A. Vallet de Viriville  : Histoire de Charles VII (1862-1865)

Tome II : Livre III (suite) (1424-1429)

1Chapitre VI
Période critique du règne de Charles VII : Événements militaires (août 1424 – septembre 1427).

Après la bataille de Verneuil, la situation militaire du roi Charles n’était point encore désespérée. Les barons d’Auvergne et de Bourbonnais, au nombre de cinq ou six cents, vinrent alors lui offrir leurs services. Ceux de Guyenne et de Languedoc imitèrent cet exemple. Le sire d’Arpajon doit être signalé parmi ces derniers. Il accourut auprès du roi, lui disant que Charles VII restait assez puissant pour résister à ses ennemis. Ce seigneur ajouta que, dans les pays d’où il venait, le roi trouverait 2encore, pour sa défense, dix à douze mille arbalétriers, armés d’arbalètes d’acier969.

Il est un point du sol français qui, dans l’histoire de ces guerres, se recommande par un intérêt spécial.

À l’extrémité occidentale de la Normandie, une petite place, dit M. de Beaurepaire, fortement protégée par une ceinture de solides murailles, par le sable mouvant des grèves et la mer, qui chaque jour l’entoure de ses flots, restait invariablement fidèle à la cause nationale et bravait les menaces et les efforts de la puissance étrangère. Par un privilège admirable, pendant une domination d’une trentaine d’années, lorsque tout en Normandie avait passé sous le joug, ce fut la seule place qui sut se défendre, le seul point où il fut impossible aux ennemis de pénétrer970.

Cette petite place, aujourd’hui prison d’État, s’appelait le Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer. Saint Aubert, en 748, suivant la légende locale, éleva sur ce rocher ou Mont de la Tombe, par le conseil de saint Michel, un monastère consacré à Dieu. Du haut du clocher de l’église, dédiée à Saint-Sauveur, le divin archange veillait, jour et nuit, sur le Mont. Armé de sa flamboyante épée, il le protégeait contre les malins esprits, contre les monstres qui hantent les bords de la mer, et contre les ennemis du dehors. Les papes, ainsi que les rois, s’étaient plu à doter l’abbaye de nombreux privilèges. Entre autres prérogatives, on peut noter celle-ci. L’abbé de Saint-Michel, depuis le quatorzième siècle, était en même temps, le capitaine 3du Mont. Inspirés par une piété qui se confondait avec la meilleure politique, les rois de France n’avaient pas voulu confier à d’autres mains la garde de cette importante forteresse971.

Dès la première invasion de Henri V, le mont Saint-Michel fut tout d’abord en butte aux attaques des Anglais. Robert Jollivet, 32e abbé et 4e capitaine, occupait alors le siège du monastère. Mieux fait pour les calmes loisirs de l’opulence et de l’étude que pour les agitations de temps difficiles, l’abbé Robert, toutefois, commença par marcher sur les traces de ses prédécesseurs. Il garda fidèlement son poste, releva et agrandit les fortifications, mit la ville et le monastère dans un bon état d’approvisionnement et de défense. Mais bientôt il se fatigua de cette vie guerroyante. En 1419, au mépris de tous ses devoirs, il déserta l’abbaye et vint résider à Rouen972.

Les meilleurs revenus de sa mense abbatiale étaient assis en Normandie. Robert fut circonvenu par le roi d’Angleterre. Pour jouir en paix des émoluments attachés à sa prélature, il se laissa gagner et se fit Anglais. Mais les religieux et les défenseurs de la place demeurèrent fermes et fidèles. L’un de ces religieux, nommé Jean Gonnault, homme de tête, énergique, fut élu par le chapitre, vicaire général de l’abbaye et tous les pouvoirs du prélat, deux fois apostat, passèrent entre les mains du vicaire973.

4Dans ces temps d’extrêmes périls, le couvent s’adressa au prince Charles, dont il avait embrassé la cause. Sur la demande des religieux, et sans préjudice de leur privilège, le régent leur donna pour capitaine, en 1420, un véritable homme de guerre. Jean d’Harcourt, comte d’Aumale, remplit en premier lieu cet office. Ce jeune comte étant mort à la journée de Verneuil, Jean, bâtard d’Orléans, fut nommé, en sa place, capitaine de la forteresse974.

Les Anglais, au mois d’avril 1424, essayèrent premièrement de se faire livrer l’abbaye par trahison, en achetant des intelligences à l’intérieur. N’ayant point réussi dans leur entreprise, ils vinrent poser le siège devant cette place, le 26 août de la même année, au lendemain, pour ainsi dire, de la bataille de Verneuil. Robert Jollivet, chancelier du duc de Bedford, membre du grand conseil d’Angleterre, et capitaine du Mont, fut préposé par le régent anglais pour diriger l’attaque. Passant les revues aux armes, l’abbé Robert, à sa honte et pour son châtiment, essuya toutes les fatigues de cette infructueuse campagne975.

Nicol Burdett, sous ses ordres, commandait le siège de terre. Diverses caraques, venues de Normandie, d’Allemagne (villes hanséatiques) et d’Angleterre, investirent la place du côté de la mer. Une bastille avait été établie au village d’Ardevon. Laurent Haulden, autre capitaine anglais, occupait le roc fortifié de Tombelaine. Du côté des Français, le baron de Coulonces, capitaine de Mayenne, 5appelé par Jean Gonnault, vint prendre au Mont la charge de la défense976.

D’autre part, une flottille bretonne avait été armée à Saint-Malo. Briand de Châteaubriant, seigneur de Beaufort, en fut l’amiral. Dans les premiers jours de mai 1425, Coulonces défit sur terre les Anglais devant Ardevon, et prit le capitaine Burdett. Battu le 16 juin, sur mer, l’ennemi abandonna le siège et se retira dans les bastilles environnantes. Le comte de Suffolk, successeur de Burdett, tenta de nouveaux efforts, sans obtenir plus de succès977.

Par lettres du 10 février 1426, le roi nomma capitaine du Mont, pour succéder à Jean d’Orléans978, Louis d’Estouteville, seigneur et baron d’Auzebosc en Normandie. Un accord survenu (juillet 1426), entre les parties, maintint les Français dans la possession de la forteresse. Le 9 septembre 1427, veille de Saint-Aubert, fut la date d’une mémorable bataille. Les Anglais, vaincus par le nouveau capitaine, y laissèrent deux mille morts979.

Un tableau, peint à cette époque (1427), fut placé dans l’église du monastère, sur la muraille, devant l’autel de 6Saint-Sauveur. Les armes de France ou de Charles VII, reproduites en tête de l’œuvre, précédaient celles d’Estouteville. À la suite de ces blasons, on y voit encore les noms et les armoiries de cent dix-neuf chevaliers et écuyers. Ce tableau consacrait ainsi le souvenir des hommes d’armes qui, sous le commandement du sire d’Auzebosc, avaient repoussé l’ennemi et défendu cette frontière du territoire national980.

Jean Gonnault régit heureusement l’abbaye et le Mont pendant toute la domination anglaise. Tant qu’il vécut, l’honorable dépôt qui lui était confié demeura intact. Aidé par les secours et la protection de Charles VII, il releva son église écroulée, compléta les fortifications de la ville et acheva le bâtiment du monastère. Ce fut lui qui mit la dernière main à cette ville monumentale, si attrayante pour le voyageur, au double point de vue de la beauté naturelle ou pittoresque, et des souvenirs historiques981.

7Dans la période que nous parcourons (1424-1429), la guerre comprit çà et là tout le théâtre dont l’étendue a été plus d’une fois indiquée. Le désordre le plus complet règne parmi les chroniques et récits contemporains. De là, une double et presque inextricable difficulté pour l’historien moderne, qui veut ramener à un ordre clair et suivi le tableau de ces épisodes.

L’Anjou et le Maine avaient pour duc et comte les héritiers de Louis II, dernier roi de Sicile, mineurs sous la tutelle de Yolande. Des lettres, rendues à Paris, le 21 juin 1424, sous le nom de Henri VI, transportèrent, par voie de donation ou de confiscation, la seigneurie de l’Anjou et du Maine, à Jean duc de Bedford. L’acte, délibéré en présence et du consentement de Philippe le Bon, imposait au donataire la condition de conquérir ces domaines. Le même jour et dans le même conseil, un second diplôme, rendu au nom du roi et délibéré en présence de Bedford, accordait à Philippe le Bon les comtés d’Auxerre, Mâcon et Bar-sur-Seine, que la maison de Bourgogne convoitait depuis longues années982.

En ce qui concerne le duc de Bedford, cette donation fut immédiatement suivie d’actes d’hostilités contre l’Anjou et le Maine. Des lettres rendues à Rouen le 25 août 1424, instituèrent des commissaires pour traiter de gré ou de force avec les populations. Olivier le Forestier, capitaine de Sillé-le-Guillaume, capitula 8le 1er octobre suivant, avec ces commissaires983.

Le 18 septembre 1424, la ville de Guise en Thiérache tomba, par capitulation, au pouvoir de Jean de Luxembourg. Cette place, capitale du comté de Guise, appartenait à la maison de Bar ou Lorraine-Anjou, sous la suzeraineté du roi de France. Après le mariage de René, comte de Guise, Jean de Luxembourg, par lettres du mois de février 1422, s’était fait donner ce comté au nom de Charles VI, Le terme ou délai stipulé, suivant l’usage, au traité de capitulation, expirait le 1er mars 1425. Guise, à cette date, n’ayant pas été secourue, demeura au lieutenant bourguignon984.

Marchenoir, vers le même temps, fut également pris par les Bourguignons. Les Anglais s’emparèrent, le 17 octobre, de Senonches, puis de Nogent-le-Rotrou. Ainsi se passa l’année 1424985.

Le 11 février 1425, John Harpelay, bailli d’Alençon et du pays conquis au Maine, rassemblait des archers, pour opérer ou achever la conquête du Maine et des environs. Vers le mois de mai, de nouvelles recrues arrivèrent d’Angleterre. Ces forces comprenaient un total d’environ douze mille hommes, qui furent successivement dirigés, par divers points, vers l’Anjou et le Maine. Parmi 9les capitaines qui les commandaient, on remarque les noms des principaux hommes de guerre de l’Angleterre. Tels étaient lord Scales ; sir John Fastolf, personnage très sérieux, si étrangement défiguré par le poétique caprice de Shakespeare ; William Oldhall ; Lancelot de Lisle, John Montgomery, John Popham, William Glasdale, Matthew Gough (le Matago des chroniques françaises), William Kirkeby, etc. Les comtes de Suffolk et de Salisbury partageaient avec lord Scales le commandement supérieur986.

Le gouvernement de Charles VII était alors en proie à ses dissensions intestines les plus vives ; Salisbury s’empara en premier lieu d’Étampes et de Rambouillet. Durant ce temps, Fastolf prit par capitulation Tanis et autres châteaux du Maine. La jonction de ces deux chefs de guerre s’effectua vers le 15 juillet, sous les murs du Mans, capitale du comté. Baudouin de Champagne, seigneur de Tucé et deux autres capitaines, à la tête d’une faible garnison, occupaient cette ville au nom de la reine Yolande et du roi Charles. Le 17 juillet, Charles VII envoya, de Poitiers au Mans, quelques gendarmes de secours, sous la conduite de Jean Girard, écuyer987.

Pierre le Porc, capitaine de Mayenne, fut instruit de la venue du comte anglais. Accompagné de cent soixante à 10deux cents combattants, il s’éloigna momentanément de sa garnison et vint se poster dans une embûche, près de Sées en Normandie, sur la route du général anglais. Lorsque l’avant-garde du comte parut, le capitaine Pierre fondit aussitôt sur cette troupe, à laquelle il tua et prit beaucoup de monde. Il retourna ensuite à Mayenne, chargé de butin988.

Le comte de Salisbury, poursuivant sa route, posa le siège devant la ville du Mans le 20 juillet 1425. Jean Harboutelles, écuyer, maître de l’artillerie et des ordonnances du régent, était préposé à la surintendance de cette arme et du matériel de l’attaque. Philibert de Moleyns, son lieutenant, avait acheté entre autres munitions et moyennant le prix très élevé de 1, 365 livres, à un marchand de Barcelone, deux cent soixante-cinq arbalètes de Rouménie. La poudre de guerre fut fabriquée ou du moins vendue à Paris. Jean Harboutelles dirigea aussi vers le Mans de grosses bombardes, sorte d’obusiers à boulets de pierre, d’un diamètre et d’une puissance explosive inusités. Le courage des assiégés et leurs faibles ressources ne résistèrent pas longtemps à de tels moyens d’agression989.

Bientôt la ville, dépourvue de vivres, fut démantelée d’une partie notable de ses remparts. Les principaux ravages de l’artillerie anglaise avaient porté sur les murs de la place, du côté de l’hôtel de l’évêque. Dans ce péril, Adam Châtelain, évêque du Mans, se porta intermédiaire près des Anglais, au nom des Manceaux, pour capituler. Le 2 août, un traité fut signé, sous les auspices de ce prélat, 11dans le couvent des frères prêcheurs ou jacobins du Mans, hors la ville990.

Suivant ce traité, qui fut célébré à Paris, le 9, par une procession des gens d’Église et du parlement, les Manceaux durent payer au vainqueur une indemnité de 1,500 écus d’or, pour les frais du siège. Les défenseurs eurent le droit de se retirer, chaque homme d’armes avec son cheval et son harnais militaire de pied en cap, mais en laissant toute espèce d’autres objets ou munitions de guerre. Les bourgeois conservèrent corps et biens, à condition de reconnaître l’autorité du roi d’Angleterre. Le 10 août, jour du délai fixé, les clauses du traité furent exécutées. Le comte de Salisbury nomma capitaine de la place le comte de Suffolk et lui donna comme lieutenant sir John Fastolf. Après avoir établi garnison anglaise dans la ville, il se dirigea vers Rouen991.

De septembre à décembre 1425, Rochefort-en-Yvelines (Seine-et-Oise), fut pris et repris des deux parts, puis incendié par les Français. Salisbury ou ses lieutenants soumirent à la domination anglaise les villes de Sainte-Suzanne et de Mayenne. La première obéissait au capitaine Ambroise de Loré, la seconde à Pierre le Porc. Toutes deux succombèrent et payèrent deux mille écus d’or. Sir John Popham succéda, comme capitaine de Sainte-Suzanne, à Ambroise de Loré. Mayenne se rendit le 31 octobre aux Anglais, qui, après l’avoir bombardée et ruinée par le canon, 12emportèrent, dit-on, les titres les plus anciens et les plus précieux de la baronnie. La ville fut remise en garde par le vainqueur à lord John Montgomery992.

Le 15 octobre 1425, Richemont écrivait d’Angers aux autorités de Lyon une lettre qui nous a été conservée. Il expose dans cette dépêche que les gendarmes du roi sont aux frontières d’Anjou et du Maine. Le connétable ajoute que, depuis deux mois, ces troupes n’ont pas reçu un denier de solde et menacent de se débander. Le comte adjure en conséquence les Lyonnais de le secourir par quelque contribution pécuniaire. Raoul de Coëtquen, chevalier breton, assisté d’Olivier de Mauny, tenta, vers la fin de cette année, une irruption contre les Anglais. Ils se portèrent du côté de la Normandie, vers une châtellenie occupée par l’ennemi. Cette place, nommée le Parc-l’Évêque, appartenait à l’évêque d’Avranches. Mais ils furent taillés en pièces, et le sire de Mauny demeura prisonnier des Anglais993.

Vers le 2 février 1426, le comte de Salisbury et lord Willoughby mirent le siège devant la Ferté-Bernard. Louis d’Avaugour résista pendant quatre mois dans cette forteresse et finit par capituler. Cependant la prise du Mans, opérée au préjudice de Louis III, mineur, gendre de 13Jean VI, duc de Bretagne, avait déterminé ce dernier à rompre la neutralité. À la suite de cette prise, le duc de Bedford s’empressa d’envoyer auprès de Jean VI, afin de prévenir les effets de son mécontentement. Ces négociations n’obtinrent point le résultat qu’il s’en promettait. Le duc de Bretagne, cédant à des influences que nous avons fait connaître, prit le parti de la guerre, et favorisa les mouvements militaires du connétable994.

Lorsque l’armée ducale fut prête, Jean VI manda son frère pour lui en livrer le commandement. Arthur se rendit à Rennes et dirigea ses troupes vers la frontière de Normandie. Les soldats, après s’être réunis à Antrain, furent conduits devant une petite ville nommée Saint-James-de-Beuvron. C’était la première fois que le nouveau connétable exerçait sa haute charge militaire en présence de l’ennemi. D’après le témoignage unanime des historiens, les Anglais sous les ordres de Thomas Rempston, de sir Philipp Branch et de Nicol Burdett, ne comptaient pas plus de six à sept cents combattants. L’ensemble des forces placées sous le commandement du connétable s’élevait, pour le moins, au nombre d’environ quinze à seize mille hommes995.

Les Anglais s’étaient fortifiés avec soin dans Saint-James, qui fut investi par Richemont vers les premiers jours de mars 1426. Le principal fonds de l’armée bretonne provenait de mauvaise milice, récemment levée ou créée 14par le duc, et qu’il avait tirée de ses villages de Bretagne. Dans ce fonds de recrues sans valeur et inexpérimentées, le connétable avait à la hâte incorporé ou amalgamé ce que les favoris du roi lui laissaient d’Écossais et de Français disponibles. Soit enfin qu’il faille accuser le peu de capacité militaire de Richemont, soit qu’on doive apprécier par là toute la puissance du prestige moral que les Anglais exerçaient alors, le début du comte Arthur fut un échec des plus humiliants et des plus complets.

Le 6 mars, après diverses escarmouches, le connétable livra, contre la place, un assaut général, par deux côtés à la fois. Certaine poterne, voisine d’un étang, marquait le point qui séparait les deux lignes assiégeantes et la disposition des lieux ne leur permettait pas de communiquer entre elles. À l’aide de cette issue, les Anglais pratiquèrent, vers la nuit, une vigoureuse sortie. Ils vinrent à leur tour attaquer les assiégeants par derrière, aux cris de : Salisbury et saint George ! Une panique factice, ou irréfléchie, s’empara de toute la ligne assaillie. Celle-ci crut voir survenir quelques corps de secours anglais formidables accourant du dehors996.

Grâce à ce mouvement, un nombre considérable de Bretons, etc., fut noyé dans le vivier, fait prisonnier, ou passé au fil de l’épée. Le reste de la division prit la fuite. Dix-huit étendards et une bannière demeurèrent aux Anglais. Arthur de Bretagne, occupé sur l’autre front du siège, ignorait ce résultat. Lorsque le corps d’armée placé sous son commandement immédiat fut instruit de ce désastre, 15la déroute et la désorganisation y pénétrèrent en même temps. Vainement le connétable, désespéré, montra-t-il l’exemple de la fermeté unie au sang-froid et d’une courageuse persévérance. Les fuyards désertaient, en allumant l’incendie de leur propre campement. Bientôt on vint lui dire, ainsi qu’à son frère Richard de Bretagne, comte d’Étampes, que s’ils ne se sauvaient, ils seraient brûlés997.

Les deux princes montèrent alors sur de petits chevaux, pensant barrer la fuite de leurs gens. Mais tous deux furent renversés dans la presse et foulés par les soldats, qui leur passèrent sur le corps. Jean de Malestroit, chancelier de Bretagne, fut notoirement accusé d’avoir machiné cette désertion, de concert avec les Anglais. Ceux-ci lui donnèrent, dit-on, des terres en Normandie et une pension. Arthur demeura sur le terrain jusqu’à minuit et ne partit que lorsqu’il se vit presque seul. Par Fougères, il retourna près de son frère le duc, à Rennes, avec les débris de son armée dissoute ou anéantie. De là, il se rendit à Chinon vers le roi de France, après avoir fait arrêter et mettre en justice le perfide chancelier. Indépendamment de la victoire et de cette grande perte d’hommes, Arthur laissait entre les mains de l’ennemi d’immenses munitions et un butin considérable998.

La défaite de Saint-James fut le principal événement militaire qui eut lieu en 1426, durant l’absence du régent 16Bedford. Diverses autres forteresses du Maine tombèrent, dans la même période, au pouvoir des Anglais999.

La Ferté-Bernard fut reprise par la compagnie de La Hire au nom du roi de France. Après l’insuccès du connétable, le duc de Bretagne obtint du comte de Suffolk, lieutenant pour les Anglais en basse Normandie, des trêves ou abstinence de guerre, valables pour trois mois. Ces trêves coûtèrent au duc 4,500 francs. Elles expirèrent en juin et ne furent point renouvelées, par le comte de Warwick, qui succéda, dans le même temps, au comte de Suffolk. Les hostilités se ranimèrent alors, mais sans résultat sensible. Le reste de l’année s’écoula dans un état d’observation armée, sauf quelques escarmouches aux environs de la capitale1000.

Vers le mois de mai 1427, Jean, duc de Bedford, était de retour à Paris. Le comte de Salisbury, de son côté, retourna chargé de richesses en Angleterre. Les comtes de Warwick et de Suffolk demeurèrent en France les principaux lieutenants chargés de la poursuite de la guerre1001.

Ces deux capitaines réunirent, au commencement du mois de juillet, quelques milliers d’hommes, et vinrent 17mettre le siège devant Montargis. Située sur une hauteur et entourée de divers cours d’eau, cette ville présentait un accès difficile. Les Anglais, suivant la tactique de siège qui leur était habituelle, firent leurs approches successives et investirent la ville de manière à l’étreindre le plus étroitement possible. La ceinture des assiégeants offrait trois sections de cercle ou de zone, interrompues par le Loing, l’Ouanne et le Vernisson1002.

Le comté de Warwick était logé, au midi de la ville, dans une abbaye de religieuses. À peu de distance se tenait le comte de Suffolk. Son frère, sir John Pole et sir Henry Biset, occupaient, au nord et du côté du château, les autres postes les plus importants. L’ensemble des approches présentait une série de tentes ou taudis de campement, couverts de chaume. Des fossés et des pieux obliques servaient de fortifications à ces ouvrages d’attaque1003.

La ville de Montargis, approvisionnée dès le mois d’octobre 1425, par les soins de Richement, avait pour capitaine un gentilhomme gascon, nommé Bouzon de Failles. Un petit nombre de vaillants soldats l’accompagnaient et la population civile, animée d’un excellent esprit, avait toujours suivi le parti du roi Charles. La garnison fit une bonne contenance. Elle pratiqua même avec succès diverses irruptions. Mais, les ressources de la place diminuant 18de jour en jour, les assiégés envoyèrent auprès du roi demander assistance1004.

Le 17 juillet, Charles VII, par lettres données à Niort, chargea Jean Girard, capitaine de gendarmes, de conduire hâtivement quelque renfort à Montargis. Une première expédition eut lieu en conséquence de cet ordre ; mais elle produisit peu d’effet. Cependant, sur les instances réitérées des assiégés, et sur les représentations de différents capitaines, une seconde tentative fut résolue. Le conseil de guerre se tint à Jargeau, sous la présidence du connétable. Bien que le comte Arthur se montrât défavorable à l’entreprise, des hommes et des munitions se réunirent promptement dans cette ville. L’expédition partit, sous la conduite de La Hire, consommé capitaine, et du jeune bâtard d’Orléans, qui allait inaugurer, par ce fait d’armes, son illustre carrière1005.

Des femmes de la campagne, à la solde des Anglais, observaient les environs. Cherchant à pénétrer les desseins des Français, ces espions féminins revenaient, de temps à autre, instruire les assiégeants, des notions qu’ils avaient pu recueillir. La Hire et le bâtard réussirent à tromper leur vigilance. Le 5 septembre 1427 au matin, la petite armée de secours arrivait sous les murs de Montargis, au moment où les escoutes des Anglais venaient d’y rentrer1006.

19La Hire, après avoir rapidement exploré les abords, fit choix d’un point par lequel il lui sembla que l’attaque devait avoir lieu de préférence. Il mit alors sa salade ou heaume de combat, sur sa tête ; et, la lance au poing, il se dirigea vers cet endroit. La Hire était suivi du seigneur de Graville, normand ; de Brangonet ou Bérangeonnet d’Arpajon et autres hommes d’élite, chevaliers ou écuyers gascons, ses compatriotes.

En ce moment, passait un chapelain, à qui La Hire demanda hâtivement l’absolution. Le prêtre, ainsi interpellé, lui prescrivit de se confesser. Mais La Hire objecta qu’il n’en aurait pas le temps ; qu’il fallait sans retard frapper sur l’ennemi et qu’il avait fait, en matière de péché, tout ce que gens de guerre ont accoutumé de faire. Sur quoy le chapelain luy bailla l’absolution telle quelle. Et lors La Hire fit sa prière à Dieu, en disant en son gascon, les mains jointes : Dieu, je te prie que tu fasses aujourd’hui pour La Hire autant que tu voudrois que La Hire fit pour toi, s’il estoit Dieu et tu fusses La Hire. Et il cuidoit, ajoute le chroniqueur, très bien prier et dire1007.

Cependant le bâtard et La Hire s’étaient distribué les rôles. Tous tombèrent en même temps, avec la plus grande vigueur, sur les Anglais. Ceux-ci furent attaqués par divers points à la fois, avant que d’avoir eu le temps de se reconnaître. La lutte dura pendant tout le jour et fut accompagnée de brillantes passes d’armes1008.

Les habitants de Montargis déployèrent en cette journée un mémorable patriotisme. Des écluses, formées sur le 20Loing dans l’intérieur de la ville, avaient fait déborder cette rivière, jusqu’à la distance d’une lieue en amont de Montargis. Les assiégeants, de leur côté, construisirent des ponts pour communiquer d’un siège, ou section de zone, à l’autre. Mais lorsque, pressés par l’ennemi, ils voulurent s’aider de ces passages, les ponts submergés ne leur fournirent point de services. Beaucoup d’Anglais, en essayant ce mode de sauvetage, tombèrent à côté des parapets et se noyèrent. Un autre de ces ponts, sis au midi, était demeuré à sec : les assiégeants du nord, chassés de leurs cantonnements s’y précipitèrent à la fois, pour marcher au secours de Warwick. L’édifice s’écroula sous cette charge subite. Un grand nombre d’Anglais y périrent, ou tombèrent au pouvoir des Français1009.

La population tout entière se confondit avec les troupes françaises du dedans et du dehors, pour repousser vaillamment les ennemis. Suivi du comte de Suffolk, le comte de Warwick, sortit de la ligne du siège et vint s’adosser à une colline plantée de vignes, sur le territoire de Châlette, en un lieu nommé le pâtis. Après un combat infructueux, qui eut lieu sur ce point, il donna le signal du départ. En un mot, la déroute des Anglais fut complète. La bannière de Warwick conquise par les Montargois, se conserva 21comme trophée, dans leur hôtel de ville jusqu’en 1792. Les Anglais, pendant la nuit, se retirèrent à Château-Landon, à Nemours, qu’ils occupaient ; et d’autres, jusqu’à Paris1010.

Le siège de Montargis était levé : Jean d’Orléans et La Hire entrèrent le soir même dans la ville et furent accueillis en libérateurs. Des vivres, des munitions, une artillerie précieuse accompagnée d’un riche butin, dépouille des Anglais, restèrent en la possession des vainqueurs1011.

Le succès remporté à Montargis causa, sur les partisans de la cause française, une impression d’autant plus sensible, qu’ils étaient alors moins accoutumés à ces faveurs de la fortune. Charles VII récompensa la conduite exemplaire des habitants : par quatre diplômes successifs, rendus de 1430 à 1447, il leur accorda divers privilèges et exemptions. Dans une de ces chartes, le roi glorifie la levée du 22siège de Montargis comme ayant été le commencement et la cause de notre bonheur à l’encontre de nos dits ennemis. La cité reçut le surnom de Montargis-le-Franc, avec cette prérogative, acquise à ses magistrats et représentants, de porter pour devise, en tout temps, la lettre M, couronnée, en broderie, orfèvrerie, ou autrement, ainsi qu’il leur plairoit.

Ces titres historiques, renouvelés et confirmés, de règne en règne, jusqu’à Louis XVI, se conservent en original, dans les archives de cette ville. Un monument, détruit à la même époque et dans le même sentiment que la bannière de Warwick1012, perpétua durant des siècles le souvenir de cet événement. Tous les ans, une cérémonie militaire et religieuse s’accomplissait auprès de cet édifice nommé la Croix aux Anglais. Il s’élevait sur le lieu même où avait été vaincu le comte de Warwick1013.

23Chapitre VII
Période critique du règne de Charles VII : Événements militaires, suite et fin (1427 – 1429).

Les Français reconquirent, dans la même semaine que Montargis, les places de Marchenoir et de Mondoubleau. Une commission royale, promulguée en Angleterre au nom du roi Henri VI, le 19 mai 1427, enjoignit aux baillis et shérifs de mettre en défense les côtes du Devonshire. Il paraîtrait, d’après les termes de cet acte, que le duc de Bretagne menaçait, alors, d’envahir, à l’aide d’une flotte de débarquement, le littoral anglais. La place de Moymet en Champagne, fut spécialement le théâtre de vicissitudes nombreuses et d’hostilités acharnées. D’abord prise par les Français, elle tomba au pouvoir des Anglais, vers le printemps de 1427. Salisbury la rasa complètement. Dans le pays chartrain, Rochefort, Nogent-le-Rotrou, Mondoubleau et autres forteresses redevinrent aussi momentanément français1014.

Des succès, balancés entre les deux partis, eurent surtout pour objet l’agression et la défense des provinces d’Anjou et du Maine. Les châteaux de Garlande près La Flèche, Rennefort, Malicorne, Le Lude, Saint-Laurent-des-Mortiers, Saint-Ouen, La Gravelle, Laval, Pontorson, Ambrières 24et autres localités, situées dans ces parages, furent les témoins de ces diverses fortunes de la guerre1015.

Le 5 août 1427, une flotte anglaise de cent vingt voiles parut en vue de Chef-de-Baie, près La Rochelle. L’armée d’invasion qu’elle portait venait pour s’emparer de cette ville. Aussitôt les Rochelais s’imposèrent une taxe extraordinaire et se mirent en état de défense. Étienne Gilier, maire de la ville, prit la surintendance du commandement. Indépendamment de la milice urbaine, la cité menacée soudoya un corps d’auxiliaires. Cette armée de secours avait à sa tête Antoine de Clermont, gentilhomme du pays et seigneur de Surgères1016.

Durant quatorze jours, elle occupa les falaises, qui formaient vers l’Océan, les abords de La Rochelle. Dans le même temps, un hardi capitaine, appelé Bernart de Karquaben1017, Breton, se porta en mer, au-devant de l’ennemi. Il était monté sur un de ces navires armés pour la course, que les diverses marines du moyen âge désignaient sous le nom générique de baleniers, ou ballengers1018. Grâce à cette énergique attitude, l’ennemi se retira, le 19, après une vaine tentative, et Charles VII conserva le dernier port de mer qui restât à la monarchie1019.

25Le 26 décembre 1427, le régent duc de Bedford fit poser le siège devant Rambouillet1020.

La situation de la Champagne était pour les Anglais l’objet d’une sollicitude particulière. Sous la date du 3 février 1428, le duc de Bedford institua une sorte de haute commission gouvernementale, qu’il chargea spécialement d’avoir l’œil et la main sur les affaires de cette province. Cette commission était formée des hommes d’État et de guerre les plus habiles et les plus dévoués au régime anglais. Elle comptait dans son sein : Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, président ; Jean de Luxembourg, Antoine de Vergy, Guillaume de Châtillon, Colart de Mailly et maître Jean Milet, notaire du roi et du régent, secrétaire1021.

Le 20 mai 1428, le bailli de Troyes (pour les Anglais) avec les gens de sa compagnie et un grand nombre de Troyens, poursuivirent environ neuf cents combattants de cheval, enemys du roy (d’Angleterre) jusques au lieu de la rivière d’Yonne, vers Joigny, lesquels combattans avoient pillé la chastellenie d’Ervy. Antoine de Vergy, comte de Dammartin, chevalier bourguignon, était alors gouverneur de Champagne1022.

26Le 22 mai 1428, par l’entremise du duc de Savoie, les trêves furent renouvelées entre le duc de Bourgogne et le roi de France. Charles VII ratifia cette convention par lettres données à Loches en date du 22 juin. Le 25 mai, mardi de la pentecôte, les Français tentèrent de recouvrer la ville du Mans. Divers habitants, impatients de la domination anglaise, s’entendirent avec des capitaines du roi Charles, pour leur ouvrir les portes de la place. Guillaume d’Albret, sire d’Orval, et La Hire, prirent en main cette opération. Ils avaient pour compagnons les sires de Bueil, de Beaumanoir, de Tucé, de Saint-Aignan, Lavardin, Thouars ; Roberton des Croix, et autres personnages de marque. Les gendarmes s’avancèrent le soir. Un feu, allumé par ceux de la ville qui partageaient le secret, parut en dehors du clocher de la cathédrale. C’était le signal convenu. L’évêque et le clergé adhéraient au mouvement1023.

Lord Talbot, gouverneur de la place, en ce moment se trouvait à Alençon. Les Français entrés au Mans s’en rendirent maîtres presque sans résistance. Mais les Anglais se retirèrent dans la tour de Ribendelle, près la porte Saint-Vincent, et s’y fortifièrent. Ils dépêchèrent aussitôt vers leur capitaine, pour lui mander ce qui se passait. Dans la nuit du 28 au 29, Talbot prit en toute hâte son chemin par La Guerche, accompagné d’un gros de forces. Matthew Gough le précédait en éclaireur. Ce dernier arriva au Mans bien avant le jour. Les soldats d’Albret et de La Hire, avaient traité cette cité comme une ville gagnée : la garnison 27s’était endormie le 28 au soir dans l’orgie, avec une sécurité complète. Talbot, suivi de ses cavaliers, les surprit à son tour de grand matin. Réveillés en sursaut, les vainqueurs de la veille se défendirent mal et ne tardèrent pas à lâcher pied. Talbot, non content de poursuivre les combattants, fit exécuter à mort ceux des bourgeois qui avaient introduit les Français dans leurs murs. La ville du Mans retomba ainsi sous la domination de Henri VI1024.

Un témoignage contemporain, que nous devons encore citer, montrera dans quel état d’alarme les populations de la France étaient plongées sous les murs mêmes de la capitale. Jean de Fauquembergues, greffier civil du parlement, s’exprime ainsi dans son registre ou journal du conseil. Le 11 juin 1428, dit-il, feste de Saint-Barnabé, vindrent en procession à l’église de Paris les povres laboureurs et habitants, femmes et petits enfants de Villejuifve et de quatre ou cinq villages voisins d’entour Paris ; portans reliquiaires, croix et bannières d’église, moult dévotement, en la manière accoustumée ; les autres portans ars, arbalestres, lances et bâtons de guerre, pour doubte des ennemis, qui continuellement couroient et s’embuschoient sur eulx pour les grever et destruire. Et ce jour yceulx habitans feirent, par les gens d’église estans en leur compagnie, dire une solempnelle messe de Nostre-Dame au grand autel de ladite église ; et après fut dicte par les chanoines, chapellains et choriaulx d’icelle église la grand-messe de saint Barnabé, à la dévote prière desdits 28habitans, qui exitèrent à grant dévotion ceulx qui véoient ladite procession ; tant que à peine les povoit-on regarder sans lacrymation1025.

Conclusion

Le point où nous sommes parvenus marque le terme extrême de la période désastreuse, qui signala les premières années du règne de Charles VII. Jamais la France ne fut exposée à un plus imminent péril. Jusqu’alors, entre la frontière du nord et la Loire, quelques places avaient maintenu le drapeau de la dynastie nationale. Grâce à de vaillants défenseurs, la Meuse, notamment, servit jusque-là de rempart ou de fossé à son territoire. Cinq forteresses, situées sur cette ligne, ou comme des ouvrages avancés au sein de la Champagne, méritent une mention particulière. Ce furent, en partant du nord, les places de Mouzon, Beaumont-en-Argonne, Moymet1026, Passavant en Champagne et enfin, Vaucouleurs.

Moymet, comme on l’a dit, fut démoli avec les ressources coalisées des villes bourguignonnes de la Champagne. Passavant tenait encore au 10 septembre 1427, mais il ne tarda pas à tomber également au pouvoir de l’ennemi. Beaumont et Mouzon opposèrent une admirable résistance. Beaumont succomba en mai 1428. Les défenseurs de Mouzon convinrent avec Jean de Luxembourg d’une trêve qui s’étendit jusqu’au premier octobre. Dans ce délai, la garnison 29devait obtenir de Charles VII un renfort, ou subir la loi du vainqueur1027.

Mouzon ne fut point secouru. Les Anglais pénétrèrent dans ces deux places, mais de véritables Français en sortirent. Préférant la misère et l’exil à la soumission, ils allèrent jusqu’à Liège, l’énergique cité, qui, elle aussi, avait, au commencement de ce siècle, combattu et souffert pour la liberté. Là, ils reçurent l’accueil secourable et sympathique dû à leur courage, ainsi qu’à leur infortune.

Seul enfin, Vaucouleurs demeura intact au milieu du désastre général1028.

Ainsi, en 1428, au-dessus de la Loire, trois localités, situées aux trois points cardinaux d’un triangle, avaient seules inviolablement conservé le dépôt de la tradition nationale : Tournay au nord ; à l’ouest, le mont Saint-Michel, et à l’est, Vaucouleurs.

En ce moment, les querelles survenues entre les ducs de Bourgogne, de Gloucester et Winchester, étaient assoupies ou terminées. Le duc de Bedford se voyait débarrassé des entraves qui précédemment avaient ainsi paralysé son activité. Vers la fin de juin 1428, le comte de Salisbury repassa la mer et vint de nouveau débarquer à Calais. Le parlement d’Angleterre lui avait accordé les subsides et les hommes nécessaires en le chargeant d’achever, sous les ordres du régent, la conquête de la France1029.

30Thomas Montagu1030 commandait une armée de six mille hommes, composée de noblesse anglaise et d’archers des bourgs, c’est-à-dire de troupes d’élite. Les recrues de France, prises dans les provinces qui obéissaient à Bedford, devaient un peu plus tard, porter ce nombre à dix mille. Aussitôt que Salisbury fut à Paris, le conseil anglais s’assembla et délibéra sur le sort de la France. La Loire était un Rubicon, que le régent avait résolu de franchir. Mais sur quel point devait s’opérer le passage ? — Deux plans furent proposés1031.

Le premier, qui dominait dans la faveur ou l’esprit du régent, consistait à forcer ce fleuve, en s’emparant de la ville d’Angers. C’est de ce côté que s’était porté jusqu’ici le principal effort de la conquête. C’est là qu’en dernier lieu elle avait fait brèche de la manière la plus redoutable. Un autre plan consistait à marcher sur Orléans, la ville la plus forte qui restât à Charles VII, et le cœur du royaume.

Charles, duc d’Orléans, expiait dans une longue et dure captivité, les rigueurs de la fortune et les chances de la guerre. L’inexorable gouvernement anglais s’était toujours refusé à lui rendre à aucun prix sa liberté. Charles payait au roi d’Angleterre une forte somme annuelle, à titre de pension. Du sein de sa captivité, il avait entretenu avec le conseil de Henri VI, tant en son propre nom 31que pour les affaires de la France, des négociations actives et suivies. Un traité formel et spécial avait été conclu à Blois, les 16 et 17 juillet de l’année précédente, entre Jean, bâtard d’Orléans pour le duc Charles, et le gouvernement anglais, représenté par le comte de Suffolk et le régent. Aux termes de ce traité, les domaines de Charles d’Orléans devaient être respectés, et exceptés de la guerre que les Anglais poursuivaient contre Charles VII. Le comte de Salisbury lui-même, avant de quitter l’Angleterre, avait pris le même engagement vis-à-vis du prince captif1032.

L’opinion publique, en effet, et les lois de l’honneur, autorité plus haute encore que les traités, défendaient au vainqueur d’attaquer dans ses États, un vaincu absent et prisonnier. Ces puissantes considérations ne prévalurent pas dans le conseil d’Angleterre. Le second programme fut adopté. Jean, duc de Bedford, commença par s’assurer de la Champagne, où la cause de Charles VII comptait encore quelques défenseurs. Il envoya dans cette province et mit de nouveau en mouvement la commission dont nous avons parlé ci-dessus. Les commissaires avaient pour instruction spéciale de dissoudre, par tous les moyens, ces dernières résistances, et d’obtenir au moins le concours pécuniaire de la province1033.

De son côté, le comte de Salisbury se porta d’abord à Nogent-le-Roi et s’en empara ; puis à Chartres. Dans cette 32ville, anglo-bourguignonne, se trouvait prisonnier de guerre, Me Jean des Bouillons, astrologue, natif de Meung-sur-Loire ; Salisbury le consulta. Maître Jean, dit-on, osa reprocher au comte anglais d’envahir l’héritage du roi Charles et surtout les domaines du prisonnier. L’astrologue prédit au comte qu’il mourrait devant Orléans, lui et les siens. Thomas de Salisbury n’en continua pas moins sa marche, qui fut signalée par une suite de succès. Le Puiset, Rochefort et Châteauneuf-en-Thymerais, Marcheville, Patay, Béthencourt, Rouvray-Saint-Denis, Intréville, Thoury, Janville, etc., tombèrent, coup sur coup, au pouvoir de l’ennemi. Le 5 septembre 1428, Salisbury était maître de Meung-sur-Loire. Ce même jour, il écrivit, de Janville, à la commune de Londres, pour se glorifier de ses victoires et pour se recommander à la puissante cité. Il joignit à sa lettre une liste de quarante villes, châteaux ou forteresses qui, sur sa route, avaient reconnu sa puissance1034.

Un mois plus tard, Beaugency, Marchenoir, Notre-Dame-de-Cléry, Jargeau, Sully, La Ferté-Hubert, Château-Neuf, Saint-Benoît-sur-Loire, Montpipeau, La Ferté-de-Gaules, Pluviers en Gâtinais avaient ouvert leurs portes. La Beauce, le Gâtinais, soumis au vainqueur, découvraient Orléans. L’avant-garde du comte de Salisbury s’empara le 7 octobre, d’Olivet, faubourg d’Orléans. Enfin le 12 octobre 1428, 33le mémorable siège d’Orléans fut posé par les Anglais1035.

Un vieux et expérimenté chevalier, Raoul de Gaucourt, prisonnier des Anglais au siège d’Harfleur, depuis 1417, ami du duc Louis d’Orléans et tout récemment libéré, commandait la placé comme gouverneur. Jean, bâtard d’Orléans, très jeune encore, l’assistait pour défendre cette ville. Dès le premier jour, l’attitude et la conduite de la population furent héroïques. Une faible garnison, d’environ quatre à cinq cents hommes, composait dans le principe toute la force effective de ce poste militaire. La ville était principalement peuplée de bourgeois et d’étudiants en l’université ès lois d’Orléans. Les habitants des communes suburbaines ne tardèrent pas à se réfugier au sein de la cité assiégée1036.

L’antique ville d’Orléans s’étendait alors en forme de carré long, parallèlement à la rive de la Loire. Un pont de dix-sept arches traversait le fleuve, et se terminait sur la rive gauche, par un gros pavillon. Cet ouvrage, flanqué de deux tours, fut appelé, de là, le château ou bastille des Tourelles ou Tournelles. Dès le principe, les Orléanais rasèrent leurs faubourgs, qui faisaient l’orgueil 34de la ville et l’admiration de l’époque, par ses riches et nombreux édifices. Tous ces biens furent généreusement sacrifiés pour voir l’ennemi en face et pour assurer la défense. Les Anglais s’avançaient par la Sologne. En avant de la tête de pont, du côté d’Olivet, un boulevard ou retranchement bastionné fut élevé avec de la terre et des fascines1037.

Un premier engagement eut lieu, sur ce point, le 21 octobre. L’étroit espace du boulevard fut encombré de défenseurs de tout âge et de toute condition, qui se disputèrent l’honneur de recevoir les assiégeants. Les femmes, dans ce glorieux prélude, se distinguèrent, dès lors, par leur intrépidité. Mêlées aux hommes, elles apportaient des pierres, de la poix, des graisses qu’elles faisaient fondre et qu’elles jetaient sur la tête des assiégeants. On en vit, la lance à la main, repousser des Anglais dans le fossé. Oubliant la timidité de leur sexe, elles donnaient l’exemple aux soldats, qu’elles électrisaient. Après quatre heures d’un assaut impuissant, les Anglais se retirèrent et eurent recours à la mine1038.

Les Orléanais contre-minèrent pendant quelque temps ; puis ils abandonnèrent le boulevard et se replièrent sur le château, ou tête de pont des Tourelles. Le 24 octobre, cet ouvrage, battu presque à bout portant par des boulets qui pesaient quatre-vingts et jusqu’à cent seize livres, 35fut démantelé. La défense, alors, coupa deux arches du pont et recula sur la troisième, après avoir établi en ce point un tablier mobile et un nouveau boulevard. Ce même jour, vers le soir, le comte de Salisbury, placé dans le château des Tourelles à une fenêtre, observait la ville. Entouré de quelques officiers, il étudiait les moyens de s’emparer de la cité, qui offrait à ses espérances cette proie assurée et prochaine. Tout à coup, un boulet de canon, tiré de la ville, traverse l’espace. L’artillerie des assiégés, en ce moment, avait cessé l’action. Mais un inconnu, quelque écolier, dit-on, trouvant sur son passage cette pièce chargée, y porta le feu encore allumé. Le coup part ; Jean de Salisbury voit la lumière et se détourne. Mais ce fut en vain : le boulet de pierre, vint briser l’angle de la muraille, qui frappa le comte au visage. L’un de ses compagnons fut tué à ses côtés du même coup. L’éclat de muraille avait enlevé au chef anglais l’œil et une partie du visage. On l’emporta secrètement jusqu’à Meung, où il expira le 3 novembre1039.

Le comte de Salisbury, commandant supérieur du siège, était le plus renommé capitaine des Anglais. Sa perte causa parmi ces derniers une profonde impression. Le duc de Bedford, à cette nouvelle, donna pour successeur à Salisbury le comte de Suffolk, avec les lords Scales et Talbot, comme lieutenants. Il envoya en même temps de nouvelles forces, qui portèrent le nombre des assiégeants à dix mille. Le duc commençait à s’alarmer de la tournure 36que prenaient les événements. Le conseil d’Angleterre, convoqué à Mantes, se tenait comme en permanence. Bedford, le 10 novembre, quitta Paris et vint s’établir à Mantes, puis à Chartres, afin de suivre de plus près le siège d’Orléans1040.

Ces nouveaux chefs préposés au siège reçurent ordre de pousser les opérations, avec la plus grande activité. Salisbury n’avait opéré que d’un côté l’attaque de la ville : un nouveau plan fut élaboré par les assiégeants. Le 30 décembre, ayant franchi la Loire à Meung, ils revinrent attaquer la place, en se postant devant les abords de la rive droite. Cependant la ville n’était encore ceinte que sur les deux tiers de son périmètre. Cinq semaines se passèrent en escarmouches et en vicissitudes. Le gouvernement de Charles VII avait expédié successivement quelques renforts. La célèbre journée des harengs eut lieu le 12 février 14291041.

À force d’instances, les Orléanais avaient obtenu que 37le roi envoyât à leur secours quelque noblesse d’Auvergne, sous la conduite de Charles de Bourbon, comte de Clermont. Ces auxiliaires devaient attaquer les Anglais à l’extérieur du siège et délivrer la ville. En ce moment, les Français furent informés qu’un convoi de vivres de carême allait être expédié de Paris, avec des renforts, aux assiégeants. Du 6 au 8 février, Philippe le Bon vint à Paris, toujours circonvenu par les caresses de Bedford. Violant d’une manière au moins indirecte les trêves qu’il avait jurées, il souffrit que des troupes bourguignonnes prissent part au siège d’Orléans. Le convoi, escorté d’environ deux mille soldats, partit le 9 février. Il était conduit par Fastolf et par un Beauceron de Chartres, Français renié, nommé Simon Morhier, prévôt de Paris pour les Anglais1042.

Instruits de cette entreprise, les défenseurs d’Orléans, de concert avec le comte de Clermont, résolurent de se porter préalablement à la rencontre du convoi.

Quinze cents hommes environ, sous les ordres du bâtard, se détachèrent de la garnison et s’avancèrent au-devant de Fastolf. De son côté, le comte de Clermont partit de Blois, dans la même direction, à la tête de 3 à 4 mille soldats.

Les Orléanais et les Auvergnats se rencontrèrent près de Rouvray-Saint-Denis, en vue du convoi, qui sortait d’Angerville. Les deux corps auraient dû immédiatement opérer leur réunion et fondre ensemble sur les Anglais, pendant que ces derniers étaient en marche. 38Le comte de Clermont, arrêté à Rouvray sans utilité, donna ordre aux Orléanais de l’attendre. Fastolf employa ce temps précieux à construire, autour de lui, de formidables retranchements, formés par les charrettes du convoi et par ces pieux aigus, dont les Anglais se servaient habituellement pour cet usage1043.

Des Écossais faisaient partie du détachement qu’avait envoyé la ville assiégée. Impatients de combattre et fatigués de cette absurde expectative, ils attaquèrent le convoi fortifié, avant que le comte de Clermont eût rallié l’autre corps. Les troupes engagées furent cruellement battues, et les Auvergnats arrivèrent pour être les témoins insensibles de cette déroute. Le comte de Clermont et ses hommes tournèrent bride vers Orléans, sans combattre. Le connétable d’Écosse, Guillaume d’Albret, sire d’Orval, Jean de Lesgot, célèbre chevalier gascon, et quatre cents hommes d’armes périrent dans cette bataille.

Fastolf, triomphant, amena devant les Français le convoi et le renfort destinés aux assiégeants. Le comte de Clermont, après s’être excusé par de belles paroles et avoir pris de pompeux engagements pour l’avenir, quitta la ville avec ses hommes et disparut, abandonnant les Orléanais dans cette détresse. Les Anglais complétèrent l’investissement de la place1044.

Alors le désespoir s’empara des assiégés. Une députation partit de ses murs et fut conduite par Poton de Xaintrailles auprès de Jean de Luxembourg et de Philippe le Bon. Les envoyés devaient implorer la pitié du duc 39de Bourgogne et demander son intervention miséricordieuse auprès du régent d’Angleterre1045.

Ceci se passait vers les derniers jours de février 1429. À cette époque, Charles VII habitait le château de Chinon. Une tradition rapporte que, durant le siège d’Orléans, La Hire étant allé trouver le roi dans ce château, pour lui demander du secours en ce péril extrême, le trouva répétant un ballet ! Nous ne saurions, il est vrai, en remontant au delà du seizième siècle, montrer la source historique et authentique de ce dicton. Cette tradition, toutefois, ne s’accorde que trop avec les notions historiques les plus positives, qui nous sont parvenues sur l’état moral où végétait encore, à cette époque, le roi de France1046.

Cependant, quelque zèle que missent les favoris du prince à maintenir sur ses yeux ce bandeau, tissu de soie et de plaisirs, ils ne pouvaient soustraire absolument ses sens à la triste lumière de la réalité. Régnier de Bouligny, receveur général, possédait en tout, dans le trésor royal, tant au compte du roi que de ses propres deniers, la somme de quatre écus. Charles VII avait consacré au siège d’Orléans, ses dernières ressources et sa dernière espérance. Le régent Bedford, de son côté, laissait deviner les plus sérieuses alarmes. Pour tenter cet effort, l’Angleterre s’était imposé des sacrifices extrêmes. Le siège d’Orléans coûtait aux Anglais mensuellement quarante mille livres. Or, les trésoriers du roi de France et d’Angleterre, à Paris, comme à Londres, étaient également aux abois1047.

40À ce coup de dés, appartenait la fortune de deux couronnes. Des deux parts, l’enjeu final était engagé. Vaincu devant Orléans, il n’y avait plus de France pour Bedford ; car celui-ci ne pouvait tenir le pays conquis précédemment, qu’en poursuivant et en achevant la conquête. Vaincu dans Orléans, il n’y avait plus de France pour Charles VII. Déjà, antérieurement, il avait fixé ses yeux sur La Rochelle, résolu à s’embarquer dans ce port et à chercher un asile en Écosse. Déjà ses ambassadeurs étaient partis auprès de Don Juan, roi de Castille et de Léon, pour implorer de lui, au nom de Charles VII, son allié, un autre coin de terre, où il pût vivre en sûreté1048.

Le 1er novembre 1428, jour de la Toussaint, Charles VII célébrait cette fête en sa chapelle royale de Loches. Il venait d’apprendre que les Anglais assiégeaient Orléans. Écrasé par la main divine et voyant approcher quelque finale adversité, il s’examina, devant Dieu, dans le secret de la prière et de la pénitence. Un doute horrible, infamant, troublait sa conscience. La honte de sa mère Isabeau, le déshonneur de la royale épouse, pesait sur le cœur de ce prince. Charles fit cette oraison mentale : il demanda au Tout-Puissant que, s’il était bien le légitime héritier du trône de France, le Dieu de saint Charlemagne et de saint 41Louis se manifestât enfin clairement en sa faveur1049.

La cause qui se plaidait dans cette prière n’était point seulement celle d’un fils de roi, c’était la cause d’une nation, la cause de la France. De merveilleux événements allaient s’accomplir. Ils se rattachent, au moins chronologiquement, à ce monologue, qui agita le timide Charles VII au fond de son oratoire.

Fin du livre III.

Notes

  1. [969]

    Montreuil, p. 232.

  2. [970]

    Administration, etc., p. 48. — Voyez aussi un très bon mémoire de M. Puiseux : Des insurrections populaires en Normandie, etc. 1851, in-4°, p. 7 et suiv.

  3. [971]

    Dom Huynes, Histoire du mont Saint-Michel, Ms. Saint-Germain, français, n° 924, 3. — Sur les pèlerinages du mont Saint-Michel, voyez Revue archéologique, 1861, p. 380 et suiv. — Dons royaux au mont Saint-Michel : J. 4167, n° 96 (1423, avril 6) ; Ms. français 5024, f° 192.

  4. [972]

    D. Huynes, p. 89 et suiv. — Gallia christiana, t. XI, col. 527.

  5. [973]

    Apostat politique et religieux. Mêmes autorités.

  6. [974]

    D. Huynes, Lettres du 28 mars 1425, p. 202, 206.

  7. [975]

    Beaurepaire, lieu cité. — Montreuil, p. 219. — Jean Chartier, t. I, p. 38. — Abrégé bourguignon, dans Godefroy, Charles VII, p. 329, 330.

  8. [976]

    Les mêmes. — D. Huynes, p. 204. — Beaurepaire, États, p. 24. — Catalogue Teulet, p. 369.

  9. [977]

    Les mêmes. — Administration, p. 54. — Teulet, p. 372, — D. Morice, t. I, p. 492.

  10. [978]

    Le bâtard ne fut jamais que titulaire de cette charge militaire. Il s’était fait remplacer au Mont par Jean Paynel, son lieutenant (D. Huynes).

  11. [979]

    D. Huynes, p. 217, 540 et suiv. — Le Héricher, Histoire du mont Saint-Michel, p. 38. — Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, 2e série, t. V, p : 212. — Notice généalogique (autographiée) sur la maison de Sainte-Beuve, en Normandie. — On conserve au mont Saint-Michel deux canons du temps pris sur les Anglais. Voyez Carro, Voyage chez les Celtes jusqu’au mont Saint-Michel, 1857, in-8°, planche lithographiée entre les pages 128 et 129. — Études sur le passé et l’avenir de l’artillerie, t. III, 1862, p. 109, pl. V, fig. 1 et 2. — Musée d’artillerie, n° 2798 à 2800.

  12. [980]

    Auteurs cités. — Le tableau héraldique du mont Saint-Michel décore aujourd’hui l’hôtel de ville de cette commune. Mémoires de la Société des antiquaires de l’Ouest, 1841, p. 143, 147. Grafton, p. 572. Actes de Bretagne, t. II, col. 1143, etc.

  13. [981]

    Charles VI, en l’honneur de saint Michel, donna le nom de cet archange à l’une de ses filles. Frère de Michelle de France, Charles VII s’appropria ce culte et le transmit à son fils. En 1446, le roi fit construire à Amboise une chapelle de Saint-Michel dans l’église du château. Louis XI, en 1469, y institua l’ordre de Saint-Michel. (Voyez Lemaire, Histoire d’Orléans, p. 188, répété par Anselme, Palais d’honneur, p. 126, et les Mémoires de la Société des antiquaires de l’Ouest, 1841, p. 233.) — Vers 1424, Charles VII, voulant subvenir aux nécessités des religieux, leur accorda l’autorisation de battre monnaie au coin du roi et à leur profit, en or, argent ou billon (D. Huynes, p. 213). — Voir les belles planches de M. Bouet dans la monographie de M. Le Héricher sur le mont Saint-Michel. On trouvera une vue perspective de la ville et du mont Saint-Michel, peinte en miniature dans le manuscrit latin, 1159, f° 160. Ce manuscrit n’est autre que le livre d’heures de Pierre II, duc de Bretagne, et l’œuvre d’un très habile artiste. La miniature a été exécutée de 1455 à 1457.

  14. [982]

    J. J. 172, pièce 315, f° 290. — Dom Plancher, t. IV, Preuves, p. xlj.

  15. [983]

    Ms. Arundel, n° 26 du British museum, copie d’A. Salmon, bibliothèque de Tours. — Voyez Mémoires de la Société archéologique de Touraine, 1859, t. XI, p. 327.

  16. [984]

    Monstrelet d’Arcq, IV, 199 et s. Saint-Rémy, p. 470 b. J. J. 172, f° 122, v°. — Beaurepaire, États, p. 24. Administration, p. 46 et suiv. — Cousinot, ch. CCXII. — Fenin, p. 216. — Delort, Essai, etc., 1824, p. 247. — Claude Héméré, Augusta Viromanduorum, etc., 1643, in-4°, p. 311.

  17. [985]

    États, ibid. Administration, p. 19, 48. — Cousinot et suites, p. 198, 472, 475.

  18. [986]

    Catalogue Teulet, p. 370 et suiv. — Journal de Paris, p. 668 a. — Administration, p. 9. — Grafton, p. 559. — The names of the nobles sent with lord Scales, etc. Ms. Harléyen, n° 782, f° 49, v° ; dans la Revue d’Anjou, 1853, t. II, p. 81 (article de M. Marchegay.)

  19. [987]

    Their capteynes named sir Baldwyn of Champaigne, lorde of Toisse, sir Guilliam de Marignie, and sir Hughe de Goos ( ?) … invented all wayes possible, howe to defende themselves. Grafton, p. 558. — Montreuil., ch. XI. — Chartier, ch. XIII. — Ms. Gaignières, 772, t. I, p. 545. — Journal, p. 668 a. — Berry, p. 373. — Marchegay, Archives d’Anjou, II, 308.

  20. [988]

    Montreuil, ch. XII. — Jean Chartier, ch. XIV.

  21. [989]

    Grafton. — Montreuil. — Pesche, Dictionnaire de la Sarthe, t. III, p. 675. Administration, p. 42. — Musée d’artillerie, n° 2798 et suiv.

  22. [990]

    Les mêmes. — Courteilles, Évêques du Mans, p. 681. — Monstrelet, p. 247. — Saint-Rémy, p. 577 b. — Dugdale, Baronagium, t. I, p. 652. — Voir, pour l’intelligence du siège et des localités, le plan du Mans tiré de la collection Gaignières, cabinet des estampes : Topographie.

  23. [991]

    Grafton. — Monstrelet. — Montreuil. — Saint-Rémy. X. X., 1480, f° 330.

  24. [992]

    Journal de Paris, p. 669 a. — Montreuil, ch. XII. — Jean Chartier, ch. XVI et XVII. Administration, p. 42. — États, p. 26. Grafton, p. 559. — Histoire des seigneurs de Mayenne, par Guyard de la Fosse, Le Mans, 1850, in-12, p. xij et 81.

  25. [993]

    Archives du Rhône : B. B. 1. — Montreuil, ch. XVI. — Jean Chartier, ch. XX. — Le 29 novembre 1425, le duc de Bedford donne commission à sir J. Popham pour faire les montres (revues) de la garnison de Montsur (arrondissement de Laval, Mayenne) et des troupes destinées à la conquête du Maine et de l’Anjou. (Titre communiqué à Fontanieu par Dom Pernot, bibliothécaire de Saint-Martin-des-Champs. Ms. 4805, Histoire de Charles VII, f° 142, v°.)

  26. [994]

    Montreuil, ch. XIV. J. — Chartier, ch. XVIII. — Grafton, p. 559. — Saint-Rémy, p. 469, b.

  27. [995]

    Gruel, p. 363 b. — Montreuil, p. 240. — Monstrelet, p. 580. — Jean Chartier, t. I, p. 49, donne à Richemont vingt mille combattants et Grafton quarante mille, p. 561.

  28. [996]

    Monstrelet. — Gruel. — Montreuil. — Ms. Gaignières, n° 572, p. 549.

  29. [997]

    Monstrelet. — Gruel.

  30. [998]

    Les mêmes. — Grafton, p. 562. Journal de Paris, p. 669, b. — Cousinot, ch. CCXIX. — D. Morice, t. I, p. 498 ; Preuves, t. II, col. 1188, 1193. — Dom Plancher, t. IV, p. 112. Le chancelier de Bretagne échappa aux poursuites du justicier à force d’excuses, de protestations et de promesses (Gruel, p. 364 b).

  31. [999]

    Grafton, p. 559, 560, désigne ces localités sous les dénominations suivantes : Saint-Kalès (Saint-Calais), Chanteaux-Lermitage (Chanteaux ?), Guerlande, Malicorne, Lisle-Soubz-Boulton, Lowpelland, Mountseur (Monsur) and La Susze ; and besides this, above -XL- castels and pyles. (Voyez, dans le même auteur, p. 558, une autre énumération analogue.)

  32. [1000]

    Journal de Paris, p. 669 b. — Cousinot et suites, p. 471. — Raoulet, p. 170. — Gruel, p. 365. — Montreuil, p. 237, ch. XVIII. — Monstrelet, p. 284 et suiv. — Catalogue Teulet, p. 376. — Ms. 4770 français, acte du 19 nov. 1428. — Le 6 janvier 1427, préparatifs de siège dirigés par le comte de Warwick contre Pontorson. Ms. Fontanieu 115, à la date.

  33. [1001]

    Cousinot, p. 201, ch. CCXXIV.

  34. [1002]

    Biographie Didot, article Morhier. — Monstrelet, p. 271 et suiv. — Gruel, p. 367. — Journal de Paris, p. 672 b. — Berry, p. 374.

  35. [1003]

    Topographie : cartes de Cassini et de la guerre. — Du Cerceau, Les plus excellents bastiments de France, 1576, in-folio ; texte p. 5 et quatre planches pour Montargis. — Viollet-le-Duc, Essai sur l’architecture militaire, etc., p. 83 et 115.

  36. [1004]

    Les mêmes. — D. Morice, Preuves, t. II, col. 1133. — Raoulet, p. 192. — Bouzon de Failles ou de Fages, écuyer, est qualifié, la même année (probablement après le siège), bailli de Montargis. Ms. Gaignières, 772, t. I, p. 549, 552.

  37. [1005]

    Les mêmes. — Cousinot, p. 201, ch. CCXXV. — Jean Chartier, ch. XXVII. — Ms. latin 6024. — Baluze, f° 25. — Ms. Gaignières 2772, 1, p. 546.

  38. [1006]

    Catalogue Joursanvault, t. II, p. 225, n° 3390 — Raoulet, p. 192.

  39. [1007]

    Montreuil, p. 246.

  40. [1008]

    Montreuil, p. 246.

  41. [1009]

    Gruel, 357. — Monstrelet, ibid. — Berry, 374. — Les chroniqueurs originaux ne s’accordent pas entre eux sur l’appréciation numérique des forces exposées ou perdues de part et d’autre dans ce conflit. Voici les nombres fournis par l’un de ces chroniqueurs et qui nous paraissent les plus vraisemblables : Assiégeants anglais : de cinq à six mille hommes. Armée de secours française : de deux à trois mille. Anglais tués : de sept à huit cents. Prisonniers, plus de deux cents. Tout le surplus tourna en fuie. (Perceval de Cagny, ch. LXXXIV.) — Saint-Rémy, p. 484, évalue, en morts, la perte des Anglais à sept mille hommes.

  42. [1010]

    Monstrelet. — Berry. — Girardot (le baron de), Documents relatifs à Montargis, Montargis, 1853, in-4°, p. 26, 20 et 30. — La bannière de Warwick fut généreusement brûlée [en 1792] dans une fête de fédération dédiée à la fraternité des peuples.

  43. [1011]

    X. X. 1480, f° 384. — Montreuil, p. 247. — Là mourut un seigneur d’Angleterre de qui le corps fut rachepté pour porter en son pays. Et en portant cedit corps, ainsi comme les Anglois approchoyent de Dieppe pour passer en Angleterre, ceux de la ville issirent en procession au devant d’iceluy corps. Là y avoit un fol qui hayoit les Anglois et ainsi que les gens d’église chantoyent le libera, chacune fois qu’ils disoient dùm veneris, ce fol crioit : De Montargis ! de Montargis ! Chronique de Normandie, f° 181. — Dùm se prononçait don, en français du quinzième siècle de ond, en latin de unde ; de là le jeu de mots macaronique rapporté par le chroniqueur normand : dum veneris : d’où venez-vous ? — De Montargis ! 1427, septembre 1, subside levé à Paris sur le clergé pour reprendre Montargis aux Français. (Actes capitulaires de Notre-Dame ; Varia monumenta, de Sarrasin, L. L. 414, f° 73.)

  44. [1012]

    Ci-dessus, note 1010.

  45. [1013]

    Girardot cité p. 26. — Recueil des privilèges de la ville de Montargis, 1608, in-12. — Ordonnances, t. XIII, p. 152, 154 ; t. XV, p. 105, 107.

  46. [1014]

    Sur Moymet, voyez L. Paris, Lettres de Reims aux 12 décembre 1425 et 16 octobre 1426 ; Ms. Fontanieu, 115 : 25 septembre 1426, et Barthélemy, Histoire de Châlons, p. 176 à 124. — Revue du Lyonnais, p. 343. — Lettres des rois et reines, t. II, p. 408. — Cousinot, p. 200, 202. — Raoulet, p. 193. — Journal de Paris, p. 671 a. — Monstrelet d’Arcq, t. IV, p. 270. — Ms. Bréquigny, n° 81, f° 49, 53.

  47. [1015]

    Le 8 mai 1427, procession générale ordonnée à Paris par le gouvernement anglais, afin que Pontorson ne tombe pas au pouvoir des Français. L. L. 414, f° 72. Pour les autres autorités, voyez ci-après, note 1020.

  48. [1016]

    Près La Rochelle. Anselme et le cabinet des titres : Clermont.

  49. [1017]

    Kercabin, paroisse de Plouer, évêché de Tréguier. Voyez Guy-le-Borgne, Armorial breton, Rennes, 1681, in-4°, p. 128.

  50. [1018]

    Jal, Glossaire nautique. Archéologie navale, 1840, in-8°, t. II, p. 253 et suiv. au mot ballener.

  51. [1019]

    Ce grave épisode est demeuré inconnu de tous les historiens. Il a pour garant un document unique, mais authentique et original, provenant, des comptes de la ville. Ms. Gaignières, 649, 5, pièce 47 et dernière. Voyez la note 700.

  52. [1020]

    Catalogue Teulet, p. 378. — Dans les lignes qui précèdent, nous avons tenté de débrouiller et de classer les événements, à cette époque la plus confuse du règne, Les faits militaires dont le théâtre vient d’être indiqué sont racontés plus en détail aux sources suivantes : Monstrelet, IV, 286, 288. — Berry, 375. — Montreuil, 237, 241, 248 à 254. — Jean Chartier et suites, I, 51 à 59 ; III, 194 et 200. — Gruel, 365, 367 b. — Bourdigné, 11, 156. — D. Morice, 1, 501, 503. — Preuves, II, 1166. — Grafton, 572 à 574. Ms. fr. 4770, à la date du 9 avril 1428. — Ms. Gaignières, 772, 1, p. 546. — Ms. fr. 1081, Chronique de Laval, f° 1. Etc., etc

  53. [1021]

    Extrait des archives municipales de Troyes. Communication de M. Th. Boutiot.

  54. [1022]

    Ms. Fontanieu, 115. — Journal de Paris, p. 675 b. — Cousinot, ch. CCXXIX. — Bourdigné, t. II, p. 157. Grafton, p. 574.

  55. [1023]

    Ms. Fontanieu 115, à la date. Ms. 4805, s. fr., f° 154.

  56. [1024]

    Les mêmes. — Montreuil, ch. XXVII. — Jean Chartier, ch. XXX. — Berry, p. 375.

  57. [1025]

    X. X. 1480, f° 404. — Journal de Paris, p. 669 b.

  58. [1026]

    En 1814, ce même point de Moymet [Moimay ?] ou Montaymé a joué de nouveau un rôle historique, dans la mémorable campagne de Champagne.

  59. [1027]

    Monstrelet, éd. d’Arcq, liv. I, ch. LXXXIII ; liv. II, ch. XXXVII, p. 255 ; ch. XL, XLVII, LX, etc. — Varin, Archives de Reims, t. VII, p. 676 à 732.

  60. [1028]

    Monstrelet, liv. II, ch. XLVII. — Corn. Zantfliet, Chronique de Liège, Amplissima collectio, t. V, p. 500.

  61. [1029]

    Rymer, t. IV, part. II, p. 135, 138. — Stevenson, Henri VI, t. I, préface, p. lxi ; p. 403 et suiv. — 1427, septembre 8 ; le duc de Bretagne et ses barons acquiescent par serment au traité de Troyes. X. X. 8594, Ordonnances barbines, f° 1 et suiv. — 1428, juin 26, Ambassade de Charles VII au roi de Castille. Il lui demande des navires pour combattre le duc de Bretagne qui venait de se déclarer Anglais. Ms. Bal. lat. 6024, f° 23. Communication de M. Boutaric.

  62. [1030]

    [NdÉ] Vallet de Viriville écrit ici Jean de Montaigu, père de Thomas mort en 1400, et précédent comte de Salisbury.

  63. [1031]

    Monstrelet, ibid., ch. XLVII. — Beaurepaire, Administration, p. 55.

  64. [1032]

    M. Champollion, Louis et Charles d’Orléans, p. 321 et passim. — Ms. Gaignières 594, f° 45. Montreuil, p. 256, 269, 210.

  65. [1033]

    Le pape Pie II, dans ses mémoires, porte ce jugement sur l’invasion de l’Orléanais : Id vere nobiles detestati sunt ; tanquam degeneris animi sit, ejus viri arces oppugnare, cujus corpus in potestate habeas ; p. 154. Ms, 4805, s, fr., f° 154. Ms. 9436, A, 3. — Beaurepaire, États, p. 30 à 34.

  66. [1034]

    Raoulet, p. 197. — Chronique de Normandie, f° 181, v°. — Charles VII fit racheter Me des Bouillons et le prit à son service. Ms. 7487, f° 148, v°. — Cousinot, p. 203 et suiv. — Montreuil, p. 255 et suiv. — Saint-Rémy, p. 487 et suiv. — Journal de Paris, p. 676. — Gaignières, Ms. 712, 1, p. 548. — Beaurepaire, Administration, p. 55. — Delpit, Documents anglais, p. 236 ; là se trouve cette liste de quarante noms, précieuse pour la géographie du quinzième siècle.

  67. [1035]

    Monstrelet. — Cousinot. — Montreuil. — Journal de Paris. — Suites à Jean Chartier, t. III, p. 208. — Berry, p. 375. — États, p. 34, etc. — Le 18 septembre 1428, le roi, à Chinon, ordonne de réparer les fortifications d’Aigues-Mortes. — D. Vaissette, livre XXXIV, ch. XXXV. — Les états généraux, réunis à Chinon du lei au 10 octobre, votent une aide de 500 mille livres. Ibid. Ms. Fontanieu 115, à la date du 12 novembre 1428.

  68. [1036]

    Les mêmes. — Quicherat, Histoire du siège d’Orléans, 1854, in-16. — L’effectif, en hommes, de la défense, s’augmenta successivement et la proportion numérique des parties belligérantes éprouva diverses modifications. Sur ce sujet on peut consulter, comme renseignement à éclaircir, les extraits publiés dans le Bulletin du bouquiniste, 1861, p. 20 et suiv.

  69. [1037]

    Les mêmes. — Quicherat, p. 7. — Pour suivre clairement et en détail les opérations militaires, on peut consulter avec fruit : Kausler, Atlas des batailles (en français et en allemand). Stuttgard, 1831, grand in-folio, texte in-4°, p. 92, pl. XXIV, et l’Histoire du siège d’Orléans, par M. Jollois. 1834, gr. in-4°, fig.

  70. [1038]

    Journal du siège, dans Quicherat, Procès, t. IV, p. 96 et suiv. Montreuil, p. 20.

  71. [1039]

    Les mêmes. Chronique de Normandie, f° 182, v°. — Journal du siège, p. 100. — Chronique de Wyrcester, p. 455. — Dugdale, Baronagium, t. I, p. 53.

  72. [1040]

    Administration, p. 10. — Journal de Paris, p. 676 b. — Bedford écrivait, à peu de temps de là : Alle thing there prospered… till the tyme of the siege of Orleans, taken in hand God knoweth by what advis ! (Rymer, t. IV, partie IV, p. 30). — Quittance du 13 novembre 1428 : Par devant moy, Jehan Milet, notaire et secrétaire du roy N. S. est aujourd’hui venu et comparu en sa personne Maine, le héraut, lequel a confessé avoir eu et receu de P. Surreau, receveur général de Normandie, la somme dei livres tournois pour ung volage à lui ordonné présentement et hastivement faire, de cette ville de Mantes, au siège devant Orléans, porter lettres closes de M. le régent le royaume de France, duc de Bedfort, à M. le comte de Suffolk ; de laquelle somme, etc. — Milet. (Cabinet des titres, dossier Milet.)

  73. [1041]

    Montreuil, p. 225. — Quicherat, Siège, p. 14, etc. — Quittance de W. Glasdale, datée de la bastide du bout du pont ou des Tourelles. Il reconnaît avoir reçu 843 livres tournois pour 30 lances et 80 archers de sa retenue, servant au siège depuis le 19 novembre. (British Museum, Additionnal charters, n° 3636 ; communiqué par le R. J. Stevenson.)

  74. [1042]

    Les mêmes. — Dom Plancher, t. IV, p. 127. — Monstrelet, ch. LVI. — Journal de Paris, p. 677. — Biographie Didot : Morhier (Simon). — Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. XXV ; notice sur S. Morhier.

  75. [1043]

    Les mêmes. — Cagny, ch. LXXXVI. Holinshed, History of England, 1594, in-folio, t. II, p. 599.

  76. [1044]

    Les mêmes. — Montreuil, p. 270. — Le 22 février 1429, procession générale à Paris pour la victoire des harengs. (Sarrasin, L. L. 414, f° 76.)

  77. [1045]

    Les mêmes. — Dutillet, Recueil des traités, etc., p. 221.

  78. [1046]

    Itinéraire. — Ms. s. fr. 4805, qui cite Baptista Egnatius. — Biographie Didot, article La Hire.

    Sur l’indolence de Charles VII à l’époque du siège d’Orléans. — L’extrait suivant de la chambre des comptes, entre autres témoignages analogues, n’est point inconciliable avec cette anecdote traditionnelle. À Estienne de Vignolles, dit La Hire, la somme de cent escus d’or… à Chinon au mois de novembre 1428, pour deffrayer luy et aucuns autres gentilshommes qu’il avait amenés en sa compagnie, de la ville d’Orléans audit lieu de Chinon, pour remonstrer et faire savoir l’estat de ladite ville et d’aucunes places et forteresses d’environ des frais et despens que ou dit voyage faire leur avoit convenu, tant en venant par devers ledit seigneur, comme séjournant, en attendant son bon plaisir et ordonnance sur les choses à luy de leur part dites et remonstrées… et aussi en retournant audit lieu d’Orléans. (Ms. s. fr. 2342, f° 42.)

  79. [1047]

    Quicherat, Procès, t. III, p. 85. — Monstrelet, p. 52, 55. — Ms, de D. de Vic, n° 89, p. 70. — Beaurepaire, Administration, p. 10, 21, 48 et suiv. — États, p. 37. — Le 3 mars 1429, ordonnance du roi d’Angleterre et de France, qui soumet à un emprunt forcé tous ses officiers pour contribuer au siège d’Orléans. Ms. Fontanieu 115, à la date.

  80. [1048]

    Quicherat, Procès, t. IV, p. 127, 509 ; t. V, p. 340. — Basin, t. I, p. 4. — L’Angleterre, de son côté, négociait avec le roi de Castille. Voyez, à la date du 15 février 1429, Proceedings and ordinances of the privy council of England, t. III, p. 319.

  81. [1049]

    Quicherat, Procès, t. IV, p. 258.

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