J.-B.-J. Ayroles  : Écrits divers (2024)

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La Royauté de Jésus-Christ et la Vénérable Jeanne d’Arc (Dom Armand Clerc)
Imprimatur : 8 mai 1907

Source : La royauté de Jésus-Christ et la vénérable Jeanne d’Arc, par Dom Armand Clerc, nom en religion de Jean-Baptiste Monnoyeur (Château de Tingry, Samer, 1907, VII-31 pages).

Lien  : Gallica

Imprimatur : Atrebati, 8 maio 1907, Z. Liénard, Vic. gén. [Diocèse d’Arras, 8 mai 1907, Zéphirin Liénard, vicaire général.]

La royauté de Jésus-Christ et la Vénérable Jeanne d’Arc

Petite par le format, la plaquette de ce titre est grande par ce qu’elle renferme. Avec le point culminant de la mission de la Vénérable Jeanne la Pucelle, elle nous fait connaître la raison et la portée du fait le plus merveilleux des annales humaines, après l’établissement du christianisme. Parce qu’on ne les a pas comprises, la figure de la libératrice est restée rapetissée, mutilée, inintelligible. L’on n’a pas compris parce qu’on ne voulait pas de l’enseignement qu’elle renferme. C’est pourtant l’enseignement sauveur. L’auguste, vénéré, très aimé Pie X, le disait au monde, la première fois qu’il a ouvert ses lèvres pour lui parler.

Il en est, et en grand nombre, — écrit Sa Sainteté dès les premières lignes de l’encyclique E supremi apostolatus cathedra, — nous ne l’ignorons pas, qui, poussés par l’amour de la paix, c’est-à-dire de la tranquillité dans l’ordre, s’associent et se groupent pour former ce qu’ils appellent le parti de l’ordre. Vaines espérances, et peines perdues ! De partis de l’ordre capables de rétablir la paix au milieu du bouleversement des choses, il n’en est qu’un, le parti de Dieu ;… et le parti de Dieu, en dépit de nos efforts, ne se réalisera, n’adviendra que par Jésus-Christ. L’Apôtre nous l’enseigne quand il nous dit : Personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui a été posé, qui est le Christ Jésus.

Jésus-Christ Roi ; sa loi, la constitution fondamentale des États, la Vénérable n’a cessé de proclamer sous toutes les formes cette vérité libératrice ; les merveilles de sa carrière n’ont été que le sceau du miracle destiné à faire resplendir aux yeux des peuples ce principe qui les renferme tous.

Le maître des événements, qui met tant d’harmonie dans ses œuvres, préparait cette mission de la fille de Jacques d’Arc, en entourant de prodiges délicieux sa venue à la vie ; il la faisait naître le jour même où fut publiquement et hautement reconnue la royauté de l’Enfant-Dieu, le jour où les Rois Mages venaient de loin, au su du plus ombrageux des tyrans, lui apporter leurs présents symboliques, parmi lesquels le tribut que l’on paie aux rois, l’or. La liturgie, que Dom Armand Clerc interprète en fidèle disciple de Dom Guéranger, est pleine, en ce jour surtout, de la royauté de Celui qui, en se faisant Fils de l’Homme, a acquis par droit de conquête et d’excellence un droit qu’il possédait déjà comme Fils éternel de Dieu.

Louis Veuillot écrivait en 1864 :

Rien ne défendra l’espèce humaine désarmée de Jésus-Christ. Sans Jésus-Christ la pauvre bête humaine sera toujours insultée et mangée ; le monstre toujours insatiable.

Au jour de l’Épiphanie, le monstre s’appelait Hérode. On lui dressa des statues, on lui donna le nom de grand. Il représente le genre de grandeur des ennemis de Jésus-Christ Roi. Ils sont grands par leur astuce à tromper, à enchaîner, à gruger, à saigner, à manger la pauvre bête humaine, à l’avilir assez pour qu’elle leur dresse des statues comme à des bienfaiteurs, et les appelle grands.

Il n’y a de refuge contre tant de tyrannie et d’opprobre que dans la royauté de Jésus-Christ. Elle est la seule qui assure aux peuples la dignité, la liberté, la paix, la sécurité dans l’ordre.

La Maçonnerie l’a parfaitement compris. Héritière des haines et des mépris du peuple, du seigneur de Ferney, continuatrice de la guerre que le plus scélérat des fils de la femme osa bien déclarer à l’Homme-Dieu ; pour elle, la céleste Pucelle est l’ennemie, comme l’Homme-Dieu transparent à travers son envoyée. Cette vue fit tomber Arouet en frénésie. Il passa trente ans à couver ce que son imagination échauffée par Lucifer en personne pouvait rêver de plus purulent et de plus blasphématoire : il l’entassa autour de ce nom si radieux : La Pucelle. Il espérait l’y submerger à jamais.

Ses fils aînés maîtres du pouvoir en 1793, se hâtèrent de renouveler ce que les huguenots avaient déjà fait en 1562. Ils se ruèrent sur le monument réédifié par les dames d’Orléans à l’entrée du pont, en l’honneur de la Libératrice, ils recherchèrent avec fureur une des rares reliques de l’héroïne, son chapeau, et le brûlèrent au milieu d’une sarabande d’enfer.

Il vint un jour où la secte rougit de ces débauches de polissonnerie et de rage. Sabrant les documents, les supprimant, les altérant, en inventant, à sa fantaisie, elle créa une Jeanne d’Arc de sa façon, une sublime hallucinée, une adepte irréductible du sens privé. La fille de l’Église devenait une machine de guerre contre l’Église. Ce fut la conception de Michelet. Elle devint celle de l’école naturaliste de la dernière partie du XIXe siècle. L’on ne parla plus qu’en termes dithyrambiques de l’hallucinée, c’est-à-dire de la folle, et de la révoltée contre l’Église.

M. Joseph Fabre conçut la pensée de faire décréter une fête nationale en l’honneur de la Jeanne d’Arc ainsi rêvée, pis encore, puisqu’il en fit en plein Sénat le Hoche et le Danton de son siècle ! ! ! Les Maçons un instant surpris se hâtèrent de se ressaisir, et ce ne fut pas la gauche qui en juin 1894 vota au Sénat la fête nationale : vote bien dédaigné. Voilà plus de douze ans que des centaines de mille pétitionnaires n’ont pu le faire sortir des cartons de la seconde Chambre, où la secte a décrété qu’il devait rester enseveli.

Si l’on veut savoir ce que l’on pense et ce que l’on dit de l’incomparable Pucelle dans les loges, qu’on lise la plaquette de M. Gabriel Soulacroix : Jeanne d’Arc et la Maçonnerie (Abbeville, Paillart, 0 fr. 10). C’est de l’épilepsie. On y bave la contradiction. Elle passe dans les actes. Les sectaires qui ont veillé avec un soin si jaloux pour qu’une fête ne fut pas instituée en l’honneur de Jeanne d’Arc, revendiquent une place dans celle qu’Orléans célèbre depuis sa délivrance. L’on pense aux possédés de l’Évangile qui à la vue de l’Homme-Dieu écumaient, poussaient des cris inarticulés, se roulaient dans la poussière, se plaignaient de ce qu’il venait les tourmenter avant le temps, et allaient jusqu’à publier des louanges dont l’Homme-Dieu ne voulait pas. N’est-ce pas la raison providentielle pour laquelle la Vénérable n’a pas voulu d’une fête dont l’initiative, sinon le vote, serait due à des ennemis de son Seigneur, le Roi du ciel, dont le nom est constamment sur ses lèvres.

Que présage ce nouvel attentat maçonnique ? Est-ce à bref délai le renversement de la belle statue du Martroy si honorée en 1870 des Prussiens eux-mêmes ? Est-ce l’expulsion des légions de démons concentrés dans la Maçonnerie ?

Pour obtenir ce miracle l’on ne saurait trop répandre la brochure de Dom Armand Clerc, ni trop étudier et faire connaître la Vénérable Jeanne la Pucelle, telle que Dieu la fit.

J.-B.-J. Ayroles.

[L’ouvrage se conclut par une prière coécrite par le père Ayroles et Dom Armand Clerc, p. 30-31.]

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