Études : La prétendue vie de Jeanne d’Arc par Anatole France (1908)
La prétendue vie de Jeanne d’Arc par Anatole France (Science catholique, août 1908)
Nouvel article du père Ayroles sur l’ouvrage d’Anatole France, qui semble être la préface d’une publication à venir. Cette vie de Jeanne d’Arc ne serait qu’un prétexte pour critiquer l’Église et la France chrétienne, l’auteur semblant se donner pour mission de continuer Voltaire, tout en le dépassant.
La secte veut déposséder l’histoire de tout ce que manifeste le surnaturel. Elle veut que le plan soit appliqué dans les écoles de tout degré. M. France n’a fait que développer en grand la conception de Jeanne d’Arc telle que M. Thalamas l’a présentée.
La Science catholique : revue des questions religieuses, 2e année, n°9, août 1908, p. 849-856, Gallica
L’ouvrier et l’œuvre.
C’est tout autre chose qu’une vie de Jeanne d’Arc qu’a prétendu donner au public l’auteur de la Rôtisserie de la reine Pédauque, de l’Orme du mail, du Mannequin d’osier, etc. Ces titres bizarres, vulgaires comme la réunion de censeurs misanthropes sous un ormeau de promenade publique, ou la rencontre dans un restaurant borgne de types imaginaires, impossibles, ne sont, d’après les comptes-rendus que j’en ai lus, — Prêtre, je scandaliserais les lecteurs si je disais les connaître autrement, — ne sont qu’un cadre pour l’exposition des idées impies, sceptiques, radicalement subversives de l’auteur. Le fond des idées de la prétendue vie de Jeanne d’Arc n’est pas autre ; mais au lieu du cadre banal et fictif des romans précédents, l’auteur a choisi pour fond du tableau le personnage historique, le plus radieux et le plus sympathique, Jeanne la Pucelle.
M. France est brûlé jusqu’à la moelle des os par la haine du christianisme. La vue de la Vénérable Pucelle, si belle personnification, preuve si attrayante de la foi, lui donne le vertige. Pour faire disparaître des annales humaines cette irréfragable apparition du surnaturel, il n’hésite pas à détruire toute certitude historique, à bafouer non seulement la sainteté, l’Église, ses mystères, mais encore tout le passé de la France et de l’Europe chrétienne, inconscient dans son délire, semble-t-il, des contradictions si patentes qui foisonnent dans ses pages.
D’après les critiques, plutôt bienveillants qu’hostiles qu’il m’a été donné de lire, les impressions laissées par ses ouvrages précédents sont celles d’un nihilisme patelin et élégant, d’un mépris par une âme hautaine des hommes et des lois qui les régissent ; les croyances, les institutions sont desséchées dans leurs racines ; c’est l’universelle destruction opérée le sourire sur les lèvres.
Jouir et disserter sur les sujets les plus divers est le but de la vie. L’amour et la haine, le libertinage et la dévotion ont du bon ; tout est bon, tout est mal. Le monde n’a de bon que parce qu’il fournit de matière et de prétexte aux phrases des beaux esprits.
Les phrases du malfaiteur littéraire sont remarquables par leur limpidité, leur classicisme impeccable et de bon aloi. Le poison est versé dans un vase ciselé, par une main fine, qui tue en paraissant folâtrer et se jouer.
La Rôtisserie, dit un critique, est à l’instar de Candide, et des facéties philosophiques du XVIIIe siècle, répercussion retentissante de celles du XVIe. L’historien justicier, le chanoine Maynard, qui a fait pour jamais, pièces par pièces, l’autopsie du plus vil des hommes, nous dit que Candide et la Pucelle sont les deux œuvres qui caractérisent le mieux le père de l’incrédulité des deux derniers siècles. La Rôtisserie de la reine Pédauque et la prétendue Vie de Jeanne d’Arc, sont, ce semble, la caractéristique de celui qui se donne pour mission de continuer Voltaire, tout en le dépassant, sur plusieurs points. Le fils du notaire royal du Châtelet trouva que le nom d’Arouet était peu euphonique, qu’il avait quelque chose de sec, de mesquin ; il le remplaça par celui plus ample, mieux sonnant de Voltaire. M. Anatole France s’appellerait-il Jacques Thibault de son vrai nom ? On l’a imprimé. Quoique il en soit, ce n’est pas sans une profonde répugnance que l’on voit le nom de la noble et douce mère profané, par celui qui s’attache à en dénigrer le passé le plus glorieux, le passé chrétien, et celle qui le montre dans son plus bel idéal, Jeanne La Pucelle.
Arouet-Voltaire écrivait à Dalembert le 6 février 1757, éclairez (lisez enténébrez) et méprisez le genre humain. La nièce préférée, son héritière, comme sa fille, la dame Denys, la maîtresse de sa maison, lui disait un jour : Vous êtes le dernier des hommes parle cœur.
Rien de plus vrai. Cela ressort des quatre-vingts ans de sa vie, des centaines de ses volumes. Cela est vrai du disciple. Il a écrit sous le nom de vie de Jeanne d’Arc douze cents pages, sans qu’il y en ait une seule qui repose. Pas un accent, d’admiration sincère, de vraie sympathie.
Il ne croit pas que l’homme soit capable de nobles sentiments, d’actes qui dépassent les mobiles qui font agir la bête,lui qui écrit :
On trouve la peur ou l’intérêt à l’origine de tous les dévouements (préface, LXXIX).
Son plaisir est de tout déflorer. Dans les héroïques Orléanaises montant sur le rempart pour repousser l’ennemi, il voit
des commères éprouvant une joie furieuse d’échauder les godons (I, 144).
Les habitants du Valois célébrant par les cris répétés de Noël, Noël, le bonheur de redevenir Français, lui inspirent un ricanement qui, par la forme lyrique qu’il affecte, a quelque chose de vraiment infernal (II, 12-13). Si dans quelques phrases ou demi-phrases il affecte l’admiration, pour l’hallucinée, la petite sainte, ainsi qu’il aime à l’appeler, c’est l’admiration pour un déterminisme, un automatisme d’un genre à part, auquel il la dit soumise. Par ailleurs il ne manque pas de la rabaisser, même comme sainte. C’est toute sainteté qu’il prétend railler dans sa personne.
Il faut savoir jouir, tout, le reste n’est rien
, écrivait le 22 décembre 1772, à son royal compère Frédéric, le Seigneur de Ferney. Sa jouissance était de mépriser le genre humain, même ceux qu’il adulait publiquement, ainsi qu’en témoigne sa correspondance secrète. N’est-ce pas le sentiment qui inspire la fureur de dénigrement dont déborde la prétendue vie de Jeanne d’Arc. L’auteur écrit :
Les gens qui ne croient à rien sont toujours en dehors des sentiments communs (II, 763).
Après avoir brigué et obtenu le droit de s’asseoir sous la coupole, M. France, à ce qu’on écrit, dédaigne d’honorer l’académie de sa présence, différent en cela du patron qui, de retour à Paris, s’y rendait avec empressement pour y être applaudi, et régenter le corps des immortels ; accueil et rôle que le minuscule Voltaire ne peut vraisemblablement pas se promettre.
Il n’en défend pas moins l’ancêtre :
Voltaire railla sur Jeanne les moines fripons et leurs dupes. Si l’on rappelle les petits vers de la Pucelle, pourquoi ne pas rappeler aussi l’article du dictionnaire philosophique, qui renferme en trois pages plus de vérités solides et de pensées généreuses qu’on n’en trouve dans certain gros ouvrage, où Voltaire est insulté en jargon de sacristie ? (préface, LXII).
Les petits vers remplissent vingt-et-un chants :
Ce n’est pas de l’amour, — dit le consciencieux et véridique historien déjà cité, — ce n’est pas du plaisir, ce n’est pas de la débauche, c’est de la bestialité.
Peccadilles, le but excuse les moyens. Ce sont railleries contre les moines fripons et leurs dupes. Quel est celui qui oserait aujourd’hui soutenir les vérités du dictionnaire philosophique ? Le Père Nonnotte avait avancé que d’après le procès, l’accusée de Rouen avait dix-neuf ans, et par suite n’en avait que dix-sept à son arrivée à Chinon. Arouet en fait la XVIIe sottise du Jésuite, prétend que d’après le procès elle en avait vingt-neuf, et que par suite, c’est à vingt-sept qu’elle s’était présentée au Dauphin. N’est-il pas reconnu de tous que la sottise n’est pas du côté de Nonnotte, mais de celui qui la lui impute avec une telle effronterie ? Trouverait-on quelqu’un qui osât soutenir que le berger du Gévaudan faisait des prédictions du côté de Xaintrailles dans le temps même où la Pucelle en faisait du côté de Dunois ? Cette malheureuse Pucelle est une idiote qui a rendu de grands services au roi et au royaume. Cela ne cesse pas d’être quelque peu merveilleux, et en tout cas diminue notablement les mérites de l’inconsciente. D’après l’essai sur les mœurs, Baudricourt la découvrit dans un cabaret de Vaucouleurs et l’endoctrina ; elle fut condamnée par Cauchon et cinq évêques français ; d’après le dictionnaire philosophique par quarante-quatre prêtres français. Quel jury d’examinateurs ne refuserait pas le certificat d’études primaires au candidat qui débiterait ces vérités solides, ces pensées généreuses, les seules que l’on trouve sur la Pucelle dans la prose du roi des menteurs ?
Quant au jargon de sacristie, c’est de l’atticisme le plus pur comparé à celui dont use Arouet contre les Welches, pour lui les Français, contre son frère ennemi de Genève, et contre tous ceux qui ont le tort irrémissible de ne pas l’admirer. Que le lecteur excuse le court spécimen donné en note*.
(* Il écrivait à d’Argental le 2 sept. 1767 : Allez, mes Welches… Vous êtes la chiasse du genre humain.
Jean-Jacques Rousseau est le descendant direct, et le descendant enragé du chien de Diogène et de la chienne d’Erostrate. On ferait une longue litanie qui n’aurait rien du jargon de sacristie, des aménités pareilles dont le Seigneur de Ferney gratifiait Fréron, Fontaine et bien d’autres.)
Traiter une femme, fut-ce Isabeau de Bavière, de poulinière, traduire constamment le mot mulierculæ par femelles, est un jargon que les hommes de sacristie laissent au défenseur de l’infâme Pucelle.
Le genre humain la met au pilori. Le disciple s’en rend compte. Le pornographe, donné comme profondément voluptueux dans ses autres écrits, ne s’accuse dans la prétendue vie de Jeanne d’Arc, que par la crudité de multiples expressions, des insinuations à demi mot, quelques assertions peu chastes et fausses, semées de-ci de-là. Ce n’est pas la bestialité, de l’ancêtre ; mais c’en est bien la haine raffinée contre tout ce qui porte l’empreinte chrétienne. Bien plus, ce que le Seigneur de Ferney, le gentilhomme de la chambre, n’aurait pas supporté, c’est la haine contre tout ordre social.
La haine n’éclate généralement pas en blasphèmes hurlants et retentissants comme dans maintes pages de l’aïeul. Pareil ton est démodé ; il est abandonné aux apaches. Le cri de guerre : Écrasons l’infâme ne serait pas supporté ; il a été traduit par celui de : Le cléricalisme, voilà l’ennemi. Serait-ce l’explication des pages emportées contre le prêtre qui s’intercalent dans le récit constamment persifleur et ironique ! Dans la plus grande partie de l’ouvrage, l’impiété de Voltaire se couvre des formes cafardes de Renan. Ce sont les allures de l’auteur de la vie de Jésus, coupées parfois par les goguenardises impudentes de Rabelais.
Une loi est constamment observée dans toute la composition ; c’est celle qu’Arouet-Voltaire formulait, en 1736, pour ses disciples présents et futurs, lorsque le 21 octobre, il écrivait à son factotum, son porte-voix parmi les adeptes, Thiériot :
Le mensonge est un vice quand il fait du mal ; c’est une vertu quand il fait du bien. Soyez plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps ; mais hardiment et toujours… mentez, mentez, mes amis, mentez, je vous le rendrai, à l’occasion.
Le disciple est ici tout à fait à la hauteur du maître. Il porte le mensonge sur tout, même sur les dates cyniquement déplacées… Le bas des pages couvert de références est un trompe l’œil. L’auteur sait bien que le lecteur n’ira guère les vérifier. Le temps et les moyens de vérification font défaut à la presque totalité. Non seulement, la plupart des renvois ne prouvent pas l’assertion du texte, ils disent parfois tout le contraire. Le mensonge prend toutes les formes. Ici c’est pure invention ; là c’est la transposition des faits qui change complètement, dénature les événements au milieu desquels ils sont intercalés. La valeur des documents les plus irréfragables est tantôt atténuée par un doute négligemment jeté, tantôt effrontément niée. C’est vainement que la fausseté de certains auteurs est démontrée et universellement admise. S’ils favorisent le parti pris de dénigrement de l’écrivain, le calomniateur devient un grave personnage, quelque décrié qu’il soit par ailleurs ; et ses calomnieuses inventions sont des faits acquis. Tel le factum des 70 articles du promoteur d’Estivet. Pas un procédé de mentir, dont on ne puisse montrer, dont on ne trouve de nombreux exemples. Nous ne serons dans la suite de ce travail embarrassé que par le choix. L’auteur n’échappe pas au châtiment du mensonge longuement ourdi ; celui de se contredire. Sans relever toutes les faussetés et toutes les perfidies dont presque chaque page est cousue, il en faudra dire assez pour montrer que l’œuvre est le contraire d’une histoire.
En dépit du talent littéraire de l’auteur, la forme elle-même est contraire à celle de l’histoire. La forme de l’histoire se compose de gravité, de dignité, vêtements de la vérité. Rien ne lui est plus contraire que l’ironie continue. La prétendue vie de la Pucelle est un long persiflage, qu’une haine dont l’auteur n’est pas le maître, fait souvent dégénérer en sarcasmes, pleins d’insultes à tout ce qui est respectable et saint. L’auteur du siècle de Louis XIV, et de l’histoire de Charles XII, tout en manquant lui-même de gravité, blâmerait hautement le disciple maladroit qui outre à ce point ses défauts.
Les qualités littéraires, le savoir même de l’académicien deviennent des défauts par l’abus qu’il en fait. Elles dégénèrent en un pédantisme qui n’est pas plus de mise dans l’histoire que dans la conversation.
Lexique vivant, l’académicien porte dans sa tête des mots que nous avons vainement cherchés dans Littré et Lacurne. Sa phrase par ailleurs si correcte et si limpide est soudain obscurcie par des mots dont un lecteur lettré, et peut-être un collègue au palais Mazarin, serait excusable de ne pas connaître la signification. Tels les mots : Coitreaux, Castoiement, Grande Gorre, Chantepleure, Yeux voirons, et bien d’autres ; telles les expressions : connaissaient les aïtres, gisaient sous lames, etc.
Une telle connaissance des vieux mots, des tournures abstruses du français, justifie la place sollicitée, obtenue, et depuis dédaignée, parmi les ouvriers du dictionnaire, et les régulateurs de la langue ; mais c’est un défaut, que dans une histoire, on soit obligé d’avoir recours à un double dictionnaire, alors surtout que l’on déclare vouloir être lu par tous.
Dans ses descriptions, l’auteur semble beaucoup plus préoccupé de montrer les virtuosités d’un dilettante des lettres, que de mettre sous les yeux du lecteur le tableau exact et clair du lieu où se passent les évènements. C’est du pédantisme de transporter dans l’histoire ce qui est réservé au roman, et à la poésie descriptive. L’on ne comprend pas bien comment, de Neufchâteau à Vaucouleurs la Meuse coule toujours libre et pure entre les trochées de saules et d’aulnes et de peupliers, et comment parfois les filets glauques de ses eaux se perdent tout à coup sous terre — si tant est que cela soit exact. L’été elle couvre à peine de ses moires un peu de sable et de mousse, mais, dans la saison des pluies, elle laisse en fuyant une rosée souterraine qui remonte ça et là en flaques claires, à fleur d’herbes. C’est donc en petit le miracle des eaux du Jourdain. Vaucouleurs, vallée des couleurs, vallis colorum, le nom seul nous représente un printemps riant, et l’on nous dit, que bien qu’en fleurs la vallée est d’un aspect austère et grave, et porte un caractère de tristesse. Heureusement le ciel est là pour l’envelopper de son sourire humide, être la volupté de ce paysage tranquille et chaste. Pour ce qui est des brouillards tenaces de l’hiver ne rappelons que ce trait. Le long des sentiers du haut pays, le paysan matinal a cru, comme les mystiques dans leurs ravissements, marcher sur les nuées. N’est-ce pas un peu l’état du lecteur désireux de se former une idée nette des lieux où naquit, et grandit l’héroïne ?
L’érudition de l’auteur est étendue et variée, moins qu’il ne l’affecte cependant. Elle est peu sûre. Placer le baptême de Clovis au jour de la Passion, y faire chanter le Veni Creator qui n’est entré dans la liturgie que plusieurs siècles après, faire naître Jeanne d’Arc le jour de Noël : menues bévues ; il en est de plus grosses. Elles nous disent ce qu’il faut penser des récits légendaires des vies de sainte Catherine, de sainte Marguerite, de saint Rémy, de saint Aignan, de sainte Euverte, ironiquement et longuement racontées, empruntées parfois aux auteurs des mystères qui mettaient sur la scène les vies des saints.
L’auteur est tellement possédé du désir de faire parade de son érudition, qu’il fait l’histoire, durant près d’un siècle, de l’hôtellerie de l’Ours, dont Jeanne d’Arc voulait échanger le maître, le seigneur, comme elle dit, contre Franquet d’Arras. Il énumère les divers possesseurs, nous raconte comment elle passa entre leurs mains, nomme les principales hôtelleries de Paris à cette époque. Quatre pages ; il aurait suffi de quatre lignes.
L’ouvrage serait considérablement abrégé, s’il était allégé des digressions inutiles et des amas qui l’encombrent.
Ni fond, ni forme de l’histoire ; une composition hybride qui ne rentre dans aucun genre littéraire. Le vrai fond est un assaut donné à toute certitude historique par la manière dont le sceptique de parti pris, s’attaque à toutes les sources de l’histoire de la Vénérable, les altère, les travestit ; c’est l’insulte au siècle qui l’a vue naître, et par contre coup à tous les siècles chrétiens ; c’est le ridicule déversé sur la sainteté ; celle qu’il appelle la petite sainte hypocritement calomniée ; c’est surtout, du commencement à la fin, le blasphème tantôt patelin, tantôt emporté contre l’Église et la foi chrétienne.
La secte veut déposséder l’histoire de tout ce que manifeste le surnaturel — elle a décrété que les faits qui le manifestent seront biffés des annales humaines comme controuvés ; c’est-à-dire que ce qui a été ne fut pas ; pouvoir que n’a pas celui qui peut tout. Elle veut que le plan soit appliqué dans les écoles de tout degré. M. France n’a fait que développer en grand la conception de Jeanne d’Arc telle que M. Thalamas l’a présentée dans une brochure à laquelle il a été répondu. Il faut mettre à nu les procédés de toute malhonnêteté mis en œuvre. C’est ce qui, malgré le profond dégoût que nous avons ressenti, nous a fait étudier de près la nouvelle œuvre. — Un immense effort a été fait pour la répandre. Le premier volume, dit-on, a été enlevé. Le second a perdu de sa vogue, assure-t-on aussi. Ni l’un ni l’autre ne doivent se trouver dans la bibliothèque de quiconque a souci de la vérité et aime la France. M. le ministre de la guerre vient de l’imposer aux bibliothèques militaires. C’est la continuation du plan ; il faut de force contraindre la France à boire le poison.
J.-B.-J. Ayroles.