Table des matière
Table des matières
- De la distinction des vraies révélations d’avec les fausses (nov.-déc. 1401) De distinctione verarum revelationum a falsis
- De la protestation en matière de foi (Constance, 29 oct. 1415) De protestatione circa materiam fidei
- Douze considérations sur la pertinacité (Constance, 29 oct. 1415) Considerationes XII de pertinacia
- Des bons et des mauvais signes (entre 1400 et 1415) De signis bonis et malis
- De l’épreuve des esprits (Constance, 3 août 1415) De probatione spirituum
- Des vérités qu’il est nécessaire de croire pour le salut (Constance, après le 8 sept. 1416) Quae veritates sint de necessitate salutis credendae
- De l’examen des doctrines (mai 1423) De examinatione doctrinarum
- De la Pucelle d’Orléans (14 mai 1429) De Puella Aurelianensi
- Lettres
De la distinction des vraies révélations d’avec les fausses De distinctione verarum revelationum a falsis 1401
- Introduction cadre et problématique
- La révélation du nom de Jean-Baptiste : point de départ et fil conducteur du traité ; comment distinguer révélation angélique et illusion diabolique ? sachant que Satan se transforme parfois en ange de lumière)
- L’absence de règle infaillible : pourquoi Dieu ne permet pas une certitude d’évidence (car cela supprimerait le mérite de la foi)
- La nécessité pratique de poser la question : ni l’instruction ni la piété ne protègent ; certains se croient destinataires de révélations extraordinaires (leur annonçant qu’ils seront pape, l’Antéchrist, etc.) ; d’autres y ajoutent foi
- La recherche du juste milieu : ni incrédulité systématique (qui scandalise les simples) ni crédulité aveugle
- La métaphore directrice : l’examinateur de monnaie spirituelle
- L’examinateur : prérogative des théologiens versés en théorie et en pratique (portrait en creux des mauvais examinateurs)
- Les cinq signes de cette monnaie (comme cinq critères de discernement) 1. le poids (l’humilité), 2. la flexibilité ou malléabilité (la discrétion), 3. la durabilité (la patience), 4. la configuration ou forme générale (la vérité), 5. la couleur (la charité)
- Les cinq critères du discernement
- L’humilité : une sainte défiance de soi face aux révélations
- Se méfier de ceux qui se vantent ou se croient dignes de révélations (exemple des saints Pères résistant aux apparitions du démon déguisé en Christ)
- Se méfier de soi-même et ne pas s’en croire digne (exemple de Moïse, Jérémie, Jean-Baptiste et Paul résistant aux révélations)
- Distinction entre l’étalage par vaine gloire et la révélation par nécessité ou charité (exemples de Marie, Paul, Bernard de Clairvaux et Scipion l’Africain)
- La solidité de l’humilité dépend de l’ancienneté dans la vertu
- Vérification sur Jean-Baptiste : la réserve de Zacharie et Élisabeth confirme le poids de l’humilité
- L’humilité véritable est obéissante (saint Grégoire) : la pusillanimité qui refuse d’obéir au supérieur sous prétexte d’humilité est elle-même orgueil
- Le miracle comme confirmation (saint Grégoire) : distinction entre les miracles qui attestent la parole et ceux qui attestent la sainteté de la personne
- La discrétion : la soumission de son jugement au conseil d’autrui (plutôt qu’à sa seule discrétion)
- Sécurité de ceux qui suivent les règles et les conseils (sans chercher les grandes choses)
- Danger de ceux qui se gouvernent seuls : jeûnes excessifs, refus de tout conseil, cerveau troublé
- Exemple de la femme d’Arras : une abstinence orgueilleuse et désordonnée hors de tout encadrement
- Le don de conseil : savoir recevoir et suivre un conseil ; celui qui ne suit que lui-même devient son propre démon (Jean Climaque)
- Les excès ascétiques : peuvent provoquer des lésions cérébrales et des troubles mélancoliques dont les fantasmes peuvent être confondus avec des illusions démoniaques (et qui relèvent du médecin autant que du directeur spirituel)
- Cas particulier de Jean-Baptiste : son austérité est justifiée par la perfection de son tempérament naturel excellent, soustrait aux influences astrales par le miracle de sa conception (non imitable par tous)
- La vie commune et l’obéissance : comme apprentissage, avant la solitude (Benoît)
- La patience : la constance dans l’épreuve des outrages et des contradicteurs (qu’il faut distinguer de l’obstination orgueilleuse)
- Signe positif, mais insuffisant seul : l’obstination contrefait la patience, certains se glorifient sottement de leurs souffrances
- Danger d’une conscience arrogante (qui interprète ses propres défauts comme des aiguillons utiles, à la manière de Paul)
- La vérité : la conformité de la révélation au coin de l’Écriture sainte et de la foi
- La fausseté peut être habilement dissimulée parmi de nombreuses vérités : nécessité d’un examen théologique
- Quatre conclusions sur la vérité des révélations (reprises d’un sermon de 1392 sur saint Michel)
- Les faits annoncés par une prophétie doivent s’accomplir
- Le mode d’interprétation de la prophétie doit être indiqué à l’avance (sens littéral, conditionnel ou figuré)
- Le contenu de la révélation doit être conforme à la foi et aux bonnes mœurs
- Plus une révélation commande une chose hors de l’ordinaire, plus son origine divine doit être certaine
- Le don de discernement des esprits : une saveur intime qui ne s’enseigne pas (Grégoire, Bernard, Augustin)
- Digression sur l’impossibilité d’une règle universelle : analogie entre l’état de veille et le rêve
- Constat : il n’existe aucun critère absolu permettant de prouver que l’on est éveillé plutôt qu’endormi — seule la connaissance expérimentale de la veille permet de les distinguer
- Application morale : de même, l’homme orgueilleux rêve sa propre vertu sans le savoir — seul l’éveil par la grâce de l’humilité révèle la tromperie de soi
- Conséquence pratique : nécessité de recevoir le conseil d’autrui — celui qui veille juge mieux que celui qui rêve (malheur à l’homme seul)
- Retour au premier signe : l’humilité comme condition de toute certitude spirituelle
- La charité : l’amour divin comme signe — mais le plus équivoque
- La dilection peut être viciée sans que celui qui l’éprouve le sache (familiarité dangereuse des hommes et des femmes, même dévots)
- Le cas de Marie de Valenciennes (Marguerite Porète, Miroir des âmes simples) : une dilection divine mal appliquée conduit à s’affranchir des commandements divins
- Deux exemples de corruption de la dilection : l’homme qui prenait la fornication pour de la charité ; et celui dont l’amitié spirituelle pour une religieuse glissa vers l’amour charnel
- L’illusion la plus subtile : le démon de midi (le dévot dépouillé de la charité par Dieu, qui continue d’agir par habitude en croyant agir par l’Esprit)
- L’humilité : une sainte défiance de soi face aux révélations
- Conclusions pratiques
- Une même personne peut recevoir tantôt de vraies révélations, tantôt de fausses (exemple de Nathan)
- Pourtant, la certitude des révélations existe chez les saints (mais elle vient de la lumière divine, non de l’enquête humaine)
- L’accès à cette certitude : l’anéantissement devant Dieu de sa propre puissance, sa science et sa justice (c’est-à-dire la prétention à se juger juste par ses propres lumières)
- Règles pour l’examinateur de révélations : suspendre son jugement, attendre l’issue des révélations et se méfier des vérités partielles par lesquelles le démon introduit l’erreur
- Les effets pervers d’une révélation reconnue vraie puis démentie : scandale des simples, discrédit de toute dévotion
- Récapitulation des cinq signes et leur application dans la révélation du nom de Jean-Baptiste
De la protestation en matière de foi De protestatione circa materiam fidei 1415
- Introduction
Occasion du traité — l’usage de la protestation générale (
je n’ai nulle intention de rien dire contre la foi
) et de la révocation conditionnelle (si j’ai dit quelque chose contre la foi, je le révoque
) comme voile ou dissimulation de l’hérésie au Concile de Constance.
- Nature de la protestation de foi
Définition comme acte de profession (ou confession) extérieure, manifestant la foi intérieure ; précepte affirmatif qui oblige toujours, mais non à tout instant (obligatoire en cas de danger pour la foi ou le salut).
- La protestation générale et la révocation conditionnelle n’impliquent pas nécessairement qu’on ait erré
Usage légitime chez les docteurs catholiques ; distinction entre vérité de foi certaine et point non tranché (cf. 4 et 5) ; distinction entre soumission révérencielle et doute doctrinal.
- Elles peuvent coexister avec une erreur particulière
Exemple d’hérétiques professant vouloir rester catholiques ; distinction entre croyance générale et erreur particulière (mule d’Aristote) ; introduction de la notion d’hérésie par ignorance.
- Elles ne suffisent pas lorsque l’erreur porte sur une vérité de foi certaine
De mauvaise foi (dissimulation d’une erreur connue — parallèle : la confession conditionnelle
si j’ai péché, je m’en accuse
d’un pénitent qui sait qu’il a péché) ; de bonne foi (celui qui ignore errer protesterait sincèrement mais faussement). - Elles suffisent lorsque l’erreur porte sur un point non tranché
À condition de bonne foi et de prompte adhésion à la vérité.
- La protestation de foi implicite (
la foi de l’Église me suffit
) ne dispense pas de la foi explicite (Credo, Décalogue, etc.)Obligation minimale pour tous ; obligation étendue pour les prélats, prêtres, théologiens, magistrats, érudits.
- La protestation de bonne volonté ou d’ignorance (
si cette vérité m’était connue, je la croirais volontiers
) n’excuse pasL’ignorance invoquée est affectée, crasse ou négligente — exemples : Paul persécutant les chrétiens ; les Juifs meurtriers du Christ ; les hérétiques mourant pour leurs erreurs.
- La protestation générale et la révocation conditionnelle n’excusent qu’au for extérieur (devant les hommes, d’après les signes extérieurs), non au for intérieur (devant Dieu, d’après le cœur)
Possibilité d’erreur dans les deux sens : le vrai croyant condamné, l’hérétique absous.
- Elles ne suffisent qu’à l’innocent
Celui qui a erré sur un point particulier requiert une protestation spéciale ou une révocation absolue — le refus de révoquer après avertissement légitime le rend pertinace.
- La révocation absolue justifie pour l’avenir sans effacer la faute passée (certaines peines canoniques restent applicables)
L’autorité d’un docteur ou d’un prélat suffit à obliger, dès lors qu’elle est conforme à l’Écriture (réfutation de l’argument j’attends la condamnation de l’erreur par le pape ou le concile).
- La révocation absolue n’est pas nécessaire pour l’ignorant sincère
Quatre manières d’errer en la foi : hérétique sciemment (nie une vérité qu’il a comprise) ; hérétique par ignorance (nie une vérité car il ne l’a pas comprise) ; hérétique par pertinacité (persiste à nier un point non tranché après avertissement) ; ignorant sincère (ne persiste pas à nier un point non tranché).
- La protestation générale ou la révocation conditionnelle n’empêchent pas d’être déclaré suspect d’hérésie
Trois degrés de suspicion (légère, véhémente, violente) définis par la force probante des signes extérieurs ; importance du contexte (lieux, temps, personnes, coutumes).
Douze considérations sur la pertinacité Considerationes XII de pertinacia 1415
- Introduction
Définition : la pertinacité est l’obstination de la volonté qui, par orgueil ou autre vice, refuse de chercher la vérité, de l’admettre quand elle est prouvée ou de renoncer à son erreur.
- Douze signes de pertinacité :
- Persistance dans l’excommunication : rester plus d’un an sous le coup de la sentence sans chercher à se justifier : présomption de droit
- Refus de comparaître (contumace) : d’autant plus grave si la suspicion initiale est forte
- Défense d’une erreur contre une vérité de foi certaine : soutenir une doctrine qu’on est tenu de rejeter
- Entrave à la manifestation de la vérité (notamment en faisant obstacle à la tenue d’un concile ou en molestant ses membres)
- Hostilité envers les défenseurs de la vérité : les attaquer tout en prétendant verbalement être soumis à l’Église
- Inconstance doctrinale : nier ce qu’on avait d’abord enseigné ou confessé
- Rejet arbitraire de l’avis des docteurs (après les avoir consultés)
- Entraînement d’autrui dans l’erreur : amener autrui à défendre une erreur par promesses, menaces, peines ou serments
- Excitation aux séditions et aux guerres : susciter des troubles civils ou des conflits entre royaumes pour empêcher la condamnation d’une erreur
- Préférence de la mort à la rétractation : jurer préférer mourir plutôt que de révoquer son erreur
- Protection de celui qui erre : défendre judiciairement une personne dont on sait, ou devrait savoir, qu’elle est dans l’erreur
- Complicité par le silence : ne pas résister à l’erreur alors qu’on le peut et qu’on le doit
Des bons et des mauvais signes De signis bonis et malis entre 1400 et 1415
- Introduction
Le signe bon se reconnaît par son contraire : énumération de signes mauvais pour se garder du démon de midi.
- Trente mauvais signes :
- Vouloir se connaître par soi-même en méprisant les conseils
- Se diriger par inspirations miraculeuses en négligeant la loi divine et la raison
- Multiplier les consultations jusqu’à trouver un avis qui conforte sa première opinion
- Aimer les louanges et fuir les reproches
- Se justifier des rumeurs en se louant soi-même et en abaissant les autres
- Négliger totalement sa renommée (au mépris du scandale d’autrui — adage lombard :
Fais ce que tu dois, advienne que pourra.
- Préférer ses innovations aux traditions de l’Église
- Manifester une ferveur inquiète et précipitée
- Afficher une scrupulosité excessive et tourmentée
- Présumer ou se désespérer du secours divin (le premier le tient pour acquis, l’autre cesse de l’attendre)
- Se glorifier de ses infirmités et défauts
- S’enorgueillir de ses bonnes œuvres (comme si elles avaient une dignité propre, indépendante de la grâce divine)
- Rechercher excessivement les consolations spirituelles et se plaindre de leur absence (12 raisons pour lesquelles Dieu nous les retire)
- S’irriter contre soi-même après le péché (exemple de l’enfant qui tombe et se fâche)
- Minimiser son péché (et négliger, par paresse, de s’en repentir ou confesser)
- Fuir le péché seulement pour éviter la confession
- Désespérer du salut d’un pécheur et juger inutile de le prêcher (comme si son salut dépendait principalement de soi — image de celui qui plante ou arrose)
- Se réjouir ou rire des défauts d’autrui
- S’indigner contre les pécheurs plutôt que d’en avoir compassion
- Vouloir être exempt de toutes tentations
- Rechercher la contemplation dans la vie active (au détriment de l’une et de l’autre)
- Se dire assuré d’être en état de grâce (à moins d’en avoir la certitude par révélation)
- S’appliquer à la contemplation par curiosité ou plaisir
- Se vanter de sa fermeté dans les bonnes résolutions par des formules bravaches (
Je préférerais mourir que de commettre ce mal.
) - Se glorifier de sa pureté extérieure au détriment de l’intérieur
- Se laisser influencer par des inclinations sensibles dans le service de Dieu (exemple : préférer confesser un bel homme qu’un laid, une femme qu’un homme, etc.)
- Être incapable de renoncer à des gratifications (honneur, liberté, plaisir)
- Ne poursuivre les bonnes œuvres que tant que durent les applaudissements
- Préférer faire moins bien soi-même, qu’un autre fasse mieux
- Tout signe contraire à celui du Christ
De l’épreuve des esprits De probatione spirituum 1415
- Introduction (principes généraux et plan du traité) :
- La nécessité d’éprouver les esprits : c’est-à-dire déterminer s’ils viennent de Dieu, car le démon peut se déguiser en ange de lumière
- Une charge réservée à certains : ceux qui ont reçu du Saint-Esprit le don de discernement, conjointement à une fonction officielle dans l’Église
- Compétence doctrinale et expérimentale : l’érudition théologique confère une compétence doctrinale (pour juger de la conformité d’une vision avec l’Écriture) ; celui qui reçoit la vision acquiert une compétence expérimentale (certitude intérieure et incommunicable)
- Compétence officielle : les deux compétences précédentes sont insuffisantes pour juger publiquement les visions d’autrui (analogie avec le rêveur qui ignore qu’il rêve ; exemple du prophète Nathan, lui-même faillible) : d’où la nécessité de la compétence officielle (don de discernement et habilitation hiérarchique)
- Synthèse doctrinale : à partir de traités existants, dans le cadre du Concile de Constance amené à examiner doctrines et visions (notamment celles de Brigitte de Suède), afin d’éviter les deux périls symétriques : approbation trop facile ou réprobation systématique
- Méthode générale : l’examinateur, qui doit posséder les trois compétences, conjecture en examinant les signes comme faisceau d’indices, regroupés en six questions (qui, quoi, à qui, pourquoi, comment, d’où)
- Les six questions (que l’examinateur doit se poser) :
- Qui ? (la personne qui reçoit les visions, = le visionnaire)
- Santé mentale et équilibre : dangers des passions, de la mélancolie
- Ancienneté dans la vie spirituelle : méfiance envers la ferveur du novice, surtout des adolescents et des femmes
- Environnement social et moral : éducation, habitudes, fréquentations et condition (risque d’orgueil chez le riche, de simulation chez le pauvre)
- Signe principal à détecter : l’orgueil spirituel : peut se cacher sous des pratiques ascétiques (saleté, jeûnes, virginité), et se traduire par une obstination de l’intellect (rejet des conseils) et de la volonté (refus d’obéir)
- Quoi ? (le contenu des visions)
- Unicité de la vérité : un seul mensonge disqualifie tout (le démon dissimule une erreur dans mille vérités)
- Fruits chez le visionnaire : incitation à être pur, pacifique, modeste, facilement persuadé, consentant au bien, plein de miséricorde, sincère dans ses jugements
- Non-redondance de la révélation : Dieu ne se répète pas : la vision doit avoir une utilité que la raison naturelle ou l’Écriture seule ne suffisent pas à fournir
- Dangers d’une multiplication infinie des révélations (comme des canonisations) : alourdissement de la foi, abandon de l’Écriture (par attrait pour la nouveauté) ; rôle des théologiens de filtrer ce superflu pour préserver le nécessaire
- À qui ? (la personne à qui le visionnaire confie ses visions, = le confident)
- Attitude requise du confident : grande prudence (chercher la raison qui pousse le visionnaire à se confier) ; ne pas le flatter ni l’admirer, mais s’y opposer et le réprimander s’il s’imagine digne de révélations et prétend recevoir son salut via une familiarité quotidienne avec les anges et Dieu même (plutôt que par les voies humaines communes) ; l’appeler à une humilité sincère
- Exemples des Pères (qui ont fui la curiosité des visions et des miracles)
- Objection : risque de repousser une vraie vision ? le Saint-Esprit ne se retire pas d’une âme qui rejette une vision par humilité, au contraire
- Dangers de l’attrait pour les prophéties et les miracles : le désir de connaître l’avenir et les choses cachées, ou de voir et faire des miracles est source d’erreurs et de superstitions populaires
- Pourquoi ? (la finalité des visions)
- Recherche des buts lointains ou cachés : le but immédiat peut paraître bon (risque de scandale différé, ex. : Jean de Varennes, Jean Hus) ; risque de tentation de Dieu (solliciter une intervention divine là où l’intelligence et l’effort humain suffiraient)
- Recherche des motivations du visionnaire en communiquant ses visions : par ostentation ou par quête sincère de conseil ; est-elle disposée à les suivre ? (une personne qui n’écoute qu’elle est son propre démon)
- Objection : le visionnaire ne croit pas au jugement d’autrui parce qu’il tire sa certitude d’une révélation ? l’examinateur doit suspendre son jugement, et avec humilité (comme Pierre) ; le temps comme révélateur (la vraie vision sera fortifiée, la fausse se dissipera)
- Mise en garde contre les révélations privées : ni rejet absolu, ni adhésion irréfléchie (analogie avec les songes prémonitoires) : les considérer comme un rappel à faire le bien ou à fuir le mal
- Comment ? (la manière de se comporter du visionnaire)
- Conduite extérieure : le visionnaire cherche-t-il le secret ou la publicité ; la vie active ou contemplative ; l’abjection ostentatoire ou des mœurs communes (notamment dans les vêtements)
- Dangers des entretiens spirituels interminables (notamment des femmes avec leurs confesseurs) : curiosité affective insatiable, perte de temps qui détourne de la vérité
- D’où ? (l’esprit à l’origine de la vision)
- Difficulté de connaître l’origine d’une vision : l’aveu d’ignorance des saints (Bernard) rend la certitude suspecte chez un moins savant
- Similitude des visions produites par les quatre esprits possibles : Dieu, le bon ange, le mauvais ange, l’esprit humain (le rationnel, ou l’animal)
- Qui ? (la personne qui reçoit les visions, = le visionnaire)
- Conclusion : ces douze considérations sont sommaires ; elles servent de cadre pour descendre aux cas particuliers.
Quelles vérités il est nécessaire de croire pour le salut Quae veritates sint de necessitate salutis credendae 1416
- Préambule
Objet du traité ; six degrés de vérités à croire, réduits à quatre catégories principales
- Quatre catégories et six degrés de vérité
- Les vérités reçues par révélation divine immédiate et explicite
- Degré 1 : Le canon de l’Écriture sainte (sens littéral, infaillibilité, autorités)
- Degré 2 : La tradition de l’Église (vérités transmises depuis les Apôtres, confirmation mutuelle de l’Écriture, portée et limites)
- Note : La croyance n’est pas nécessaire au salut pour les degrés 5 et 6
- Degré 3 : Les révélations particulières (croyance obligatoire pour le destinataire, conditionnelle pour les autres — la révélation doit alors être prouvée par un miracle ou une annonce scripturaire, et validée par l’Église — ; exemple de Jean-Baptiste et saint Paul)
- Les vérités certaines, comme conséquences nécessaires des vérités reçues par révélation
- Degré 4 : Définition ; exemple des propriétés corporelles du Christ déduites de son humanité ; usage de la raison naturelle dans les conclusions de foi
- Les vérités probables utiles à la doctrine, comme conséquences probables des vérités reçues par révélation, ou impliquant une vérité étrangère à la foi
- Les vérités probables utiles à la dévotion, visant la piété et l’édification
- Degré 6 : Principe (Aristote) ;
Il vaut mieux douter pieusement que définir témérairement
(Jérôme) ; deux contradictoires peuvent être tenus avec piété ; exemples (miracles des saints, visions, vies des Pères)
- Degré 6 : Principe (Aristote) ;
- Les vérités reçues par révélation divine immédiate et explicite
- Corollaires
- Sur l’infaillibilité et la nature de l’Écriture
- Corollaire 1 : Le sens littéral de l’Écriture ne peut jamais être faux ; distinction entre la lettre et le sens littéral ; effets d’une telle erreur sur la preuve scripturaire
- Corollaire 2 : La foi peut porter sur des vérités connues naturellement (raison, expérience), dès lors que la croyance est fondée sur la révélation divine (existence de Dieu, existence de Rome ou Jérusalem)
- Corollaire 3 : Les préceptes du Décalogue sont de foi au sens propre, bien qu’évidents à la lumière naturelle
- Corollaire 4 : Les propositions contraires aux préceptes du Décalogue relèvent du jugement de foi et peuvent être réprimées par les juges ordinaires
- Sur la diversité des obligations de croire selon les personnes
- Corollaire 1 : Principe général : ce qui est toléré comme un doute temporaire chez le simple fidèle est inexcusable et suspect d’hérésie chez l’homme instruit
- Corollaire 2 : Application au théologien
- Corollaire 3 : Application au canoniste
- Corollaire 4 : Application au logicien/philosophe
- Justification commune :
À qui l’on a beaucoup confié, on demandera beaucoup.
- Sur la diversité des responsabilités liées aux charges ecclésiastiques
- Corollaire 1 : Le prélat, par sa charge, est tenu à une connaissance explicite du Décalogue (ignorance inexcusable)
- Corollaire 2 : Le docteur en théologie est tenu à la même connaissance explicite et à devoir d’enseigner et de justifier la foi
- Corollaire 3 : Le soupçon d’hérésie varie selon la condition de la personne — prélats et docteurs sont jugés plus sévèrement
- Corollaire 4 : Application au concile de Constance dans le cadre de la condamnation des neuf assertions relatives à l’homicide
- Sur l’infaillibilité et la nature de l’Écriture
- Autorités et précisions terminologiques
- Autorités : Témoignages d’Augustin à Jérôme sur l’infaillibilité du canon de l’Écriture, vs. la possibilité de critiquer les écrits postérieurs
- Précisions terminologiques : vérité catholique ; foi (comme habitus infus, comme acte, comme habitus acquis, comme objet) ; vérité étrangère à la foi ; vérité sentant la foi / fausseté sentant l’hérésie
De l’examen des doctrines De examinatione doctrinarum 1423
- Prologue
Nécessité vitale de se protéger des fausses prophéties et des doctrines suspectes ; quatre modes d’examen (par la théologie, les exemples, la philosophie et la pratique) ; plan du traité, limité au premier mode : l’examen théologique ; protestation d’impartialité et dédicace aux Chartreux et aux Célestins.
- Les six examinateurs
- Le Concile général : juge final et infaillible
- Fondement de son autorité et de son infaillibilité : toute autre autorité particulière, même celle du pape, est sujette à l’erreur
- Trois degrés d’approbation des doctrines : de foi certaine (obligation de croire) ; de piété (utiles sans être obligatoires) ; permises (tolérées malgré des imperfections)
- Deux conséquences :
- la canonisation n’oblige pas à adhérer à chacune des doctrines du saint ;
- toute définition dogmatique requiert une extrême prudence (mise en garde contre le schisme ; exemple de la Faculté de théologie de Paris, qui désigne des délégués plutôt que de statuer collectivement)
- Le pape : examinateur juridique ordinaire
- Fondement et limites de son autorité : accessible en permanence (contrairement au Concile), mais faillible ; recours toujours possible au Concile en cas de refus ou d’erreur
- Deux conséquences :
- en matière de foi, la détermination du seul pape n’oblige pas à croire ;
- elle oblige néanmoins à ne pas enseigner le contraire (sauf erreur manifeste contre la foi, auquel cas la résistance devient obligatoire pour éviter le scandale)
- Réaffirmation de la soumission du pape au Concile : ceux qui continuent de s’y opposer (par faveur excessive envers le souverain pontife) sont dans l’erreur, voire dans l’hérésie, depuis la condamnation expresse du Concile de Constance
- L’évêque et l’inquisiteur : examinateurs juridiques ordinaires locaux
- Fondement et limites de leur autorité : le diocèse
- Deux conséquences :
- la détermination de l’évêque ne s’étend pas à toute l’Église ;
- compétent pour les cas simples (hérésies évidentes ou manifestes pour les savants), il doit rapporter au Siège apostolique les
causes majeures
(cas dont la difficulté ou l’étendue excède le cadre diocésain, et qu’il serait périlleux de trancher localement sans risque de scandale)
- Le docteur en théologie : examinateur à la fois juridique (par la licence) et doctrinal (par la science)
- Fondement et limites de son autorité : licence universelle accordée par l’autorité apostolique
- Deux conséquences (plus une troisième) :
- le docteur a le droit d’exercer (et ne peut être écarté par l’évêque sans réel motif) ;
- mais il n’a pas le devoir d’enseigner (propre au pasteur), sauf lorsqu’il est pasteur-docteur (figure parfaite) ;
- le simple docteur peut néanmoins être obligé d’exercer en cas de nécessité (hérésies) ou si envoyé par un supérieur
- Le savant en théologie (sans grade) : examinateur-conseiller doctrinal
- Fondement et limites de son autorité par la science (peut suppléer le docteur en cas de nécessité, et mérite alors salaire)
- Deux conséquences :
- un simple érudit peut avoir raison contre le pape si l’Évangile le confirme ;
- il peut même s’opposer à la majorité durant un Concile si elle s’écarte de l’Évangile (exemple de saint Hilaire résistant à l’arianisme)
- Celui qui possède le don de discernement des esprits : examinateur par don du Saint-Esprit, infaillible en lui-même mais à éprouver
- Fondement théologique : ce don confère un jugement privé infaillible et dispense de la loi générale celui qui a reçu une loi privée ; il peut être donné pour l’instruction personnelle (ex. Monique, mère de saint Augustin) ou pour l’édification de l’Église (à l’instar du don de prophétie, de langues ou de guérison) ; il peut même se trouver chez les réprouvés ; nul ne doit être cru s’il n’apporte la preuve de sa mission (ex. Jean-Baptiste)
- Deux conséquences :
- pour les autres : tenir pour suspects ceux qui prétendent posséder ce don, surtout si leurs doctrines sont étranges, et attendre le jugement des cinq degrés précédents ;
- pour celui qui s’en croit doué : se soumettre au jugement humain (ex. Vincent Ferrier)
- Triple remède de Bonaventure : suspendre son jugement, demander conseil à autrui, implorer le secours divin (à propos du problème de l’adoration du diable sous les traits du Christ ; analogie avec l’adoration de l’hostie peut-être non consacrée)
- Le Concile général : juge final et infaillible
- Les six critères d’examen
- Conformité de la doctrine à l’Écriture (fond et forme)
- Principe : l’Écriture est une règle suffisante et infaillible ; toute doctrine qui ne s’y conforme pas doit être rejetée comme hérétique ou suspecte d’hérésie ; de même pour toute doctrine transmise selon un mode nouveau et curieux (ex. les volumes de Raymond Lulle, rejetés par la Faculté de théologie de Paris)
- Deux règles : rejeter toute doctrine n’ayant pas été approuvée par l’un des six examinateurs ; ou usant de nouveautés de langage
- Condition du promoteur de la doctrine
- Critères à considérer (science, âge, mœurs, jugement, sexe)
Cinq profils appelant la prudence :
- Le savant reconnu qui déborde de son domaine de compétence (ex. Galien, médecin, parlant de logique)
- Le jeune, le débauché, ou le mélancolique
- La femme : se méfier de celles qui enchaînent les visions, tiennent pour miracle ce qui relève de lésions cérébrales, et parlent au nom de Dieu sans aucune révélation ; exemples de cas contemporains, avertissement de Virgile, de saint Paul, Ève dans la Genèse
- Deux règles :
- tenir pour suspecte toute doctrine venant d’une femme, sans l’examen préalable d’un des six examinateurs (la loi divine les écarte de ce rôle ; elles sont plus facilement séduites, et séduisent plus facilement ensuite ; elles n’ont pas la science requise, et même les plus doctes d’entre elles se sont abstenues d’écrire) ;
- soumettre toute doctrine aux docteurs approuvés, se méfier des doctrines à l’apparence flatteuse mais sans fruit réel
- Note : la bienveillance d’interprétation accordée aux saints et aux docteurs approuvés n’est pas due à ceux qui prophétisent avant qu’il soit établi que leur inspiration vient de Dieu
- Critères à considérer (science, âge, mœurs, jugement, sexe)
- Condition des partisans du promoteur de la doctrine
- Danger de l’adulation : les flatteurs entretiennent les ignorants dans leurs illusions
- Deux règles :
- pour le visionnaire : fuir humblement les visions et les miracles, ainsi que l’adulation (exemples à venir des témoignages recueillis par les confesseurs en vue des canonisations) ;
- pour les prélats et les confesseurs : se défier d’approuver trop vite les doctrines des visionnaires et leurs miracles, car rien ne les encourage davantage à feindre (exemple de Grégoire XI, séduit au point d’exposer l’Église au péril du schisme)
- Finalité de la publication de la doctrine : l’honnête, l’utile ou l’agréable ?
- L’orgueil, source des hérésies : rappel des huit causes de leur invention (Somme des vices et des vertus) ; critique des nouvelles visions contemporaines
- Deux règles pour son promoteur :
- qu’il examine continuellement ses motivations (exemple de l’examen de conscience proposé par un contemporain, de saint Grégoire renvoyant à Augustin) ;
- qu’il soumette ses doctrines à l’examen public de son vivant (afin de corriger ses erreurs et d’écrire avec plus d’exigence)
- Finalité de la doctrine : un gain temporel ?
- Danger de la cupidité : comme source de corruption des doctrines et de rivalité entre fausses doctrines :
Satan divisé contre lui-même.
- Deux règles :
- pour les dévots : s’en tenir aux Écritures et, au besoin, préférer les théologiens défunts et compétents en la matière (distinction entre la compétence du théologien et celle du canoniste) ;
- pour les chefs de la chrétienté : maintenir l’étude de la théologie comme rempart contre les hérésies
- Danger de la cupidité : comme source de corruption des doctrines et de rivalité entre fausses doctrines :
- Finalité de la doctrine : la luxure ?
- La luxure comme source de corruption des doctrines : luxure charnelle (exemple des Turlupins qui utilisent leurs doctrines pour séduire les femmes simples) ; luxure spirituelle (curiosité malsaine de savoir ce qui ne nous convient pas, signe d’orgueil)
- Règle générale et finale : joindre les principes du présent traité, à la vigilance des supérieurs dans tout collège, université ou monastère sur la qualité des doctrines enseignées (autant que sur celle du pain servi)
- Conformité de la doctrine à l’Écriture (fond et forme)
- Conclusion : pourquoi les trois autres modes n’ont pas été traités ; considérations pratiques finales
- S’abstenir de relever les erreurs de ses contemporains : pour ne pas ternir les réputations, fournir des armes aux ennemis de la foi, ni laisser croire que tout ce qu’on ne relève pas est sans erreur
- Consulter les experts confrontés aux cas concrets de leur temps
- Se défier des récits extraordinaires (retour critique sur Ermine de Reims)
- Ne pas exiger de règles universelles et définitives (en théologie mystique) : s’en remettre au Saint-Esprit selon la vocation de chacun ; aux moines suffit ordinairement la dévotion du cœur
- Se reporter à Bonaventure, le modèle du théologien
- Se disposer, par la foi et l’obéissance aux maîtres, à goûter ce qu’on ne peut comprendre sans l’expérience et préférer à toute méthode l’abandon confiant au Saint-Esprit
De la Pucelle d’Orléans De Puella Aurelianensi 1429
- Principes généraux pour déterminer ce qu’il est légitime de croire
- Distinction entre le vrai et le vraisemblable
- Soutenir une position vraisemblable n’est pas errer
- Distinction entre
nécessité de foi
etpiété de foi
(ce qui est vrai doit être cru sans réserve ; ce qui est vraisemblable peut être pieusement cru) - Ce qui relève de la
piété de foi
:- Trois conditions : éveiller la dévotion, reposer sur une vraisemblance fondée, ne rien contenir de contraire à la foi ou aux mœurs ;
- Compétence exclusive des docteurs pour en délibérer (ex. débats sur l’Immaculée Conception, les indulgences, les reliques de saint Denis)
- Approbation de la croyance en la mission divine de la Pucelle
- Application des principes : croire en la mission de la Pucelle relève de la
piété de foi
; conclusion fondée sur les circonstances suivantes :- Justice de sa cause finale : restauration du roi, expulsion des ennemis
- Moralité de sa conduite : absence de sortilèges, de superstitions, d’ambition personnelle ou autres desseins obscurs (ce qu’atteste son exposition volontaire au danger)
- Réponse aux rumeurs : laisser dire ou s’en remettre au jugement des supérieurs (Caton, saint Paul) ; parallèle avec les premières canonisations
- Autres circonstances en faveur de la Pucelle
- L’adhésion du conseil royal et des gens d’armes (jusque dans les périls de la guerre, et malgré l’immense honte qu’aurait entraînée une défaite sous la conduite d’une fille)
- L’allégresse et la confiance du peuple
- La terreur des ennemis (rapprochement avec le Cantique de la mer, dans l’Exode)
- Le recours constant aux moyens humains : refus de tenter Dieu, ouverture de la Pucelle aux conseils
- Allusion aux circonstances recueillies sur sa vie et son enfance (non insérées)
- Parallèles tirés de l’histoire sainte (Débora, sainte Catherine, Judith, Judas Macchabée) ; présence habituelle du naturel dans les œuvres divines
- Application des principes : croire en la mission de la Pucelle relève de la
- Mise en garde et enseignements
- Un premier miracle ne garantit pas la suite : un échec futur ne signifierait pas que ce premier miracle n’était pas de Dieu, mais s’expliquerait davantage par l’ingratitude ou les péchés des hommes
- Enseignements politiques et théologiques (au roi et aux princes, à l’armée, au clergé et au peuple, à la Pucelle)
- Appel général à la piété, à la justice et à la modération
- Sur le secours divin manifesté par la Pucelle : mise en garde contre les dérives (vaine curiosité, gloire, vengeance, profit) ; appel à l’action de grâce et à la contribution de chacun pour la délivrance.
C’est là l’œuvre du Seigneur.
(Psaume 117)
- Supplément : Trois vérités pour justifier le port de l’habit d’homme par la Pucelle
- Aspect judiciaire (lettre de la loi) : l’interdiction explicite du Deutéronome n’est plus en vigueur dans la Loi nouvelle
- Aspect moral (esprit de la loi) : l’interdiction morale demeure : elle vise la décence ; d’où la nécessité d’examiner les circonstances concrètes (temps, personne, lieu, manière)
- Application des principes au cas de la Pucelle : elle exerce une charge d’homme et de soldat ; elle a été choisie par Dieu (jeune et vierge, parallèle avec sainte Cécile) ; justification corollaire de ses cheveux courts ; témérité de contester les moyens que Dieu a disposés en vue d’une fin
- Autres circonstances : exemples profanes (Camille, Amazones) et circonstances pouvant justifier l’habit d’homme (nécessité, utilité manifeste, autorisation spéciale, etc.)
- Conclusion : reconnaître le secours divin manifesté en la Pucelle et ne pas le compromettre par ingratitude ou manque de foi
Lettres
- Lettre sur Ermine, la visionnaire de Reims (1408)
- Lettre sur les superstitions liées aux jours (1421)
- Lettre sur la preuve de l’existence de Dieu (1428)
Dossier
- Essai biographique (par Mgr Glorieux, 1960)