Déposition de Gérardin d’Épinal (le bourguignon)
Interrogé une fois en 1456.
Gérardin d’Épinal, demeurant à Domrémy, laboureur, âgé d’environ 60 ans. Témoin 16, le 30 janvier.
Art. 1. Lieu d’origine de Jeanne
Jeannette naquit à Domrémy et fut baptisée en la paroisse Saint-Remi.
Art. 2. Ses parents
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés. Ses parents étaient, comme il le vit, bons catholiques et bonnes gens sans mauvaise renommée, de bonne réputation.
Art. 3. Ses parrains et marraines
A entendu dire que Jean Morel, de Greux, fut son parrain, et Jeannette de Roze sa marraine.
Art. 4. Son enfance
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Lui-même habite Domrémy depuis l’âge de dix-huit ans. Il vit et il sut que Jeanne était honnête, franche et dévote.
Art. 5. Son adolescence
[Cf. 4.]
Art. 6. Son assiduité à l’église
Elle allait volontiers à l’église et aux lieux saints.
Art. 7. Ses occupations
Elle travaillait, filait, sarclait, et faisait tous les travaux domestiques nécessaires, comme les filles.
Art. 8. Son assiduité à la confession
Croit qu’elle se confessait volontiers, car elle était très dévote.
Art. 9. L’arbre des fées
L’arbre est appelé l’arbre des dames. — Il vit les seigneurs féodaux de Domrémy et leurs femmes au printemps, une ou deux fois, qui portaient du vin et du pain et allaient manger sous l’arbre, car celui-ci est beau comme les lys, épanoui, et ses feuilles et branches viennent jusqu’à terre. — Les filles et les jeunes gens du village de Domrémy ont l’habitude, au dimanche des Fontaines, d’aller à cet arbre ; les mères leur font des pains et ils vont sous cet arbre faire leurs fontaines ; ils y chantent, font des rondes, et ensuite reviennent à la fontaine des Rains, mangent le pain et y boivent de l’eau, comme il le vit. — Jeanne y allait avec les autres jeunes filles et faisait comme elles.
Art. 10. Son départ de Domrémy
Ne sait rien sinon qu’au moment de son départ, elle lui dit : Compère, si vous n’étiez bourguignon, je vous dirais bien quelque chose.
Le témoin croyait alors qu’il s’agissait de quelque ami qu’elle voulait épouser. Il la vit aussi à Châlons, avec quatre autres dudit village, et elle disait n’avoir pas peur, si ce n’est d’une trahison. — [Réponse à l’article 12 qui semble aller avec le 10 :] Elle partit de la demeure paternelle, car il lui était pénible, à ce qu’elle disait, de demeurer là.
Art. 11. Les informations commandées par les juges de Rouen
Ne sait rien.
Art. 12. Son séjour à Neufchâteau
Jeanne séjourna peu de temps à Neufchâteau et, à ce qu’il lui semble, avec son frère Jean d’Arc, depuis prévôt de Vaucouleurs ; elle gardait les animaux de son père ; et elle partit de la demeure paternelle, car il lui était pénible, à ce qu’elle disait, de demeurer là.