J. Barbier  : Jeanne d’Arc (1873)

Dossier : Documentation : 1894

1894
Darbélit et l’édition jeunesse. — Foison de reprises.

Le Journal de Seine-et-Marne
10 mai 1893

Jeanne d’Arc au petit séminaire de Meaux.

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Jeanne d’Arc. — Le petit séminaire de Meaux a donné avant-hier soir lundi [8 mai] une brillante représentation de la Jeanne d’Arc de Gounod et de Jules Barbier. La salle de la rue de Tivoli était à peine assez grande pour contenir la nombreuse assistance qui s’y pressait et où l’on remarquait au premier rang M. l’Évêque de Meaux et ses vicaires généraux.

Les jeunes interprètes ont droit à nos plus vifs et à nos plus sincères compliments, car la représentation a eu tout le succès désirable.

Les chœurs et l’orchestre, habilement dirigés par M. Berton, ont été très applaudis, et chacun est revenu enchanté de cette charmante soirée, à laquelle on souhaiterait bien des lendemains.

Le Mémorial de la Loire
6 mars 1894

Jeanne d’Arc par le Cercle catholique Saint-Chamond.

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Saint-Chamond. — Les jeunes gens du Cercle catholique de Saint-Chamond ont représenté, dimanche [4 mars], sur la scène de la Grand’Grange, avec le concours de la Symphonie et des élèves des Frères, le grand drame-opéra Jeanne d’Arc, paroles de Jules Barbier, musique de Charles Gounod.

L’Observateur français
11 mars 1894

Sortie de la Jeanne d’Arc de Darbélit.

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Vient de paraître chez l’éditeur J. Bricon, 10, rue de Tournon, une édition spéciale pour la jeunesse de Jeanne d Arc le superbe drame de M. Jules Barbier.

C’est M l’abbé Henri Darbélit qui en a fait l’adaptation et il a réussi dans cette œuvre de façon tout à fait complète.

M. l’abbé Darbélit explique, dans la lettre suivante, la raison de son remarquable travail.

Au commencement de l’année 1891, Jeanne d’Arc, le drame si patriotique de M. Jules Barbier, tomba sous mes yeux.

Plein d’enthousiasme pour la vierge héroïque qui sauva la France, je fus saisi jusqu’au fond de l’âme par la beauté de ces vers si français.

Et pour ma seule joie, dans la solitude de mon presbytère, je calquai ces pages qu’on ne saurait trouver déplacées rentre les mains des jeunes gens ou des jeunes filles.

Telles qu’elles furent écrites à cette époque, jeunes gens et jeunes filles qui aimez la religion et la patrie, je vous les adresse.

À la veille de ce jour mémorable, où la sainte Église, je l’espère, élèvera la voix pour glorifier Jeanne d’Arc, je demande à Dieu que cette lecture grandisse dans vos âmes l’amour de l’Église et de la France.

Nous avons plaisir à recommander cette lecture aux mères de famille soucieuses à si juste titre de éducation morale de leurs enfants.

La Gironde
6 mai 1894

Jeanne d’Arc au Nouveau-Théâtre de Bordeaux, 5 et 6 mai.

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L’administration du Nouveau-Théâtre [ancien Casino des Capucins] désirant, pour son nombreux public, mettre à profit la fête en l’honneur de l’héroïne française, donnera trois représentations de Jeanne d’Arc, le drame de Jules Barbier, un des plus grands succès de la Porte-Saint-Martin, le samedi 5 et le dimanche 6, en matinée et en soirée.

L’Événement
16 mai 1894

Extrait d’un article sur les Librettistes de Mignon [tragédie lyrique d’Ambroise Thomas, livret de Barbier et Carré d’après Goethe, créée en 1866 et régulièrement repris]. Anecdote de Gounod sur la musique de Jeanne d’Arc : Je mettrai sur tes strophes de la musique saupoudrée d’or.

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C’était au mois de novembre 1889. L’Opéra-Comique venait d’annoncer une reprise solennelle de Mireille avec quelques changements dans le dénouement. Je faisais alors partie d’une petite revue — aujourd’hui défunte — et à laquelle je suis fier d’avoir appartenu, Art et critique, de Jean Jullien. Je voulus aller demander à M. Jules Barbier quelles étaient les modifications apportées à Mireille que je croyais être, je ne sais trop pourquoi, l’œuvre de M. Jules Barbier.

Dans le salon de son appartement de la rue Pergolèse, M. Barbier cordialement m’accueille puis, à l’objet de ma visite, éclate de rire.

— Mais je ne suis pour rien dans Mireille ! L’opéra est de Michel Carré seul.

Je rougis et balbutiai cette excuse que tous les opéras de Gounod, sauf Sapho, et Cinq-Mars, étaient signés Barbier et Carré et que je croyais Mireille issue de cette heureuse collaboration.

Et gentiment, pour me dédommager, M. Barbier me parla de Jeanne d’Arc que Sarah Bernhardt allait jouer à la Porte-Saint-Martin. La nouvelle était des plus inédites, le traité étant signé de la veille seulement. C’est au cours de cette interview que je ne m’attendais guère à prendre, que j’appris ce mot de Gounod, à propos de la musique de scène de Jeanne d’Arc, mot qui fit le tour de la presse après mon article : Je mettrai sur tes strophes de la musique saupoudrée d’or.

La Libre Parole
23 mai 1894

Publication de la partition Barbier-Darbélit chez Choudens.

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L’éditeur Choudens vient de faire paraître, à l’occasion de la béatification de la Vierge de Domrémy, une édition spéciale de Jeanne d’Arc, de Gounod, partition pour chant et piano, d’après le livret de Jules Barbier, par l’abbé Darbélit.

Nous désirons que cette belle œuvre se trouve entre toutes les mains de la jeunesse chrétienne, à laquelle nous recommandons vivement ce bel ouvrage.

L’Observateur français
16 juin 1894

Jeanne d’Arc à Pau, Darbélit.

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Nouvelles religieuses. — En l’honneur de Jeanne d’Arc.

Nos lecteurs apprendront avec plaisir qu’il vient de se former à Pau un comité d’organisation de fêtes en l’honneur de Jeanne d’Arc.

Rien n’est encore arrêté quant aux détails de cette solennité, et il serait difficile d’annoncer, dès aujourd’hui, comme certaine telle ou telle partie du programme. Aussi nous bornons-nous à eu donner les grandes lignes, sauf à modifier par la suite et suivant les circonstances.

La fête, dans la pensée des organisateurs, aurait lieu, le dimanche, 8 juillet, jour anniversaire de la publication du décret par lequel l’Église réhabilitait la mémoire de l’héroïne.

Elle comprendrait une cérémonie religieuse : grand-messe solennelle, chant de la grande cantate d’Orléans, panégyrique et Te Deum. Une grande fête populaire attirerait au Parc-Beaumont toute la population, avide de manifester son enthousiasme et son admiration pour Jeanne d’Arc. Il y aurait illumination, feu d’artifice, concert, etc.

Le lundi [9 juillet] enfin, la fête se terminerait par la représentation de la pièce de Jeanne d’Arc, composée par M. J. Barbier, et arrangée par M. l’abbé Darbélit, avec chœurs de Gounod.

Telles seraient les parties constitutives du programme, dont l’élaboration encore incomplète sera menée à bien, nous l’espérons, par le comité actif et dévoué qui a pris l’initiative de la manifestation.

Nous sommes heureux de voir une Pau ne restera pas en dehors du mouvement qui entraîne toute la France aux pieds de l’héroïne.

La Gazette d’Annonay
29 septembre 1894

Représentations de Jeanne d’Arc à Annonay, 30 septembre et 14 octobre.

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Grande séance dramatique à Parras.

Ainsi que nous l’avions annoncé dans notre dernier numéro, l’Association amicale des anciens élèves des Frères [Frères des écoles chrétiennes] donnera, dimanche prochain [30 septembre], à 3 h. 12 précises, une séance dramatique — qui sera, pour les habitués de Parras, une vraie première à sensation comme on dit en style de chronique théâtrale.

Succès oblige ! comme dit le proverbe. C’est pourquoi — ne reculant devant aucune difficulté — nos jeunes artistes ont entrepris de représenter Jeanne d’Arc, le beau drame de Jules Barbier,en 5 actes et en vers.

C’est une heureuse pensée qu’ont eue les impresarii de Parras, si j’ose m’exprimer ainsi. La grande figure de Jehanne, la bonne Lorraine est de celles qui ont toujours le don de passionner les foules. Il n’est pas éteint l’enthousiasme qui s’est manifesté un peu partout cette année, lors des fêtes célébrées à la gloire de l’héroïne. Après avoir entendu son panégyrique éloquent dans nos églises, on n’en verra qu’avec plus d’intérêt retracer sur la scène, avec la fidélité de l’histoire et les costumes de l’époque les étapes de cette glorieuse et féconde carrière.

Aussi nous ne saurions trop engager tous ceux de nos lecteurs qui désirent assister à cette vivante évocation de notre sublime épopée nationale à ne pas attendre le dernier moment pour prendre leurs billets ; car, dimanche, il ne restera aucune place disponible.

À cause de sa longueur et de son importance, l’ouvrage sera joué sans intermèdes.

Jeanne d’Arc, drame en 5 actes et en vers de Jules Barbier.

Personnages : Charles VII roi de France ; — Sire de la Trémoille ; — La Hire ; — Dunois ; — Xaintrailles ; — Jean d’Aulon ; — Loys de Contes, pages ; — Durand Laxard, grand-père de Jeanne ; — Jacques d’Arc, père de Jeanne ; — Pierrelot, frère de Jeanne ; — Jeanne d’Arc ; — un vieux paysan ; — Maître Jean, canonnier ; — Richard, archer ; — Warwick, gouverneur de Rouen ; — Jean d’Estivet, promoteur au procès ; — Nicolas Loiseleur ; — Manchon, greffier ; — Brown et Gordon, soldats anglais. ; — Laurent Guesdon, bourgeois de Rouen ; — Sainte Marguerite ; — Sainte Catherine ; — Frère Martin Ladvenu ; — Boisguillaume, greffier ; — Seigneurs, Paysans, Soldats français, Bourgeois, Capitaine.

1er acte, Domrémy ; — 2e acte, Chinon ; — 3e Orléans ; — 4e Reims ; — 5e Rouen.

Au cours de la séance une quête sera faite au profit de l’Œuvre des fournitures scolaires. On trouvera des cartes chez Mlles Gagnaire, Rullière, MM. Vidon frères et Peyret et à la porte.

Le prix des glaces est ainsi fixé : Premières, 2 fr. 50 ; — Deuxièmes, 1 fr. 50 ; — Troisièmes, 0,50.

[Édition du 6 octobre :]

Jeanne d’Arc à Parras

Comme au temps où elle boutait dehors les Anglais, le nom de Jeanne d’Arc est encore le merveilleux talisman qui fait gagner les batailles. Car, c’en était une que livraient les vaillants artistes de l’Association amicale des anciens élèves des Frères et ce n’est pas une mince victoire que d’avoir hardiment attaqué le beau drame de Jules Barbier et d’en avoir vaincu les très réelles difficultés.

Disons-le tout de suite : le public était digne de l’ouvrage et — par la seule vertu du nom de l’héroïne — les murs semblaient s’être élargis afin de pouvoir contenir les rangs pressés d’une assistance comparable aux plus belles que Parras ait jamais vues.

Il nous siérait peu d’analyser la pièce ; cela équivaudrait à raconter la vie de Jeanne, en suivant — l’histoire en main — les étapes de sa miraculeuse carrière : sa vocation à Domrémy ; son entrevue avec le roi à Chinon ; la délivrance d’Orléans ; le couronnement de Charles VII à Reims et, enfin, le martyre à Rouen. Mais ce serait faire injure à nos concitoyens que de supposer — même un seul d’entre eux — ignorant de cette page unique de notre histoire.

Nous nous contenterons de signaler quelques scènes plus spécialement belles ou touchantes.

Au premier acte : la lutte émouvante de l’humble pastourelle contre la force divine qui se fait sentir en elle et l’appel des Saintes qui lui ordonnent de partir pour faire cesser la grand-pitié du royaume de France.

Au 2e acte, le coup de théâtre où le roi s’efforce vainement de se dissimuler à Jeanne et demeure confondu par la sagesse de ses réponses.

Le 3e acte est tout vibrant de fierté guerrière et un frisson d’enthousiasme patriote que fait battre tous les cœurs lorsque la Pucelle, mettant fin aux tergiversations intéressées, entraîne ses vaillants compagnons à l’assaut du fort des Tournelles.

Le 4e acte est, au contraire, dans la note émue et mélancolique ; on s’attendrit au moment pathétique où Jeanne retrouve ses vieux parents, qui pleurent de joie et ne se lassent point de l’embrasser ; mais le cœur se serre douloureusement lorsque, par une prescience intérieure du sort que lui réservent ses futurs bourreaux, l’héroïne verse des larmes sur sa vie paisible d’autrefois et, sentant sa mission terminée, demande au roi de la laisser retourner à Domrémy.

Enfin, au 5e acte, l’interrogatoire de Jeanne, ses nobles et courageuses répliques à Warwick et son supplice sur le bûcher portent à son paroxysme l’intérêt qui, depuis le début, tient les spectateurs palpitants.

Il est juste d’ajouter que le poète n’est pas resté au-dessous de l’écrasant sujet qu’il avait abordé.

Il court, à travers son œuvre, un souffle vraiment épique. La trame en est serrée et ne comporte ni fictions contraires à la vérité historique, ni longueurs inutiles. Les dialogues sont clairs, rapides, souvent à l’emporte-pièce.

Le style est mâle, concis, énergique ; c’est un bloc solide, non massif pourtant, d’où se détachent — comme ces éclairs d’acier que le soleil fait jaillir d’une armée à la parade — des vers sonores, qui semblent frappés dans l’airain enfui rapprochent irrésistiblement les mains pour applaudir.

Nous aurions trop de choses à citer, si nous voulions justifier notre appréciation par des exemples. Nous préférons dire à ceux qui n’ont pas entendu cette musique parlée, faite de grandes pensées exprimées en un superbe langage : Allez à la 2e représentation qui sera donnée de ce beau drame !

Il nous reste à parler de l’interprétation. Faut-il l’avouer ? Nous n’étions pas sans quelque appréhension, sachant la tâche ardue et de nature à rebuter plus d’un professionnel. Or, il faut bien croire que le travail, la bonne volonté et surtout une intelligente direction sont de puissants leviers ; car la pièce a été rendue au-delà de notre attente. L’ensemble a peu laissé à désirer et nous avons été agréablement surpris des progrès accomplis sous le rapport de la diction. Notez que ce n’est pas chose facile que de bien déclamer des alexandrins pendant 5 actes, sans trop faire sentir la monotonie de la césure.

Tous les acteurs méritent, à des degrés divers, nos félicitations. Mais nous devons une place de choix à celui qui tenait le rôle si lourd de Jeanne d’Arc. Il y a mis une sincérité, une conviction, un sentiment vrai, qui sont allés au cœur de l’auditoire et que celui-ci a récompensés par ses plus chaleureux bravos. Sa Majesté Charles VII voudra bien accepter aussi nos compliments les meilleurs pour la dignité vraiment royale avec laquelle il a rempli ses hautes fonctions et porté sa couronne d’un soir.

Jacques d’Arc, La Hire, Dunois, Xaintrailles, tous enfin méritent d’être encouragés. Car ils ont accompli un véritable tour de force, qu’ils renouvelleront — en se surpassait, s’il est possible — le dimanche 14 octobre.

Aux catholiques annonéens de renouveler, eux aussi, la brillante recette qui a été réalisée — et à laquelle s’est ajouté le produit d’une quête fructueuse — en assistant à la 2e séance aussi nombreux qu’à la première.

Ils s’offriront ainsi la plus saine des récréations et ils auront prouvé une fois de plus leur attachement à la grande œuvre de l’enseignement chrétien, pour laquelle travaillent les dévoués jeunes gens de l’Association amicale.

[Édition du 13 octobre :]

La deuxième de Jeanne d’Arc

La deuxième représentation de Jeanne d’Arc — du grand succès dirions-nous, si nous étions directeur de quelque tournée parisienne — qui n’avait pu avoir lieu dimanche dernier, à cause de la solennité du Rosaire, sera donnée dimanche, 14 octobre, à 3 heures et demie précises, dans la salle de Parras. Nous ne saurions trop engager ceux qui, pour une raison ou pour une autre, n’ont pu assister à la première, à saisir cette occasion d’applaudir les magnifiques vers de Jules Barbier.

Jeanne d’Arc est une de ces œuvres qu’un bon Français ne se lasse pas d’admirer et nombreux seront, à n’en pas douter, ceux qui — s’étant payé une fois ce sain et patriotique spectacle — s’offriront le luxe d’un bis. Ce luxe-là est non-seulement permis, mais recommandé ; car le plaisir qu’il procure est doublé d’une bonne action.

Nous sommes donc persuadé que dimanche encore il ne restera pas une place sans occupant à Parras.

Comme d’ordinaire, on trouvera des cartes chez Mlles Gagnaire et Rullière, ainsi que chez MM. Vidon frères et Peyret.

Le prix des places est le même, c’est-à-dire : 2,50 les premières ; 1,50 les secondes et 0,50 les troisièmes.

Le Mistral
5 décembre 1894

Jeanne d’Arc au Théâtre d’Avignon.

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Jeanne d’Arc au Théâtre d’Avignon. — On annonce pour jeudi [6 décembre] la représentation de Jeanne d’Arc, pièce en cinq actes, appelée à obtenir, sur notre première scène, un grand succès. Le choix des costumes a été complètement réorganisé par M. Bertrand, costumier.

Nous espérons que certains décors, absolument obligatoires, auront été préparé à cette occasion, quoique le peintre municipal, M. Maurou, payé par la ville comme décorateur du Théâtre, soit employé depuis quelques temps à toutes sortes de travaux dans les écoles ou édifices publics, travaux qui ne lui permettent guère de donner tout son temps, ainsi que cela devrait être, aux soins à apporter au matériel de notre Grand Théâtre.

[Édition du 12 décembre :]

Nous avons assisté Jeudi à la première de Jeanne d’Arc.

L’intérêt de ce drame historique permettait de mieux augurer de l’empressement du public, qui réclame à grands cris des nouveautés et reste au coin du feu lorsqu’on les lui donne.

Le fait est d’autant plus fâcheux que certains accrocs, inévitables dans la première audition d’une œuvre de cette envergure, peuvent avoir compromis, aux yeux de quelques spectateurs peu indulgents, le véritable caractère de la pièce.

Pour être juste, nous devons avouer que nous augurions mieux de la représentation, à la suite de la répétition générale, qui, à part quelques entorses au poète, nous paraissait suffisamment au point.

La zèle déployé par M. Tartanac pour la partie musicale et par M. Denerty pour la réglementation des derniers détails scéniques, semblait présager un meilleur succès.

Ne pouvant faute de temps et d’espace, faire comme nous le désirerions, une analyse même succincte de Jeanne d’Arc, nous nous contenterons de dire que, comme accompagnement au poème d’un réel intérêt dramatique, l’immortel Gounod a écrit des pages magnifiques.

Nous citerons en courant les chœurs du premier et du second acte, correctement chantés, le duo des voix célestes qui a valu à Mmes Duman et Deplanque-Philis, des applaudissements et un rappel mérité ; la ballade du prisonnier ; la marche du sacre etc., etc.

Mme Sandre, s’est tirée à son honneur du rôle écrasant de Jeanne. Tour à tour, nerveuse, illuminée, tendre et farouche, montrant le courage d’une lionne devant le danger, la faiblesse d’une femme devant l’horreur de la mort, l’abnégation d’une sainte dans l’infâme du supplice ; elle a bien su rendre les faces multiples de cette personnalité mystique, qui restera toujours aussi impénétrable que glorieuse.

MM. Denerty, Plancade Walberg, Dalibert, Léger, Dubreuil, Labau, etc., ont vaillamment soutenu leur charmante camarade.

Mmes Walberg, Deplanque-Philis, Duman et Tartanac, ont droit également à des éloges.

Les décors, dont plusieurs sont nouveaux, témoignent des efforts faits par la Direction, pour mener à bien cette entreprise.

Parmi les costumes, il convient de citer en première ligne l’armure de Jeanne d’Arc qui, sur les épaules de Mlle Sandre, fait le plus grand effet. Remarqué également, les attornements et braveries d’Agnès Sorel (Mme Denerty) et le costume de page que Mme Deplanque-Philis porte avec une crânerie séduisante. À part peut-être l’hermine royale de Charles VII, nous avons constaté avec un véritable regret, la négligence que quelques acteurs avaient apportée à leur accoutrement. Certains maillots montraient même de trop visibles reprises et nous aurions aimé à voir porter avec un peu plus d’apparat, au moins pendant la cérémonie du sacre, les armes de Connétable de France et le bâton de Duguesclin.

Comme entre notre vieille terre Gauloise, ainsi que l’a dit un homme de grand sens, tout finit par des chansons, nous leur dédions ce rondel :

Dans ces habits si bien fripés

Qu’il semble qu’on les ait chipés,

À quelque défroque en souffrance,

Sont-ce Connétables de France,

Que nous voyons ainsi nippés ?

Pauvres hères de froid grippés,

Truands par les soudards pipés,

N’auraient pas la mine plus rance

Sous ces habits.

Malgré les trésors dissipés

Et les combattants étripés,

Dont vous poursuit la remembrance,

Évitez sagement l’outrance

Des spectacles anticipés

Sous ces habits.

Nous serions injustes, si nous ne réservions une mention toute spéciale à notre corps de ballet, qui nous a offert le plus ravissant divertissement qui se puisse voir. Outre ! que vous nous feriez dire, si nous possédions mieux la langue de Tartarin.

[Édition du 19 décembre :]

Dimanche, en matinée, dernière de Jeanne-d’Arc, qui clôt la chute irrémédiable de cette pièce.

[Édition du 26 décembre :]

Grand-Théâtre. — Aujourd’hui, lundi 23 décembre 1894 : Jeanne d’Arc, pièce en 5 actes et 7 tableaux avec chœurs par Jules Barbier. Musique de Charles Gounod.

Le Phare des Charentes
6 février 1895

Jeanne d’Arc à Rochefort, 5, 7, 10 février.

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Rochefort. — Ce soir [mardi 5 février], pour la première fois à Rochefort, Jeanne d’Arc, un drame littéraire en 7 actes et en vers, avec musique de Gounod.

Si cet ouvrage ne fait pas affluer le monde au théâtre, c’est à renoncer à monter une nouveauté. D’abord ce sera fâcheux pour le directeur, qui, depuis quelque temps, ne fait pas de grosses recettes, et, ensuite, pour le bénéficiaire de la représentation, M. Ludo-Marty, 1er ténor, artiste très consciencieux et excellent père de famille, par conséquent digne d’intérêt à tous égards.

Allons, lecteurs, à ce soir ; vous ne regretterez pas votre argent.

[Édition du 8 février (article de Valère) :]

Rochefort. — Malgré le froid rude qui sévit depuis quelques jours et qui, distribuant comme à plaisir, à droite et à gauche, rhumes, bronchites, coryzas, grippes, force la pauvre humanité à se moucher, cracher, tousser et garder surtout la chambre, notre sympathique directeur, qui a tous les courages, a eu celui de monter le beau drame de Jules Barbier, Jeanne d’Arc, pour lequel Gounod a écrit une de ses plus poétiques partitions.

C’est là une tentative littéraire digne d’être encouragée, et le public clairsemé qui assistait à la première représentation, mardi soir, a prouvé par ses applaudissements nourris qu’elle était fort de son goût. Il y a longtemps, en effet, qu’on n’avait essayé, par des œuvres saines et bien écrites, de loucher son cœur et de charmer son esprit.

Il n’est pas besoin, je pense, de rendre compte de ce beau morceau de littérature. Qu’on sache seulement que l’auteur a suivi de très près la tradition historique et s’est contenté de donner la forme dramatique à l’épisode le plus touchant de notre histoire nationale.

L’interprétation a été digne de l’œuvre, et nous n’avons que des félicitations a adresser à tous les artistes. Quelques-uns, cependant, méritent une mention spéciale, à cause de leur diction — et chacun sait que le vers n’est pas chose facile à dire — et à cause aussi du talent qu’ils ont déployé dans la composition du rôle qui leur avait été imparti.

Tout d’abord, mentionnons Mme Renée Henriot, absolument remarquable dans le personnage de Jeanne d’Arc, qu’elle a joué en artiste consommée ; elle dit juste et bien. Point d’éclat de voix inutile. Jeu discret et distingué. — Mme Josse-Routier (Agnès Sorel), — qui dit le vers non sans talent, — magnifique de dédain dans sa scène avec Jeanne d’Arc, a manqué de vivacité, de légèreté, d’enjouement dans ses répliques à Charles VII. À citer également M. Duaber, un La Hire plein de fougue généreuse ; M. Boriol, un Charles VII exquis ; tous deux artistes, disant le vers à ravir ; M. Sylve, un excellent vicomte de Thouars ; MM. Amblard et Ferrand.

L’orchestre et les chœurs ont marché vaillamment. Le chœur final du dernier acte a cependant laissé beaucoup à désirer ; ces dames chantaient dans tous les tons : c’est peut-être joli comme bariolage, mais c’est bien déchirant pour l’oreille. À revoir pour l’ensemble.

Quant aux soli, absolument charmants ! Et cela n’étonnera personne quand on saura qu’ils étaient dévolus à Mmes Amblard et Lavallière. La première a chanté, avec son charme et son espièglerie habituels, les légers couplets de la ribaude Perrine. La seconde, qui remplissait le rôle du page Loys, au maillot suggestif, a soupiré de la façon la plus gracieuse les gracieux couplets de la ballade à la Fortune, du pauvre prisonnier des Anglais, le duc Charles d’Orléans, qui est bien l’un de nos plus illustres trouvères :

Fortune, veuillez-moi laisser

En paix une fois, je vous prie.

Trop longtemps, à vrai compter,

Avez eu sur moi seigneurie.

Toujours faites la renchérie

Vers moi, et ne voulez ouïr

Les maux que m’avez fait souffrir,

Il y a jà plusieurs ans passés.

Dois-je toujours ainsi languir ?

Hélas ! et n’est ce pas assez ?

Mlle Lavallière a remporté, avec ces couplets, un joli succès personnel.

La mise en scène est très soignée. Le décor du bûcher fait impression. Les costumes sont d’une irréprochable fraîcheur.

La soirée de mardi était au bénéfice de notre ténor d’opérette, M. Ludo-Marty, qui, pour faciliter la représentation, a bien voulu endosser la blouse de Thibaut. Ce n’était qu’un bout de rôle, mais avec quel talent il l’a joué ! Le bénéficiaire a été chaleureusement applaudi.

Jeanne d’Arc vaut la peine d’être vue.

Ce soir [jeudi 7 février], deuxième représentation.

Deux conseils pour finir : écourter les entractes et prier les machinistes et autres de faire moins de bruit sur la scène, le rideau baissé. Car vraiment, c’est… en… yeux, comme dirait Jeanne d’Arc.

[Édition du 10 février :]

Rochefort. — Dimanche soir [10 février], irrévocablement, dernière représentation de Jeanne d’Arc, le grand succès de la saison.

Le Progrès de la Somme
13 mars 1896

Jeanne d’Arc au théâtre d’Amiens, au moins 2 représentations les 15 et 23 mars.

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Théâtre d’Amiens. — Dimanche [15 mars], première représentation à Amiens de Jeanne d’Arc, drame en 5 actes de Jules Barbier.

[Édition du 15 mars :]

Nour rappelons l’attention des spectateurs sur la représentation qui sera donnée ce soir dimanche. Jeanne d’Arc, drame historique en 5 actes, de J. Barbier, musique de Gounod, avec chœurs et orchestre. Ce beau drame, véritable chef-d’œuvre, est la reproduction exacte des actions de la jeune Lorraine qui délivra la France.

Le spectacle sera terminé par le grand succès : Le Baron Tzigane, opéra-bouffe en 3 actes et 4 tableaux.

[Édition du 23 mars :]

Théâtre d’Amiens. — Lundi 23 mars :

  • Amants, comédie eu 5 actes, de Maurice Donnay.
  • Jeanne d’Arc, drame en 5 actes et 7 tableaux, avec chœurs, de Barbier, musique de Gounod. Bureaux à 6 h. 1/2. — Rideau à 7 h.

L’Univers
8 avril 1896

Critique de la Jeanne d’Arc de Darbélit.

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Extrait du Bulletin bibliographique, en feuilleton.

Jeanne d’Arc, drame en cinq actes, en vers, avec chœurs, de Jules Barbier. Edition spéciale pour la jeunesse, par M. l’abbé Darbélit, curé de Beuste. — Bricon, éditeur, rue de Tournon. — Musique de Gounod, chez Choudens, boulevard des Capucines.

Avant lu le drame si patriotique de M. Jules Barbier, M. l’abbé Darbélit a eu l’idée de l’adapter spécialement pour la jeunesse chrétienne et française. Ce tableau renouvelé représente Jeanne d’Arc complètement telle que l’histoire nous la montre et telle que l’Église, nous l’espérons, la glorifiera. Nous voudrions voir ce drame, représenté annuellement dans tous les collèges catholiques. Il y retrouverait le succès qu’il a déjà rencontré dans plusieurs de ces maisons. Nous voudrions aussi le voir lu par tous les jeunes gens chrétiens. Aucune lecture ne peut être pour eux plus salutaire, aucune n’est plus propre à leur inspirer de grandes et pieuses pensées.

Un fait à signaler, c’est que toutes lest paroles de Jeanne d’Arc sont admirablement fondues dans les vers de M. Barbier. Nous avons ainsi une reproduction fidèle de la vie et des actes de l’héroïque Lorraine.

Inutile de dire que la partition de Gounodi est magnifique. Ajoutons qu’elle, est d’une exécution très facile.

Le Petit Provençal
20 janvier 1897

Jeanne d’Arc par la troupe Gritty.

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Châteauneuf-les-Martigues. — Samedi dernier, nous avons eu une représentation théâtrale au café Bellot. La troupe L. Gritty, de Martigues, est venue dans notre localité pour jouer Blanche de Francastel. Les artistes ont été fort applaudis et le succès a été complet. La salle de M. Bellot n’a pas pu contenir tout le monde. Pour samedi prochain, 23 janvier, on nous annonce Jeanne d’Arc. Nul doute que les artistes n’obtiennent le même succès ; aussi, il est à prévoir que les retardataires seront obligés de se passer du spectacle.

L’Indépendant rémois
5 octobre 1898

Extrait de la rubrique Théâtres et concerts. Jeanne d’Arc au Grand-Théâtre de Reims, 6, 7, 8, 9, 10 octobre, puis en matinée, 16, 23 octobre.

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Théâtre de Reims. — Jeudi prochain, 6 octobre, irrévocablement, ouverture de la saison théâtrale à notre grand théâtre, par Jeanne d’Arc, drame à grand spectacle on 5 actes et 7 tableaux, de M. J. Barbier, musique de Ch. Gounod.

Le rôle de l’héroïne, créé par la grande artiste Lia Félix, et repris dernièrement à la Porte-Saint-Martin, par Mme Sarah Bernhardt, sera tenu sur notre scène par Mlle Person, qui l’a étudie tout l’été, et en fera, nous en sommes certain, une création superbe.

Tous les autres rôles seront tenus par l’élite de la troupe. La partie musicale, très développée, est digne de l’auteur de Faust.

[Édition du 6 octobre :]

En prenant contact avec le public rémois, M. Delétraz a eu une délicate attention : il a inscrit en tête de son programme une œuvre patriotique où figure en apothéose le plus glorieux épisode de notre histoire locale : Jeanne d’Arc, drame lyrique de M. Jules Barbier, chœurs et musique de scène de Gounod.

C’est en 1873 que la pièce fut représentée pour la première fois, à la Gaîté. Le succès dépassa toutes les espérances, notamment celles du directeur, Offenbach, qui vit ainsi retardée la reprise de son Orphée. Signalons le passage de la pièce à la Porte-Saint-Martin, en janvier 1890, parce qu’elle y subit quelques modifications.

La musique en est en partie connue, plusieurs fragments sont couramment utilisés dans les concerts. Quant au poème, il chante dans la mémoire de ceux qui l’allèrent entendre à Paris déclamé par la voix d’or de Sarah Bernhardt.

Personne n’ignore l’histoire de la vie de Jeanne d’Arc, les moindres phases en ayant été arrachées à la légende et mises en lumière par divers historiens et surtout par M. Joseph Fabre dans son livre si clair et si documenté. Aussi notre besogne se trouve-t-elle simplifiée et nous bornerons-nous à une énumération sèche des principaux épisodes du drame.

Les trois dernières phases de la vie de l’héroïne en forment la carcasse : la Mission, le Martyre, le Triomphe.

1er tableau. — Une introduction champêtre. Le rideau se lève sur l’intérieur de la chaumière de Domrémy. Tableau rustique ; la famille assemblée devant l’âtre, après le repas du soir. La vierge à son rouet. Chacun est triste, car la France est envahie. Des paysans passent devant la porte entrouverte :

Nous fuyons la patrie !

Femmes, enfants, vieillards, chassés de nos hameaux,

Devant nous, au hasard, nous poussons nos troupeaux.

Hélas ! reverrons-nous en des temps moins funestes,

De nos murs dévastés les misérables restes,

Nos champs semés par nous, par d’autres moissonnés,

Et le paisible chaume où nos enfants sont nés ?

Suit un épisode idyllique : les amours de Jeanne et du paysan Thibaut, épisode interrompu par l’irruption des Anglais pillards. Jeanne s’indigne contre la Bande, frappe son chef.

Puis, c’est l’apparition mystique de deux saintes qui chantent à la vierge :

Jeanne, Dieu t’a parlé… tu n’as pas entendu.

Elle hésite :

Non ! non ! grâce !… Pitié pour moi, pour mon vieux père.

Il m’aime !… Voulez-vous que je le désespère ?

Et les voix reprennent :

Jeanne ! Jeanne ! obéis à Jésus, ton Seigneur !

Soit ! Dieu le veut : Jeanne obéira.

2e tableau. — Au château de Chinon. Primitivement, le poète avait mis en présence Jeanne d’Arc et Agnès Sorel. La critique lui fit observer que Charles VII n’aima Agnès Sorel qu’après la mort de la jeune Lorraine. M. Jules Barbier rentra dans la vérité en remplaçant la fille d’honneur d’Isabeau de Lorraine par la courtisane Iseult de Loré.

On devine tout l’intérêt que dégage cette opposition de la courtisane à la vierge. Iseult nourrit à l’égard de Jeanne une hostilité préconçue. Mais Jeanne trouve dans sa foi de tels accents que, vivement impressionnée, Iseult plaide près du roi la cause sacrée. Toute la Cour, La Hire lui même, est retournée. Et, dans son entrevue avec Jeanne, Charles VII cède :

Jeanne, tu marcheras à l’égal des barons,

Et, nos soldats levés, nous te les conduirons !

3e tableau. — Le siège d’Orléans. Les Français sont victorieux.

Dans un cercle de fer, Orléans étouffait :

En dix jours elle a su, ramenant la victoire,

Briser cette ceinture et dégager la Loire.

Aussi l’on est gai dans les campements français ; on chante :

Rentrez, Anglais, rentrez vos cornes ;

Car jamais vous n’aurez beau gibier !

En France ne menez vos cornes,

Êtes matés en l’échiquier ;

Tôt donc emmenez vos licornes

Ou n’obtiendrez point de quartier.

Pour cet épisode, Gounod avait écrit un divertissement, l’Enterrement d’une marionnette, qu’on joue beaucoup dans les concerts. De cet intermède, on a gardé un chœur entonné par Jeanne et repris par toute l’armée royale agenouillée autour d’elle, avant l’attaque :

Dieu de miséricorde !

4e tableau. — Le sacre. — Le décor représente l’intérieur de la cathédrale de Reims. Cérémonie grandiose. Au lever du rideau, l’orchestre joue la Marche du Sacre.

5e tableau. — La prison. — Dans sa cellule, Jeanne subit le suprême interrogatoire. Alors se succèdent quelques scènes pour lesquelles le poète a puisé dans les pièces mêmes du procès les meilleures inspirations. Les réponses de Jeanne provoquent une émotion patriotique. Écoutez celle qu’elle fait à Warwick :

Je connais mon pays, il m’a donné mon âme !

Il se redressera comme moi sous l’affront !

C’est quand il est perdu qu’il relève le front !

Faites, faites sur lui peser le joug des armes !

Noyez-le tout entier dans le sang et les larmes !

Reculez sa frontière, ivres de vos succès,

La France renaîtra dans le dernier Français !

Que le temps soit à vous ! La France aura pour elle,

Dans l’avenir certain, la Justice éternelle.

6e tableau. — Le Martyre. Jeanne sur le bûcher.

7e tableau. — Pour que le public ne quitte pas le théâtre sous l’impression lugubre du martyre de Jeanne, M. Delétraz a ajouté un tableau apothéotique. Le décor représente la place d’Erlon ; les fenêtres sont illuminées. Au fond de la scène se détache la statue de Dubois. Et devant Jeanne d’Arc, les Sociétés de gymnastique rémoises défilent, crânement, au son d’une marche.

Nous avons assisté hier soir à la répétition générale. La pièce est au point. Nous engageons vivement nos lecteurs à l’aller voir. Ils encourageront la direction à son début ; et ce sera justice, car la mise à la scène de Jeanne d’Arc se complique de difficultés inouïes.

[Édition du 7 octobre :]

Nous avons eu hier la première de Jeanne d’Arc. C’est un heureux début pour la nouvelle Direction. Le public l’a hardiment déclaré ; il n’a point marchandé les bravos.

Ce résultat est d’heureux présage.

Nous nous bornons à l’enregistrer.

Comment pourrions nous, en effet, porter un jugement sur une troupe absolument nouvelle et à propos d’une pièce qui n’est point du répertoire courant ?

Tous les personnages, il n’y en a pas moins de 44 inscrits au programme — sont relégués au second plan par Jeanne. Dans cette vaste distribution, beaucoup d’artistes n’ont pas attrapé un rôle à leur taille. Mais chacun d’eux a fait de son mieux. Cela ne servirait-il qu’à montrer de quel esprit de discipline la troupe est animée, que le public se déclarerait satisfait.

Aujourd’hui, c’est Mme Person qui fera les frais de notre chronique : n’a-t-elle pas emporté à elle seule presque tout le succès de la représentation ! Elle a fait une création superbe du rôle de Jeanne. Oh ! sur cette artiste, nous n’hésitons pas ; nous n’attendons pas de la voir autre part pour coter son talent : il s’est dégagé du premier coup, ferme et précis. L’organe généreux se déploie sans ménagement, à tel point que parfois, l’artiste ayant mal calculé ses forces, le timbre perd de sa vigoureuse sonorité. Mais çà, c’est l’affaire de quelques jours de ré-entraînement. La diction est excellente, le jeu naturel, dépourvu de toute afféterie. Mme Person a bien campé sa Jeanne à tous points de vue.

Par exemple nous l’avons moins goûtée au premier tableau qu’aux suivants. La pastourelle de Domrémy avait le regard un peu froid, un peu dur.

En somme, le visage de l’héroïne reflète à chaque nouvelle phase un sentiment nouveau : à Domrémy, c’est la mélancolie, la tristesse ; à Chinon, c’est la foi, l’inspiration céleste ; à Orléans, c’est le courage ; à Reims, c’est le triomphe, la joie sereine d’abord, ensuite la frayeur que causent de noirs pressentiments ; en prison, c’est d’abord le découragement, la faiblesse, puis l’énergie farouche. Eh bien, tous ces sentiments, l’artiste les a traduits clairement, excepté au premier tableau. Vous voyez que nous n’avons que peu de chose à lui reprocher. Jeanne aime Thibaut. Dans la réponse qu’elle fait à sa déclaration nous lui aurions voulu voir manifester plus de douceur, plus de tendresse pour ce brave garçon qu’elle épouserait après tout, volontiers, si les voix des saintes no venaient la tarabuster.

Si Mme Person voulait tenir compte de cette légère critique, il ne nous resterait plus à lui recommander que de ménager un peu ses forces. Que diable ! Elle nous appartient en ce moment. Et nous serions désolés de la voir se fatiguer plus qu’il ne convient. La saison n’est pas finie.

Avec quel accent de tristesse elle nous a dit les apparitions !

Dès lors, maîtresses de mes jours,

Les saintes m’ont conté les villes sans secours,

Les vainqueurs sans merci, le roi sans espérance,

Et la grande pitié du royaume de France.

Et quelle émotion, quand elle quitte sa chaumière :

Ô maison ! Humble toit de chaume où l’hirondelle

Vient suspendre son nid à la saison nouvelle !

Meubles accoutumés ! Mon rouet ! Mes fuseaux !

Fenêtre où, de la main, j’appelais les oiseaux !

Et toi, petit jardin, sous l’ombre de l’église ;

Fête de mon enfance, Éden, terre promise…

De quelle voix enflammée elle a déclamé les strophes :

Dieu le veut !

Cela évoquait un couplet de Marseillaise lancé à pleine voix par dessus le grondement de l’orchestre. Et cela vous faisait frissonner.

Ajoutez-y la fière allure de Jeanne et l’harmonie un peu hiératique de ses attitudes qui, comme l’a dit Jules Lemaître, fait reculer une figure dans un passé de légende. Et vous comprendrez qu’on soit empoigné, même au théâtre.

Le tableau de la prison a été le triomphe de l’artiste. Il fallait entendre ses répliques cinglant Warwick comme des coups de fouet. Nous avons admiré son énergie sauvage. Certaine tirade patriotique a provoqué une salve furieuse de bravos. Et quand le rideau est tombé, on a rappelé Mme Person plusieurs fois à grands cris.

Aux côtés de Mme Person, M. Daurais a esquissé assez heureusement le personnage du roi ; M. Godefroy nous a présenté une pittoresque silhouette du rugueux La Hire ; Mme Rosa Bell a mis quelque force dans son plaidoyer au roi ; Mme Lebergy a détaillé gentiment la gracieuse ballade du page.

L’exécution musicale a marché convenablement. Nous ne pouvons pas dès le premier jour faire un crime aux chœurs de quelques écarts : cette cohorte ne tardera pas à s’assouplir. Signalons cependant le final du 3e tableau et la Marche du Sacre.

On sait enfin que M. Delétraz a ajouté un tableau local que n’avaient point rêvé Gounod et J. Barbier. Les petits gymnastes rémois y ont crânement défilé. Mais qu’on enlève donc les quatre trophées de drapeaux qui masquent la place d’Erlon, ou qu’on les accroche autre part !

Jeanne d’Arc, en somme, constitue un spectacle intéressant. On y peut aller en famille, et c’est aussi une bonne pièce à montrer à des écoliers.

[Édition du 8 octobre :]

Beaucoup de nos lecteurs ont suivi le conseil que nous donnions hier et ont amené leurs familles au théâtre. Ils ne l’ont pas regretté, si nous eu jugeons par les rappels qui ont marqué la fin de chaque tableau de Jeanne d’Arc.

Pendant un entracte, le hasard nous a conduit au foyer du public. Et nous n’avons pas été peu surpris de constater qu’il était ouvert aux spectateurs. La plupart en ont profité pour aller visiter l’Exposition artistique dont notre collaborateur Grigneux vous a parlé il y a trois ou quatre jours. C’est à la suite d’une entente entre M. Delétraz et M. Al. Henriot, président de la Société des Amis des Arts, que la galerie reste ouverte au public pendant chaque représentation jusqu’au 18 du courant. C’est une idée heureuse et dont le public saura gré à ceux qui en ont eu l’initiative.

Ajoutons, — pour ceux qui ne sont pas allés au théâtre — que M. Delétraz a fait décorer le vestibule et l’escalier des loges de plantes et d’arbustes. C’est coquet et original.

Ce soir, Jeanne d’Arc.

[Édition du 9 octobre :]

Il y avait hier soir une belle salle pour la troisième représentation de Jeanne d’Arc. Ceux qui veulent voir le drame lyrique de Gounod et J. Barbier n’ont plus qu’une ressource : c’est d’aller ce soir au théâtre. M. Delétraz a décidé, en effet, que la représentation d’aujourd’hui serait la dernière.

[Édition du 10 octobre :]

À la demande d’un grand nombre de personnes qui n’ont pu assister aux représentations de Jeanne d’Arc, la Direction a décidé de remettre à la semaine prochaine la représentation de la Closerie des Genêts, et de donner une dernière fois Jeanne d’Arc, ce soir.

En outre, il nous faut annoncer au public que cette soirée sera donnée au prix habituel des représentations populaires du lundi.

Avis aux retardataires.

Mardi 11, Le Gendre de M. Poirier et le chef-d’œuvre de Courtelin : Boubouroche, le plus gros succès de fou rire du théâtre contemporain.

[Note : Jeanne d’Arc sera de nouveau jouée en matinée les dimanches 16 et 23 octobre, à la demande générale.]

Le Figaro
2 mars 1899

Décès de l’abbé Darbélit.

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Deuil. — Nous apprenons la mort […] de M. l’abbé Darbélit, curé d’Orthez (Basse-Pyrénées), décédé chez les Frères de Saint-Jean-de-Dieu [19 rue Oudinot, Paris VIIe], à l’âge de 45 ans.

Le Monde Artiste
7 mai 1899

Jeanne d’Arc à Nice.

Lien : Retronews

Nice. Grand-Théâtre du Cirque. — Tandis que les répétitions de Napoléon et de la Jeanne d’Arc de Barbier et Gounod, sont poussées activement, les spectacles quotidiens ne cessent de présenter un vif intérêt.

[Édition du 21 mai :]

En faisant connaître au public niçois un ouvrage aussi important que la Jeanne d’Arc de J. Barbier et Gounod, M. Mercier a mérité les félicitations de tous ceux qui s’intéressent, à juste titre, à la vulgarisation des chefs-d’œuvre lyriques et dramatiques français. Il fallait, certes, — au moment où la saison hivernale se termine — une bien courageuse initiative pour ne pas reculer devant les grands frais de cette artistique entreprise : le succès moral a été considérable, et nous espérons que les résultats matériels permettront à M. Mercier de couvrir ses énormes dépenses.

Nous avons déjà eu le plaisir de louer l’ampleur et la sincérité du souffle tragique que Mme [Fernande] Dathis montre dans ses divers rôles. Cependant, dans Jeanne d’Arc, cette remarquable actrice nous a semblé — si nous pouvons employer ces termes — encore supérieure à elle-même. Le triomphe que Mme Dathis a remporté, sous les traits de l’héroïne lorraine, fera sûrement époque dans sa carrière.

Mmes Billot (Agnès Sorel), Le Breton (Loys), Davray (Mengette), et MM. Sapiani (La Hire), Grandval (Charles VII), Rolland (De Thouars), Dupré (Dunois), Herbez (Jacques d’Arc), Béraud (Xaintrailles) et Sallès (un vieux paysan, frère Martin), ont droit à tous nos compliments.

L’orchestre, les chœurs, la mise en scène et la figuration témoignent des soins que MM. Boni, Volpati et Sallès ont apportés aux études de cette belle œuvre lyrique.

Le Guetteur de Saint-Quentin
31 octobre 1899

Annonce des spectacles. Jeanne d’Arc au théâtre de Saint-Quentin, 30 et 31 octobre, 9 novembre.

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Théâtre de Saint-Quentin
(Directeur : Louis Joubert.)

Lundi 30 et mardi 31 octobre

Deux seules et uniques représentations du grand succès de la Porte-Saint-Martin :

Jeanne d’Arc
Grande pièce lyrique en 5 actes et 8 tableaux, avec chœurs, de M. J. Barbier, musique de Charles Gounod.

Mme E. Joubert remplira le rôle de Jeanne d’Arc.

Orchestre complet
Bureaux à 7 h. 1/2. | Rideau à 8 heures.

[Édition du 1er novembre (article de Mus.) :]

Après Napoléon, Jeanne d’Arc !

La direction paraît se complaire dans les pièces militaires ; nous ne l’en blâmons pas, car il est toujours bon de mettre sous les yeux de la foule les grandes figures historiques qui sont la gloire et l’orgueil de la Patrie.

S’il en est une dont l’auréole resplendit au-dessus de tous les héros, c’est bien celle de Jeanne d’Arc ; la vierge de Domrémy ne personnifie-t-elle pas tout ce que la France a fait de grand, de noble, d’élevé, frappé au coin du plus pur patriotisme !

Notre illustre historien national, Henri Martin, a laissé sur la vie de Jeanne d’Arc une histoire que l’on considère, à juste titre, comme le monument le plus complet qui ait été écrit sur l’héroïne. Qu’on lise cet ouvrage, et l’on se sentira réconforté en pensant que la France, tombée au pouvoir de l’étranger, a pu, grâce à l’héroïsme d’une femme, se relever de ses ruines et de ses malheurs.

L’épopée de la pucelle d’Orléans ne pouvait manquer d’attirer l’attention des dramaturges. Nous avons eu lundi une représentation de Jeanne d’Arc, de J. Barbier, musique de Ch. Gounod.

La vie de la Lorraine nous est présentée dans ses grandes lignes : L’apparition, La cour de Charles VII, La prise d’Orléans, À Reims, Le Sacre, Les Monstres Anglais, Le bûcher.

La pièce, pleine de mouvement, a grande allure. La poésie d’une exquise saveur prend par moment des notes épiques d’une belle envolée ; et la musique de scène, pleine de charme,donne à l’âme une impression de pénétrante douleur qui ne fait que s’accroître jusqu’à la mort de l’immortelle martyre !

Mme E. Joubert (Jeanne d’Arc), s’est montrée à la hauteur de son rôle, et son succès a été grand quant, au 6e tableau, (les Monstres Anglais), elle a lancé avec énergie ses imprécations aux ennemis de la patrie. Bien aussi Mme Billot en (Agnès Sorel) et félicitations à Mlle L. Maurel pour la ballade du 2e tableau. MM. Salles et Rémont disent la versification avec justesse et intelligence.

La mise en scène est soignée ; tous ces hérauts, gens d’armes, seigneurs, dames de la cour, dans de très jolis costumes, forment un spectacle ravissant.

À citer aussi la scène du sacre, fort bien ordonnée. On est sorti un peu tard ; mais il ne faut pas se désoler outre mesure, à une première représentation il en est presque toujours ainsi. Les machinistes, gens très débrouillards, sachant maintenant ce que l’on veut de leurs aptitudes, parviendront certainement ce soir à raccourcir la soirée d’une heure d’horloge.

Mardi 31 octobre : Jeanne d’Arc. Rideau à 8 h.

Mercredi 1er novembre : Jeanne d’Arc et Durand et Durand, comédie en trois actes. Rideau à 6 h. 1/2.

[Édition du 7 novembre :]

Jeudi 9 novembre : Jeanne d’Arc, dernière représentation du grand succès ! Grande mise en scène ; costumes et armures entièrement neufs. Entrée gratuite pour les enfants au-dessous de 7 ans. Rideau à 8 h.

[Édition du 8 novembre :]

Jeanne d’Arc, le chef-d’œuvre de Jules Barbier, musique de Charles Gounod, qui ne devait avoir que deux représentations sur notre scène à cause des frais énormes que s’était imposés la direction pour la mise en scène grandiose, les costumes de l’époque, et la façon véritablement artistique avec laquelle M. Joubert a monté ce beau spectacle, sera donné une dernière fois dans le but de satisfaire les nombreuses demandes qui ont été adressées au directeur.

Cette dernière représentation aura lieu Jeudi prochain et sera un véritable gala offert aux familles, la direction accordant gracieusement l’entrée gratuite à tous les enfants au-dessous de sept ans.

On pourra admirer les superbes photographies de Mme Joubert dans le rôle de Jeanne d’Arc, qu’elle joue d’une façon vraiment remarquable, chez M. Cantelon, marchand de musique, et chez M. Messy, l’excellent photographe qui vient de nous prouver une fois de plus que son art n’a plus de secret pour lui ; on remarquera aussi notre sympathique directeur dans le rôle de Napoléon.

Ajoutons que l’interprétation de Jeanne d’Arc laisse bien loin derrière elle tout ce qui nous a été présenté depuis longtemps et principalement par certaines troupes de passage qui nous amènent des artistes affublés de titres des théâtres de Paris, et auxquels le public se laisse toujours prendre.

Nous engageons donc nos lecteurs à aller au Théâtre, Jeudi prochain, pour voir ce grand et beau spectacle, et nous sommes certain que tous en emporteront un souvenir vraiment artistique.

[Édition du 12 novembre :]

Jeudi, Jeanne d’Arc, le drame lyrique de Barbier, musique de Gounod, était représenté pour la troisième fois.

Malgré les beautés de l’œuvre et le souvenir qui s’attache à l’héroïne, la pièce n’a pas porté, et les spectateurs de jeudi étaient aussi clairsemés qu’à la première représentation. Les pièces militaires exigent une mise en scène grandiose et somptueuse que nous ne pouvons avoir en province. Cette partie du spectacle n’existant pas, on se trouve alors en face d’une œuvre incomplète. Telle est la cause de la froideur du public envers ce genre dramatique.

Bonne représentation, les artistes en pleine possession de leurs rôles, ont été fort applaudis pendant la soirée.

Tout ce qui se rattache à Jeanne d’Arc, histoire, documents, poésies, pièces de théâtre, chants patriotiques, etc., etc., est pieusement recueilli par les soins de la Société académique d’Orléans. Malheureusement on ne possède aucune chose ayant personnellement appartenu à Jeanne. Il existe bien au musée d’artillerie de l’Hôtel des Invalides, une armure attribuée à la Pucelle d’Orléans ; cette armure a sans aucun doute appartenu à une femme, mais nulle preuve irréfutable n’est là pour affirmer que c’est le vêtement de guerre de Jeanne.

Pendant la révolution de 1793, un châtelain de la Touraine possédait le seul objet authentique qui existât ; c’était le chapeau de bergère de la vierge de Domrémy. Des vandales exigèrent qu’on le leur livrât. Ils le brûlèrent, anéantissant ainsi pour toujours la seule et précieuse relique que l’on possédât d’elle. Quant à la maison où est née Jeanne, elle fut démolie par Louis XI, autre vandale, qui la fit reconstruire avec les mêmes matériaux. (C’était vraiment pas la peine de se donner tant de mal.)

Maintenant, chers lecteurs, la fin du monde étant fixée pour le 13 courent, il me reste à prendre congé de vous ; à moins cependant qu’elle ne soit encore remise à une date qui sera ultérieurement fixée par quelqu’autre savant.

Je vous souhaite donc de passer de vie à trépas avec grâce, élégance et facilité. (C’est ce que je tâcherai de faire.)

Si le savantissime doctor autrichien Kalb inventeur de ce cataclysme, nous a posé un gigantesque lapin, il peut être certain que nous lui en conserverons des petits.

Le Journal
15 avril 1900

Jeanne d’Arc aux arènes de Lutèce.

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M. Paul Escudier, le plus artiste et le plus parisien de nos conseillers municipaux, vient de soumettre à ses collègues une proposition du plus vif intérêt. Il s’agit des arènes de Lutèce. Elles sont peu connues, et c’est dommage. Elles n’ont pas trop souffert du temps et leur restauration ne serait ni longue ni coûteuse.

Les Parisiens qui, pour de multiples raisons, ne peuvent aller aux fêtes d’Orange, seraient ravis d’assister, dans leur bonne ville, à un merveilleux spectacle qu’ils ignorent encore. Il appartient à nos édiles, soucieux du renom artistique de Paris, de nous offrir ce régal. En tous cas, il est certain qu’un essai doit être tenté.

M. Paul Escudier demande, au nom du fils de Jules Barbier, l’autorisation de faire jouer dans les arènes la Jeanne d’Arc que Sarah Bernhardt reprit, en 1890, à la Porte-Saint-Martin. Cette représentation aurait lieu le 14 juillet et serait gratuite et populaire.

Souhaitons que la proposition soit adoptée.

[Note : Ni Jeanne d’Arc ni aucune autre pièce ne furent jouées le 14 juillet aux arènes de Lutèce.]

Mémorial de la Loire
5 avril 1902

Jeanne d’Arc à Saint-Chamond, 6 et 13 avril.

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Saint-Chamond. Soirée dramatique. — Demain, dimanche [6 avril], salle de la Grand-Grange, Jeanne d’Arc, drame-opéra en 5 actes et en vers, de Jules Barbier, musique de Charles Gounod, donné par les jeunes gens du patronage, sous la direction de M. Charles et avec le gracieux concours de la Société de symphonie. Éclairage perfectionné ; 150 exécutants ; décors nouveaux. Une quête sera faite au profit des enfants pauvres, assistés par le Groupe amical du Patronage. Ouverture de la salle à 3 heures et demi. Rideau à 4 heures.

[Édition du 12 avril :]

Dimanche prochain [13 avril], à 4 heures, l’œuvre du Patronage des Frères, à la Grand-Grange, donnera une deuxième représentation de Jeanne d’Arc, avec le concours de la Symphonie et des chœurs de chants. Cette représentation ne manquera pas d’attirer un nombreux public, amateur de beau spectacle et de belle musique qui de la même occasion se trouvera de contribuer à cette œuvre de la Jeunesse d’une si grande utilité et que les Frères dirigent avec tant de dévouement.

Le Petit Provençal
12 avril 1905

Tournée Jeanne d’Arc de la troupe de M. Gritty.

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La Bourine. Théâtre. — La représentation donnée samedi par la troupe Gritty, a obtenue un succès sans précédent. Cette troupe donnera samedi prochain [15 avril] Jeanne d’Arc, épopée dramatique avec une mise en scène exceptionnelle.

[Édition du 15 avril :]

La Bourine. Théâtre. — Ce soir samedi, par la troupe Gritty, Jeanne d’Arc, drame en 5 actes, avec brillante mise en scène, et Un Tigre du Bengale, vaudeville en un acte.

[Édition du 16 avril :]

La Bourine. Théâtre. — Ce soir, par la troupe Gritty, Jeanne d’Arc, drame en 5 actes, et Un Tigre des Bouches-du-Rhône, vaudeville en 1 acte.

[Quelques dates de la tournée Gritty :]

  • 5 mars : Roquevaire. — La Fille maudite. Le Tigre des Bouches-du-Rhône.
  • 12 mars : La Madrague-Pointe-Rouge. — Folle par Amour.
  • 18 mars : La Bourine. — La Fille maudite.
  • 19 mars : Auriol. — La Fille maudite. Le Cousin.
  • 25 mars : La Bourine. — Les amours de Gaspard de Besse. Sourd par Amour.
  • 1er avril : Auriol. — Trente ans ou la Vie d’un joueur. La Barque de Mestré Piarré.
  • 2 avril : Auriol. — Trente ans ou la Vie d’un joueur. La Barque de Mestré Piarré.
  • 8 avril : Auriol. — Jeanne d’Arc.
  • 9 avril : Auriol. — Folle par amour. Le Roman de Minuit.
  • 15 avril : La Bourine. — Jeanne d’Arc. Un Tigre des Bouches-du-Rhône.
  • 16 avril : La Bourine. — Jeanne d’Arc. Un Tigre des Bouches-du-Rhône.
  • 23 avril : Auriol. — Le Comte de Monte-Cristo (partie 1).
  • 24 avril : Auriol. — Le Comte de Monte-Cristo (partie 2).
  • 29 avril : La Bourine. — Les Deux orphelines.
  • 11 mai : Beauvoisin. — La Grâce de Dieu. Les Misérables.
  • 14 mai : Auriol. — Mère et Martyre.
  • 3 juin : Pertuis. — Hamlet.
  • 29 juillet : Le Puy-Sainte-Réparade. — Patrie. Les Petits Cadeaux.

La Croix de l’Aube
17 mai 1906

Jeanne d’Arc à Troyes, 27 mai et 2 juin, par diverses Œuvres.

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Fête de Jeanne d’Arc à Troyes.
Le 27 mai.

  • À 10 heures 1/2, à la Cathédrale, brillamment décorée par souscription des Dames Troyennes : Messe en Musique, sous la présidence de Monseigneur l’Évêque, par la Maîtrise et les Séminaires, avec le concours de plusieurs Sociétés de musique.
  • Panégyrique par M. l’abbé Bridou, l’éloquent archiprêtre de Provins.
  • À midi, à la Halle à la bonneterie : Banquet populaire d’union patriotique.
  • À 4 heures, salle Jeanne d’Arc, grande représentation par les meilleurs acteurs des diverses Œuvres de la Fédération de la J. C. T. : Jeanne d’Arc, drame historique en 5 actes, avec chœurs, de Jules Barbier, musique de Ch. Gounod, avec le concours d’un chœur de Dames, de la Chorale La Renaissance et de la Société Philharmonique.

Les cartes de participation et de souscription sont en vente. — Pour tous renseignements s’adresser 11, place de l’Hôtel de Ville, ou au bureau de La Croix, 85, rue Urbain IV, au premier étage.

[Édition du 29 mai :]

Fête de Jeanne d’Arc à Troyes. — La célébration de cette fête patriotique se présentant au lendemain de la grande bataille électorale qui apporta tant de tristesses aux bons français, pouvait se ressentir du découragement fatal qui s’empare trop souvent des esprits après les défaites. Ces craintes ne se sont pas réalisées, bien au contraire ; tout le monde, en effet, proclamait, au soir de cette belle journée, que jamais fête n’avait été mieux solennisée, du moins quant à l’union des cœurs, et au calme parfait qui n’a cessé de régner du matin au soir.

En somme, ce fut la répétition du programme ordinaire, qui est passé maintenant à l’état de tradition et qui ne varie que par les noms des personnages qui y remplissent les principaux rôles.

D’après ce programme, que nos lecteurs connaissent, la fête était donc partagée en trois phases distinctes : La messe, le banquet et la représentation patriotique.

Nous allons parler, aussi brièvement que possible, de chacune de ces trois parties.

À la Cathédrale. — La messe, qui est en réalité la partie la plus importante de la fête, a été aussi solennelle qu’édifiante. […]

Au banquet. — Le banquet, servi par la maison Vendange, à la Halle à la Bonneterie, fut présidé par M. Guyard, ancien député de Bar-sur-Seine. […]

Salle Jeanne d’Arc. — La journée, si bien commencée, devait avoir un magnifique couronnement. Ce fut la représentation du drame historique de Jules Barbier, Jeanne d’Arc, interprété dans la grande salle de l’Œuvre de la Jeunesse par les meilleurs acteurs des diverses œuvres de la Fédération de la Jeunesse catholique troyenne : l’Œuvre de la Jeunesse, le Cercle Catholique, l’Alliance Troyenne et le Foyer de Saint-Martin.

L’idée qui avait présidé à cette fusion si édifiante était en harmonie parfaite avec l’esprit de la fête qui est véritablement une fête d’union de tous les cœurs et de toutes les volontés.

Malgré sa grande fatigue, Monseigneur l’Évêque avait tenu à paraître à cette récréation afin de donner à ses diocésains et aux dévoués organisateurs de la journée un encouragement et une parole de réconfort. Aussi la foule avait envahi la salle bien avant l’heure fixée. Normalement on peut y tenir 700 personnes. Nous sommes sûr qu’hier elle en contenait plus d’un millier. On se tassait debout comme ou pouvait, sans se plaindre, malgré la chaleur, en pensant aux retardataires qui n’avaient pu entrer. La pièce comprenant 5 actes et 7 tableaux, forcément l’exécution en fut un peu longue ; personne cependant ne songeait à sortir avant la fin, tellement l’intérêt allait croissant.

À Dieu ne plaise que nous entreprenions de distribuer ici les éloges mérités par les acteurs. Comme ils étaient plus de 40, ce serait abuser de la place qui nous est accordée en parlant seulement de la moitié et ce serait en plus faire vingt mécontents, ce qui n’a rien d’attrayant. On nous permettra seulement d’adresser des compliments à tous les acteurs en général et en particulier à celui qui tenait le rôle principal, celui de Jeanne d’Arc. Les larmes que nous avons vu couler dans l’assistance étaient d’ailleurs une preuve plus que suffisante de la réussite de la pièce. Les chants, la musique et les décors étaient également merveilleux. Pendant les entractes la Philharmonique de Chaource et un artiste de renom ont obtenu un légitime succès.

Après le premier acte, M. Belin, l’un des organisateurs de la fête, adressa à Sa Grandeur un délicat compliment empreint d’un charme aussi pénétrant que poétique. […]

La prochaine représentation de Jeanne d’Arc aura lieu samedi prochain 2 juin à 8 h. du soir. — Nous en reparlerons.

[Édition du 31 mai (article signé Louis) :]

Jeanne d’Arc à l’Œuvre de la Jeunesse. — Pour clôturer dignement la fête de Jeanne d’Arc, les organisateurs avaient eu l’heureuse idée de faire jouer à l’Œuvre de la Jeunesse le beau drame en vers de Jules Barbier, qui porte le nom de la vénérable héroïne.

Cette pièce, en cinq actes et sept tableaux, est un fidèle résumé de l’épopée merveilleuse qui commence à la chaumière de Domrémy pour s’achever au bûcher de Rouen. Écrite dans un style plein de sensibilité et de précision, elle enchâsse dans des vers sonores et harmonieux tous les traits célèbres et les réparties fameuses de la bergère inspirée ; de sorte quelle elle met sous les veux du spectateur la physionomie vivante de la vierge guerrière et des personnages historiques qui furent mêlés à sa miraculeuse chevauchée. [S’en suit un résumé de la pièce.]

Tel est le pâle abrégé de ce magnifique drame. Le cadre où on nous a montré les différents tableaux rehaussait encore la richesse de leur coloris. Les habitués de l’Œuvre de la Jeunesse savent combien son théâtre est adroitement agencé et se prête à toutes les exigences de la mise en scène la plus compliquée. Les décors spéciaux brossés par M. Coulon sont d’une exactitude rigoureuse et d’une perspective rare : le palais de Chinon avec sa galerie ouverte, les remparts d’Orléans avec leurs fossés et le panorama de la ville, le parvis de la cathédrale de Reims avec son portail imposant, tous en un mot peuvent satisfaire le critique le plus minutieux. Et quand soudain les portes de la basilique de Reims s’ouvrent toutes grandes, on a la vision inoubliable de l’immense vaisseau illuminé, avec ses piliers, ses autels, ses tapisseries et ses lustres. C’est un éblouissement et une illusion qui persévère. De même pour l’apparition de saint Michel et des saintes au premier acte, c’est la reproduction du groupe monumental d’Allar qui orne l’église votive de Domrémy. Et quand Jeanne meurt sur le bûcher environnée de flammes, nous avons vu plus d’un spectateur trembler dans la crainte d’un accident, tant l’illusion était parfaite. Ce qui n’a pas empêché ce tableau d’être bissé deux ou trois fois. On avait peine à se séparer de l’héroïne qui avait conquis tous les cœurs comme elle le faisait de son vivant.

C’est qu’en effet les acteurs se sont élevés à la hauteur de la pièce et des décors. Le rôle de Jeanne d’Arc confié à un enfant de quatorze ans qu’on dirait né tout exprès pour incarner la virginale candeur et l’énergique fierté de la jeune guerrière, ce rôle écrasant pour des épaules plus robustes, a été soutenu jusqu’au bout sans une seule défaillance. L’acteur a été excellent toujours, il s’est surpassé au dernier acte, celui de la prison. Sa tirade prophétique sur l’avenir de la France a été hachée de bravos. Ce fut là le point culminant de l’enthousiasme, et si à différentes scènes bien des yeux se mouillèrent d’émotion, à ce moment pas un seul peut-être ne put rester sec, on a senti passer dans la salle le frisson du sublime.

Nous ne voudrions pas griser cet enfant d’éloges exagérés, néanmoins nous devons dire que Dieu lui a donné tout ce qu’il faut pour représenter Jeanne d’Arc : visage, voix, stature, douceur insinuant et force inlassable. À lui seul il aurait fait le succès de la soirée.

Mais tous les autres rôles étaient habilement remplis. Comment aurait-il pu en être autrement. puisqu’on avait réuni les meilleurs acteurs de chaque œuvre de jeunes gens : Œuvre de la Jeunesse, Cercle catholique, Alliance Troyenne et Foyer de Saint-Martin ?

Charles VII fut le roi lui-même, démoralisé à Chinon, indécis entre les objurgations du bouillant La Hire et les mauvais conseils de l’efféminé de Thouars ; puis à Reims noblement ambitieux, plein de fougue et d’espérance.

Les capitaines Dunois, Xaintrailles et Jean d’Aulon avaient malheureusement trop peu à dire pour mettre en relief leur valeur bien connue ; quant à La Hire, il fut tel que l’histoire nous le décrit : d’abord furieux contre ce messie en jupons qui vient faine la leçon aux barbes grises, puis peu à peu surpris par la science stratégique de la jeune fille, vaincu par son innocence, converti par ses douces réprimandes, devenu son défenseur, et lui, le fureur et le sceptique, se mettant à genoux pour prier en présence de l’armée entière. C’est là un caractère difficile à reproduire, il fut cependant parfaitement rendu.

Les parents de Jeanne d’Arc : le père, tendre et craintif qui aimerait mieux noyer sa fille que de la laisser se jeter dans la vie des camps, le grand-père confident discret des voix célestes, trouvèrent des accents d’une simplicité touchante à Domrémy, et d’un courage surhumain à Reims lorsqu’ils sacrifient leur enfant pour le salut de la France. Les rôles ingrats de Warwick et de Loiseleur étaient interprétés par des maîtres. La scène si dramatique où Loiseleur repentant implore le pardon de sa victime a été saisissante. D’ailleurs il faudrait citer tous les personnages, car tous méritent des compliments, même ce petit canonnier, maître Jean, qui a fait de son bout de rôle une merveille de naturel. Il a un culte pour Jeanne et par sa bonne humeur débrouillarde et faubourienne, il entraîneuses camarades à soutenir contre leurs chefs l’envoyée du ciel.

Pour parvenir a un tel succès, il a fallu sans doute que tout le monde : acteurs, décorateurs et machinistes, paie de sa personne et rivalise de zèle et d’entrain, mais qu’il a fallu aussi de patience, de démarches, de soucis et de peines au principal organisateur de la séance, à celui qui assume l’effroyable tâche de pourvoir à tout. La journée de dimanche aurait épuisé les forces et le dévouement d’un autre que M. l’abbé Alary, lui ne se fatigue jamais. Tant de personnes n’ont pu pénétrer dans la salle archicomble, tant d’autres ont été mal placées par suite de la presse extraordinaire, qu’à la demande générale, pour satisfaire et ceux qui n’ont pu entrer, et ceux qui ont mal vu, le superbe drame sera joué de nouveau samedi prochain [2 juin] à huit heures du soir. Il sera impossible de le donner plusieurs fois à cause des chaleurs de l’été, de la coïncidence des fêtes religieuses et de la difficulté de rassembler avec leurs riches costumes quarante acteurs appartenant à des œuvres diverses. Qu’on se hâte donc de retenir ses places. Les cartes sont en vente dès aujourd’hui chez M. Sorlot, libraire, rue Notre-Dame.

L’occasion d’assister à un spectacle aussi réconfortant est trop précieuse pour que tous ceux qui aiment la France et Jeanne d’Arc la laissent échapper.

Dans cette pièce ils trouveront les saines émotions d’une épopée pleine d’imprévu puisqu’elle est tout au long miraculeuse. À ces jouissances artistiques se marient les sentiments d’admiration pour l’héroïne champenoise, et de reconnaissance envers Dieu qui l’a suscitée et et conduite par la main. Enfin les élans du patriotisme le plus ardent élèvent l’âme et lui rendent le courage et l’espoir. Le noble pays de France, sauvé par Jeanne d’Arc, ne saurait périr :

C’est quand il est perdu qu’il relève le front.

On pourra, de ce peuple élargissant la plaie,

Cadavre encore vivant, le traîner sur la claie ;

Mais qu’on le sache bien, ainsi que le dit la vénérable libératrice,

Le tourment dure peu, La France revivra, c’est le plaisir de Dieu.

Le Temps
13 février 1909

Incident lors de la représentation de Jeanne d’Arc à Brest.

Lien : Retronews

— On nous télégraphie de Brest : La représentation de Jeanne d’Arc, de Jules Barbier et Charles Gounod a été troublée hier soir [jeudi 11 février] par des incidents tumultueux provoqués par M. Bréant, juge suppléant au tribunal civil de Brest, et M. Eugène Moysan, demeurant rue Monge, 2. Ces messieurs ayant sifflé à plusieurs reprises, les spectateurs protestèrent vivement contre cette attitude inconcevable, étant surtout donnée la qualité de ceux qui sifflaient. Des cris nombreux : À la porte ! enlevez-les ! retentirent de toutes parts. La police dut intervenir. M. Duprat, commissaire de police de service, expulsa les perturbateurs.

[Dans l’Ouest-Éclair du 4 mars 1909 :]

L’épilogue d’un incident. — On se rappelle l’incident qui était survenu au théâtre de Brest, pendant une représentation du drame lyrique Jeanne d’Arc. Un juge du tribunal civil et un employé de commerce avaient été accusés d’avoir troublé la pièce, en sifflant une des actrices. À la suite d’une enquête du commissaire central, le juge a été mis hors de cause et il a été reconnu que l’employé de commerce seul se trouvait en contravention à la police du théâtre. Il comparaissait hier devant le tribunal de simple police qui l’a condamné à un franc d’amende.

L’Éclair
5 mars 1909

Jeanne d’Arc à Compiègne par la troupe de l’Odéon, le 23 mai.

Lien : Retronews

Les fêtes de Jeanne d’Arc. Compiègne, 4 mars (de notre correspondant particulier). — De grandes fêtes en l’honneur de Jeanne d’Arc viennent d’être décidées par le Conseil municipal de Compiègne.

Elles auront lieu le dimanche 23 mai, anniversaire du jour où, en 1430, la bonne Lorraine entra dans notre ville, qu’elle ne devait quitter que prisonnière.

Le programme comprendra un cortège historique et une représentation théâtrale.

Le cortège rappellera l’arrivée de Jeanne ; il pourra être suivi d’une cavalcade avec groupes et chars, présentant un intérêt local, rappelant des souvenirs locaux et organisée par l’initiative privée.

La représentation aura lieu en plein air, au Rond-Royal, à l’entrée de la forêt. Des artistes parisiens — ceux de l’Odéon, sans doute — interpréteront la Jeanne d’Arc, de Jules Barbier.

Le produit des quêtes faites sur le parcours du cortège et celui des entrées payantes dans l’enceinte réservée du théâtre en plein air, seront également répartis entre le Bureau de Bienfaisance et le Dispensaire de la Société de Secours aux blessés militaires de Compiègne.

La Croix
23 mars 1909

Jeanne d’Arc à Paris.

Lien : Retronews

Représentations de Jeanne d’Arc. — Pour l’inauguration de sa nouvelle salle des fêtes, l’œuvre de Sainte-Philomène, 3, rue Dantzig [Paris 15], a donné, avec le concours des membres du patronage et de l’orchestre des œuvres sociales du Nouveau Clichy, deux grandes représentations de la Jeanne d’Arc de Barbier, avec musique et chœur de Charles Gounod.

Ces représentations ont obtenu un vif succès et ont contribué à faire aimer Jeanne d’Arc par la population de Vaugirard.

L’Indépendant du Cher
2 mai 1909

Jeanne d’Arc à Bourges, les 2 et 9 mai.

Lien : Retronews

Patronage Saint-François (Bourges). — Aujourd’hui dimanche [2 mai], à 8 heures et demie du soir, sera donnée au Patronage Saint-François, 38. rue de Beaumont, la représentation de Jeanne d’Arc, de Barbier, avec chœurs de Gounod.

Premières, 2 francs ; secondes, 1 franc ; troisièmes, 0 fr. 50.

[Édition du 4 mai :]

Soirée récréative. — Dès huit heures, hier soir, les places qui avaient été toutes retenues d’avance, étaient occupées dans la salle du théâtre du patronage, rue de Beaumont : on y jouait Jeanne d’Arc, la belle pièce dramatique, en vers, de Jules Barbier et Henri Darbélit, musique de Gounod.

Et d’abord, toutes nos félicitations pour les décors parfaitement réussis : celui de la scène du couronnement a été tout particulièrement admiré.

Il serait trop long d’énumérer ici tous les artistes qui ont si bien tenu leur rôle, mais nous ne pouvons faire autrement que de citer le jeune M. D. qui incarnait notre héroïne et qui sut se tirer à merveille de sa partie délicate.

Tous nos compliments aussi pour les chœurs d’un ensemble parfait, malgré le grand nombre de chanteurs dont la plus grande partie se composait de jeunes enfants, lesquels, en costume de l’époque, représentaient le peuple de France.

Enfin, belle et bonne soirée qui, en faisant revivre l’épopée merveilleuse, a laissé à tous ceux qui ont eu le plaisir d’assister à cette séance, une impression de fierté nationale, de confiance dans l’avenir du doux pays de France qui seul peut revendiquer cette gloire et cet honneur d’avoir eu une Jeanne d’Arc.

Cette petite fête aurait été complète avec un vestiaire pour chapeaux de dames, s’ils sont très pratiques contre les rayons du soleil, ils sont aussi bien gênants dans une salle de théâtre.

Une deuxième représentation sera donnée, dimanche prochain 9 mai, à 4 h. 1/2.

[Édition du 9 mai :]

Patronage Saint-François (Bourges). — Rappelons qu’une seconde représentation de la pièce de Jeanne d’Arc, en vers, de Jules Barbier et H. Darbélit, musique de Gounod, aura lieu en la salle du théâtre du patronage, 38, rue de Beaumont, aujourd’hui dimanche 9 mai, à 4 h. 1/2.

Premières, 2 fr. ; secondes, 1 fr. ; troisièmes, 0 fr. 50.

L’Angelus
mai 1909

Compte-rendu du précédent.

(Lien : Gallica.)

Bourges. Patronage Saint-François. — Les membres de l’Œuvre ont représenté, les 2, 9 et 13 mai, le beau drame de Jeanne d’Arc, de Jules Barbier et Henri Darbélit, avec les chœurs de Gounod. Le public a fait un accueil enthousiaste à ces belles représentations, et c’était justice. Les principaux rôles, ceux notamment de Jeanne d’Arc et de Lahire étaient supérieurement tenus. Plus de 80 acteurs et figurants, en costumes de l’époque, évoluaient sur la grande scène du Patronage. Les décors dus à l’habile pinceau d’un prêtre ami de l’Œuvre, et spécialement celui de la Cathédrale pour la scène du sacre, étaient magnifiques ; les chœurs furent emportés d’ensemble et d’entrain. Ce furent vraiment trois belles soirées qui ont révélé le Patronage à plusieurs et ont fait du bien à tous. Notre Œuvre, fondée il y a vingt-cinq ans par Mgr Lorain, membre fidèle de l’Union, célèbre cette année ses noces d’argent. À cette occasion, il y aura pour le Berry une journée d’œuvres, le dimanche 11 juillet. Nos camarades Unionistes qui se trouveraient dans la région nous feront plaisir de se joindre à nous.

Le Peuple français
21 mai 1909

Jeanne d’Arc au théâtre municipal d’Autun, le 14, 15, 16 mai.

Lien : Retronews

En l’honneur de Jeanne d’Arc, les fêtes d’Autun
(de notre correspondant particulier)

Autun, 19 mai. — A l’appel de son évêque, Mgr Villard, Autun vient de fêter splendidement Jeanne d’Arc.

Dès la veille du Triduum religieux des 14, 15 et 16 mai, sur l’initiative de M. le chanoine Mury, les jeunes gens du Patronage Jeanne d’Arc, aidés de plusieurs autres concours très appréciés, représentèrent en plein théâtre municipal, Jeanne d’Arc, de Barbier. Les chœurs de Gounod furent remarquablement exécutés par un orchestre d’amateurs et deux-cents chanteurs, sous l’excellente direction de M. l’abbé Siblet, maître de chapelle de la cathédrale. Jamais le théâtre d’Autun n’avait vu réunion plus nombreuse.

Successivement, dans chaque paroisse, le soir de ces trois jours, une foule enthousiaste se pressa autour de la chaire de M. l’abbé Gayraud, député du Finistère, qui s’attacha à montrer comment le culte de Jeanne d’Arc, bien compris, doit apporter un remède efficace aux très grands périls qui menacent aujourd’hui notre pays : la déchristianisation, la dénationalisation et la désorganisation sociale.

La journée de dimanche fut particulièrement brillante. La cérémonie la plus populaire fut le transfert du fac-simile de l’Étendard de Jeanne d’Arc de l’église Saint-Jean à la Cathédrale. Le cortège, uniquement composé d’hommes et de jeunes gens, présidé par l’évêque et suivi par une foule immense, traversa toute la ville pavoisée au son des fanfares, clairons, trompettes et trompes de chasse au milieu de l’allégresse universelle. Le soir, un concert public, offert aux habitants par le comité d’organisation, réunissait plus de cinq mille auditeurs et se terminait par la Cantate orléanaise à Jeanne d’Arc, exécutée par 200 chanteurs accompagnés par les fanfares.

Toute la ville était illuminée, à l’exception des édifices publics.

À Autun, comme partout, éclate le caractère populaire du culte de Jeanne : il n’est pas officiel, il est mieux que cela, il est national. La Libre-Pensée a fait apposer sur nos murs une mesquine et injurieuse affiche. Malgré cela, elle n’a pas réussi à susciter un seul acte déplacé pendant ces quatre jours d’une fête d’union et de concorde, d’une fête religieuse et civique dont Autun ne pendra pas de sitôt le souvenir.

[Dans l’édition du 23 mai :]

Le drame de Barbier sera également représenté à Ivry-sur-Seine, 207 rue de Paris, par les jeunes gens de toutes les Œuvres paroissiales.

M. Bourgeois, avocat à la Cour d’appel, présidera la séance.

L’Univers
23 mai 1909

Extrait de la rubrique Théâtres et concerts.

Lien : Jeanne d’Arc au Théâtre des Arts avec Jeannine Zorelli, le 23 mai) Retronews

La Ligue patriotique des Françaises fera donner demain dimanche 23 mai, à 3 heures, au théâtre des Arts, 78, boulevard des Batignolles : Jeanne d’Arc, la belle pièce de M. Jules Barbier.

Cette pièce sera jouée par la troupe du Théâtre sacré avec M. Henry Perrin et Mlle Jeannine Zorelli en tête de l’interprétation.

Prix des places : 5 fr., 3 fr., 1 fr.

L’Écho de Paris
2 juin 1909

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Au Théâtre-des-Arts : Le succès de Jeanne d’Arc, le drame de J. Barbier, a été très grand hier encore. L’interprétation de Mlle Jeannine Zorelli fut très goûtée, et des rappels nombreux accueillirent la jeune artiste. À citer aussi Mmes Dalbieu et Pavy, charmantes, MM. Jean Ayme, remarquable Charles VII, Marboy, et M. H. Perrin, qui a silhouetté un La Hire plein de bonhomie et de grandeur.

La Croix
6 juin 1909

Week-end à Domrémy, représentation à Nancy, juillet.

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La très intéressante et instructive visite de Domrémy-Vaucouleurs, avec assistance au drame de Jeanne d’Arc au célèbre Théâtre de la Passion à Nancy, a lieu du vendredi soir 2 juillet au bondi matin 5 juillet.

Frais tout compris : chemin de fer, voitures, repas, hôtels, place au théâtre de Nancy : 3e cl., 50 francs ; 2e cl., 65 francs ; 1ère cl., 80 francs. (S’adresser au secrétariat des pèlerinages, 4, avenue de Breteuil).

C’est là une belle manifestation en l’honneur de Jeanne d’Arc.

[Note : Le théâtre de la Passion a représenté Jeanne d’Arc tous les dimanches, du 4 juillet au 24 octobre 1909.]

[Édition du 6 juillet :]

Théâtre chrétien : Jeanne d’Arc à Nancy.

Plusieurs milliers de Parisiens ont passé leur dimanche d’hier à Nancy. Un double spectacle les y attirait : l’exposition et Jeanne d’Arc, deux merveilles, deux succès. Tout catholique français se doit, s’il le peut, en cette année de la béatification de la Pucelle, un pèlerinage à Nancy. Je veux dire rapidement pourquoi.

Le Théâtre de la Passion n’est plus à louer. Il compte quatre années de gloire. Jeanne d’Arc continue magnifiquement la Passion, Notre-Dame-Guesclin, Lourdes. C’est au livret de Barbier, à la musique de Gounod, que M. le chanoine Petit a fini par s’arrêter. Texte, musique et scènes ne pouvaient trouver interprète plus entendu.

Cinq heures — oui, cinq heures seulement, c’est un mérite — cinq heures de charme, d’émotion, d’enthousiasme, telle est cette séance. Parisiens qui souriez de mon charlatanisme, allez à Nancy et vous pleurerez.

À Barbier et Gounod, il faut ajouter un troisième auteur, M. le chanoine Petit lui-même, et son addition est un trésor. Chaque acte est précédé d’un tableau vivant destiné à illustrer la mission des femmes françaises pour le salut et la prospérité de la France. Jeanne d’Arc à Domrémy est annoncée par Geneviève à Nanterre, priant Dieu de délivrer Paris. L’entrevue de la Pucelle et de Charles VII à Chinon est préparée par la conversion de Clovis, due aux prières de Clotilde. La délivrance de Beauvais par Jeanne Hachette évoque celle d’Orléans par Jeanne d’Arc, Charles VII à Reims est invité à se souvenir de saint Louis, instruit par Blanche de Castille. Vrai, ces parallèles historiques sont plus qu’une idée délicieuse, c’est toute l’histoire de, France, ou, si l’on préfère, l’histoire du Christ ami des Francs.

Et ces tableaux qui ont fait si grand effet, étaient quasiment improvisés. Je sais plusieurs maîtres en organisation scénique — et de Paris, s’il vous plaît — qui ont reconnu dans le modeste curé nancéien un de leurs pairs, et ont admiré, tout comme les profanes que nous sommes, les décors tantôt pittoresques, tantôt somptueux et grandioses de Domrémy, de la terrasse de Chinon, des tourelles d’Orléans, de la cathédrale de Reims, etc., les féeries de la cour de Chinon, de l’entrée de Jeanne à Orléans, des apparitions, de l’apothéose finale. Le théâtre chrétien serait-il une vocation ? Et pourquoi pas ? Quelle prédication que cette Jeanne d’Arc !

L’architecte de ce monument est très heureusement servi par ses ouvriers, ses 400 acteurs. Tous ces artistes amateurs évoluent avec une parfaite aisance. Pour, l’heure, ils se croient du métier, et la confiance les transfigure, les inspire. La Bernadette de l’an dernier, devenue Jeanne d’Arc, a déployé un talent admirablement souple et riche. Tout l’auditoire avait pour elle le cœur de La Hire. Ce rude et bon La Hire, lui aussi, a tenu excellemment son rôle. Nos compliments particuliers sont encore dus au brave Dunois, au pauvre, roi, au misérable Thouars, à l’odieux comte et à la loyale comtesse de Warwick, etc., etc.

Les 2.000 spectateurs qui ont revécu cette épopée surnaturelle se sont promis sinon d’y revenir, du moins d’y envoyer chacun plusieurs amis. Pour nous, Parisiens, nous disons : La saison est finie à Paris, la saison de Nancy commence, saison de foi, de patriotisme et d’art. Vos billets !

Nos lecteurs aimeront apprendre que cette première de Jeanne d’Arc fut présidée par M. Beauchet, maire de Nancy, entouré de plusieurs membres de son Conseil municipal.

L’exposition honore beaucoup la municipalité libérale de Nancy. Nous avons félicité chaudement de ce succès M. Beauchet. Celui-ci a tenu, hier, à associer à ce succès l’organisateur de Jeanne d’Arc. M. Beauchet comprend mieux que M. Clemenceau les intérêts de Nancy et de la France ! (M. C.)

[Édition du 21 juillet :]

Le succès de le splendide représentation de Jeanne d’Arc, sur le théâtre de la Passion, s’affirme tous les dimanches davantage, avec les heureuses additions dont l’esprit toujours attentif de M. le chanoine Petit sans cesse l’enrichit.

Une scène émouvante a été inaugurée dimanche : là communion de Jeanne d’Arc, dans sa prison… quelques instants avant son supplice : c’est d’un pathétique à tirer des larmes.

À cette séance, assistait Mgr James-Hubert Blenk, archevêque de la Nouvelle-Orléans, aux États-Unis, qui, en revenant de Rome, avait fait tout exprès un coude vers Nancy, pour assister au mystère de Jeanne d’Arc, et qui, à plusieurs reprises, à témoigné de sa haute satisfaction.

Dimanche prochain la séance sera le soir à 7 h. 1/2 afin que les spectateurs aient toute facilité pour visiter l’exposition et pour voir le cortège historique des gloires et des souvenirs lorrains, qui fera, ce jour-là, dans l’après-midi, sa deuxième sortie triomphale.

[Édition du 29 octobre :]

Les dernières représentations de Jeanne d’Arc à Nancy.

Nous sommes heureux de reproduire cette note de la Semaine religieuse de Nancy. Elle exprime fort bien notre propre sentiment :

Elle va donc prendre fin, cette brillante série des représentations de Jeanne d’Arc, et, dimanche soir, le Théâtre de la Passion va rentrer dans te silence.

Merci à M. le curé de Saint-Joseph ; merci à ses artistes du bien qu’ils ont fait aux milliers de spectateurs venus de France et de l’étranger ! Merci du bon renom qu’ils ont puissamment contribué à valoir à Nancy ! Merci, surtout, de nous avoir fait mieux comprendre encore et mieux aimer Jeanne la bonne Lorraine ! Merci de nous avoir montré de quelle vigilante sollicitude le Seigneur Dieu des armées entoura notre France !

Ces représentations de Jeanne d’Arc, comme celles de Lourdes l’an dernier, furent pour tous un réconfort dans les tristesses au présent et un motif d’espérance en l’avenir.

Merci donc !… et à l’an prochain… quelle pièce ? Pourquoi ne pas reprendre Jeanne d’Arc ?… D’entendre glorifier la Pucelle et exalter la France, on ne saurait se lasser !… Mais, M. le chanoine Petit a déjà peut-être un autre sujet en vue ?… Nous avons confiance en son esprit d’initiative et en lui offrant à lui et à ses collaborateurs nos chaleureuses félicitations, nous disons à ses artistes un bien cordial au revoir !

Le Mistral
30 juin 1909

Hebdomadaire mondain, artistique et littéraire d’Avignon. Jeanne d’Arc à Avignon, 10 juillet.

Lien : Retronews

Un groupe de jeunes gens et de jeunes filles d’Avignon a eu l’heureuse idée de célébrer la béatification de Jeanne d’Arc, eu montant, à l’impasse Oratoire, le célèbre drame Jeanne d’Arc, de Jules Barbier.

Le public avignonnais sera heureux de retrouver à cette occasion les amateurs qui se sont le plus distingués dans ce genre de représentation, ainsi que de toutes charmantes Avignonaises.

[Édition du 7 juillet :]

Samedi prochain 10 juillet, aura lieu dans la salle de la Bourse, une représentation de Jeanne d’Arc, le drame populaire de J. Barbier, organisée par un groupe d’Avignonnais. Une brillante mise en scène et une interprétation de premier choix, assureront à cette soirée le succès le plus complet.

Des cartes aux prix de 2 fr., 1 fr. et 0,50, ainsi que des cartes de famille de 5 francs donnant droit à trois places à 2 fr., sont en vente chez les marchands de musique, MM. Gebelin, place Carnot, Massip, place du Change, et Autiero, rue de la République.

[Édition du 14 juillet :]

Samedi, salle de la Bourse, a eu lieu une soirée de famille organisée par quelques jeunes artistes amateurs et un de nos compatriotes, Louis Fortunet.

Jeanne d’Arc, le drame en cinq actes et en vers de Jules Barbier, fut joué par Mlle Juliette Bernard, Marie-Thérèse Pommier, Louise Gruffat et Mlle X… qui, fort gracieusement, représentait la Reine.

Mlle Bernard fut parfaite en son rôle de Jeanne d’Arc. La diction est excellente, les gestes exacts. Cette jeune fille fait preuve de très réelles qualités ; on dirait que d’elle-même, par esprit d’imitation, elle s’inspira de Raymond Lyon, car elle fut ouvrière à la maison Paul Lyon. Bien dirigée elle pourrait faire son chemin dans la carrière artistique.

M. L. Fortunet remplissait en artiste qu’il est maintenant les rôles de Dunois de Jacques d’Arc et de Warwick. Dans ces divers personnages au caractère si différent il donna la preuve de son tempérament vigoureux, sachant s’assimiler à la perfection.

MM. Loursac représentait Charles VII, Peyron de Lajard La Hire, MM. Montanaro, Grand, Crand, Chanoux, Bon, Devoulx, etc., obtinrent grand succès.

Simeau, Jalard, Raymond, Hella (le manchon Hella), le Frère Martin… Gall et Gordon Benett étaient chargés de présenter, d’après le programme, peuple, moines, seigneurs et soldats.

Charmante fut Mlle Pommier dans Agnès Sorel, qu’elle sut rendre tendre et énergique à la fois. Louise Gruffat nous montra une Isabelle Romée, qui aurait vu le jour au beau pays de Provence.

Domrémy, Chinon, Orléans, Reims et Rouen, telles furent les étapes, avec, à la fin, la prison et le bûcher.

Les costumes et armures sortaient de la maison Bertrand, les perruques de la maison Roche.

Il est regrettable qu’une assistance relativement peu nombreuse ait été présente à cette très intéressante soirée, qui aurait eu foule certainement, si elle avait pu être donnée à l’impasse Oratoire.

Le Petit Courrier
3 juillet 1909

Jeanne d’Arc au patronage Saint-Vincent de Paul d’Angers, 4 et 11 juillet.

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Jeanne d’Arc au Patronage Saint-Vincent-de-Paul.

Dimanche dernier, les Angevins assistaient en foule, à l’inauguration de la statue de Jeanne d’Arc. Pour ceux qui voudraient compléter cette fête et apprendre à mieux connaître et à aimer davantage Jeanne d’Arc, cette bonne française, je ne connais pas de meilleur régal que la grande représentation artistique qui se prépare au patronage Saint-Vincent-de-Paul.

Là, les dimanches 4 et 11 juillet, un orchestre choisi, des acteurs nombreux et exercés, interpréteront la Jeanne d’Arc de Gounod, drame en cinq actes et douze tableaux. La musique, qui est excellente, les costumes tous frais et de l’époque, les décors neufs et n’ayant pas encore paru, amèneront certainement une assistance considérable dans la grande salle du patronage.

Dimanche prochain, 4 juillet, les portes s’ouvriront à 2 heures et la représentation commencera à 3 heures très précises.

[Édition du 4 juillet :]

Fêtes et Réunions du Dimanche. […] 2 h. 1/2. — Patronage Saint-Vincent-de-Paul : Matinée théâtrale.

[Édition du 11 juillet :]

Fêtes et Réunions du Dimanche. […] 3 h. 1/2. — Patronage Saint-Vincent-de-Paul : Matinée théâtrale.

L’Éclair
5 juillet 1909

Jeanne d’Arc au théâtre de la Passion de Nancy, tous les dimanche de juillet à fin octobre.

Lien : Retronews

Jeanne d’Arc, grande pièce représentée à Nancy.

Au théâtre de La Passion, 146, rue Jeanne d’Arc, à Nancy, tous les dimanches, du mois de juillet à la fin d’octobre, sauf le dimanche du 15 août, remplacé par le jeudi 12 août, sera représentée Jeanne d’Arc, grande pièce en cinq actes et dix tableaux.

Sous les yeux des spectateurs se déroulent des scènes incomparables et complètement nouvelles, par exemple : la salle du Trône, à Chinon, la prise des Tourelles, etc. Plusieurs de ces scènes groupent quatre cents acteurs. C’est une figuration que peu de théâtres peuvent s’offrir, et les rôles sont tenus avec une conviction, un entrain, un dévouement rares et particulièrement appréciables quand il s’agit de notre épopée nationale. Très beaux décors exécutés par les meilleurs artistes de Nancy.

Le premier tableau rappelle la mission confiée aux femmes françaises pour le salut de la France, sainte Geneviève, sainte Clotilde, Jeanne Hachette.

Au premier acte, lu détresse des paysans, la chaumière de Jeanne d’Arc : elle se décide à partir.

Au deuxième acte, La Hire, dans sa franchise de vieux capitaine, vient protester contre les lenteurs du Roi qui hésite à l’envoyer à Orléans.

Jeanne arrive et, en quelques mots, étonne, ravit et convertit entièrement La Hire à la divinité de sa mission. Malgré Thouars, le mauvais génie de la Cour, le Roi se dispose à recevoir la Pucelle et, c’est dans un décor de féerie, en face de tous les seigneurs richement costumés, que le Roi reçoit Jeanne et entend avec stupeur la révélation d’un secret connu de lui seul.

Troisième acte. — Orléans. Différents incidents du siège ; Jeanne invoque le Dieu de miséricorde et entraîne ses hommes à l’assaut.

Entrée de Jeanne d’Arc à Orléans au milieu des acclamations de tout le peuple. Cette scène grandiose termine la première partie.

Quatrième acte. — À Reims. Sur une terrasse dominant la ville et la cathédrale de Reims, des chefs d’armée se préparent à la cérémonie du sacre. Hélas ! la victoire n’a pas éteint leurs jalousies. On pressent de nouvelles difficultés pour Jeanne qui reste cependant soumise à la volonté de Dieu avec de tristes appréhensions. La cérémonie approche : Jeanne va être à l’honneur. À ce moment on l’avertit que sa famille l’attend sur le parvis de la cathédrale. Elle s’y rend avec une joie d’enfant et embrasse avec tendresse ses chers parents. Le Roi l’anoblit, donne de gracieux privilèges à son pays natal et l’emmène à la cérémonie du sacre. Immense cortège, marche royale, cérémonie célébrée suivant les rites authentiques avec un immense apparat. Te Deum ; le plus beau chœur de Gounod : Noël, Noël.

Cinquième acte. — La prison puis le martyre.

La Presse
24 novembre 1909

Jeanne d’Arc au Séminaire de Sainte-Thérèse.

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Mgr l’archevêque part cet après-midi pour Sainte-Thérèse où il doit faire visite aux élèves et aux professeurs du petit séminaire.

À cette occasion on donnera dans cet établissement une grande séance dramatique et musicale dans laquelle les élèves interpréteront Jeanne d’Arc, drame en cinq actes en vers, avec chœurs, de Jules Barbier, musique de Gounod.

Le Courrier de Saône-et-Loire
30 janvier 1910

Représentations de Jeanne d’Arc à Sennecey-le-Grand, juillet et septembre 1909.

Lien : Retronews

Sennecey-le-Grand. Soirée dramatique. — Les jeunes filles de l’Association Jeanne d’Arc de la paroisse se préparent à donner une grande séance dramatique. Le succès incontestable qu’elles ont remporté en juillet et septembre derniers dans la représentation de Jeanne d’Arc, de Jules Barbier, avec les chœurs de l’Opéra de Gounod, sera égalé sinon dépassé.

Le programme comporte une comédie très amusante : Mme Beaucordon a rêvé chats, et le beau drainé intitulé Fabiola, tiré du livre célèbre du cardinal Wiseman. Ajoutons que les entractes seront remplis par de brillants intermèdes de chant et de poésie.

La première séance aura lieu le dimanche 30 janvier, à 8 heures du soir ; la 2e, en matinée, le jeudi 3 février, à 2 heures de l’après-midi, et la 3e, le dimanche 6 février, à 8 heures du soir.

L’Indépendant rémois
20 février 1910

Jeanne d’Arc au Grand-Théâtre de Reims, 13, 15, 16 mars.

Lien : Retronews

Grand Théâtre de Reims. (Semaine de clôture.)

Pour la clôture de la saison, une reprise importante : Jeanne d’Arc, la belle tragédie de M. Jules Barbier, avec les chœurs et la musique de scène du maître Gounod. Ce sera terminer sur une note artistique la belle saison d’hiver que nous avons eue jusqu’à ce jour.

[Édition du 15 mars :]

Ce fut dimanche soir [13 mars], un véritable succès que remporta la belle pièce de M. Jules Barbier : Jeanne d’Arc.

Aussi, la Direction — en présence de ce succès — a décidé de donner cette pièce aujourd’hui mardi [15 mars] et exceptionnellement demain mercredi [16 mars], afin de permettre à tous les amateurs de belles pièces, de nobles sentiments exprimés en langage bon et clair, de venir applaudir les interprètes de cette tragédie.

Nous croyons devoir prévenir le public que ces deux représentations seront les dernières données cette saison de Jeanne d’Arc.

Aussi la foule va-t-elle assiéger le bureau de location.

[Édition du 16 mars :]

Ce soir mercredi, exceptionnellement, troisième et dernière représentation de l’immense succès Jeanne d’Arc, pièce de M. Jules Barbier, musique de Gounod. On commencera à huit heures et demie précises.

Le Bien public
8 avril 1910

Extrait du Courrier de la Cité. Jeanne d’Arc, de Darbélit, au Séminaire Saint-Joseph, de Trois-Rivières.

Lien : BAnQ

On est à préparer pour le 27 avril courant, une séance solennelle. Le drame qui sera joué est Jeanne d’Arc, une des meilleures œuvres de Paul Jules Barbier. Le nom de ce drame peut à lui seul laisser espérer beaucoup. Il y aura en outre, à cette séance, un corps de musique formé des musiciens du Séminaire et d’un grand nombre de ceux de la ville qui sont amis de la maison, et qui veulent de grand cœur y aller de leur concours.

La musique dont est parsemée la pièce Jeanne d’Arc elle-même, est de Gounod, dont le nom surpasse tout éloge.

Le 27 avril prochain, Jeanne d’Arc sera jouée pour les prêtres et les anciens élèves et plus tard, cette grande séance sera répétée.

[Annonce de la séance publique dans l’édition du 22 avril.]

Séminaire Saint-Joseph des Trois-Rivières. — Lundi, le 2 mai 1910. Hommage à la Bienheureuse Jeanne d’Arc. — Séance dramatique et musicale donnée par les élèves du séminaire avec le bienveillant concours de musiciens de la ville qui formeront un orchestre de circonstance. — Programme :

  • 1ère partie : 1° Entrée (l’orchestre), 2° Ouverture (l’orchestre) ;
  • 2e partie : Jeanne d’Arc, drame en 5 actes et en vers, par Jules Barbier (Darbélit), avec musique et chœurs de Gounod, acc. d’orchestre.

Le Bien public
29 avril 1910

Lien : BAnQ

Le Séminaire en Liesse

Nous assistions mercredi soir à la séance donnée en l’honneur du Supérieur de l’institution, et nous nous faisons un plaisir d’affirmer que la fête à été superbe, à tous les points de vue.

Tous les anciens élèves, les amis de la communauté, les supérieurs de nos congrégations religieuses, une foule de prêtres des diocèse voisins, les MM. de l’évêché et du Séminaire, se pressaient dans la vaste salle, Sa Grandeur Mgr Langevin, Archevêque de Saint-Boniface, occupait un fauteuil d’honneur, et c’est devant une salle absolument comble que le distingué Supérieur répondit en termes trés heureux à l’adresse qu’un élève finissant lui présenta.

M. le chanoine Arcaud remercie ses élèves de l’attachement qu’ils lui témoignent et reporte les éloges qu’on lui décerne sur le personnel du Séminaire, car dit-il, c’est véritablement ici une fête de famille, et la fête du Supérieur, c’est la fête de la maison-même. Il rappelle la mémoire des fondateurs et de son vénéré prédécesseur Mgr Richard. Remerciant Mgr Langevin d’avoir bien voulu rehausser cette fête de sa présence, M. le Supérieur dit que de même que nous pouvions dire que Mgr Laflèche et Mgr Taché étaient comme les deux doigts de la main, de même l’on peut dire encore aujourd’hui que Mgr de Saint-Boniface, et Mgr des Trois-Rivières sont les deux doigts de la main. Il regrette que la maladie empêche Mgr Cloutier de venir lui-même bénir la communauté, et il prie l’archevêque de Saint-Boniface de bien vouloir donner sa bénédiction.

Après une brève réponse de Sa Grandeur Mgr Langevin, l’orchestre attaque l’ouverture du grand drame musical : Jeanne d’ Arc.

Cette apothéose à la vierge guerrière, à la grande sainte française, à été admirablement rendue. Le drame lui-même, en cinq actes et en vers, par Jules Barbier, est d’une très forte facture et scrupuleusement historique. Les jeunes acteurs se sont très bien acquittés de leurs rôles, et ont joué avec un ensemble remarquable.

Les chœurs, forts de quatre-vingts Voix, soutenus par un orchestre puissant, sont de toute beauté. Nous fuyons la Patrie, Dieu le veut. L’Apothéose et l’ode ont littéralement enlevé la salle. La netteté dans l’attaque, la précision, la diction des choristes, tout est absolument irréprochable, et nous ne croyons vraiment pas qu’un pareil festival musical nous ait été donné ici jusqu’à présent.

M. le chanoine Arcand mérite de très sincères félicitations pour avoir pu atteindre un pareil succès. Car c’est lui-même qui dirigeait et l’orchestre et les chœurs, et il a pu le faire avec une maîtrise incontestable.

Les costumes nombreux et variés sont de toute beauté, et les valeureux capitaines de France avaient réellement grande allure sous la cotte de mailles d’acier. Et nous ne croyons pas être trop indiscret de supposer que le travail patient et méticuleux de M. le chanoine Moreau a été pour beaucoup dans toute cette armurerie. Les décors, dus au pinceau de M. Monty, sont aussi très bien.

Bref, et pour toute cette mémorable soirée nous n’avons que des éloges à faire à tous, car tous en méritent, et largement.

On nous affirme que pour la séance qui sera offerte au public lundi soir prochain [2 mai], tous les sièges sont retenus. Nous regrettons vraiment qu’il ne soit pas possible de donner au public non pas seulement une, mais deux séances.

Il serait de la sorte possible à un plus grand nombre de bénéficier de l’audition d’un drame d’une beauté incontestable, et magnifiquement donné.

[Dans l’édition du 10 mai.]

Au Séminaire, Jeanne d’Arc, dont nous faisions l’autre jour l’éloge très mérité, a été donnée au public dans deux séances qui ont fait littéralement salle comble.

La musique, les chœurs et la pièce elle-même ont été rendus avec un succès qui ne s’est pas démenti, et nous réitérons à chacun des exécutants nos sincères félicitations.

Il nous reste à ajouter que le personnel du Séminaire a reçu de nos musiciens amateurs de la ville un concours précieux qui a été absolument goûté. La Symphonie Trifluvienne a mérité sa large part de succès, et son directeur, M. Boulais, a été fréquemment applaudi dans un solo de cornet qu’il a dû répéter à la demande du public.

Nous remercions les MM. du Séminaire d’avoir bien voulu acquiescer à notre demande, et d’avoir ainsi favorisé le public d’une seconde répétition d’une séance qui méritait d’être entendue.

[Photo de la troupe dans la rétrospective du 16 avril 1931.]

Le Journal du Cher
12 mai 1910

Jeanne d’Arc à Saint-Éloy-de-Gy.

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Saint-Éloy-de-Gy. Fête de Jeanne d’Arc. — Les cérémonies du matin, superbes déjà grâce au concours d’un groupe nombreux de jeunes gens du patronage Saint-François de Bourges et à une vigoureuse allocution de M. l’abbé Pérot, leur directeur, furent suivies, le soir, de la Bénédiction solennelle d’une belle statue de Jeanne d’Arc. M. le chanoine Delabar, vicaire général, fit entendre en cette circonstance un admirable panégyrique de la Bienheureuse Pucelle d Orléans.

Après que l’assistance eût défilé devant la statue, commença sur la place publique, en plein air, malgré la saison, la représentation de la Jeanne d’Arc, de Barbier-Darbélit, jouée avec décors et costumes, par une cinquantaine d’exécutants habilement conduits par M. l’abbé Pérot et M. l’abbé Bédu. Les chants étaient accompagnés par M. l’abbé Bonneau. La moitié des habitants de la commune étaient là et, sans souci du froid ni de la pluie, suivirent passionnément jusqu’au bout, saisis par la beauté de ces scènes où ils voyaient revivre la jeune Lorraine qui, il y a cinq cents ans, délivra la France du joug des étrangers et de la trahison des mauvais Français. Les spectateurs de cette belle fête, unique à Saint-Éloy-de-Gy, n’oublieront pas de sitôt les douces et profondes émotions qu’elle leur apporta.

Le Journal de Roanne
11 septembre 1910

Jeanne d’Arc à Saint-Germain-Laval.

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Saint-Germain-Laval. (Loire) — Demain dimanche [11 septembre], salle des Récollets [couvent des Récollets], aura lieu la représentation de Jeanne d’Arc, drame de Jules Barbier, musique de Gounod, donnée par les Chanteurs de Saint-Germain, sous la direction de M. l’abbé Bellat, et avec le concours de M. l’abbé Pion, curé de Souternon et de M. et Mme Delarue.

La Gazette de Château-Gontier
6 novembre 1910

Jeanne d’Arc à Candé.

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Candé. — Les dimanches 13, 20 et 27 novembre, les jeunes gens du Patronage Vianney, de Candé, joueront, à la Salle Saint-Denis, Jeanne d’Arc, beau drame historique en cinq actes et en vers, par Jules Barbier, musique de Gounod.

[Édition du 20 novembre :]

La Gazette du 6 novembre avait bien voulu annoncer que les jeunes gens du Patronage Vianney nous donneraient, les dimanches 13, 20 et 27 de ce mois, une représentation du beau drame de Jules Barbier, intitulé : Jeanne d’Arc, et l’auteur de l’article avait donné à entendre que tous ceux qui répondraient à l’appel du zélé Directeur de l’Œuvre n’auraient à regretter ni leur temps ni leur argent.

La première représentation a eu lieu dimanche dernier, à quatre heures. La légère augmentation du prix des places, nécessaire pour couvrir les frais de la pièce, n’était pas de nature à effrayer les habitants de Candé et des environs, qui ont toujours un amour marqué pour la France religieuse et patriotique. En effet, à l’heure indiquée, notre belle salle Saint-Denis était absolument comble, bien que l’on fût à la veille de l’une des plus fortes foires de l’année.

Je crois qu’aucun des spectateurs n’a été déçu ; car tous ceux que j’ai rencontrés depuis ont déclaré qu’ils avaient été littéralement émerveillés de la richesse des costumes et des décors, de la beauté des chants, et surtout du jeu des acteurs qui, tous, depuis Jeanne d’Arc jusqu’aux personnages les plus effacés, ont tenu leur rôle avec une perfection digne d’un théâtre de grande ville.

Les plus beaux passages de la pièce et particulièrement la scène du bûcher et l’apothéose finale ont fait couler bien des larmes et soulevé des tonnerres d’applaudissements.

Nous espérons que les spectateurs viendront aussi nombreux aux séances du 20 et du 27, et qu’ils en rapporteront, comme de celle de dimanche dernier, la meilleure impression.

  • Dimanche 20 : entrée, 7 h. ; rideau, 7 h 1/2 ;
  • Dimanche 27 : entrée, 3 h. 1/2 ; rideau, 4 h.

Places réservées, 1 fr. 75 ; premières, 1 fr. 50 ; secondes, 1 fr. ; troisièmes, 0 fr. 50. On peut prendre des cartes au siège du Patronage, rue aux Moines.

Mémorial de la Loire
25 novembre 1911

Jeanne d’Arc au théâtre de Chazelles-sur-Lyon, 26 nov., 3, 10 décembre.

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Chazelles-sur-Lyon. — Nous rappelons que c’est dimanche prochain [26 novembre], à 3 heures très précises du soir, que se donne la première de Jeanne d’Arc, drame en cinq actes, de Jules Barbier, musique de Gounod.

Le dévoué directeur de l’Union [Union Sportive et Musicale du Patronage de Chazelles], encouragé par les nombreuses bonnes volontés qui lui sont venues, soit de musiciens dévoués et sérieusement formés au goût de la bonne musique, soit d’artistes de talent qui ont bien voulu prêter leur concours, n’a pas reculé devant l’audition d’un chef-d’œuvre de maître.

La salle de spectacle retrouvera à cette occasion sa parure de fête. Des décors, entièrement neufs, superbement brossés pour la circonstance, donneront à la scène un aspect nouveau. La mise en scène, avec ses nombreux personnages aux habits gais et étincelants, des chœurs puissants et l’harmonisation magistrale, exécutés par une masse chorale de plus de cent voix, accompagnés par un brillant orchestre, séduiront les plus difficiles.

Des cartes sont en vente chez MM. Bazin, place de l’Église ; Ebrard, rue de Lyon, et Écuyer, rue Ramousse.

[Édition du 28 novembre :]

Dimanche soir, à 3 heures, a eu heu la première représentation de Jeanne d’Arc.

La salle du théâtre municipal, aux proportions pourtant si vastes, avait peine à contenir le public de choix et enthousiaste qui s’y pressait.

Hâtons-nous d’ajouter que les spectateurs n’ont eu qu’à se louer de leur empressement, car leur attente a été dépassée.

M. l’archiprêtre Rambaud, entouré de M. l’abbé Ribeyron, aumônier de l’hospice du l’Antiquaille, et ayant à ses côtés MM. les abbés Fayolle, curé de Saint-Genis-les-Ollières ; Robert, vicaire à Virigneux ; Juillet, professeur à Oullins, avait tenu à présider lui-même, afin de montrer combien il portait d’intérêt à ces scènes aussi moralisatrices que captivantes.

Remarquées au hasard, dans l’assistance, les familles Bourne, Blouin, Combe. Flécher, France-Fléchet, Lamarque, Laurent, Meunier, Michalon, Moretton-Néel, Piot, Perrichon. MM. Escot et Piot, conseillers municipaux ; Morutier, notaire ; Magnier, directeur de l’école libre, etc.

La représentation de Jeanne d’Arc a été pour tous un véritable régal et a laissé dans l’âme des huit cents spectateurs qui y ont pris part la plus délicieuse impression.

Tout, du reste, avait été combiné pour contenter le publie le plus difficile.

Du côté de la mise en scène, costumes riches et en parfaite harmonie avec l’époque, changements à vue, tout allait à ravir.

À l’orchestre, toute une pléiade d’artistes de talent, obéissant avec un ensemble admirable au doigt et à l’œil du maître. M. l’abbé Véricel. Les chœurs très nourris et exercés d’une façon qui est autant à l’honneur des exécutants que du directeur.

[Édition du 30 novembre :]

Jeanne d’Arc. — Les nombreux amis de l’U. S. M. P. C. que compte notre ville se donneront rendez-vous dimanche 3 décembre, à 3 heures, pour applaudir la brillante représentation du chef-d’œuvre de Barbier. D’ores et déjà, les canes sont en vente chez MM. Bazin, Écuyer et Ebrard.

[Édition du 6 décembre :]

La séance du 3 décembre. — L’U. S. M. P. C. a donné, dimanche dernier, la seconde représentation de Jeanne d’Arc. La sympathie pour cette œuvre et la certitude d’un programme bon et de bonne tenue avaient rempli la salle du théâtre.

De nombreuses personnes de Maringes, Viricelles, Meys, Grézieux-le-Marché, Saint-Laurent-de-Chamousset, Pomeys, Saint-Symphorien-sur-Coise, Chevrières et Grammomd étaient venues applaudir nos chers artistes.

Ceux-ci ont très bien soutenu leurs rôles, dont quelques-uns très chargés.

Bonne et excellente soirée, dont il faut remercier de tout, cœur le cher et dévoué directeur du cercle. À la demande générale, une troisième et dernière représentation aura lieu dimanche prochain [10 décembre], à 8 heures du soir.

Nous recommandons instamment aux personnes intéressées de ne pas attendre le dernier moment pour se procurer des cartes.

Le Petit Parisien
14 août 1911

Jeanne d’Arc à Namur, 13 août, par la troupe du théâtre de la Passion de Nancy.

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Au Théâtre en plein air de Namur. C’est aujourd’hui qu’a lieu, au stade de la citadelle, à Namur, la représentation de Jeanne d’Arc, de Barbier, interprétée par la troupe du Grand-Théâtre de la Passion, de Nancy.

Comœdia
18 août 1911

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La Journée à Bruxelles. — Nous parlions, il y a quelques jours, des prêtres et du théâtre. Un de nos amis nous écrit a ce propos :

Ils y viennent. Dimanche [13 août], à Namur, au théâtre de la Citadelle, on a représenté Jeanne d’Arc. Près de 4.000 spectateurs se pressaient sur les gradins pour voir exécuter, par une troupe de 200 acteurs et 60 choristes, l’œuvre chrétienne de Barbier et Darbélit, relevée par une musique de Charles Gounod. Or, savez-vous quel était le conducteur, le manager de la troupe ? Un chanoine, le chanoine Petit, de Nancy.

[Édition du 20 août :]

On a vu, sur la grande estrade placée devant les loges et gradins du Cirque, monter Jehanne la bonne Lorraine. Jeanne d’Arc, pièce jouée par une société de Nancy, a fait l’effet d’une grande parade foraine. Pourtant le jeu sincère, la beauté de Jeanne et sa voix inspirée ont plu à l’immense auditoire ainsi que l’ardeur des comparses et la richesse de la figuration.

La partition de Gounod ainsi que les vers de J. Barbier étaient singulièrement tripatouillés, revus, corrigés et considérablement augmentés.

Le Petit Courrier
21 octobre 1911

Jeanne d’Arc au patronage Saint-Vincent de Paul d’Angers, 29 octobre, 5, 12, 26 novembre, 10 décembre.

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Patronage Saint-Vincent de Paul
boulevard de Nantes

Matinées des dimanches 29 octobre, à 2 heures ; 5 novembre à 4 heures ; 12 novembre, à 2 heures.

Inauguration du nouveau théâtre.

Jeanne d’Arc, pièce à grand spectacle en 5 actes, 20 tableaux. Paroles de Jules Barbier. Musique de Gounod.

Splendide mise en scène ; décors nouveaux, 90 acteurs ; orchestre composé d’amateurs et d’artistes des Concerts-Populaires, sous la direction de M. l’abbé Jaudoin.

Prix des places : premières 2 fr. ; secondes 1 fr. : troisièmes, 0 fr. 50. On peut se procurer des cartes à la Société Angevine d’édition, 2, rue Saint-Aubin, et chez MM. Lecoq, rue Beaurepaire. Delaitre, rue des Lices ; Gasnier, 37, rue Plantagenêt, et à la conciergerie du patronage, du lundi au vendredi soir, moyennant un supplément de 0 fr. 10.

Un vestiaire sera installé dans une salle du patronage.

[Édition du 25 octobre :]

Inauguration du nouveau théâtre : Jeanne d’Arc. — Matinées des dimanches 29 octobre, 2 heures ; 5 novembre, à 4 heures ; 12 novembre, à 2 heures.

Des améliorations considérables qui équivalent à une transformation complète ont été réalisées. La machinerie a été organisée pur un spécialiste d’après lus procédés les plus modernes. La nouvelle sotie, par l’ampleur de ses proportions permet une exécution inconnue jusqu’ici dans les patronages et d’une perfection absolue. Nous espérons que le public se rendra compte de l’importance des sacrifices consentis par la direction du patronage en faveur de la grande œuvre du théâtre populaire et chrétien et tiendra à cœur de lui témoigner sa sympathie un encourageant ses efforts.

[Édition du 29 octobre :]

Les Fêtes et Réunions d’Aujourd’hui. […] 2 heures. — Patronage Saint-Vincent de Paul : Représentation théâtrale, Jeanne d’Arc.

[Édition du 2 novembre :]

Jeanne d’Arc au patronage Saint-Vincent de Paul. — Dimanche dernier les acteurs du Patronage Saint-Vincent de Paul ont donné à leur public ce qu’avaient promis pour eux les annonces et les affiches.

Le jeu très soigné des acteurs, les chœurs enlevés avec mesure et délicatesse, les mises en scène brillantes et riches, le machinisme régulier et à peu de chose près impeccable, enfin une foule de détails très soignés ont formé un ensemble enchanteur et qui fait grand honneur aux principaux ouvriers de ce beau spectacle. On nous a pourtant promis mieux encore pour dimanche prochain : les chants seront plus parfaits et le machinisme qui, étant donné les nouvelles transformations du théâtre était un coup d’essai, sera plus soigné encore.

Retenez vos places si vous ne voulez pas trouver la salle comble et la porte fermée.

La séance commencera cette fois à 4 heures. On trouvera des cartes chez M. Lecoq, rue Beaurepaire ; à la Société Angevine d’Édition, rue Saint-Aubin ; chez M. Delattre rue Saint-Aubin chez M. Gasnier, rue Plantagenêt, et au Patronage.

[Édition du 5 novembre :]

Les Fêtes et Réunions d’Aujourd’hui. […] 4 heures. — Patronage Saint-Vincent de Paul : Représentation théâtrale, Jeanne d’Arc.

[Édition du 12 novembre :]

Les Fêtes et Réunions d’Aujourd’hui. […] 2 heures 1/2. — Patronage Saint-Vincent de Paul : Représentation théâtrale, Jeanne d’Arc.

[Édition du 19 novembre :]

Reprise de Jeanne d’Arc au patronage Saint-Vincent de Paul. — On nous prie d’annoncer que les succès obtenus par les trois premières représentations de Jeanne d’Arc ont obligé la direction du patronage à promettre une nouvelle série de représentations.

La première aura lieu le dimanche 26 novembre à 2 heures.

[Édition du 21 novembre :]

Dimanche prochain, 26 novembre, on donnera, en matinée, à 2 heures, pour la 13e fois, au patronage de Saint-Vincent de Paul, le Mystère de Jeanne d’Arc.

Mgr Pasquier nous fera l’honneur de présider la séance.

Inutile de rappeler le succès des séances précédentes. Il suffit de dire qu’à toutes les fois la salle des représentations, malgré ses vastes proportions, fut trop petite pour contenir la foule qui se pressait aux portes du patronage.

Simple avis : Plus de trois cents places sont déjà retenues pour la prochaine représentation.

[Édition du 26 novembre :]

Les Fêtes et Réunions d’Aujourd’hui. […] 2 heures. — Patronage Saint-Vincent de Paul : Représentation théâtrale, Le Mystère de Jeanne d’Arc.

[Édition du 28 novembre :]

Objets perdus. — Il a été laissé, dimanche, au patronage Saint-Vincent de Paul, un capuchon d’enfant. La personne qui l’a trouvé est priée de le rapporter route des Ponts-de-Cé, 14.

[Édition du 10 décembre :]

Les Fêtes et Réunions d’Aujourd’hui. 2 heures 1/2. — Patronage Saint-Vincent de Paul ; Représentation théâtrale, Jeanne d’Arc.

L’Indépendant rémois
1er mars 1912

Représentations de Jeanne d’Arc à Reims.

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Groupe Artistique et Littéraire. — Dimanche prochain, 3 mars, première représentation, sur la scène des Chapelains, de Jeanne d’Arc, drame en 5 actes, en vers, de Barbier, musique de Charles Gounod.

Cette vaillante société qu’est le G. A. L. n’a reculé devant aucun effort afin de conduire cette belle pièce au succès.

Les qualités de l’interprétation, l’homogénéité de la figuration et des chœurs (direction de Mlle S. Lacourt) et le talent musical de M. Aubert, à qui incombe la tâche de chef d’orchestre, sont autant de raisons infaillibles de la réussite.

N’oublions pas de mentionner une lois encore la mise en scène toute spéciale dont cette grande œuvre a été l’objet, et le nombre de décors variés et pittoresques au milieu desquels évoluera, une véritable foule.

Jeanne d’Arc sera, représentée dimanche 3 mars, à 8 heures très précises du soir.

Que les retardataires, se hâtent de retenir leurs places au bureau (6, rue des Chapelains). La feuille de location se couvre avec rapidité.

[Édition du 12 mars :]

Il pourrait paraître superflu de souligner le succès énorme que remporta hier, en matinée, sur la scène du Groupe Artistique, l’œuvre si impeccablement montée, la Jeanne d’Arc, de Jules Barbier. Succès de public d’abord, puisque après deux journées le bureau de location était fermé pour certaines catégories de places, succès d’interprétation pour les acteurs, les messieurs et les dames des chœurs, pour l’orchestre aussi qui, sous l’habile direction de son chef, M. Aubert, fut chaleureusement applaudi, succès de mise en scène et, pour tout dire, succès d’organisation.

Le Groupe a décidé de rendre une troisième représentation de l’œuvre qu’il vient de faire triompher sur sa jolie scène. Elle sera donnée dimanche prochain 17 mars, à quatre heures et demie très précises de l’après-midi. Trop de personnes ont été surprises de la rapidité de la dernière location pour ne pas sa hâter à retenir leurs places dès ce matin, au bureau de location, 6, rue des Chapelains.

[Édition du 13 mars :]

Dimanche prochain 17 mars, à quatre heures et demie très précises de l’après-midi, le Groupe Artistique donnera une nouvelle représentation de son immense succès Jeanne d’Arc, drame en cinq actes et sept tableaux, en vers, de Jules Barbier. Chœurs mixtes sous la direction de Mlle S. Lacourt. Orchestre sous la direction de M. Aubert.

Le succès de celle œuvre ne fait que s’affirmer de jour en jour. Voici moins d’une journée qu’est ouverte la location pour la matinée de dimanche et certaines catégories de places sont entièrement louées. Ceux de nos lecteurs qui veulent s’assurer une place pour cette représentation feront bien d’aviser sans tarder.

[Édition du 14 mars :]

Avis important. À cause d’engagements antérieurs, le Groupe Artistique est obligé d’arrêter en plein succès la série des représentations extraordinaires qu’il donne en ce moment de la Jeanne d’Arc, de Jules Barbier.

Ne pouvant poursuivre ces représentations au delà du 17 mars, le Groupe Artistique a décidé de donner encore deux représentations publiques de ce spectacle sensationnel. Elles seront données les samedi 16 courant, à huit heures et demie du soir, et dimanche 17 courant, à quatre heures et demie très précises de l’après midi.

Ces deux représentations sont irrévocablement les dernières qui seront données de ce programme.

La bureau de location est dès à présent ouvert, pour l’une et l’autre de ces représentations.

[Édition du 16 mars :]

Ce soir, à huit heures et demie très précises, avant-dernière représentation de Jeanne d’Arc, drame en cinq actes et sept tableaux, en vers, de Jules Barbier, musique de scène et chœurs de Charles Gounod.

Nous avons dit le succès considérable et sans précédent qu’a remporté, au Groupe Artistique, cette œuvre sensationnelle. Nous ne pouvons mieux faire que d’inciter vivement nos lecteurs à aller applaudir cet intéressant, et peu banal spectacle.

Demain dimanche, à quatre heures et demie très précises, irrévocablement dernière représentation de Jeanne d’Arc.

Le Mémorial de la Loire
10 janvier 1913

Jeanne d’Arc à Firminy, 19 jan. 2, 16 février.

Lien : Retronews

Firminy. L’Union Musicale et Sportive de Saint-Firmin donnera, dans son local, 4, rue de l’Hôpital, la plus belle œuvre entendue jusqu’à ce jour dans notre ville, Jeanne d’Arc, drame-opéra en 5 actes et en vers, musique de Charles Gounod, paroles de Jules Barbier adaptées par Darbélit. 40 personnages, orchestre symphonique et chœur à quatre voix inégales de 100 exécutants.

Le succès toujours croissant des concerts de cette Société est un sur garant de la parfaite exécution de cette belle œuvre qui a été donnée sur les plus grandes scènes de France et de l’étranger. Prix des places : numérotées, 3 francs ; réservées, 2 fr. ; gradins, 1 fr. 50 ; parterre, 1 fr. ; tribunes, 0,50 ; tribunes numérotées, 2 fr.

Première représentation le 19 janvier, à 4 heures très précises. Inutile de se présenter aux portes avant 3 heures 15 précises.

[Édition du 18 janvier :]

Union Sportive et Musicale de Saint-Firmin. — Une soirée récréative sera donnée le dimanche 19 janvier, dans la salle de l’Union musicale et sportive de Saint-Firmin, 4, rue de l’Hôpital. Jeanne d’Arc, drame-opéra en cinq actes et en vers, paroles de J. Barbier, adaptation de Darbélit, musique de Ch. Gounod.

[Édition du 31 janvier :]

L’Union Musicale et Sportive de Saint-Firmin donnera, dans sa coquette salle, 4, rue de l’Hôpital, le dimanche 2 février, à 4 heures précises, une seconde représentation de la plus belle œuvre entendue jusqu’à ce jour dans notre ville : Jeanne d’Arc […].

Tous les spectateurs de dimanche dernier sont encore sous le charme de cette belle œuvre. La direction n’a rien négligé pour en faire une vraie manifestation d’art. […]

Les portes ne seront ouvertes qu’à 3 heures pour permettre d’assister au sermon et au salut qui se donnera à la paroisse à 2 heures.

[Édition du 14 février :]

Dimanche 16 février, à 4 heures très précises du soir, dernière représentation de Jeanne d’Arc, drame-opéra de Charles Gounod et Jules Barbier. Places depuis 0,50 ; places numérotées à 2 et 3 francs. Retenir ses places à l’avance. Vestiaire.

L’Écho d’Alger
17 avril 1913

Jeanne d’Arc au théâtre municipal d’Alger, 19 et 20 avril.

Lien : Retronews

Théâtre municipal. (Direction : V. Audisio.) — Samedi 19 avril, création à Alger de Jeanne d’Arc, pièce lyrique en cinq actes, de Jules Barbier, musique de Gounod.

Chœurs et grand orchestre, sous la direction de M. Stevens.

[Édition du 19 avril :]

Aujourd’hui, location ouverte de 10 à 5 heures pour les représentations suivantes :

Ce soir samedi, à 8 h 30, grande représentation à prix réduits ; création à Alger de Jeanne d’Arc, pièce lyrique en 5 actes, de Barbier, musique de Gounod.

Le caractère admirable de l’héroïne, la beauté captivante et varié des épisodes, le souffle génial de l’inspiration musicale font de Jeanne d’Arc un ouvrage superbe qui enchantera le public.

Mlle Varennes (Jeanne d’Arc), MM. Berthoud (La Hire), Chaumont (Dunois), Gerber (Charles VII), Mlles Véda et Lambrette, MM. Lambrette, Rosselet, Frediani, Lavigne, Mercier et Davray.

Chœurs et grand orchestre sous la direction de M. Stevens.

Avis. — C’est par erreur que la location a été ouverte avec les prix ordinaires, la direction ayant décidé de donner les représentations de Jeanne d’Arc à des prix réduits spéciaux. Les bureaux rembourseront la différence aux personnes qui, hier, se sont muni de leurs places.

Demain dimanche, matinée extraordinaire pour les adieux de l’incomparable cantatrice de l’Opéra, Jeanne Campredon : Faust. Jeanne Campredon chantera le rôle de Marguerite, l’un de ses plus éclatants succès.

Le soir, à prix réduits, deuxième de Jeanne d’Arc.

[Édition du 20 avril (Maurice Champeaux) :]

Le fait d’avoir monté sur notre première scène l’œuvre de Barbier et de Gounod correspond certainement à une honnête intention d’art. La hâte et la rapidité avec lesquelles on semble avoir procédé, ne pouvaient évidemment conduire qu’à un succès relatif.

L’orchestre aurait besoin de plus de foudre, d’affinement et de force, les acteurs devraient chercher moins fiévreusement la rime. Nous sentons bien qu’il serait puéril de critiquer la mise en scène, les costumes et les accessoires, car, au théâtre, plus que partout ailleurs, on n’improvise ni toute une époque historique — et quelle époque ! — ni sa garde-robe et ses décors. On ne peut guère procéder qu’à une sorte de revue d’habillement qui permet d’ailleurs aux spectateurs tardifs et occasionnels de repasser un peu, à ce point de vue, le répertoire qu’ils n’ont pas entendu.

[…] Nous , en passons, et des meilleures, pour rendre pleine justice à Mlle Varennes dont le beau talent dramatique obtint, une fois de plus, un succès aussi vif que légitime, en incarnant très dignement le personnage de Jeanne d’Arc.

Le Devoir
22 mai 1919

Jeanne d’Arc au collège Sainte-Marie, de Montréal, 26 et 30 mai.

Lien : BAnQ

C’est la Jeanne d’Arc, d’après Jules Barbier, drame en cinq actes et en vers avec musique de Gounod, que les élèves du Collège Sainte-Marie joueront cette année, à l’occasion de la canonisation de l’héroïque pucelle d’Orléans. Deux représentations seront données : le lundi, 26 mai, et le vendredi 30, à 8 h. du soir.

Le Journal de Mulhouse
19 juin 1919

Jeanne d’Arc à Mulhouse, en français et en allemand.

Lien : Retronews

Dimanche 22 juin, au Cercle de Saint-Joseph première représentation de Jeanne d’Arc, drame musical en 6 parties, texte de Jules Barbier, musique de Charles Gounod, sous la direction de M. Jean Zann, de l’École de musique. Environ 400 exécutants, dont 150 chanteurs, prendront part à cette représentation, qui sera donnée consécutivement les dix dimanches prochains.

Cartes d’entrée à 5 / 3,50, / 2,50 et 1 fr. à la librairie de l’Union ; chez Glœss ; d’Orelli et Bader à Dornach.

L’Express de Mulhouse
19 juin 1919

Lien : Retronews

On a fait le reproche à l’Alsace de ne pas s’être associée aux grandes solennités arrangées en France, en l’honneur de la glorieuse libératrice du pays, la bienheureuse Jeanne d’Arc qui va recevoir l’auréole des saints. Des fêtes comme l’Alsace les rêve, demandent à être préparées ; elles ne manqueront pas d’être brillantes, quand le moment sera venu. Le moindre village sera fier de manifester la joie enthousiaste que tout cœur alsacien éprouvera quand l’Église aura proclamé sainte l’aimable bergère, la vaillante guerrière de France.

La paroisse de Saint-Joseph à Mulhouse n’attendra pas les fêtes de la canonisation, elle tient à disposer les âmes à ces sublimes manifestations alsaciennes, en donnant dès dimanche prochain de magnifiques représentations théâtrales et musicales. La grande pièce Jeanne d’Arc de Jules Barbier, avec chant à six voix et orchestre, de Charles Gounod, sera exécutée dans la maison du cercle de Saint-Joseph, rue de l’Église, par la population ouvrière de la Cité mulhousienne. Elle ne manquera pas d’attirer l’attention et la sympathie générale. Plus de 400 personnes paraîtront en scène et chanteront les champs qui seront dirigés par M. Zann, directeur de l’école de musique à Mulhouse. Les parties d’orchestre que la librairie Choudens de Paris a mis à notre disposition, seront données au grand complet par les artistes de la ville.

Pour satisfaire tout le monde, on jouera la pièce dans les deux langues. La pièce allemande a été arrangée d’après le texte français et le drame de Schiller, les paroles des chœurs sont bien adaptées à la belle musique. Il n’est pas nécessaire d’insister pour qu’on vienne assister aux grandioses représentations ; elles ne resteront pas ignorées, elles trouveront leur apôtres en tous ceux qui auront eu la joie d’y prendre part. Dimanche prochain, le 22 juin, à 3 heures, on donnera la pièce allemande, dimanche, le 29 juin, on jouera en français.

Les billets pourront être demandés au presbytère de Saint-Joseph, à la librairie Union (place de la Mairie), ainsi qu’à la maison du cercle, rue de l’Église.

Les 900 places disponibles sont réservées et numérotées.

La Gironde
20 juin 1919

Extrait de la Chronique théâtrale. Jeanne d’Arc au Théâtre-Français de Bordeaux, troupe parisienne, 5 et 6 juillet.

Lien : Retronews

Français Lyrique. — Création de Jeanne d’Arc, avec le concours de Mme Colonna Romano, de la Comédie-Française, dans le rôle de Jeanne d’Arc et l’exquise Jane Marquet, du théâtre Sarah-Bernhard, une troupe de 50 artistes, sous la direction de M. Francis Grangier. Trois grandes représentations de gala de Jeanne d’Arc, drame en 5 actes, 7 tableaux, de Jules Barbier, musique de Charles Gounod, seront données les 5 et 6 juillet.

[Édition du 23 juin :]

La création de Jeanne d’Arc de Gounod. La pièce comporte 7 tableaux et fait défiler toute l’épopée de Jeanne : Domrémy, Chinon, Orléans, Reims et Rouen. Succession de tableaux historiques sur les beaux vers de Jules Barbier. Gounod a écrit une musique que tous les délicats voudront entendre. Colonna Romano interprétera le rôle de Jeanne d’Arc, et Marie Marquet, celui d’Agnès Sorel, les 5 et 6 juillet.

[Édition du 25 juin :]

Les 5 et 6 juillet, trois représentations de Jeanne d’Arc, de Jules Barbier, musique de Gounod. Cinq actes, sept tableaux, interprétation de tout premier ordre avec Mme Colonna Romano, de la Comédie-Française ; Marie Marquet, du théâtre Sarah-Bernhardt. Troupe de 32 hommes et la femmes. — Importante figuration. On loue pour les 3 grands galas.

[Édition du 30 juin :]

Jeanne d’Arc, libératrice de la France d’hier et de la victoire française d’aujourd’hui, sera glorifiée en trois représentations de gala, les 5 et 6 juillet. Mme Colonna Romano, de la Comédie-Française, personnifiera l’héroïne nationale. Ce sera le plus beau succès de sa carrière. Marie Marquet, de l’Odéon. Chœurs et soli, sous la direction de Germaine Boularé. Location ouverte.

[Édition du 4 juillet :]

Ces représentations de Jeanne d’Arc annoncées pour les 5 et 6 juillet seront comme une magnifique et réconfortante manifestation d’union sacrée. Pas une note discordante n’en viendra troubler l’éclat, et tout Bordeaux viendra rendre hommage à l’héroïne nationale en fêtant Mme Colonna Romano, Mlle Marie Marquet et les artistes groupés autour de M. Francis Grangier. Orchestre de trente musiciens. Vite louer pour les trois galas.

[Édition du 5 juillet :]

Samedi en soirée, dimanche matinée et soirée, trois grands galas, création de Jeanne d’Arc, musique de Gounod, interprétée par Mme Colonna Romano, de la Comédie-Française, dans le rôle de Jeanne d’Arc ; Mlle Marie Marquet, de l’Odéon, dans le rôle d’Agnès Sorel ; M. Marcel Vergne, notre compatriote, du théâtre Sarah-Bernhardt, feront partie de la distribution. Orchestre complet. Chœurs et soli dirigés par Germaine Boularé.

[Dans la France de Bordeaux et du Sud-Ouest du 5 juillet :]

Samedi 5, dimanche 6 en matinée et soirée, trois grands galas, création à Bordeaux de Jeanne d’Arc, pièce en cinq actes et sept tableaux, de Jules Barbier, Orchestre de trente musiciens sous la direction de Charles Meilhan ; chœur et soli sous la direction de Mlle Germaine Boularé. Mise en scène et direction artistique de M. Francis Grangier.

Interprétation remarquable avec Mme Colonna Romano, de la Comédie-Française dans le rôle de Jeanne d’Arc ; Mlle Marie Marquet, de l’Odéon dans le rôle d’Agnès Sorel ; M. Marcel Vergne notre compatriote du théâtre Sarah-Bernhardt.

La matinée du dimanche 6 juillet sera tout particulièrement consacrée à la jeunesse et aux enfants des écoles.

L’Écho de Sélestat
5 juillet 1919

Note. — L’Écho de Sélestat, quotidien bilingue, s’appelait le Schlettstadter Volksblatt avant la guerre.

Lien : Retronews

Représentation de Jeanne d’Arc,
drame en 6 actes, de Barbier.

Mulhouse, 4 juillet.

Au cercle de Saint-Joseph. — On nous écrit :

Quiconque désire passer quelques heures délicieuses, pleines d’émotions religieuses, patriotiques, artistiques doit assister à une représentation de la Jeanne d’Arc de Jules Barbier au cercle catholique de Saint-Joseph à Mulhouse.

Nous ignorons le succès qu’ont pu rêver les organisateurs et les acteurs, nous serions fort étonnés toutefois qu’il ne fût pas dépassé par celui qu’ils ont réellement obtenu…

Dans un décor d’un goût extrêmement délicat et d’une parfaite couleur locale se déroulent aux yeux émerveillés du spectateur ravi, les grandes phases de la vie de l’humble bergère de Domrémy, de la sainte héroïne lorraine, de la sublime martyre du bûcher de Rouen.

Cette œuvre magnifique de Jules Barbier a trouvé des interprètes remarquables qui mêlent à un parfait brio une technique que l’on ne s’attendrait pas à trouver chez des acteurs non professionnels.

La prochaine représentation en allemand aura lieu dimanche, le 6 juillet ; en français, dimanche le 29 juillet, chaque fois à 3 heures de l’après-midi.

Le Petit Courrier
21 avril 1920

Jeanne d’Arc au patronage Saint-Vincent de Paul d’Angers.

Lien : Retronews

Patronage Saint-Vincent de Paul [d’Angers]. — Pour la clôture de la saison théâtrale, nous sommes en mesure d’annoncer dès maintenant la reprise de Jeanne d’Arc drame en cinq actes en vers, avec chœurs, œuvre de Jules Barbier, musique de Charles Gounod, orchestre dirigé par M. l’abbé Jaudoin.

Cette pièce obtint avant la guerre un succès sans précédent dans ce patronage.

Après la Pastorale de Noël et la Passion, Jeanne d’Arc sera l’apothéose du répertoire artistique.

Le Devoir
22 juin 1920

Jeanne d’Arc au Monument-National, de Montréal.

Lien : BAnQ

Demain soir [mercredi 23 juin], au Monument-National [l’un des plus anciens théâtres de Montréal], nos artistes canadiens-français interpréteront l’un des chefs-d’œuvre du théâtre lyrique français, Jeanne d’Arc, poème de Jules Barbier, musique de Charles Gounod. Nulle pièce ne pouvait être mieux choisie en cette année de la canonisation de la vierge de Lorraine et nulle soirée ne pourra être mieux digne d’être la veille de la fête nationale des Canadiens français. À cette soirée, on honorera l’une des plus belles et des plus nobles figures de l’histoire de France et de l’histoire de l’Église. Les Canadiens français, français et catholiques, feront donc une véritable œuvre patriotique et digne d’eux en allant mieux apprendre et plus intimement comprendre la vie sublime de sainte Jeanne d’Arc.

Nous savons que les billets se sont enlevés avec une extraordinaire rapidité. En quelques jours la majeure partie est disparue de chez le marchand de musique, Ed. Archambault, rue Sainte-Catherine Est, qui les avait en vente. On nous informe cependant qu’il y a encore quelques bons fauteuils libres.

Nous aurons donc, demain, l’occasion de voir une très belle pièce. Cette manifestation d’art, nous la devrons à MM. J.-J. Gargnier et Honoré Vaillancourt. On sait que les artistes seront secondés par un chœur puissant et un orchestre complet.

La représentation, demain soir, commencera à 8 h. 15 très précises. Les spectateurs devront donc être à leur fauteuils à l’heure indiquée afin de ne pas retarder le spectacle et de ne pas distraire et les artistes et les autres spectateurs en arrivant en retard.

La Presse
23 juin 1920

Lien : BAnQ

La fête de l’art et du patriotisme. Telle sera la représentation de Jeanne d’Arc ce soir, au Monument National.

Nul ne doit oublier que la grande représentation du beau drame lyrique de Jules Barbier, musique de Charles Gounod, organisée par MM. Honoré Vaillancourt et J.-J. Gagnier, aura lieu ce soir, au Monument National, à 8.15 heures très précises. Le rideau lèvera à l’heure indiquée et les retardataires devront attendre dans les corridors du Monument la fin du premier acte avant de pouvoir pénétrer dans la salle. On ne veut pas que les artistes ni les spectateurs soient dérangés et gênés par l’arrivée continuelle de ceux qui ne savent pas se rendre en temps au spectacle. La décision prise est sage et l’exemple, espérons-le, sera suivi de tous les directeurs de spectacles, la saison prochaine.

Ce soir, toute l’élite montréalaise sera au Monument National pour cette fête de l’art et du patriotisme.

Outre les artistes, on entendra un chœur mixte excellent de plus de 40 voix et un orchestre complet exécuter dans toute son intégrité, la belle musique de Gounod. Orchestre et chœur seront sous la direction personnelle de M. J.-J. Gagnier.

Voici, de nouveau, la distribution :

  • Mlle Marie-Anne Vaillant (Jeanne d’Arc) ;
  • Mlle Hélène Charbonneau (Sainte Catherine) ;
  • Mlle C. Cabana (Sainte Marguerite) ;
  • M. Fernand Dufresne (Charles VII) ;
  • M. Hector Charland (La Hire et Durand Laxart) ;
  • M. J.-Avila Bertrand (Dunois et Brown) ;
  • M. P.-Émile Leblanc (Jacques d’Arc et Nicolas Loiseleur) ;
  • M. Monté (De Thouars) ;
  • M. Jos. Cadieux (Xaintrailles) ;
  • M. G.-L. Fortin (Jean d’Aulon) ;
  • M. G. Poisson (Loys des Contes) ;
  • M. A. Lefebvre (maître Jeannet Manchon) ;
  • M. L. Bariteau (Richard et Warwick) ;
  • M. A.-A. Vaillancourt (Pierrelot) ;
  • M. L. Lafrance (Jean d’Estivet) ;
  • M. Jean Durin (Gordon) ;
  • M. A. d’Anjou (Laurent) ;
  • M. J.-A. Léonard (un paysan).

M. P.-E. Leblanc est le directeur l’artistique et MM. Lucien Meunier, Hector Charland et Jean Durin sont les régisseurs. M. Honoré Vaillancourt s’occupe de l’administration.

Tout est prêt. À ce soir !

Le Devoir
25 juin 1920

Article de Frédéric Pelletier.

Lien : BAnQ

La Jeanne d’Arc de Jules Barbier, avec musique de scène de Gounod, a été jouée mercredi soir, au Monument National, devant une salle comble jusqu’au faîte qui a bravé quatre heures de station assise pour ne pas perdre un mot de la pièce et qui a applaudi vigoureusement. Tous les rôles étaient tenus par des amateurs dont quelques-uns valent bien nos professionnels et les autres faisaient bonne figure.

Mlle Marie-Anne Vaillant a été une excellente Jeanne d’Arc, aux nerfs peut-être un peu trop tendus, mais sachant donner du relief à son rôle. Comme valeur dramatique, le La Hire de M. Hector Charland a été de pair avec l’héroïne. À leurs côtés, les autres rôles ont fait aussi bonne figure.

La mise en scène était fort bien réglée dans des décors pas mal montés. Le feu du bûcher n’a pas, il est vrai, été bien terrible, mais on n’a pas toujours, au Monument, des accessoires nécessaires. Que n’a-t-on pas essayé des feux de Bengale ?

Côté musique on n’avait pas cherché à faire trop grand, ce qui aurait d’ailleurs été peine perdue, l’auditoire causant assez fort pour enterrer même une symphonie de Max Reger avec tout son matériel. M. J. J. Gagnier a tiré un excellent résultat d’un petit orchestre bien entraîné et les chœurs ont été suffisamment sonores.

M. Honoré Vaillancourt, qui a organisé cette soirée, a annoncé une reprise pour le soir du 1er juillet, ce qui a paru plaire à tout l’auditoire.

Le Devoir
30 juin 1920

Reprise le 1er juillet.

Lien : BAnQ

C’est demain soir que Jeanne d’Arc, le drame lyrique en cinq actes et sept tableaux, de Jules Barbier, musique de Charles Gounod, sera de nouveau représenté au Monument national, par les artistes qui ont obtenu un si éclatant succès mercredi dernier, lors de la première représentation organisée par MM. Honoré Vaillancourt et J.-J. Gagnier. Ces deux musiciens s’occupent encore de l’organisation de cette seconde représentation. M. Gagnier dirigera encore le chœur et l’orchestre et M. Vaillancourt s’occupe tout particulièrement de l’administration.

La direction artistique a été de nouveau confiée à M. P.-E Leblanc et MM. Hector Charland et Jean Durin sont les régisseurs. On leur doit beaucoup car une grande part du véritable régal artistique offert, mercredi dernier, leur est due.

La distribution sera la même avec Mlles Vaillant, Charbonneau, Cabana et MM. Charland, Leblanc, Dufresne, Bertrand, Monté, Durin, dans les principaux rôles.

Comme lors de la première représentation, le rideau sera levé à 8 h. 15 et les retardataires devront attendre la fin de l’acte avant de pouvoir pénétrer dans la salle.

Les billets sont en vente chez Ed. Archambault, marchand de musique, rue Sainte-Catherine est. On doit se hâter car ils s’enlèvent très rapidement.

Le Devoir
2 juillet 1920

Lien : BAnQ

Jeanne d’Arc. — La reprise de Jeanne d’Arc, de Jules Barbier, mis en musique par Charles Gounod, a obtenu un beau succès. La salle était remplie.

La distribution était la même que lors de la première représentation.

Mlle Marie-Anne Vaillant a personnifié Jeanne d’Arc. Elle possède son rôle à fond et le rend avec beaucoup de brio. Les applaudissements qui ont souligné les principaux passages de son rôle étaient certainement mérités.

Dans la partie musicale, le duo des voix, à la fin du premier acte, a été remarqué. Mlles Hélène Charbonneau et Berthe Cabana, ont bien rendu leurs parties. La première tenait le rôle de Sainte-Catherine et elle a fait preuve d’une voix très ferme et de beaucoup d’ampleur. Mlle Cabana possède une belle voix de soprano bien contrôlée. Toutes deux ont donné un excellent duo.

MM. Fernand Dufresne, A. Durocher, Hector Charland, J.-A. Bertrand et autres se sont également distingués dans leurs rôles respectifs.

Les chœurs étaient très bons et obéissaient bien à la baguette du directeur. M. J.-J. Gagnier.

La Gazette d’Annonay
2 octobre 1920

Jeanne d’Arc à Annonay, 17, 23 et 24 octobre.

Lien : Retronews

À l’heure où l’on a songé de célébrer comme fête nationale la fête de Jeanne d’Arc, il était une belle initiative à prendre : celle de nous rappeler la vie de l’héroïne nationale. Le groupe de Jeunesse Catholique de Saint-François n’a eu garde de l’oublier.

Aussi verrons-nous dans la magnifique salle de la rue Capitaine Rouveure, l’évocation de grand drame historique. Dans le courant d’octobre ils donneront en représentation Jeanne d’Arc, drame lyrique en 5 actes et 7 tableaux de Jules Barbier. Cette pièce en vers, dont l’interprétation exige plus de 40 acteurs, des chœurs, hommes et femmes, et un assez fort groupe orchestral [dirigé par M. Niézon], sera jouée avec des décors nouveaux et variés.

Nous avions beaucoup apprécié l’an dernier, les magnifiques décors de la salle Jeanne d’Arc. Cette année nous pouvons affirmer que c’est un luxe de décors. Ceux-ci ont exigé plus de trois mois de travail d’un artiste peintre lyonnais. Nous y verrons la chaumière de la bergère de Domrémy et les salles fastueuses du château de Chinon, les tourelles d’Orléans et la plaine de la Loire ; le parvis de la cathédrale de Reims, la ville martyre. Le dernier-tableau nous représentera la mort de l’héroïne sur son bûcher.

Ce magnifique drame a été monté avec le souci du décor poussé jusqu’au détail, un magnifique sens de l’art théâtral, une intuition sûre de l’effet scénique. Nous avons trop souvent mentionné l’excellence de la petite troupe qui l’interprétera, de ses chœurs et de son orchestre pour dire ce que toit le monde dit que ce sera : un succès !

[Édition du 16 octobre :]

Annonce de spectacle.

Jeanne d’Arc
Drame historique, en vers, de Jules Barbier.
Musique de Gounod.

Dimanche 17 octobre à 15 h. 1/4.

Salle Jeanne d’Arc (rue Capitaine de Canson). Séance artistique donnée au profit de la Persévérance de Saint-François, société de gymnastique et d’éducation physique.

Programme :

  1. Ouverture, Petit Duc, orchestre, fantaisie de Lecocq.
  2. Jeanne d’Arc, Acte I, Domrémy : Chant des Fugitifs. Les voix. La Mission divine.
  3. Intermède, piano.
  4. Jeanne d’Arc, Acte II, Chinon : La Cour. Arrivée de Jeanne. L’épreuve, Dieu le veut.
  5. Intermède.
  6. Jeanne d’Arc, Acte III, Orléans : Jeanne au milieu des camps. La prière de Jeanne, Dieu de Miséricorde.
  7. Orchestre : 1e Marche Militaire, Schubert.
  8. Jeanne d’Arc, Acte IV, 1er tableau, Reims : Dernière entrevue de Jeanne avec sa famille. 2e tableau : Le triomphe de Jeanne Noël ! Noël !
  9. Intermède — Quête.
  10. Jeanne d’Arc, Acte V, 1er tableau, Rouen : La prison. Les juges. 2e tableau : Le bûcher. Le martyre de Jeanne.
  11. Orchestre — Retraite espagnole.

Nous pouvons admirer, depuis lundi, dans la vitrine de M. Darvier, les jolies maquettes des décors que le peintre lyonnais Gilbert a brossés pour la représentation de Jeanne d’Arc.

[Édition du 23 octobre :]

Jeanne d’Arc.Rome n’est plus dans Rome et Annonay ne se refusera bientôt plus rien.

Les Annonéens ont eu en effet, dimanche dernier, la bonne fortune d’assister, dans la coquette salle du Boulevard, à une première représentation dont la mise au point et l’interprétation ne dépareraient pas une scène officielle.

Jeanne d’Arc de Barbier et Gounod, qui date de quarante ans, n’a rien perdu de son palpitant intérêt et possède de réelles beautés ; le livret renferme des vers très beaux, dignes de l’héroïne et de l’épopée, et la partition quoique de peu de valeur dans le bagage du maître, a des passages harmonieusement inspirés.

Un peintre de talent, M. Gilbert de Lyon, a brossé pour cet ouvrage des décors chatoyants et très étudiés au point de vue historique.

L’intérieur de la maison de Domrémy, la salle de la cour, le portail de la cathédrale de Reims sont d’un bel effet et la scène du bûcher aussi, bien que manquant d’un peu de perspective et de profondeur. Nos préférences vont au décor paisible et poétique représentant les bords de la Loire. Nos félicitations à l’artiste peintre qui mérite bien sa part dans le grand succès des belles représentations de la salle Jeanne d’Arc.

Les acteurs dévoués, qui ont bien voulu assumer la lourde tâche d’interpréter une œuvre de cette envergure méritent tous nos éloges et aussi notre reconnaissance pour avoir fait revivre avec un tel relief la vie merveilleuse de notre Sainte Nationale : ils n’ont pas joué, ils ont vécu leurs rôles et on les sentait pénétrés d’une émotion réelle que les spectateurs partagèrent, en maint passage.

Nous ne pouvons que regretter que la modestie des acteurs ne nous permette pas de les louer séparément dans leurs rôles ; comme l’étendard de Jeanne, ils furent tous à la peine et méritent tous d’être également à l’honneur. Ils le sont.

Ils nous permettront toutefois de faire une exception pour M. D… qui, dans le rôle de Jeanne, fut un acteur parfait malgré son âge et représenta avec une conviction communicative le personnage de notre grande Sainte, tour à tour, simple et bonne fille des champs, devenant, en écoutant ses Voix, une Française vibrante de tout ce que souffre la Patrie et enfin un guerrière éloquente entraînant tout un peuple pour la défense du sol. Nos félicitations sincères et émues à M. D… pour le beau succès obtenu par lui par le simple effet de sa sincérité et de son admiration certaine pour le modèle qu’il avait à reproduire.

La partie musicale ne fut pas inférieure au reste : les choriste chantant sur la scène, et soutenus par d’autres chanteurs dans la salle, ainsi que dans les tragédies antiques, donnaient une réelle impression de grandeur et de majesté, surtout dans le chœur du 1er acte si touchant : Nous fuyons la Patrie, etc., et dans celui du 2e acte, éclatant comme un appel de trompette et d’un mouvement si entraînant : Dieu le veut !

L’orchestre très habilement dirigé fit bonne figure et compléta de façon excellente l’ensemble d’une réelle beauté.

Des intermèdes applaudis complétèrent agréablement le programme ; citons : Les deux grenadiers de Schumann, par M. P… La légende de la Sauge du Jongleur de Notre-Dame, le grand air de Patrie et Benvenuto par M. G… deux chanteurs émérites. L’assistance se retira émerveillée ne regrettant pas la longueur du spectacle, longueur causée par les changements de décors et reconnaissante aux organisateurs et aux acteurs dévoués qui nous ont permis de voir, une belle œuvre de plus, et non des moindres, représentée dans notre ville ou l’Art semble vouloir, depuis quelques mois, conquérir une première place à côté du travail.

À la demande générale, 2e et 3e représentations :

  • En soirée : samedi 23 octobre, à 8 heures ;
  • En matinée : dimanche 24 octobre, à 3 h. 1/4.

L’Ouest-Éclair
1er mai 1921

Jeanne d’Arc à Saint-Malo, 1er, 4 et 8 mai.

Lien : Retronews

Jeanne d’Arc au Patronage. — Ainsi que nous l’avons annoncé, la première représentation de Jeanne d’Arc de J. Barbier et H. Darbélit, drame en cinq actes, en vers avec chœurs, orchestre, et musique de Gounod aura lieu aujourd’hui dimanche 1er mai, dans la salle des Fêtes de la rue de Toulouse, en soirée 20 h. 30.

D’autres séances seront données en soirée, à 20 h. 30, le mercredi 4 mai, et en matinée, à 14 heures, le dimanche 8 mai.

On trouvera des cartes d’entrée dans les librairies de la Paroisse et maritime, chez M. Etrillard, rue Porcon, et chez Mlle Letimbre, rue de Dinan.

Le Nouvelliste de Bretagne
3 mai 1921

Lien : Retronews

Saint-Malo. La fête de Jeanne d’Arc. — À la fin de sa séance de mercredi, le Conseil municipal de Saint-Malo avait décidé que la Commission municipale des fêtes s’adjoindrait au Comité en voie de formation pour l’organisation de la fête de Jeanne d’Arc, qui coïncidera avec la huitième fête des sapeurs-pompiers des quatre-villes qui se tiendra le même jour dans notre ville.

Une réunion préparatoire a été tenue vendredi soir, à l’Hôtel de Ville, sous la présidence Le M. le maire, et a jeté les bases d’un programme de fêtes, qui va être soumises à l’agrément du commandant de la place, M. le général de division Blondin.

Ce programme comprend : le samedi soir 7 mai, concert par la Musique municipale et retraite aux flambeaux avec le concours de la clique des Corsaires Malouins ; le dimanche 8, à 11 heures, revue des troupes de la garnison et des pompiers, sur le terre-plein du bassin, à laquelle assisteraient toutes les sociétés de la ville et les enfants des écoles ; à 10 h. défilé en ville ; sonneries de cloches et salves d”artillerie ; l’après-midi, à 2 heures, représentation de Jeanne d’Arc, de Barbier, musique de Gounod, au patronage Saint-Jean de la Grille ; le soir, à 6 heures, salut solennel à la cathédrale et panégyrique de Jeanne d’Arc.

Le maire, enfin, va adresser un appel à la population, l’invitant à pavoiser et à illuminer.

[Édition du 4 mai :]

Jeanne d’Arc au Patronage. — La première représentation de Jeanne d’Arc, le drame de J. Barbier et H. Darbélit, musique de Charles Gounod a eu lieu dimanche [1er mai], devant un très nombreux auditoire, dans la salle des Fêtes du Patronage, rue de Toulouse, à Saint-Malo.

Cette belle œuvre a été admirablement interprétée par les chœurs et l’orchestre, sous la direction de M. l’abbé Saulnier, et, pour la partie dramatique, par Mlle Marguerite Rault, MM. Percevault, Guérin, Jehanne, Charpentier père et fils, Etrillard, Renault, […], Richard, Henry, Bénie, d’Arlatre, […] Rupéen, Arnault, Viguer, etc. qui tous ont été très applaudis.

Une deuxième audition aura lieu demain, mercredi 4 mai à 20 h. 30 et la troisième dimanche 8 mai, en matinée.

[Édition du 5 mai :]

Jeanne d’Arc au Patronage. — Rappelons que la deuxième audition de la Jeanne d’Arc de Barbier et Darbélit, musique de Gounod, sera donnée ce soir, mercredi 4 mai, à 8 h. 30, salle des fêtes du patronage, rue de Toulouse, à Saint-Malo.

L’Ouest-Éclair
21 août 1921

Reprise de Jeanne d’Arc, 24 et 30 août.

Lien : Retronews

Saint-Malo. — Reprise de Jeanne d’Arc.

Lors des représentations de mai, l’Ouest-Éclair et la presse locale ont donné l’analyse du beau drame de Barbier et Darbélit, qui transporte les spectateurs de la chaumière de Jeanne à Domrémy au château de Chinon, les conduit à Orléans et au sacre de Reims et les fait assister enfin à l’inique jugement de Rouen et au martyre de la Pucelle.

Les divers chroniqueurs furent unanimes dans leur appréciation élogieuse du talent des artistes de la scène, des chœurs et de l’orchestre. Le public malouin va retrouver, aux prochaines séances, la même brillante interprétation, une égale richesse des décors et des costumes, ainsi que le même brio d’exécution de la partie musicale écrite par Gounod.

L’interprétation de Jeanne d’Arc ne groupe pas moins de 120 exécutants.

Des séances sont prévues pour le mercredi 24 août et le mardi 30, en soirée, à 20 h. 30, dans la salle des Fêtes de la rue de Toulouse.

On trouve des cartes d’entrée rue Porcon, chez M. Etrillard, boulanger ; place du Pilori, il la Librairie de la Paroisse ; rue de Dinan, à la Librairie maritime, et chez Mlle Letimbre. Places réservées chez Mlle Letimbre.

Il est prudent de retenir ses places d’avance.

[Édition du 24 août :]

Jeanne d’Arc au Patronage. — Rappelons à nos lecteurs que c’est aujourd’hui, mercredi 24 août, que sera donnée en soirée la première représentation de Jeanne d’Arc, dans la salle des fêtes de la rue de Toulouse. Les portes seront ouvertes à 20 heures et la séance commencera exactement à 20 h. 30.

[Édition du 28 août :]

Jeanne d’Arc au Patronage. — Comme il était à prévoir, c’est devant une salle comble et une assistante enthousiaste que s’est déroulé, mercredi soir, le mystère de Jeanne d’Arc.

Ce fut un charme pour l’oreille que d’entendre la musique du maître Gounod, interprétée avec tant de brio et de délicatesse par les artistes de l’orchestre et les chants rendus avec tant d’âme et d’expression par les choristes. Charme également pour les yeux : déjà saisis par la grandeur et la beauté du sujet, éblouis par la richesse des décors et des costumes, les spectateurs ont suivi, haletants d’émotion, la bonne Lorraine, depuis la chaumière paternelle, parmi les fastes de la cour, le fracas des batailles, les splendeurs du sacre, jusqu’au bûcher où s’est consommé le martyre.

L’assistance d’élite, qui comptait nombre d’habitués de nos grandes scènes parisiennes, a montré par ses applaudissements répétés combien elle goûtait ce drame émouvant et vraiment beau, combien aussi elle appréciait le talent de nos dévoués artistes.

La seconde représentation de Jeanne d’Arc sera donnée mardi soir, dans la salle des Fêtes de la rue de Toulouse. On trouve des cartes d’entrée dans les magasins précédemment indiqués. Pour les places réservées, s’adresser à Mlle Letimbre, rue de Dinan.

[Édition du 30 août :]

Jeanne d’Arc au Patronage. — Une seconde représentation de Jeanne d’Arc, comme nous l’avons annoncé, aura lieu ce soir mardi 30 août, à 20 h. 30, dans la salle des Fêtes de la rue de Toulouse.

Sans nul doute, il y aura foule aussi est-il prudent do retenir ses places d’avance. On trouve des cartes d’entrer chez M. Etrillard, boulanger, rue Porcon ; place du Pilori, à la Librairie de la Paroisse ; rue de Dinan, à la Librairie maritime, et chez Mlle Letimbre. Pour les places réservées, s’adresser a Mlle Letimbre.

Comme mercredi dernier, la direction des tramways a aimablement consenti à assurer le retour des spectateurs tant vers le Sillon et Paramé que vers Saint-Servan, par un tram qui partira de la cale de Dinan à la fin de la séance.

Le Gaulois
10 mai 1922

Extrait de la chronique des Théâtres, par Nicolet. Jeanne d’Arc à l’Odéon.

Lien : Gallica

À l’Odéon. — À l’occasion de la fête nationale de Jeanne d’Arc, le conseil municipal a décidé, sur la proposition de MM. d’Andigné et Deville, de confier à M. Gémier le soin de représenter Jeanne d’Arc, de Jules Barbier, avec chœurs et musique de Gounod.

Deux de ces représentations, celles des lundi 15 et mardi 16 mai, en matinée, sont exclusivement réservées aux enfants des écoles, la troisième, le mercredi 17, en soirée, aux invités de la municipalité parisienne.

Il sied d’ajouter que la pièce sera donnée en représentations ordinaires le dimanche 21, en matinée et en soirée.

Le Gaulois
19 mai 1922

Extrait de la chronique des Théâtres, de Jacques Brindejonc-Offenbach (petit-fils d’Offenbach). Présence de la fille de Jules Barbier.

Lien : Gallica

On raconte que le soir de la première représentation de Jeanne d’Arc à l’Odéon, Mme Jeanne Barbier-Laffilée, fille de Jules Barbier, venait présenter ses compliments à Mlle Renée Pierny, qui interprétait Jeanne d’Arc avec la plus grande émotion et les plus belles qualités dramatiques. Dans la loge de la jeune artiste, se trouvait une visiteuse qui venait également exprimer sa satisfaction à l’héroïne de la soirée. Les deux dames parlaient de la pièce à la création quand, se regardant longuement toutes deux :

— Vous étiez à la création de Jeanne d’Arc ? dit la première.

— Parfaitement ! répondit la seconde. Mais qui donc êtes-vous ?

— Jeanne Barbier [69 ans (1852-1926)].

— Jeanne Gounod [58 ans (1863-1946)].

Les deux héritières de ces deux grands noms tombèrent dans les bras l’une de l’autre, devant la troisième Jeanne, très émue.

Le Journal de Roanne
27 décembre 1925

Jeanne d’Arc à Cours-la-Ville, 22, 29 novembre, 6, 13, 20, 27 décembre, 3 janvier, reprise 18, 25 ? avril, 2 mai ?

Lien : Retronews

Cours.La représentation de dimanche. M. Louis Mercier [célèbre poète de la Loire] a bien voulu accepter de la part du Groupe Catholique de présider la prochaine représentation de Jeanne d’Arc, dimanche 27 décembre à 2 h. 30, salle des Œuvres, rue Basse-Cruzille.

Depuis le 22 novembre, chaque séance de ce drame a été un nouveau succès, et marqué par des progrès constants dans son interprétation. La perfection a paru atteinte à la séance de dimanche dernier 20 décembre. Les chœurs ne firent pas entendre une seule note discordante et les acteurs qui possèdent parfaitement leur rôle, incarnent véritablement leur personnage. Rien d’étonnant donc s’ils ont, à la fin de la séance, suscité un véritable enthousiasme.

Mais dimanche prochain 27 décembre, l’intérêt de la séance sera dépassé encore par la présence de M. Louis Mercier, qui prendra la parole. C’est un honneur et un puissant encouragement pour le Groupe Catholique que de le recevoir. Ce sera, pour tous les spectateurs, un charme que de l’entendre leur dire ses impressions.

C’est un rare bonheur, un privilège pour Cours, d’avoir un tel hôte ! Que chacun prenne ses dispositions et se réserve une bonne place à la salle d’Œuvres.

[Édition du 3 janvier 1926, article de Louis Mercier :]

Avez-vous entendu parler des fameuses représentations de Jeanne d’Arc organisées, à Cours, par le Groupe catholique de cette ville ?

Je pense que oui, car de partout on y est allé, et nul n’y fut sans en revenir étonné et ravi. Le cri général est : Jamais on n’aurait cru qu’on pût faire si bien ! Cela passe tout ce qu’on pouvait attendre !

Ce fut, dimanche, exactement notre impression. La Jeanne d’Arc de Cours ? Tout simplement un des plus beaux spectacles dramatiques que j’aie jamais vus.

La pièce représentée est le drame en vers et en douze tableaux de Jules Barbier et Darbélit, dont la création remonte, croyons-nous, à une cinquantaine d’années, et pour lequel Gounod a écrit une série de chœurs à quatre voix mixtes. Plusieurs de ces chœurs, comme Nous fuyons la patrie, et Dieu de miséricorde, sont célèbres.

Puisque nous en sommes à la partie musicale, disons que l’orchestre et les chœurs, sous la direction de M. L. Longefay, furent admirables de discipline, de chaleur et d’entrain. Or, pas un professionnel parmi ces instrumentistes, et le chef, dont l’impeccable baguette émerveille les connaisseurs, est un charpentier qui ne donne à la musique que ses loisirs. Cela étant, l’exécution tient du prodige.

Et les décors ! Et la figuration ! Merveilleux aussi. La cour de Chinon, la scène du sacre, la scène du bûcher, impriment dans les yeux une vision d’art inoubliable. On a multiplié les figurants : de véritables foules occupent le théâtre par moment. Or, ces foules sont vivantes ; elles vont, viennent, remuent et participent vraiment à l’action. Et ceci est rare, même dans les théâtres de professionnels.

Enfin les acteurs. Aussi peu acteurs que possible, Dieu merci, sans l’ombre de cabotinisme, mais soulignant par la dignité de leur jeu, par la justesse de leur diction, et par la conviction qui les anime, les beautés de l’épopée qu’ils représentent. La jeune fille qui joue Jeanne d’Arc dresse de l’héroïne l’image la plus suave et la plus touchante. Avec une simplicité et un naturel exquis, elle s’acquitte de son rôle comme d’un acte de piété. C’est la perfection même.

Aussi ne faut-il pas s’étonner que six représentations successives n’aient pas épuisé le succès de ce beau spectacle. On y est venu depuis les abords de Lyon, et pas loin de 5.000 personnes ont défilé dans la grande salle des œuvres. On ne saurait trop féliciter tous ceux qui, acteurs, choristes, musiciens, décorateurs et organisateurs, se sont dévoués à cet apostolat artistique et religieux.

La dernière représentation aura lieu dimanche prochain 3 janvier.

[Édition du 18 avril :]

Comme il est annoncé plus loin, les représentations de Jeanne d’Arc, à Cours, vont reprendre. Il y en aura encore trois, et ce ne sera pas trop, certes, pour ceux qui n’ont jas vu ce beau spectacle et pour ceux qui veulent le revoir.

Rappelons que le texte, en vers, de Jules Barbier, est illustré de la belle musique de Gounod. Cette musique, interprétée par des chœurs puissants, un orchestre admirablement discipliné, fait au drame le plus éloquent des commentaires.

De Domrémy au bûcher de Rouen la vie de Jeanne d’Arc déroule ses épisodes tour à tour magnifiques et douloureux. Les acteurs de Cours apportent à leur rôle une simplicité et une émotion qui, chez des professionnels, seraient le comble de l’art, et qui chez eux est l’expression même de leur foi religieuse et patriotique. La perle de la troupe est cette exquise Jeanne d’Arc en qui tous les spectateurs ont eu l’impression de voir la sainte et douce héroïne elle-même.

Allez à Cours, et vous verrez une belle chose.

Nous rappelons que c’est dimanche 18 avril, à 2 h. 30, que le Groupe Catholique reprend la représentation de Jeanne d’Arc, drame en 5 actes, en vers, de J. Barbier, musique de Ch. Gounod. La partition musicale intégrale du grand maître est assurée par un orchestre symphonique de 45 instrumentistes et un groupe de 60 vocalisants. Ceux qui ont déjà vu, en assistant à l’une des huit séances données, savent que rien n’a été négligé pour faire de l’œuvre de Barbier-Gounod une grandiose réalisation artistique.

Le Figaro
13 janvier 1926

Jeanne d’Arc, opéra inédit de Gounod à Monte-Carlo.

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Monte-Carlo. — L’ouverture de la saison d’opéra de Monte-Carlo est toujours le grand événement impatiemment attendu par tous les amateurs de grand art.

Chaque année, ce théâtre, que l’on a surnommé le phare du monde musical, apporte, à côté d’un répertoire chanté par des artistes hors ligne, des créations qui, par la suite, font le tour du monde entier. Et l’administration de la Société des Bains de Mer de Monaco ne recule devant aucun sacrifice pour maintenir cette réputation mondiale.

C’est l’Opéra de Monte-Carlo qui, le premier, a créé les œuvres de Berlioz et de César Franck. C’est là que furent chantées pour là première fois en français les œuvres de Wagner : Tristan et Isolde, l’Or du Rhin et Parsifal.

Pendant plus d’un quart de siècle, les maîtres de la musique française, avec Saint-Saëns et Massenet en tête, donnèrent la primeur de leurs œuvres à l’Opéra de Monte-Carlo, pour avoir, ainsi qu’ils le disaient, la réalisation de leur rêve.

La jeune génération, les grands musiciens actuels, Ravel, Honegger, ont suivi l’exemple donné par leurs devanciers.

Que sera la saison actuelle ? Quelles seront les créations sensationnelles ?

Ce sera d’abord Judith, opéra en trois actes de Honegger sur un poème de Morax. Une Jeanne d’Arc, de Gounod, absolument inédite. Un opéra en trois actes de Puccini sur un poème de Paul Milliet : l’Hirondelle, un hommage et un souvenir attendri aux deux maîtres disparus, car le doux et génial Puccini et son collaborateur Paul Milliet sont morts cette année. Un opéra de Vitadini, de la jeune école italienne, intitulé Nazareth et last not least, la création en français du Chevalier à la Rose de Richard Strauss. […]

Le Mémorial de la Loire
18 mars 1926

Jeanne d’Arc à Tours, 8 représentations.

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Récemment, à Tours, huit représentations de la Jeanne d’Arc, de Barbier, n’épuisaient pas le succès de cette tragédie, dont la musique de Gounod vient heureusement rehausser les vers un peu pâles. Là aussi, de magnifiques décors, une figuration somptueuse ne contribuaient pas médiocrement au plaisir des yeux et de l’esprit. Et puis, le rôle de Jeanne avait trouvé dans une jeune fille de l’endroit une interprète vraiment exquise.

Le Gaulois
1er avril 1926

Extrait de la chronique, le Gaulois au théâtre, de H. Sellier. Création de l’opéra Jeanne d’Arc à Monte-Carlo.

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Opéra de Monte-Carlo.Jeanne d’Arc, opéra inédit en sept tableaux, de Charles Gounod [première le 28 mars 1926].

Une grande première d’une œuvre posthume de Gounod, trente-trois ans après sa mort, cela semble invraisemblable ; et voilà qui donnera a réfléchir aux musiciens moins illustres qui se plaignent (à bon droit) d’attendre les calendes grecques.

Mais il y a les calendes monégasques : parce qu’il y a un Raoul Gunsbourg.

Gounod avait composé jadis une importante musique de scène pour le drame Jeanne d’Arc, de Jules Barbier, créé en 1873 à la Gaîté, repris en 1890 à la Porte-Saint-Martin, avec Sarah Bernhardt, dont ce fut une des plus admirables incarnations.

L’éditeur de Gounod, Paul de Choudens, lui avait demandé d’amplifier sa partition et d’en faire un véritable opéra. Gounod apporta en 1883, à Choudens, une partition d’oratorio, déclarant qu’il n’avait pas vu la possibilité d’écrire un véritable opéra dans la formule, alors consacrée, des nécessités et des lois du théâtre.

Au lendemain du triomphe de la Damnation de Faust, adaptée à la scène par M. Raoul Gunsbourg et créée à l’Opéra de Monte-Carlo avant d’être sous sa nouvelle forme acclamée dans le monde entier, Paul de Choudens songea que la Damnation de Faust étant un oratorio, l’oratorio de Gounod Jeanne d’Arc pouvait bénéficier également d’une mise à la scène. Il se heurta contre le refus de Gailhard, directeur de l’Opéra, et qui déclarait la chose irréalisable.

Les années passèrent. Mais y a-t-il rien au monde qui soit irréalisable, pour ce magicien Raoul Gunsbourg ?

Grâce à ce directeur, le plus judicieusement oseur de tous, la Jeanne d’Arc de Gounod, avec une mise en scène synthétique et qui devance toutes les audaces modernes, vient de remporter à l’Opéra de Monte-Carlo un succès immense, le plus magnifique peut-être de tous les glorieux succès de cette grande et exceptionnelle scène d’art.

Il est superflu de raconter en détail le sujet du scénario, d’après le drame de Jules Barbier. Les principaux faits de la vie et de la mission de Jeanne d’Arc y sont traités dans un raccourci impressionnant qui respecte l’histoire et qui ne s’attarde jamais à des épisodes oiseux.

Depuis son départ de Domrémy jusqu’à la Cour de Charles VII, jusqu’au camp d’Orléans, jusqu’au sacre de Reims, jusqu’à la prison, jusqu’au bûcher de Rouen, Jeanne, la grande héroïne française, nous est révélée tout entière dans sa simplicité de petite bergère, dans sa sublime grandeur de libératrice et de martyre, par la musique incomparablement belle du génial musicien français Gounod, de très glorieuse et d’immortelle mémoire.

Tout serait à citer dans cette partition magnifique : les préludes d’orchestre, qui sont d’un symphoniste magistral, très en avance sur l’époque où il vivait et qui a prévu, a deviné et réalisé tant de choses qui, aujourd’hui, semblent écrites d’aujourd’hui.

Mais il faut se borner et ne citer que les pages capitales, toutes de la plus haute beauté.

Au premier tableau (Domrémy), le chœur si profondément douloureux des paysans qui fuient leur patrie ; la fervente prière de Jeanne, ponctuée de cloches ; le dialogue de Jeanne avec ses Saintes, avec ses voix. Au seconde tableau (la Cour de Charles VII), les danses gracieuses, archaïques et l’exquise ballade galante du page Loys puis la prière secrète du Roi. le dialogue du Roi et de Jeanne, le cri de guerre de la bergère et le grandiose chœur : Dieu le veut. Au troisième tableau (le camp d’Orléans), le chœur des soldats avinés ; la robuste chanson narquoise de Perrine : Rentrez vos cornes ! ; la prière de Jeanne et des chœurs : Dieu de miséricorde ! d’un splendide élan. Au quatrième tableau, devant la cathédrale de Reims, le gracieux épisode des jeunes filles qui vont offrir des fleurs la Madone, et le monologue dramatique de Jeanne, qui se devine trahie. Le cinquième tableau, c’est le sacre dans la cathédrale : page d’une grandeur sublime et qui a soulevé une telle ovation sans fin que, devant cet immense frisson de tout le public, M. Léon Jehin fit jouer par l’orchestre la Marseillaise. Alors, ce fut du délire : un enthousiasme sans précédent se déchaîna, des larmes coulaient de tous les yeux, et ce fut une manifestation française des plus émouvantes : ce n’était plus seulement le grand Gounod que l’on acclamait, ce n’était plus seulement la grande héroïne Jeanne d’Arc, c’était la France, qui a produit et cette immortelle héroïne et cet immortel musicien.

Est-il besoin d’ajouter, après cela, que le tableau de la Prison et celui du Supplice à Rouen déchaînèrent des ovations nouvelles, et que cette création du chef-d’œuvre posthume de Gounod restera comme une des dates les plus glorieuses dans l’histoire de l’Opéra de Monte-Carlo ?

Mlle Bonavia, dont nous avions déjà admiré le talent de cantatrice et de tragédienne lyrique dans la Judith de M. Honegger, incarnait Jeanne d’Arc ; elle l’a vraiment incarnée, avec une simplicité parfaite, avec des élans superbes, avec des découragements poignants et, dans la scène du Supplice, avec une ferveur hiératique de la plus grande et de la plus émouvante beauté. Le public a triomphalement acclamé cette jeune cantatrice que cette très exacte et très complète réalisation de Jeanne d’Arc classe parmi les artistes de grande race.

Mlle Jeanne Weit, dans la Ballade du page Loys, fut exquise de frivolité galante, en petit trouvère d’une cour d’amour : petit rôle, mais délicieusement artiste.

Mme Dubois-Lauger a donné un grand relief à la chanson narquoise : Rentrez vos cornes ! Cette mélodie truculente fut mise en toute sa valeur et par la très belle voix de Mme Dubois-Lauger et avec toutes les intentions moqueuses dont pas une ne fut omise par elle.

Le ténor, M. Dubois, dans le rôle du roi Charles VII, fit apprécier son généreux organe et son talent de comédien ; il traduisit le mieux du monde la frivolité naturelle et les angoisses intermittentes du monarque à qui Jeanne donne une couronne et qui ne s’en soucie plus.

D’autres rôles épisodiques furent tenus en excellent ensemble par Mlle du Breuil (fort belle Agnès Sorel), Mmes Lacroix et Bilhon (les Voix des Saintes), MM. Warnery, Lubin et Issaurat.

Les chœurs, qui ont en cette œuvre une part des plus importantes, furent à la hauteur de leur renommée.

L’orchestre, de même, sous la magistrale direction de M. Léon Jehin.

Ce fut une très belle et très glorieuse manifestation française, toute à l’honneur du génial Gounod, toute à l’honneur de la grande héroïne de France, et, ajoutons-le, toute l’honneur de M. Raoul Gunsbourg, sans qui cette œuvre admirable, trop longtemps enfouie sous les ténèbres, n’aurait pas enfin brillé de son merveilleux éclat. L’initiative (une de plus !) de M. Raoul Gunsbourg apporte un nouveau triomphe à la musique française.

Le Figaro
1er avril 1926

Article de J. Sclesinger, extrait de la Chronique théâtrale. Longue analyse critique.

Lien : Gallica

Opéra de Monte-Carlo. — Création : Jeanne d’Arc de Charles Gounod.

Trente-trois ans après la mort de Charles Gounod, l’Opéra de Monte-Carlo vient de créer, avec un immense succès, Jeanne d’Arc, opéra inédit en sept parties, du génial musicien, de Faust, de Roméo et Juliette et de Mireille.

Comment une œuvre d’un tel maître a-t-elle dû attendre si longtemps ? Comment est-ce seulement aujourd’hui qu’elle est révélée au public ? C’est ce qu’avant tout il importe de dire.

Charles Gounod avait composé une importante musique de scène (orchestre, chœurs et soli) pour le drame Jeanne d’Arc, de Jules Barbier, représenté pour la première fois au théâtre de la Gaîté le 8 novembre 1873, repris au théâtre de la Porte-Saint-Martin avec Sarah Bernhardt, en 1890.

Dès le début, Jeanne d’Arc remporta un très grand succès qui décida Paul de Choudens à demander à Gounod de compléter sa partition et d’en faire un opéra.

Gounod se mit à l’œuvre. Et, en 1883, il apporta à Choudens sa nouvelle partition de Jeanne d’Arc en lui déclarant qu’il n’y voyait pas un opéra, mais qu’en développant sa musique il en avait fait un oratorio.

Dix ans plus tard, le retentissant succès, à l’Opéra de Monte-Carlo, de la Damnation de Faust, également oratorio adapté à la scène par M. Raoul Gunsbourg, Choudens, pensant que l’on pouvait faire une pareille tentative avec Jeanne d’Arc, s’adressa à Pedro Gailhard, directeur de l’Opéra, et lui demanda de réaliser pour l’œuvre de Gounod ce que M. Raoul Gunsbourg avait réalisé pour celle de Berlioz.

Gailhard, après avoir étudié la partition, la rapporta à Choudens en avouant l’impossibilité absolue pour l’Opéra de représenter Jeanne d’Arc, attendu que, s’il y a des actes qui durent un quart d’heure ou vingt minutes, il y en a d’autres qui ne durent que cinq ou sept minutes : or, à l’Opéra, il faut au moins vingt minutes pour un changement de décor. Gailhard ne voyait donc pas la possibilité de faire des entractes de vingt minutes pour des actes de cinq minutes.

L’année dernière, M. Raoul Gunsbourg, au cours d’une conversation avec Choudens, lui demanda :

— Où en est donc la question de cette Jeanne d’Arc, dont vous m’avez parlé autrefois ?

Choudens répondit :

— C’est irréalisable, à cause des raisons données par Gailhard.

M. Gunsbourg pria Choudens de lui confier la partition et, deux jours après, il vint le trouver et lui dit :

— Je monte Jeanne d’Arc à l’Opéra de Monte-Carlo. J’ai une idée de mise en scène nouvelle, dans le genre des Mystères du Moyen Age, qui me permettra de donner l’œuvre avec un seul entracte.

Et-voilà comment le public de l’Opéra de Monte-Carlo, devant lequel ont eu lieu, les plus grandes créations du monde, a eu la primeur d’une œuvre inédite de Gounod.

Jeanne d’Arc comporte sept tableaux :

  1. Domrémy, avec l’immense désolation du peuple forcé de fuir la patrie. Jeanne adresse au ciel une fervente prière : au son des cloches, les saintes se révèlent : Jeanne entend leurs voix qui lui dictent sa mission, à laquelle elle se soumet, extasiée.
  2. À la Cour de Charles VII, les danses frivoles et la légère Ballade galante sont interrompues par l’arrivée de Jeanne. Ici se place la scène historique où elle reconnaît le Roi sans l’avoir jamais vu et bien qu’il ait confié à de Thouars son collier, insigne de sa royauté. Elle s’agenouille à ses pieds et lui demande une armée pour délivrer Orléans, avant qu’il puisse recevoir le diadème à Reims. Et cet acte, commencé dans l’insouciante gaieté d’une fête de Cour se termine par un immense cri de croisade : : Dieu le veut !
  3. Le camp, avec ses beuveries, son désordre, la chanson de Perrine : Rentrez vos cornes !, ses jeux et ses ripailles aux quels Jeanne vient sévèrement mettre fin : tous s’agenouillent et c’est la fervente invocation au Dieu de miséricorde, que conclut le cri de Jeanne : L’ennemi est à vous, aux armes !
  4. À Reims : Jeanne, devant la cathédrale, entourée de jeunes filles, les envoie porter des fleurs à la Vierge. Puis, seule, sachant par ses voix qu’elle sera trahie, et vendue et livrée ; elle a un moment de découragement.
  5. La Cathédrale : c’est la grandiose scène du Sacre.
  6. La Prison : les soldats, indifférents, jouent aux dés et boivent à côté de Jeanne enchaînée : les Saintes se révèlent de nouveau à Jeanne qui accepte son sacrifice, tandis que les soldats continuent à jouer et à boire.
  7. Rouen : c’est la marche au supplice, c’est le bûcher, avec tout le mouvement des soldats, des juges, des prêtres et de la foule : Jeanne expire en entendant l’appel des voix ; le peuple se disperse, triste et angoissé, et un vieillard s’écrie : On vient de brûler une sainte !

Cette série de tableaux, dans leur raccourci, donne bien, en effets l’impression d’un mystère : il était d’ailleurs difficile, sinon impossible, de tirer un véritable drame d’un tel sujet et avec une telle héroïne, à moins de manquer de respect à l’histoire, qui est précise, et à la sublime simplicité de Jeanne.

Mais ce qu’aucun poète n’oserait tenter sans témérité, un musicien, et surtout Gounod, pouvait le réaliser : et, de fait, la partition de Jeanne d’Arc, de l’inspiration la plus riche et la plus pure, est de la plus noble élévation, et de la vie la plus intense. Si les chœurs de désolation, au début de l’œuvre, sont d’une expression vraiment douloureuse, si les prières de Jeanne et les voix des Saintes sont d’un élan et d’une sérénité admirables, par contre, il y a les plus heureux contrastes entre les danses et chansons de Cour, les chants et jeux des soldats, d’une part, et d’autre part, la grandeur héroïque et sacrée du rôle de Jeanne. Et certaines scènes, le Sacre et le Supplice atteignent au sublime.

La surabondance mélodique et la suprême qualité de cette partition, où le génie de l’illustre maître se manifeste partout avec l’éclat le plus pur, ont valu à cette œuvre posthume un succès sans précédent, même dans les fastes de l’Opéra de Monte-Carlo.

Lorsque Jeanne, à Reims, baise pieusement sa bannière, il y eut dans, le public un frémissement d’émotion plus encore que d’admiration : toute la salle, debout, avec des larmes coulant de tous les yeux, acclama si longuement, si interminablement que, devant cette grandiose ovation, M. Léon Jehin fit attaquer par l’orchestre la Marseillaise : les acclamations redoublèrent. Il y eut là un élan magnifique d’enthousiasme : et ce fut, à la gloire d’une œuvre française et d’un grand musicien français, un inoubliable triomphe français.

L’interprétation de cette œuvre magistrale, l’une des plus belles de Gounod, fut splendide :

Mlle Bonavia, dans le rôle de Jeanne d’Arc, incarna idéalement la sainte héroïne de France : très purement, naïve, vraie petite vierge de Domrémy, dès le début, elle traduisit avec une angoisse émouvante la douleur de voir l’exode des pauvres paysans chassés de leurs foyers. Elle chanta sa prière et écouta ses voix avec une ferveur mystique impressionnante et des attitudes de sainte d’un beau vitrail. Puis, à mesure que sa mission se développe, Mlle Bonavia fut toute la vraie Jeanne d’Arc, simple, ardente, persuasive, héroïque, tragique, douloureusement sacrifiée : j’ai dit son emportement sublime à la scène du Sacre. Il faut dire la sublime beauté de sa mort. Cette très belle artiste a trouvé dans ce rôle la haute consécration de son admirable talent de cantatrice et de tragédienne et sa profonde compréhension d’un des personnages les plus difficiles à faire revivre, parce qu’aucun autre n’exige à la fois tant de simplicité et tant de grandeur.

Mlle Jeanne Weit chanta délicieusement l’adorable cantilène du second tableau, mélodie d’une grâce légère, qu’elle détailla avec la plus gracieuse légèreté. Mme Dubois-Lauger, au troisième tableau, mit en relief, d’une voix chaleureuse et avec une verve débordante, la chanson Rentrez vos cornes !

Le ténor M. Dubois, à qui incombait le rôle du roi Charles VII y fut excellent chanteur et non moins parfait comédien ; il traduisit à merveille le caractère frivole de ce monarque, puis ses cruelles incertitudes sur sa légitimité. Ces deux facettes, presque contradictoires et pourtant vraies, de son personnage furent mises par lui en vive lumière avec un très habile souci de l’harmonieuse opposition.

Il nous reste a nommer Mlle Du Breuil, fort belle Agnès Sorel ; Mmes Lacroix et Bilhon, qui ont remarquablement chanté les rôles des deux Saintes (les Voix de Jeanne), MM. Warnery et Lubin, excellents chanteurs et très adroits comédiens.

Mention spéciale est due aux chœurs, dont la responsabilité est lourde en cette œuvre, et qui ont chanté et joué à la perfection. Sous la direction du maître Léon Jehin, Jeanne d’Arc fut magnifiquement interprétée par le bel orchestre de Monte-Carlo.

Mais c’est surtout M. Raoul Gunsbourg qu’il faut féliciter de nous avoir donné, lui le premier, lui le seul, cette grandiose représentation, toute à la gloire de la musique française.

La Volonté
2 avril 1926

Article de Jacques Chabannes.

Lien : Retronews

La première représentation de Jeanne d’Arc, opéra inédit en sept parties, de Charles Gounod, a remporté un succès triomphal.

Ce drame sacré, par son caractère patriotique, par la splendeur de sa grande héroïne, est d’un très puissant intérêt. Il a inspiré, jadis, à Gounod, une partition de l’inspiration la plus généreuse, et de la plus magnifique richesse mélodique.

Tenu longtemps à l’écart de la scène, parce qu on le trouvait injouable, ce pur chef-d’œuvre de musique française, grâce à l’initiative de M. Raoul Gunsbourg, et grâce à sa mise en scène synthétique et neuve, a été acclamé par le public du théâtre de Monte-Carlo et reçu enfin le tardif hommage des acclamations qu’il méritait.

L’interprétation en fut admirable : Mlle Bonavia incarne idéalement la grande Lorraine : sa voix superbe, conduite avec l’art le plus sûr, et sa composition très gracieuse, très noble vante, lui ont valu de chaleureuses ovations.

Les autres rôles étaient tenus, avec un ensemble de tout premier ordre, par Mlle Jeanne Weit, cantatrice délicieuse dans le rôle du page Loys ; Mme Dubois Lauger, qui a chanté avec verve les couplets de Perrine ; M. Dubois, ténor du meilleur style, qui a composé avec une vérité minutieuse le personnage complexe et difficile du roi Charles VII : Mlle Du Breuil, très gracieuse Agnès Sorel, et, dans des rôles épisodiques, MM. R. Lubin et Issaurat.

Les chœurs ont fait merveille ainsi que l’orchestre, magistralement dirigé par M. Léon Jehin.

L’Express du Midi
10 mai 1926

(Lien : Gallica.)

Jeanne d’Arc au Jardin-Royal.

À 16 h. 30, dans la salle du Jardin-Royal, s’est déroulée une magnifique représentation du grand drame en vers, Jeanne d’Arc, une MM. Jules Barbier et Henri Darbélit ont écrit dans un style châtié et harmonieux : les cinq actes et les sept tableaux de cette pièce furent joués magistralement.

Gilette d’Oc interpréta le rôle, difficile entre tous, de l’héroïne, avec une parfaite compréhension. Sa diction parfaite et ses talents d’artiste accomplie, lui permirent de jouer le rôle de Jeanne d’Arc avec une pieuse et admirable fermeté.

Mlle Élise Just et Mlle Coste, dans les rôles d’Isabelle et de Loys, furent excellentes et l’on applaudit vivement les soli de Mlle Just et de M. C. Ergen.

Nous devons féliciter très sincèrement M. Édouard Azéma, que personne, à Toulouse, n’a oublié. M. Azéma fut longtemps l’artiste aimé des Toulousains et il le sera encore. Sa verve et sa fantaisie restent légendaires, et il avait bien voulu concourir au succès de la représentation de Jeanne d’Arc par la collaboration précieuse de son activité et de son talent artistique.

Tous les interprètes de ce grand drame furent longuement applaudis ; citons MM. Roger Roux, Hasser, Germain, Sujal, Bayle, Gérard, Langien, Géraud, Laurent, Daffier, Gillet, Louit, Duparc, Marcey, etc…

Le piano d’accompagnement était tenu par Mme Causon, avec son habituelle maîtrise.

La Croix
4 juillet 1926

Jeanne d’Arc au théâtre de la Passion de Nancy, 12 représentations.

Lien : Gallica

Une bonne nouvelle nous arrive de Nancy qui va réjouir tous les spectateurs de la Passion.

On va reprendre cette année, au théâtre si renommé, le mystère français et lorrain : Jeanne d’Arc.

Un prologue, 22 tableaux et une apothéose encadrent cette pièce.

Le charme de l’enfant de Domrémy, la beauté d’une fête de village, les apparitions célestes, les chevauchées guerrières, les signes merveilleux que Jeanne donne au roi de France pour lui prouver sa mission, le triomphe, le martyre, telle sont les scènes les plus émouvantes, incomparables et inédites qui vont se dérouler au théâtre de la Passion.

400 acteurs, un orchestre choisi de 50 musiciens, 200.000 francs de décors, autant pour les costumes, cela suffit pour montrer l’importance de cette représentation.

Nul doute que Nancy ne soit cette année le but principal des excursions de vacances.

Séances : les dimanches 4, 11, 23 juillet, 1er, 8, 22 août, 5, 12, 26 septembre, de 9 h. 1/2 du matin à 4 h. 1/2 du soir. En semaine : les mercredis 7 juillet et 4 août et le lundi 30 août, de 4 h. 1/2 à 11 h. 1/2 du soir.

Places : 10, 15, 20, 25 et 30 francs ; fauteuils, 50 francs. S’adresser à Mgr Petit, 116, rue Jeanne d’Arc, Nancy. Chèque postal : Nancy 4.883. Repas complets : A. Wautier, 127, rue Jeanne-d’Arc.

[Édition du 7 août :]

Les représentations de Jeanne d’Arc, au théâtre de la Passion (146, rue Jeanne-d’Arc, Nancy), connaissent un immense succès : salle comble chaque fois.

La représentation du 25 juillet était présidée par Son Éminence le cardinal Luçon, archevêque de Reims, le 1er août par M, Prunel, vice-recteur de l’Institut catholique de Paris. Six évêques sont annoncés pour présider les prochaines représentations : le 4 août, Mgr Ginisty, évêque de Verdun : le 8 août, Mgr l’évêque de Blois ; le 22, Mgr l’évêque de Luxembourg ; le 30, Mgr Ruch, évêque de Strasbourg ; en septembre, NN. SS. les évêques de Châlons et de Metz.

L’auditoire est aussi respectueusement attentif et même plus ému que durant les représentations de la Passion. Pendant la seconde partie, les larmes coulent presque constamment.

La mise en scène est plus somptueuse qu’à la Passion, les décors plus variés, les costumes plus riches.

Le sujet, moins grandiose (puisque la Passion est l’éternel drame du Calvaire), est cependant profondément saisissant et tragique. L’immolation de Jeanne d’Arc rappelle celle du Christ. Les deux se terminent par un martyre et une rédemption.

Nul doute que la vaste salle du théâtre de la Passion ne soit remplie jusqu’en octobre, il est prudent de retenir ses places quinze jours au moins à l’avance en écrivant à Mgr Petit, 146, rue Jeanne-d’Arc.

Séances les 8, 22, 30 août, 5, 12, 26 septembre. Places de 15 à 50 francs. Réductions par groupes. Tarifs spéciaux pour patronages.

[Édition du 29 septembre :]

La représentation de dimanche [26 septembre] au théâtre de la Passion à Nancy a été présidés par NN. SS. Tissier, évêque de Châlons, et Termier, évêque de Tarentaise.

Aux acteurs du drame de Jeanne d’Arc, Mgr Petit, curé de Saint-Joseph, avait ménagé à la messe de 8 heures, l’encouragement d’une allocution de Mgr l’évêque de Châlons.

Assistait aussi à la représentation, Mme de Meyembourg, petite-fille de Jules Barbier, auteur du drame de Jeanne d’Arc, en collaboration avec Charles Gounod.

Le Journal du Cher
29 janvier 1928

Jeanne d’Arc à Bourges, jeunes filles de la paroisse, 5, 9, 12 février.

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Bourges. — Dans la salle des fêtes de la rue Jean-de-Berry, l’Association du Sacré-Cœur va faire représenter, par le groupement des jeunes filles de la paroisse, avec chœur et orchestre, le drame de Jules Barbier : Jeanne d’Arc, musique de Charles Gounod, pièce qui n’a pas encore été représentée à Bourges, du moins depuis longtemps.

Trois représentations auront lieu : le dimanche 5 février à 15 heures, le jeudi 9 à 20 heures, le dimanche 12 à 15 heures.

Prix des places : 5 francs, 4 francs, 3 francs, 2 francs et 1 fr. 50.

Pour retenir les billets à l’avance, s’adresser au presbytère du Sacré-Cœur, 10, rue de l’Observatoire, bureau de la Neuvaine.

[Édition du 10 février :]

Nous rappelons que c’est ce soir jeudi que sera représentée, à la salle de l’Association du Sacré-Cœur, rue Jean-de-Berry, la tragédie historique : Jeanne d’Arc.

À 8 h. 1/4. ouverture des portes. — Rideau à 8 h. 30 précises.

[Édition du 13 février :]

Il a été donné mardi dans cette feuille [édition du 7 non disponible] un compte rendu assez détaillé de la représentation de dimanche au Patronage du Sacré-Cœur. Je me permets d’y ajouter quelques détails que je crois intéressant. [S’en suit une longue dissertation sur les représentations littéraires de Jeanne d’Arc au fil des siècles.]

Le Petit Courrier
16 avril 1928

37e de Jeanne d’Arc au patronage Saint-Vincent de Paul d’Angers.

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Patronage Saint-Vincent de Paul [d’Angers]. — Pour clôturer sa saison théâtrale, le patronage Saint-Vincent de Paul va reprendre la jolie pièce de Jeanne d’Arc, paroles de Jules Barbier et musique de Charles Gounod.

Avec la Passion et la Pastorale, Jeanne d’Arc fit salles archicombles durant les 36 représentations qui eurent lieu successivement en :

  • 1907 : 18 fois ;
  • 1908 : 3 fois ;
  • 1911 : 4 fois ;
  • 1912 : 4 fils ;
  • 1914 : 3 fois ;
  • 1923 : 4 fois.

Les nouvelles reprises comporteront plusieurs modifications importantes, tant au point de vue paroles que mise en scène et chœurs.

Le livret, cette fois, sera interprété sans aucune coupure, les chants seront complétés, différentes scènes vont être ajoutées et les décors seront majestueux au plus haut point.

La direction s’est imposée pour ces représentations une lourde charge, voulant terminer la saison 1927-28 par une apothéose artistique.

Les séances seront données le 29 avril, 6, 13 et 20 mai en matinées.

Aussitôt que nous donnerons dans ce journal, la date d’ouverture de la location, le public est aimablement averti de réserver ses places ; dès les premiers jours, pour les quatre représentations.

[Édition du 8 mai :]

Jeanne d’Arc au patronage Saint-Vincent de Paul.

Nous avons déjà eu maintes fois l’occasion de parler de ce grand patronage de la Doutre, de ce milieu ouvrier si bien organisé au point de vue religieux et social : éducation physique et morale, chapelle, salle d’étude, sports et théâtre.

Le public angevin est unanime à reconnaître tous ses bienfaits ; il en fournit la preuve en toutes circonstances.

Hier, la foule se pressait aux portes de sa vaste salle de spectacle, et c’est devant un auditoire nombreux et attentif que fut donnée la 37e représentation de Jeanne d’Arc.

Cette pièce donnée en fin de saison sera une remarquable manifestation théâtrale, clôturant ainsi dignement le beau répertoire de l’année de ce patronage.

Un sujet d’une parfaite vérité, où tout se tient, s’enchaîne et dont les épisodes multiples constituent un enseignement patriotique au plus haut point. Cette œuvre restera toujours jeune et ne cessera d’être applaudie, parce qu’elle est écrite, non seulement avec poésie, mais aussi avec une sincérité simple et émouvante ; puis cette jolie musique de Charles Gounod !… Quel charme ! Tour à tour légère, implorante, majestueuse !

Très bonne interprétation, les principaux rôles remplis avec art et d’une façon brillante, ceux de second plan furent franchement bien, les chœurs, d’une nouvelle disposition, furent ravissants.

Jeanne, au rôle écrasant, s’est montrée parfois douce, résignée, parfois douloureuse ou touchante, mais aussi la guerrière stimulant ses compagnons d’armes, le chef dirigeant son armée avec bonté, mais sans faiblesse.

Dans La Hire, la voix, le regard, l’expression, tout est parfait ; de Thouars, beau seigneur, égoïste et efféminé ; Charles VII, jeune roi sans volonté ; Dunois, Xaintrailles, Warwick, Loiseleur, etc., forcèrent l’admiration du public.

La mise en scène, très soignée, fut splendide ; le palais du roi, la cathédrale de Reims, les remparts d’Orléans, la place du Vieux-Marché de Rouen, Adèle reproduction, le bûcher, les voix et l’apparition des saintes consolatrices de Jeanne, cette foule enivrée, puis, au milieu des flammes, l’agonie de notre sainte nationale, enfin le tableau final, véritable apothéose. Nos compliments au metteur en scène et à ses vaillants machinistes.

Une mention toute spéciale aux costumières du patronage qui, en quelques semaines, confectionnèrent les tenues si fraîches de tous ces personnages.

Pour terminer, nos félicitations à l’orchestre, composé d’une phalange d’artistes de nos concerts populaires, aux dames choristes toutes dévouées à l’œuvre ; enfin, et tout particulièrement à M. Bioret, digne successeur de M. l’abbé Jaudoin, qui dirigea ses musiciens avec habileté et précision, obtenant le maximum d’effet dans cette œuvre de Gounod confiée à sa baguette.

R. L.

Le Devoir
23 avril 1928

Jeanne d’Arc au collège Sainte-Marie, de Montréal.

Lien : BAnQ

Au Collège Sainte-Marie. — À l’occasion de la fête de leur Recteur, le R. P. Joseph Carrière, les élèves du Collège Sainte-Marie interpréteront, cette année, la célèbre pièce en vers de Jules Barbier : Jeanne d’Arc.

On a fait un heureux aménagement de ce drame afin qu’il puisse être représenté sur une scène collégiale et l’addition des chœurs de Gounod devra largement contribuer à son succès. Un chœur de 125 voix, soutenu par un puissant orchestre, interprétera ces chœurs reconnus comme des chefs-d’œuvre d’adaptation musicale.

Cette séance aura lieu les mercredi et vendredi : 16 et 18 mai prochain. Les billets sont en vente au sous-bassement du Gesù. Tel. Lancaster 4453.

L’Écho de Rive-de-Gier
3 février 1929

Jeanne d’Arc à Izieux, 3, 10, 17, 24 février et 3 mars.

Lien : Retronews

Pour le Ve centenaire de notre sainte et héroïne nationale, les Œuvres d’Izieux donnent à partir du 3 février : Jeanne d’Arc, drame en 5 actes et 8 tableaux de Jules Barbier, musique de Charles Gounod.

Tableaux :

  1. Domrémy. — Introduction (orchestre) ; Chœur des Fugitifs (orchestre et chœurs) ; Les Voix (orchestre et chœurs).
  2. Vaucouleurs.
  3. Chinon. — Dieu le veut ! (orchestre et chœurs).
  4. Les Tourelles. — Dieu de miséricorde (orchestre et chœurs).
  5. Orléans.
  6. Reims. — Marche du Sacre (orchestre et chœurs).
  7. La prison. — J’ai bonne espérance (orchestre et solistes) ; Communion de Jeanne (orchestre).
  8. Le bûcher. — Marche funèbre (orchestre et chœurs) ; Final (orchestre et chœurs).

Rien n’a été épargné pour mettre en pleine valeur le chef-d’œuvre du maître Charles Gounod. L’orchestre et les chœurs groupent plus de 100 exécutants. Sur scène évolueront plus de 60 acteurs.

Un programme, très complet, comportant tous les chants, et vendu au prix de 1 franc.

La première séance, celle de ce dimanche 3 février, sera présidée par M. le Curé d’Izieux.

On trouve des cartes : à Saint-Chamond, librairie Choretier, rue de la la publique, 76 ; à Izieux, chapellerie Lafond, rue Petin-Gaudet, 1, où l’on peut les faire numéroter du jeudi au dimanche, moyennant 0 fr. 50.

La séance commencera à 15 heures et se terminera vers 19 heures.

[Édition du 10 février :]

On le disait aux acteurs dimanche dernier, avant le lever du rideau : une pièce, surtout quand elle à l’envergure de la Jeanne d’Arc de Gounod, est une bataille à livrer. Il faut avouer que la représentation de dimanche a été une victoire qui a dépassé les prévisions des spectateurs, faut-il dire des acteurs eux-mêmes !

À mesure que se déroulaient, dans un cadre de décors très admirés, les tableaux qui suivent Jeanne de Domrémy à Rouen, l’impression s’affirmait d’une œuvre remarquablement interprétée par les très nombreux exécutants et suivie avec passion par les spectateurs.

Nous n’avons pas coutume, dans nos comptes rendus de séances, de détailler les mérites de chacun : il paraît cependant tellement normal de signaler l’interprétation du rôle écrasant de Jeanne d’Arc ; elle nous est vraiment apparue telle que nous la montre l’Histoire et telle que nous la portons en nous, avec sa naturelle simplicité, son ardeur enthousiaste, son émotion si humaine.

À côté d’elle, tous, acteurs, musiciens, choristes, machinistes, ont rivalisé de talent et de bonne volonté. Si bien que c’est la satisfaction unanime des spectateurs que M. le Curé, qui présidait, exprima, dans une une belle allocution. Il, parla de l’audace qu’avaient eu les organisateurs et c’est vrai peut-être, mais cette audace s’explique si bien quand on connaît la valeur de nos groupements paroissiaux. Elle n’est plus un acte de foi, mais un acte de confiance en la bonne volonté de tous.

Et Jeanne d’Arc va vivre chez nous pour plusieurs semaines, et tous pourront mettre leur âme au contact de cette âme de sainte et de française. Qu’ils en sortent meilleurs : nous serons récompensés de notre labeur.

La séance de ce dimanche 17 février sera présidée par M. le chanoine Manin, archiprêtre de Saint-Chamond. Cette séance qui commencera à 3 heures précises, se terminera à 7 h. 1/4 très précises aussi ; c’est un retard imprévu qui a prolongé jusqu’à 8 heures la séance de dimanche dernier.

Les cartes se trouvent (à partir du jeudi qui précède chaque séance), à Saint-Chamond, librairie Maison neuve, 76, rue de la République, et à Izieux, chapellerie Lafond 1, rue Petin-Gaudet, où on peut les faire numéroter, du jeudi matin au dimanche à midi, moyennant 0 fr. 50.

Pour la séance de ce dimanche 10, il n’y a plus que des cartes de secondes. Les cartes de réservées et de première sont déjà toutes parties.

[Édition du 17 février :]

Je n’étais pas sceptique, dimanche dernier, en montant assister à la deuxième représentation de Jeanne d’Arc. Car, de longue date, je sais que nos amis d’Izieux, lorsqu’ils s’attellent à une tâche, ont pour habitude de la mener à bien. Mais j’étais curieux de savoir comment ils auraient triomphé des difficultés multiples dont se hérisse le libretto de Barbier : difficultés d’interprétation et de mise en scène, dont bien peu de nos scènes d’œuvres peuvent venir honnêtement à bout.

À Izieux, en vérité, ce n’est pas honnêtement, c’est superbement que la pièce est montée et jouée.

Ingénieusement mis en relief par des jeux de lumière bien conduits, les décors font l’unanime admiration : quelques-uns peuvent, en toute sincérité, être qualifiés d’œuvres d’art ; par exemple cette majestueuse perspective de cathédrale ou ce cadre harmonieux de l’entrée de Jeanne à Orléans. Une scrupuleuse mise en scène, donnant à chaque détail toute sa valeur, augmente encore le charme des milieux divers où évoluent les interprètes.

Les interprètes ! Comme il est évident que lourde était leur tâche, et comme il est agréable de constater qu’ils s’en acquittent tous de façon plus que satisfaisante.

Artistement grimés avec leurs costumes de l’époque, ils se meuvent avec conviction, facilité et talent. Figurants nombreux donnant, en de certains moments, l’impression vécue des foules. Personnages secondaires, dont le rôle, pourtant modeste, est en réalité si capital. Personnages de premier plan (Charles VII, La Hire, de Thouars), peu nombreux en ce drame que domine, phare éblouissant, la chère silhouette de Jeanne.

Silhouette admirablement campée par une jeune actrice dont il serait outrecuidant d’entreprendre l’éloge, car il est sur toutes les lèvres et dans tous les cœurs.

Enfin, pour donner au spectacle toute sa somptueuse ampleur, une Symphonie et des chœurs composés d’artistes de chez nous, dont il convient de louer sans réserve en même temps que l’incontesté talent, l’incontestable dévouement.

Toutes ces bonnes volontés réalisatrices, convergées vers le même but, constituent un ensemble plus que séduisant dont, sans arrière-pensées, je vous invite, chers lecteurs, à jouir.

Je voudrais pouvoir, prenant chaque tableau un par un, vous en démontrer le pittoresque et les beautés. Je n’en ai ni le temps ni la place.

Laissez-moi vous dire au moins combien tout au long de ce drame poignant, la figure de la Pucelle nous apparaît sublime et pourtant proche.

Sublime ! Ah ! certes… dans son obéissance à Dieu, dans son aveugle foi aux destinées de la Patrie, dans sa résistance aux intrigues, dans sa passion, dans sa mort.

Mais proche, très proche, dans son attachement à sa famille, dans ses regrets d’un passé paisible, dans ses retours vers une enfance insouciante et calme.

Et très humaine aussi, dans son horreur du sang versé, dans sa compassion pour la souffrance des autres, dans sa répulsion pour la haine qui tue.

De tels spectacles sont réconfortants.

En cette année 1929, qui commence le cinq-centième anniversaire de la chevauchée de Jeanne d’Arc, ils sont opportuns.

Le souvenir de la Pucelle, certes, est toujours vivant dans nos cœurs ; mais il est bon que, parfois, ses gestes, à nos regards, soient évoqués. Car, la plupart d’entre nous ont bien définitivement fermé depuis longtemps le livre de ses exploits.

Nos amis d’Izieux, cette année, ont entrepris avec ardente conviction — et réalisé avec grand art — de tourner à nos yeux les pages de ce livres. Qu’ils en soient remerciés et félicités.

M. le chanoine Manin, archiprêtre de Saint-Chamond, qui présidait dimanche a bien réellement été notre interprète en leur adressant, avec quelle délicatesse, remerciements et félicitations. Vraiment, ils les méritent, et de tout cœur, nous convions la masse de nos compatriotes à venir applaudir, les dimanches qui suivent, à l’admirable réussite de leurs méritoires efforts.

Je voudrais (à peine si je l’ose) ajouter un court post-scriptum à mon compte rendu. Me permettez-vous, cher lecteurs, de donner un bon point au gentil et si sage cheval blanc qui , au cinquième tableau, porte fièrement la Pucelle à son entrée dans Orléans reconquis. Je suggère de lui faire voter, une fois les représentations terminées, un picotin d’honneur : proposition qui ralliera, j’en suis sûr, l’unanimité des suffrages.

[Édition du 17 février :]

C’est encore devant une salle archicomble que s’est donnée, dimanche dernier, la troisième représentation de Jeanne d’Arc. Cette affluence est la meilleure preuve du succès.

La séance du 17 février a été excellente, et, de l’avis unanime, l’interprétation a été supérieure à celle des deux premières. Acteurs, choristes, mécaniciens, machinistes ont rivalisé d’application, et la perfection de l’ensemble a été très remarquée. Cela se sent très vite à un certain fluide qui court parmi les spectateurs, à un certain enthousiasme et un contentement répandu sur toutes les physionomies. Ainsi, chaque dimanche apporte quelque amélioration de détail qui rend la représentation toujours plus parfaite.

Le sujet même de la pièce est déjà d’un puissant intérêt, et le personnalité de Jeanne d’Arc suscite une sympathie et une admiration déjà très grande, mais il est indéniable que la façon dont nos artistes d’Izieux interprètent leur rôle contribue à accroître l’intérêt l’admiration et la joie. Aussi tous ont-ils droit à de chaudes félicitations et à des remerciements.

On a médit souvent de nos scènes d’œuvres catholiques. La perfection n’étant pas le propre des œuvres où l’activité humaine à sa part, la critique a ses droits. Mais, étant donné les pauvres moyens dont disposent parfois nos œuvres catholiques, le temps limité que leurs membres peuvent donner et qu’ils donnent si largement et si généreusement, étant donné qu’au théâtre ils n’ont qu’une qualité d’amateurs, la critique doit atténuer la sévérité de ses jugements. Et ajoutons qu’elle n’a presque rien à dire quand il s’agit de séances comme celles que l’on nous donne présentement. Allons plus loin. Quand la perfection est, comme c’est le cas, le fruit d’un immense et multiple dévouement, on doit admirer et remercier profondément ces œuvres catholiques, que les autorités officielles délibérément ignorent, pour tous les bienfaits d’ordre artistique et moral qu’elles nous procurent.

Et chacun a ratifié les paroles par lesquelles, M. l’abbé Favier, qui présidait la séance de dimanche a exprimé sa gratitude et son admiration. Il a su trouver pour cela des termes très affectueux et très sincères, qui prouvaient combien il gardait un bon souvenir de son passage à Izieux. Qu’il soit assuré qu’ici aussi on lui garde une profonde affection.

La séance du 24 février sera présidée par le R. P. Mulsant, ancien supérieur du Collège Sainte-Marie. Toutes les cartes sont vendues pour cette séance. Devant le magnifique succès de Jeanne d’Arc, nous annonçons une cinquième séance pour le dimanche 3 mars, à 15 heures. Les cartes pour cette séance supplémentaire seront déposées et vendues à partir du jour où paraît ce journal, c’est-à-dire ce vendredi 22 février. On peut les faire numéroter aussitôt, chez M. Lafont, chapelier. Il est prudent, vu l’affluence des demandes, de ne pas attendre les derniers jours.

Ce dimanche 24 février, sont convoqués à la grand-messe, à 9 heures trois quarts, les membres de l’orchestre symphonique de Jeanne d’Arc, de la Chorale et du chœur des chanteuses. Seront donnés pendant la messe : Ecce sacerdos magnus, solo et chœur à quatre voix, de Charles Gounod.

À l’issue de la messe, tous ceux qui ont donné leur concours à la préparation et à l’exécution de Jeanne d’Arc : acteurs, musiciens, choristes, machinistes, commissaires de la salle, etc., etc., sont invités au vin d’honneur qui sera offert dans la salle du Cercle. Un groupe photographique sera pris. On est prié de se rendre fidèlement et sans retard à cette amicale réunion : aucune autre invitation que celle de ce journal ne sera envoyée.

[Édition du 10 mars :]

La clôture des représentation de Jeanne d’Arc.

Dimanche dernier, 3 mars, a eu lieu la cinquième et dernière représentation du magnifique drame de J. Barbier et Ch. Gounod. La salle regorgeait encore de spectateurs — et malgré toute la bonne volonté des organisateurs, il avait fallu déclarer aux retardataires que l’on ne pouvait dépasser les limites du local, si vaste cependant, ni prolonger les séances. Le père Ledroit, aumônier de l’Union de la Jeunesse Catholique de la Loire, qui présidait très aimablement la séance, trouva des accents qui convenaient pour féliciter les organisateurs et réalisateurs de cette entreprise à jamais mémorable dans les fastes théâtrales des Œuvres d’Izieux. […]

Le Messin
1er février 1930

(Lien : Gallica.)

Morhange. Le théâtre chez les Pères Maristes.

Dans nos petits centres ruraux, où on n’est pas gâté par les divertissements multiples qui aident dans les grandes villes à charmer dans les meilleures conditions possibles la monotonie des longs mois d’hiver, on n’a pas le droit d’être difficile sur le choix des moyens capables d’atteindre au même résultat. En dehors des soirées dansantes, dont nous laisserons à d’autres le soin d’apprécier la valeur moralisatrice et éducative et qui sont à peu près la seule distraction courante dans nos campagnes, Morhange n’a guère qu’une petite fête organisée, par ci par là, par l’une ou l’autre de ses diverses associations, une soirée quelconque à la salle Jeanne-d’Arc, ou une représentation chez les Révérends Pères, et l’on n’est pas difficile alors ni sur la composition du programme, ni sur l’habileté des artistes. On y va de confiance, on rit quand il faut rire, on est sérieux quand ça devient sérieux, on applaudit de tout cœur, et en partant, entre onze heures et minuit, on échange ses impressions en se répétant: c’était beau, c’était bien! Ce qui prouve que la satisfaction est une chose très relative, comme d’ailleurs, bien d’autres choses en ce monde.

Lorsqu’il s’agit d’une représentation chez les Pères Maristes, il en va un peu différemment. Le sujet est toujours une œuvre classique, et les exécutants sont des jeunes gens de leur florissant établissement. qui n’ignorent pas ce qu’il faut entendre par une belle déclamation, qui sont admirablement préparés, qui s’entendent à incarner leur rôle, et qui savent surtout que la pièce n’est pas seulement là pour amuser le public, mais pour développer en eux le goût du beau et de l’art. Les Révérends Pères, oui ne nous gâtent pas par la fréquence de leurs soirées, font du moins toujours bien ce qu’il font. On le sait si bien qu’ils font régulièrement salle comble.

Dimanche et ces jours-ci, en matinée, c’était Jeanne-d’Arc, mais Jeanne-d’Arc de Nancy, le beau drame en cinq actes en vers de Jules Barbier, adapté par Henri Darbelit, avec musique de Ch. Gounod, sauf que Gounod, est-il besoin de le dire,… est resté à Nancy. Nous ne chicanerons pas sur la valeur scénique de tel ou tel exécutant, sur la richesse des décors ou l’originalité des costumes : on sait que les bons Pères travaillent avec des éléments de fortune et qu’une petite scène improvisée, grâce à des prodiges d’ingéniosité, n’est pas un théâtre avec ses artistes professionnels, sa garde-robe personnelle et ses décors de grand style. Mais les vaillants jeunes élèves de l’Institut ont fait ce qu’ils ont pu, avec tout leur cœur et leur bonne volonté, et l’ impresario de la troupe, le grand metteur en scène qui s’appelle Père Parret (il ne faut pas le dire!) a eu l’art de transformer entre autres un de ces jeunes gens en une délicieuse Jeanne d’Arc, qui a su incarner son héroïne avec une si remarquable perfection, qu’un assistant a traduit son impression par ce judicieux propos: Voilà un jeune homme qui a l’étoffe d’un rude prédicateur ! Ce à quoi son interlocuteur a répondu non moins judicieusement: Et des gens qui feront de fameux missionnaires!

Ce qui est, d’ailleurs, l’unique but de l’Institut, il est bon de le rappeler, a avantage des élèves et des maîtres qui, les uns et les autres, travaillent consciencieusement à le réaliser. T.

Le Journal
3 avril 1930

Article d’Edmond Haraucourt sur la création de la Passion en 1890.

Lien : Gallica

Comment fut rétabli en France le droit de représenter la Passion

(On annonce que la Comédie-Française prépare une reprise de la Passion, de M. Edmond Haraucourt. Nous avons demandé à notre éminent collaborateur d’évoquer les incidents qui accueillirent ce drame à son apparition.)

Un matin de février 1890, déjeunant chez Mme Sarah Bernhardt, je m’étais assez follement engagé à écrire pour elle une Passion où elle tiendrait le rôle de la Vierge, et qui serait donnée le Vendredi Saint, 4 avril. Nous avions devant nous cinq semaines tout juste pour composer, imprimer, répéter et monter la pièce. Je me mis au travail avec frénésie. Sarah, de son côté, trépignait de joie à l’idée d’une entreprise que personne n’avait tentée depuis trois siècles et demi.

Or, en ces jours lointains, un emballement de Sarah Bernhardt ne passait guère inaperçu : ses confidences à des amis, ses démarches pour trouver un théâtre disponible avaient été vite connues ; des interviews accordées à quelques rares journalistes, et plus encore les interviews refusées à d’autres, propagèrent les indiscrétions ; les curiosités parisiennes s’éveillèrent, et bientôt les susceptibilités religieuses. Ce fut bien pis quand la nouvelle eut passé les frontières. À vrai dire, elle posait une question de principe : convient-il de présenter sur une scène profane des figures sacrées ? Dans toute la chrétienté, la presse s’émut, et l’on put constater ce phénomène assez singulier de psychologie ethnique : les peuples de race ou d’éducation latine, généralement catholiques, ne se montraient point choqués ; mais les protestants protestaient. C’est à Londres que l’affaire commença de se gâter. Sarah, amie du prince de Galles (le futur Édouard VII), était fort populaire au bord de la Tamise ; sa popularité ne tint pas, devant l’irrévérence qu’on lui reprochait ; elle fut boycottée avec indignation. Mais aucune colère, anglaise ou autre, n’était capable de décourager la combative Sarah. Cependant les polémiques s’envenimaient. Les journaux outranciers, pour et contre, allaient fort. Une cabale s’organisa. En de telles occurrences, qu’allait décider la Censure ?

Hélas ! hélas ! La malchance voulut que le directeur des Beaux-Arts, fort galant homme du reste, et cultivé, fût candidat à l’Académie française. Or, cette terrible condition implique, pour le malheureux qui s’y aventure, l’impérieuse obligation de ne choquer personne, le souci perpétuel de ne porter atteinte aux préjugés de personne, le devoir tyrannique de ménager toutes les chèvres et tous les choux. Le haut fonctionnaire me reçut avec les marques d’une sympathie qui s’attriste :

— Je ne peux pas l’autoriser, votre pièce ! Quel que soit mon désir de vous être agréable, c’est chose impossible, en l’état actuel de la législation. Avez-vous donc oublié les scandales qui se produisirent, au début du règne de Henri II, dans la confrérie des Frères de la Passion ? Vous savez bien que, pour y remédier, un arrêt du Parlement de Paris, en date du 17 novembre 1548, inhibe et deffend de jouer le mystère de la Passion ? Cet arrêt n’a jamais été abrogé. La Révolution a oublié.

Mes protestations furent vaines.

— Tout ce que je puis faire pour vous, c’est d’autoriser une lecture, à la condition toutefois, à la condition formelle que les artistes seront en habit de soirée et n’essaieront en rien d’évoquer la figure des personnages sacrés.

Il en fut ainsi décidé. En conséquence, Mme Sarah Bernhardt prit un accord avec M. Lamoureux, dont l’orchestre donnait chaque année, au Cirque d’Hiver, un concert du Vendredi Saint : la lecture devait prendre place au milieu du programme. Dès qu’elle fut annoncée, les bureaux de location furent assaillis ; le snobisme s’en mêlait, et aussi l’animosité ; il y eut, devant le Cirque, une bourse des coupons, qui faisaient prime, comme les actions d’une mine pétrolifère. Et le soir du Vendredi Saint, 4 avril 1890, arriva.

Dehors, une foule faisait la haie, pour voir passer ceux qui allaient voir quelque chose. Quoi ? Peu importe : quelque chose ! Dedans, la salle du Cirque était comble, entonnoir énorme, entonnoir de gala, fait d’habits noirs et de plastrons blancs, de robes multicolores, de diamants, avec des têtes, des têtes, trois mille têtes, dans une atmosphère qui tout de suite fut surchauffée, et presque tout de suite énervée, en attente de bataille. Déjà les protestataires, armés de sifflets, préludaient à toute autre musique par des trilles non propitiatoires.

La musique sacrée parut d’abord calmer les nerfs. Pourtant, quand notre tour fut venu, et notre heure sonnée, Sarah avait une telle peur qu’il me fallut la porter dans mes bras, comme un sauveteur qui rapporte la victime, comme un Romain qui enlève une Sabine ; je la déposai au pied des marches qui montaient à l’estrade. Elle les gravit ; elle apparut, ayant aux lèvres le sourire héroïque de la terreur qui n’avoue pas. Et la lecture commença.

Lire des vers, même avec la voix d’or, dans un cube d’air destiné à recevoir le rugissement des lions, c’était folie. Ce qui devait arriver arriva : sur trois mille auditeurs, trois cents entendaient. Les autres prenaient patience ; ils la perdirent. Parmi les cris d’animaux qui servent aux foules pour exprimer leur état d’âme, le chant du coq fut naturellement le premier. Une voix de clown lança :

Miousic !

Judas, en habit noir, d’une voix formidable, essayait de dominer l’orage et Jésus tendait son geste au-dessus des flots humains ; Sarah, en larmes, s’affolait en levant les bras ; elle n’avait plus que quelques secondes avant de s’évanouir.

Alors, on vit se ruer dans l’arène du cirque un dompteur non inscrit au programme : l’auteur. Il était, dit-on, d’une pâleur verdâtre. Il se planta, les bras ouverts, en avant de ses interprètes, comme pour les couvrir et réclamer la priorité des injures ; et il apostropha le public :

— Les auditeurs qui ont payé pour entendre un poème ont le droit de l’entendre ; on dira le poème ! Ceux qui n’en veulent point n’ont que le droit de sortir. Nous leur laissons cinq minutes pour quitter la place.

Personne ne sortit, mais la foule versatile, et qui aime la crânerie, fit une ovation au poète insolent. Tandis qu’il traversait la piste pour regagner son strapontin, Sarah pleurait, de vieilles dames sanglotaient, des mains claquaient, des amis hurlaient ; le général de Gallifet, que je ne connaissais pas, montait sur sa chaise pour crier :

Bravo, toi !

Mon ministre, que j’avais invité, m’embrassa au passage, en affirmant à ses voisins que j’étais employé dans son ministère.

L’acte des Oliviers s’acheva dans le silence reconquis, et Sarah, magnifique, y fut acclamée. Nous eûmes la sagesse de nous en tenir là. Les journaux du lendemain publièrent de longs extraits. Un journal américain se fit câbler toute une scène. On se demande en quel état les pauvres alexandrins durent aborder sur la rive étrangère, après mille lieues sous les mers ? Combien de vers faux, et à quel prix le vers faux ? Jamais cet article-là n’avait coûté si cher à l’acheteur, sans rien rapporter a l’auteur.

Si fait, pourtant ! Ces multiples citations démontrèrent que l’œuvre incriminée ne portait nulle atteinte au respect des Écritures. L’interdiction allait tomber de soi ? Non. Henri II a la vie dure. Pourtant, l’année suivante, les Beaux-Arts admirent qu’on pût tourner la loi : nous louâmes un petit théâtre, la Bodinière, où l’on ne devait pénétrer que sur invitation ; le public, au lieu d’acheter un fauteuil, achèterait une invitation. Grâce à ce subterfuge, la Passion put être montée avec costumes et accessoires ; dans la coulisse, Gabriel Fauré improvisait sur l’orgue des mélodies qui saluaient l’entrée des personnages. Aucun scandale ne s’étant produit, le dernier représentant de la branche des Valois, siégeant rue de Valois, renonça à nous tenir rigueur. La bataille était finie.

Dès lors, la Passion put être donnée dans un véritable théâtre. Pendant près de vingt ans, elle reparut, aux jours de la Semaine Sainte, sur des scènes diverses, Châtelet, Porte-Saint-Martin, Odéon. D’autres poètes, à leur tour, profitant de la liberté reconquise, nous emboîtèrent le pas. Personne n’y trouve plus à redire, si bien que le Théâtre-Français peut aujourd’hui enfreindre sans péril l’arrêt du Parlement, — qui n’est toujours pas abrogé.

Le Bien public
16 avril 1931

Retour sur la Jeanne d’Arc du Séminaire Saint-Joseph en 1910.

Lien : BAnQ

Jeanne d'Arc de Barbier-Gounod, au Séminaire de Trois-Rivières, 1910
Jeanne d’Arc en 1910

L’Ouest-Éclair
8 mai 1931

Jeanne d’Arc à Dinan, 8 mai.

Lien : Retronews

Dinan. — Aujourd’hui, à 20 h. 45 : Salle Notre-Dame, rue de la Garaye, Jeanne d’Arc, drame en 5 actes et 8 tableaux de Jules Barbier et Darbélit. Musique de Charles Gounod. Orchestre et chœurs.

Le Devoir
30 mai 1931

Jeanne d’Arc au séminaire des Trois-Rivières.

Lien : BAnQ

[Annonce parue le 12 mai :]

La fête du supérieur du séminaire. — Le Séminaire des Trois-Rivières va célébrer la fête de son Supérieur Mgr Louis Chartier, P.A.V.G. lundi soir le 16 mai. Les élèves joueront à cette occasion une petite pièce intitulée Jeanne d’Arc de Jules Barbier. Ce n’est pas une opérette, mais il y a dans cette pièce de magnifiques chœurs de chant avec musique appropriée.

Article signé P. N. T

Jeanne d’Arc au Séminaire des Trois-Rivières. — Lundi, le 18 mai, avait lieu au Séminaire, la séance annuelle de la fête du Supérieur. Cette année, les autorités avaient choisi à cette occasion la Jeanne d’Arc de Jules Barbier et Charles Gounod. La salle était à son comble, et cela pour la troisième représentation.

Mais il est un point qu’il serait peut-être bon de traiter tout particulièrement, et ce point, je crois, serait la partie musicale, qui ne fut pas au goût de quelques-uns, quoi qu’elle fut bien près de la perfection.

Pour réfuter les arguments menteurs qu’on a déjà lancés (la mauvaise propagande se répand très vite), il suffira, je crois bien de dire que la magistrale partition de Gounod (c’est ainsi qu’on l’a déjà nommée), fut rendue avec une souplesse remarquable, et cela, d’après les meilleurs et les plus remarquables critiques de notre ville.

Pour un grand nombre de personnes la valeur d’un morceau ou d’un chœur consiste dans le bruit qu’il y a ; pour ces personnes-là, il n’y a rien de plus captivant que les orchestres et les orgues à vapeur des cirques et des manèges de chevaux de bois qui encombrent notre ville durant la belle saison.

On a poussé l’audace jusqu’à dire que des frissonnements de stupeur avaient parcouru l’assistance car il semblait à ces fats que la chorale était toujours sur le point de rater, alors qu’elle donnait toute l’expression voulue. Quel mensonge ! Et surtout quelle jalousie ! On ne s’attendait pas à ce franc succès car les exercices des chœurs n’ont commencé qu’une semaine avant la date de la séance, alors qu’en 1910 on avait employé plus de six semaines. C’est donc dire que s’il y a eu de la stupeur chez quelques naïfs, elle fut causée par l’avantage que nos jeunes de 1931 ont remporté sur ceux de 1910, ou peut-être encore par la foudre qui grondait au dehors à cette heure.

Dans tous les cas, il n’eût pas pardonnable à un homme qui a fait ses études classiques, de ne pas savoir apprécier un œuvre de Gounod ; les jeunes d’aujourd’hui en connaissent plus long, car M. l’abbé Turcotte, que l’on a voulu attaquer, ne ménage rien, ni au Séminaire, ni à la cathédrale, pour donner aux fêtes, le plus de so­lennité possible, et par suite, le goût des jeunes s’épure plus facilement que celui de quelques anciens.

C’est donc un grave oubli de l’étiquette que de venir ainsi essayer de mettre entrave à cette jeune chorale qui occupe un rang très distingué parmi nos chorales de la province. Et cela, grâce au dévouement personnel de chacun de ses membres et surtout grâce à son très distingué directeur, M. l’abbé J. G. Turcotte.

L’Écho de Rive-de-Gier
10 janvier 1937

Jeanne d’Arc à Lorette, 14, 21, 28 février, 7 mars.

Lien : Retronews

Lorette. — Au mois de février, La Lorétane interprétera la célèbre pièce de Darbélit et fera vivre, devant les spectateurs, l’héroïne française des marches de Lorraine.

Les chorales paroissiales apporteront leur concours et exécuteront les chœurs de Gounod. Que l’on se prépare donc : d’abord à contribuer à la préparation de la séance ; puis à venir admirer et applaudir les artistes de notre paroisse.

[Édition du 31 janvier :]

Dans quinze jours… oui, le 14 février prochain, la salle d’œuvres connaîtra l’affluence de certains jours de cinéma ; tous les Lorétains s’y presseront pour applaudir et admirer Jeanne d’Arc.

La vierge lorraine, vivante, sur la scène, fera pleurer d’émotion les nombreux spectateurs des grandes séances de La Lorétane. En effet, la mise en scène grandiose, les décors, les costumes rigoureusement historiques, et surtout le jeu des acteurs si poignant, comme les voix tantôt douces, tantôt rudes, des chorales paroissiales : tout contribuera à rendre le spectacle merveilleux.

Les 69 choristes, les 50 exécutants se préparent de toute leur âme à faire revivre le drame religieux de Darbélit. Les cartes sont en vente chez les dépositaires habituels : Mme Payre, buraliste, rue Jean-Jaurès ; Mme Berne, place de l’Église.

[Édition du 14 février :]

Ce dimanche 14 février, à 15 heures, première représentation du grand drame religieux de Darbélit, sous la présidence de M. le Curé de Lorette.

Dans un décor grandiose et pittoresque, les artistes, de tout leur cœur et de tout leur âme, feront revivre les principaux épisodes de la vierge née aux marches de Lorraine.

Rien n’est émouvant comme cette fuite des paysans exilés par la guerre et qui trouvent dans la famille de Jeanne l’abri pour une nuit… comme l’appel des voix, les luttes sournoises des courtisans contre la messagère de Dieu, la trahison, le jugement inique dans la prison de Compiègne, enfin la mort terrible sur le bûcher, au milieu des cris de haine des soldats anglais et des larmes du peuple de Rouen.

Tel est le spectacle magnifique que tous les Lorétains viendront admirer.

Enfin, les chœurs de Gounod, exécutés par les chorales paroissiales et un groupe symphonique, ajouteront aux charmes des yeux l’enchantement d’une audition parfaite.

La séance commencera très exactement à 15 heures. Les cartes sont en vente chez les dépositaires habituels ; Mme Payre, buraliste, rue Jean-Jaurès ; Mme Berne, épicière, place de l’Église.

Les autres grandes séances auront lieu les dimanches 21 février, 28 février et 7 mars.

[Édition du 21 février :]

Après le succès de dimanche dernier, il suffit d’annoncer la deuxième représentation de Jeanne d’Arc, qui sera présidée par M. le Chanoine Brunon, archiprêtre de Rive-de-Gier.

Les cartes sont en vente chez Mme Payre, buraliste, rue Jean-Jaurès, et Mme Berne, place de l’Église ; mais, elles sont presque épuisées depuis plusieurs jours.

Le spectacle donné dimanche dernier a ravi et ému les spectateurs. Le jeu des acteurs, plein d’âme et de talent, donnait un relief saisissant de réalité à ce drame vraiment splendide. La mise en scène, les costumes, les décors, tout fut un ravissement pour les yeux, cependant que l’orchestre et les choristes, sous la conduite d’une baguette fort habile, exécutaient les chœurs magnifiques de Gounod.

Une troisième représentation aura lieu dimanche prochain, 28 février, sous la présidence de M. le Chanoine de Boissieu, et une quatrième, le dimanche, 7 mars.

[Édition du 28 février :]

Un drame poignant, exerçant une emprise irrésistible sur les spectateurs et laissant dans leur souvenir des images saisissantes, en même temps qu’il grave dans les cœurs de profondes leçons : telle a été l’impression unanime de la très nombreuse assistance qui se pressait, dimanche dernier, à la salle d’œuvres de Lorette. Et dire cela est suffisant pour assurer le plus complet succès à la troisième séance qui aura lieu ce dimanche 28 février, à 15 heures, sous la présidence de M. le chanoine de Boissieu et aussi à la quatrième et dernière représentation qui sera donnée le 7 mars.

Il est prudent de se munir, dès maintenant, de cartes pour le 7 mars, car un très grand nombre sont déjà retenues.

[Édition du 7 mars :]

La dernière représentation de Jeanne d’Arc. — Le succès sans pareil des trois premières séances a prouvé l’attrait exercé par cette pièce, interprétée avec tant de cœur et d’âme.

… Et la quatrième et dernière représentation, qui aura lieu ce dimanche 7 mars, à 15 heures, est sûre de connaître l’affluence déjà coutumière.

Les cartes sont retenues depuis longtemps, et les retardataires risquent de ne pouvoir admirer la bergerette avec sa foi d’apôtre. Car c’est bien cela qui attire : ce miracle vivant que constitue la vierge lorraine, au cœur embrasé de charité, triomphant ainsi de toutes les embûches et couronnant par le martyre sa vie d’épreuves et de souffrances…

Les dernières cartes sont en vente chez Mme Berne, épicière, et chez Mme Payre, buraliste.

Les paroissiens voudront bien noter que cette séance du 7 mars sera donnée au profit des écoles libres de la paroisse.

[Édition du 14 mars :]

Derniers échos de Jeanne d’Arc. — Au début de cette semaine, la salle des costumes de Lorette était triste, non pas à cause de l’état où elle se trouvait, mais plutôt parce qu’il fallait ôter à cette salle l’ornement qui la faisait vivre depuis 5 semaines : Jeanne d’Arc avait quitté Lorette !

Après quatre représentations qui connurent un remarquable succès, tout était terminé ; c’est à peine si une petite photo s’accrochait désespérément au mur pour rappeler que la bergère lorraine avait paru, prié, souffert, et finalement était morte… pour redire que Jeanne d’Arc avait empoigné les cœurs d’innombrables spectateurs.

Tout cela : un souvenir… mais un souvenir impérissable par les profondes impressions et les sérieuses leçons qu’il a gravées dans nos cœurs.

Le Journal de Roanne
15 janvier 1939

Jeanne d’Arc à Cours-la-Ville, 5, 12, 19, 26 février et 5, 12, 19, 25, 26 mars.

Lien : Retronews

Cours. — Les prochaines représentations de Jeanne d’Arc à Cours (Rhône) à partir du dimanche 5 février prochain.

En compulsant les Journaux de Roanne et Échos du Roannais qui parurent lors des premières représentations de Jeanne d’Arc, en l’année 1926, nous avons eu le plaisir d’y retrouver à la date du 3 janvier de cette année 1926, un article élogieux de notre Rédacteur en Chef, qui avait assisté lui-même à l’une des grandes représentations données il y a de cela treize ans. Bien mieux, que nous saurions le faire, avec son grand talent de narrateur, laissons parler M. Louis Mercier, l’auteur des Pierres Sacrées, dont les réflexions de l’époque, plus que tout autre éloge situent très exactement, l’impression générale de ceux qui, par milliers assistèrent à ces représentations. Et M. Louis Mercier disait :

Avez-vous entendu parler des fameuses représentations de Jeanne d’Arc organisées à Cours par le Groupe catholique de cette ville. [Lire l’article.]

Ainsi écrivait l’auteur des Poèmes de la Maison. Ajouter quelque chose à cet exposé précis de l’époque, en affaiblirait l’impression !

Bornons-nous à dire, que ces éloges mérités, peuvent et doivent être à nouveau renouvelés, lorsque les représentations de Jeanne d’Arc auront fait accourir à partir du 5 février prochain, tous ceux qui ne revivront pas sans émotion les scènes citées par Louis Mercier.

La Jeanne d’Arc de Cours, dans ses moindres détails, ne le cédera en rien à ses devancières, nous en sommes certains, tant est grand le dévouement de tous ceux qui participent à la réalisation de ce grand drame historique.

[Édition du 22 janvier :]

Quinze jours à peine nous séparent de la première séance donnée en 1939, du grand rame qui sera donné, salle des œuvres, à partir du 5 février prochain Jeanne d’Arc.

Quinze jours qui vont être employés à parfaire les moindres détails.

Quinze jours de travail acharné. Car il faut être prêt pour le 5, date définitivement retenue, et les jours se succèdent avec tant de rapidité. Mais entrons dans les énumérations pratiques. […]

Cinq séances sont prévues : les 5, 12, 19, 26 février et 5 mars, à 14 h. 30.

[Édition du 29 janvier :]

Répétitions pour Jeanne d’Arc :

  • Samedi 28 janvier, 1er, 2e, 3e, 4e, 5e actes, avec orchestre, chœurs, acteurs, figurants et machinistes.
  • Lundi 30 janvier, 1er, 2e, […].
  • Mardi 31 janvier, répartition des costumes.
  • Mercredi 1er février, 1er, 2e, […].
  • Jeudi 2 février, machinistes.
  • Vendredi 3 février, répétition générale avec costumes.
  • Samedi 4 février, tous ceux qui peuvent disposer de leur après midi (hommes et jeunes gens) sont priés de passer à la salle d’œuvres, dans le cas où leur concours serait nécessaire. Les répétitions ci-dessus indiquées sont fixées à 20 heures précises.

[Édition du 12 février :]

Une première réussie. — Ce n’est pas, certes, sans une certaine appréhension que nous vîmes se lever, dimanche, le rideau, sur le premier tableau du drame historique en vers de Barbier Darbélit, Jeanne d’Arc.

Nous avions tellement, au préalable, vanté un tel spectacle, assuré que tout serait parfait, et que tels éloges d’il y a treize ans, ne seraient en somme, qu’une anticipation sur ceux qui seraient à décerner cette année, que nous en éprouvions tout de même quelque inquiétude.

Fort heureusement, et à mesure que se déroulait le spectacle, les craintes du début firent vite place à un optimisme qui ne fit que s’accentuer au cours du déroulement des tableaux.

Et l’on peut dire que cette première fut dans son ensemble bien menée.

Et, nous sommes sûrs, que le nombreux public fut très satisfait, et des acteurs, et des chœurs, et de l’orchestre et…

M. le Curé, dans une improvisation du meilleur effet, avait demandé, aux auditeurs, de faire auteur d’eux, de la réclame, en disant simplement la vérité.

Et la réponse est venue… Un afflux inusité de demandes de tous côtés, à tel point, qu’à l’heure où paraîtront ces lignes, la séance pour ce dimanche 12 sera déjà assurée d’un public tellement nombreux, qu’il restera à louer seulement des places à 4 francs, les autres ayant été enlevées, pour ainsi dire, d’assaut.

Mais il reste d’autres séances, les 19, 26 février et 5 mars, et en se hâtant un peu, aux permanences qui ont lieu les lundi, mercredi, vendredi, de 6 h. à 7 h. du soir, au Cercle Catholique, rue de la Loire et en s’adressant aux dépositaires habituels, qui possèdent toujours, au moins huit jours à l’avance les plans, chacun pourra louer, et être ainsi assuré de pouvoir assister à un spectacle dont le moins qu’on en puisse dire c’est qu’il est admirable, et d’une tenue d’ensemble qui fait ressortir le mérite de tous ceux qui l’ont réalisé.

[Édition du 19 février :]

Succès.. Succès… Il faudrait répéter à l’infini ce mot succès, pour avoir une petite idée du triomphe que remporte le drame historique Jeanne d’Arc, représenté à Cours, salle des œuvres, voici deux dimanches… Nous en reparlerons avec plus de détails plus tard, lorsque les séances s’achemineront vers la fin, pour l’instant, restons aux choses pratiques et demandons au public, de bien vouloir lire attentivement ce qui suit : La séance de ce dimanche 19 est complète, ce qui veut dire qu’il ne reste aucune place à louer. Il faut donc que ceux qui téléphonent ou écrivent aux organisateurs se persuadent bien, qu’une réponse négative n’implique pas une mauvaise volonté de la part de ceux-là. Les séances des dimanches 26 et 5 mars, sont déjà bien compromises. Peu de places à 12 à 10 et à 8 francs restent à prendre, et nous avons bien peur que lorsque paraîtront ces lignes, il n’en reste plus du tout. Les places de 6 et 4 francs disponibles s’enlèvent avec une rapidité… Or donc, nous ne saurions trop conseiller aux personnes qui veulent assister à l’une des séances des 26 février et 5 mars, de se hâter en écrivait d’urgence à M. Auguste Poizat, rue Neuve, Cours (Rhône) en joignant absolument, peur éviter toute perte de temps, le montant des places sous forme de mandat-poste plus 0,50 de location en plus par place. Dans le cas où les places demandées ne seraient plus disponibles, il sera fait réponse immédiatement, aux demandeurs, avec tous renseignements utiles.

La presse quotidienne (Nouvelliste, Nouveau Journal et Mémorial de la Loire) ainsi que la presse hebdomadaire (Écho du Roannais et Journal de Roanne) pour ne citer que ceux-là, relatera, toujours à temps, tout ce qui a trait à ces représentations, et indiquera comme il a fait mention ci-dessus, lorsque la location pour telle ou telle séance sera complète, afin d’éviter des dérangements inutiles. Les intéressés n’ont donc pas à tenir compte des réflexions qui à tort ou à raison, courent souvent dans le public.

Le spectacle, comme on a pu s’en rendre compte, pour les deux premières séances, commencera toujours à quelques dix minutes près, à 14 h. 30. Étant donné les bons résultats que cela donne, les portes seront fermées au commencement de chaque tableau, pour n’être rouverte qu’à la fin dudit tableau.

Les personnes de Cours, ont tout loisir de consulter chez les dépositaires, les plans, pour retenir leurs places.

La direction des spectacles de Jeanne d’Arc envisage, devant les demandes sans cesse renouvelées de places, de poursuivre pendant plusieurs dimanches ces représentations. Très officieusement donnons les dates des : 12 et 19 mars, et peut-être 26… Mais attendons confirmation officielle, avant d’en apporter la certitude…

[Édition du 26 février :]

Si le succès appelle le succès, jamais pareil adage n’aura été aussi vrai. Il peut sans conteste s’adresser aux représentations de Jeanne d’Arc, qui se poursuivent depuis plusieurs dimanches dans notre vaste (et qui pourtant paraît si petite), salle d’œuvres.

Dimanche dernier, un public qui s’écrasait littéralement, assistait à la troisième séance de ce grand spectacle… Et il fallut refuser du monde… Pour la séance de ce dimanche 26, à quelques places près, toutes sont retenues, depuis déjà plusieurs jours… Et la séance du 5 mars, est déjà assurée d’obtenir une égale affluence aux précédentes…

Fort heureusement, répondant à la demande de nombreuses personnes, et confirmant ainsi, ce que très officieusement nous avancions la semaine dernière, la Direction des Représentations de Jeanne d’Arc, — non sans avoir consulté les quelques 200 participants, qui unanimement ont répondu : Oui, — nous prie d’annoncer officiellement cette fois que trois représentations supplémentaires sont décidées… les dimanches : 12, 19 et 26 mars. […]

[Édition du 5 mars :]

Notre chronique hebdomadaire sur les représentations de Jeanne d’Arc, qui pour la quatrième fois en quatre dimanches consécutifs viennent de voir se renouveler succès sur succès, nous mène à parler des trois séances supplémentaires qui auront lieu les dimanches 12, 19 et 26 mars. Pour ces séances, les plans sont dès maintenant à la disposition des intéressés, chez les dépositaires habituels. […]

[Édition du 12 mars :]

Nous voici donc à quelques heures de la sixième représentation de l’année 1939 de ce drame : 6e représentation qui connaîtra, comme ses devancières, un beau succès.

Déjà les plans sont complets : il restera tout juste quelques places pour caser les retardataires.

Deux représentations sont encore prévues pour les 19 et 26 mars. Et ce sera là les dernières, à moins que… devant l’insistance des gens ! Mais, disons aussitôt, que cela n’est que pure imagination de notre part, et que jusqu’à ce jour il n’a absolument pas été question… d’aller plus loin.

Remarquons cependant que l’enthousiasme des foules qui se succèdent, salle des œuvres, va crescendo : dès les premiers tableaux, l’ensemble est conquis et lorsque l’apothéose met un point final à une suite de tableaux, dont on ne sait vraiment lequel on doit le plus admirer, les applaudissements sont tels, que, mon Dieu, les petits anges qui entourent gravement la Sainte de la Patrie en sont presque tentés de s’applaudir eux-mêmes, tant est communicative cette succession d’applaudissements nourris.

C’est donc que tout le monde est content. Que souhaiter alors ? Que cela dure… pour la grande satisfaction de ceux qui, par leur présence, n’ont pas hésité à faire confiance aux bonnes volonté qui montèrent ces spectacles et les exécutent, et pour le plus grand bien des œuvres paroissiales.

[Édition du 26 mars :]

Voici donc prêtes d’être terminées les représentations de Jeanne d’Arc. Dimanche dernier, succès complet sous tous les rapports (tout n’est qu’habitude). Public nombreux et attentif. Une très bonne exécution, l’une des meilleures données jusqu’à ce jour ; excellente improvisation du Directeur du Pensionnat de Claveisolles (Rhône) qui, sur la demande de M. le Curé, en termes drus, fit d’excellentes remarques et comparaisons, et sut faire les rapprochements nécessaires entre l’époque de Jeanne et les temps troubles ou nous vivons, pour en tirer d’utiles réflexions.

Deux seules représentations restent à donner : ce samedi 25, à 20 heures, et dimanche 26, à 14 h. 30.

Mais, une seule, celle du 25 au soir est encore incomplète.

Les personnes qui voudraient louer pour cette ultime séance, devront donc se hâter. Car, à l’heure où paraîtront ces lignes, nous serons à quelques heures du lever de rideau… Et après, ce sera fini…, pendant peut-être de longues années… Et d’ici-là, sait-on ce que l’avenir réserve… Et puis, alors que toutes les autres séances ont connu, toutes, un succès, presque inespéré, il serait vraiment trop paradoxal que la salle, ce samedi 25, ne soit ps complète. Alors ?

Belmont. — Le dimanche 26 mars, dernière séance de Jeanne d’Arc à Cours. Un car partira de Belmont, à 1 h. 30, quelques places sent encore disponibles. S’adresser à la cure. N. B. : Il s’agit des places dans le car et non des billets d’entrée à la séance. Pour ceux-ci s’adresser à Cours.

L’Écho d’Alger
12 mai 1939

Extrait du programme de la T.S.F. Jeanne d’Arc sur Radio-Alger.

Lien : Retronews

Radio-P.T.T. Alger. — […] 20 h. 30, soirée de gala. Audition de Jeanne d’Arc, drame en 5 actes en vers de Jules Barbier, musique de Charles Gounod, avec le concours du grand orchestre de la station, dir. Henry Defosse, la chorale mixte, l’Accord Parfait (60 exécutants) et la troupe de la station, présentation et mise en ondes d’Alec Barthus. En entractes : Nouvelles locales et nord-africaines. Radio-journal (enregistrées).

[Édition du 16 mai :]

Très remarquable célébration vendredi dernier [12 mai] de la fête de Jeanne d’Arc au poste de Radio-Alger avec au programme, le drame en vers de Jules Barbier, interprété par la troupe de la station avec le concours du grand orchestre dirigé par M. Defosse et la chorale mixte de l’Accord parfait. Les ensembles bien réglés produisirent un très bel effet de grandeur et d’émotion.

Compliments au conseil de gérance à qui les auditeurs de plus en plus nombreux de notre poste officiel doivent cette belle soirée d’art et à M. Alec Barthus qui mit en ondes et présenta l’œuvre très importante de M. Barbier.

Polybiblion, Revue bibliographique universelle
2e série, t. 41, 1895

Lien : Gallica

Jeanne d’Arc de Jules Barbier, modifiée et transposée à l’usage des collèges par M. l’abbé Darbélit.

Qu’on me permette tout de suite une remarque : j’éprouve toujours une sorte de terreur en ouvrant les éditions spéciales pour la jeunesse. Combien d’œuvres de première valeur qui, ainsi rajeunies, ne sont plus que de tristes et lamentables squelettes. Ce n’est heureusement pas le cas de M. l’abbé Darbélit, je veux dire de son œuvre. L’intérêt du drame ne languit pas, le dialogue est animé, vif, entraînant, et le vers généralement bien fait et classique. Plusieurs tirades de ce poème, qui respirent le patriotisme et la foi, sont d’une belle envolée ; mais quelques faiblesses de rime et d’expressions nuisent un peu au mérite général de l’œuvre.

Les Meilleures pièces
1900

Lien : Archive

Jeanne d’Arc, drame en vers avec chœurs, de Jules Barbier, arrangé pour la jeunesse, par l’abbé Henri Darbélit.

  • Prix : 5 francs.
  • Décors : 1. Intérieur de chaumière ; 2. salle de château ; 3. ouvrage de l’armée assiégeant Orléans ; 4. terrasse ombragée ; 5. le bûcher de Jeanne sur la place du Marché à Rouen.
  • Personnages : Vingt-trois, dix rôles muets, figurants.
  • Costumes : Du temps.
  • Durée : 2 h. 45.
  • 14e édition.
  • Musique de Charles Gounod. Partition : 60 francs.

Le beau drame de Jules Barbier, mettant magistralement en scène la sainte héroïne française depuis sa vocation jusqu’à son bûcher, devait tenter un adaptateur religieux. M. l’abbé Darbélit, avec l’assentiment et un peu l’aide de Jules Barbier lui-même, a réussi à souhait la transformation du drame pour la jeunesse. Sa tâche ne pouvait prétendre à faire d’une œuvre que domine et emplit le personnage de la vierge de Vaucouleurs une pièce uniquement pour jeunes gens. Mais, sauf en ce qui concerne les deux saintes des apparitions que deux jeunes garçons peuvent figurer, il a supprimé tous les autres rôles féminins et toutes les scènes un peu profanes sans lesquelles Jeanne d’Arc n’eût pas été possible sur le grand théâtre. Telle qu’elle est arrangée et concentrée, en quelque sorte, l’œuvre, loin de perdre en intérêt pour le théâtre spécial auquel sa transformation la destine, n’a fait qu’y gagner en imité, rien ne distrayant plus le spectateur de la belle et chaste figure de Jehanne la Lorraine.

Nous la voyons à Domrémy, au milieu des souffrances des campagnes saccagées par Anglais et Bourguignons, entendre ses voix et, pour leur obéir, fuyant en larmes la chaumière paternelle.

Nous la voyons triompher à Orléans, malgré les avis des vieux chefs de guerre, faire sacrer le roi à Reims.

Nous la voyons enfin prisonnière des Anglais à Rouen, subir son procès inique et mourir martyre sur le bûcher de la place du Vieux-Marché.

Faire ici l’éloge du drame si chevaleresque, si poignant, si fidèlement historique de Jules Barbier est superflu puisqu’il est connu de tous et, depuis longtemps, entré au Panthéon des pièces célèbres.

Beaucoup de travail, mais succès certain.

Très recommandé.

Émile Huet, Jeanne d’Arc et la musique
1909

Lien : Archive

Jeanne d’Arc. Drame en cinq actes de Jules Barbier, musique de Charles Gounod. Édition spéciale pour la jeunesse. — Partition, chant et piano. — Paris , Choudens fils éditeur, 30, boulevard des Capucines. — Grand in-8° de 81 p. de mus. gr. Couverture illustrée, lithographie de Jeanne à genoux, apercevant ses saintes dans un rayon. — Prix : 10 fr.

C’est une adaptation de la partition première aux exigences légitimes des maisons d’éducation religieuses. L’éditeur n’a conservé que les chœurs et la musique de scène. À vrai dire, la sélection est justifiée, même en dehors de ces raisons spéciales.

Il fallait, pour ce même but, un nouveau libretto. Un prêtre du diocèse de Bayonne, l’abbé Henri Darbélit, d’accord avec M. Jules Barbier, a transformé l’œuvre originale. La pièce, en cet état, a été publiée en octobre 1893 sous ce titre : Jeanne d’Arc, drame en cinq actes, en vers, avec chœurs, de Jules Barbier. Édition spéciale pour la jeunesse avec une lettre de Jules Barbier, par Henri Darbélit, prêtre du diocèse de Bayonne, musique de Charles Gounod. — Paris, Joseph Bricon, 19, rue de Tournon. — In-16 de 188 p. de texte, encadré de filets rouges.

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