#Jeanne envoyée de Dieu
18 témoins :
- Jean de Metz
- Bertrand de Poulengy
- Jean Dunois
- Guillaume de Ricarville
- Regnault Thierry
- Côme de Commy
- Gobert Thibaut
- Jean Barbin
- Marguerite La Touroulde
- Jean d’Alençon
- Jean Pasquerel, aumônier de Jeanne
- Simon Charles
- Thibault d’Armagnac, dit Thibault de Termes
- Colette
- Pierre Milet
- Aignan Viole
- Seguin de Seguin
- Jean d’Aulon
Jean de Metz
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (31 janvier 1456)
Les paroles de Jeanne et son amour de Dieu l’enflammaient. Il croit qu’elle était envoyée par Dieu ; elle ne jurait pas, aimait la messe et se signait pour prêter serment.
Bertrand de Poulengy
- Enquête au lieu de naissance de Jeanne (6 février 1456)
Elle ne jurait jamais et l’enflammait de ses paroles. Elle lui semblait être envoyée par Dieu. Jamais il ne vit quelque chose de mauvais en elle ; elle fut si bonne qu’on aurait dit une sainte.
Jean Dunois
- Enquête à Orléans (22 février 1456)
Interrogé s’il croit que Jeanne fut envoyée par Dieu, et que ses faits de guerre viennent d’une inspiration divine plutôt que d’un talent humain. Dit que oui, et pour plusieurs raisons.
Un autre fait le conforte qu’elle agissait de par Dieu. Le 7 mai au matin, au début de l’assaut du boulevard du pont, Jeanne fut blessée d’une flèche au cou mais n’abandonna pas la bataille, ni ne prit de remède pour la blessure.
Suffolk fait prisonnier à Jargeau, on lui montra un petit papier contenant quatre vers faisant mention d’une Pucelle devant venir du Bois Chenu, chevauchant sur le dos des archers et contre eux.
Guillaume de Ricarville
- Enquête à Orléans (8 mars 1456)
Lui-même n’a jamais remarqué qu’elle eût fait chose de blâmable ; au contraire il croit qu’elle fut inspirée par Dieu.
Regnault Thierry
- Enquête à Orléans (8 mars 1456)
Il vit Jeanne auprès du roi à Chinon ; elle disait être envoyée au dauphin par Dieu, pour la levée du siège d’Orléans, et pour conduire le roi à Reims, afin qu’il y fût sacré et couronné.
Attendu la vie bonne de la Pucelle et son comportement louable, attendu la réalisation de tout ce qu’elle avait vraiment prédit avant les événements, croit qu’elle fut envoyée par Dieu.
Côme de Commy
- Enquête à Orléans (16 mars 1456)
Ajoute qu’il entendit Jean de Maçon, très fameux docteur en l’un et l’autre droit, dire qu’il avait beaucoup examiné Jeanne dans ses déclarations et dans ses actes et qu’il n’y avait pas de doute qu’elle fût envoyée par Dieu ; et que c’était chose admirable de l’entendre parler et répondre. Il n’avait rien remarqué dans sa vie qui ne fût saint et bon.
Gobert Thibaut
- Enquête à Paris et à Rouen (5 avril 1456)
Il entendit l’évêque de Castres dire qu’il avait vu dans des écrits que devait venir une certaine Pucelle, au secours du roi de France. Lui et les autres docteurs disaient croire que Jeanne était envoyée par Dieu, et qu’elle était celle dont parlait la prophétie. Ils ne voyaient en elle que du bon et rien de contraire à la foi catholique ; aussi le roi pouvait avoir recours à elle.
Jean Barbin
- Enquête à Paris et à Rouen (30 avril 1456)
Jeanne était bonne catholique, et tout ce qui a été fait par elle a été fait par Dieu car elle était louable à tout point de vue : conduite, nourriture, boisson, etc. Jamais il n’entendit jamais dire du mal d’elle ; mais toujours qu’elle était femme bonne et catholique.
Marguerite La Touroulde
- Enquête à Paris et à Rouen (30 avril 1456)
C’est dans cette détresse qu’arriva Jeanne ; et le témoin croit qu’elle vint de la part de Dieu, pour réconforter le roi et ses sujets car il n’y avait d’autre espoir que venant de Dieu.
Jean d’Alençon
- Enquête à Paris et à Rouen (3 mai 1456)
Le roi décida qu’elle serait examinée par des gens d’Église et délégua l’évêque de Castres (son confesseur), les évêques de Senlis, Maguelonne et Poitiers, Pierre de Versailles, Jourdan Morin, et beaucoup d’autres, qui l’interrogèrent en présence du témoin sur les raisons de sa venue. Elle répondit qu’elle était venue de la part du Roi des cieux et qu’elle avait des voix et un conseil qui lui indiquaient quoi faire (bien que de cela il ne se souvient pas). Jeanne lui confia par la suite, au cours d’un repas (ils les prenaient alors ensemble), qu’elle avait été beaucoup questionnée, mais qu’elle savait et pouvait plus de choses qu’elle n’en avait dites. Le roi entendit le rapport des examinateurs et décida qu’elle serait de nouveau interrogée à Poitiers.
Le témoin ne participa pas à la libération d’Orléans, mais il vit par la suite les fortins qu’avaient construits les Anglais et il constata leur force ; et croit qu’ils furent pris plus par miracle que par la force des armes, spécialement celui des Tournelles au bout du pont, et celui des Augustins. Si lui-même s’était trouvé dans l’un d’eux avec une petite troupe, il aurait pu tenir six à sept jours contre toute la puissance des ennemis.
Ambroise de Loré et plusieurs hommes d’armes et capitaines qui y furent attribuaient presque tous les événements d’Orléans à un miracle de Dieu venant d’en haut et non à l’œuvre des hommes.
Sur ces paroles ils se mirent en route vers Jargeau. Ils comptaient d’abord s’emparer des faubourgs et y passer la nuit, mais furent repoussés par les Anglais. Jeanne prit alors son étendard et partit à l’attaque en encourageant les hommes ; ils firent tant que les faubourgs furent pris et que l’armée s’y installa pour la nuit. Le témoin croit que Dieu menait l’affaire, car il n’y eut presque aucune garde et le péril eut été grand si les Anglais étaient sortis. — Ils préparèrent l’artillerie et dirigèrent bombardes et machines contre la ville.
Jean Pasquerel(aumônier de Jeanne)
- Enquête à Paris et à Rouen (4 mai 1456)
Elle disait souvent avoir reçu mission d’agir ainsi. Et quand on lui disait qu’on n’avait jamais vu des choses semblables, ni lu dans aucun livre, elle répondait : Mon Seigneur a un livre dans lequel aucun clerc n’a jamais lu, aussi instruit soit-il.
Il la vit plusieurs fois la nuit s’agenouiller à terre, priant Dieu pour la prospérité du roi, et l’accomplissement de la mission que Dieu lui avait confiée.
Il croit fermement qu’elle était envoyée par Dieu ; elle était charitable, pleine de toutes les vertus ; avait pitié des soldats qui allaient mourir, même ennemis, et les faisait confesser. — Elle craignait beaucoup Dieu et n’aurait voulu lui déplaire pour rien au monde. — L’épaule transpercée d’une flèche elle refusa les incantation de ceux qui lui promettaient qu’elle serait immédiatement guérie, et dit préférer mourir plutôt que d’offenser Dieu.
Simon Charles
- Enquête à Paris et à Rouen (7 mai 1456)
Lorsque Jeanne arriva à Chinon, le conseil délibéra si le roi l’entendrait ou non. On l’interrogea sur l’objet de sa venue ; elle ne voulait parler qu’au roi ; mais celui-ci commanda qu’elle transmette d’abord le motif de sa mission. Elle avait deux mandats de la part du Roi des cieux : faire lever le siège d’Orléans et conduire le roi à Reims en vue de son couronnement et de son sacre. — Certains conseillers jugeaient que le roi ne devait pas avoir confiance en elle, d’autres qu’il devait au moins l’écouter, puisqu’elle se déclarait envoyée par Dieu. — Le roi décida qu’elle serait examinée par des gens d’Église ; ce qui fut fait ; et enfin, et non sans difficulté, il accepta de l’entendre.
Croit que Jeanne fut envoyée par Dieu : elle se confessait souvent et communiait presque chaque semaine.
Thibault d’Armagnac(dit Thibault de Termes)
- Enquête à Paris et à Rouen (7 mai 1456)
Elle était bonne et honnête. Ce qu’elle faisait relevait plus du divin que de l’humain, car elle reprochait souvent leurs vices aux hommes d’armes. Le frère Robert Baignart, qui l’entendit plusieurs fois en confession, disait d’elle que c’était une femme de Dieu, que ce qu’elle faisait venait de Dieu, que son âme et sa conscience étaient bonnes.
Pour lui, tout ce qu’a fait Jeanne, relève plus du divin que de l’humain. Elle se confessait très souvent, communiait et entendait pieusement la messe.
Colette
- Enquête à Paris et à Rouen (11 mai 1456)
Elle fit la connaissance de Jeanne à Orléans et lui rendait visite dans la maison de Jacques Bouchier, où Jeanne logeait. Elle parlait sans arrêt de Dieu et disait que Messire m’a envoyée pour secourir la bonne ville d’Orléans [en français].
Elle vit plusieurs fois Jeanne entendre la messe avec très grande dévotion, comme une bonne chrétienne et catholique.
Croit fermement que ses faits et ses œuvres étaient plus de Dieu que de l’homme.
Pierre Milet
- Enquête à Paris et à Rouen (11 mai 1456)
Croit fermement que ses faits tenaient plutôt du divin que de l’humain.
Aignan Viole
- Enquête à Paris et à Rouen (11 mai 1456)
Attendu ce qu’elle a fait et ce qui a suivi, le témoin croit qu’elle était conduite par l’esprit de Dieu, qu’en elle il y avait une force divine, et non pas humaine.
Seguin de Seguin
- Enquête à Paris et à Rouen (14 mai 1456)
Croit que Jeanne fut envoyée par Dieu ; attendu que le roi et ses sujets n’avaient plus aucun espoir et que tous au contraire croyaient à la défaite.
Jean d’Aulon
- Déposition de Jean d’Aulon à Lyon (28 mai 1456)
Tous les faits de la Pucelle lui semblaient plus divins et miraculeux qu’autrement ; il aurait été impossible à une si jeune pucelle d’accomplir tant de choses sans être gouvernée par notre Seigneur.