pierre Maugier à Tours auprès du roi.

    Pierre Maugier, docteur en droit canon de l’Université de Paris, sera quelques années plus tard l’avocat de la famille d’Arc lors du procès de Réhabilitation.

  • 1451

    (48 ans)
  • avr.–mai

    Chancelier de l’Université. — Le chancelier Chuffart tombe malade (30 avril) et meurt une semaine plus tard (8 mai). Le 18 mai, l’évêque de Paris Guillaume Chartier nomme Robert Ciboule chancelier ; Thomas de Courcelles le remplace comme pénitencier.

    Jean d’Olive, sous-chantre (second dignitaire du Chapitre), s’élève contre cette nomination, arguant que l’Université l’a désigné ; le 21 mai, c’est lui qui reçoit Ciboule à la chancellerie, et l’archidiacre Jean de Courcelles qui lui assigne sa place.

  • sep.–mai

    Controverse entre les ordres mendiants. — L’Université de Paris se joint à l’archevêque de Rouen, Raoul Roussel, dans sa lutte contre certaines prétentions des frères mendiants, dont celle de pouvoir recevoir la confession des fidèles sans autorisation spéciale du curé ou de l’archévêque.

  • 1452

    (49 ans)
  • avr.–mai

    Légation du cardinal d’Estouteville. — Nicolas V a nommé le cardinal d’Estouteville son légat auprès de Charles VII (13 août 1451) afin d’œuvrer à une paix entre la France et l’Angleterre. Ce dernier arrive en France (fin décembre) ; rencontre le roi à Tours (février 1452) ; puis se rend à Rouen (fin avril). Là, avec l’inquisiteur Jean Bréhal, il lance la procédure canonique d’examen du procès de Jeanne d’Arc. Alors qu’il a personnellement interrogé cinq témoins (2-3 mai), il est appelé à Paris et confie la suite de l’enquête à Philippe de la Rose (trésorier de l’Église de Rouen).

    À Paris, Estouteville est reçu en grande pompe à Notre-Dame (11 mai). Ciboule absent, Thomas de Courcelles prononce le discours de réception (le Chapitre l’avait désigné le 8 mai). Le jour de l’Ascension (18 mai), il célèbre une messe a latere (sous l’autorité papale) ; Ciboule chante l’Épître, Jean de Courcelles l’Évangile.

    Le 22 mai, Estouteville écrit au roi que Jean Bréhal et Guillaume Bouillé lui apportent le résultat de l’enquête sur le procès de Jeanne ; ils le trouveront au château de Chissay (Touraine).

    Le 28 mai, l’Université accepte la réforme des statuts des facultés, voulue par le roi et portée par le légat (réforme disciplinaire et non doctrinale).

    Le 9 juin le cardinal est à Orléans ; début juillet, il retrouve le roi au château de Mehun. Avant d’être rappelé à Rome, il obtient que Bréhal poursuive l’examen du procès de Jeanne en recueillant les avis des plus savants théologiens et juristes, en France et à l’étranger. Ciboule est sollicité.

  • 1453

    (50 ans)
  • 2 jan.
    Ciboule termine et signe le mémoire sur le procès de Jeanne d’Arc.
  • jun.
    À Évreux (dont il a été élu doyen du Chapitre), il reçoit les reliques des Saintes Maries de la Mer, retrouvées lors de fouilles en 1448 et offertes par le Bon Roi René (René d’Anjou).
  • 1455

    (52 ans)
  • 8 avr.

    Le pape Calixte III succède à Nicolas V, mort à Rome le 24 mars.

    Deux mois plus tard, Calixte signe le rescrit déléguant l’examen du procès de condamnation de Jeanne d’Arc à Jean Jouvenel des Ursins (archevêque de Reims), Guillaume Chartier (évêque de Paris) et Richard Olivier de Longueil (évêque de Coutances), qui se feront assister par l’inquisiteur de France Jean Bréhal. Le rescrit leur est présenté à Notre-Dame par la mère de Jeanne le 7 novembre.

  • déc.
    Ciboule succède comme proviseur du Collège d’Harcourt à Roger de Gaillon, mort en novembre.
  • 1456

    (53 ans)
  • 7 jul.

    Réhabilitation de Jeanne d’Arc. — Après 8 mois de procédure, l’archevêque de Reims déclare le 7 juillet 1456 dans la cathédrale de Rouen, la nullité du procès de condamnation de Jeanne et sa réhabilitation.

  • 1458

    (55 ans)
  • 12 aoû.
    Malade depuis le début de l’année, Robert Ciboule meurt dans sa maison claustrale le samedi 12 août vers midi.
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