Collectif  : Jeanne d’Arc (1929)

Iconographie : Documents (fac-similés)

Documents

  1. Concession d’armoiries à Jeanne d’Arc par le roi Charles VII
  2. Prières pour la libération de Jeanne d’Arc
  3. Minute de Guillaume Giraut
  4. Dessin de la Pucelle, par le greffier du Parlement de Paris
  5. Lettre de Jeanne d’Arc aux habitants de Riom
  6. Page du procès
  7. Bulle du pape Calixte III

1.
Concession d’armoiries à Jeanne d’Arc par le roi Charles VII

Bibl. Nat., Ms. fr. 5524, Évaluation des monnaies d’or et d’argent.

Concession d’armoiries à Jeanne d’Arc

Le premier jour de may mil
quatre cent vingt-neuf,

marc d’argent dix-sept sous

de la Pucelle Jehanne

Le deuxième jour de juin mil quatre cent vingt-neuf,
le dit Seigneur Roy, ayant connu les prouesses
de Jehanne la Pucelle et victoires du
don de Dieu et son conseil intervenues,
donna, étant en la ville de Chinon,
armoiries à la dite Jehanne, pour son estendard
et soi décorer, du patron qui s’ensuit
donnant charge au duc d’Alençon
et à icelle Jehanne du siège de
Jargeau.

2.
Prières pour Jeanne d’Arc

Trois prières tirées du Calendrier à l’usage de la Chambre des Comptes et du Parlement de Grenoble. Ms. du XVe siècle. Archives du département de l’Isère. — Série F, n° 4 f° 3.

Prières pour Jeanne d’Arc

Après le Gloria

Première oraison pour la libération de Jeanne la Pucelle

Dieu tout-puissant et éternel, qui dans votre sainte et ineffable clémence et dans votre admirable puissance, avez ordonné la venue d’une jeune fille pour l’exaltation et la conservation du royaume des Francs, et aussi pour repousser, confondre et détruire les ennemis de ce royaume, et qui avez permis que cette Pucelle, alors qu’elle vaquait aux œuvres saintes par vous commandées, fût incarcérée par leurs mains, accordez-nous, nous vous en prions, par l’intercession de la Bienheureuse Marie toujours vierge et de tous les saints, qu’elle soit délivrée de leur puissance sans subir aucun mal, et qu’elle accomplisse expressément tout ce que vous lui avez Prescrit par une seule et même mission. Par Notre-Seigneur, etc.

Après l’offertoire

Seconde oraison

En cette oblation, Père des vertus et Dieu tout-puissant, faites descendre votre sainte bénédiction ; et que, par la puissance de vos miracles, et par l’intercession de la Bienheureuse Marie toujours vierge et de tous les saints, elle libère la Pucelle, détenue dans les geôles de nos ennemis ; qu’elle la libère exempte de tout mal, et lui donne d’exécuter effectivement l’œuvre que vous lui avez commandée, par un seul et même acte. Par Notre-Seigneur, etc.

Après l’ablution

Troisième oraison

Exaucez, Seigneur tout-puissant, les prières de votre peuple, et, par les sacrements que nous avons reçus, par l’intercession de la Bienheureuse Marie toujours vierge et de tous les saints, faites tomber les chaînes de cette Pucelle, qui accomplit les œuvres que vous lui aviez prescrites, et qui maintenant est incarcérée par nos ennemis ; pour les besognes qui lui restent à accomplir, par votre très-sainte et miséricordieuse sollicitude, permettez qu’elle sorte de prison sans subir aucun mal. Par Notre-Seigneur, etc.

3.
Minute de Guillaume Giraut

Fac-similé de la page 19 du registre des minutes de Guillaume Giraut.

D’après Boucher de Molandon : Note de Guillaume Giraut, notaire au Châtelet d’Orléans, sur la levée du siège, inscrite de sa main sur son registre de minutes, le 9 mai 1429. (Orléans, 1858.)

Minute de Guillaume Giraut

Siège des Anglois levé

Le mercredi veille d’Ascension, IIIIe jour de may, l’an mil CCCCXXIX, par les gens du roy nostre sire et de la ville d’Orléans présente et aidant (ou ordenant) Jehanne la Pucelle treuvée par ses œuvres estre vierge et à ce envoiée de Dieu nostre Seigneur, et aussi comme par miracle fut prise par force d’armes la forteresse des Anglois très-puissans à St Loup lès Orléans que avoient fait et tenoient les Anglois ennemis du roy nostre dict sire, et y furent pris et mors plus de VIxx Anglois.

Le samedi après l’Ascension Nostre Seigneur ensuivant, VIIe jour du dit mois de may, par la grace Nostre Seigneur et aussi comme par miracle le plus évident qui eust esté apparent puis la passion Nostre Seigneur, à l’aide des dites gens du roy et de la dicte ville d’Orléans fut levé le siège que les ditz Anglois avoient mis ès thorelles du bout du pont d’Orléans, ou costé de la Sauloigne, qui furent pris par très fort assault le mardi XIIe jour du moys d’octobre précédent et dernier passé, et y furent mors ou pris environ IIIIx Anglois qui gardoient les dictes thorelles. A ce fut présente la dicte Pucelle qui conduit la besoigne armée de toutes pièces.

Et les dimanche et lundi ensuivant, les ditz Anglois s’en alerent de St Poair où ilz avoient faict une forte bastille qu’ils appelloient Paris, d’une autre bastille emprez — qu’ils appelloient la tour de Londres, du Pressoer ars qu’ils nommoient Roen où ilz avoient faict forte bastille, de St Lorens ou ilz avoient faict plusieurs forteresses et bastilles, et toutes ces forteresses et bastilles closes à II parties (ou en partie) de fossés et d’une forteresse à l’autre.

Le lundi après l’Ascension IXe jour de may*.

Guillaume Giraut.

* Cette date est celle d’une autre minute qui suit immédiatement, au bas de la même page, la note relative à la levée du siège. La signature ne figure pas au bas de la note, mais elle se trouve telle à plusieurs pages du registre. Les mots en caractères romains manquent dans le manuscrit et ont disparu avec la marge. Me Fauchon est actuellement le dépositaire des minutes de Guillaume Giraut.

4.
Dessin de la Pucelle, par le greffier du Parlement de Paris

Dessin du greffier du Parlement de Paris, en marge du registre du Conseil, donnant, le 10 mai 1429, la nouvelle de la levée du siège d’Orléans. Archives Nat.

Dessin de la Pucelle, par le greffier du Parlement de Paris

Mardi dixième jour de may (1429) fut rapporté et dit à Paris publiquement que dimanche dernier passé les gens du Dauphin en grand nombre après plusieurs assauts continuellement entretenus par force d’armes, étaient entrés dedans la bastide que tenaient Guillaume Glasdal et autres capitaines et gens d’armes anglais de par le Roy, avec la tour de l’issue du pont d’Orléans par delà Loyre, et que ce jour les autres capitaines et gens d’armes tenant le siège et les bastides par deçà Loyre devant la ville d’Orléans s’étaient partis d’icelles bastides, et avaient levé leur siège pour aller conforter le dit Glasdal et ses compagnons, et pour combattre les ennemis qui avaient en leur compagnie une pucelle seule ayant bannière entre les dix ennemis, si comme on disait Quis eventus futurus, novit Deus bellorum dux et princeps potentissimus in praelio. [Quelle en sera l’issue, Dieu le sait, lui le maître des guerres et le tout-puissant souverain de chaque bataille.]

5.
Lettre de Jeanne d’Arc aux habitants de Riom

Lettre signée par Jeanne d’Arc (9 novembre 1429). À mes chers et bons amis les gens d’église, bourgeois et habitans de la ville de Riom. (Archives de la ville de Riom.)

Lettre de Jeanne d’Arc aux habitants de Riom

Chers et bons amis, vous savez bien comment la ville de saint perre le moustier a esté prinse d’assault ; et a l’aide de Dieu ay intention de faire viuder les autres places qui sont contraires au Roy ; mais pour ce que grant despens de pouldres, trait et autres habillemens de guerre a este faite devant ladite ville, Et que petitement les seigneurs qui sont en ceste ville et moy en sommes pourveuz pour aler mettre le siege devant la Charité ou nous allons prestement. Je vous prie sur tant que vous aymez le bien et honneur du Roy, Et aussi de tous les autres de par deçà que vueillez incontinant envoyer et aider pour ledit sieige de pouldres salepestre souffre trait arbelestres fortes et d’autres habillemens de guerre, Et en ce faictes tant que par faulte des dites pouldres et autres habillemens de guerre la chose ne soit longue, et que on ne vous puisse dire en ce estre nagligens ou refusons, Chers et bons amis notre Seigneur soit garde de vous, Escript à Molins le neufme jour de novembre.

Jeanne.

6.
Page du procès

Traduction latine du procès de Jeanne d’Arc. Bibl. Nat., ms. lat. 5966. Fac-similé de la réponse qui fit condamner Jeanne comme relapse. Réponse mortelle, écrivait le greffier en marge du manuscrit.

Page du procès

Responsio mortifera

Interrogata quid sibi dixerunt : respondit quod Deus mandavit sibi, per sanctas Katharinam et Margaritam, magnam pietatem illius grandis Proditionis in quam ipsa Johanna consenserat, faciendo abjurationem et revocationem pro salvando vitam suam ; et quod ipsa se damnaverat pro salvando vitam suam. Item dixit quod ante diem jovis, voces suæ sibi dixerunt illud quod ipso illo die faceret et quod protum ipsa fecit. Dixit ultro quod voces suæ sibi dixerunt quando erat in scafaldo seu ambone, coram populo, quod audacter responderet illi prædicatori, qui tunc prædicabat, dicebatque eadem Johanna quod ille erat falsus prædicator et quod plura dixerat eam fecisse quæ ipsa non fecerat. Item dixit quod, si ipsa diceret quod Deus non mississet eam, ipsa damnaret se, et quod veraciter Deus ipsam misit.

Affirmo ut supra. Boscguillaume.

Réponse mortelle

… Interrogée sur ce que lui ont dit les voix, répondit qu’elles lui ont dit que Dieu lui a mandé par saintes Catherine et Marguerite la grande pitié de la grande trahison qu’elle a consentie en faisant abjuration et révocation Pour sauver sa vie, et qu’elle se damnait pour sauver sa vie.

Item, dit qu’avant jeudi des voix lui avaient dit ce qu’elle ferait, et ce qu’elle fit ce jour-là. Dit en outre que ses voix lui dirent, tandis qu’elle était sur l’échafaud, ou ambon devant le peuple, qu’il répondit hardiment à ce prêcheur (qui lors la prêchait). Et disait cette Jeanne qu’il était faux prêcheur, et qu’il avait dit plusieurs choses qu’elle n’avait point faites. Elle dit de même que, si elle disait que Dieu ne l’avait pas envoyée, elle se damnerait elle-même, et que, véritablement, Dieu l’a envoyée.

J’affirme comme ci-dessus. Boisguillaume.

7.
Bulle du pape Calixte III

Commencement de la Bulle du pape Calixte III ordonnant la révision du procès (1455). Bibl. Nat., ms. lat. 17013.

Bulle du pape Calixte III

Tenor autem rescripti antedicti sic præsentati et lecti sequitur, et est talis :

Calixtus, episcopus servus servorum Dei, venerabilibus fratribus, archiepiscopo Remensi, et Parisiensi ac Constantieusi episcopis, salutem et apostolicam benedictionem. Humilibus supplicum votis libenter annuimus, eaque favoribus prosequimur opportunis. Exhibita siquidem nobis nuper, pro parte dilectorum filiorum Petri et Johannis, dictorum d’Arc, laicorum, ac dilectæ in Christo filiæ Ysabellis, matris eorumdem Petri et Johannis, mulieris, ac nonnullorum consanguineorum suorum Tullensis diœcesis petitio continebat quod : licet quondam Johanna d’Arc, soror Petri et Johannis, ac filia Ysabellis eorumdem matris, dum in humanis ageret, omnem hæresim detestata fuerit nec aliquid crediderit aut affirmaverit, seu adstrinxerit quod hæresim saperet, ac fidei catholicæ et sanctæ Romanæ Ecclesiæ traditionibus obviaret ; tamen, quondam Guillelmo de Estiveto seu alio, qui tunc erat, promotore negotiorum criminalium episcopalis curiæ Belvacensis, ad subornationem, ut verisimiliter creditur quorumdam æmulorum tam Johannæ, quam fratrum et matris prædictorum…

Suit la teneur du rescrit précédemment indiqué, ainsi présenté et lu, et en voici les termes :

Calixte, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à ses vénérables frères, l’archevêque de Reims, les évêques de Paris et de Coutances, salut et bénédiction apostolique. Nous écoutons volontiers les humbles vœux des suppliants, et nous les favorisons à propos. Or, il nous a été récemment présenté, de la part de nos chers fils Pierre et Jean, nommés d’Arc, laïques, et de notre chère fille en Jésus-Christ, femme Isabelle, leur mère, et de plusieurs de leurs parents, du diocèse de Toul, une pétition qui contenait ceci : Bien que Jeanne d’Arc, sœur de Pierre et de Jean, et fille d’Isabelle leur mère, tant qu’elle a été sur la terre, ait toujours détesté toute hérésie, et qu’elle n’ait jamais cru, affirmé et aimé rien qui sentit l’hérésie et fût contraire à la foi catholique et aux traditions de la sainte Église romaine, néanmoins Guillaume d’Estivet ou un autre, qui était alors promoteur des causes criminelles de la cour épiscopale de Beauvais, suborné, comme on peut le croire vraisemblablement, par quelques ennemis de Jeanne, de ses frères ou de sa mère susdits…

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