Thomas Basin

Mémoire en faveur de Jeanne d’Arc (~1453)

Mémoire de Thomas Basin commandé par Charles VII en vue de la réhabilitation de Jeanne d’Arc et de la révision de son procès.
Auteur
Date de publication
~1453

Éditions

  • Quicherat : Fragments (latin) (Procès, t. III, 1845, p. 309-314), d’après le ms. 5970 de la BnF.
  • Lanéry d’Arc : Texte (latin) (Mémoires et consultations, 1889, p. 187), d’après le ms. 5970 de la BnF.
  • Ayroles : Analyse (Vraie Jeanne d’Arc, t. I, 1890, p. 318-353), substance des raisonnements, allégés des nombreuses références.

Sources manuscrites

  • BnF : Manuscrit Latin 5970

    [XVe siècle.] L’une des trois exemplaires authentiques du procès de Réhabilitation. — f°132 v° à 144 r°.

    Incipit : In Nomine Domini nostri Jhesu Christi Incipit oppinio et consilium Thome Lexoviensis episcopi...

    Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, ici commence l’opinion et le conseil de Thomas, évêque de Lisieux.

Note : Le mémoire ne figure pas dans les deux autres exemplaires authentiques. Le ms. Latin 17013 (BnF) n’inclut que celui de Gerson ; le ms. Stowe 84 (British Library) ne contient pas ceux de Basin, Bochard et Montigny.

Remarques

  • Dans son Histoire de Charles VII, Basin nous apprend que son mémoire a été rédigé à l’instigation du roi :

    Poterat processus hujusmodi ex multis capitibus argui vitiosus, quemadmodum ex libello, quem desuper, ab eodem Carolo expetito a nobis consilio, edidimus, si ei ad cujus venerit manus cum legere vacaverit, latius poterit apparere.

    Un tel procès aurait pu être contesté à cause de nombreuses irrégularités, comme il apparaît plus clairement dans le mémoire que nous avons publié à la demande même de Charles.

  • Les pièces du procès lui furent transmises par Guillaume Bouillé (à qui il se réfère par son titre de doyen de Noyon, Noviomensis decanus), conseiller de Charles VII, avec le mémoire de Paul Pontano (sa Consultatio), qu’il cite quatre fois.

    Prosequendo igitur prædicta duodecim puncta conformiter ad seriem dubiorum elicitorum per dominum Paulum Pontanum et transmissorum pro consilio requirendo.

    En poursuivant donc les douze points susmentionnés, conformément à la série des doutes soulevés par maître Paul Pontano et transmis pour obtenir des conseils.

    Item dico quod quia elicientes articulos consultoribus transmissos, ut apparet ex processu et exceptis de eodem per dominum Paulum Pontanum et alios...

    Aussi puis-je dire, d’après les extraits qui furent transmis aux personnes consultées, comme il apparaît dans le procès et les observations de Paul Pontano et d’autres...

    Ex quibus et aliis fideliter et diligenter excerptis per dominum Paulum Pontanum,...

    Entre autres les extraits fidèlement et diligemment réalisés par maître Paul Pontanum...

    Et hæc sunt salva in omnibus correctione et emendatione sanctissimi domini nostri summi pontificis et omnium perspicatius intelligentium quæ de revelationibus Johannæ dictis et factis suis processu et sententia contra ipsam habitis mihi videntur quatenus de processu et actis causæ mihi constare et apparere potuit per quaternum mihi transmissum per venerabilem et circumspectum virum dominum decanum noviomensem, sacræ theologiæ professorem egregium, in quo quaterno continentur articuli XII eliciti per Anglicos, et consequenter additiones et determinationes excerptæ de processu ad veritatem per peritissimum utriusque juris doctorem dominum Paulum Pontanum, una cum scedula, secundum quam judices fecerunt abjurare Johannam, ac etiam certis dubiis per præfatum dominum Paulum conceptis et elicitis pro consilio peritorum de super inquirendo.

    Et ceci, sous réserve de toute correction et amendement de notre très-saint seigneur le souverain pontife et des plus savants, au sujet des révélations de Jeanne, de ses dits et faits tels qu’ils ressortent du procès et de la sentence rendue contre elle, d’après les actes du procès qui m’ont été transmis par le le vénérable et circonspect seigneur le doyen de Noyon, éminent professeur de théologie sacrée, dans lesquels sont contenus les douze articles extraits par les Anglais avec les commentaires de maître Paul Pontano, ainsi qu’une cédule par laquelle les juges firent abjurer Jeanne, avec certaines questions soulevées par ledit Paul afin d’obtenir l’avis des experts.

Références

  • Quicherat, Procès, t. V, 1849, p. 465-466.

    Edmond Richer déclare en avoir eu un exemplaire à part [Bibl. Nat. ms. Fontanieu, p. 285]. Peut-être est-ce le même qui est aujourd’hui à la bibliothèque du Vatican sous le n° 1832.

  • Joseph Fabre, Procès de réhabilitation, 1888, p. 179-180.

    Dans la première partie de ce traité prolixe, mais remarquable par ses qualités didactiques, les vices du procès étaient amplement établis, et l’évêque y démêlait douze violations du droit, qui rendaient nulle la condamnation intervenue. Dans la seconde partie, les dits et les faits de Jeanne étaient justifiés ; et ses réponses sur son départ d’auprès de ses parents, sur les révélations à elle faites, sur la réalité de ses visions, sur sa vénération pour les esprits lui apparaissant, sur sa foi en son salut, sur son habit d’homme et sur la soumission envers l’Église, étaient défendues contre les interprétations perfides des juges.

  • Ayroles, Vraie Jeanne d’Arc, t. I, 1890, p. 318.

    Dans son Histoire de Charles VII, Basin affirme avoir vu le procès de condamnation, aussitôt après l’expulsion des Anglais de la ville de Rouen. Nouvelle preuve qu’il fut un des premiers consultés. Il ne l’avait cependant pas entre les mains, lorsqu’il composait son mémoire ; il nous dira lui-même qu’il écrit d’après le sommaire de Paul Pontanus que lui a transmis le doyen Bouillé

  • Belon et Balme, Jean Bréhal et la Réhabilitation, 1893, p. 61-62.

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