Déposition de Maugier Leparmentier
Interrogé une fois en 1456.
Maugier Leparmentier, clerc non marié, appariteur de la cour archiépiscopale de Rouen, âgé d’environ 56 ans. Interrogé antérieurement [date non indiquée] et réinterrogé le 12 mai.
Art. 1-4. Vie et dévotion de Jeanne
N’a connu Jeanne qu’a son arrivée à Rouen. Il la vit au château, car on l’avait convoqué pour mettre Jeanne à la torture.
Elle fut interrogée quelque temps, se comportait avec beaucoup de sagesse dans ses réponses, si bien que les assistants s’en émerveillaient.
Enfin, le témoin et son aide se retirèrent, sans avoir attenté à sa personne.
Art. 5-8. Invalidité du procès dès son ouverture
Le procès fut mené à la demande des Anglais et par Cauchon, qui était très attaché au parti anglais, car on disait qu’elle avait été prise dans son diocèse. — Des Frères prêcheurs eurent beaucoup à faire, parce qu’ils conseillaient à Jeanne de se soumettre à l’Église.
La commune renommée était que tout ce que l’on faisait contre Jeanne était fait par haine du roi de France et de son parti, et que Jeanne avait subi une grande injustice.
Art. 9. Cruauté et illégalité de l’incarcération
Elle était dans la grosse tour du château. Il l’y vit, appelé pour la soumettre à la torture, mais ne fit rien.
Art. 28-33. Deuxième sentence et supplice
Fut présent à la première prédication de Saint-Ouen, et à celle du Vieux Marché, le jour où Jeanne fut brûlée. Le bois pour la brûler y avait été placé avant même la fin de la prédication et avant le prononcé de la sentence. Aussitôt cette sentence rendue par Cauchon, sans aucun intervalle, et sans qu’il eut remarqué qu’une sentence eût été rendue par un juge laïc, elle fut conduite au feu.
Placée dans ce feu, elle cria plus de six fois Jésus
et surtout dans son dernier souffle elle cria à haute voix Jésus, si bien que tous les assistants purent l’entendre. Presque tous les assistants pleuraient de pitié.
A entendu dire que les cendres furent recueillies et jetées dans la Seine.