#Nom de Jésus
16 témoins :
- Isambert de La Pierre
- Nicolas Taquel, troisième notaire du procès
- Nicolas Caval
- Guillaume Manchon
- Pierre Cusquel
- Pierre Miget
- Thomas Marie
- Jean Fave
- Guillaume de la Chambre
- Jean de Lénizeul, serviteur de Guillaume Érart
- Jean Lefèvre
- Maugier Leparmentier
- Laurent Guesdon, alors lieutenant du bailli de Rouen
- Jean Riquier
- Jean Moreau, habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy
- Pierre Daron, alors procureur de Rouen
Isambert de La Pierre
- Enquête du cardinal d’Estouteville (3 mai 1452)
Il était avec elle sur le bûcher : dans les flammes elle avait toujours à la bouche Jésus ; et elle le supplia au moment où le feu serait allumé, de venir avec la croix et de la lui présenter ; ce qu’il fit. Et ensuite elle cria Jésus ; aussi les assistants furent portés aux larmes.
Capture, prédication, condamnation, exécution et invocation du nom de Jésus étaient et sont de renommée publique.
- Enquête du cardinal d’Estouteville (9 mai 1452)
Un soldat anglais, qui la haïssait extrêmement avait juré de placer de sa propre main un fagot sur son bûcher ; mais après avoir entendu Jeanne invoquer le nom de Jésus il fut frappé de stupeur et comme en extase ; on le conduisit à une taverne près du Vieux Marché, où il reprit des forces en buvant. Et après avoir déjeuné avec un frère de l’ordre des prêcheurs, cet Anglais confessa, le témoin l’entendit, par l’intermédiaire de ce frère anglais, qu’il avait gravement péché, qu’il se repentait de tout ce qu’il avait fait contre Jeanne, qu’il la jugeait une femme bonne ; car il semble que cet Anglais avait vu dans le dernier souffle de Jeanne une colombe blanche sortant de la flamme.
Nicolas Taquel(troisième notaire du procès)
- Enquête du cardinal d’Estouteville (8 mai 1452)
Il n’était pas présent au supplice mais il entendit que Jeanne était morte pieusement et en catholique, invoquant le nom de Jésus et de la sainte Vierge Marie.
Nicolas Caval
- Enquête du cardinal d’Estouteville (8 mai 1452)
Il ne fut pas présent lors de l’exécution et ne vit pas la foule des Anglais ; il apprit cependant de certains qu’elle criait et invoquait le nom de Jésus à ses derniers moments et qu’elle toucha plusieurs personnes aux larmes.
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
A entendu dire, car lui-même n’était pas présent à sa condamnation, que Jeanne mourut en catholique et qu’à son dernier jour elle invoquait le nom de Jésus.
Guillaume Manchon
- Enquête du cardinal d’Estouteville (8 mai 1452)
Juste après le prononcé de sa sentence, Jeanne fit de très belles oraisons, recommandant son âme à Dieu, à la bienheureuse Marie et à tous les saints, les invoquant et demandant pardon aux juges et aux Anglais, au roi de France et à tous les princes du royaume. Pour le reste ne ne vit rien, parce qu’il s’en alla ; mais il a bien entendu beaucoup de ceux qui assistaient à l’exécution dire qu’elle avait crié le nom de Jésus à la fin de sa vie.
Pierre Cusquel
- Enquête du cardinal d’Estouteville (9 mai 1452)
L’a entendu dire ; et que maître Jean Tressart, secrétaire du roi d’Angleterre, revenant du lieu du supplice, triste et gémissant, se lamentait sur ce qu’il avait vu là en ces termes : Nous sommes tous perdus, car une personne bonne et sainte a été brûlée
; il croyait en outre que son âme était entre les mains de Dieu, puisque, au milieu des flammes, elle implorait toujours le nom du Seigneur Jésus.
Pierre Miget
- Enquête du cardinal d’Estouteville (9 mai 1452)
Conforme à ce qu’il a entendu. Une fois abandonnée par l’Église, Jeanne commença à se lamenter et acclamer Jésus ; et aussi partit le témoin, ému de si grande pitié qu’il ne put voir l’exécution de Jeanne.
Thomas Marie
- Enquête du cardinal d’Estouteville (9 mai 1452)
Croit qu’il en fut ainsi ; et il entendit de beaucoup qu’on vit le nom Jésus écrit dans la flamme du feu qui la consumait.
Jean Fave
- Enquête du cardinal d’Estouteville (9 mai 1452)
Il a vu presque tous ceux de ce pays pleurer et se lamenter. Il entendit lui-même de la bouche même de Jeanne qu’elle invoquait le nom de Jésus dans les flammes.
Guillaume de la Chambre
- Enquête à Paris et à Rouen (2 avril 1456)
Fut présent lors de la dernière prédication, faite au Vieux Marché de Rouen par maître Nicolas Midi. Après ce sermon, Jeanne fut brûlée. Le bois pour la brûler était déjà en place ; elle faisait si pieuses lamentations et exclamations que plusieurs pleuraient ; mais quelques Anglais riaient. Il l’entendit s’exclamer quelque chose comme : Ah !Rouen ! J’ai grand peur que tu n’aies à souffrir de ma mort !
. Ensuite elle se mit à crier : Jésus
, et à invoquer saint Michel ; puis enfin disparut dans le feu.
Jean de Lénizeul(serviteur de Guillaume Érart)
- Enquête à Paris et à Rouen (7 mai 1456)
Peu après on conduisit Jeanne sur une estrade préparée au Vieux Marché ; Nicolas Midi fit une prédication, mais il était trop loin pour l’entendre. Juste après il ne vit Jeanne remise à la justice séculière mais directement conduite au supplice, et, là même, la vit brûler. Elle criait à haute voix : Jésus
, à plusieurs reprises.
Jean Lefèvre
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Jeanne finit ses jours en catholique, criant : Jésus ! Jésus !
Elle pleurait tant, faisant de pieuses lamentations, qu’à son avis nul homme, s’il avait été présent, n’aurait eu le cœur dur au point de ne pas être ému aux larmes. L’évêque de Thérouanne et tous les seigneurs pleuraient. Jeanne demanda à tous les prêtres présents de dire chacun une messe pour elle. Il ne resta pas là jusqu’à la fin et s’en alla, car il n’aurait pu en supporter la vue.
Maugier Leparmentier
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Placée dans ce feu, elle cria plus de six fois Jésus
et surtout dans son dernier souffle elle cria à haute voix Jésus, si bien que tous les assistants purent l’entendre. Presque tous les assistants pleuraient de pitié.
Laurent Guesdon(alors lieutenant du bailli de Rouen)
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Croit que Jeanne est morte en catholique, car elle mourut en criant le nom du Seigneur Jésus. C’était grande pitié, et presque tous les gens présents étaient émus aux larmes.
Jean Riquier
- Enquête à Paris et à Rouen (12 mai 1456)
Lorsque Jeanne vit mettre le feu au bûcher, elle se mit à crier à haute voix : Jésus
; et le cria ainsi jusqu’à sa mort.
Jean Moreau(habitant de Rouen originaire d’un village proche de Domrémy)
- Enquête à Paris et à Rouen (10 mai 1456)
Après la prédication [du Vieux Marché], elle fut remise à un sergent, lequel la livra au bourreau, sans qu’une sentence eût été prononcée par le bailli. Le bourreau la mena au feu, et là il l’entendit demander de l’eau bénite ; elle criait Jésus à haute voix. Elle demanda aussi une croix. — A entendu dire que ce jour là, ou la veille, elle avait reçu la communion.
Pierre Daron(alors procureur de Rouen)
- Enquête à Paris et à Rouen (13 mai 1456)
Croit qu’elle termina sa vie en catholique, car elle faisait plusieurs pieuses exclamations et lamentations, invoquant le nom de Jésus. Il l’entendit dire : Ah ! Rouen, Rouen, seras-tu ma maison ?
— Plusieurs étaient émus aux larmes et beaucoup étaient mécontents qu’elle eût été exécutée à Rouen. — Jusqu’à son dernier moment, Jeanne criait toujours Jésus !