#Informations préalables sur Jeanne
12 témoins :
- Dominique Jacob
- Béatrice, marraine
- Michel Le Buin
- Nicolas Bailly
- Bertrand de Poulengy
- Jean Jaquard
- Thomas de Courcelles
- Pierre Miget
- Guillaume Manchon, principal notaire du procès
- Jean Massieu, huissier du procès
- Guillaume Colles, dit Boisguillaume, second notaire du procès
- Jean Moreau, habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy
Dominique Jacob
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (29 janvier 1456)
Ne sait rien, mais entendit dire autrefois que certains frères mineurs furent dans le présent pays pour faire une enquête ; mais ignore s’ils la firent.
Béatrice(marraine)
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (29 janvier 1456)
A entendu dire que des frères mineurs vinrent pour faire une enquête ; ne sait rien de plus, car on ne lui a rien demandé.
Michel Le Buin
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (31 janvier 1456)
Après la prise de Jeanne il vit arriver à Domrémy un certain Nicolas Bailly [lequel dépose plus bas, voir], d’Andelot, accompagné de quelques autres. Celui-ci se disait envoyé par Jean de Torcenay, bailli de Chaumont pour le prétendu roi de France et d’Angleterre, pour faire une enquête sur la réputation et la vie de Jeanne. Ils n’osaient pas forcer les gens à prêter serment à cause de ceux de Vaucouleurs. Jean Begot dût être interrogé, car ils logèrent chez lui. Croit qu’ils ne trouvèrent rien de mal à propos de Jeanne.
Nicolas Bailly
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (6 février 1456)
Son père fut Jacques d’Arc, bon et honnête laboureur, qu’il a vu et connu. Il le sait aussi pour l’avoir entendu relater par plusieurs personnes au cours de l’enquête qu’il fit lorsque Jeanne était détenue à Rouen [Cf. 10.].
Elle aimait fréquenter les églises et les lieux saints, allait en pèlerinage à Notre-Dame de Bermont et se confessait presque chaque mois, comme il l’a entendu dire par beaucoup des habitants de Domrémy. Le sait aussi par l’enquête qu’il fit avec le prévôt d’Andelot [Cf. 10.].
Jean de Torcenay, chevalier, alors bailli de Chaumont, tenant ses pouvoirs du prétendu roi de France et d’Angleterre [Baudricourt était bailli de Chaumont au nom de Charles VII], l’avait commis lui avec un certain Gérard dit Petit, pour faire une enquête sur le cas de Jeanne la Pucelle, alors détenue, disait-on, dans la prison de Rouen. Ils recueillirent avec soin les dépositions de douze ou quinze témoins. Toutefois on les soupçonna d’avoir d’avoir mal fait l’enquête ; et les témoins durent venir devant Simon de Charmes, écuyer, agissant alors comme lieutenant du capitaine de Monteclère, pour authentifier leurs dépositions. Ils les déclarèrent conformes, ce que rapporta par écrit le lieutenant au bailli de Chaumont. Lorsque le bailli vit le rapport il déclara que ces commissaires étaient des Armagnacs déguisés. — Interrogé s’il possède le texte de cette enquête ou une copie, déclara que non.
Bertrand de Poulengy
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (6 février 1456)
A entendu dire que l’enquête avait été corrigée, mais ne sait par qui.
Jean Jaquard
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (11 février 1456)
A vu Nicolas, dit Bailly, d’Andelot, et Guillot le sergent, avec quelques autres venus audit village de Domrémy, faire une enquête sur le fait de la Pucelle, à ce qu’on disait. — Ils ne forcèrent personne à témoigner ; et semble-t-il, interrogèrent Jean Morel, Jean Guillemette son propre père, Jean Colin, encore vivants, feu Jean Hennequin de Greux et plusieurs autres. — Ils partirent enfin discrètement, par crainte des gens de Vaucouleurs. — À ce qu’il croyait, cette enquête avait été commandée par le bailli de Chaumont, partisan des Anglais et des Bourguignons.
Thomas de Courcelles
- Enquête à Paris et à Rouen (2 avril 1456)
Ignore si des informations avaient été faites, à Rouen ou dans le lieu de naissance de Jeanne ; lui-même n’en vit pas et au premières séances [préparatoires] du procès, il n’était question que des voix, qu’elle disait avoir entendues et affirmait venir de Dieu. On lui montra le registre du procès où il est précisé qu’en sa présence furent lues certaines informations préalables [séance du 19 février 1431], déclare n’avoir aucun souvenir de les avoir jamais entendu lire. — Après avoir consulté les pièces du procès, Jean Lohier lui dit qu’on ne devait pas procéder contre Jeanne en matière de foi sans une information préalable sur la réputation.
Pierre Miget
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Il assista à la plupart du procès de Jeanne et entendit parler des informations mais ni ne les vit, ni ne les entendit lire.
Guillaume Manchon(principal notaire du procès)
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Les juges prétendaient avoir fait faire des informations, comme cela est contenu dans le procès ; ne se rappelle pas les avoir vues ou lues ; et les aurait insérées dans le procès si elles avaient été produites.
Jean Massieu(huissier du procès)
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Ignore si l’on fit quelque information car il n’en vit jamais aucune.
Guillaume Colles, dit Boisguillaume(second notaire du procès)
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
N’en sait rien, ne les a pas vues, et doute qu’on en ait jamais fait.
Jean Moreau(habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy)
- Enquête à Paris et à Rouen (10 mai 1456)
À l’époque du procès de Jeanne, il rencontra à Rouen un notable qui revenait de Lorraine où il avait été commis spécialement pour faire une information au lieu d’origine de Jeanne et savoir quelle était sa réputation. Après avoir fait et transmis cette information à Cauchon il croyait recevoir une compensation pour son travail et ses dépenses, mais fut traité de traître et de mauvais homme, et qu’il n’avait pas fait ce qu’on lui avait demandé de faire. L’homme se plaignit de n’avoir pu avoir son salaire, parce que ces informations ne paraissaient pas utiles à l’évêque.
Il n’avait en effet rien trouvé sur Jeanne, qu’il n’eût désiré trouver sur sa propre sœur ; et cependant il avait fait les informations à Domrémy et dans cinq ou six paroisses voisines. Il avait trouvé que Jeanne était très pieuse, qu’elle fréquentait souvent une petite chapelle où elle avait l’habitude de porter des guirlandes à une statue de la Sainte Vierge, et qu’elle gardait parfois les animaux de son père.