J. Gratteloup  : Documents sur Le Brun de Charmettes (2023)

Bibliographie : 1849-1880 : Fin de vie

1849-1880
Retrait de la vie publique

Mémoires de la Société royale d’Orléans
(année 1852)

Le Brun est abondamment cité, comme historien de Jeanne d’Arc dans dans ce compte-rendu sur l’ouvrage de Barthélémy de Beauregard, paru en 1847.

Titre complet : Mémoires de la Société royale des sciences, belles-lettres et arts d’Orléans. Tome X, n° 2. 1852.

(Lien : Gallica.)

Rapport, au nom de la section des Belles-lettres, sur l’Histoire de Jeanne d’Arc de M. l’abbé Barthélémy de Beauregard, par M. Pailliet. (Séance du 18 juillet 1851.) […]

[De la graphie d’Arc ou Darc.]

Le nom de famille de Jeanne est Darc et non Arc, comme le fait supposer, dans la plupart des auteurs, la virgule héraldique qui sépare la lettre d de la lettre A. C’est l’orthographe suivie par Jean Hordal, descendant d’un frère de la Pucelle, dans l’histoire qu’il en a écrite : Johannæ Darc historia,1612, in-4° ; par M. de Haldat, autre membre de cette famille, dans l’examen critique de l’histoire de l’héroïne, qu’il a publié en 1850 et adoptée par M. Michelet. M. Lebrun de Charmettes, qui, comme M. de Beauregard, suit l’orthographe contraire, présume que le père de Jeanne tirait son nom de la ville d’Arc-en-Barrois ou d’Arc-sur-Tille ; mais il n’est pas même prouvé qu’il eût habité ces localités avant de se fixer à Domrémy, et il est certain qu’il était né à Sefonds en Champagne. Dans cette supposition, il n’aurait pas eu de nom de famille, ce qui n’est pas admissible, car le nom du père était déjà héréditaire depuis le règne bien antérieur de Philippe-Auguste.

[De la nature du procès.]

Ce n’était pas chose facile de donner à cette poursuite, surtout à la condamnation, une apparence de justice religieuse. Aussi ce procès, qu’il faut lire dans les recueils de M. de L’Averdy et de M. Jules Quicherat, dans l’histoire de M. Lebrun de Charmettes, dans celle de M. l’abbé Barthélémy de Beauregard, présente-t-il, avec l’hypocrisie de paraître suivre les règles, des pièges dressés contre l’accusée, des déclarations altérées, l’appel au pape omis, la fabrication d’une abjuration extorquée. L’évêque et le vice-inquisiteur, qui seuls avaient voix délibérative, s’environnèrent d’un grand nombre de docteurs qui n’avaient que voix consultative, parmi lesquels plusieurs indignés de la forme de procéder contre l’héroïne lui témoignèrent de l’intérêt et lui donnèrent des conseils, ce qui leur attira des menaces et les fit récuser. […]

[De la mission divine de Jeanne d’Arc.]

D’après M. Lebrun des Charmettes, la vie de Jeanne présente un problème qui n’a pas encore été résolu, qui ne le sera peut-être jamais pour la plupart des hommes, c’est la question de savoir si elle fut ou non divinement inspirée (Discours préliminaire, p. 13).

[Du système du préfet Caze.]

Un écrivain récent, M. Caze, ne croit pas qu’elle fût la fille légitime de Jacques Darc et d’Isabelle Romée, paysans lorrains ; il la présente comme une princesse née du commerce incestueux de Louis, duc d’Orléans, frère du roi Charles VI, avec la reine Isabeau de Bavière, sa belles-sœur, et par conséquent, la sœur de Charles VII et de Dunois, conjecture qui n’est appuyée que sur des conjectures sans probabilité, d’ailleurs détruite par les enquêtes qui précédèrent les sentences de condamnation et de réhabilitation et réfutées victorieusement par M. Lebrun de Charmettes et M. l’abbé Barthélémy de Beauregard.

[D’une fausse Jeanne d’Arc.]

L’épouse du chevalier des Hermoises fut vraisemblablement une des trois fausses Jeanne Darc dont parle l’abbé Lenglet du Fresnoy, et la même qui, d’après Sala (Le Brun, t. IV, p. 304), osa se présenter à Charles VII, qui reconnut l’imposture ; la même qui, après avoir été honorablement reçue à Orléans, se rendit à Paris où elle déclara qu’elle avait été à Rome ; qu’elle s’était battue, sous l’habit militaire, pour le pape Eugène ; qu’elle avait tué deux hommes en combat singulier ; qu’elle était mariée et qu’elle avait deux fils. M. Lebrun de Charmettes et M. l’abbé Barthélémy de Beauregard, disent que cette vagabonde, dont on ignore la fin, est peut-être Catherine, la jeune soeur de la véritable Pucelle.

Annuaire de l’ordre impérial de la légion d’honneur
(1852)

Titre complet : Annuaire de l’ordre impérial de la légion d’honneur, publié par les soins et sous la direction de la grande Chancellerie. Année 1852. Paris. Imprimerie impériale. 1853.

(Lien : Gallica.)

Chevaliers […] Lebrun de Charmettes (Philippe-Alexandre) ancien préfet, 18 déc. 1822.

Clément : Vie de Jeanne d’Arc
(août 1853)

Abrégé de l’Histoire de Jeanne d’Arc en un volume de 140 pages chez Mégard à Rouen (Bibliothèque morale de la jeunesse), dont nous reproduisons la préface.

Il est de mon devoir de déclarer que mon ouvrage n’est en quelque sorte qu’un simple extrait de l’Histoire de Jeanne d’Arc par M. Le Brun de Charmettes ; c’est à cet auteur que je dois le peu que j’ai fait.

Vie de Jeanne d’Arc

Par Clément. Rouen. Mégard et Cie, impr.-libraires. 1853.

Préface

Ce livre est destiné à des enfants de douze à treize ans. Ce n’est donc point l’histoire de Jeanne d’Arc que j’ai dû écrire ; ce n’est qu’un petit abrégé dans lequel je me contente d’offrir à mes jeunes lecteurs les faits les plus frappants et les plus faciles à comprendre.

Faire connaître à des enfants l’éducation et les vertus de l’héroïne qui fut appelée à sauver la France au XVe siècle, leur raconter brièvement ses principales victoires, puis enfin sa captivité et sa mort, telle est toute l’étendue du cadre que je me suis tracé. Faire croître dans leurs cœurs l’amour de Dieu et l’amour de la patrie, voilà le but que je me suis proposé en entreprenant ce petit ouvrage.

Mon livre offrira à mes jeunes lecteurs de salutaires enseignements. Ils y verront que Dieu aime les faibles qui l’adorent dans toute la sincérité de leur âme, et qu’il se plaît à leur donner force et courage ; qu’il sait, au contraire, quand il le veut, abaisser les grands de la terre, et leur montrer que sans lui leur puissance ne leur sert à rien. Mais si l’Éternel élève les faibles justes et vertueux, il les frappe aussi quelquefois et les soumet aux plus dures épreuves ; quelquefois il retire d’eux sa main puissante et les livre à leurs ennemis. Après avoir reçu du ciel les plus grandes faveurs, Jeanne d’Arc, la jeune inspirée, tombe au pouvoir des Anglais, qui la font mourir de la mort la plus cruelle. Dieu l’a-t-il donc abandonnée ? Non, non ; il n’a voulu que l’éprouver et la faire jouir plus vite de la gloire éternelle réservée à tous ceux qui marchent d’un pas ferme dans le sentier de la vertu. La terre n’était plus digne d’elle, et le ciel réclamait cette noble jeune fille.

Il est de mon devoir de déclarer, en terminant cette préface, que mon ouvrage n’est en quelque sorte qu’un simple extrait de l’Histoire de Jeanne d’Arc par M. Le Brun de Charmettes ; c’est à cet auteur que je dois le peu que j’ai fait.

Bibliographie de la France
(20 août 1853)

Indexation de la Vie de Jeanne d’Arc de Clément (voir).

(Lien : Gallica.)

5074. Vie de Jeanne d’Arc ; par Clément, In-12 de 9 feuilles, plus une gravure. Imp. de Mégard, à Rouen. À Rouen, chez Mégard. Prix. 1.00.

Bibliothèque morale de la jeunesse.

Les Supercheries littéraires
(1853)

Ce dictionnaire des pseudonymes en littérature se trompe sur l’identité de P. A. L***, traducteur du Village abandonné en 1805, qu’il donne pour être l’académicien Pierre-Antoine Lebrun (également né en 1785).

Les Supercheries littéraires dévoilées, galerie des auteurs apocryphes, supposés, déguisés, plagiaires et des éditeurs infidèles de la littérature française pendant les quatre derniers siècles, par J.-M. Quérard, t. V.

(Lien : Google Books.)

(Existe en de nombreuses rééditions, sous ce titre ou d’autres, comme : Les Écrivains pseudonymes et autres mystificateurs de la littérature française pendant les quatre derniers siècles, restitués à leur véritables noms.)

Lebrun (Pierre-Antoine), anc. directeur de l’Imprimerie royale, pair de France, membre de l’Académie française. L*** (P.-A.). Le Village abandonné, poème d’Olivier Goldsmith ; les Chants de Selma et Oithona, poèmes d’Ossian, traduits en français, Paris, Hémée, an XIII (1805), in-18.

Jeanne d’Arc par elle-même
(1855)

La jeune Ermance Dufaux s’est découvert des dons médiumniques à partir de 12 ans ; deux ans plus tard elle publie son premier ouvrage : une vie de Jeanne d’Arc tirée de ses communications avec Jeanne d’Arc en personne (1855).

Titre complet : Vies dictées d’outre-tombe à Ermance Dufaux, âgée de 14 ans, et publiées par : Jeanne d’Arc par elle-même. 1855. Melun. Imprimerie de Desrues.

(Lien : Google Books.)

En 1861, un lecteur de la revue du Magnétiseur, démontrera la supercherie de cette vie copiée presque textuellement dans l’Histoire de Jeanne d’Arc de M. Le Brun de Charmettes (voir).

[En appendice du livre d’Ermance Dufaux, son père explique la découverte du don de sa fille et la genèse du livre.]

Première lettre sur l’évocation des esprits.

Mon cher ami,

Dans l’entretien que j’eus avec vous, vers la fin de décembre 1853, vous me parlâtes de l’évocation des esprits ; vous souvient-il de m’avoir dit que vous étiez persuadé que ma fille pourrait tenter une expérience avec succès ? Un mois après j’accomplis ma promesse en vous l’amenant. Vous lui mîtes un crayon entre les doigts, et une personne présente posa la main sur la sienne, en évoquant un esprit. Gaie et insouciante comme on l’est à son âge, elle ne prit pas cette expérience au sérieux, et ces deux mots : Ermance rieuse, furent tout ce que nous pûmes obtenir pendant cette soirée.

Quelques jours après notre retour à Fontainebleau, nous reçûmes la visite de M. le marquis de M***. La conversation étant tombée sur les tables tournantes, je lui parlai des résultats obtenus par vous. Il pria alors ma fille de tenter une expérience en sa présence. Après quelques questions satisfaites ou non, il évoqua saint Louis, roi de France, que sa famille, descendant d’un noble croisé de ce temps, regarde comme son protecteur céleste. Il vint et nous écrivit, sur notre prière, les quatre conseils suivants :

Sois comme un fleuve bienfaisant, qui répand la fertilité et le bonheur partout où il passe.

Pardonne à tes ennemis, et imite ton divin Sauveur qui, mourant sur la croix, pria pour ses bourreaux ; nous donnant ainsi l’exemple de la plus parfaite abnégation de soi-même ; exemple trop peu souvent suivi par ces vils insectes que l’on appelle hommes, qui usent leur misérable existence à chercher des grandeurs qui ne peuvent assouvir leur ambition.

Aime tes inférieurs, et n’imite pas ces hommes qui se font les tyrans de leurs frères, perdant, par leurs exemples, des âmes qu’ils auraient dû guider et protéger dans cette vallée d’épreuves. Ils deviennent ainsi la proie de l’ange rebelle, qui les entraîne dans les abîmes éternels.

Ne t’arrête pas aux épines qui bordent ta route ; car le chemin de la vertu est pénible ; mais un chemin de fleurs te conduirait au précipice.

À la sagesse profonde et à la simplicité touchante de ces conseils, qui ne reconnaît le caractère de ce grand roi ? C’était, objecta une personne présente, l’un ou l’autre des deux médiums qui traçait ces maximes ; mais l’une, ma fille, comptait à peine quatorze ans, et l’autre, que son ignorance avait fait choisir, la bonne de la maison, ne savait ni lire ni écrire. Je ne combattrai pas davantage cette objection, que cette seule réflexion fait tomber tout naturellement.

Après différentes remarques sur la beauté de la vie de ce saint, je lui demandai s’il ne pourrait nous la dicter. Sur sa réponse affirmative, nous le priâmes de commencer de suite, ce qu’il fit sur-le-champ. Il écrivit alors cette admirable préface que vous et bien d’autres avez jugée digne d’être méditée par les rois et les princes qui sont appelés à monter sur le trône. Chaque séance se terminait par un à demain. Ainsi ont été écrites les vies de Louis IX, de Jeanne d’Arc et de Louis XI, qui incessamment vont être livrées à la publicité.

[…]

Bibliographie de la France
(29 septembre 1855)

Indexation de Jeanne d’Arc, par elle-même (voir).

(Lien : Gallica.)

6179. Vies dictées d’outre-tombe, à Ermance Dufaux, âgée de 14 ans, et publiées par elle.Jeanne d’Arc, par elle-même. In-18 de 11 feuilles, imp. de Desrues, à Melun. — À Paris, chez Dentu, Palais-Royal. 3 fr.

Avec un appendice contenant trois lettres sur l’évocation des esprits.

Lettre au sujet du pauvre Auguste Bessin
(12 décembre 1855)

Le Brun se plaint à un ami d’une machination judiciaire exercée contre un certain Auguste Bessin. (Fragment de lettre.)

(Lien : Drouot.)

Du Mesnil, ce 24 décembre 1855.

Mon bien cher et honorable ami, je regrette beaucoup de n’avoir pu vous remercier plus tôt du bon accueil que vous avez fait à mon pauvre Auguste Bessin, et du zèle que vous avez mis à le défendre ; j’y ai cependant été bien sensible. Comme vous, j’augure bien du renvoi à trois mois demandé par le Ministère public. Nouvellement arrivé dans ce pays, il est tout naturel que M. le Procureur impérial ait désiré avoir le temps de prendre des informations sur les personnes, et d’obtenir de plus amples éclaircissements sur les faits : c’est sans doute dans cette vue qu’il avait demandé (on n’a pu me dire positivement à qui) un rapport qui, dit-on, a été lu à l’audience, et dans lequel le malheureux Bessin est représenté comme un homme dangereux, un mauvais mari, un mauvais fils, ayant autrefois frappé son père et sa mère, etc. etc. Tout cela, mon cher ami, est un tissu d’impostures, et la suite du système de la calomnie adopté pour perdre ce jeune hommes (x). Je présume que ce rapport est l’œuvre du commissaire de police imposé au canton du Theil, dans l’unique intention d’ajouter à l’oppression de la commune de Ceton, la plus patiente et la plus écrasée qui soit au monde, dans laquelle on le force de résider quoique le chef-lieu du canton soit au Theil. Cet homme, venu d’Auch ou d’Agen (je ne me souviens plus de laquelle de ces deux villes) et qui, comme […]

(x) En voici un échantillon odieux. Auguste Bessin, se rendant du Mesnil à Mortagne, porteur d’une lettre […]

Chansons contre le maire de Ceton
(novembre 1856)

Dossier 821 des dossiers de recours en grâce du Ministère de la Justice.

(Lien : Archives nationales.)

Ministère de la Justice. Mélanges ; dossiers de recours en grâce. Volume 1 (An XII-1885). Inventaire sommaire (BB/24/1-BB/24/890).

[…]

Dossier 821 : Chansons contre le maire et contre les autorités locales répandues, en novembre 1856, à Ceton (Orne), à l’instigation de M. Lebrun de Charmettes, ancien Préfet (de la Restauration) (janv.-mai 1857).

Annuaire Didot-Bottin
(1858)

Le Brun apparaît dans l’annuaire, à Ceton, comme baron de Charmettes.

Titre complet : Annuaire-almanach du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers : Firmin Didot et Bottin réunis. 62e année de la publication. 1859.

(Lien : Gallica.)

Cantons et communes de l’arrondissement de Mortagne. […] Céton, à 32 k. de Mortagne. À 165 k. de Paris. 3.409 hab. [10] Notaire : Gondouin. (Château) Beauvais : Decoulanges. (Château) Glaye : Cte d’Armaillé. (Château) Menil : baron de Charmettes.

Selon l’annuaire, le Mesnil est habité par le baron de Charmettes jusqu’en 1863.

(Lien : Gallica.)

Dans, l’édition de 1864, le résident s’appelle Marchais.

(Lien : Gallica.)

La Correspondance littéraire
(25 avril 1859)

Le compte-rendu de la prochaine Jeanne d’Arc d’Henri Wallon commence par une énumération de ses prédécesseurs.

On avait, pour ne pas remonter plus haut que ce siècle, la solide histoire de Lebrun de Charmettes…

(Lien : Gallica.)

Une nouvelle histoire de Jeanne d’Arc

Jeanne d’Arc ne manque pas d’historiens ; avant la savante et si complète publication de M. Quicherat, qui a mis les documents à la portée de tous, on avait, pour ne pas remonter plus haut que ce siècle, la solide histoire de Lebrun de Charmettes, les utiles travaux de Chaussard, de Berriat-Saint-Prix et de Jollois, de bonnes notices de Petitot, de Michaud et de Walckenaer, une charmante vie de Guido Görres ; depuis, nous avons vu paraître les deux volumes de l’abbé Barthélémy de Beauregard, les vies de MM. Abel Desjardins et Lafontaine, sans parler des fragments de plus grands ouvrages, détachés par MM. Michelet, Henri Martin, de Barante. Malgré une telle abondance d’écrits, il y a donc encore place pour de nouveaux travaux ? M. Wallon l’a pensé : S’il m’a semblé, dit-il, qu’on pouvait tenter quelque chose encore, c’est dans l’usage et dans l’appréciation des documents où doivent puiser toutes les histoires de la Pucelle. C’est à ce point de vue que j’examinerai le livre de l’éminent académicien : quelles sont les vues nouvelles émises par M. Wallon ? En quoi s’écarte-t-il des traditions reçues sur Jeanne d’Arc ? Quel rapport entre son système et les opinions récemment mises au jour ? Enfin, sur quel fondement repose son système ? Voilà tout l’objet de cette étude. L’histoire de Jeanne d’Arc est trop connue pour que je l’embrasse ici dans son ensemble ; je ne m’attacherai qu’aux points controversés. […]

Nouvelle Biographie générale
(1859)

Courte notice sur Le Brun, parue dans le tome XXX (1859) de la Nouvelle Biographie générale (46 vol. entre 1852 et 1866).

Titre complet : Nouvelle Biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, avec les renseignements biographiques et l’indication des sources à consulter, publiée par MM. Firmin Didot Frères, sous la direction de M. le Dr [Jean-Chrétien-Ferdinand] Hœfer. Tome trentième. Paris. 1859.

(Lien : Gallica.)

Le Brun de Charmettes (Philippe Alexandre), historien et poète français, né à Bordeaux, le 7 avril 1785.

Après avoir été canonnier de la compagnie d’artillerie de la garde nationale de l’Île-de-France (île Maurice) en 1801 et 1802, il fut attaché au conseil d’État (secrétariat de la section de l’intérieur) du 1er novembre 1810 au 30 juin 1811. Il fut sous-préfet depuis 1815, et était préfet de la Haute-Saône en 1830.

Outre plusieurs traductions de l’anglais et de l’italien, on a de lui : — Histoire de Jeanne d’Arc, surnommée la Pucelle d’Orléans, etc. ; Paris, 1817, 4 vol. in-8° ; — L’Orléanide, poème national en 28 chants ; Paris, 1819, 2 vol. in-8° ; et 1821, 2 vol. in-8°, avec des changements ; — Muséum Littéraire, ou Études de littérature et de morale, extraits des ouvrages en vers et en prose des grands écrivains des dix-sept, dix-huit et dix-neuvième siècles ; Paris, 1822, 2 vol. in-8° ; — Monuments historiques ; dans le Journal des Villes et Campagnes d’octobre 1834 ; — L’Abeille, journal des intérêts des campagnes d’Eure-et-Loir et de l’Orne, dont M. de Charmettes fut le rédacteur en chef du 21 mars 1848 au 2 septembre 1849. L’un des numéros de décembre 1848 contient : Ode au souverain pontife Pie IX.

Lebrun de Charmettes a publié un certain nombre d’articles politiques dans le Journal politique et littéraire du département de La Sarthe, du 12 novembre 1817 au 16 décembre 1818 ; diverses proclamations dans les Petites Affiches de l’arrondissement de Coulommiers, de 1821 à 1823 ; dans le Journal du département de la Haute-Saône et dans le Recueil des actes administratifs de ce département en 1829 et 1830, et un grand nombre d’articles politiques dans la Gazette de France, dans la Gazette de la Franche-Comté, etc. Son portefeuille contient inédits des poèmes épiques, tragédies, satires, odes, romances, chansons, fables, etc., qui mériteraient de voir le jour.

Roullier.

Le Magnétiseur
(15 juin 1861)

Lettre d’un lecteur qui révèle la supercherie de l’ouvrage la Vie de Jeanne d’Arc par elle-même, 1855 (voir). Il démontre, citation à l’appui, que cette vie

… avait été tirée et copiée presque textuellement dans l’Histoire de Jeanne d’Arc de M. Le Brun de Charmettes.

Titre complet : Le Magnétiseur, journal de magnétisme animal, publié par Ch. Lafontaine (années 1859-1860, 1860-1861). Genève. Administration et rédaction, quai des Bergues, 14. 1861.

(Lien : Google Books.)

Jeanne d’Arc par elle-même ; analyse curieuse.

Paris, le 22 mai 1861.

Monsieur et cher Directeur,

Je viens de lire avec la plus sérieuse attention la lettre de M. Jobard, du 3 février 1861 (Le Magnétiseur du 15 février, n° 11), sur le spiritisme et sa théorie des Esprits. N’est-il pas bien hardi, à moi, simple mortel, de vous venir dire que je ne puis admettre l’exposé, les développements, ni les conclusions de l’éminent savant : mon imagination, mes instincts, mes croyances même s’y opposent. [Suit une exposition des oppositions (rationnelle et religieuse) de l’auteur que nous retranchons.]

C’est en cherchant à m’éclairer sur les faits signalés par M. Jobard, qu’il me vint à l’idée de jeter un coup d’œil sur un livre d’origine toute spiritique (pardon du néologisme ; il peut aller de pair avec spiritisme, qui ne se trouve dans aucun dictionnaire.) Cet ouvrage, in-12 de 392 pages, est intitulé : Vies dictées d’outre-tombe à Ermance Dufaux, âgée de 14 ans, et publiées par elle ; et en sous-titre : Jeanne d’Arc par elle-même. J’avais la main heureuse. D’un côté, je trouvais comme spirite une innocente jeune fille de quatorze ans, incapable par sa jeunesse et son inexpérience d’abuser de la crédulité publique ; de l’autre, l’immortelle Pucelle, la terreur des Anglais, la gloire de la France, une illuminée de son vivant, dirigée par des Esprits qu’elle appelait ses voix, jugée, condamnée et brûlée comme sorcière le 30 mai 1430. Si en quittant cette lecture qui promettait d’être attachante, de m’apprendre de curieuses particularités sur Jeanne d’Arc, d’éclairer quelques points obscurs du règne de Charles VII, je n’étais pas convaincu, foudroyé par la vérité des résultats du spiritisme, c’est que je devais mourir dans l’impénitence finale.

Je parcourus avidement la préface, les chapitres I, II, III, IV ; mais, à mesure que j’avançais, les pages passaient devant mes yeux étonnés, ma surprise augmentait dans des proportions sans bornes, car ce que je lisais, ce que je dévorais dans ma fièvre d’apprendre, m’était déjà connu, parfaitement connu, rien n’était neuf pour moi, pas même le style de certains passages que je me rappelais fort bien avoir remarqué autrefois dans l’œuvre bien connue du premier historien sérieux de Jeanne d’Arc, M. Le Brun de Charmettes.

Avant cette curieuse découverte, il m’était bien venu à l’esprit que Jehanne du Liz, dite la Pucelle d’Orléans, parlant de son vivant la langue un peu barbare du quinzième siècle, sentant le Romanum rusticum dont elle descendait en ligne droite, avait dû éprouver quelques difficultés à s’exprimer dans le français des Racine et des Bossuet ; mais le don d’ubiquité que doivent posséder les Esprits, et la prescience dont ils sont certainement doués, m’avaient rassuré, lorsque la découverte que je viens de vous signaler, Monsieur et cher Directeur, que la Vie soi-disant dictée d’outre-tombe, à Mlle Ermance Dufaux, avait été tirée et copiée presque textuellement dans l’Histoire de Jeanne d’Arc de M. Le Brun de Charmettes, m’expliqua complètement le mystère.

Il me parut curieux de relever ces singuliers rapports dont je vais vous donner, si vous voulez bien me le permettre, quelques échantillons pris entre mille, après vous avoir expliqué le procédé employé par l’Esprit peu habile, il faut l’avouer, qui dirigeait le crayon et la main de Mlle Ermance Dufaux.

Jeanne d’Arc étant censée raconter sa vie, parle naturellement à la première personne, sans citer aucun des auteurs où elle puise ses documents et ses souvenirs. Désirant n’oublier pas de faits importants, elle place devant son médium l’œuvre de M. De Charmettes, et lui dicte, en ayant soin de changer la troisième personne du discours en la première. Pour la clarté du récit, elle adopte la division habile du savant historien qu’elle a pris pour guide, le suit pas à pas, ligne à ligne, mot à mot, retranchant par-ci par-là quelques détails, pour arriver à faire de quatre gros volumes un in-12 facile à placer à 3 fr. (4 fr. 80 c. avec la remise.)

Je commence mes extraits :

Jeanne d’Arc :

Mes parents, pauvres et honnêtes, ne me donnèrent qu’une éducation convenable à leur état (p. 12).

M. De Charmettes :

Les parents de Jeanne d’Arc ne purent lui donner qu’une éducation conforme à leur état (vol. I, p. 249).

Jeanne d’Arc :

Il y avait à Domrémy un laboureur nommé Conradin de Spinal. C’était le seul Bourguignon qu’il y eût dans le village. J’éprouvais pour lui une forte antipathie ; j’en triomphai cependant, jusqu’à tenir avec lui un enfant sur les fonts de baptême (p. 17).

M. De Charmettes :

Tous les habitants de Domrémy, à l’exception d’un seul, étaient Armagnacs de cœur et de volonté ; … elle avait consenti à tenir avec lui un enfant sur les fonts de baptême (vol. I, p. 278).

Jeanne d’Arc :

Un jour, j’étais alors âgée de treize ans, je filais, assise sous un chêne, dans le jardin de mon père… (p. 13).

M. De Charmettes :

Jeanne d’Arc, âgée d’environ treize ans, se trouvait un jour d’été dans le jardin de son père… (vol. I, p. 290).

L’esprit de la narration de la première apparition des voix est entièrement conforme dans les deux textes. La longueur du morceau ne me permet malheureusement pas de le rapporter.

Parlant d’une attaque des Bourguignons sur Domrémy, l’Esprit de Jeanne d’Arc dicte à Mlle Dufaux :

Tous les habitants prirent la fuite, emmenant leurs troupeaux et leurs effets les plus précieux ; ils allèrent se réfugier à Neufchâtel, aujourd’hui Neufchâteau (p. 17).

tandis que M. Le Brun de Charmettes écrivait 44 ans plus tôt :

Les pâtres et les laboureurs […] abandonnèrent précipitamment leurs humbles demeures, et emportant leurs effets les plus précieux, chassant devant eux leurs troupeaux […] cherchèrent un asile dans les murs de Neufchâtel, aujourd’hui Neufchâteau (vol. 1, page 306.).

Ces quelques exemples ne vous suffisent-ils pas, je continue mon travail qui est très-facile, puisqu’il me suffit d’avoir les deux ouvrages devant moi, et de lire en quelques lignes dans l’œuvre de Mlle Dufaux, ce que M. De Charmettes a mis plusieurs pages à développer.

[La démonstration continue sur plusieurs paragraphes.]

L’expérience que je viens de faire des lumières du spiritisme m’a suffi. C’était, je crois, la plus facile ; mais elle m’a porté à croire que si tous les résultats obtenus étaient analysés avec autant de soin et d’impartialité que je viens de le faire pour l’Histoire de Jeanne d’Arc, pillée dans celle de M. Le Brun de Charmettes, il ne resterait de toutes ces prétendues confidences des Esprits que la conviction d’avoir été le jouet de la mémoire des médium ou de blessantes mystifications.

Veuillez me pardonner cette longue lettre, monsieur et cher Directeur ; mais sachant avec quelle ardeur vous recherchez la vérité, j’ai cru vous être agréable en vous signalant un des résultats les plus bizarres du spiritisme. Vous avez fait justice, dans votre numéro du 15 mars dernier, des ridicules pratiques de M. N***, professeur de magnétisme, peintre-vitrier de son état, vous rendrez hommage à la sincérité des procédés spirites à l’usage de l’auteur de Jeanne d’Arc par elle-même.

Agréez l’assurance, etc.

Paul Fassy.
70, rue de Grenelle-Saint-Germain.

Le Constitutionnel
(30 juillet 1861)

Le Brun met en vente son domaine du Mesnil.

(Lien : Retronews.)

Un château et ses dépendances, 16 hectares de bois et une ferme de 76 hectares, arrosés d’un cours d’eau, à vendre, dans la partie la plus riante de l’Orne, a 6 kilomètres d’une station du chemin de fer de l’Ouest. — S’adresser à M. de Charmettes, au Mesnil, près Ceton (Orne).

Le Monde illustré
(14 juin 1862)

Évocation de l’Orléanide à l’occasion d’un concours organisé par la mairie de Vaucouleurs pour une statue de Jeanne d’Arc.

(Lien : Gallica.)

[…] Pauvre Jeanne d’Arc, sublime et sainte héroïne, quel genre de supplice ne lui a-t-il pas été infligé ! De son vivant, l’ingratitude, les insultes, le bûcher ; après sa mort, les ridicules panégyriques de Chapelain, les infâmes plaisanteries de Voltaire. La poésie lui devait une revanche, et malgré le drame de Schiller et les tragédies de Soumet et de D’Avrigny, malgré l’Orléanide de Lebrun de Charmettes, malgré les Messéniennes de Delavigne, on peut dire qu’elle la lui doit toujours. La peinture, malgré les louables efforts de Delaroche, de Schœffer et d’Ingres, n’a guère été plus heureuse. La sculpture aussi s’était mise en frais : Orléans, Domrémy, le musée de Versailles regorgent de bustes, de statues équestres, de statues pédestres de Jeanne d’Arc. Mais de toutes ces œuvres, une seule est restée digne du sujet, c’est cette douce et mystique figure qu’une jeune femme, une royale princesse a esquissée avec son âme plus encore qu’avec son ciseau. […]

Le Constitutionnel
(16 août 1862)

Le Mesnil est à vendre par adjudication.

(Lien : Retronews.)

Domaine du Mesnil. — À vendre par adjudication, en 13 lots, à Chartres, en l’étude et par le ministère de Me Poucin, notaire,

Le dimanche 14 septembre 1862, à une heure précise, le domaine du Mesnil situé près de Ceton (Orne), à 6 km. du Theil, station du chemin de fer de Paris a Rennes et à 4 heures de Paris.

Cette propriété consiste en :

  1. une maison de maître,
  2. 15 hect. 61 ares 60 c. de bois,
  3. et une ferme d’une contenance totale de 76 hectares 20 ares 90 c.

Le propriétaire habite la maison et exploite les bois. La ferme est louée moyennant, outre diverses charges, un fermage annuel de 5.000 fr.

On pourra traiter à l’amiable avant l’adjudication de tout ou partie des biens.

Pour tous renseignements, s’adresser à :

  1. M. Le Brun de Charmettes, propriétaire au Mesnil ;
  2. Me Gondouin, notaire a Ceton ;
  3. M. Isambert, ancien notaire à Chartres ;
  4. Me Poucin, notaire à Chartres.

Même annonce le 11 septembre.

(Lien : Retronews.)

Le Tintamarre
(10 mai 1863)

Le Brun évoqué dans un bref compte rendu sur la Jeanne d’Arc de Nicolas Villiaumé.

Nota. — Villiaumé évalue l’Histoire de Le Brun dans sa préface (lire). On sait par ailleurs que Le Brun avait acquis un exemplaire du livre de Villiaumé et l’avait annoté (lire).

(Lien : Retronews.)

La librairie Dentu vient de mettre en vente une histoire de Jeanne d’Arc, par M. Villiaumé, où, selon le système habituel des historiens et des lexicographes, l’auteur annonce qu’il écrit un livre entièrement neuf, eu égard surtout aux renseignements particuliers qu’il a su collectionner et découvrir.

Ah ! ça, mais, le père Daniel, Mézeray, Le Brun des Charmettes, Sismondi, Michelet et les autres qui ont écrit la vie de Jeanne d’Arc bien avant M. Villiaumé étaient donc tout à fait dépourvus, mais là, complètement dépourvus de renseignements, pour que les exploits de notre héroïne nationale soient chose aussi nouvelle que le prétend le nouveau biographe ?

[Nota. — Dentu était l’éditeur de Le Brun dans les années 1830.]

Légendaire de la noblesse
(1865)

La devise des Le Brun de Charmettes est donnée dans le chapitre des devises héréditaires des maisons et familles noble de France.

Titre : Légendaire de la noblesse de France, par le comte O. de Bessas de La Mégie. Paris. Librairie Centrale, 24, boulevard des Italiens. 1865.

(Lien : Gallica.)

Brun de Charmettes (le). — J’aime la croix.

L’Étendard
(9 septembre 1866)

Compte-rendu de l’ouvrage Jeanne d’Arc à Rouen d’Ernest O’Reilly, par Charles Nisard.

Dans une brève historiographie des sources, Nisard s’arrête sur Le Brun. Selon lui, la somme de science que représente son Histoire de Jeanne d’Arc

… passa presque inaperçue, et modifia peu les idées fausses ou impertinentes que le dix-huitième siècle avait accréditées sur l’héroïque et infortunée jeune fille.

En cause l’esprit de parti dont il est difficile de se départir dès qu’on aborde Jeanne d’Arc. Et les cinq volumes de Quicherat n’auront guère plus d’effet.

(Lien : Retronews.)

Il n’y a pas bien longtemps qu’on commence à voir clair dans le procès de Jeanne d’Arc. Au siècle dernier, L’Averdy, dans le recueil particulièrement consacré aux notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque du roi (t. III), avait déjà fait l’histoire de ce procès d’après les pièces originales et jeté quelque lumière sur cette œuvre de ténèbres et d’iniquité ; mais ce travail remarquable, quoique très incomplet, avait laissé une impression médiocre dans les esprits ; car, outre qu’ils étaient alors presque exclusivement attentifs aux bagatelles de la littérature, ils partageaient plus ou moins, à l’égard de la Pucelle, le préjugé insultant que Voltaire avait mis à la mode, par le plus gratuit et le moins pardonnable des crimes littéraires contre la décence, le patriotisme et la vérité.

L’Histoire de Jeanne d’Arc, publiée environ quarante ans après le travail de L’Averdy (en 1817), par Le Brun de Charmettes, étude, comme le dit fort bien M. H. Wallon, membre de l’Institut, la plus laborieuse et la plus exacte qu’on ait faite de Jeanne avant la publication de M. J. Quicherat, passa aussi presque inaperçue, et modifia peu les idées fausses ou impertinentes que le dix-huitième siècle avait accréditées sur l’héroïque et infortunée jeune fille. Je ne jurerais même pas que la critique historique elle-même, j’entends celle qui ne s’inspire que du bon sens et demeure étrangère à tout esprit de parti, soit parvenue à extirper radicalement ces fausses idées. On rencontre en effet assez de gens qui tablent sur elles pour juger la Pucelle, sans même avoir la prétention de se singulariser. Je le crois bien. La critique, telle que je viens de la définir, et dont la vertu a été de rendre à la santé tant d’esprits malades d’ailleurs, a été sans action sur ceux-là. Ils sont atteints d’une infirmité héréditaire, et par conséquent incurables.

Cependant, après les deux publications de M. J. Quicherat, on pouvait croire que rien ne manquerait plus désormais pour éclairer les plus ignorants, édifier les plus obstinés, convaincre les plus incrédules, et formuler sur la vie et la fin de Jeanne l’opinion qu’on en doit avoir définitivement. Il n’en fut pas ainsi tout à fait, et l’on vit de plus que si la critique est admirable pour apprécier la valeur des pièces, établir leurs rapports entre elles et distinguer les fausses des authentiques, parfois elle aiguise tellement l’esprit de ceux qui se livrent à cette opération que le sens naturel des choses finit par leur échapper, et qu’ils y appliquent des interprétations plus ingénieuses que vraies.

Je demande très humblement pardon à M. J. Quicherat s’il m’est arrivé une fois ou deux de faire cette remarque en lisant avec tout le soin qu’il mérite et toute la passion qu’il m’inspirait, son savant et consciencieux travail. Mais combien n’a-t-il pas été dépassé à cet égard par d’autres qui, avant ou après lui, ont écrit l’histoire de Jeanne et consulté les mêmes pièces que lui ! Les uns, se faisant un point d’honneur de penser avant tout selon les principes de telle ou telle école ; les autres de se tenir en garde contre toute solution qui paraîtrait trop simple et trop naturelle, ne manquèrent pas de trouver la justification de leurs vues propres dans des documents qui, au contraire, les condamnaient, et la peine qu’ils prirent pour arriver à cette découverte donna lieu à autant de systèmes sur Jeanne d’Arc qu’elle eut d’historiens.

[…]

Polybiblion
(1868)

Compte-rendu de la Jeanne d’Arc de Marius Sepet, par G. de Beaucourt.

(Lien : Gallica.)

Jeanne d’Arc, par Marius Sepet, ancien élève pensionnaire de l’École des chartes, avec une introduction, par M. Léon Gautier. Tours, A. Marne, 1869. Gr. in-8° de XX-314 p. Prix 3 fr.

Une nouvelle Jeanne d’Arc, après celles de Michaud, de Barante, de Michelet, de MM. Desjardins, Vallet de Viriville et Wallon, de Mme d’Harcourt, après la Jeanne Darc de M. Henri Martin ! Bien des gens s’étonneront et passeront, supposant qu’ils ne trouveront là rien de plus que dans vingt autres biographies, moins célèbres, que je pourrais citer, — car presque chaque année voit apparaître une Vie de Jeanne d’Arc. L’ouvrage de M. Marius Sepet est digne pourtant de la plus sérieuse attention. Si beaucoup ont écrit sur la Pucelle, peu l’ont bien comprise. D’une part, l’absence des textes, que seulement à la fin du dernier siècle L’Averdy fit connaître par de longues et judicieuses analyses, et que Lebrun de Charmettes utilisa largement et consciencieusement en 1817 ; de l’autre, le besoin d’innovation qui a agité certains esprits, éminents d’ailleurs, et qui a entraîné si loin l’auteur d’une Histoire de France dont la célébrité éphémère ne résistera pas à l’épreuve du temps, — ces deux causes réunies ont contribué tour à tour, ou à retenir certains écrivains dans les sentiers étroits de la routine, ou à les lancer dans la voie des conjectures hardies et aventureuses.

Les Primes d’honneur
(1869)

Un certain comte de Charmettes rapporte une tradition conservée dans la commune de Ceton.

Titre : Les Primes d’honneur, les médailles de spécialités et les prix d’honneur des fermes-écoles décernés dans les concours régionaux en 1869, par le Ministère de l’agriculture et du commerce. Paris. Imprimerie nationale.

(Lien : Gallica.)

[Au sujet des animaux d’élevage dans le département de l’Eure-et-Loir.]

L’espèce chevaline est une source de richesse pour le Perche. La race qu’on y propage est très ancienne et très connue pour ses allures allongées et son trot agréable (fig. 1 et 2). Suivant M. le comte de Charmettes, c’est une tradition dans la commune de Ceton, l’une des plus considérables du Perche, que, vers les temps anciens, les grandes gens du pays (les croisés) avaient des chevaux d’au-delà de la mer, de Jérusalem, et que ces chevaux, alliés avec les juments du Perche, produisirent, la race percheronne.

Les supercheries littéraires dévoilées
(1870)

Le Brun est donné comme traducteur depuis l’anglais du Château de Néville (1803-1804), sous le pseudonyme de R*** de Ch***.

Nota. — L’éditeur, Le Normant, est celui qui publia sa traduction d’O’Donnel (1805).

Titre : Les Supercheries littéraires dévoilées, seconde édition, t. III (1870), par Joseph-Marie Quérard, publié par Pierre-Gustave Brunet et Pierre Jannet. Paris, Paul Daffis, libraire-éditeur, rue des Beaux-Arts, 9. 1870. Dans cette seconde édition (voir l’édition précédente).

(Lien : Google Books.)

R*** de Ch*** (M.) [Lebrun-des-Charmettes] Le Château de Néville, roman traduit de l’anglais, par. Paris, Le Normant, an XII, 2 vol. in-12.

Le Siècle
(2 février 1874)

Le Brun, 89 ans, condamné pour outrages publics.

(Lien : Retronews.)

M. Le Brun dit de Charmettes âgé de 89 ans, ancien préfet sous le ministère Polignac, chevalier de la Légion d’honneur, écrivain légitimiste, collaborateur de plusieurs journaux cléricaux, comparaissait, le 28 janvier, devant le tribunal correctionnel de Chartres, sous l’inculpation d’outrages publics et la pudeur de la nature la plus hideuse. L’audience a eu lieu à huis clos. Déclaré coupable, le prévenu a été condamné à un mois de prison.

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