#Les douze articles
8 témoins :
- Guillaume de la Chambre
- Thomas de Courcelles
- Jean Monnet, secrétaire de Jean Beaupère
- Pierre Miget
- Guillaume Manchon, principal notaire du procès
- Jean Massieu, huissier du procès
- Guillaume Colles, dit Boisguillaume, second notaire du procès
- Jean Lefèvre
Guillaume de la Chambre
- Enquête à Paris et à Rouen (2 avril 1456)
Ignore qui a forgé les douze articles et ne croit pas avoir donné son avis dessus.
Thomas de Courcelles
- Enquête à Paris et à Rouen (2 avril 1456)
Les douze articles furent extraits des prétendus aveux et réponses de Jeanne, rédigés par feu Nicolas Midi lui semble-t-il d’après des conjectures vraisemblables, et beaucoup débattus. Ne sait cependant si on délibéra pour qu’ils fussent corrigés et s’ils le furent.
Jean Monnet(secrétaire de Jean Beaupère)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 avril 1456)
Ignore qui a rédigé les douze articles et s’ils furent fidèles aux aveux de Jeanne. Sait cependant que Jean Beaupère les porta à Paris.
Pierre Miget
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
S’en rapporte aux déclarations de Jeanne et aux articles fabriqués, comme on peut le constater. [Doit-on constater que les articles rapportent infidèlement les déclarations ?]
Guillaume Manchon(principal notaire du procès)
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Bien en amont, Jeanne avait été interrogée et ses réponses enregistrée ; les assesseurs ordonnèrent ces réponses en plusieurs articles [les 70 articles du promoteur] ; et Jeanne fut réinterrogée sur chacun. Les assesseurs, notamment ceux de Paris, décidèrent, comme suivant l’habitude, que les principaux points des articles et de leurs réponses seraient résumés en quelques petits articles afin d’avoir des délibérations meilleures et plus rapides : les douze articles. — Le témoin s’y employa très peu, et ne sait qui les a composés.
Quand au procès originaire, rédigé en français, croit qu’il est fidèle aux réponses de Jeanne et aux articles du promoteur ; mais pour les douze articles il s’en rapporte à ceux qui les ont fabriqués, qu’il n’aurait pas osé, ni lui, ni son associé, contredire. — Ignore quand furent présentés les douze articles, et s’il vérifia leur conformité avec les réponses de Jeanne.
On lui montra ces articles et on reconnut avec évidence une notable différence. On lui montra une petite note écrite de sa main, en français, datée du 4 avril 1431 et dans laquelle il est dit expressément que ces douze articles n’étaient pas bien rédigés, mais étaient au moins en partie sans rapport avec les déclarations de Jeanne, aussi devaient-ils être corrigés. Or, les articles semblent avoir été modifiés, mais non pas corrigés conformément à cette petite note. On demanda aux trois notaires : pourquoi et sur ordre de qui, les articles avaient-ils été insérés sans correction dans le procès et la sentence, et s’ils avaient également été envoyés sans correction à ceux qui en délibéraient. Les trois notaires (le témoin ainsi que Boisguillaume et Taquel) reconnurent l’écriture de Manchon mais ignorent qui fit ces douze articles. Tous trois déclarent qu’il était alors la coutume de faire des articles semblables ; ignore si les opinants reçurent les articles corrigés ou non, tant à Paris qu’ailleurs ; croient cependant qu’il n’en fut rien, comme le laisse penser une autre petite note écrite de la main du promoteur d’Estivet indiquant que les articles furent envoyés le lendemain par lui-même et sans correction ; et s’en rapporte au procès.
Manchon répète que tout ce qui se trouve dans son procès est vrai ; quant aux douze articles s’en rapporte à leurs auteurs, car lui ne les a pas faits.
Interrogé si les délibérations portèrent sur tout le procès, ou sur ces douze articles, répond croire qu’elles ne portèrent pas sur tout le procès, qui ne fut rédigé qu’après la mort de Jeanne, mais sur ces douze articles.
Interrogé si ces douze articles furent lus à Jeanne, répond que non.
Interrogé s’il a jamais perçu une différence entre ces articles et les déclarations de Jeanne, dit ne pas se souvenir ; qu’il n’y a pas prêté trop d’attention attendu qu’il n’aurait osé reprendre des hommes si importants, lesquels prétendaient qu’il était habituel de procéder ainsi.
Interrogé comment il put signer l’instrument de la sentence dans lequel se trouvent insérés ces articles, et pourquoi l’instrument contient ces douze articles et non la demande du promoteur, répond qu’il a signé comme ses collègues. Pour l’énoncé de la sentence il s’en rapporte à celui des juges ; pour les articles, il fit ce que les juges voulaient.
Jean Massieu(huissier du procès)
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Ignore qui présenta les [douze] articles.
Guillaume Colles, dit Boisguillaume(second notaire du procès)
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Ignore qui a rédigé les douze articles ; ce n’est ni lui ni les autres notaires. Quant à leur fidélité aux dépositions de Jeanne, s’en rapporte au procès.
Jean Lefèvre
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Ne sait rien sinon que certains articles furent rédigés pour être envoyés aux opinants, mais ignore s’ils furent bien et fidèlement rédigés.