Opinio (1454)
- Paul Pontano (~1417–)
Éditions
- Quicherat : Fragments (latin) (Procès, t. II, 1844, p. 59-60), d’après le ms. 12722.
- Lanéry d’Arc : Texte (latin) (Mémoires et consultations en faveur de Jeanne d’Arc, 1889, p. 35-54), d’après le ms. 13837.
- La Villerabel : Traduction (français du XVIe s.) (Les procès de Jehanne la Pucelle, 1890, p. 89-126).
- Ayroles : Traduction (français) des fragments de Quicherat (La Vraie Jeanne d’Arc, t. I, 1890, p. 243-260).
Sources manuscrites
- BnF : Manuscrit Latin 12722
[XVe siècle.] Manuscrit utilisé par Jean Bréhal. — f°34 v°-46 v°.
Incipit :
D[omi]ni Pauli Pontani advocati consistorialis quædam allegationes in processum Puellæ.
Quelques considérations de maître Paul Pontano, avocat consistorial, sur le procès de la Pucelle.
Ms. latin 12722, 34 r° (Source gallica.bnf.fr / BnF) - BnF : Manuscrit Latin 13837
[XVe siècle.] — f° 12 v°-19 v°.
Incipit :
Oppinio d[omi]ni Pauli Pontani utriusque juris doctoris et advocati in consistario sacro.
Opinion de maître Paul Pontano, docteur en l'un et l'autre droit, et avocat au consistoire sacré [avocat consistorial au tribunal de la Rote].
Ms. latin 13837, 12 r° (Source gallica.bnf.fr / BnF) - Bibliothèque universitaire de Bologne : Manuscrit 1234
[XVIe.] Manuscrit en français consacré aux procès de Jeanne.
Édité par La Villerabel en 1890 : Les procès de Jehanne la Pucelle. Le mémoire y est intitulée : L’opinion de messire Paul du Pont, advocat concistorial en parlement, touchant le procès de La Pucelle.
Références
Quicherat (II, 59-60) ne reproduit que la première phrase de chaque partie, offrant une sorte de sommaire de l’ensemble. Voir son analyse des manuscrits (V, 427-428).
C’est un avis que l’auteur donna à première vue, pro prima summaria visione, d’après les pièces dont il eut communication en 1452, année où il vint en Franc comme secrétaire de la légation du cardinal d’Estouteville. Je ne connais de texte de cette pièce que dans le manuscrit St-Germain Harlay 51 [ms. 12722], où elle est transcrite sous le titre ci-dessus. Chaque allégation y donne lieu à des développements que je me suis abstenu de reproduire. Ils sont tous en faveur de la Pucelle et tirés, soit du procès de condamnation, soit des informations de 1452.
Ayroles (I, 241) ne traduit que ce qu’a donné Quicherat.
Voici, à mon avis, les points à discuter :
- Les révélations ou apparitions doivent-elles être attribuées aux bons ou aux mauvais esprits ?
- Faut-il blâmer ou justifier le port du vêtement viril ?
- Les faits et gestes établis au procès doivent-ils être blâmés ou excusés ?
- Les paroles de Jeanne sont-elles répréhensibles ou susceptibles de justification ?
- A-t-elle erré dans la soumission à l’Église ?
- De tout ce qui précède, était-on fondé à la déclarer hérétique ?
- Le procès et la sentence rendus contre Jeanne croulent-ils pour vices dans la procédure ou pour toute autre cause ?
Les pères Belon et Balme (Jean Bréhal et la réhabilitation, 1893, p. 49) placent la rédaction de l’Opinio en 1454, et celle de la Consultatio en 1452.
Un second traité de Pontanus sur la question, traité dont Quicherat n’a publié que quelques lignes, a été édité par M. Lanéry d’Arc [...].
La formule terminale de l’Opinio nous paraît propre à confirmer l’hypothèse que nous avons proposée. Après l’examen sommaire du procès qu’il s’est attaché à réfuter surtout au point de vue juridique, Pontanus dit que sa conclusion pourrait être adoptée à première inspection et sur ce résumé. Comme pour donner plus de force à son avis, il décline ses titres et qualités : il est docteur in utroque, avocat du sacré consistoire ; puis il fait allusion au jugement de notre sainte mère l’Église, dans les termes qui conviennent au plaidoyer d’un consulteur devant la cour romaine. Nous le répéterons donc : les deux premiers mémoires de Théodore de Leliis et de Paul Pontanus ont été certainement composés en France sur la demande de Bréhal ; les deux autres sont très probablement d’une date postérieure, et il semble qu’il faille reporter leur rédaction jusqu’au voyage de l’inquisiteur à Rome en 1454, lorsque la question de la révision du procès fut discutée officiellement par le Saint-Siège.