Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Arrivée de Jeanne

Jean Dunois

Alors qu’il était dans Orléans assiégée par les Anglais, des rumeurs parvinrent qu’une jeune fille qu’on appelait communément la Pucelle, venait de passer à Gien et prétendait aller trouver le dauphin, pour faire lever le siège d’Orléans et le conduire se faire sacrer à Reims. En tant que garde de la cité et lieutenant général pour le fait des guerres il envoya le sire de Villars et Jamet de Tillay s’informer auprès du roi ; à leur retour ils racontèrent au seigneur déposant et au peuple d’Orléans rassemblé et fort désireux de savoir la vérité sur l’arrivée de cette Pucelle.

Guillaume de Ricarville

Était dans Orléans assiégée quand arriva la nouvelle du passage par la ville de Gien d’une bergerette appelée la Pucelle, accompagnée de deux ou trois nobles hommes du pays de Lorraine, où elle était née.

Jean Luillier

Elle était fort désirée par tous les habitants, car la rumeur courait qu’elle avait déclaré au roi être envoyée par Dieu pour faire lever le siège mis devant la ville ; la détresse des habitants était telle, qu’ils ne savaient à qui recourir pour être sauvés, sinon à Dieu.

Louis de Coutes(page de Jeanne)

L’année où Jeanne vint trouver le roi à Chinon, il avait quatorze ou quinze ans, et était au service du sire de Gaucourt, capitaine de Chinon, avec qui il passait son temps.

Jeanne arriva en compagnie de deux hommes et elle fut conduite au roi. Lui-même la vit plusieurs fois qui allait auprès du roi et en revenait.

Elle fut logée dans une tour du château du Coudray. Le témoin y passait toutes ses journée en sa compagnie ; mais de nuit, elle avait des femmes avec elle. Pendant son séjour au Coudray, des hommes de haute condition vinrent plusieurs jours pour s’entretenir avec elle ; ignore qui ils étaient, et ce qu’ils faisaient ou disaient car se retirait à leur arrivée. À cette époque du Coudray, il vit souvent Jeanne à genoux, priant ; il n’entendait pas ce qu’elle disait ; parfois elle pleurait.

Simon Beaucroix

Était à Chinon avec Jean d’Aulon quand arriva Jeanne. Après avoir parlé avec le roi et son conseil, elle fut placée sous la garde d’Aulon. Elle l’accompagna à Blois, et de là jusqu’à Orléans, par la Sologne.

Jeanne recommanda à tous les hommes d’armes de se confesser en leur assurant que s’ils étaient en bonne condition, Dieu leur accorderait la victoire.

Marguerite La Touroulde

Elle-même était à Bourges avec la reine, lorsque Jeanne arriva à Chinon auprès du roi. Il y avait alors si grande calamité et pénurie d’argent dans le royaume et les régions obéissant au roi, que c’était une pitié et que les sujets étaient presque au désespoir. Elle le sait, elle qui parle, car son mari était alors receveur général, et il n’avait, de l’argent du roi ou du sien, pas plus de quatre écus. Orléans était assiégée par les Anglais sans moyen de lui porter secours.

C’est dans cette détresse qu’arriva Jeanne ; et le témoin croit qu’elle vint de la part de Dieu, pour réconforter le roi et ses sujets car il n’y avait d’autre espoir que venant de Dieu.

Jean d’Alençon

Le témoin chassait aux cailles à Saint-Florent, lorsqu’on vint le prévenir qu’une Pucelle, qui se déclarait envoyée par Dieu pour mettre en fuite les Anglais et leur faire lever le siège d’Orléans, était venue trouver le roi à Chinon.

Dès le lendemain il se rendit à Chinon et trouva Jeanne qui s’entretenait avec le roi. Celle-ci lui demanda qui il était ; le roi répondit que c’était le duc d’Alençon ; alors elle déclara : Vous, soyez le très bien venu ! Plus nombreux seront-ils ensemble du sang royal de France, et mieux cela sera.

Simon Charles

L’année où Jeanne vint vers le roi, le témoin avait été envoyé par le roi en ambassade à Venise. Il en revint vers le mois de mars et apprit de Jean de Metz qu’elle était auprès du roi.

Thibault d’Armagnac(dit Thibault de Termes)

Fit connaissance de Jeanne lorsqu’elle vint à Orléans faire lever le siège ; il était alors en charge de la défense de la ville avec Dunois. — Lorsqu’ils apprirent son arrivée ils allèrent la chercher de l’autre côté de la Loire, près de Saint-Jean-le-Blanc, et la ramenèrent dans la ville.

Jean d’Aulon

Il y a 28 ans environ, alors que le roi était à Poitiers, on vint l’avertir qu’une Pucelle, originaire de Lorraine, lui avait été amenée par deux gentilshommes se disant envoyés par Robert de Baudricourt, le chevalier Bertrand et Jean de Metz. Lui-même se rendit à Poitiers pour la voir.

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