Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc

#Réponses de Jeanne

Isambert de La Pierre

Quand elle parlait du royaume et de la guerre, elle paraissait mue par le Saint Esprit ; mais, quand elle parlait de sa personne, elle imaginait parfois. En tout cas, ses dits ne pouvaient la condamner comme hérétique ; s’en rapporte au procès.

Jeanne avait environ 19 ans, était intelligente et répondait sagement ; mais elle n’était pas capable de répondre aux questions difficiles qu’on lui posait.

Véridique ; cependant, Jeanne répondait bien à certaines questions, comme on peut le constater par le procès.

Nicolas Taquel(troisième notaire du procès)

Jeanne paraissait bien 19 ans ; ingénue comme une fille de son âge, répondant parfois bien, parfois hors propos.

Il était présent lors d’interrogatoires difficile. Elle répondait aux juges qu’il ne lui appartenait pas de répondre, et qu’elle s’en rapportait à eux. Quelques-uns des docteurs assistant lui disaient parfois : Vous avez bien parlé, Jeanne.

Jeanne, quelquefois fatiguée par de nombreux interrogatoires, demandait un délai jusqu’au lendemain, et on le lui accordait.

Pierre Bouchier

Elle avait 19 ans, on disait qu’elle était assez sage dans ses réponses.

Ne sait rien sinon que Jeanne répondait seule et sans conseil.

Nicolas de Houppeville

Le croit véridique et que la constance de Jeanne avait convaincu beaucoup de gens des secours spirituels reçus par elle.

Elle paraissait vingt ans ; était simple et ignorante du droit ; pas en état de se défendre elle-même, elle conservait cependant une grande fermeté : beaucoup en déduisaient qu’elle avait un soutien spirituel.

Jean Massieu(huissier du procès)

Jeanne était âgée de 19-20 ans, très simple dans son comportement, mais humble et prudente dans ses réponses.

Se rappelle qu’on faisait à Jeanne des questions hachées, ou des questions difficiles lancées par plusieurs à la fois ; elle s’en plaignait : Faites l’un après l’autre. Lui-même admirait comment elle pouvait répondre aux questions subtiles et captieuses qui lui étaient posées, questions auxquelles un homme cultivé aurait malaisément pu répondre bien.

Lorsqu’on demanda à Jeanne si elle était en état de grâce, le frère Jean Le Fèvre qui jugeait ses réponses satisfaisantes, déclara cependant qu’on la persécutait trop ; les interrogateurs lui dirent de se taire.

Nicolas Caval

Jeanne lui semblait être bien jeune ; il l’a entendue une fois en pleine audience, elle parlait avec assez de sagesse. [D’après le procès de condamnation, Caval a assisté à deux interrogatoires.]

A connu Jeanne à l’occasion de son procès, auquel il assista pendant quelques jours, sans avoir été requis cependant. Il assista à un de ses interrogatoires, elle répondait avec assez de sagesse et avait une très bonne mémoire. En effet, elle répliquait parfois : J’ai répondu autrement et de telle manière et faisait chercher par le notaire le jour de la réponse, et on la trouvait conforme à ce qu’elle déclarait, sans la moindre addition ou soustraction, ce qui surprenait, attendu son jeune âge.

Guillaume du Désert

Jeanne avait 18/19 ans. On disait qu’elle répondait avec sagesse et habileté.

Guillaume Manchon

Elle répondait parfois savamment et parfois avec simplicité. Croit qu’elle n’aurait pas été capable de se défendre seule contre tant de docteurs si elle n’avait été inspirée.

Jeanne était très simple, répondait avec simplicité, mais parfois aussi avec beaucoup de prudence, comme on peut le voir dans le procès. — Croit qu’elle n’aurait pu se défendre dans une cause si difficile contre tant de docteurs, si elle n’avait été inspirée.

Jeanne fut fatiguée par des questions nombreuses et diverses. — On l’interrogeaient trois ou quatre heures le matin ; et parfois deux ou trois heures l’après-midi, sur des points difficiles et subtiles extraits de ses dépositions. — On passait d’une question à une autre, en changeant de sujet ; malgré tout elle répondait avec sagacité et se souvenait de ses réponses ; ainsi disait-elle très souvent : Moi je vous ai répondu autrement sur cela et s’en rapportait au notaire qui dépose [Manchon lui-même].

Pierre Cusquel

Jeanne avait environ 20 ans, parlait avec prudence ; mais croit qu’elle était ignorante du droit et peu capable de répondre à tant de docteurs.

Jeanne devait avoir presque vingt ans. Elle était toute simple et sans doute ignorante du droit, bien qu’elle répondît avec prudence.

André Marguerie

Estime que Jeanne était avisée dans certaines de ses réponses.

N’a connu Jeanne qu’au début du procès, auquel il assista peu. Elle était jeune quoique prudente en ses réponses.

Richard de Grouchet

Elle était ignorante du droit et de la procédure ; mais répondait avec sagesse et très exactement. Il entendit dire à l’abbé de Fécamp qu’un grand clerc aurait bien pu faillir dans les réponses aux interrogations difficiles qui lui étaient faites.

La vit interrogées sur des questions difficiles et captieuses auxquelles néanmoins, en considérant sa faiblesse de femme, elle répondait bien. Parfois elle faisait remarquer qu’elle avait déjà répondu à certaines questions qui lui étaient à nouveau posées, en indiquant le jour.

Pierre Miget

Il la vit répondre de manière catholique et sage sur des points touchant la foi, sauf sur les visions qu’elle disait avoir et sur lesquelles, au jugement du témoin, elle insistait trop.

Elle répondait en catholique et avec prudence, attendu de son âge et de son état ; mais insistait trop dans les visions qu’elle prétendait avoir eues.

Martin Lavenu

Elle était très ignorante, savait à peine le Pater noster ; l’a entendue parfois répondre avec foi et sagesse.

Jean Le Fèvre

Ne sait rien sauf ceci : comme on demandait à Jeanne si elle était dans la grâce de Dieu, le témoin présent dit que ce n’était pas une question convenant à une telle femme ; alors l’évêque de Beauvais lui répliqua : Il vaudrait mieux pour vous que vous vous taisiez.

Elle répondait très sagement aux interrogations, mises à part les révélations, à tel point que pendant trois semaines il la crut inspirée. [Lefèvre assista à 6 interrogatoires entre le 21 février et 22 mars, puis à autant d’autres séances et délibérations.]

On l’interrogeait très profondément sur quelques points, et elle s’en tirait avec compétence. On passait parfois d’une question à une autre pour voir si elle modifierait ses propos.

On posait à Jeanne beaucoup de questions profondes, dont elle se tirait cependant assez bien. On passait volontairement d’une question à une autre, pour voir si elle se contredisait. On la fatiguait par de longs interrogatoires, de deux ou trois heures, qui fatiguaient aussi les docteurs. On l’interrompait. Si bien que l’homme le plus savant du monde aurait difficilement pu répondre.

Un jour, alors qu’on relisait à Jeanne ses déclarations au sujet de ses apparitions, il l’interpella car il lui semblait qu’une réponse avait été mal consignée ; elle demanda au notaire de la relire et témoigna qu’elle avait dit le contraire ; sa réponse fut corrigée. Guillaume Manchon l’invita à être plus vigilante.

Thomas Marie

A entendu de plusieurs assistants au procès qu’elle répondait avec autant de sagesse aux questions que l’aurait fait un excellent clerc.

Jean Riquier

A entendu dire qu’elle répondait avec sagesse ; à tel point que si certains des docteurs avaient été ainsi interrogés, ils auraient pu difficilement répondre aussi bien.

A entendu dire que Jeanne répondait avec sagesse, au point qu’aucun des docteurs qui l’interrogeaient n’aurait mieux répondu.

Jean Tiphaine

A connu Jeanne à l’occasion de son procès à Rouen. Il déclina la première convocation, mais vint à la seconde : elle faisait de très belles réponses. — Il assista à un interrogatoire où les juges et les assistants se tenaient dans une petite pièce, derrière la grande salle du château : elle répondait prudemment, sagement et avec beaucoup de courage.

Jean Monnet(secrétaire de Jean Beaupère)

Pour des questions qu’elle jugeait ne pas devoir répondre, elle disait s’en rapporter à la conscience de ceux qui l’interrogeaient, pour savoir si elle devait ou non répondre.

Jean Marcel

Le frère Jean Le Sauvage avait assisté au procès mais en parlait avec réticence. Il lui confia cependant qu’il n’avait jamais vu une femme de cet âge donner tant de peine à ceux qui l’interrogeaient, et qu’il admirait beaucoup ses réponses et sa mémoire. Une fois, comme le notaire relisait ce qu’il avait écrit, Jeanne lui dit qu’elle n’avait pas répondu ainsi, et s’en rapporta aux assistants, qui lui donnèrent tous raison.

Guillaume Colles, dit Boisguillaume(second notaire du procès)

Jeanne répondait très prudemment. Si on la réinterrogeait sur un point déjà abord elle renvoyait à ses dépositions qu’elle faisait lire aux notaires.

Maugier Leparmentier

Elle fut interrogée quelque temps, se comportait avec beaucoup de sagesse dans ses réponses, si bien que les assistants s’en émerveillaient.

Pierre Daron(alors procureur de Rouen)

A entendu dire que Jeanne dans ses réponses faisait merveille et qu’elle avait une mémoire surprenante ; en effet, interrogée une fois sur un point déjà traité peut-être huit jours avant, elle répondit : J’ai été interrogée tel jour […] et j’ai répondu ainsi. ; Boisguillaume déclara qu’elle n’avait pas répondu, d’autres assesseurs prétendait le contraire ; on fit lecture de la réponse au jour indiqué, et on trouva que Jeanne avait raison ; Jeanne s’en réjouit et dit à Boisguillaume que, s’il se trompait une autre fois, elle lui tirerait l’oreille.

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