Déposition de Guillaume du Désert
Voir : Guillaume du Désert (~1400–1471)
Interrogé une fois en 1452.
Messire Guillaume Du Désert, chanoine de Rouen, âgé d’environ 52 ans, entendu le 8 mai 1452.
Art. 1. Les Anglais haïssaient Jeanne pour les avoir combattus, et voulaient la faire mourir
Le croit véridique ; si elle avait soutenu les Anglais plutôt que les Français, elle n’aurait pas été traitée comme elle le fut.
Art. 2. Les Anglais la craignaient
Les Anglais lui semblaient comme effrayés par ses faits. Ignore s’ils voulaient la faire périr pour cela.
Art. 3. Les Anglais organisèrent un faux procès de foi à Rouen où ils étaient maîtres
L’a vue une fois au château, alors qu’on la conduisait devant ses juges. Ne sait rien des craintes et pressions.
Art. 4. Juges et conseillers agirent sous leur menace
Ne sait rien car n’était pas là.
Art. 5. Les notaires ne purent écrire fidèlement les paroles de Jeanne
Ne sait rien car n’était pas là.
Art. 6. Les notaires devaient retrancher les paroles qui la justifiaient et en ajouter d’autres qui l’accablaient
Ne sait rien car n’était pas là.
Art. 7. Aucun conseiller n’osa la défendre par crainte pour sa vie
Ne sait rien.
Art. 8. Jeanne était confiée à la garde des Anglais, entravée de fer et isolée
Ne la vit pas en prison, mais entendit qu’elle était gardée par les Anglais.
Art. 9. Jeune fille d’environ 19 ans, Jeanne était inapte à se défendre seule
Jeanne avait 18/19 ans. On disait qu’elle répondait avec sagesse et habileté.
Art. 10. Les Anglais allaient la nuit feindre des révélations pour l’inciter à ne pas se soumettre à l’Église
[Non répondu.]
Art. 11. Les interrogatoires étaient difficiles
Ne sait rien.
Art. 12. Les interrogatoires étaient longs et éprouvants
Ne sait rien car n’était pas là.
Art. 13. Jeanne affirma souvent ne rien vouloir soutenir contre la foi catholique
[Réponse groupée aux articles 13, 14.]
Fut présent lors de la prédication de Saint-Ouen [24 mai] ; il vit et entendit l’abjuration de Jeanne. Un docteur anglais fut mécontent de la réception de l’abjuration, car Jeanne en prononçait quelques mots en riant ; il s’en plaint à Cauchon que c’était une dérision ; lequel répondit irrité qu’en tant que juge il devait chercher le salut de Jeanne plutôt que sa mort.
Art. 14. Jeanne déclara plusieurs fois soumettre ses paroles et ses actes à l’Église et au pape
[Cf. 13.]
Art. 15. Les Anglais interdirent que soient écrites ses paroles de soumission
[Réponse groupée aux articles 15, 16.]
Au cours de cette prédication il entendit Jeanne dire qu’elle se soumettrait à l’Église ; mais ignore s’il fut interdit aux notaires de l’écrire.
Art. 16. Il fut écrit au contraire qu’elle refusa de se soumettre
[Cf. 15.]
Art. 17. Si certaines paroles paraissent suggérer qu’elle refusa de se soumettre, c’est qu’elle comprenait l’Église comme les ecclésiastiques du tribunal, partisans des Anglais
S’en rapporte à l’intention de Jeanne.
Art. 18. La traduction en latin retrancha des paroles qui la justifiaient et en ajouta qui l’accablaient
Ne sait rien car n’était pas là.
Art. 19. Le tribunal jugea sous la crainte
Ne sait rien car n’était pas là.
Art. 20. Le procès est mensonger, incomplet et vicié
Ne sait rien car n’était pas là.
Art. 21. Les juges n’ayant pas suivi le droit étaient incompétents
Ne sait rien car n’était pas là.
Art. 22. Jeanne n’eut pas la possibilité de se défendre
S’en remet au procès.
Art. 23. En lui accordant la communion les juges reconnaissaient qu’elle s’était soumise
Dans les deux prédications où il la vit, il comprit par son maintien et ses gestes qu’elle était catholique, invoquant Dieu et les saints.
Ne sait rien de sa communion.
Art. 24. Les Anglais la brûlèrent sans sentence séculière
Le lieu du supplice avait été préparé avant la prédication. Après celle-ci, Jeanne fut abandonnée par les juges ecclésiastiques et aussitôt saisie. Ignore si elle fut conduite directement au supplice ou d’abord au bailli.
Art. 25. Jeanne se comporta en bonne catholique jusqu’à son dernier souffle ; tous les assistants pleurèrent, même les Anglais
Vrai.
Art. 26. Les Anglais agirent par haine de Jeanne et pour déshonorer le roi de France très chrétien
Croit que les Anglais la haïssaient et la craignaient ; et qu’ils la jugèrent sans doute à cause de ses faits d’armes.
Art. 27. Tous ces points sont notoires et admis, tant à Rouen que dans le royaume de France
Confirme ce qu’il a déposé.