Déposition de Nicolas Bailly
Interrogé une fois en 1456.
Nicolas Bailly, d’Andelot, diocèse de Langres, tabellion et substitut royal en la prévôté d’Andelot, âgé d’environ 60 ans. Témoin 29, interrogé le vendredi 6 février 1456, par Jean Dalie [seul interrogatoire où Jean d’Arc, dit Dalie est donné comme interrogateur] et par le notaire.
Art. 1. Lieu d’origine de Jeanne
Jeanne est née dans la paroisse de Domrémy.
Art. 2. Ses parents
Son père fut Jacques d’Arc, bon et honnête laboureur, qu’il a vu et connu. Il le sait aussi pour l’avoir entendu relater par plusieurs personnes au cours de l’enquête qu’il fit lorsque Jeanne était détenue à Rouen [Cf. 10.].
Art. 3. Ses parrains et marraines
Ne sait rien.
Art. 4. Son enfance
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
A vu plusieurs fois Jeanne dans son jeune âge et jusqu’à son départ de la maison paternelle : c’était et ce fut toujours une bonne fille, de bon comportement, bonne catholique.
Art. 5. Son adolescence
[Cf. 4.]
Art. 6. Son assiduité à l’église
[Réponse groupée aux articles 6-8.]
Elle aimait fréquenter les églises et les lieux saints, allait en pèlerinage à Notre-Dame de Bermont et se confessait presque chaque mois, comme il l’a entendu dire par beaucoup des habitants de Domrémy. Le sait aussi par l’enquête qu’il fit avec le prévôt d’Andelot [Cf. 10.].
Art. 7. Ses occupations
[Cf. 6.]
Art. 8. Son assiduité à la confession
[Cf. 6.]
Art. 9. L’arbre des fées
A souvent entendu dire que les jeunes filles de Domrémy ont coutume d’aller sous l’arbre aux jours de fête, au printemps ou en été ; elles y font des rondes et cueillent des fleurs ; Jeanne allait avec elles et faisait comme les autres. A vu une fois ces filles du village, qui revenaient joyeusement de l’arbre.
Art. 10. Son départ de Domrémy
Ne sait rien.
Art. 11. Les informations commandées par les juges de Rouen
Jean de Torcenay, chevalier, alors bailli de Chaumont, tenant ses pouvoirs du prétendu roi de France et d’Angleterre [Baudricourt était bailli de Chaumont au nom de Charles VII], l’avait commis lui avec un certain Gérard dit Petit, pour faire une enquête sur le cas de Jeanne la Pucelle, alors détenue, disait-on, dans la prison de Rouen. Ils recueillirent avec soin les dépositions de douze ou quinze témoins. Toutefois on les soupçonna d’avoir d’avoir mal fait l’enquête ; et les témoins durent venir devant Simon de Charmes, écuyer, agissant alors comme lieutenant du capitaine de Monteclère, pour authentifier leurs dépositions. Ils les déclarèrent conformes, ce que rapporta par écrit le lieutenant au bailli de Chaumont. Lorsque le bailli vit le rapport il déclara que ces commissaires étaient des Armagnacs déguisés. — Interrogé s’il possède le texte de cette enquête ou une copie, déclara que non.
Art. 12. Son séjour à Neufchâteau
Il apprit par les témoins de l’enquête, que Jeanne s’était réfugiée avec ses parents à Neufchâteau, qu’elle resta dans la maison d’une certaine la Rousse pendant trois ou quatre jours, toujours en compagnie de son père, puis revint à Domrémy avec ses parents.