Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Départ de Domrémy

17 témoins :

Jean Morel(parrain de Jeanne)

Quand Jeannette partit de la maison paternelle, elle alla deux ou trois fois à Vaucouleurs pour parler au bailli [Baudricourt, bailli de Chaumont].

Béatrice(marraine)

Jeannette alla à Vaucouleurs quand elle quitta la maison paternelle.

Jeanette(marraine)

Ne sait rien, mais a entendu dire qu’un de ses oncles conduisit Jeanne à Vaucouleurs.

Louis de Martigny

A entendu dire que, quand elle voulut aller en France, elle alla voir le seigneur bailli de Chaumont [Baudricourt] et ensuite le seigneur duc de Lorraine ; et le seigneur duc lui donna un cheval et de l’argent ; et ensuite les nommés Bertrand de Poulengy, Jean de Metz, Jean de Dieuleward et Colet de Vienne la conduisirent vers le roi.

Bertrand Lacloppe

Un homme de Burey-le-Petit vint au village de Domrémy pour chercher Jeannette, et il la conduisit à Vaucouleurs pour parler au bailli [Baudricourt, bailli de Chaumont]. A entendu dire que ce bailli l’envoya au roi.

Perrin Drappier(marguillier)

Quand Jeanne voulut partir de la maison paternelle, elle alla avec un Durand Laxart, son oncle, à Vaucouleurs pour parler à Robert de Baudricourt, alors capitaine de ce Vaucouleurs.

Gérard Guillemette(ami d’enfance)

Lorsque cette Jeannette partit du domicile paternel, il la vit passer devant cette maison avec un oncle, nommé Durand Laxart ; et alors Jeannette dit à son père : Adieu ! Je vais à Vaucouleurs. Et ensuite il entendit dire qu’elle allait en France.

Hauviette(amie d’enfance)

Elle ne sut rien du départ de Jeanne et en pleura beaucoup, car elle aimait Jeanne qui était si bonne, et qui était sa compagne.

Jean Waterin(ami d’enfance)

L’a vu partir de Greux. Elle disait aux gens : Adieu ! — L’entendit plusieurs fois dire qu’elle relèverait la France et le sang royal.

Gérardin d’Épinal(le bourguignon)

Ne sait rien sinon qu’au moment de son départ, elle lui dit : Compère, si vous n’étiez bourguignon, je vous dirais bien quelque chose. Le témoin croyait alors qu’il s’agissait de quelque ami qu’elle voulait épouser. Il la vit aussi à Châlons, avec quatre autres dudit village, et elle disait n’avoir pas peur, si ce n’est d’une trahison.[Réponse à l’article 12 qui semble aller avec le 10 :] Elle partit de la demeure paternelle, car il lui était pénible, à ce qu’elle disait, de demeurer là.

Jeanne séjourna peu de temps à Neufchâteau et, à ce qu’il lui semble, avec son frère Jean d’Arc, depuis prévôt de Vaucouleurs ; elle gardait les animaux de son père ; et elle partit de la demeure paternelle, car il lui était pénible, à ce qu’elle disait, de demeurer là.

Isabelle(amie d’enfance)

A entendu ceci de Durand Laxart, qui la conduisit au sire Robert de Baudricourt : elle lui demanda de dire à son père qu’elle allait aider la femme de ce Durant qui était en couches, afin qu’il pût la conduire audit sire Robert.

Mengette(voisine et amie d’enfance)

Quand Jeannette voulut aller à Vaucouleurs, elle fit venir Durand Laxart, pour faire savoir à ses père et mère qu’elle allait chez ce Durand Laxart, demeurant à Burey-le-Petit afin de rendre service à sa femme ; et en partant elle dit à elle qui témoigne : Adieu ! la recommandant à Dieu, puis alla à Vaucouleurs.

Colin

A entendu Durand Laxart dire qu’elle le pressait de la conduire à Vaucouleurs, car elle voulait aller en France ; elle lui demandait aussi de dire à son père qu’elle se rendait à la maison dudit Durand, pour aider sa femme en couches ; et ainsi fit ledit Durand. Alors, avec le consentement de son père, elle se rendit à la maison de Durand, qui la conduisit à Vaucouleurs pour parler à Robert de Baudricourt.

Durand Laxart(l’oncle de Jeanne)

Jeanne était d’une bonne nature, pieuse, patiente ; elle donnait des aumônes aux pauvres quand elle le pouvait, comme il le vit, tant dans le village de Domrémy qu’audit Burey, car Jeanne y séjourna dans la maison du témoin pendant six semaines.

Il alla chercher Jeanne chez son père et la ramena chez lui. Elle lui disait qu’elle voulait aller en France, vers le dauphin, pour le faire couronner, déclarant : N’a-t-il pas autrefois été dit que la France par une femme serait désolée, et ensuite par une pucelle devait être restaurée ?

Elle voulut aller trouver Robert de Baudricourt pour qu’il la fasse conduire auprès du dauphin ; mais celui-ci répéta plusieurs fois au témoin qu’il devrait la reconduire chez son père et lui donner des gifles. Après le refus de ce Robert, Jeanne accepta les vêtements du témoin et dit qu’elle voulait partir ; il la conduisit à Vaucouleurs.

Elle partit escortée par Jean de Metz, Bertrand de Poulengy, Colet de Vienne, Richard l’Archier, et deux serviteurs desdits Jean et Bertrand. Et, au dire du témoin, il a raconté tout cela au roi.

Catherine

Vit Jeanne après son départ de la maison paternelle, lorsqu’elle fut amenée chez elle par Durand Laxart, et qu’elle voulait aller trouver le dauphin.

C’était une fille bonne, simple, douce, modeste et bien élevée.

Jean Moreau(habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy)

Lui-même est natif de Viéville près de Lamothe en Bassigny, non loin de Domrémy. Il n’a pas connu ni Jeanne, ni ses parents, mais à l’époque où Jeanne se trouvait auprès du roi de France, il apprit de deux marchands chaudronniers Nicolas Saussart et Jean Chando, comment Jeanne avait quitté la Lorraine. Elle s’était rendue à Vaucouleurs afin de convaincre Baudricourt qu’elle devait être conduite au roi de France, tant et si bien qu’il fut content de le faire. Arrivée à Chinon, on lui désigna un autre que le roi, à elle qui ne l’avait jamais vu, mais elle reconnut que ce n’était pas le roi. Enfin, après examen de clercs et de docteurs, elle parla au roi. Il n’en entendit plus parler jusqu’à ce qu’il la vît à deux prédications, à Saint-Ouen et au Vieux Marché.

Husson Lemaistre(habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy)

Se trouvait dans son pays natal, quand Jeanne se rendit à Vaucouleurs demander à Baudricourt d’être conduite au roi ; on disait alors que c’était une grâce de Dieu, et que Jeanne était conduite par l’esprit de Dieu. A entendu dire : qu’elle demanda à Baudricourt des gens pour la conduire auprès du sire dauphin ; qu’elle était réputée bonne et honnête jeune fille ; qu’elle séjourna chez une femme vertueuse, appelée la Rousse, demeurant à Neufchâteau ; qu’elle se confessait volontiers et très souvent et communiait.

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