#Arrivée à Chinon
Jean de Metz
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (31 janvier 1456)
Ainsi voyagèrent-ils le plus secrètement possible. Une fois arrivé à Chinon, ils la présentèrent aux gens du roi et à ses conseillers ; alors elle fut beaucoup interrogée.
Bertrand de Poulengy
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (6 février 1456)
Ils cheminèrent ainsi jusqu’à Chinon. Une fois arrivés ils présentèrent la Pucelle aux nobles et gens du roi, auxquels le témoin s’en rapporte pour les actions de Jeanne.
Jean Dunois
- Enquête à Orléans (22 février 1456)
Villars et Tillay l’avaient vue quand elle aborda le roi à Chinon ; celui-ci refusa deux jours de la voir, malgré son insistance pour libérer Orléans et le conduire à Reims. Elle réclamait une troupe d’hommes de guerre, des chevaux et des armes.
Raoul de Gaucourt
- Enquête à Orléans (25 février 1456)
Lui-même était au château de Chinon lorsque la Pucelle y arriva. Elle se présenta au roi avec grande humilité et simplicité, comme une pauvre petite bergère, et lui dit : Très illustre sire dauphin, je suis venue, envoyée par Dieu, pour porter secours à vous et au royaume.
Le roi la confia à son maître d’hôtel, Guillaume Bellier, dont l’épouse était de grande dévotion et d’excellente renommée ; et ordonna qu’elle fut examinée par des clercs, pour savoir si on devait, ou si on pouvait, vraiment prêter foi à ses dires.
Regnault Thierry
- Enquête à Orléans (8 mars 1456)
Il vit Jeanne auprès du roi à Chinon ; elle disait être envoyée au dauphin par Dieu, pour la levée du siège d’Orléans, et pour conduire le roi à Reims, afin qu’il y fût sacré et couronné.
Louis de Coutes(page de Jeanne)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 avril 1456)
L’année où Jeanne vint trouver le roi à Chinon, il avait quatorze ou quinze ans, et était au service du sire de Gaucourt, capitaine de Chinon, avec qui il passait son temps.
Jeanne arriva en compagnie de deux hommes et elle fut conduite au roi. Lui-même la vit plusieurs fois qui allait auprès du roi et en revenait.
Elle fut logée dans une tour du château du Coudray. Le témoin y passait toutes ses journée en sa compagnie ; mais de nuit, elle avait des femmes avec elle. Pendant son séjour au Coudray, des hommes de haute condition vinrent plusieurs jours pour s’entretenir avec elle ; ignore qui ils étaient, et ce qu’ils faisaient ou disaient car se retirait à leur arrivée. À cette époque du Coudray, il vit souvent Jeanne à genoux, priant ; il n’entendait pas ce qu’elle disait ; parfois elle pleurait.
Gobert Thibaut
- Enquête à Paris et à Rouen (5 avril 1456)
Il était à Chinon lorsque Jeanne arriva auprès du roi, mais la connut surtout lors de son séjour à Poitiers, où elle logea dans la maison de Jean Rabateau. C’est là que Pierre de Versailles et Jean Érault allèrent l’interroger, accompagnés par le témoin, sur l’ordre de l’évêque de Castres.
Lorsqu’ils arrivèrent Jeanne vint au-devant d’eux ; elle frappa le témoin sur l’épaule en lui disant qu’elle voudrait bien avoir beaucoup d’hommes de son caractère. Versailles dit à Jeanne qu’ils étaient envoyés par le roi, à quoi elle répondit : Je le crois bien
, ajoutant : Je ne sais ni A ni B.
Ils lui demandèrent alors pourquoi elle venait : Je viens de la part du Roi des cieux, pour faire lever le siège d’Orléans, et pour conduire le roi à Reims, afin qu’il soit couronné et sacré.
Puis elle leur demanda de quoi écrire et dicta une lettre à Jean Érault : Vous, Suffort, Classidas et La Poule, je vous somme, de par le Roi des cieux, que vous en alliez en Angleterre.
Jeanne demeura à Poitiers aussi longtemps que le roi.
Simon Beaucroix
- Enquête à Paris et à Rouen (20 avril 1456)
Était à Chinon avec Jean d’Aulon quand arriva Jeanne. Après avoir parlé avec le roi et son conseil, elle fut placée sous la garde d’Aulon. Elle l’accompagna à Blois, et de là jusqu’à Orléans, par la Sologne.
Jeanne recommanda à tous les hommes d’armes de se confesser en leur assurant que s’ils étaient en bonne condition, Dieu leur accorderait la victoire.
Jean Barbin
- Enquête à Paris et à Rouen (30 avril 1456)
Était à Poitiers à l’époque où Jeanne vint vers le roi à Chinon. Entendit dire que le roi ne voulut pas lui faire confiance tant qu’elle n’aurait pas été examinée par des clercs. Il aurait même envoyer enquêter au lieu de naissance de Jeanne, pour savoir d’où elle était.
Marguerite La Touroulde
- Enquête à Paris et à Rouen (30 avril 1456)
Elle-même était à Bourges avec la reine, lorsque Jeanne arriva à Chinon auprès du roi. Il y avait alors si grande calamité et pénurie d’argent dans le royaume et les régions obéissant au roi, que c’était une pitié et que les sujets étaient presque au désespoir. Elle le sait, elle qui parle, car son mari était alors receveur général, et il n’avait, de l’argent du roi ou du sien, pas plus de quatre écus. Orléans était assiégée par les Anglais sans moyen de lui porter secours.
C’est dans cette détresse qu’arriva Jeanne ; et le témoin croit qu’elle vint de la part de Dieu, pour réconforter le roi et ses sujets car il n’y avait d’autre espoir que venant de Dieu.
Seguin de Seguin
- Enquête à Paris et à Rouen (14 mai 1456)
Il entendit parler de Jeanne par Pierre de Versailles. Ce dernier avait entendu dire par quelques hommes d’armes qu’ils étaient allés à la rencontre de Jeanne, venant auprès du roi, et qu’ils s’étaient mis en embuscade pour la capturer et la détrousser, elle et ses compagnons ; mais, alors qu’ils pensaient le faire, ils n’avaient pu se mouvoir du lieu où ils se trouvaient, et ainsi Jeanne s’était éloignée avec ses compagnons sans dommage.