Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Chasteté de Jeanne

Jean de Metz

Chaque nuit Jeanne, Bertrand et lui couchaient côte-à-côte ; Jeanne gardait son pourpoint et ses chausses, mais il la craignait tellement qu’il n’aurait pas osé la solliciter, et n’eut jamais de désir ni de mouvement charnel.

Bertrand de Poulengy

Chaque nuit elle couchait avec lui et Jean de Metz, revêtue de son surcot et ses chausses lacées et fixées. À cette époque il était jeune mais n’eût pourtant ni désir ni quelque envie charnelle, et n’aurait pas osé solliciter Jeanne, à cause de la bonté qu’il voyait en elle.

Jean Jaquard

Vit Jeanne plusieurs fois à Domrémy et dans les champs ; c’était une très douce, bonne, chaste et prudente fille, à ce qui lui parut. Il n’entendit jamais dire du mal d’elle ; on l’estimait bonne et pieuse fille.

Jean Dunois

Elle dépassait en tempérance toute autre personne vivante. Jean d’Aulon, que le roi avait chargé d’accompagner et de protéger Jeanne, disait ne pas croire qu’il existât femme plus chaste qu’elle. En présence de Jeanne, lui-même comme d’autres n’avaient plus de désir charnel envers aucune femme ; ce qui paraît au déposant comme chose venant presque de Dieu.

Raoul de Gaucourt

Jeanne était sobre au boire et au manger ; de sa bouche ne sortaient que de bonnes paroles, servant à édifier et à donner un bon exemple ; elle était chaste, à sa connaissance aucun homme n’a jamais été de nuit en sa compagnie, au contraire elle dormait toujours avec une femme dans sa chambre.

Guillaume de Ricarville

Elle eut une vie très belle. Elle était sobre au boire et au manger, chaste, pieuse, entendant chaque jour la messe, confessant ses péchés très souvent et communiant chaque semaine avec une dévotion fervente. Elle reprenait les hommes d’armes quand ils blasphémaient, juraient, ou commettaient quelques méfaits ou faisaient des actes de violence.

Charlotte

Ajoute que la nuit elle dormait seule avec Jeanne. Jamais elle n’aperçut en elle quelque signe de débauche ou de lubricité mais ne vit que simplicité, humilité et chasteté. Elle se confessait souvent et entendait la messe tous les jours. Jeanne disait souvent à la mère de la déposante, chez laquelle elle habitait, qu’il fallait espérer en Dieu, que Dieu aiderait Orléans et chasserait les adversaires. Jeanne avait l’habitude, avant d’aller à l’assaut, de toujours mettre en ordre sa conscience et de recevoir la communion après avoir écouté la messe.

Louis de Coutes(page de Jeanne)

Elle fut logée dans une tour du château du Coudray. Le témoin y passait toutes ses journée en sa compagnie ; mais de nuit, elle avait des femmes avec elle. Pendant son séjour au Coudray, des hommes de haute condition vinrent plusieurs jours pour s’entretenir avec elle ; ignore qui ils étaient, et ce qu’ils faisaient ou disaient car se retirait à leur arrivée. À cette époque du Coudray, il vit souvent Jeanne à genoux, priant ; il n’entendait pas ce qu’elle disait ; parfois elle pleurait.

Le jour suivant, vers neuf heures, les troupes du roi traversèrent la rivière dans des bateaux pour aller contre la bastille de Saint-Jean-le-Blanc et s’en emparèrent. De même prirent-ils celle des Célestins [Augustins]. Jeanne, accompagnée du témoin, franchit le fleuve Loire avec ces troupes, puis revint dans la ville d’Orléans où elle coucha dans son logis avec quelques femmes.

Jeanne toujours une femme avec elle la nuit ; et si elle ne pouvait en trouver, comme en campagne, elle couchait tout habillée.

Gobert Thibaut

En campagne Jeanne était toujours avec des gens d’armes ; plusieurs de ses familiers disaient pourtant n’avoir jamais eu de désir à son égard ; et que si parfois leur venait une impulsion charnelle, jamais cependant ils n’osèrent diriger leur pensée vers elle, comme si elle ne pouvait être l’objet de concupiscence. Ils parlaient souvent entre eux du péché de chair, mais dès qu’il la voyait approcher, ils ne pouvaient plus continuer et aussitôt abandonnaient leur impulsion charnelle. Le témoin voulut vérifier et en interrogea plusieurs qui avait couché en sa compagnie : tous le confirmèrent ; ajoutant que jamais ils n’eurent de désir charnel lorsqu’ils la regardaient.

Simon Beaucroix

Lui-même n’eut jamais envers elle le désir de mal agir. — Jeanne couchait toujours avec des jeunes filles ; et ne voulait pas de vieilles femmes. — Elle détestait jurons et blasphèmes, et reprenait ceux qui juraient ou blasphémaient. — Elle interdisait les pillages et refusait la nourriture qu’elle savait volée. Elle s’irrita un jour contre un Écossais qui lui fit savoir qu’elle avait mangé d’un veau volé et voulu le frapper. — Elle ne voulait jamais voir de femmes de mauvaise vie dans l’armée ; aucune d’elles n’aurait osé se trouver devant elle ; et si Jeanne en rencontrait une, elle devait soit partir, soit se faire épouser.

Marguerite La Touroulde

Ceux qui la conduisirent auprès du roi disaient qu’à première vue ils la crurent folle, et avaient eu l’intention de la faire enfermer. Mais à peine partis, ils furent prêts à tout faire pour elle, désiraient autant qu’elle-même la présenter au roi, et n’auraient pu aller contre sa volonté. Ils eurent au début le désir de la rechercher charnellement, mais au moment de lui en parler avaient tellement honte qu’ils n’osaient le faire ou lui dire une parole.

Jean d’Alençon

En campagne il coucha avec Jeanne et les hommes d’armes à la paillade [en français] ; il la vit parfois s’habiller, et parfois voyait ses seins, qui étaient beaux. Il n’eut cependant jamais aucun désir charnel à son endroit.

Aimon de Macy

Il vit Jeanne lors de sa captivité au château de Beaurevoir, pour et au nom du comte de Ligny. Il la vit plusieurs fois en prison et s’entretint avec elle à plusieurs reprises. Plusieurs fois aussi, en plaisantant, il essaya de lui toucher les seins, mais Jeanne s’indignait et le repoussait autant qu’elle le pouvait ; car elle honnête, en parole comme en action.

Jean d’Aulon

La Pucelle était une jeune fille belle et bien formée ; il lui vit plusieurs fois la poitrine et les jambes nues, lorsqu’il l’aidait à s’armer ou en faisant panser ses plaies, et aussi s’approchait souvent d’elle. Pourtant, et bien qu’il fut alors fort, jeune et en sa bonne puissance, jamais il n’eut de désir charnel vers elle. Ni aucun de ses gens ou écuyer, ainsi qu’il l’entendit souvent dire.

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