Tome 2 : Portraits et gravures
440Collection de portraits et gravures historiques Tirés des Galeries, Musées, Cabinets, Médailles, etc.
Les sciences et les arts se sont disputé l’honneur de retracer les hauts-faits de l’héroïne d’Orléans1 : l’histoire a raconté ce qui la regarde, mais avec tant de diversité qu’il en est né une sorte de scepticisme. L’éloquence servit contre elle la rage de ses persécuteurs, et dans les siècles suivants elle fut employée à venger sa mémoire. La poésie a disputé à l’éloquence ce dernier avantage, avec plus d’empressement que de succès.
Comment les arts n’ont-ils pas été employés plus souvent à reproduire les traits 441de cette héroïne. On a d’elle plusieurs portraits gravés, mais d’imagination. Il ne reste aucun monument de son temps qui la représente.
Le portrait conservé à l’hôtel-de-ville d’Orléans est moderne, ainsi que le costume l’accuse.
On connaît une charmante estampe d’après ce tableau de Mieris.
Une gravure insérée au recueil de Dulys, et qu’on trouvera dans celui-ci, n’est pas plus authentique : la Pucelle y est représentée armée et à cheval.
Il y avait autrefois sur les vitres de l’église des Minimes de Chaillot2, un portrait de la Pucelle, mais il ne pouvait être du temps. Ce couvent ne fut bâti que sous Charles VIII. Il est détruit aujourd’hui et remplacé par une manufacture.
442Nous devons regretter la statue que lui avait fait ériger Charles VII3, il est vraisemblable que ce monument seul offrait les traits de l’héroïne.
Les portraits de fantaisie sont multipliés. On en trouve dans le recueil de Thevet, dans la galerie du Palais-Cardinal. Gaultier a en 1613 gravé de trois manières la Pucelle. Montcornet l’a représentée en habit de cour, avec des plumes. On l’a aussi gravée armée d’une cuirasse, tenant d’une main une lance et de l’autre un étendard et une épée. Ici on la voit en prières dans l’attitude de l’inspiration ; cette gravure est de Henri Hondius. Là on se plaît à contempler les Anglais qui fuient devant elle : ce dessein est de Cochin. Le burin de Poinsart a reproduit une tapisserie où Charles VII est représenté conduit par la Pucelle, et entrant en triomphe dans la 443ville de Rheims. On a gravé la place du martyre de l’héroïne, ou plutôt de son apothéose à Rouen ; la fontaine, édifice expiatoire élevé sur la place du bûcher : enfin la vue de la tour où elle fut renfermée et les monuments que la reconnaissance des Orléanais lui a consacrés.
Je ne parlerai point des gravures qui accompagnent l’édition du poème de Chapelain, le dessin égale la poésie.
Les hommes illustres et grands capitaines français, qui sont peints dans la galerie du Palais royal, ensemble un abrégé de leurs vies et actions mémorables, composés par de la Colombiere, avec leurs portraits, armes et devises, dessinés et gravés par Heince et Bignon, peintres et graveurs du roi ; Paris, 1690, in-fol.
Le portrait de la Pucelle en pied, peint par Vouet, était dans l’ancienne galerie du Palais Royal. Elle est ici représentée en 444Amazone, avec les manches tailladées, un petit chaperon avec des plumes sur la tête, et une chaîne d’or au col. Elle est armée seulement d’une cuirasse ; d’une main elle tient une épée et de l’autre le fourreau.
L’Europe illustre, contenant l’histoire abrégée des souverains, des princes, des prélats, des ministres, des grands capitaines, des artistes et des dames célèbres, depuis le quinzième siècle, compris jusqu’à présent, ouvrage enrichi de portraits gravés par les soins d’Odieuvre ; Paris ; Odieuvre et Le Breton, 1755, 6 vol. in-8°.
C’est un recueil de portraits dessinés et gravés par différents Artistes, entre autres par Boizot ; les plus beaux sont ceux gravés par Bernard Picard.
Les portraits de Charles VI et de Charles VII, rois de France, d’Henri V et d’Henri VI, rois d’Angleterre, de Tannegui Duchâtel, de Dunois, du duc de Bedford, de Juvenel 445des Ursins et de Philippe Lebon, duc de Bourgogne, etc., se trouvent au t. II, avec leur histoire très abrégée.
Vingt-sept estampes allégoriques des événements les plus connus de l’histoire de France, dessinées par Cochin ; Paris, 1768, in-4°.
Ce sont celles qui ont été faites pour l’abrégé chronologique du président Hénault, 1768, in-4°.
L’Histoire d’Angleterre, représentée par figures, gravées par David, graveur de Monsieur, membre de l’Académie des beaux-arts de Berlin, etc., accompagnées de discours, par Letourneur et l’abbé Guyot ; Paris, 1786, in-4°, 2 vol.
La Pucelle y est représentée, p. 73 et 78, et planch. 18, du tome II.
L’Histoire de France, représentée par figures, gravées par David, membre de l’Académie de peinture et de sculpture de Rouen, etc., accompagnées de discours, par 446M. l’abbé Guyot, membre des Académies de Nancy et de Rouen ; Paris, 1791 et suiv., in-4°.
L’histoire et les figures de la Pucelle, et de Charles VII, s’y trouvent, tome IV.
Musée des monuments Français, ou description historique et chronologique des statues en marbre et en bronze, bas-reliefs et tombeaux des hommes et des femmes célèbres, pour servir à l’histoire de France et à celle de l’art, ornée de gravures, etc. ; par Alexandre Lenoir, fondateur et administrateur du musée ; Paris, Guilleminet, an 10 (1801), in-8°, 4 vol.
La Pucelle et sa notice occupent les p. 112-120. On y trouve le dessin du buste en terre cuite, de Jeanne d’Arc. J’ai fait exécuter, dit M. Lenoir, ce buste par le cit. Beauvalet, d’après une peinture ancienne, pour être placé dans la salle du XVe siècle de ce Musée, auprès de Charles VII 447qu’elle a maintenu sur le trône, et qui a eu la lâcheté de la laisser périr.
Ce buste est gravé planc. 77, n° 527. Il est médiocre et ne présente aucun caractère d’authenticité.