Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

Dépositions de Nicolas Caval

Voir : Nicolas Caval (~1390–~1457)

A été entendu 2 fois :

1452 :

1456 :

Enquête de 1452

  • Interrogé le lundi 8 mai 1452
  • Lieu : Rouen, palais épiscopal

Questionnaire de l'interrogatoire :

Devant :

Notaires :

Lire dans les différentes éditions

Français :

Latin :

  • Duparc (Procès en nullité, t. I, p. 211, 1977)
  • Quicherat (Procès, t. II, p. 335, 1845)

Maître Nicolas Caval, prêtre, licencié ès lois, chanoine de Rouen, âgé d’environ 60 ans, entendu le 8 mai 1452.

Art. 1. Les Anglais haïssaient Jeanne pour les avoir combattus, et voulaient la faire mourir

Déclare croire que les Anglais n’avaient grande affection pour Jeanne. [Quel sens de l’euphémisme !]

Art. 2. Les Anglais la craignaient

Le croit véridique.

Art. 3. Les Anglais organisèrent un faux procès de foi à Rouen où ils étaient maîtres

Il est notoire que Jeanne fut transférée à la prison du château de Rouen ; ignore le reste.

Art. 4. Juges et conseillers agirent sous leur menace

Ne sait rien.

Art. 5. Les notaires ne purent écrire fidèlement les paroles de Jeanne

Ne sait que dire.

Art. 6. Les notaires devaient retrancher les paroles qui la justifiaient et en ajouter d’autres qui l’accablaient

Croit que les notaires ont écrit avec fidélité et sans crainte.

Art. 7. Aucun conseiller n’osa la défendre par crainte pour sa vie

Ne sait rien.

Art. 8. Jeanne était confiée à la garde des Anglais, entravée de fer et isolée

Jeanne fut en prison au château de Rouen. Pour le reste ne sait rien.

Art. 9. Jeune fille d’environ 19 ans, Jeanne était inapte à se défendre seule

Jeanne lui semblait être bien jeune ; il l’a entendue une fois en pleine audience, elle parlait avec assez de sagesse. [D’après le procès de condamnation, Caval a assisté à deux interrogatoires.]

Art. 10. Les Anglais allaient la nuit feindre des révélations pour l’inciter à ne pas se soumettre à l’Église

Ne sait rien.

Art. 11. Les interrogatoires étaient difficiles

Ne sait rien.

Art. 12. Les interrogatoires étaient longs et éprouvants

Ne sait rien.

Art. 13. Jeanne affirma souvent ne rien vouloir soutenir contre la foi catholique

Ne sait rien.

Art. 14. Jeanne déclara plusieurs fois soumettre ses paroles et ses actes à l’Église et au pape

Ne sait rien.

Art. 15. Les Anglais interdirent que soient écrites ses paroles de soumission

Ne sait rien.

Art. 1. Les Anglais haïssaient Jeanne pour les avoir combattus, et voulaient la faire mourir

Ne sait rien.

Art. 17. Si certaines paroles paraissent suggérer qu’elle refusa de se soumettre, c’est qu’elle comprenait l’Église comme les ecclésiastiques du tribunal, partisans des Anglais

Ne sait rien.

Art. 18. La traduction en latin retrancha des paroles qui la justifiaient et en ajouta qui l’accablaient

Ne sait rien.

Art. 19. Le tribunal jugea sous la crainte

S’en rapporte au procès.

Art. 20. Le procès est mensonger, incomplet et vicié

S’en rapporte au procès.

Art. 21. Les juges n’ayant pas suivi le droit étaient incompétents

S’en rapporte au procès.

Art. 22. Jeanne n’eut pas la possibilité de se défendre

Ne sait rien.

Art. 23. En lui accordant la communion les juges reconnaissaient qu’elle s’était soumise

Déclare bien savoir qu’elle a été brûlée ; si cela fut juste ou injuste, il s’en rapporte au procès.

Art. 24. Les Anglais la brûlèrent sans sentence séculière

Ne sait rien.

Art. 25. Jeanne se comporta en bonne catholique jusqu’à son dernier souffle ; tous les assistants pleurèrent, même les Anglais

Il ne fut pas présent lors de l’exécution et ne vit pas la foule des Anglais ; il apprit cependant de certains qu’elle criait et invoquait le nom de Jésus à ses derniers moments et qu’elle toucha plusieurs personnes aux larmes.

Art. 26. Les Anglais agirent par haine de Jeanne et pour déshonorer le roi de France très chrétien

Croit que les Anglais la craignaient, mais ignore s’ils agirent pour les motifs de l’article.

Art. 27. Tous ces points sont notoires et admis, tant à Rouen que dans le royaume de France

A déposé ce qu’il sait.

Enquête de 1456

  • Interrogé le mercredi 12 mai 1456
  • Lieu : Rouen, palais épiscopal

Les 39 témoins de l'enquête :

  1. Jean Tiphaine
  2. Guillaume de la Chambre
  3. Jean de Mailly
  4. Thomas de Courcelles
  5. Jean Monnet, secrétaire de Jean Beaupère
  6. Louis de Coutes, page de Jeanne
  7. Gobert Thibaut
  8. Simon Beaucroix
  9. Jean Barbin
  10. Marguerite La Touroulde, veuve de René de Bouligny
  11. Jean Marcel
  12. Jean d’Alençon
  13. Jean Pasquerel, aumônier de Jeanne
  14. Jean de Lénizeul, serviteur de Guillaume Érart
  15. Simon Charles
  16. Thibault d’Armagnac, dit Thibault de Termes
  17. Aimon de Macy
  18. Colette, femme de Pierre Milet
  19. Pierre Milet
  20. Aignan Viole
  21. Pierre Miget
  22. Guillaume Manchon, principal notaire du procès
  23. Jean Massieu, huissier du procès
  24. Guillaume Colles, dit Boisguillaume, second notaire du procès
  25. Martin Lavenu
  26. Nicolas de Houppeville
  27. Jean Lefèvre
  28. Jean Lemaire
  29. Nicolas Caval
  30. Pierre Cusquel
  31. André Marguerie
  32. Maugier Leparmentier
  33. Laurent Guesdon, alors lieutenant du bailli de Rouen
  34. Jean Riquier
  35. Jean Moreau, habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy
  36. Nicolas Taquel, troisième notaire du procès
  37. Husson Lemaistre, habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy
  38. Pierre Daron, alors procureur de Rouen
  39. Seguin de Seguin

Devant :

Lire dans les différentes éditions

Français :

  • Gratteloup (Abrégé, 2023)
  • Duparc (Procès en nullité, t. IV, p. 130, 1986)
  • Fabre (Procès de réhabilitation, t. II, p. 119, 1888)

Latin :

  • Duparc (Procès en nullité, t. I, p. 451, 1977)
  • Quicherat (Procès, t. III, p. 178, 1845)

Maître Nicolas Caval, licencié ès lois, chanoine de Rouen, âgé d’environ 70 ans. Interrogé le 19 décembre et réentendu le 12 mai et interrogé sur les articles.

Art. 1-4. Vie et dévotion de Jeanne

A connu Jeanne à l’occasion de son procès, auquel il assista pendant quelques jours, sans avoir été requis cependant. Il assista à un de ses interrogatoires, elle répondait avec assez de sagesse et avait une très bonne mémoire. En effet, elle répliquait parfois : J’ai répondu autrement et de telle manière et faisait chercher par le notaire le jour de la réponse, et on la trouvait conforme à ce qu’elle déclarait, sans la moindre addition ou soustraction, ce qui surprenait, attendu son jeune âge.

Art. 5-8. Invalidité du procès dès son ouverture

Croit que les Anglais n’avaient pas grand amour pour elle, mais ne sait rien des juges. Croit que les notaires écrivirent fidèlement, sans aucune crainte.

Art. 28-33. Deuxième sentence et supplice

A entendu dire, car lui-même n’était pas présent à sa condamnation, que Jeanne mourut en catholique et qu’à son dernier jour elle invoquait le nom de Jésus.

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