Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Prison de Jeanne

Guillaume Manchon(principal notaire du procès)

Cauchon tenait le parti des Anglais ; lui-même vit Jeanne enchaînée avant le début du procès, puis confiée à quatre gardes anglais désignés par les deux juges (Cauchon et Lemaître). Jeanne était traitée cruellement et les instruments de torture lui furent montrés à la fin du procès.

Véridique ; il y avait quatre ou cinq gardiens, dont l’un était le chef.

Jeanne demanda plusieurs fois à être conduite dans une prison d’Église, avant et pendant le procès ; on ne l’écouta pas, car les Anglais et Cauchon aurait refusé ; et aucun conseiller n’osa en parler.

Il accompagna une fois Cauchon et Warwick dans la prison de Jeanne ; elle était dans des entraves de fer. Il entendit dire que la nuit elle avait le corps attaché par une chaîne de fer, mais ne l’a pas vue ainsi. Il n’y avait ni lit, ni rien pour coucher. Elle avait quatre ou cinq gardiens, hommes de peu.

Durant son procès, on signala à Jeanne qu’il n’était pas décent pour une femme de porter un habit d’homme et des chausses attachées avec beaucoup de lacets ; elle répondit que Cauchon et Warwick savaient bien que ses gardiens avaient essayé plusieurs fois de la violer et qu’une fois, si Warwick n’était pas accouru à ses cris, ils y seraient parvenus. De cela elle se plaignait.

Pierre Miget

Jeanne fut détenue au château de Rouen ; la vit en être extraite.

Entendit dire que Jeanne était traitée cruellement en prison, ferrée aux pieds comme aux mains.

Probable ; car elle fut toujours gardée par des Anglais, qui lui refusèrent la prison d’Église.

Véridique ; mais n’a pas vu Jeanne dans des entraves ou des chaînes.

Les Anglais décidèrent du procès, firent pression sur les juges, et refusèrent que Jeanne soit gardée en prison d’Église.

Jeanne étaient gardée par des Anglais, en prison laïque, attachée par des chaînes, et tenue à l’isolement. — Ignore si elle fut dans des entraves de fer.

Isambert de La Pierre

Véridique. Il l’a vit dans la prison du château de Rouen, dans une pièce assez obscure, parfois enchaînée et entravée.

Cauchon tenait le parti des Anglais. Croit qu’au début du procès il ordonna de la tenir entravée et désigna lui-même les Anglais pour la garder, interdisant que personne ne pût lui parler sans son autorisation, ou celle du promoteur appelé Benedicite [d’Estivet].

Pierre Cusquel

L’a vue deux ou trois fois, dans une pièce du château de Rouen du côté de la porte postérieure.

À l’époque du procès, il fréquentait souvent le château grâce à son patron, maître Jean Son, maître d’œuvre en maçonnerie. Avec la permission des gardiens il entra deux fois dans la prison de Jeanne, et il la vit dans des entraves de fer et attachée par une longue chaîne fixée à une poutre ; et dans la propre maison du témoin fut pesée une cage de fer, dans laquelle on disait qu’elle serait enfermée ; il ne la vit cependant pas dans cette cage.

Il vit Jeanne incarcérée au château, dans une pièce située sous un escalier, vers les champs.

Il entra deux fois dans la prison de Jeanne, grâce à maître Jean Son, alors maître d’œuvre audit château ; il s’entretint avec elle et l’avertit de parler avec prudence, s’agissant de sa vie. Et il ajoute qu’une cage de fer fut construite pour l’enfermer debout, et qu’il la vit peser dans sa maison ; cependant il ne vit pas Jeanne à l’intérieur.

Jeanne fut placée au château de Rouen, dans la prison du château, dans une pièce située sous un escalier, du côté de la campagne, où il la vit et lui parla deux fois. — On fit faire une cage de fer pour la détenir debout, laquelle fut pesée dans sa propre maison. Mais il n’y vit pas Jeanne enfermée dedans.

Martin Lavenu

Véridique ; l’a vit plusieurs fois enchaînée dans la prison.

Jeanne était dans une prison laïque, dans des entraves et attachée par des chaînes, et personne ne pouvait lui parler sans la permission des Anglais, qui la gardaient jour et nuit.

Nicolas Taquel(troisième notaire du procès)

Vers le milieu du procès, les deux notaires l’appelèrent à se joindre ; il vit Jeanne dans la prison du château de Rouen, dans une tour vers la campagne.

Il a vu Jeanne en prison, entravée même pendant sa maladie ; un Anglais montait la garde devant son cachot, sans l’autorisation duquel personne ne pouvait l’approcher, même les juges.

Pierre Bouchier

Sait bien qu’elle était en prison dans le château de Rouen ; mais ignore si elle était enchaînée ; personne ne pouvait lui parler sans l’autorisation de quelques Anglais qui avaient sa garde. Il ne l’a vit sortir qu’escortée d’Anglais. Certains étaient enfermés avec elle, dans une pièce fermée par trois clefs gardées l’une par le seigneur cardinal ou le susdit bachelier [le cardinal d’Angleterre ou son garde de sceau, mentionné à sa réponse à l’article 4], l’autre par l’inquisiteur, la dernière par messire Jean Benedicite le promoteur ; et les Anglais redoutaient fort qu’elle s’évadât.

Nicolas de Houppeville

Sait que Jeanne était dans la prison du château et gardée par des Anglais seulement. Confirme la rumeur.

Jeanne était en prison au château de Rouen, gardée par les Anglais.

Jean Massieu(huissier du procès)

Le croit véridique et évident, car pour la garder il y avait cinq Anglais de jour et de nuit, dont trois étaient de nuit enfermés avec elle, et deux de nuit en dehors du cachot.

Lui-même conduisait Jeanne de la prison à l’interrogatoire, y assistait toujours et la reconduisait en sa prison ; tous les assistants avaient peur.

Jeanne se trouvait au château de Rouen, dans une chambre à mi-étage, où l’on montait par huit marches. Il y avait un lit où elle couchait ; une grosse pièce de bois, dans laquelle était fixée une chaîne de fer servant à l’attacher ; et cinq Anglais de la plus misérable condition pour la garder, des houssepaillers [en français], qui désiraient sa mort et la tournaient en dérision, ce qu’elle leur reprochait. — Tient du forgeron Étienne Castille qu’il avait construit une cage de fer, dans laquelle Jeanne était détenue debout, attachée par le cou, les mains et les pieds, dans laquelle elle fut enfermée depuis son arrivée à Rouen jusqu’au début du procès. Cependant lui-même ne la vit pas dedans.

Guillaume du Désert

L’a vue une fois au château, alors qu’on la conduisait devant ses juges. Ne sait rien des craintes et pressions.

André Marguerie

Croit qu’elle fut gardée par les Anglais car ils avaient la garde du château.

Il la vit dans la prison du château de Rouen. Croit qu’elle était gardée par les Anglais, car ceux-ci avaient la garde du château. Le témoin a toujours désapprouvé qu’elle soit gardée par des laïcs en un procès de foi, surtout après la première sentence, quand elle fut condamnée à la prison perpétuelle.

Richard de Grouchet

Il la vit au château de Rouen où elle fut incarcérée.

Jeanne était en prison au château, gardée, amenée et emmenée par les Anglais. Ne sait rien des entraves et des chaînes, bien qu’il eût entendu dire qu’elle était détenue durement et étroitement.

Thomas Marie

A entendu d’un serrurier qu’il avait fait une cage de fer pour y tenir Jeanne enfermée ; et croit qu’elle fut placée dans cette cage. Ne sait rien des gardiens.

Jean Riquier

N’a pas vu Jeanne en prison ; on disait que personne n’osait lui parler, qu’elle était enchaînée, et que les Anglais la gardaient.

Ne vit pas Jeanne dans sa prison, car on disait que personne n’aurait osé lui parler. Elle était au château, attachée, disait-on, par une chaîne de fer, et gardée par les Anglais.

Jean Fave

Le croit vrai ; a entendu dire qu’on changeait souvent les gardes de Jeanne.

Jean Tiphaine

Jeanne était emprisonnée à l’intérieur d’une tour du château ; il la vit enchaînée par les jambes ; il y avait aussi un lit.

Guillaume de la Chambre

Jeanne se trouvait dans la prison du château de Rouen ; il l’y vit.

Thomas de Courcelles

Jeanne était dans la prison du château, sous la garde d’un certain Jean Grilz et de ses serviteurs, les pieds dans des entraves de fer ; mais ne sait si elle se trouvait toujours ainsi. — Beaucoup d’assistants auraient voulu qu’elle soit placée en prison d’Église, mais ne se rappelle pas qu’on en ait discuté lors des délibérations.

Aimon de Macy

Jeanne fut conduite au château de Rouen, dans une prison tournée vers la campagne. Un jour, le comte de Ligny [Jean de Luxembourg], qui était arrivé à Rouen accompagné du témoin, voulut voir Jeanne ; il vint vers elle en compagnie du comte de Warwick, du comte de Stafford, du chancelier d’Angleterre [Henri Beaufort], de son frère alors évêque de Thérouanne [Louis de Luxembourg], et du témoin. Ligny lui dit : Jeanne, je suis venu ici pour vous mettre à rançon, à condition que vous promettiez de ne jamais vous armer contre nous. Elle répondit : En nom Dieu [en français : En nom Dé], vous vous moquez de moi, car je sais bien que vous n’en avez ni le vouloir, ni le pouvoir ; et le répéta car le comte insistait ; puis elle ajouta : Je sais bien que ces Anglais me feront mourir [en français], croyant après ma mort gagner le royaume de France ; mais même s’ils étaient cent mille godons [en français] ou plus, ils n’auraient pas le royaume. Stafford, indigné, tira sa dague pour la frapper mais Warwick l’en empêcha.

Guillaume Colles, dit Boisguillaume(second notaire du procès)

Jeanne était dans une prison forte, avec des entraves de fer. Elle avait un lit ; des gardiens anglais, dont elle se plaignit souvent qu’ils la tracassaient et la maltraitaient.

Jean Lefèvre

Jeanne était en prison au château de Rouen, mais ignore dans quelles conditions. Il déplaisait fort à plusieurs assesseurs qu’elle ne soit pas en prison d’Église ; lui-même murmura plusieurs fois, jugeant irrégulier qu’ayant été livrée à l’Église on l’ait remise à des laïcs, et surtout des Anglais ; plusieurs étaient de cette opinion, mais personne n’osait en parler.

Maugier Leparmentier

Elle était dans la grosse tour du château. Il l’y vit, appelé pour la soumettre à la torture, mais ne fit rien.

Laurent Guesdon(alors lieutenant du bailli de Rouen)

Elle était dans la prison du château de Rouen, et non dans la prison ordinaire, mais ignore comment et pourquoi.

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