Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Rédaction du procès

Guillaume Manchon(principal notaire du procès)

Ajoute que, comme notaire, il était chargée d’écrire les réponses de Jeanne ; qu’il arriva que deux autres notaires cachés écrivaient en omettant toutes les justifications ; et que les juges voulurent qu’il rédigeât à leur guise, ce qu’il ne fit pas.

Durant une longue période du procès, deux autres écrivains se tenaient cachés près d’une fenêtre ; après le déjeuner les notaires et les docteurs se réunissaient pour mettre au propre les notes du matin, et Manchon était incité à corriger son rapport d’après celui desdits écrivains : mais il n’a rien changé, mais a écrit fidèlement.

A écrit tout ce qu’il a entendu.

Le premier original du procès fut écrit fidèlement par lui qui parle, en français, sauf la première session, et croit qu’il fut traduit fidèlement en latin.

Le témoin authentifie le registre du procès, signé par lui et ses collègues ; il l’avait rédigé en trois exemplaires qui furent donnés : à l’inquisiteur, au roi d’Angleterre et à Cauchon. — Le procès fut rédigé d’après une minute en français, écrite de sa propre main et qu’il a déjà remise aux juges ; et ensuite traduit du français en latin par maître Thomas de Courcelles et le témoin, dans la forme où il se trouve actuellement, le mieux possible, en suivant la vérité, longtemps après la mort et l’exécution de Jeanne. — Thomas de Courcelles intervint peu durant le procès.

Les premiers interrogatoires furent très bruyants ; notamment le premier dans la chapelle du château de Rouen où Jeanne était interrompue presque à chaque mot quand elle parlait de ses apparitions. Deux ou trois secrétaires du roi d’Angleterre enregistraient à leur guise et à charge les paroles de Jeanne ; le témoin s’en plaignit et menaça de quitter sa charge ; on se déplaça dans une salle du château proche de la grande salle et gardée par deux Anglais. Lorsqu’on désirait réinterroger Jeanne sur un point, pour vérifier sa réponse ou la préciser, le témoin ajoutait un Nota en tête d’article.

Isambert de La Pierre

Jeanne se plaignit à Cauchon qu’on enregistrait pas ce qu’elle disait pour sa défense, et uniquement ce qu’on faisait contre elle.

Lorsque le témoin lui-même suggéra à Jeanne de se soumettre au concile de Bâle dans lequel se trouvaient beaucoup de prélats et de docteurs du parti du roi de France, elle s’y soumit ; alors Cauchon l’invectiva violemment en lui disant : Taisez-vous, au nom du diable ! Entendant cela, maître Guillaume Manchon, notaire de la cause, demanda à l’évêque s’il devait écrire cette soumission ; l’évêque répondit que non, et que ce n’était pas nécessaire ; aussi Jeanne dit à l’évêque : Ha ! vous écrivez bien ce qui est contre moi, et vous ne voulez pas écrire ce qui est pour moi. Et il croit que cela ne fut pas écrit ; d’où s’ensuivit dans l’assemblée un grand murmure.

Croit Manchon écrivit et relata fidèlement ; s’en rapporte au procès.

Nicolas Taquel(troisième notaire du procès)

Ne se rappelle pas que des Anglais aient été présents lors des interrogatoires, hormis les garde ; ni qu’ils aient prononcé quelque interdiction, quoiqu’on eût interdit d’insérer certaines choses qui, au dire du témoin, ne concernaient pas la cause.

Déclare croire que les notaires écrivirent fidèlement, parfois en français, parfois en latin. — Il entendit que Thomas Courcelles fut chargé de la traduction en latin mais ignore si quelque chose fut changé, ajouté ou retranché.

Depuis cette date jusqu’à la fin du procès, il fut présent comme notaire aux interrogatoires et réponses de Jeanne. Lui-même ne rédigeât pas ; il écoutait et relatait aux deux autres notaires, à savoir Boisguillaume et Manchon, qui écrivaient, et surtout Manchon. — On lui montra le procès signé de son seing manuel, qu’il reconnut, ainsi que ceux de Manchon et Boisguillaume ; il confesse avoir signé ce volume et avoir certifié tous les actes auxquels il avait pris part. — Ce procès fut rédigé en sa forme actuelle très longtemps après la mort de Jeanne, mais il ignore quand.

Pierre Bouchier

A entendu dire que le procès fut rédigé en latin.

Nicolas de Houppeville

A entendu dire qu’on interdisait aux notaires d’écrire certaines de ses paroles.

Il n’assista pas au procès, mais tient du sous-inquisiteur Jean Lemaître que Jeanne se plaignit qu’on la harcelait trop de questions difficiles et hors de propos. — Le bruit courait qu’on interdisait aux notaires d’écrire certaines des paroles de Jeanne.

Jean Massieu(huissier du procès)

Manchon écrivait, non pas à la volonté de quelques-uns, mais pour la vérité. Lorsqu’on réinterrogeait Jeanne sur un point on constatait que Manchon avait compris et bien écrit.

Croit que le notaire rédigeait fidèlement.

Déclare avoir vu le procès écrit en français, et croit qu’ensuite tout le procès fut rédigé en latin ; ne sait rien d’autre.

Nicolas Caval

Croit que les notaires ont écrit avec fidélité et sans crainte.

Guillaume du Désert

Au cours de cette prédication il entendit Jeanne dire qu’elle se soumettrait à l’Église ; mais ignore s’il fut interdit aux notaires de l’écrire.

Richard de Grouchet

Croit que les notaires retranscrivirent fidèlement. — Il vit cependant Cauchon injurier violemment les notaires, quand ceux-ci ne faisaient pas ce qu’il voulait ; et la scène était très violente, à ce qu’il assure, d’après ce qu’il a vu et entendu.

Ignore si sa soumission fut enregistrée mais témoigne que Jeanne s’est toujours soumise jugement du pape et de l’Église.

Le notaire écrivait en français et quand il y avait doute sur le texte il le relisait. Ne sait rien de la traduction.

Croit que les notaires ont bien et fidèlement rédigé.

Pierre Miget

Croit que les notaires rédigeaient fidèlement.

Avait entendu Manchon parler de gens cachés derrière les courtines et s’était plaint du procédé aux juges. Mais croit qu’au final le procès signé des notaires est fidèle.

Martin Lavenu

S’en rapporte aux notaires, croit qu’ils écrivirent fidèlement.

Sait que le procès fut rédigé en français ; ne sait rien de la traduction.

Jean Le Fèvre

Ne sait rien de la traduction ; ne se souvient pas si le procès fut reçu en latin ou en français.

Thomas Marie

Les notaires ont écrit fidèlement quoique peut-être, à ce qu’il comprit, ils aient parfois été sollicités d’écrire autrement.

Jean Monnet(secrétaire de Jean Beaupère)

Jeanne lui reprocha, à lui et aux notaires, de mal rédiger, et leur fit faire à plusieurs reprises des corrections.

Guillaume Colles, dit Boisguillaume(second notaire du procès)

Reconnaît sa signature et authentifie le procès qu’on lui montre ; c’est l’un des cinq exemplaires semblables qui furent faits. Il fut associé aux notaires Guillaume Manchon et Pierre Taquel [Nicolas], et rédigèrent fidèlement les questions et les réponses, et après le déjeuner les collationnaient entre eux. Ils étaient impartiaux et ne travaillaient sous la crainte de personne.

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