Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Interrogatoires

Nicolas Taquel(troisième notaire du procès)

Il était présent lors d’interrogatoires difficile. Elle répondait aux juges qu’il ne lui appartenait pas de répondre, et qu’elle s’en rapportait à eux. Quelques-uns des docteurs assistant lui disaient parfois : Vous avez bien parlé, Jeanne.

Jeanne, quelquefois fatiguée par de nombreux interrogatoires, demandait un délai jusqu’au lendemain, et on le lui accordait.

Connut Jeanne pendant son procès car il fut l’un des notaires. Il arriva en cours de procès, n’assista pas aux interrogatoires dans la grande salle, mais uniquement à ceux dans la prison, vers le 14 mars, comme le prouvent ses lettres de commission.

Pierre Bouchier

Ne sait rien sinon que Jeanne était seule, assise sur un siège. A entendu dire qu’elle répondait sans conseiller, mais ignore si elle n’en voulait pas ou s’il lui fut refusé.

Ne sait rien sinon que Jeanne répondait seule et sans conseil.

Nicolas de Houppeville

Jean Lemaître lui rapporta que Jeanne se plaignit une fois des questions difficiles, et d’être trop tourmentée par des questions ne concernant pas le procès.

Dépose comme à l’article 5 ; il tient de Lemaître qu’elle se plaignait de questions trop difficiles et hors du sujet.

Le croit véridique ; on prétendait que les interrogatoires étaient partiels et captieux.

Jean Massieu(huissier du procès)

Quant aux pressions déclare que Jean de Châtillon, alors archidiacre d’Évreux, s’opposa aux interrogatoires trop difficiles ; d’autres assistants lui dirent plusieurs fois qu’il les gênait ; et lui répondit : Il faut que je soulage ma conscience. On lui interdit de revenir à moins d’être convoqué. [Châtillon fut malgré tout l’un des assesseurs les plus présents, et assista à la première et à la dernière journée du procès.]

Se rappelle qu’on faisait à Jeanne des questions hachées, ou des questions difficiles lancées par plusieurs à la fois ; elle s’en plaignait : Faites l’un après l’autre. Lui-même admirait comment elle pouvait répondre aux questions subtiles et captieuses qui lui étaient posées, questions auxquelles un homme cultivé aurait malaisément pu répondre bien.

Véridique ; l’interrogatoire durait ordinairement de la huitième à la onzième heure.

Lors des interrogatoires, Jeanne était interrogée par six assesseurs et les juges. Parfois, on l’interrompait dans sa réponse par une autre question, ce dont elle se plaignait : Beaux seigneurs, faites l’un après l’autre [en français].

Guillaume Manchon

Il se rappelle que lorsqu’un désaccord surgissaient au cours d’une de ces réunions, Jeanne était réinterrogée et confirmait la version de Manchon, comme on peut le voir par l’inspection du procès.

Jeanne était interrogée deux ou trois heures le matin, et parfois encore l’après-midi ; elle était très fatiguée par ces interrogatoires.

Sur l’intention des juges s’en remet à leur conscience ; mais ils lui faisaient en l’interrogeant les questions les plus subtiles qu’ils pouvaient trouver.

Déclare que lorsqu’on pressait Jeanne de se soumettre à l’Église et lorsque frère Ysambart de La Pierre la persuadait de se soumettre au concile général, avoir entendu l’évêque de Beauvais dire au frère Bardin : Taisez-vous, au nom du diable ! Et cela se passait en justice, quand Jeanne était interrogée.

Jeanne était très simple, répondait avec simplicité, mais parfois aussi avec beaucoup de prudence, comme on peut le voir dans le procès. — Croit qu’elle n’aurait pu se défendre dans une cause si difficile contre tant de docteurs, si elle n’avait été inspirée.

Les premiers interrogatoires furent très bruyants ; notamment le premier dans la chapelle du château de Rouen où Jeanne était interrompue presque à chaque mot quand elle parlait de ses apparitions. Deux ou trois secrétaires du roi d’Angleterre enregistraient à leur guise et à charge les paroles de Jeanne ; le témoin s’en plaignit et menaça de quitter sa charge ; on se déplaça dans une salle du château proche de la grande salle et gardée par deux Anglais. Lorsqu’on désirait réinterroger Jeanne sur un point, pour vérifier sa réponse ou la préciser, le témoin ajoutait un Nota en tête d’article.

Jeanne fut fatiguée par des questions nombreuses et diverses. — On l’interrogeaient trois ou quatre heures le matin ; et parfois deux ou trois heures l’après-midi, sur des points difficiles et subtiles extraits de ses dépositions. — On passait d’une question à une autre, en changeant de sujet ; malgré tout elle répondait avec sagacité et se souvenait de ses réponses ; ainsi disait-elle très souvent : Moi je vous ai répondu autrement sur cela et s’en rapportait au notaire qui dépose [Manchon lui-même].

Pierre Cusquel

Notoire, mais n’était pas là ; les Anglais travaillèrent de toutes leurs forces à la surprendre en paroles, car elle leur avait fait la guerre.

N’a jamais assisté au procès, mais le bruit courait qu’on la harcelait beaucoup de toutes sortes de questions pour la piéger en paroles ; parce qu’elle avait mené la guerre contre les Anglais.

Isambert de La Pierre

Véridique ; cependant, Jeanne répondait bien à certaines questions, comme on peut le constater par le procès.

L’interrogatoire durait 3 heures le matin ; parfois suivi d’un autre l’après-midi. Elle s’est plusieurs fois plainte du grand nombre de questions.

Richard de Grouchet

La vit interrogées sur des questions difficiles et captieuses auxquelles néanmoins, en considérant sa faiblesse de femme, elle répondait bien. Parfois elle faisait remarquer qu’elle avait déjà répondu à certaines questions qui lui étaient à nouveau posées, en indiquant le jour.

Martin Lavenu

On lui posait des questions difficiles, qui ne convenaient pas à une telle femme, si simple. Ignore l’intention de ceux qui l’interrogeaient.

Sait qu’on la tourmentait beaucoup dans les interrogatoires, qui duraient trois heures ou environ, avant le déjeuner et après. Ignore l’intention et les fins de ceux qui l’interrogeaient.

On posait souvent des questions difficiles à Jeanne, qui ne convenaient pas à une femme aussi simple. On la tourmentait en l’interrogeant parfois trois heures le matin, et autant l’après midi. Ignore toutefois l’intention de ceux qui l’interrogeaient.

Jean Le Fèvre

On l’interrogeait très profondément sur quelques points, et elle s’en tirait avec compétence. On passait parfois d’une question à une autre pour voir si elle modifierait ses propos.

Les interrogatoires étaient long, habituellement deux ou trois heures, à tel point que les docteurs présents en étaient très fatigués. Pour la fin de l’article, l’ignore.

On posait à Jeanne beaucoup de questions profondes, dont elle se tirait cependant assez bien. On passait volontairement d’une question à une autre, pour voir si elle se contredisait. On la fatiguait par de longs interrogatoires, de deux ou trois heures, qui fatiguaient aussi les docteurs. On l’interrompait. Si bien que l’homme le plus savant du monde aurait difficilement pu répondre.

Un jour, alors qu’on relisait à Jeanne ses déclarations au sujet de ses apparitions, il l’interpella car il lui semblait qu’une réponse avait été mal consignée ; elle demanda au notaire de la relire et témoigna qu’elle avait dit le contraire ; sa réponse fut corrigée. Guillaume Manchon l’invita à être plus vigilante.

Thomas Marie

Croit qu’ils lui faisaient tout le mal qu’ils pouvaient.

Jean Riquier

On disait qu’on lui posait des questions très difficiles, et que, quand elle ne savait répondre, elle demandait un délai jusqu’au lendemain.

N’a pas assisté au procès ; on disait que les questions qu’on posait à Jeanne étaient très difficiles et qu’elle demandait un délai quand elle n’osait pas répondre. Le procès fut conduit selon la volonté des Anglais, mais sa longueur les exaspéraient.

A entendu dire que Jeanne répondait avec sagesse, au point qu’aucun des docteurs qui l’interrogeaient n’aurait mieux répondu.

Jean Tiphaine

A connu Jeanne à l’occasion de son procès à Rouen. Il déclina la première convocation, mais vint à la seconde : elle faisait de très belles réponses. — Il assista à un interrogatoire où les juges et les assistants se tenaient dans une petite pièce, derrière la grande salle du château : elle répondait prudemment, sagement et avec beaucoup de courage.

Guillaume de la Chambre

A vu une fois Jeanne, interrogée par l’abbé de Fécamp, être coupée de manière intempestive par Jean Beaupère qui lui posait d’autres questions. Elle ne voulut pas tout répondre en même temps et se plaignit qu’on lui faisait une grande injustice en la poursuivant ainsi, et qu’elle avait déjà répondu à ces questions.

Le cardinal d’Angleterre et le comte de Warwick l’envoyèrent chercher, ainsi que Guillaume Desjardins et d’autres médecins. Warwick leur dit qu’on disait Jeanne malade et nous ordonna de l’examiner et de la guérir, car le roi ne voulait à aucun prix qu’elle mourût de mort naturelle : il l’avait achetée cher, et ne voulait pas qu’elle mourût sans être jugée et brûlée. Le témoin et les autres médecins allèrent alors la voir ; lui-même et Desjardins la palpèrent sur le flanc droit et la trouvèrent fiévreuse ; ils préconisèrent une saignée mais Warwick s’y opposa : Gardez-vous de la saigner, car elle est rusée et pourrait se faire mourir. Néanmoins elle fut saignée et aussitôt après guérie. — Sur ce arriva un certain Estivet, qui invectiva violemment Jeanne, l’appelant putain, paillarde, si bien qu’elle retomba malade. Warwick interdit à d’Estivet de l’injurier de nouveau.

Thomas de Courcelles

On posa Jeanne plusieurs questions, mais ne se les rappelle pas. Une fois on lui demanda si ceux de son parti lui baisaient les mains. Ne se souvient pas que Jeanne se soit plainte des questions qu’on lui posait.

Après plusieurs interrogatoires, on décida de les faire désormais devant peu de personnes. Ignore qui le proposa et dans quelle intention ; lui semble Jean de La Fontaine.

Jean Monnet(secrétaire de Jean Beaupère)

Assista à trois ou quatre séances où il enregistrait les questions posées à Jeanne et ses réponses, non pas comme notaire, mais comme clerc et secrétaire de Jean Beaupère. Le témoin a reconnu son écriture sur un papier du procès fait en français.

Jeanne lui reprocha, à lui et aux notaires, de mal rédiger, et leur fit faire à plusieurs reprises des corrections.

Pour des questions qu’elle jugeait ne pas devoir répondre, elle disait s’en rapporter à la conscience de ceux qui l’interrogeaient, pour savoir si elle devait ou non répondre.

Les Anglais engagèrent le procès parce que Jeanne leur paraissait trop nuisible, et leur avait déjà fait des dommages considérables ; et croit qu’ils en payèrent les frais.

Quant à l’ardeur qui poussait les juges, s’en rapporte à leur conscience.

On posait à Jeanne des questions difficiles, auxquelles un maître en théologie aurait répondu avec difficulté, et qui semblaient fort l’accabler.

Guillaume Colles, dit Boisguillaume(second notaire du procès)

Jeanne s’est très souvent plainte des questions subtiles et hors de propos.

Une fois on lui demanda si elle était en état de grâce. Elle répondit que c’était une grande affaire d’y répondre et finit par dire : Si j’y suis, que Dieu m’y garde ; et si je n’y suis pas, que Dieu veuille m’y mettre ! Car j’aimerais mieux mourir que de n’être pas en l’amour de Dieu. Ceux qui l’interrogeaient furent stupéfaits et abandonnèrent l’interrogatoire. [Interrogatoire du 24 février ; il s’est poursuivi après la réponse de Jeanne (d’après le procès-verbal).]

Ignore si quelque pression ou contraintes furent mises sur certains.

Nicolas de Houppeville quitta la ville pour ne pas participer au procès.

Nicolas Caval

A connu Jeanne à l’occasion de son procès, auquel il assista pendant quelques jours, sans avoir été requis cependant. Il assista à un de ses interrogatoires, elle répondait avec assez de sagesse et avait une très bonne mémoire. En effet, elle répliquait parfois : J’ai répondu autrement et de telle manière et faisait chercher par le notaire le jour de la réponse, et on la trouvait conforme à ce qu’elle déclarait, sans la moindre addition ou soustraction, ce qui surprenait, attendu son jeune âge.

Maugier Leparmentier

Elle fut interrogée quelque temps, se comportait avec beaucoup de sagesse dans ses réponses, si bien que les assistants s’en émerveillaient.

Pierre Daron(alors procureur de Rouen)

A entendu dire que Jeanne dans ses réponses faisait merveille et qu’elle avait une mémoire surprenante ; en effet, interrogée une fois sur un point déjà traité peut-être huit jours avant, elle répondit : J’ai été interrogée tel jour […] et j’ai répondu ainsi. ; Boisguillaume déclara qu’elle n’avait pas répondu, d’autres assesseurs prétendait le contraire ; on fit lecture de la réponse au jour indiqué, et on trouva que Jeanne avait raison ; Jeanne s’en réjouit et dit à Boisguillaume que, s’il se trompait une autre fois, elle lui tirerait l’oreille.

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