Pierre L’Hermite

Opinio (1453)

Traité du sous-doyen du chapitre de l’église Saint-Martin de Tours en faveur de Jeanne d’Arc, en amont du procès de réhabilitation.
Date de publication
1453

Éditions

  • Lanéry d’Arc : Texte (latin) (Mémoires et consultations, 1889, p. 73), d’après le ms. latin 13837 de la BnF.

    Quicherat comme L’Averdy ne connaissaient le mémoire qu’à travers une mauvaise traduction française défectueuse datant du XVIe siècle.

  • La Villerabel : Traduction (français du XVIe s.) (Les procès de Jehanne la Pucelle, 1890, p. 187).

    D’après un manuscrit découvert à Bologne peu avant 1890. Texte similaire à celui connu de Quicherat et L’Averdy.

Sources manuscrites

  • BnF : Manuscrit Latin 13837

    [XVe siècle.] — f° 1 r°-9 v°.

    Incipit : Opinio domini Johannis Heremite. | Ad quæsita in facto defunctæ Johannæ puellæ per ordinem sub correctione sic dici potest et responderi.

    Opinion de maître Jean L’Hermite. | Voici ce qui peut être dit et répondu à chacune des questions posées sur le cas de la défunte Jeanne la Pucelle, sous réserve de correction.

    Mémoire de Pierre l’Hermite sur Jeanne d’Arc, manuscrit BnF latin 13837, folio 38)
    Première page du mémoire, f° 38 r°
    (Source gallica.bnf.fr / BnF)
  • Bibliothèque universitaire de Bologne : Manuscrit 1234

    [XVIe.] Manuscrit en français consacré aux procès de Jeanne.

    Édité par La Villerabel en 1890 : Les procès de Jehanne la Pucelle : Ensuit l’opinion de Maistre Pierre L’Hermyte, soubdoyen de l’eglise de Sainct Martin de Tours.

Observation

Jugement des historiens

L'Averdy (1790) et Quicherat (1841-1849) ne connaissaient le mémoire de Pierre L'Hermite que par une traduction française défectueuse datant du XVIe siècle, et le jugeaient médiocre. En 1889, Lanéry d'Arc redécouvrit une copie du texte original en latin et la publia dans ses Mémoires et consultations. En 1893, les pères Belon et Balme en firent une analyse succincte, et proposèrent une explication sur pourquoi il n’avait pas été inclus dans le procès de réhabilitation :

Comme Pierre L’Hermite ne traite pas la question de fond, mais seulement les vices essentiels de la procédure, Bréhal ne l’aura pas jugé assez complet pour l’insérer au procès.

Plus en détail

  • L’Averdy, Notices des manuscrits, t. III, 1790

    L’Averdy ne connaissait l’existence du mémoire que dans une traduction tardive et erronée du XVIe s., qu’il trouva identique dans deux manuscrits :

    1. manuscrit de Soubise (de la bibliothèque de Rohan Soubise, notice 23)
    2. manuscrit de Paulmy (appartenant au marquis de Paulmy, notice 24)

    Les deux disparaissaient peu après au milieu de la tourmente révolutionnaire.

    Pierre l’Hermite est nommé une fois Pierre Lecomte (4e tableau, ceux qui ont donné des avis doctrinaux, p. 294), et mentionné en fin d’ouvrage (4e partie, avis de ceux qui ont été consultés, p. 518).

  • Quicherat, Procès, t. V, 1849

    Quicherat, comme l’Averdy, pensait l’original perdu (V, 431). Une copie du manuscrit de Paulmy avait été faite et déposée à la bibliothèque de l’Arsenal :

    1. manuscrit de l’Arsenal

    Se fondant sur cette même version abrégée et fautive du mémoire, il se montre extrêmement critique à la fois envers l’auteur et son travail (V, 215) :

    [Cette transcription] accuse tellement l’ignorance de son auteur en matière de droit, qu’on ne peut véritablement pas [lui] attribuer la valeur d’un document.

  • Lanéry d’Arc, Mémoires et consultations, 1889

    Lanéry d’Arc retrouve le texte latin dans le ms. 13837 de la BnF et l’inclut à son édition des mémoires.

    Ce mémoire avait échappé aux recherches de Quicherat. [...] M. de L’Averdy analyse en quelques lignes ce mémoire qu’il ne connaissait non plus que par la mauvaise traduction du manuscrit Soubise. Toutefois le texte original n’était pas perdu, il n’avait qu’échappé aux investigations de ces érudits. Nous le donnons d’après le manuscrit 13837 f. latin à la Bibliothèque nationale, du XVe siècle, fos 38 recto à 40 verso. Comme l’avait soupçonné Quicherat et ainsi qu’on va le voir, la traduction française du manuscrit de l’Arsenal est aussi inexacte qu’incomplète, l’article qu’elle nous donne comme le XVIIe et dernier, n’est dans le texte que le XVIe (p. 73, note).

  • Le père Ayroles ne mentionne pas le mémoire.

  • La Villerabel, Les procès de Jehanne la Pucelle, 1890

    La Villerabel apprend l’existence, à la bibliothèque universitaire de Bologne, d’un manuscrit français du XVIe s. consacré aux procès (n° 1234) et le publie. Il contient une version du mémoire de Pierre L’Hermite qu’il juge identique à celle des manuscrits de Soubise/Paulmy (L’Averdy) et de l’Arsenal (Quicherat).

    1. manuscrit de Bologne

    L’examen détaillé de chacune des parties de notre manuscrit confirmera tous ces rapprochements et l’identifiera avec les deux manuscrits de Soubise et de l’Arsenal (Introduction, p. XXII-XXIII).

  • Belon et Balme, Jean Bréhal et la réhabilitation de Jeanne d’Arc, 1893

    Les pères Belon et Balme suivent La Villerabel sur la similitude des trois manuscrits Soubise/Paulmy/Bologne, et Quicherat sur la piètre qualité de cet abrégé en français.

    Quicherat n’a connu de ce document qu’une mauvaise copie d’une traduction française extrêmement défectueuse, identique semble-t-il — à celle qui existe dans le ms. 1234 de Bologne. Cette dernière, faite par un écrivain peu soigneux, et surtout fort ignorant des termes du droit, a perdu presque toute valeur, tellement elle est incorrecte et mutilée : les articles quatrième, dix septième et dix huitième ont été omis, ainsi qu’une partie de plusieurs autres. On comprend que Quicherat ait hésité à reproduire, même comme simple spécimen, le premier et le dernier paragraphes. — Le texte latin, qui avait échappé aux investigations du savant directeur de l’École des Chartes, a été conservé dans le ms. fonds latin 13837 de la Bibliothèque nationale. M. Lanéry d’Arc l’a édité. Comme l’auteur ne traite pas la question de fond, mais seulement les vices essentiels de la procédure, Bréhal ne l’aura pas jugé assez complet pour l’insérer au registre 5970 (p. 63).

    (Le ms. 5970 est l’un des trois exemplaires originaux du procès de réhabilitation, celui remis à la famille d’Orléans.)

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