Déposition de Jean Marcel
Interrogé une fois en 1456.
Jean Marcel, bourgeois de Paris, âgé d’environ 56 ans. Interrogée comme le précédent.
Art. 1-4. Vie et dévotion de Jeanne
Vit Jeanne pour la première fois lors de la prédication de Saint-Ouen [24 mai].
Art. 5-8. Invalidité du procès dès son ouverture
Il demeurait à Rouen à l’époque où Jeanne fut prise près de Compiègne et conduite à Rouen.
On disait que Cauchon la réclama pour faire son procès, mais il ignore par quelle passion fut-il poussé ou comment il procéda.
Art. 10. Dissimulation de l’examen de virginité
A entendu dire Jeanne fut inspectée par la duchesse de Bedford, qu’on la trouva vierge.
Tient de Jeannot Simon, tailleur de tuniques, que la duchesse lui avait commandé une tunique de femme pour Jeanne. Lorsqu’il voulut l’en revêtir il la prit doucement par la poitrine, mais elle en fut si indignée qu’elle le gifla.
Art. 11-14. Difficulté et acharnement des interrogatoires
Le frère Jean Le Sauvage avait assisté au procès mais en parlait avec réticence. Il lui confia cependant qu’il n’avait jamais vu une femme de cet âge donner tant de peine à ceux qui l’interrogeaient, et qu’il admirait beaucoup ses réponses et sa mémoire. Une fois, comme le notaire relisait ce qu’il avait écrit, Jeanne lui dit qu’elle n’avait pas répondu ainsi, et s’en rapporta aux assistants, qui lui donnèrent tous raison.
Art. 23-25. Première sentence et abjuration
Lors de la prédication de Saint-Ouen, Jeanne était en habit d’homme. Il était trop loin de Guillaume Érard pour saisir son sermon mais entendit Laurent Calot et quelques autres reprocher à Cauchon de trop tarder à prononcer sa sentence et qu’il jugeait mal ; lequel répondit qu’on en mentait.
Art. 28-33. Deuxième sentence et supplice
Il assista à la seconde prédication, et il la vit dans le feu, répétant à haute voix : Jésus
. — Croit fermement qu’elle mourut en bonne chrétienne ; et le sait des religieux qui l’accompagnaient à l’heure de sa mort. La plupart des assistants pleuraient, pleins de douleur et de pitié, car on disait que Jeanne avait été injustement condamnée.
Le témoin, dûment interrogé sur le contenu desdits articles, ne sait rien d’autre.