Robert Ciboule

Mémoire en faveur de Jeanne d’Arc (1453)

Mémoire de Robert Ciboule, chancelier de l’Université de Paris, en vue de la réhabilitation de Jeanne d’Arc et de la révision de son procès.
Auteur
Date de publication
2 janvier 1453

Éditions

  • Quicherat : Fragments (latin) (Procès, t. III, 1845, p. 326), d’après le ms. 5970 de la BnF.
  • Lanéry d’Arc : Texte (latin) (Mémoires et consultations, 1889, p. 351), d’après le même ms. 5970.
  • Duparc : Texte (latin) (Procès en nullité, t. II, 1979, p. 348), d’après le ms. Stowe 84 de la British Library.
  • Ayroles : Traduction (partielle) et analyse (Vraie Jeanne d’Arc, t. I, 1890, p. 271-291).
  • Combes : Analyse (Robert Ciboule, 1933, p. 153).

Sources manuscrites

  • BnF : Manuscrit Latin 5970

    [XVe siècle.] L’une des trois exemplaires authentiques du procès de Réhabilitation (celui de la famille d’Orléans). — f°164 r° à 174 r°.

    Incipit : Sequitur consideracio seu opinio venerabilis viri magistri Roberti Siboule...

    S’ensuit la considération ou opinion de vénérable maître Robert Ciboule.

  • British Library : Stowe MS 84

    [XVe siècle.] L’un des trois exemplaires authentiques (celui de Charles VII). — f°171 r° à 179 v°.

Chronologie

  • 1452

  • Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc. — L’inquisiteur Jean Bréhal s’est vu charger par Charles VII de poursuive l’examen du procès de Jeanne en recueillant les avis des plus savants théologiens et juristes. Il sollicite Ciboule.

    Son mémoire, daté du 2 janvier 1453, sera inclus dans les actes officiels du procès.

  • 1753

  • Lenglet du Fresnoy évoque le mémoire dans le deuxième volume de son Histoire de Jeanne d’Arc, où il décrit le manuscrit Latin 5970 de la Bibliothèque du roi.

    Ce Théologien [Robert Cybole] examine la sentence qui a condamné la Pucelle Jeanne, et en fait voir évidemment, non seulement les nullités dans la forme, mais encore les injustices quant au fond. Tout y est discuté avec beaucoup de soins et de lumières.

  • 1790

  • L’Averdy, Notices des manuscrits, t. III.

    Robert Cibole, professeur en théologie. (p. 295).

    L’avant-dernier traité du manuscrit du procès est celui de Robert Cybole, professeur en théologie et chancelier de l’église de Paris ; il a été composé en 1452, à la réquisition de Charles VII, dans le même temps où Dupont [Paul Pontano], Théodore [de Lellis] et [Pierre] l’Hermite s’occupaient du même objet. Cet ouvrage paraît avoir eu beaucoup de réputation dans le temps ; mais on aurait bien de la peine à le lire à présent en entier, à cause de sa longueur et du mauvais goût qui y règne, ainsi que dans les autres. Cet auteur aura cependant toujours le mérite d’être un des premiers qui a discuté à fond tout le procès de condamnation, et qui a prouvé qu’il était nul en lui-même et injuste dans la décision, par des moyens graves et dignes de la plus grande attention. (p. 520).

  • 1845

  • Quicherat, Procès, t. III, p. 326-328, édite quelques fragments du mémoire, d’après le ms. 5970, et commente, Procès, t. V, 1849, p. 467 :

    La consultation de Robert Ciboule est datée du mois de janvier 1452 (v. st.). Cette date peut s’accorder avec le titre où il est dit de l’auteur : qui tam ante hunc inchoatum processum quam etiam post inchoationem, requiren tibus ejus consilium, etc., delegatis, scripsit super facto dicti processus [qui, tant avant l’ouverture de ce procès qu’après son commencement, ayant été sollicité par les délégués pour donner son avis, a rédigé un écrit sur le sujet dudit procès].

    Étienne Pasquier attribue la date de 1456 à un manuscrit séparé du même ouvrage qu’il avait vu ès mains du Feron, ce grand rechercheur d’armoiries, et d’où il put extraire une analyse des arguments soulevés par Robert Ciboule contre les juges de Jeanne d’Arc.

  • 1888

  • Joseph Fabre, Procès de Réhabilitation, t. II, 1888, p. 182, qui porte un jugement sévère sur la plupart des traités, n’épargne pas non plus celui-ci :

    Un cinquième mémoire, assez médiocre malgré ses allures doctorales, était l’œuvre de Robert Ciboule, chancelier de l’Université de Paris. C’était une consultation théologique élaborée dès 1453, et à laquelle l’auteur fit d’amples retouches avant de l’envoyer aux juges du procès de réhabilitation.

  • 1889

  • Lanéry d’Arc, Mémoires et consultations, p. 351-393, édite le texte complet, d’après le ms. 5970.

  • 1890

  • Le père Ayroles, Vraie Jeanne d’Arc, t. I, 1890, p. 271-291, analyse le mémoire et en traduit certaines parties.

    Il ne vivait pas à la belle époque de la scolastique. Sa phrase est loin d’avoir la plénitude de celle de Pierre Lombard, de saint Thomas ou de saint Bonaventure. Ce n’est pas non plus l’élégance de ses contemporains Pie II, du cardinal de Pavie ou du Pogge ; la renaissance déjà bien accentuée en Italie n’avait pas encore fait son apparition en France. Malgré les défauts de la forme, le traité de Ciboule est remarquable par la solidité du fond, surtout dans la partie où il défend l’orthodoxie de Jeanne et sa soumission à l’Église. Elle sera ici traduite dans son entier ; je me contente d’une rapide analyse et de quelques extraits du reste du mémoire.

  • 1893

  • Les pères Belon et Balme, Jean Bréhal et la Réhabilitation, 1893, p. 59 :

    Ce travail, qui respire une modestie rare, est fort remarquable par la solidité de sa doctrine et par le courage avec lequel il ne craint pas de censurer les qualificatifs de la sentence, et de rappeler la part blâmable qu’y ont prise les plus hauts dignitaires de l’Université. Il méritait l’honneur d’être inséré dans les grandes expéditions du procès de réhabilitation.

  • 1933

  • L’abbé Combes, Robert Ciboule, 1933, p. 158, répond à Fabre :

    On a été très sévère pour le mémoire que je viens d’analyser très rapidement : on l’a jugé médiocre, dépourvu de sens historique et d’émotion, illisible... sans doute parce qu’on ne l’avait pas lu. Un sens profond de la justice, une réelle valeur théologique, une attention soutenue au texte du procès, une ironie, méritoire, à l’adresse de l’ancien protecteur de l’Université, et surtout un sentiment remarquable de la solidarité française en même temps qu’une très tendre compassion à l’égard de la victime de tant d’arguments captieux rapprochent étrangement de nous, me semble-t-il, celui qui fut l’un des premiers admirateurs émus de Jeanne d’Arc.

  • 1979

  • Duparc, Procès en nullité, t. II, 1979, p. 348, donne une nouvelle édition du texte, d’après le ms. Stowe 84 de la British Library.

  • 2012

  • Philippe Contamine, D’un procès à l’autre, Jeanne d’Arc, le pape, le concile et le roi (1431-1456), 2012, Google Books :

    À l’inverse d’Élie de Bourdeille, Robert Ciboule était un conciliariste notoire. [Contamine oppose Ciboule, tenant de la supériorité du concile sur le pape, à Bourdeille le romain pour qui l’autorité du pape prévalait.] [...] À ne retenir que les passages où il parle du pape et du concile général, sa démonstration peut se résumer comme suit. Une personne telle Jeanne d’Arc n’est pas tenue, en raison de sa condition, de son âge et de son sexe, de savoir ce qu’est un concile général non plus que la nature précise et l’étendue de son pouvoir pour juger les faits et les dits des humains, d’autant que les plus savants ont des opinions variées à ce sujet. Il m’apparaît qu’il n’y a pas une grande évidence lorsqu’il s’agit de savoir si chacun est tenu de manière générale à soumettre tous ses dits et faits au pape et au concile général alors que beaucoup de ces faits et de ces dits sont cachés et doivent être rapportés à Dieu seul : ainsi les mouvements intérieurs et les secrets des cœurs sont laissés pour être connus de Dieu seul. [...] C’est pourquoi, toujours sauf meilleur jugement, je dis avec probabilité qu’elle n’était pas tenue de se rapporter au jugement du pape et des cardinaux et même du concile général pour savoir si elle avait eu ou non ses apparitions, [car il s’agit là d’une question de fait, et là] aussi bien le pape que les gens d’Église et même le concile général rassemblé dans le Saint Esprit peuvent se tromper.

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