Opinio (1456)
- Martin Berruyer (~1380–1465)
Éditions
- Quicherat : Fragments (latin) (Procès, t. III, 1845, p. 314), fragments, d’après le ms. 5970 de la BnF.
- Lanéry d’Arc : Texte (latin) (Mémoires et consultations, 1889, p. 237), d’après le même ms. 5970.
- Ayroles : Traduction (français) (Vraie Jeanne d'Arc, t. I, 1890, p. 403-436).
Sources manuscrites
- BnF : Manuscrit Latin 5970
[XVe siècle.] L’un des trois exemplaires authentiques du procès de Réhabilitation (celui de la famille d’Orléans). — f°144 r° à 151 r°.
Incipit :
Ad gloriam Dei. | Juste quod justum est persequeris, Deuteronomii…
À la gloire de Dieu. Poursuis ce qui est juste et par des moyens justes (Deutéronome 16:20).
Ms. latin 5970, fol. 144 r° (Source gallica.bnf.fr / BnF) - British Library : Stowe MS 84
[XVe siècle.] L’un des trois exemplaires authentiques (celui de Charles VII). — f°129 à 164.
Chronologie
1456
- 7 avr.Berruyer date son mémoire.
1753
-
Lenglet du Fresnoy évoque le traité dans le deuxième volume de son Histoire de Jeanne d’Arc, où il décrit le manuscrit Latin 5970 de la Bibliothèque du roi.
Mgr Berruyer, de Puella Aurelianensi, commence au folio CXLIV du même manuscrit, et finit au CL, et fut fait le 7 avril 1456, suivant la date qui y est apposée. Dans les cinq chapitres dont ce traité est composé, l’auteur fait voir clairement l’injustice de la sentence rendue en 1431 contre cette fille.
1790
-
L'Averdy, Notices des manuscrits, t. III. Il lit son nom
Wesines
, puisBeuzines
.Martin Wesines, prêtre du diocèse du Mans (p. 295).
On trouve ensuite dans le manuscrit un avis rédigé par Martin Beuzines, prêtre du diocèse du Mans ; ce nom propre est même presque illisible : à la fin, on trouve écrit : per me Martinum Cænomanensem ministrum indignum (par moi Martin, prêtre indigne, du diocèse du Mans), à la date du 7 avril 1456. L’auteur pense que Jeanne était conduite par l’esprit d’en haut, et non par le malin esprit ; il répond aux objections qu’on peut lui faire, et la justifie des accusations intentées contre elle. (p. 519).
1845
-
Quicherat, Procès, t. III, p. 314, édite quelques fragments du mémoire, d’après le ms. 5970, et commente, Procès, t. V, 1849, p. 466 :
L’opinion de Martin Berruyer porte la date du 7 avril 1456. Elle a donc été donnée à la requête des juges de la réhabilitation. On voit par les citations que fait l’auteur qu’il a eu entre les mains, non seulement l’instrument du procès de condamnation, mais encore les enquêtes du cardinal d’Estouteville.
1888
-
Joseph Fabre, Procès de Réhabilitation, t. II, 1888, p. 183 :
Un septième mémoire, à peu près insignifiant malgré son appareil de citations, était l’œuvre de Martin Berruyer, évêque du Mans. Il fut adressé aux juges le 7 avril 1456.
1889
-
Lanéry d’Arc : Mémoires et consultations, p. 237, édite le mémoire en entier, d’après le même ms. 5970.
1890
-
Le père Ayroles, Vraie Jeanne d'Arc, t. I, p. 403-436, traduit le mémoire en français.
Ce mémoire, un des plus courts de ceux qui sont insérés dans le second procès, est, pour la question de fond, le plus complet après la récapitulation de Bréhal. [... Il est également] un des derniers composés ; il porte la date du 7 avril 1456, trois mois avant le jugement réparateur.
1893
-
Louis-Ernest Dubois (futur cardinal Dubois), analyse le mémoire dans un essai sur Berruyer.
Martin Berruyer, évêque du Mans dans Union historique et littéraire du Maine, t. I, 1893, p. 11, Google Books
Son mémoire est un éloquent plaidoyer en faveur de la Pucelle. Avec une logique toute scolastique, il démontre et quant à la forme et quant à la matière, l’iniquité et l’injustice du jugement porté contre l’héroïne. Il insiste longuement sur la matière même du jugement et dans cinq propositions il établit :
- Que Jeanne dans l’accomplissement de sa mission agissait non pas humainement, mais sous l’influence d’un esprit supérieur.
- Que la même Jeanne n’agissait pas sous l’impulsion de l’esprit malin, mais de l’esprit de Dieu.
- Que Jeanne ne fut pas telle que l’exprime la sentence portée contre elle.
- Il répond aux objections qui sont ou peuvent être faites contre Jeanne... ses paroles et ses actes.
- Il conclut que Jeanne fut jugée témérairement et injustement, et brûlée d’une manière impie.
Tel est, en analyse, le mémoire écrit par Martin Berruyer, évêque du Mans, le 7 avril 1456. Le prélat consacrait ainsi la gloire de Jeanne d’Arc et confirmait avec éclat la croyance populaire. Son
opinion
, à jamais fixée parmi les actes du procès, demeure l’une des meilleures démonstrations de la mission divine de la Pucelle. 2004
-
Colette Beaune, Jeanne d’Arc, 2004, éd. Perrin, 2009, p. 22 :
[Martin Berruyer] pense que depuis la mort de Jeanne, les Français demeurèrent accompagnés par elle en esprit et en vertu et ont pu ainsi reconquérir la Guyenne et la Normandie.