#Dernières paroles de Jeanne
12 témoins :
- Isambert de La Pierre
- Nicolas Taquel, troisième notaire du procès
- Nicolas Caval
- Guillaume Manchon
- André Marguerie
- Pierre Miget
- Guillaume de la Chambre
- Martin Lavenu
- Jean Lefèvre
- Laurent Guesdon, alors lieutenant du bailli de Rouen
- Jean Riquier
- Pierre Daron, alors procureur de Rouen
Isambert de La Pierre
- Enquête du cardinal d’Estouteville (3 mai 1452)
Il était avec elle sur le bûcher : dans les flammes elle avait toujours à la bouche Jésus ; et elle le supplia au moment où le feu serait allumé, de venir avec la croix et de la lui présenter ; ce qu’il fit. Et ensuite elle cria Jésus ; aussi les assistants furent portés aux larmes.
Nicolas Taquel(troisième notaire du procès)
- Enquête du cardinal d’Estouteville (8 mai 1452)
Il n’était pas présent au supplice mais il entendit que Jeanne était morte pieusement et en catholique, invoquant le nom de Jésus et de la sainte Vierge Marie.
Nicolas Caval
- Enquête du cardinal d’Estouteville (8 mai 1452)
Il ne fut pas présent lors de l’exécution et ne vit pas la foule des Anglais ; il apprit cependant de certains qu’elle criait et invoquait le nom de Jésus à ses derniers moments et qu’elle toucha plusieurs personnes aux larmes.
Guillaume Manchon
- Enquête du cardinal d’Estouteville (8 mai 1452)
Juste après le prononcé de sa sentence, Jeanne fit de très belles oraisons, recommandant son âme à Dieu, à la bienheureuse Marie et à tous les saints, les invoquant et demandant pardon aux juges et aux Anglais, au roi de France et à tous les princes du royaume. Pour le reste ne ne vit rien, parce qu’il s’en alla ; mais il a bien entendu beaucoup de ceux qui assistaient à l’exécution dire qu’elle avait crié le nom de Jésus à la fin de sa vie.
André Marguerie
- Enquête du cardinal d’Estouteville (9 mai 1452)
Déclare ne rien savoir de sa dévotion ; mais elle paraissait très troublée car elle disait : Rouen, Rouen, mourray-je cy !
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Fut présent à la dernière prédication, mais saisi de pitié, il n’assista pas à l’exécution. Plusieurs pleuraient, surtout l’évêque de Thérouanne. — Jeanne paraissait très troublée, car elle disait : Rouen, Rouen, mourrais-je ici ?
Il lui semble que par ordre du cardinal d’Angleterre, les cendres de Jeanne furent rassemblées et jetées dans la Seine.
Pierre Miget
- Enquête du cardinal d’Estouteville (9 mai 1452)
Conforme à ce qu’il a entendu. Une fois abandonnée par l’Église, Jeanne commença à se lamenter et acclamer Jésus ; et aussi partit le témoin, ému de si grande pitié qu’il ne put voir l’exécution de Jeanne.
Guillaume de la Chambre
- Enquête à Paris et à Rouen (2 avril 1456)
Fut présent lors de la dernière prédication, faite au Vieux Marché de Rouen par maître Nicolas Midi. Après ce sermon, Jeanne fut brûlée. Le bois pour la brûler était déjà en place ; elle faisait si pieuses lamentations et exclamations que plusieurs pleuraient ; mais quelques Anglais riaient. Il l’entendit s’exclamer quelque chose comme : Ah !Rouen ! J’ai grand peur que tu n’aies à souffrir de ma mort !
. Ensuite elle se mit à crier : Jésus
, et à invoquer saint Michel ; puis enfin disparut dans le feu.
Martin Lavenu
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Atteste que Jeanne soutint toujours et affirma jusqu’à la fin de sa vie que les voix entendues par elle venaient de Dieu, que toutes ses actions avaient été faites sur l’ordre de Dieu, et qu’elle ne croyait pas avoir été trompée par ces voix ; mais les révélations qu’elle avait eues venaient de Dieu.
Jean Lefèvre
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Jeanne finit ses jours en catholique, criant : Jésus ! Jésus !
Elle pleurait tant, faisant de pieuses lamentations, qu’à son avis nul homme, s’il avait été présent, n’aurait eu le cœur dur au point de ne pas être ému aux larmes. L’évêque de Thérouanne et tous les seigneurs pleuraient. Jeanne demanda à tous les prêtres présents de dire chacun une messe pour elle. Il ne resta pas là jusqu’à la fin et s’en alla, car il n’aurait pu en supporter la vue.
Laurent Guesdon(alors lieutenant du bailli de Rouen)
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Croit que Jeanne est morte en catholique, car elle mourut en criant le nom du Seigneur Jésus. C’était grande pitié, et presque tous les gens présents étaient émus aux larmes.
Jean Riquier
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Lorsque Jeanne vit mettre le feu au bûcher, elle se mit à crier à haute voix : Jésus
; et le cria ainsi jusqu’à sa mort.
Pierre Daron(alors procureur de Rouen)
- Enquête à Paris et à Rouen (13 mai 1456)
Croit qu’elle termina sa vie en catholique, car elle faisait plusieurs pieuses exclamations et lamentations, invoquant le nom de Jésus. Il l’entendit dire : Ah ! Rouen, Rouen, seras-tu ma maison ?
— Plusieurs étaient émus aux larmes et beaucoup étaient mécontents qu’elle eût été exécutée à Rouen. — Jusqu’à son dernier moment, Jeanne criait toujours Jésus !