J. Gratteloup  : Documents sur le père Ayroles (2024)

Synthèse

Synthèse
Présentation chronologique de l’ensemble des documents

  1. Enfance et formation (1828-1884)
  2. Jeanne d’Arc sur les autels (1885-1889)
  3. La Vraie Jeanne d’Arc, t. I (1890-1893)
  4. La Vraie Jeanne d’Arc, t. II (1894-1896)
  5. La Vraie Jeanne d’Arc, t. III (1897-1898)
  6. La Vraie Jeanne d’Arc, t. IV (1898-1901)
  7. La Vraie Jeanne d’Arc, t. V (1901-1903)
  8. Thalamas et Anatole France (1904-1908)
  9. Béatification et canonisation (1909-1920)
  10. Mort et postérité (1921)

I.
Enfance et formation (1828-1884)

1828. — 22 novembre. Naissance à Py (Lot), premier des huit enfants de Pierre Ayroles, 30 ans, cultivateur et Marie Martin, 28 ans, son épouse.

1835-1839. — Enseignement primaire à Miers (Lot).

1839-1847. — Petit séminaire de Montfaucon (Lot).

En classe de philosophie (terminale) il aura pour professeur le père Blaviel, à qui il rendra hommage cinquante ans plus tard, en signant le compte-rendu d’un de ses ouvrages : Un élève de philosophie de M. de Blaviel.

1847-1849. — Grand séminaire de Montauban (Tarn-et-Garonne).

  • La Croix, 28 octobre 1921 :

    Au Grand Séminaire de Cahors il ne resta guère qu’un an et demi. Il en sortit, en 1849, malgré l’opposition de ses parents.

Témoignages sur l’opposition de son père à une carrière ecclésiastique :

  • Notes de Jean-Claude Ayroles

    Sa vocation s’exprima dès l’âge de 9 ans lorsqu’il manifesta à sa mère son désir de devenir prêtre. Il était alors en classe à Miers. Un membre de la famille lui dit que son père ne le voudrait pas, ce qui l’affligeait fort. Il était l’aîné de la famille et la tradition voulait qu’il soit le bâton de vieillesse de ses père et mère en prenant leur succession à la ferme. […] Mais la mère détruisit chez son fils cette impression en lui disant que son grand-père serait heureux de voir son petit-fils prendre un pareil chemin et elle l’encouragea à se préparer à cette carrière. […] Cet engagement se confirma : après avoir passé deux ans au grand séminaire de Montauban et en dépit de cette opposition paternelle, il entra chez les jésuites.

  • Le Clairon du Lot, 11 mai 1886

    Fort jeune, il abandonna l’honneur de devenir le chef d’une des plus patriarcales familles du pays, honneur que l’antériorité de sa naissance et les coutumes locales lui accordaient, pour entrer dans la célèbre et toujours glorieuse compagnie de Jésus.

1850-1865. Formation Jésuite.

1850-1851 : Noviciat. — Il entre au noviciat de Toulouse le 2 avril 1850.

1851-1859 : Régence. — Il est successivement envoyé comme maître au petit séminaire de Montauban (1851-1854), au collège Sainte-Marie de Toulouse (1854-1856) puis au collège Sainte-Marie de Bordeaux, à La Sauve-Majeure (1856-1859).

1859-1862. Scolasticat. — Au collège de Vals.

1861, 25 mai. Il est ordonné prêtre dans la chapelle de l’évêché du Puy-en-Velay.

1862-1863. Il retourne comme maître au petit séminaire de Montauban.

1863-1864. Troisième An. — À Laon.

1864-1867. Il est professeur au grand séminaire de Mende.

1865, 15 août. Quatrième vœu. [À Mende ?]

Témoignages de cette période.

Lors de sa régence à La Sauve-Majeure puis lors de ses études théologiques à Vals, le jeune Ayroles côtoiera Charles Sire, une classe en dessous de lui. Ce dernier partit en mission à la Réunion, tomba malade et mourut en mer lors de son rapatriement en 1862. Quelques années plus tard son frère Vital composera une vie du missionnaire et recueillera les témoignages de ceux qui l’ont connu, dont le père Ayroles.

En 1913, le père Ayroles rédigera un compte-rendu empreint de l’émotion du souvenir à l’occasion de la publication d’une biographie du père Jean-Baptiste Serres (1827-1904), qui avait passé deux années à Vals juste avant lui.

1866-1880. Mission apostolique, éducateur.

Après trois années au grand séminaire de Mende (1864-1867), il retourne un an au petit séminaire de Montauban (1868), avant d’être envoyé à l’École apostolique d’Avignon (1868-1870) dont il devient sous-directeur. Enfin, il est nommé au séminaire de Vals où il passera dix années (1870-1880) jusqu’à l’expulsion des Jésuites.

Témoignages de cette période.

L’œuvre des Écoles apostoliques fut fondée à Avignon, en 1865, par le père jésuite Albéric de Foresta (1818-1876). Un article de 1909 nous apprend que le père Ayroles fut le premier sous-directeur de l’École apostolique d’Avignon.

Expulsion du séminaire de Vals. — Au terme des trois mois fixé par les décrets de Jules Ferry (29 mars 1880) ordonnant la fermeture des maisons, une troupe se présente le 30 juin à 4 h. du matin, force la porte que le recteur refusait d’ouvrir, chasse les occupants et prennent possession des lieux.

D’après l’annuaire, en janvier 1880, 146 personnes vivaient à Vals, 33 pères, 101 séminaristes et 12 intendants. Les Jésuites de la province de Toulouse transporteront leur séminaire à Uclès en Espagne.

1881-1885. Retour des pères à Vals. Jeanne d’Arc.

Dès 1881, une douzaine de pères, dont le père Ayroles, reviennent s’installer à Vals.

C’est à cette époque, la cinquantaine passée, qu’il se lance dans ses études sur Jeanne d’Arc. À partir de 1884, l’annuaire Jésuite l’indique écrivain (scriptor).

  • Notes de Jean-Claude Ayroles
  • La Croix, 28 octobre 1921 :

    Avec l’autorisation de ses supérieurs, il abandonna missions et professorat pour se consacrer tout entier à la glorification de Jeanne d’Arc.

  • Annales religieuses d’Orléans, octobre 1921 :

    Il demanda à son général d’alors, la permission de se consacrer à l’étude des documents qui la concernent. Le général comprenant l’intérêt qu’il y avait pour l’Église, à ce que les pièces de débats cinq fois séculaires fussent revues, analysées, contrôlées, autorisa le jeune Ayroles à suivre son attrait. Celui ci se mit à la besogne, sérieusement, passionnément.

  • Annuaire de 1884

Note. — Le père Guillaume Blanchard était provincial de la province de Toulouse depuis le 17 août 1875. Il fut remplacé le 4 avril 1882 par le père Adrien Carrière. Le supérieur général de la Compagnie était le père Pierre-Jean Beckx, depuis le 2 juillet 1853.

1885. Une partie du séminaire est louée à l’institut des Frères des écoles chrétiennes, qui y installe son noviciat en février.

II.
Jeanne d’Arc sur les autels (1885-1889)

1885, 31 juillet. — Le père Ayroles achève Jeanne d’Arc sur les autels et signe la dédicace.

1885, septembre. — La Revue catholique des institutions et du droit publie en avant-première le chapitre II, du livre I, p. 13-30. Il aborde ce qui sera l’un des thèmes fondamentaux de toute l’œuvre du père Ayroles, voire son fil directeur : la mission de Jeanne d’Arc n’était pas tant de bouter les Anglais hors de France que de prouver et restaurer la constitution naturelle du pays : Jésus-Christ Roi.

L’ouvrage paraît fin octobre.

Jeanne d’Arc sur les autels et la régénération de la France, par le père J.-B.-J. Ayroles, de la Compagnie de Jésus.

  • Éditeur : Paris, Gaume et Cie, éditeurs, 3 rue de l’Abbaye.
  • Année : 1885
  • Format : In-12° de 487 pages (XIII, idée générale + 474)
  • Imprimeur : Corbeil, imprimerie Crété.
  • Imprimatur : Le Puy-en-Velay, le 1er août 1885, de Pélacot, vicaire général.
  • Dédicace : En la fête de saint Ignace de Loyola, le 31 juillet 1885.

L’éditeur Gaume l’annonce dans le feuilleton hebdomadaire de la Bibliographie de la France du 31 octobre. Le livre a probablement été envoyé aux journaux : l’Univers annonçait sa parution prochaine le 27 ; Marius Sepet dans le Monde du 30, n’avait encore lu que la table des matières.

Suit une grande campagne publicitaire dans la presse catholique sur plusieurs mois. Un encart publicitaire est inséré dans l’Univers, le Monde, le Gaulois ; la Croix publie régulièrement le texte de l’éditeur, ou des extraits de l’introduction du livre.

Jeanne d’Arc sur les autels et la régénération de la France (J.-B.-J. Ayroles, 1885), encart publicitaire dans l’Univers du 2 novembre 1885.

20 novembre. — L’Univers du 25 novembre reproduit la lettre d’approbation de l’évêque de Montpellier, Mgr de Cabrières, personnalité de premier plan du catholicisme militant, qui se joint à l’appel du père Ayroles pour la canonisation.

1er décembre. — Le Moniteur de Rome annonce que la cause de la béatification de Jeanne d’Arc a été introduite devant la Congrégation des Rites.

1886. — L’ouvrage se diffuse, l’éditeur poursuit activement sa promotion tant dans les journaux parisiens que de province et semble atteindre son sommet de popularité au premier semestre de 1886.

26 janvier. — Le père Ayroles reçoit une bénédiction du pape Léon XIII ; le 1er mars, une lettre d’approbation de l’évêque de Rodez, Mgr Bourret, qui suggère que l’ouvrage soit versé au procès de béatification.

Jeanne d’Arc sur les autels est régulièrement mentionné dans des articles sur Jeanne d’Arc, discuté, recommandé, abrégé (livre de l’abbé Mourot) et fait l’objet dans la presse catholique de nombreux comptes-rendus de qualité, approfondis et favorables.

L’Univers notamment, premier quotidien catholique, dirigé par Eugène Veuillot depuis la mort de son frère Louis en 1883, semble s’être fait le relais officiel de la communication du père Ayroles : il reproduit les lettres d’approbations qu’il reçoit, multiplie les articles sur son livre, et bientôt lui ouvrira ses colonnes pour des articles anonymes (voir plus bas).

1886, 24 avril. — Parution de Jeanne d’Arc en face de l’Église Romaine et de la Révolution de l’abbé vosgien Victor Mourot, livre de 135 pages grandement inspiré de Jeanne d’Arc sur les autels.

Mai. — Parution dans le Messager du Cœur de Jésus d’une étude du père Ayroles intitulée : Le mois de Marie, mois de Jeanne d’Arc ; elle sera publiée en brochure.

20-25 juin, Congrès eucharistique de Toulouse. — Ayroles est invité à donner une conférence sur Jeanne d’Arc et l’Eucharistie. Ne pouvant s’y rendre en personne, son mémoire est lu. Le congrès, par la voix de l’abbé Mourot, se prononce publiquement pour la canonisation.

30 juillet. — Parution dans l’Univers d’un premier article anonyme du père Ayroles sur la vraie constitution française, qui est la royauté de Jésus-Christ. Nous avons au total retrouvé trois articles que nous lui attribuons.

  • L’Univers, 30 juillet
  • L’Univers, 27 mai 1887

    [Les catholiques reconnaissent un roi], c’est celui que Jeanne d’Arc plaça en tête de la constitution qu’elle voulait donner à la France : Jésus-Christ.

  • L’Univers, 25 déc. (l’auteur invite le comte de Paris, prétendant orléaniste au trône de France, à adhérer à la constitution politique proclamée par Jeanne d’Arc)

Sur l’attribution au père Ayroles de ces articles signés ***, entre 1886 et 1887, lire l’Introduction à ces articles dans : Écrits du père Ayroles. Pour résumer, celle-ci est fondée sur 1. une lettre du père Ayroles qui révèle l’existence de ces articles ; 2. le fond et la forme de ces articles anonymes.

1887, 11-13 octobre. Congrès des jurisconsultes catholiques de Montpellier. — Ayroles y assiste. Et lorsque Mgr de Cabrières, après avoir annoncé qu’une supplique pour la canonisation de Jeanne d’Arc serait confiée à Mgr Coullié pour être remise au pape, signale sa présence dans l’assemblée, le nom du savant jésuite est couvert d’applaudissements.

Fin 1887. — Seconde édition de Jeanne d’Arc sur les autels (3e mille), annoncé dans le feuilleton de la Bibliographie de la France du 21 janvier. Le prix passe de 4 (1e édition) à 3 francs.

Une postface a été ajoutée contenant les jugements de la première édition (reproduction de lettres d’approbations et d’extraits de comptes-rendus). On y apprend qu’en huit mois, plus de 2.000 exemplaires se sont écoulés, malgré le silence de la presse hostile.

1888, 18 janvier. — Décès de son père à 90 ans. Ayroles, prévenu trop tard, ne peut se rendre aux obsèques.

1888, 2 mai. — Ayroles prononce le panégyrique de Jean-Baptiste de La Salle devant les frères et les novices de l’institut des Frères des écoles chrétiennes, qui avaient établi leur noviciat dans l’ancien scolasticat de Vals début 1885.

Note. — Jean-Baptiste de La Salle, fondateur de l’institut en 1680, venait d’être béatifié par Léon XIII le 19 février.

Le texte de son discours sera publié avec le compte-rendu des célébrations ; on y apprend que les pères jésuites avaient encore accès à leur chapelle, mais que d’ignobles scellés en interdisaient l’accès au public.

Ayroles compose la prière d’une Neuvaine à Jeanne d’Arc, approuvée par l’évêque du Puy, le 31 juillet 1888. Le texte sera régulièrement imprimé ou reproduit.

Bilan. — Le premier ouvrage du père Ayroles semble avoir donné un nouvel élan à la cause de béatification :

  • lettre de Mgr de Cabrières (1885) reprenant son appel ;
  • lettre de Mgr Bourret (1886), suggérant que son ouvrage soit versé au procès
  • supplique du congrès de Montpellier adressée au pape et ovation du père Ayroles (1887) ;
  • note de Joseph Fabre (1888) retraçant le regain d’activité pour la béatification, amorcé par la publication de l’ouvrage.

Dès lors, son nom sera étroitement associé à la cause de béatification de Jeanne d’Arc. Ses premiers écrits seront intégrés au procès d’introduction (1885-1894), et, à partir de 1889 (au moins), il recevra les animadversions de l’avocat du diable que lui transmet le père Arthur Captier, postulateur de la cause. Enfin, il sera lui-même régulièrement convoqué comme témoin lors du procès de béatification (1895-1909).

III.
La Vraie Jeanne d’Arc, t. I (1890-1893)

Septembre 1889. — Le père Ayroles achève son livre et signe la dédicace :

Du tombeau de la bergère sainte Germaine Cousin, de Pibrac le 2 septembre 1889.

Décembre 1889. — Les journaux annonce la parution de la Pucelle devant l’Église de son temps, un volume qui sera vendu par souscription ; deux articles de l’Univers reproduisent des extraits d’un texte qui semble être la présentation de l’éditeur.

1890. — La souscription est lancée, et relayée par les journaux catholiques. Coût : 15 francs, 10 pour ceux qui auront souscrit avant le 25 mars.

Parmi les 374 souscripteurs (dont les noms figurent en tête du volume), on compte 2 archevêques, 8 évêques, de très nombreux frères, pères, abbés et chanoines, de nombreux directeurs d’établissements religieux, et plusieurs membres de la noblesse. Personnes notables :

  • Son frère cadet le père Louis Ayroles
  • Plusieurs jésuites, dont d’anciens camarades de formation :
    • Mgr Jean-Baptiste Cazet, dans sa classe au scolasticat de Vals de 1859 à 1862, aujourd’hui vicaire apostolique de Madagascar ;
    • Plusieurs pères côtoyés durant ses années de régence : Adrien Carrère, devenu par la suite provincial de Toulouse d’avril 1882 à janvier 1887, Issoulier, Vacher
  • L’abbé Victor Mourot
  • Albert Desplagnes, de la Revue catholique des institutions et du droit
  • Pierre Lanéry d’Arc
  • Le comte de Bourbon-Lignières
  • L’abbé François-Edmond Desnoyers, postulateur des trois procès orléanais pour l’introduction de la cause de béatification de Jeanne d’Arc, entre 1874 à 1888.

Cette campagne renouvelle l’intérêt de la presse catholique pour le père Ayroles.

Des exemplaires ont été envoyés. Ayroles reçoit plusieurs lettres d’approbation, dont les quatre suivantes seront placées en tête du volume.

  • Cardinal Langénieux, archevêque de Reims (8 avril, reproduite dans l’Univers, 20 juil.)
  • Mgr Petit, évêque du Puy (10 avril)
  • Mgr de Cabrières, évêque de Montpellier (non datée, probablement écrite fin 1889, déjà publiée dans l’Univers, 13 janv., ci-dessus)
  • Mgr Bourret, évêque de Rodez (2 février ; simple mot)

Autres lettres reçues après la publication :

1er mai. — Parution de la Vraie Jeanne d’Arc, t. I.

La Vraie Jeanne d’Arc, la Pucelle devant l’Église de son temps, documents nouveaux, par le père J.-B.-J. Ayroles, de la Compagnie de Jésus.

  • Éditeur : Paris, Gaume et Cie, éditeurs, 3 rue de l’Abbaye.
  • Année : 1890
  • Format : In-4° de 797 pages (25, approbations, souscripteurs + XVIII, introduction + 754)
  • Imprimeur : Corbeil, imprimerie Crété.
  • Dédicace : Du tombeau de la bergère sainte Germaine Cousin, de Pibrac le 2 septembre 1889.

L’ouvrage est tiré à 1500 exemplaires, soit quatre fois le tirage habituel pour ce type de publication ; (ou l’équivalent d’une quatrième édition).

La Vraie Jeanne d’Arc, la Pucelle devant l'Église de son temps, documents nouveaux (J.-B.-J. Ayroles, 1890), encart publicitaire dans le Figaro du 5 mai 1890.
Le Figaro, 5 mai 1890

La presse républicaine ignore l’ouvrage. Le père Ayroles est cité dans le Rappel comme exemple de la manière dont l’Église chercherait à instrumentaliser la canonisation de Jeanne d’Arc contre le régime républicain.

Juillet 1890. — Ayroles reçoit deux nouvelles lettres de félicitations.

  • Mgr Bourret, évêque de Rodez (8 juillet, reproduite dans l’Univers, 20 juil.)
  • Cardinal Desprez, archevêque de Toulouse (24 juillet, reproduite dans l’Univers, 6 sept.), dont la première phrase sera souvent reprise :

    À tout prix il faut arracher notre admirable Jeanne d’Arc au rationalisme et à la libre pensée.

Été. — Le père Ayroles passe quelque temps à Tours et à Chinon pour des recherches sur Jeanne d’Arc.

1891. Les Études religieuses, revue mensuelle des pères jésuites, lui confie la critique des nouveaux ouvrages sur Jeanne d’Arc.

  • Études, septembre : Existe-t-il des reliques de Jeanne d’Arc ?, par l’abbé Cochard

En fin d’article, il aborde l’affaire curieuse de cet archéologue-pharmacien de Touraine affirmant être en la possession d’un flacon étiqueté : Restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d’Arc, découvert à Paris vingt-cinq ans plus tôt ; et suggère que le contenu soit confié aux experts pour analyse.

1891, novembre. En explorant les archives de Nancy, le père Ayroles découvre une pièce qui confirme que les ruines sur lesquelles est bâtie la nouvelle basilique de Domrémy sont bien celles de l’antique chapelle érigée par la famille de Jeanne d’Arc.

1892. Les Études religieuses publient coup sur coup deux comptes-rendus :

1893. Les Études religieuses publient trois comptes-rendus :

  • Études, avril : L’Armée anglaise vaincue par Jeanne d’Arc sous les murs d’Orléans, par Boucher de Molandon et De Beaucorps
  • Études, octobre : Jean Bréhal et la Réhabilitation de Jeanne d’Arc, par les pères dominicains Belon et Balme ; Jeanne d’Arc et les Franciscains, par Léon de Kerval.

Bilan. — En publiant des documents inédits, parmi lesquels les mémoires théologiques négligés par Quicherat, le père Ayroles s’est imposé dans les études sur Jeanne d’Arc. Son travail a considérablement enrichi le corpus historique et les historiens, notamment les catholiques, ont rapidement intégré ses travaux dans leurs propres ouvrages.

  • Gaston du Fresne de Beaucourt, tome V de son Histoire de Charles VII (1890)
  • André du Bois de La Villerabel, Les procès de Jehanne la Pucelle (1890)
  • Henri Debout, nouvelle édition de sa Jeanne d’Arc (1891)
  • Marius Sepet, 3e édition de sa Jeanne d’Arc (1891)
  • Les pères Belon et Balme, Jean Bréhal et la réhabilitation de Jeanne d’Arc (1893)

Cette irruption est consacrée par l’historien Albert Lecoy de La Marche dans son ouvrage sur les Récents progrès de l’histoire, en 1893, qui fait la part belle au père Ayroles.

IV.
La Vraie Jeanne d’Arc, t. II (1894-1896)

1893, fin novembre. — Nouvelle souscription promue dans la presse. Coût : 15 francs, 10 pour ceux qui auront souscrit avant le 15 mars 1894.

1894, 27 janvier. — Léon XIII signe l’introduction de la cause de béatification et déclare Jeanne vénérable : Jeanne est nôtre.

On trouve le nom du père Ayroles associé à l’événement :

    • La Vérité, 30 jan. 1894 (2e édition de l’Étude sur Jeanne d’Arc du comte de Bourbon-Lignières, qui mentionne Ayroles)
    • L’Univers, 4 fév. (lettre pastorale de Mgr Coullié ; successeur de Dupanloup à Orléans, qui vient d’être transféré à Lyon)

Au sein de la Compagnie, Ayroles célèbre le décret d’introduction de la cause dans un mémoire établissant quinze points reliant l’histoire de Jeanne d’Arc à celle des Jésuites. Initialement destiné à un usage interne, ce texte est finalement publié :

Contributions du père Ayroles dans la presse :

  • Études, février : Jeanne d’Arc a-t-elle été brûlée ? (réfutation d’un ouvrage soutenant que Jeanne échappa au bûcher pour réapparaître sous le nom de Jeanne des Armoises)
  • L’Univers, 4 mars (réfutation d’un professeur agrégé de Nancy)
  • Études, mars : C.-R. des Campagnes des Anglais dans l’Orléanais, la Beauce et le Gâtinais de 1421 à 1428, par Amicie de Villaret

19 mars. — Parution du tome II de la Vraie Jeanne d’Arc (sur l’enfance de Jeanne à Domrémy).

La Vraie Jeanne d’Arc, II, la Paysanne et l’Inspirée, d’après ses aveux, les témoins oculaires et la libre-pensée, par le père J.-B.-J. Ayroles, de la Compagnie de Jésus.

  • Éditeur : Paris, Gaume et Cie, éditeurs, 3 rue de l’Abbaye.
  • Année : 1894
  • Format : In-4° de 582 pages (XV, but et plan + 567)
  • Imprimeur : Corbeil, Imprimerie Crété.
  • Imprimatur : Le Puy-en-Velay, le 8 août 1893, Fulbert, évêque du Puy.

Avril. — Compte-rendu du père Ayroles dans les Études religieuses.

  • Études, avril : Étude sur Jeanne d’Arc du comte de Bourbon-Lignières ; Jeanne d’Arc vierge et martyre de l’abbé Fesch

Mi-avril (date non certaine). Paris, basilique du Sacré-Cœur. — Ayroles est l’aumônier d’un groupe de jeunes de l’Association catholique de la jeunesse française, qu’il prêche sous les voûtes de la crypte.

Juillet. — Le Petit Messager du Cœur de Marie invite ses lecteurs, à l’image de la Semaine religieuse de Cambrai, à réciter pour les malades la prière de la Neuvaine à Jeanne d’Arc du père Ayroles. Le bulletin de janvier 1895 publiera une lettre attestant plusieurs guérisons.

1894, 25 juillet. Bref de Léon XIII. — Le pape salue l’œuvre du père Ayroles et l’engage à se dédier à sa poursuite. Ayroles communique le bref à l’Univers, accompagné d’une lettre de remerciement au quotidien, à son directeur Eugène Veuillot, et à l’ensemble de la presse catholique pour son indéfectible soutien.

La nouvelle est célébrée par la presse catholique.

Au cours de l’année 1894, le père Ayroles quitte Vals pour Paris et s’établit à la Maison des pères jésuites, située au 35 rue de Sèvres. Il y retrouve le père Stéphen Coubé, de trente ans son cadet, arrivé deux ans plus tôt.

La date exacte de son emménagement nous reste inconnue. Était-il déjà installé lorsqu’il accompagna un groupe de l’Association de la jeunesse à Montmartre ? Il est également envisageable que son installation ait été décidée à la suite du bref de Léon XIII du 25 juillet, qui l’exhortait à se consacrer à ses recherches sur Jeanne d’Arc.

La Maison abrite quarante pères, deux étudiants et onze intendants. L’église jésuite se trouve au 33 (aujourd’hui église Saint-Ignace). La rédaction des Études religieuses est située à quelques centaines de mètres, 15 rue Monsieur, où vivent quatorze pères.

Septembre 1894. Ouverture du procès de non cultu. — Ce procès préalable à l’ouverture d’un procès en béatification vise à établir qu’il n’y a jamais eu de culte public. Les diocèses d’Orléans et de Saint-Dié (dont dépend Domrémy), instituent chacun leur tribunal.

À Orléans, le procès s’ouvre le 2 septembre, sous la présidence de Mgr Touchet. Le premier témoin convoqué est le père Ayroles (à la requête de M. l’abbé Clain, vice-postulateur) ; il est entendu les 21 et 22 septembre.

  • La Vérité, 7 oct. d’après les Annales religieuses d’Orléans ; même article dans l’Univers, la Gazette.

7 octobre. — Le père Ayroles est à Lourdes pour la fête du Saint-Rosaire.

Décembre. — Nouvelle Neuvaine à Jeanne d’Arc du 28 décembre au 6 janvier, avec la prière du père Ayroles.

1895. Fin des procès de non cultu. — Le 7 janvier 1895, le tribunal d’Orléans prononce la sentence définitive : aucun culte ecclésiastique et public n’a été rendu à Jeanne d’Arc dans le diocèse. Le 14 janvier, lors de la 26e et dernière séance, Mgr Touchet reçoit une copie sous scellé des actes du procès (307 feuillets), qu’il portera en personne à la Congrégation des Rites à Rome. — Le procès de Saint-Dié s’était clôt quelques semaines plus tôt, le 31 octobre 1894, par une sentence identique.

Juin. La Chronique de Morosini. — Le 11 juin, l’Univers publie une lettre du père Ayroles qui fait part de la découverte d’un document inédit sur Jeanne d’Arc. Celui-ci en dévoile les principaux éléments et annonce sa publication prochaine.

Une première publication des lettres de la chronique paraîtra à partir d’octobre dans les Études religieuses, avant l’édition définitive dans le tome III de la Vraie Jeanne d’Arc (1897).

Quelques articles notables pour l’année 1895 :

    • Affiches Tourangelles, 7 fév-7 mars (l’hebdomadaire de petites annonces rend un hommage loufoque au père Ayroles)
    • L’Univers, 30 mars (parution de l’Histoire de Jeanne d’Arc du chanoine Dunand, d’après les travaux les plus récents dont ceux du père Ayroles)
    • La Croix (Touraine), 8 avril (reproduction d’un chapitre de Jeanne d’Arc sur les autels sous le titre : La Pucelle, soldat et capitaine accompli)
    • La Dépêche (Puy-de-Dôme), 4 mai (le quotidien constate l’accueil unanimement favorable réservé à la Vraie Jeanne d’Arc par la presse catholique, tout en interprétant le silence de la presse républicaine comme un aveu)
    • Semaine religieuse (Lyon), 9 août (C.-R. de la Jeanne d’Arc de Dunand par Albert Desplagnes)
    • La Vérité, 30 sept. (5e livraison de Jeanne d’Arc vengée de Jules Doinel dans la Vérité ; un chapitre tous les jeudis jusqu’au 13 janv. 1896)
    • La Croix, 22 juil. (éloge de la Vraie Jeanne d’Arc)

1896, 8 septembre, matin. — Le père Ayroles prononce un discours à l’église Saint-Denis de la Chapelle (Paris 18e) à l’occasion de l’inauguration d’un sanctuaire dédié au passage de Jeanne d’Arc en 1429.

Le texte de son allocution paraîtra en brochure.

Mi octobre. — Le tome III de la Vraie Jeanne d’Arc est envoyé aux critiques.

Décembre. — Le père Ayroles rend compte dans les Études religieuses, de la thèse de l’abbé Chassagnon : Les Voix de Jeanne d’Arc en face de la science et de la raison, soutenue en juin 1896 à Lyon, sous la présidence de Mgr Coullié.

Le 9 décembre, il rédige un article sur les Anciens Jésuites français pendant la Révolution, qui paraîtra dans les Lettres d’Uclès (le bulletin du scolasticat de Vals en exil à Uclès).

V.
La Vraie Jeanne d’Arc, t. III (1897-1898)

1897, février. — La presse catholique annonce pour le 1er mars, la parution du tome III de la Vraie Jeanne d’Arc : La Libératrice, et celle du tome IV qui suivra de près : La Vierge-Guerrière. — Coût : 15 francs, 10 pour ceux qui auront souscrit avant le 1er mars.

Début Mars. — Parution du tome III de la Vraie Jeanne d’Arc.

La Vraie Jeanne d’Arc, III, la Libératrice, d’après les chroniques et les documents français et anglo-bourguignons, et la Chronique inédite de Morosini, par le père J.-B.-J. Ayroles, de la Compagnie de Jésus.

  • Éditeur : Paris, Gaume et Cie, éditeurs, 3 rue de l’Abbaye.
  • Année : 1897
  • Format : In-4° de 712 pages (XVI, au lecteur + 696)
  • Imprimeur : Corbeil, imprimerie Éd. Crété.
  • Dédicace : Le saint jour de Noël 1896, XIVe centenaire du baptême de Clovis.

Mars. Ouverture du procès sur l’héroïcité des vertus. — Le tribunal, instauré le 1er mars à Orléans, est de nouveau présidé par Mgr Touchet. Les audiences commentent le 12 (et se termineront le 22 novembre). Les témoins auront à répondre à un questionnaire en 146 articles.

Avril, mai. — Le père Ayroles est entendu tous les jours (sauf le dimanche) du 1er avril au 13 mai.

  • Annales religieuses d’Orléans, 9 avril
  • La Vérité, 23 nov. 1903 (lettre de Mgr Touchet)

    Nous avions eu cent vingt-deux sessions de huit à dix heures par jour, et recueilli des témoignages que couvrent plus de trois mille pages in-folio. Nos principaux témoins furent le Père Ayroles, l’homme le plus renseigné que je sache au monde sur Jeanne d’Arc, avec le chanoine Dunand, Kurth, Georges Goyau, Baguenault de Puchesse, de la Rocheterie, etc.

  • Annales religieuses d’Orléans, 1921

    Le père Ayroles fut notre principal témoin dans la cause de Sainte Jeanne d’Arc lors du procès des vertus. Il déposa devant notre tribunal pendant près d’un mois, à raison de six ou sept heures par jour. Il possédait étonnamment les sources, et ne se fatiguait jamais de les ouvrir. Nous lui fîmes une peine nécessaire mais assez cuisante en présentant la cause de Jeanne d’Arc comme cause de vierge et non pas comme cause de vierge-martyre.

    — Elle est martyre, elle est vierge et martyre nous répétait-il.

    — Mais la Congrégation des Rites, mais le cardinal ponent Parocchi ne permettent pas que la cause soit présentée ainsi.

    — Il faut contraindre respectueusement la Congrégation et le cardinal ponent…

    Contraindre la Congrégation et le cardinal ponent ! toute l’humeur du Père Ayroles se révélait en ce conseil.

Dimanche 30 mai. — Fête de Jeanne d’Arc à Notre-Dame. Le père Ayroles est l’une des personnalités invitées dans l’enceinte réservée au comité Jeanne d’Arc, aux côtés d’Henri Wallon et du père Coubé, entre autres.

20-24 septembre, Congrès eucharistique de Paray-le-Monial. De nombreux prédicateurs renommés prennent la parole, parmi lesquels le père Ayroles et l’un des abbés Lémann.

Novembre. Clôture du procès sur l’héroïcité des vertus. — Les derniers témoins sont entendus ; le procès s’achève le 22 novembre.

VI.
La Vraie Jeanne d’Arc, t. IV (1898-1901)

1898, avril. — Annonce du tome IV de la Vraie Jeanne d’Arc : La Vierge-Guerrière. — Coût : 15 francs, 10 pour ceux qui auront souscrit avant le 15 avril. (La mise en vente prendra du retard puisque des bons des souscription paraîtront au moins jusqu’à fin mai.)

Juin. — Parution du tome IV.

La Vraie Jeanne d’Arc, IV, la Vierge-Guerrière, d’après ses aveux, les témoins oculaires, la Chrétienté, les poètes du temps, les registres publics et la libre-pensée, par le père J.-B.-J. Ayroles, de la Compagnie de Jésus.

  • Éditeur : X. Rondelet et Cie, éditeurs, ancienne maison Gaume et Cie, Paris, 3 rue de l’Abbaye.
  • Année : 1898
  • Format : In-4° de 600 pages (XXIII, bref de Léon XIII, souscripteurs, avant-propos + 577)
  • Imprimeur : Corbeil, imprimerie Éd. Crété.
  • Autorisation des supérieurs (jésuites) : Toulouse, le 22 novembre 1897, A. Carrère, S. J.
  • Imprimatur : Paris, le 23 mars 1898, ✝ cardinal Richard, archevêque de Paris.
  • Dédicace : En la fête de l’Annonciation de Notre-Dame, le 25 mars 1898.

Note. — La maison Gaume et Cie avait été reprise par Xavier Rondelet, gendre d’Émile Gaume décédé en 1895, et renommée courant 1897 : Rondelet et Cie.

Note. — Étonnamment, nous n’avons retrouvé aucune annonce dans l’Univers.

Août. — Compte-rendu du père Ayroles dans les Études religieuses.

1899, 7 mars. — Ayroles assiste aux disputes scolastiques (en latin) présidées par Mgr Touchet à l’Institut catholique de Paris.

Mai. — Des extraits de la Vraie Jeanne d’Arc figureront dans le premier numéro de Jeanne d’Arc, un journal annuel qui paraîtra chaque année le jour de la fête de Jeanne d’Arc.

Quelques articles de l’année 1899 :

1900, avril. — Compte-rendu par le père Ayroles d’un ouvrage du père Blaviel, qui était son professeur de terminale au petit séminaire de Montfaucon (lorsqu’il avait 17 ans).

Une note du père jésuite Jean-Vincent Bainvel, nous annonce le dernier volume de la Vraie Jeanne d’Arc.

La Revue du monde catholique publie une article du père Ayroles sur la vie du père Pierre Bonhomme, fondateur de la Congrégation de Notre-Dame du Calvaire.

Quelques articles de l’année 1900 :

Courant 1900, le père Ayroles quitte Paris pour Bordeaux et rejoint les pères de la maison du 16 rue Margaux.

1901, 12 au 21 avril. Orléans, procès de béatification. — Le père Ayroles et le chanoine Dunand sont convoqués par la commission chargée de préparer les réponses aux objections de l’avocat du diable concernant l’héroïcité des vertus (et le problème de l’abjuration de Jeanne).

La commission, présidée par Mgr Touchet, a tenu seize séances.

Quelques publications de l’année 1901 :

Octobre. Expulsions des Jésuites. — À l’expiration du délai prévu par la loi du 1er juillet, la maison de la rue Margaux est évacuée. Dimanche 29 septembre au soir, les pères sont partis.

À Paris, la maison de la rue de Sèvres est fermée le 1er octobre. Les pères durent se disperser et tous leurs bâtiments furent spoliés. Le père Ayroles habita plusieurs maisons de Bordeaux (17 cours du Jardin Public, 32 rue Calvé) jusqu’en 1905 où il se posa définitivement au 9 de la rue Poquelin-Molière, sa dernière résidence.

Dans sa conclusion du tome V de la Vraie Jeanne d’Arc qui paraîtra l’année suivante Ayroles écrit (p. 600-601) :

L’auteur se proposait de faire la recension [des quelques menues erreurs découvertes lors de la relecture]. La persécution ne le lui permet pas ; elle le force de précipiter son travail. […] Il écrit ces lignes à la veille du jour où il lui sera interdit de mettre le pied dans ces maisons religieuses qui l’ont si doucement abrité pendant plus d’un demi-siècle.

On peut ainsi dater la fin de la rédaction de la Vraie Jeanne d’Arc aux derniers jours de septembre 1901, à Bordeaux.

Ironie de l’histoire, cette œuvre l’aura occupé pendant les vingt années séparant les deux expulsions des Jésuites : depuis le lendemain de celle de 1880 jusqu’à la veille de celle de 1901.

VII.
La Vraie Jeanne d’Arc, t. V (1901-1903)

1901, septembre. — Parution rapprochée de l’Université de Paris au temps de Jeanne d’Arc et en tirage à part du livre VII du tome V de la Vraie Jeanne d’Arc intitulé : La Vénérable Jeanne la Pucelle est-elle martyre au sens strict du mot ?

L’Université de Paris au temps de Jeanne d’Arc et la cause de sa haine contre la libératrice, par le père J.-B.-J. Ayroles, de la Compagnie de Jésus.

  • Éditeur : X. Rondelet et Cie, éditeurs, ancienne maison Gaume et Cie, Paris, 14 rue de l’Abbaye, VIe.
  • Année : 1901 (non indiqué)
  • Format : In-8° de 276 pages (XV, introduction + 261)
  • Imprimeur : Ligugé (Vienne), imprimerie Saint-Martin. M. Bluté.
  • Autorisation des supérieurs (jésuites) : Toulouse, le 19 février 1901, R. de Scorrailles, S. J.
  • Imprimatur : Bordeaux, le 4 juin 1901, ✝ cardinal Lécot, archevêque de Bordeaux.
  • Dédicace : En la fête de saint Pierre, le 29 juin 1901.

Le premier ouvrage (l’Université de Paris) a été écrit en réaction à une dissertation relative à la part prise par l’Université dans le procès de Jeanne d’Arc, au tome IV du Cartulaire du père Denifle (archiviste du Vatican) et du paléographe Chatelain (bibliothécaire de la Sorbonne), parue en 1897. En travaillant à son cinquième volume, le père Ayroles a étudié à nouveau tout ce qui touchait à l’Université, et a jugé nécessaire de réfuter leur thèse qu’il estimait diminuer injustement l’héroïne.

Note. — La plupart des critiques feront un C.-R. commun à l’occasion de la sortie du t. V de la Vraie Jeanne d’Arc, notamment : Jules Peyré, Marius Sepet, l’abbé Jean-Arthur Chollet, Gaston du Fresne de Beaucourt et Louis Robert (ci-dessous).

Le second (Jeanne est-elle martyre ?) est le dernier livre du dernier tome de la Vraie Jeanne d’Arc, lui-même sous-titré : La Martyre. Ayroles y plaide pour que Jeanne soit canonisée non seulement comme vierge, mais comme martyre (p. 597).

Décembre. — Annonce de la parution ; ouverture de la souscription pour le tome V, et pour l’Université de Paris (respectivement 10 et 5 francs).

1902, janvier. — Parution du tome V de la Vraie Jeanne d’Arc.

La Vraie Jeanne d’Arc, V, la Martyre, d’après les témoins oculaires, le procès et la libre-pensée, par le père J.-B.-J. Ayroles, de la Compagnie de Jésus.

  • Éditeur : Librairie catholique Emmanuel Vitte ; siège social, Lyon, 3 place Bellecour ; succursale, Paris, 14 rue de l’Abbaye, VIe.
  • Année : 1902
  • Format : In-4° de 647 pages / 769 pages avec la table analytique publiée l’année suivante (XV, préface + 632/738 avec les tables + XVI, réponse)
  • Imprimeur : Ligugé (Vienne), imprimerie Saint-Martin. E. Aubin et Cie.
  • Autorisation des supérieurs (jésuites) : Toulouse, le 31 juillet 1901, R. de Scorrailles, S. J.
  • Imprimatur : Bordeaux, le 31 août 1901, ✝ cardinal Lécot, archevêque de Bordeaux.
  • Dédicace : En la fête de saint Michel, 29 septembre 1901.

Note. — L’ouvrage est publié chez l’éditeur lyonnais Emmanuel Vitte, qui a racheté la maison Rondelet et Cie pour en faire sa succursale à Paris.

11 mai. Fête de Jeanne d’Arc à Notre-Dame. — Le panégyrique est prononcé par Mgr Énard, évêque de Cahors, qui articule son discours autour de deux thèmes chers au père Ayroles : Jeanne d’Arc, sa mission surnaturelle, son martyre. En introduction il lui rend un vibrant hommage en qualifiant la Vraie Jeanne d’Arc de monument impérissable.

Quelques publications de l’année 1902 :

Rumeurs sur les lenteurs de la canonisation.

1903, début d’année. — Parution de la table analytique la Vraie Jeanne d’Arc. Elle est accompagnée d’une réponse à diverses critiques, notamment aux remarques acerbes et violentes du chanoine Ulysse Chevalier.

1903, 17 novembre. — Pie X, qui a succédé à Léon XIII (décédé le 20 juillet), préside la dernière séance de la Congrégation des Rites qui rendit un avis favorable sur l’héroïcité des vertus. Il signa le décret le 6 janvier 1904 (jour du 492e anniversaire de la naissance de Jeanne).

Quelques publications de l’année 1903 :

VIII.
Thalamas et Anatole France (1904-1908)

1904. La publication des cinq volumes de la Vraie Jeanne d’Arc achevée, le père Ayroles devient un contributeur régulier de plusieurs revues catholiques.

Quelques publications de l’année 1904 :

Novembre. Affaire Thalamas. — Trois semaines après le début de l’affaire, le professeur tenta de se justifier dans une lettre au Temps (5 décembre), où il citait comme référence historique le journaliste Ernest Lesigne, qui soutenait que Jeanne n’avait pas été brûlée et avait continué sa vie sous le nom de Jeanne des Armoises.

La presse catholique lui oppose tous les historiens de Jeanne d’Arc : Michelet, Quicherat, Wallon, Ayroles, Dunand…

L’Univers publie une lettre du père Ayroles sur l’affaire Thalamas. (Nous ne l’avons pas retrouvée et ne la connaissons que par un extrait reproduit dans la Semaine religieuse de Saint-Dié.)

Décembre. — L’amiral de Cuverville appelle la presse catholique à publier son Acte d’hommage au Sacré-Cœur, en opposition au Serment maçonnique, qui est le programme politique du père Ayroles (qu’il cite) : la rénovation de la France par la royauté du Christ.

Fin décembre. — Thalamas se justifie à nouveau, dans une brochure d’une soixantaine de pages : Jeanne d’Arc, l’histoire et la légende.

1905, mars. — À la demande de l’Univers, Ayroles répond à la brochure de Thalamas.

L’été suivant, l’article sera lui-aussi publié en brochure, accompagné d’une préface d’Eugène Veuillot : M. Thalamas contre Jeanne d’Arc.

Publié par la maison de la Bonne Presse, qui édite le journal la Croix, l’ouvrage sera régulièrement mis en avant dans ce même journal, et ce, jusqu’après le décès du père Ayroles.

Mai. — Brève polémique à l’heureux dénouement entre le père Ayroles et l’abbé Jouen au sujet de Jeanne d’Arc et l’archevêché de Rouen. (En lire le résumé dans : Écrits du père Ayroles.)

18 septembre. — Décès d’Eugène Veuillot, directeur de l’Univers. Dans sa lettre de condoléance reproduite dans le numéro du 26 septembre, Ayroles raconte comment Veuillot lui permit de publier des articles anonymes dans son journal, les années suivant la sortie de son premier ouvrage, Jeanne d’Arc sur les autels, en 1885. [Voir]

Octobre. — Thalamas répond à ses détracteurs dans le quotidien anticlérical l’Action, et accuse notamment Ayroles de jeannolâtrie.

Décembre. — En fin d’année, Ayroles fait paraître une brochure politique en vue des élections de mai 1906, afin d’appeler les électeur de droite à voter contre le Bloc des gauches, vainqueur des élections de 1902 :

Trois éditeurs : Victor Retaux à Paris (éditeur des Études), Emmanuel Vitte à Lyon (éditeur de la Vraie Jeanne d’Arc) et Édouard Féret à Bordeaux.

Quelques publications de l’année 1905 :

1906, janvier. — Première contribution du père Ayroles à la Revue des questions historiques : La Vénérable Jeanne d’Arc, prophétisée et prophétesse.

La Revue est dirigée par l’historien Paul Allard depuis la mort de son fondateur, le marquis Gaston du Fresne de Beaucourt en 1902.

Mai. — À l’approche des élections, la presse catholique diffuse les Responsabilités.

La majorité sortante de gauche sort renforcée des élections. Les Responsabilités restent d’actualité et seront rééditées au moins jusqu’en 1908. Le prix passe de 60 à 40 centimes.

Novembre. — Pour les fêtes, l’amiral de Cuverville appelle les catholiques à renouveler leur hommage au Sacré-Cœur.

Nouvelle étude du père Ayroles dans les Études religieuses : Les conquêtes de Jeanne d’Arc.

1907, mai. — Le père Ayroles signe la préface d’une brochure du frère bénédiction Dom Armand Clerc (nom en religion de Jean-Baptiste Monnoyeur) sur la Royauté de Jésus-Christ et la Vénérable Jeanne d’Arc (imprimatur du 8 mai). L’ouvrage se termine par des Prières pour la France, à la Vénérable Jeanne la Pucelle et au Sacré-Cœur écrites à deux.

Article du père Ayroles dans la Croix sur la Bannière de Jeanne d’Arc.

Octobre. — Première contribution du père Ayroles dans la Science catholique : La Vénérable Pucelle, victorieuse de la Science. L’étude sera tirée à part.

L’éditeur Sueur-Charruey (Arras) avait fusionné la Science catholique avec la Revue des Sciences ecclésiastiques qu’il venait d’acquérir.

Quelques publications de l’année 1907 :

1908, 15 février. — Premier numéro de la revue Jeanne d’Arc ; revue mensuelle, nationale et illustrée, dont Ayroles sera un contributeur régulier.

Le directeur est Jean Sarril, l’abonnement d’un an coûte 5 francs et le premier numéro est dédié au cardinal Ferrata, rapporteur de la cause de béatification de Jeanne d’Arc. Parmi les autres collaborateurs annoncés figurent les chanoines Debout et Dunand, le général Canonge, ainsi que les historiens Paul Allard et Charles de Beaurepaire (qui décédera en août).

5 février. — Parution du premier tome de la Vie de Jeanne d’Arc d’Anatole France, dont les bonnes feuilles de la préface avaient déjà été reproduites dans les journaux. Le second et dernier tome paraîtra le 25 mars.

Les historiens, qu’ils soient catholiques ou non, s’empressent de contester la valeur historique de l’ouvrage.

    • Revue critique d’histoire et de littérature, 19 mars (Salomon Reinach)
    • La Grande Revue, 25 mars (Achille Luchaire, professeur d’histoire médiévale à la Sorbonne)
    • La Revue hebdomadaire, 4 juillet (Frantz Funck-Brentano, conservateur de la bibliothèque de l’Arsenal)
    • The Fortnightly Review (Andrew Lang, homme de lettres écossais)

    Voir un Anglais prendre la défense de Jeanne d’Arc contre un Français, voilà qui n’est pas banal, si c’est profondément triste. — (La Croix, 28 mars)

Et enfin la salve du père Ayroles :

Ces critiques seront fondues en un volume de quelques 200 pages : La prétendue vie de Jeanne d’Arc de M. Anatole France, monument de cynisme sectaire, qui paraîtra à l’été 1910 (voir ci-dessous).

Quelques articles de l’année 1908 :

IX.
Béatification et canonisation (1909-1920)

Béatification. — Le dimanche 13 décembre 1908, Pie X promulgue le décret confirmant les miracles obtenus par l’intercession de la Vénérable Jeanne d’Arc, dernière étape de la procédure.

En préparation des cérémonies, le père Ayroles rédige des notes sur les diocèses de France ayant un lien avec l’histoire de Jeanne d’Arc. Mgr Touchet, persuadé de leur intérêt pour le public, les transmet aux évêques. Les notes, accompagnées d’une lettre datée du 25 décembre, sont finalement imprimées sous forme de brochure.

Des extraits seront publiés dans la presse nationale ou régionale.

1909. Béatification. — Le dimanche 24 janvier, Pie X signe le décret de Tuto, indiquant que l’Église considère qu’il est sûr de procéder à la béatification de Jeanne d’Arc ; en d’autres termes que les recherches sur sa vie, ses vertus et les miracles sont concluantes et que rien ne s’oppose à ce qu’elle soit proclamée bienheureuse.

La cérémonie de béatification est fixée au 18 avril. Dans tous les diocèses de France les pèlerins s’organisent pour aller à Rome. Le père Ayroles accompagne la délégation orléanaise emmenée par Mgr Touchet.

Avril-Mai. Voyage à Rome. — Sur place, il loge au collège Américain, destiné recevoir les séminaristes de l’Amérique du sud et du Mexique.

Le dimanche 18 avril au matin, le père Ayroles est dans la basilique Saint-Pierre pour la lecture du bref de béatification et la première messe en l’honneur de Jeanne. M. Herzog [le postulateur de la cause] m’a constamment réservé la première place, écrit-il à sa nièce. 40.000 Français sont présents. En fin d’après-midi, il est à nouveau dans la basilique lorsque Pie X (absent le matin), vient vénérer l’image de la nouvelle Bienheureuse.

Le lundi 19 au matin, il accompagne Mgr Touchet à l’audience privée que le pape accorde aux artisans de la cause dans son cabinet de travail, avant l’audience générale des pèlerins français à Saint-Pierre, prévue à 11 h.

L’entrevue ne dure qu’une dizaine de minutes. Pie X lui adresse ces mots : Que Dieu vous récompense de vos travaux, vous avez fait une œuvre bonne et utile ou agréable, pour la France, pour l’Église et pour moi.

Pour son retour en France, il a reçu la permission de visiter les lieux saints qui jalonnent son itinéraire. Il est à Assise le 6 mai, à Lorette les 7 et 8, et fait une halte à Florence et à Gênes.

Le numéro de mai du Messager du Cœur de Jésus publie un étude du père Ayroles : Le Règne du Cœur de Jésus : Jeanne d’Arc envoyée du roi Jésus.

Note. — Le Messager, est l’organe principal de l’Apostolat de la prière, mouvement fondé par le père jésuite François-Xavier Gautrelet, en 1844. La revue fut fondée à Vals en 1861 par le père Henri Ramière, sous le titre de Messager du Sacré-Cœur de Jésus (à noter qu’Ayroles y était alors étudiant en théologie). À la mort de Ramière en 1884, la direction fut confiée au père Émile Regnault, puis en 1894 au père Gabriel Demartial.

Deuxième année pour la revue Jeanne d’Arc.

Décembre. — Première publication du père Ayroles dans les Questions ecclésiastiques, où il plaide pour qu’au titre de Vierge vienne s’ajouter celui de Martyre.

Quelques articles de l’année 1909 :

1910. — Troisième année pour la revue Jeanne d’Arc.

Nouvelle étude du père Ayroles dans les Questions ecclésiastiques : La vraie constitution de l’Église défendue par la Bienheureuse Pucelle contre ses bourreaux.

Contribution dans la Revue catholique des institutions et du droit : La morale chrétienne dans l’histoire de la bienheureuse Jeanne d’Arc.

Juillet. — Parution de la Prétendue Vie de Jeanne d’Arc de M. Anatole France, son dernier livre.

La prétendue Vie de Jeanne d’Arc de M. Anatole France, monument de cynisme sectaire, par J.-B.-J. Ayroles.

  • Éditeur : Librairie catholique Emmanuel Vitte, Lyon, 3 place Bellecour ; Paris, 14 rue de l’Abbaye, VIe.
  • Année : 1910
  • Format : In-12° de 192 pages
  • Nihil obstat  : Bordeaux, le 22 mars 1910. R. Bassibey, chanoine honoraire.
  • Imprimatur : Bordeaux, le 25 mars 1910, ✝ cardinal Andrieu, archevêque de Bordeaux.

Ce dernier volume du père Ayroles est également publié chez Vitte, successeur de Rondelet lui-même successeur de Gaume. Depuis Jeanne d’Arc sur les autels en 1885, il n’aura eu qu’un seul et unique éditeur.

Quelques articles de l’année 1910 :

1911. — Quatrième année pour la revue Jeanne d’Arc.

1911. — Sollicité par la Monarchie française, nouvelle revue légitimiste qui lui a envoyé ses quatre premiers numéros, le père Ayroles répond par une lettre où il expose à nouveau sa doctrine de Jésus-Christ Roi, d’après Jeanne d’Arc.

Quelques articles de l’année 1911 :

1912. — Nouvel essai du père Ayroles dans les Questions ecclésiastiques : La Bienheureuse Pucelle, capitaine accompli.

Parallèlement, ses deux premiers essais publiés dans les Questions sont édités en brochures à Lille, par l’éditeur de la revue : La Bienheureuse Pucelle peut-elle être invoquée comme martyre ? (décembre 1909) et La vraie constitution de l’Église défendue par la Bienheureuse Pucelle contre ses bourreaux (avril 2010).

Parution de Jeanne d’Arc d’après les documents contemporains, par F. de Richemont, qui serait une version condensée en un volume à la portée de tous des cinq énormes volumes du père Ayroles, d’après le critique du Figaro.

Jean Sarril, directeur de la revue Jeanne d’Arc, publie un recueil Jeanne d’Arc, dans lequel figure une ancienne contribution du père à la revue datant de 1908.

Il semble que la revue ait cessé de paraître, et que l’éditeur recycle d’anciens articles dans ce volume illustré vendu au prix de 3,90 fr.

À Rouen, le Comité de Réparation nationale envers Jeanne d’Arc diffuse gratuitement une étude du père Ayroles : La Pucelle et la Prophétie.

Quelques articles de l’année 1912 :

1913. Le Comité de Réparation nationale envers Jeanne d’Arc diffuse gratuitement une nouvelle étude du père Ayroles : Le Surnaturel dans la vie de la Pucelle.

Mai. — Le père Ayroles est président d’honneur d’une conférence sur Jeanne d’Arc à l’Alliance Catholique de Bordeaux (dimanche 4 mai).

Septembre. — Il assiste aux obsèques du père Ignace Druart, à Bordeaux.

Le Comité de Réparation diffuse gratuitement une nouvelle étude du père Ayroles : Le Miracle de la Pucelle et les merveilles de nos origines.

Décembre. — Long compte-rendu d’une biographie du père Jean-Baptiste Serres, fondateur des Petites-Sœurs des malades, par le père Ayroles dans les Questions ecclésiastiques.

Quelques articles de l’année 1913 :

1914. — Le Comité de Réparation diffuse gratuitement une nouvelle étude du père Ayroles : Jeanne d’Arc et la vocation de la France.

Avril. — Dans les Études religieuse, Ayroles fait le compte-rendu de la Mission posthume de Jeanne d’Arc de Mgr Delassus, qui y développe l’une de ses idées favorites : Jésus-Christ roi.

Quelques articles de l’année 1916 :

    • L’Écho de Paris, 5 juin (Maurice Barrès encourage les soldats en parlant du passage de Jeanne d’Arc à Paris, d’après Ayroles)

1916. — Publication d’une vie de Jeanne d’Arc par l’abbé Joseph Dupont, rédigée à partir des cinq gros volumes de la Vraie Jeanne d’Arc. Dans la préface, l’auteur explique qu’après avoir été choqué par le livre d’Anatole France, il a décidé d’approfondir la question et s’est plongé dans les travaux du père Ayroles.

Ce dernier reprend une dernière fois la plume pour en fait un compte-rendu élogieux dans les Études religieuses.

1920. Canonisation. — Le décret de reprise de la cause fut signé le 15 février 1910 par la Congrégation des Rites et ratifié le 23 février par Pie X. Il ne s’agissait plus que de solliciter l’intercession de Jeanne et de constater des miracles. Le 18 mars 1919 la Congrégation en reconnaît deux. Le décret est lu à Rome le 6 avril, en présence de Benoît XV (qui avait succédé à Pie X décédé le 3 septembre 1914) et de nombreux prélats, de Mgr Touchet et du postulateur M. Herzog. Le 17 juin, la Congrégation vote à l’unanimité en faveur de la canonisation. Le 6 juillet, Benoît XV signe le décret de Tuto ; ne restait plus qu’à fixer une date. Un consistoire secret se tint le 8 mars, au cours duquel le pape se décida pour le 16 mai.

Quelques articles de l’année 1920 :

X.
Mort et postérité (1921)

Été 1921. — Âgé de 92 ans et souffrant d’une surdité profonde, le père Ayroles apporte les dernières touches à un manuscrit qui lui tenait particulièrement à cœur, consacré au surnaturel dans l’histoire de France.

À la fin de septembre, il contracte une pneumonie aggravée par une maladie de cœur. Le 29, il reçoit les derniers sacrements, et le 30, demande les prières pour les agonisants. Il s’éteint paisiblement le matin du 16 octobre, dans la maison du 16 rue Margaux, à Bordeaux.

Ses obsèques furent célébrées le 18 octobre 1921 en la cathédrale de Bordeaux. La famille était représentée par son neveu Amédée (aîné de son frère Pierre-Paulin, décédé, qui avait repris la ferme familiale à Py), et ses neveux Maurice et Laurent (fils de son frère cadet Jean-Pierre).

Quelques articles des années qui suivirent :

Annexes

Petit séminaire de Montfaucon
(1839-1847)

Histoire du petit séminaire

Chronologie de l’établissement, d’après l’Histoire du Petit Séminaire de Montfaucon (1889) d’Adrien Vayssié.

  • 1814 (5 octobre) : Ordonnance royale de Louis XVIII (première Restauration) qui autorise le clergé à ouvrir des écoles secondaires dans tous les départements.
  • 1816 (1er janvier) : Ouverture du petit séminaire, fondé à la demande de l’évêque de Cahors par l’abbé Guy Larnaudie (1772-1829) qui en devient supérieur.
  • 1829 : Mort de l’abbé Larnaudie. L’abbé Cyprien Derruppé (1795-1879) lui succède.
  • 1842 : L’abbé Derruppé est nommé vicaire général de Cahors ; il reste supérieur mais la charge est assumée par le vice-supérieur, l’abbé Jean-Baptiste Bonhomme (1792-1861, économe de l’établissement, ancien professeur de rhétorique et fils de paysan). Le père Timothée Blaviel (1818-1901), entré comme professeur d’histoire (1840) prend sa classe de philosophie (jusqu’en 1854, année où il est appelé à Cahors par l’évêque Mgr Bardou, aux fonctions de vicaire général).
  • 1858 : L’abbé Émile Carayol (1823-1879), ancien élève du petit séminaire, puis professeur, devient supérieur.
  • 1875 : L’abbé Magne, ancien préfet de discipline, lui succède.
Cursus de J.-B. Ayroles

Cursus reconstitué (probable) du jeune Ayroles au petit séminaire :

Note. — Les cours d’études commencent tous les ans le 1er novembre et finissent au 1er septembre. Les noms des professeurs sont fournis par l’Histoire de Vayssié, p. 535-538. La science et l’histoire étaient chacune enseignées par un professeur dédié.

  • 1839-1840 : 7e : M. Couderc.
  • 1840-1841 : 6e : M. Pelras.
  • 1841-1842 : 5e : M. Baras.
  • 1842-1843 : 4e : M. Grandou.
  • 1843-1844 : 3e : M. Galan, M. Caryol.
  • 1844-1845 : 2e : M. Couderc.
  • 1845-1846 : 1e (classe de rhétorique) : M. Carayol.
  • 1846-1847 : terminale (classe de philosophie) : M. Blaviel.

Notes sur l’établissement du cursus.

Deux éléments fournis par la nécrologie publiée dans La Croix, 28 octobre 1921 suggèrent une entrée en 7e pour la rentrée 1839-1840 :

  1. Il avait 10 ans environ : d’où l’année 1839, et d’après son âge : la classe de 7e plutôt que celle de 8e (cours préparatoire).
  2. Il entra ensuite au grand séminaire de Montauban où il ne resta guère qu’un an et demi [et] en sortit en 1849 : d’où une entrée à Montauban pour la rentrée 1847-1848, cohérente avec sa sortie de Montfaucon après l’année 1846-1847.

Dans la Revue du monde catholique, 15 avril 1900, le père Ayroles fit le compte-rendu d’un ouvrage du père Blaviel qu’il signa : Un élève de philosophie de M. de Blaviel. L’Histoire de Vayssié indique que Blaviel fut le professeur de la classe de philosophie à partir de l’année 1846-47.

Chronologie chez les Jésuites

Cursus type (~ 15 années) :

  • Noviciat : 2 années d’initiation qui débutent par : une retraite de 8 jours, une autre de 30 jours et se concluent par les premiers vœux (chasteté, pauvreté, obéissance).
  • Régence : ~5 années pendant lesquelles le jeune jésuite travaille à temps plein dans une maison d’éducation de la Compagnie.
  • Scolasticat : ~3 années d’études théologiques qui se concluent par l’ordination ; première mission de prêtre.
  • Troisième An : dernière année de la formation, ~5 ans après l’ordination ; se termine par une dernière retraite de 30 jours puis le Quatrième vœu (d’obéissance spéciale au pape).
Cursus de J.-B. Ayroles

Note. — À défaut de mention d’une source spécifique, l’information provient des Annuaires jésuites.

1850. Noviciat de Toulouse. Il entre entre le 2 avril.

Note. — Son noviciat dure donc moins de deux ans puisqu’en janvier 1852 il a déjà commencé sa régence comme maître au petit séminaire de Montauban.

1851-1859. Régence ; il est maître dans trois établissements.

  • 1851-1853 : petit séminaire de Montauban ;
  • 1854-1856 : collège Sainte-Marie de Toulouse ;
  • 1856-1859 : collège Sainte-Marie de Bordeaux, à La Sauve-Majeure (ou la Grande-Sauve dans les écrits de l’époque).

1859-1862. Scolasticat au collège de Vals.

1861, 25 mai. Il est ordonné prêtre dans la chapelle de l’évêché du Puy-en-Velay (Jean-Claude Ayroles).

1862-1863. Il est maître au petit séminaire de Montauban.

1863-1864. Troisième An à Laon.

1864-1867. Il est professeur au grand séminaire de Mende.

1865, 15 août. Quatrième vœu. [À Mende ?]

Panorama
des critiques et revues ayant le plus soutenu le père Ayroles

Albert Desplagnes
Revue catholique des institutions et du droit, Grenoble

Albert Desplagnes (1832-1909), ancien magistrat à Grenoble et chevalier de l’Ordre de Pie IX, tient la Chronique du mois dans la Revue catholique des institutions et du droit, fondée en 1872 et recommandée par plusieurs brefs pontificaux. Fidèle soutien du père Ayroles, il est l’un des souscripteurs de la Vraie Jeanne d’Arc en 1890 et a rédigé un compte-rendu pour la plupart de ses ouvrages.

Jean-Arthur Chollet
Revue des sciences ecclésiastiques, Lille

Jean-Arthur Chollet (1862-1952), prêtre du diocèse de Verdun (ordonné en 1886) et docteur en théologie (1893), est professeur à l’Université catholique de Lille, où il est titularisé en 1896. Il écrit pour la Revue des sciences ecclésiastiques, qu’il dirigera à partir de 1891.

Il sera nommé évêque de Verdun en 1910, puis archevêque de Cambrai en 1913.

Marius Sepet
Polybiblion

Marius Sepet (1845-1925), historien, archiviste et érudit, diplômé de l’École des chartes en 1866, est l’auteur d’une Jeanne d’Arc très populaire, publiée chez Mame à Tours en 1869 et rééditée de nombreuses fois jusqu’à sa mort. Collaborateur de plusieurs revues, il fut également critique historique au Polybiblion, revue bibliographique universelle, où il publia ses comptes-rendus des ouvrages du père Ayroles.

Albert Lecoy de La Marche
L’Univers

Albert Lecoy de La Marche (1839-1897), archiviste à la section historique des Archives nationales depuis 1863 et historien spécialiste du Moyen Âge, tenait la rubrique Courrier de l’érudition dans l’Univers, qu’il signait sous le pseudonyme d’Assigny en raison de ses fonctions aux Archives.

Si la maladie ne l’avait emporté si tôt, il aurait sans doute consacré d’autres articles tout aussi brillants et enthousiastes aux travaux du père Ayroles.

Edmond Biré
La Gazette

Edmond Biré (1829-1907), ancien avocat passé par le monde des affaires, il sera comme historien et critique littéraire une figure du paysage littéraire du XIXe siècle.

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