Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Crainte des Anglais

Guillaume Manchon(principal notaire du procès)

Croit que si Jeanne avait été du parti des Anglais, ils n’auraient pas procédé aussi rigoureusement.

Sur la haine et la crainte des Anglais : la rumeur dit que jamais les Anglais n’auraient osé mettre le siège devant Louviers sa vie durant.

Croit que les Anglais cherchaient à diffamer le roi de France. Dans sa prédication faite à Saint-Ouen, Guillaume Érard s’écria : Ô noble maison de France ! tu as toujours été sans tache et sans blâme d’erreur ; maintenant ce serait une grande pitié que tu puisses choir dans une telle erreur que d’ajouter foi à cette femme !

Pierre Miget

Les Anglais la craignaient plus qu’une grande armée, et ne l’auraient pas ainsi traitée et condamnée sinon.

Déclare avoir entendu, d’un soldat anglais mort depuis, que les Anglais craignaient plus Jeanne que cent hommes en armes.

Pierre Bouchier

Croit que les Anglais retenaient Jeanne et voulaient bien la faire mourir.

Les Anglais redoutaient Jeanne plus que tout le reste de l’armée du roi de France, motif probable du procès.

Nicolas de Houppeville

Le croit véridique ; la renommée publique était telle dans toute la cité.

La rumeur à Rouen était que les Anglais procédaient par haine et peur, et aussi pour déshonorer le roi de France.

Nicolas Caval

Croit que les Anglais la craignaient, mais ignore s’ils agirent pour les motifs de l’article.

Guillaume du Désert

Les Anglais lui semblaient comme effrayés par ses faits. Ignore s’ils voulaient la faire périr pour cela.

Croit que les Anglais la haïssaient et la craignaient ; et qu’ils la jugèrent sans doute à cause de ses faits d’armes.

Isambert de La Pierre

Véridique. On disait à Rouen que les Anglais n’osaient assiéger Louviers tant que Jeanne serait vivante.

André Marguerie

Croit qu’une partie voulait la faire périr, afin qu’elle ne pût leur nuire.

Croit que quelques Anglais, gens de peu, procédaient par haine et crainte ; mais il ne le croit pas des ecclésiastiques notables.

Richard de Grouchet

Véridique ; il était notoire que les Anglais craignaient Jeanne.

Jean Le Fèvre

Croit qu’ils procédaient contre elle parce qu’ils la craignaient.

Les Anglais procédaient contre elle par haine, car ils la craignaient beaucoup ; mais ignore si les juges procédaient par haine ou par complaisance. Le procès était mené aux frais des Anglais.

Jean Riquier

Le croit vrai. Ajoute qu’on disait communément que les Anglais n’auraient pas osé mettre le siège devant Louviers avant sa mort.

Il entendit Pierre Morice, Nicolas Loiseleur et d’autres dire que les Anglais la craignaient au point de ne pas oser mettre le siège devant Louviers tant qu’elle serait vivante.

Jean Fave

Les Anglais craignaient Jeanne et, à ce qu’il entendit, avaient très peur qu’elle ne s’évadât.

Jean Dunois

Un autre fait le conforte qu’elle agissait inspirée par Dieu. Lorsqu’il proposa d’aller chercher les hommes qui traversaient à Blois et qu’on attende son retour, Jeanne refusa, préférant soit envoyer une sommation aux Anglais, soit donner l’assaut. Ce qu’elle fit. Elle leur envoya une lettre rédigée dans sa langue maternelle, en des termes très simples, les prévenant que s’ils refusaient de lever le siège et de rentrer en Angleterre, elle leur ferait si grand assaut qu’ils seraient forcés de partir. Cette lettre fut envoyée au sire Talbot. Et alors qu’auparavant 200 Anglais faisaient fuir 800 ou 1000 Français, à partir de ce moment 400 ou 500 Français livrant combat à presque toutes les forces anglaises, les pressaient tant que ceux-ci n’osaient plus sortir de leurs bastilles.

L’assaut se prolongea jusqu’à 8 heure du soir, si bien qu’on n’espérait plus une victoire ce jour là. Le déposant voulut commander la retraite, mais la Pucelle lui demanda d’attendre encore un peu. À cheval, elle se retira à l’écart vers une vigne, et s’y tint en prière un demi quart d’heure. Puis elle revint, empoigna son étendard et le plaça sur le bord du fossé. À l’instant, les Anglais tremblèrent et prirent peur. Ceux du roi reprirent courage, montèrent à l’assaut au boulevard et le prirent sans rencontrer aucune résistance ; tous les Anglais qui s’y trouvaient furent mis en fuite ou moururent. Classidas et les principaux capitaines anglais de cette bastille, voulant se retirer dans la tour du pont d’Orléans, tombèrent dans le fleuve et se noyèrent. Ce même Classidas avait été l’un des plus grossiers envers la Pucelle.

Jean Luillier

Dès lors les Anglais furent effrayés et perdirent leur force de résistance ; si bien qu’un petit nombre de gens de la ville, suffisaient à dissuader une grosse troupe d’Anglais de sortir de leurs bastilles.

Se rappelle bien que le 7 mai 1429 au matin, un assaut fut lancé contre le boulevard du pont au cours duquel elle avait été blessée d’une flèche. L’assaut se prolongea si tard le soir qu’on voulut l’abandonner. Alors la Pucelle vint leur recommander de ne pas renoncer ; elle se saisit de son étendard et le plaça sur le bord du fossé. Aussitôt les Anglais frémirent, et les gens du roi reprirent courage : ils repartirent à l’assaut sans trouver de résistance. Le boulevard fut alors pris et les Anglais qui s’y trouvaient s’enfuirent, mais tous moururent. Classidas et les autres capitaines qui gardaient la bastille, tentant de se réfugier dans la tour du pont d’Orléans, tombèrent dans le fleuve et s’y noyèrent. Une fois la bastille prise, tous les partisans du roi rentrèrent dans la cité d’Orléans.

Louis de Coutes(page de Jeanne)

Le jour suivant Jeanne fit ouvrir la porte de Bourgogne et une petite porte située près de la grosse tour, contre l’avis de plusieurs seigneurs qui trouvait cela trop dangereux. Elle traversa avec quelques hommes pour attaquer la bastille du Pont. L’assaut dura sans interruption de six heures jusqu’au soir. Jeanne fut blessée ; et dès qu’elle fut soignée, se réarma et repartit à l’assaut. Le retranchement fut enfin pris. Jeanne continuait d’encourager les soldats, annonçant la victoire prochaine. Elle disait, lui semble-t-il, qu’ils auraient le fortin quand ils verraient le vent pousser son étendard dans sa direction. La nuit venait et l’on commençait à désespérer, mais Jeanne promettait qu’on emporterait la bastille le jour même. On prépara un nouvel assaut ; terrifiés, les Anglais ne lui opposèrent aucune défense et furent presque tous noyés.

Jean Lemaire

Le bruit courait à Rouen que les Anglais avaient fait faire le procès contre Jeanne à cause de la haine et de la crainte qu’ils en avaient. Dans le procès et les sentences, la justice fut très offensée. On disait plusieurs assesseurs dégoûtés du procès ; certains furent en grand danger de mort, notamment Pierre Morice, l’abbé de Fécamp et Nicolas Loiseleur.

Pierre Cusquel

Ce procès fut fait non pour la foi ou la justice, mais par haine et à cause de la crainte qu’inspirait Jeanne aux Anglais. Le tribunal procédait avec partialité et sur les instances des Anglais.

Il entendit toute sorte de bruits au sujet de la reprise de l’habit d’homme. André Marguerie avait déclaré qu’il fallait bien rechercher la vérité sur le changement d’habit mais quelqu’un lui dit de se taire au nom du diable.

Personne n’aurait osé conseiller ou aider Jeanne.

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