Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Déshonorer le roi

Pierre Miget

Le procès montre nettement que les Anglais procédaient par haine plutôt que par justice ; leur principal but était de prouver qu’elle était hérétique, pour ainsi déshonorer le roi de France.

Le procès tendait aussi à montrer l’infamie du roi de France.

Isambert de La Pierre

Les Anglais cherchaient à déshonorer le roi de France.

Croit que la principale raison du procès fut de déshonorer le roi de France. Guillaume Érard le proclama lorsqu’il dit : Seule la France manquait habituellement de monstres ; mais maintenant voici un monstre horrible avec cette femme schismatique, hérétique et sorcière, grâce à laquelle le roi de France veut recouvrer son royaume. À cet Érard Jeanne répondit : Ô prêcheur ! vous parlez mal ! Ne parlez pas de la personne du roi Charles, notre sire, parce que c’est un bon catholique et ce n’est pas en moi qu’il a cru.

Pierre Cusquel

Les Anglais ont cherché à la faire mourir par malveillance et déplaisir du bien qu’elle faisait ; et pour déshonorer le roi de France qui avait utilisé une femme hérétique et habile en sortilèges. Elle n’aurait pas été jugée si elle n’avait pas été contre les Anglais.

Martin Lavenu

Véridique ; croit que les Anglais par le procès cherchaient à déshonorer le roi de France, parce qu’il gardait avec lui une sorcière.

Véridique. Ajoute que Guillaume Érard s’écria au cours de son sermon au cimetière de Saint-Ouen, : Ô maison de France ! tu as toujours été exempte de monstres jusqu’à présent ; mais maintenant, en adhérant à cette femme, une sorcière, hérétique et superstitieuse, tu t’es déshonorée !

Fut présent lors de la première sentence et de la prédication de Guillaume Érard à Saint-Ouen. Croit que tout a été fait par haine du roi de France très chrétien, et pour le diffamer, car Érard dit entre autres : Ô maison de France ! tu avais toujours été exempte de monstres, mais en t’attachant à cette femme ensorceleuse, hérétique, superstitieuse, tu es déshonorée ! À quoi Jeanne répondit : Ne parle point de mon roi, il est bon chrétien [en français].

Nicolas Taquel(troisième notaire du procès)

Il dit croire que si Jeanne ne les avait combattu, les Anglais n’auraient pas procédé ainsi ; et qu’ils désiraient exalter leur parti et abaisser le roi de France.

Nicolas de Houppeville

La rumeur à Rouen était que les Anglais procédaient par haine et peur, et aussi pour déshonorer le roi de France.

Croit que tout fut fait par haine du roi de France et pour le diffamer. On disait que le procès était nul, et Jeanne victime d’une très grande injustice.

Jean Massieu(huissier du procès)

Le prêcheur qui fit la première prédication parla en effet du royaume de France en ces termes : Ô royaume de France ! autrefois tu fus réputé et appelé très chrétien, tes rois et tes princes furent appelés très chrétiens ; mais maintenant à cause de toi, ô Jeanne ! ton roi qui se dit roi de France, en te soutenant et en croyant à tes paroles, est devenu hérétique et schismatique ! ; et il répéta cela trois fois. Jeanne se dressant alors lui répondit en disant : Sauve votre révérence, ce que vous dites n’est pas vrai ; car je veux que vous sachiez qu’il n’y a pas meilleur catholique entre les vivants que lui.

Guillaume Manchon

Croit que les Anglais cherchaient à diffamer le roi de France. Dans sa prédication faite à Saint-Ouen, Guillaume Érard s’écria : Ô noble maison de France ! tu as toujours été sans tache et sans blâme d’erreur ; maintenant ce serait une grande pitié que tu puisses choir dans une telle erreur que d’ajouter foi à cette femme !

Richard de Grouchet

Croit que Jeanne fut mise à mort pour les raisons de l’article, mais ignore si on avait l’intention de déshonorer le roi ; croit bien que c’est par mépris pour le roi qu’elle fut mise à mort, étant donné la manière de procéder et le genre du jugement.

Jean Le Fèvre

Ignore si l’on désirait déshonorer le roi de France ; estime cependant qu’en général on ne l’aimait pas.

Maugier Leparmentier

La commune renommée était que tout ce que l’on faisait contre Jeanne était fait par haine du roi de France et de son parti, et que Jeanne avait subi une grande injustice.

Jean Riquier

Fut présent à la prédication de Saint-Ouen. Guillaume Érard y tint de méchants propos sur le roi de France, qu’il ne se rappelle plus, et Jeanne l’interrompit : Ne parlez pas du roi, car c’est un bon catholique ; mais parlez de moi.

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