B.-Th. Poüan  : Hélie de Bourdeille (1897-1900)

II. Preuves et éclaircissements : Tables

427Témoins
de la sainteté d’Hélie de Bourdeille

État des témoins allégués au présent Mémoire, comme ayant, par paroles, écrits, ou de toute autre manière, affirmé la sainteté d’Hélie de Bourdeille, ses vertus héroïques, ses miracles, son culte.

Quinzième siècle
Témoins contemporains du serviteur de Dieu, et qui l’ont personnellement connu.

  1. Saint François de Paule, 272.
  1. Le pape Sixte IV, 271, 286.
  2. Le roi Louis XI, 36, 64, 202.
  1. Pierre de Bois-Morin, prêtre, 6-42.
  2. Jehan Bordes, capitaine, 13-15.
  3. Pierre d’Aigrefeuille, O. M., 15-16.
  4. Pierre Fournier, prêtre, 18, 21.

Treize témoins, entendus sous la foi du serment dans l’information de l’Ordinaire, en 1527 :

  1. Jean de Bourdeille, protonotaire apostolique, vicaire général, évêque nommé de Périgueux, postulateur diocésain de la cause, 49.
  2. François de Lambertie, écuyer, 49-50.
  3. Raymond de Lambertie, prêtre, 50.
  4. Guillaume Chalupt ou Chalupy, 51.
  5. Jean Chalupt, 51.
  6. Guillaume de la Vallée, prêtre, 51.
  7. Jean de Lacques, 51.
  8. Arnaud de Lacques, 51.
  9. Irmil de Fortunes, 51.
  10. De Laurière, sieur de l’Aumary, 51.
  11. Antoine Jay, bourgeois de Périgueux, 51.
  12. Pierre Jay, bourgeois de Périgueux, 51.
  13. Jean de Chaumond, abbé de Saint-Astier, 51.
  14. Pierre de la Cueille, prêtre, 51.

Dix témoins — spontanés — entendus dans l’enquête civile de 1531 :

  1. Pierre Charles, 52-53.
  2. Mathieu Boulière, prêtre, 53.
  3. Martial Lafaye, 53.
  4. Bouland Lafaye, 53-54.
  5. Raymond Simonnet, 54.
  6. Jean Magnoul, 54-55.
  7. Jean Révolté de Bosque, 55.
  8. Hélie Magnan, 55.
  9. Jean Chouvet, 55-56.
  10. Guilhomet Chazotte, 56.
  1. Le père de l’auteur des Vertus particulières d’Hellies, cardinal de Bourdeille, 51.
  2. Francesco Florio, 318.
  3. Philippe de Commines, 332.

Seizième siècle

  1. Pierre Robert, chanoine de Périgueux, 50, 51. Entendu à l’enquête canonique de 1527.
  2. Jaujay, vieillard de Périgueux, 51.
  3. Bertin, id. 51.
  4. Panvinio Ciacconio, O. P., 83-85.
  5. Jean Boucher, procureur de Poitiers, 263-267.
  6. Rodulphus Tossiniacensis, O. M., 305.
  7. Coste (P. Hilarion de), Minime, 272.
  8. Beyerlinck, 336.
  9. Hieronimo Garimberto, Vescovo di Gallese, 335.
  10. Claude de Seyssel, archev. de Turin, 334.
  11. Brantôme, 332-333.
  12. L’auteur des Vertus particulières d’Hellies, cardinal de Bourdeille, 44-52.

428Dix-septième siècle

  1. F. Hibernus Limericensis, O. M., 62-66.
  2. Jean Dupuy, Récollet, 67-76.
  3. Jean Maan, chanoine de l’église de Tours, 76-83.
  4. Oldoino, S. J., 83-85.
  5. Victorellus apud Ciacconium, 339.
  6. Fr. Arturus a Monasterio, O. M., 303-304.
  7. Les Bollandistes (Acta Sanctorum), 303.
  8. Fr. Fortunatus Hueberus, O. M., 304.
  9. L’auteur du Breve Sommario… dal Serafico Ordine, O. M., 305.
  10. Olivier Cherreau, de Tours, 324.
  11. P. Martin Marteau, des Carmes, 325-326.
  12. René Ouvrard, chanoine de Tours, ou l’auteur des Annales de Touraine, 326-328.
  13. Jean le Clerc de Boisrideau, chanoine-archidiacre de Tours, 328-331.
  14. L’auteur du Manuscrit, 13.824, de la Bibliothèque nationale, fonds français, Paris, 333-334.
  15. Ægidius Camartus, général de l’Ordre des Minimes, 335-336.
  16. Odoricus Raynaldus, 336.
  17. Henri Sponde, évêque de Pamiers, 336-337.
  18. Pierre Frizon, 337.
  19. Doni d’Attichy, de l’Ordre des Minimes, évêque d’Autun, 337-342.
  20. Jacques Rozier, ou l’auteur du Minimilogium Turonense, 272.
  21. Jean Chenu, 343.
  22. L’auteur de l'Histoire des Cardinaux, dédiée à Mazarin, 342-343.
  23. Les frères Sainte-Marthe, 348-344.
  24. Claude Roberti, 344.

Dix-huitième siècle

  1. Le pape Benoît XIV, 61, 354.
  2. Henri-Joseph-Claude de Bourdeille, évêque de Soissons, 5, 352 sqq.
  3. L’auteur de l’Histoire généalogique de la maison de Bourdeille, 59-62.
  4. Duclos, 238, 334.
  5. Garnier, 289.
  6. L’auteur du Legendario Francescano, O. M., 306-308.
  7. Fr. Eusebio Gonzalez de Torres, 308-311.
  8. Fr. Lucas Waddingus, 312.
  9. J. de Conzié, archevêque de Tours, Rituale Turonense, 331.
  10. Gaignières, 334.
  11. Le continuateur de l’Histoire ecclésiastique de Fleury, 345.
  12. Le P. de Longueval, S. J., 346.
  13. Les chanoines de Saint-Gatien de Tours, 355-358.

Dix-neuvième siècle

  1. De Barante, 240, 355.
  2. Charles Gérin, 131.
  3. Alfred Nettement, 130, 349.
  4. Barthélemy Hauréau, 844-345.
  5. Le cardinal de Bonnechose, 130, 349. 313-314.
  6. Les rédacteurs de l'Année Franciscaine, O. M., 314.
  7. Les rédacteurs du Palmier Séraphique, O. M., 314.
  8. L’auteur de l'Histoire de saint François de Paule et de son couvent du Plessis, 331-332.
  9. Le P. Belon, O. P., 347.
  10. Le P. Balme, O. P., 347.
  11. Le P. Henri Denifle, O. P., 396.
  12. Le P. Ayroles, S. J., 347-348.
  13. L’abbé Briand, de la Congrégation de la Mission, 345-347.

Cet État, déjà si fourni, pourrait être considérablement augmenté, tous les auteurs qui ont eu à s’occuper d’Hélie de Bourdeille, — encore qu’ils l’aient fait trop légèrement, pour la plupart, — ayant affirmé, et le plus grand nombre, souligné avec une admiration sans réserve sa sainteté exceptionnelle, de publique, universelle et invariable notoriété. — Nous n’en avons pas rencontré un seul qui y ait contredit. Ceux qu’elle gênait visiblement, l’ont à peine rejetée dans l’ombre, effleurant d’une critique injuste ou d’un mot dédaigneux la personne, non la haute vertu du serviteur de Dieu.

429Tables

Table analytique
des Preuves et éclaircissement

  1. La maison de Bourdeille.
    • La maison de Bourdeille est d’illustre et fort ancienne noblesse, 5 7, 76, 359 sqq.
    • La Fable et la Légende entourent son berceau, 57, 359-360.
    • Elle emprunte à la Fable les pièces de son blason, 375.
    • Sa devise et son cri de guerre proclament les hauts faits de ses preux, 375.
    • Origine et étymologie de son nom, 360.
    • S’il faut se tenir à l’étymologie : Bourg des Hélies, le serviteur de Dieu se trouve avoir reçu au baptême, et gardé en religion le nom patronymique de sa race, 360.
    • De fait, il en a toujours conservé l’orthographe primitive, en usage encore aujourd’hui chez les Talleyrand, parents des Bourdeille, 360.
    • La Légende, infirmée par l’histoire, 360.
    • Toutefois, il faut conclure de la Fable et de la Légende que la maison de Bourdeille, au XIIe siècle, passait déjà pour fort ancienne, 361.
    • Elle a, ainsi, le bénéfice du temps immémorial, 361.
    • Son Histoire généalogique, écrite au XVIIIe siècle, 67,
    • et au XIXe, par le marquis de Bourdeille, 360 sqq.
    • Les Bourdeille entrent dans l’histoire proprement dite dans la première moitié du XIe siècle : actes authentiques de 1044 et 1066, 361.
  2. La maison de Bourdeille en Périgord.
    • Enquête faite en 1531 par Bernard de Sauliaire, conseiller de l’Élection de Périgueux, pour montrer l’ancienne extraction de la maison de Bourdeille, 52-56.
    • Dix témoins, choisis parmi les vieillards, affirment qu’ils ont toujours vu tenir et réputer les de Bourdeille très nobles, gens de grande vertu et honneur, tant aux faits d’armes qu’à tous autres faits nobles de vertu, honneur et bonté ; dits et réputés de plus noble et ancienne lignée que toute autre lignée du pays, 53-55.
    • Leurs préséance et privilèges, 53.
    • Les Bourdeille, premiers barons du Périgord, 54.
    • Soutiennent victorieusement leur droit de préséance contre les Biron, notamment, en 1447, 1468 et 1486 lors de l’entrée solennelle des évêques de Périgueux, 54, 58.
  3. Ses alliances et ses hauts faits.
    • La famille de Bourdeille, unie, par alliance directe, avec une centaine des plus nobles familles de France, 375-376.
    • Proche parenté avec les Talleyrand-Périgord, 14, 423-426.
    • Évolution de ses titres nobiliaires, 374.
    • Ses faits de guerre, aux Croisades, durant la guerre de Cent ans, et de siècle en siècle jusqu’à nos jours, 362-363, 423 et passim.
  4. Les ancêtres du saint cardinal : filiation authentique.
    • À partir d’Hélie Ier, mentionné comme sire de Bourdeille, aux actes de 1044 et 1066, la filiation est complète et authentique, 361-362.
    • Elle compte, jusqu’à notre saint, douze générations, embrassant un espace de trois siècles, 362.
    • Hauts faits d’Archambaud Ier, son grand-père, 363.
    • Ses luttes contre les Anglais, son dévouement héroïque et désintéressé à la Couronne de France, 363.
    • Siège de Bourdeille par les comtes de Cambridge et de Pembroke, 423.
    • Du Guesclin reprend Bourdeille et le rend à Archambaud, 423.
    • Il lui restitue les autres terres dont les Anglais l’avaient dépouillé, 363.
    • Les Bourdeille, grands seigneurs et grands propriétaires, chevaliers bannerets, 363.
  5. Les parents du saint cardinal, Arnaud Ier de Bourdeille et Jeanne de Chamberlhac.
    • Arnaud, mineur, est placé par son père sous la tutelle d’Itier de la Tour, prieur de Monsouprout, 363.
    • Il épouse Jeanne de Chamberlhac, fille du sénéchal de Périgord, 423,
    • tenue de grande région, en honneur et bonté, autant ou plus que dame du présent pays, 53.
    • Il se révèle aussitôt comme intrépide défenseur de la cause nationale, 364.
    • Il est, une première fois, nommé sénéchal du Périgord par l’infortuné Charles VI, qui investit en même temps de la même charge Raymond de Salignac, 422-423.
    • Fausse appréciation du chroniqueur Jean Tarde, à ce sujet, 423.
    • Arnaud est définitivement, en 1413, promu à la charge de sénéchal, 54, 364, 422.
    • Lettres royales de Charles VI, 364,
    • et du Dauphin Louis, duc de Guyenne, 364.
    • Exploits d’Arnaud ; siège de Bourdeille par les Anglais ; prise et reprise de la Tour-Blanche ; affaires de Sarlat et de Domme, 365.
    • Le Champ des pauvres à la Tour-Blanche, 365.
    • Divers actes du Dauphin Charles, régent du royaume, en faveur d’Arnaud de Bourdeille, 365-366.
    • Arnaud, le plus illustre soldat de sa famille, 366.
    • Il n’a été marié qu’une fois, 367.
    • Il a, de Jeanne de Chamberlhac, sa femme, six fils et deux filles, 366-367.
    • Il teste le 25 mars 1423, à la Tour-Blanche, 367.
    • Son codicille de 1429, à Agonac, 368.
    • Il y fait mention spéciale de son fils Hélie ou Héliot, 368.
    • Il meurt, encore jeune, vers ce même temps, 368.
    • Testament de Jeanne de Chamberlhac, 368-360.
    • Ces testaments prouvent la puissance et la richesse domaniale des parents du serviteur de Dieu, 368.
  6. Les frères, sœurs et neveux du saint cardinal.
    • Les huit enfants d’Arnaud Ier : Arnaud II, Archambaud, Archambaud le Jeune, Jean, dit Jeannot, Hélie ou Héliot, Archambaud le Petit, mort jeune, Catherine et Bourguette, mortes sans alliance, 363.
    • Arnaud II, sénéchal du Périgord comme son père, est marié deux fois, 369, 153.
    • Son fils, François Ier est, comme lui, sénéchal, 371.
    • Quelques faits relatifs aux frères et neveux du saint cardinal, 371-372.
    • Les diverses branches, issues des frères du saint cardinal, 372-373, 422 sqq.
    • Les Bourdeille en Touraine, 373-374.
  7. Le saint cardinal.
    • Cinquième fils d’Arnaud Ier de Bourdeille, 363,
    • naît en 1413, 156 ;
    • gloire principale de la maison, 76, 344, et passim ;
    • fleur de sainteté qui embauma pour jamais l’ancienne et noble famille des sires de Bourdeille, 67.
  8. L’enfance du saint cardinal.
    • Il est élevé selon son rang, 63.
    • Né pour Dieu et pour le. ciel, plus que pour le monde, Hélie ne connaît pas plus tôt celui-ci, qu’il le méprise, 76, 337.
    • On ne trouve rien en lui, dès l’enfance, qui ne soit extraordinaire et merveilleux ; l’ordre commun de la nature n’est point observé : une sagesse au-dessus de son âge, une prudence et une maturité de jugement qui surpasse les plus expérimentés, 337.
    • Jamais, piété plus précoce, 348.
    • Aspire, dès la tendre enfance, à la sainteté, et n’a point d’autre ambition : Je veux être saint ! cela vaut bien le titre de baron de Bourdeille, 68, 345.
  9. Sa précoce vocation.
    • Le F. Bertrand de Comborn, franciscain, confesseur d’Arnaud de Bourdeille, 14, 68, — et, dit-on, son parent, 337.
    • Hélie prend plaisir à entendre le bon religieux, lorsqu’il vient, aux différentes fêtes, remplir auprès d’Arnaud son ministère, raconter de saint François choses divines, 14.
    • Dès l’âge de six à sept ans, dévoré du divin amour et n’aspirant qu’aux choses du ciel, il n’a qu’une seule pensée, son salut, 306, 337.
    • Dès cet âge, il supplie ses parents de lui permettre de quitter le monde pour la religion de Saint-François, 14, 57.
    • Son amour de la pauvreté, de l’humilité, de la mortification, et le sentiment inné de sa bassesse déterminent son choix, 76, 84, 342.
    • On essaie, par tous moyens licites, d’éprouver sa vocation, et de l’en détourner, 14.
    • Il est retardé surtout par les sollicitudes de sa mère, 14, 68.
    • Vains efforts : Quand donc aurai-je treize ans, comme mon frère Arnaud ! On ne doutera plus de moi ; ce que je veux, je le voudrai toujours, 346.
  10. Son entrée en religion, dès l’age de dix ans.
    • À l’âge de dix ans, il est impossible de le retenir plus longtemps, 63.
    • Le sire de Bourdeille donne enfin son consentement, 14, 306.
    • À cause du trouble des guerres, il réunit une escorte de soixante ou soixante-dix chevaux, pour l’accompagner d’Agonac à Périgueux, 14, 57, 58, 68, 84.
    • Hélie, au milieu de ce brillant cortège, ne veut qu’un âne pour monture, à l’imitation de saint François, et sait se le faire donner, 15, 58, 68.
    • Édification et admiration de tous ceux qui assistent à ce départ, 309.
    • Hélie, âgé de dix ans, embrasse saintement la religion franciscaine, 76.
  11. Hélie de Bourdeille, à l’école des Frères Mineurs.
    • Noviciat.
    • Scolasticat.
    • Hélie de Bourdeille passe au couvent de Périgueux ses premières années de religion, 15.
    • Il prend à tâche d’imiter parfaitement la vive et ardente charité de son séraphique Père, faîte de toutes les vertus, comme l’humilité en est la base, 342.
    • Ses progrès dans la science sont aussi rapides que ses progrès dans la vie spirituelle, 58, 76, 348.
    • Il donne, sous les deux rapports, d’admirables exemples, 343.
    • Il étudie les arts et la philosophie à Périgueux, 15, 68.
    • De Périgueux, il est envoyé au couvent de Toulouse, en compagnie du-frère Pierre d’Aigrefeuille, pour y étudier la théologie, 15, 68, 84.
    • À dix-neuf ans, il soutient durant huit jours, en chapitre, ses thèses de théologie, 15, 58, 68, 84.
    • Ce chapitre n’était pas général, mais il était présidé par le général de l’Ordre, assisté des provinciaux d’en deçà des monts, 15, 63, 84, 306.
    • Éclat de ses soutenances, 15, 63, 76, 84, 337.
    • Pronostic du général de l’Ordre à son sujet : S’il vit, il sera grand dans l’Église de Dieu, 15.
  12. Le frère Hélie, prédicateur et professeur.
    • Deux ans plus tard, le frère Hélie est envoyé, en compagnie du frère Pierre d’Aigrefeuille, au célèbre couvent de Mirepoix, 15, 58, 76.
    • Il y est chargé d’enseigner l’Écriture sainte, 58, 76, 313.
    • Il joint à l’enseignement le ministère de la prédication, 15, 58.
    • Son zèle et son esprit d’humilité et de mortification, dans l’exercice de ce ministère, 15.
    • Ses compagnons ont parfois de la peine à l’imiter, 15.
    • Il se donne de préférence aux campagnes, 15.
    • Il évangélise aussi Mirepoix, Pamiers, Limoux, Carcassonne, Montréal, Castelnaudary, Toulouse, 313.
    • Le grand.succès de ses prédications, 76, 345, 346.
    • Causes de ce succès : son zèle ardent, son mépris des biens terrestres dans une si haute naissance, sa grande jeunesse, la renommée croissante de ses vertus, 346.
  13. Le religieux.
    • De Mirepoix à Limoges : Hélie de Bourdeille chemine inconnu sur les terres de Bourdeille, demande l’aumône au château de ses pères, y prend gîte, par charité, sous un hangar, avec le frère qui l’accompagne, et part sans se faire connaître, 313.
    • Sa mère le rejoint au couvent de Limoges, et y prend l’habit du Tiers-Ordre, 313.
    • Son court passage dans l’Ordre y laisse une impression profonde, par sa piété, ses talents, sa doctrine, 345.
    • Quoi qu’en disent certains auteurs, qui, d’ailleurs, se contredisent pour la plupart, il fut un théologien remarquable, 63,
    • que plusieurs saluent des plus beaux titres, 84.
    • Il jouit dans l’Ordre d’une haute réputation de doctrine, 306.
    • Et sans distinguer entre la Conventualité et l’Observance, on peut dire, avec Hucber, dans son Ménologe Franciscain, que ce religieux de vingt-quatre ans, par sa sainteté, comme plus tard par ses miracles, a grandement contribué à la prospérité de la religion des Frères Mineurs, 304.
  14. Le Frère Hélie de Bourdeille promu a l’épiscopat.
    • Le Chapitre de Périgueux, le siège vacant par la mort de Godefroy Bérenger d’Arpajon, élit ou postule pour évêque le frère Hélie de Bourdeille, 15-16, 58, 63, 68, 76, 306, 338, 342.
    • Cette élection se fait à l’unanimité, 15-16, 68.
    • Principale raison, les vertus et la science du jeune religieux, sa réputation de sainteté, 58, 63, 338, 343.
    • Le Chapitre pensait aussi entrer dans les vues de Charles VII, 76, 342, — qui agrée l’élection, 58, 352.
    • Le frère Hélie refuse avec énergie, 15-16, 58, 63, 68.
    • Le Chapitre de Périgueux, et le frère de l’élu, Arnaud, sénéchal du Périgord, demandent au Provincial de Guyenne de l’envoyer vers le pape Eugène IV, 16, 68.
    • Par obéissance, sur l’ordre formel de ses supérieurs, il part, avec deux chanoines délégués et avec le second de ses frères, Archambaud, sire de Chamberlhac, pour Bologne, où se trouvait alors le pape Eugène, 16, 68.
    • La députation joint le Pape dans cette ville, 16.
    • Le frère Hélie expose humblement au Pape ses motifs de refus, sa grande jeunesse, et lui découvre la supercherie des députés, qui lui attribuent vingt-sept ans, alors qu’il n’en a guère que vingt quatre, 16, 68.
    • Malgré ses supplications, le Pape lui enjoint d’accepter l’épiscopat, et commet à sa consécration Nicolas Albergati, cardinal de Sainte-Croix, évêque de Bologne, 16, 63, 68, 306.
    • Les auteurs donnent, comme motifs de sa dispense d’âge, son éminente piété, la gravité et la sainteté de ses mœurs, rehaussées par la doctrine et les autres qualités de l’esprit, 338, 344.
  15. La date précise de sa promotion.
    • Le frère Héberne de Limerick s’appuie sur les Actes consistoriaux d’Eugène IV, pour fixer à l’année 1437 la préconisation d’Hélie de Bourdeille à l’évêché de Périgueux, 63.
    • Lacune actuelle (1433-1489) dans les archives consistoriales, 157.
    • Nous y avons suppléé par le Liber Provisionum et le Liber Obligationum des archives Vaticanes, 156-157.
    • D’après le Liber Provisionum, Hélie de Bourdeille fut préconisé le 17 novembre 1437, 156,
    • avec dispense de trois années d’âge, 156 ;
    • ce qui fixe sa naissance, et le point de départ de toute la chronologie le concernant, à l’année 1413, 157.
    • Hélie, dans l’acte de préconisation, est qualifié professeur et bachelier en théologie, 156. — Du Liber Provisionum il résulte que l’Église de Périgueux était taxée à 2.500 écus, 156-157.
    • Il résulte, en outre, qu’au 6 février 1438, Hélie de Bourdeille n’avait pas encore reçu la consécration épiscopale, puisque, à cette date, il est qualifié electus Petragoricensis, 156-157.
  16. Le sacre d’Hélie de Bourdeille et le saint prélat consécrateur.
    • Sacré par obéissance, malgré lui, invitus, 63, 68.
    • Heureux présages tirés de la personne du prélat consécrateur, 63.
    • Analogies remarquables entre les deux serviteurs de Dieu, 160.
    • Nicolas Albergati, chartreux, 161.
    • Appelé à l’épiscopat, dans son propre pays, il oppose la plus grande résistance à sa promotion, 161-162.
    • Réformateur du clergé et du peuple de Bologne, 162.
    • Continue d’observer rigoureusement sa règle, 162.
    • Sa prodigalité envers les pauvres, et sa réserve à l’égard des siens, 162.
    • Fait de sa maison une école de l’épiscopat, d’où sortent deux papes, Nicolas V et Pie II, 162.
    • Ami des sciences, protecteur des lettres, 162.
    • Sa bonté, son affabilité, ses vertus commandent la vénération, 162.
    • Il expose sa vie pour faire respecter l’interdit pontifical lancé par Martin V contre la ville de Bologne, 162-163.
    • Sa première légation en France, 163.
    • Il n’accepte que par le devoir rigoureux de l’obéissance la dignité cardinalice, 163.
    • Sa légation dans la Haute-Italie, 163.
    • Court, une seconde fois, à Bologne le danger de la vie, 163.
    • Seconde légation en France : il y séjourne deux ans, et la parcourt en tous sens, 164.
    • Envoyé, par deux fois, au Concile de Bâle, 164.
    • Troisième légation en France ; négociations couronnées de succès, 164.
    • Il veut déposer la pourpre, 164.
    • Accompagne Eugène IV de Florence à Bologne, 164.
    • C’est à ce moment que la Providence rapproche de lui le futur évêque de Périgueux, c’est-à-dire, au moment où les grands travaux d’Albergati avaient porté au plus haut point, dans son âme, les deux amours qui se partageront l’épiscopat d’Hélie de Bourdeille, l’amour de la Papauté et l’amour de la France, 164-165.
    • Il meurt le 9 mai 1443, 165.
    • Béatifié per viam casus excepti, 165.
    • Sa maison et son oratoire à Rome, sa fête, 165.
    • Il est le véritable éducateur et directeur d’Hélie de Bourdeille dans son noviciat épiscopal, 160, 390.
    • De là, les conformités qui se remarquent entre les deux épiscopats, 160, 390.
    • Hélie de Bourdeille dut recevoir la consécration épiscopale vers la fête de Pâques, en 1438, 384-385.
  17. Hélie de Bourdeille au Concile de Florence.
    • Le Concile œcuménique, transféré de Bâle à Ferrare, s’ouvre dans cette ville, le 8 janvier 1438, sous la présidence du cardinal Albergati, 377, 380.
    • Hélie de Bourdeille assistait-il à cette première séance ? 377.
    • Arrivée d’Eugène IV à Ferrare, 24-27 janvier, 377, 380.
    • Il préside une congrégation générale du Concile, le 8 février, 377-878, 380-381.
    • L'empereur grec, Jean Paléologue, arrive à Venise le 9 février, 378.
    • Congrégation générale, le 10 février, 378, 381.
    • Autre congrégation générale, le 11 février, 378, 381.
    • Hélie de Bourdeille y assiste, 63, 304.
    • Horatio Justiniani, historien du Concile, le nomme expressément, et s’il ne fait suivre son nom du mot electus, il le range parmi les évêques non encore pourvus du caractère épiscopal, 378, 381-383.
    • Objet de la congrégation, le projet de décret contre l’assemblée de Bâle, 377.
    • Avis formulé, en séance, par le jeune évêque, 378-879.
    • Cet avis, pieux, prudent, modéré, contient tout le programme de sa carrière épiscopale, 377, 379.
    • Congrégation générale du 14 février, 379, 382-384.
    • Hélie de Bourdeille présent, d’après Horatio Justiniani, 379.
    • Session du 15 février ; promulgation du Décret contre l’assemblée de Bâle, 379, 384.
    • Présence d’Hélie de Bourdeille à cette session, d’après Justiniani, 380.
    • Entrée de Jean Paléologue à Ferrare, le 4 mars, 384.
    • Première séance publique avec les Grecs, le 9 avril, dans la cathédrale de Ferrare, 384-385.
    • La conduite des Princes à l’égard de l’assemblée de Bâle, justifie pleinement l’avis émis par le jeune évêque élu de Périgueux, 385.
    • Les conférences préliminaires avec les Grecs commencent le 4 juin, dans l’église Saint-François, des Frères Mineurs, à Ferrare, 385.
    • Communication des discours par écrit, ainsi que l’avait demandé, dès le 14 février, le jeune évêque élu de Périgueux, 385.
    • Translation, 10 janvier 1489, du Concile à Florence, 385.
    • Reprise des sessions, le 10 février, 385.
    • Décret d’union, le 6 juillet 1489, 385.
    • Suite des travaux du Concile, 385-386.
    • Translation et achèvement du Concile à Rome, 1444, 386.
    • Les plus graves raisons portent à croire qu’Hélie de Bourdeille prit part à tous ces travaux conciliaires, 386.
    • Oldoin, le savant continuateur de Ciacconio, l’affirme expressément, 84.
    • L’absence de sa souscription aux actes du Concile ne prouverait pas plus contre notre sentiment, que l’absence de la souscription de saint Laurent Justinien et de nombre d’autres prélats ne prouve contre le fait, d’ailleurs établi, de leur présence à ce même Concile, 386.
    • Notre sentiment corroboré par le fait, désormais acquis, qu’Hélie de Bourdeille, promu à l’évêché de Périgueux en 1487, ne prit pas immédiatement possession personnelle de son siège, 386.
  18. À quelle époque fixer l’arrivée d’Hélie de Bourdeille dans Son diocèse ?
    • Le R. P. Denifle déclare que des quatre évêques désignés par Dupuy, Gams, le Gallia Christiana et les modernes Bollandistes, comme s’étant succédé sur le siège de Périgueux, à partir de 1487, il n’en faut retenir aucun, Hélie de Bourdeille ayant été pourvu de ce siège en cette même année 1487, 887.
    • L’opinion du savant Dominicain est peut-être discutable, et il semble qu’il y ait lieu de distinguer entre la date certaine de la promotion, et celle de la prise de possession personnelle, 158-160.
    • Dupuy donne une date précise, par année, mois et jour, pour l’entrée d’Hélie dans sa ville épiscopale, 158-160.
    • Le Gallia, qui reproduit cette date, indique qu’elle résulte d’un acte authentique, 158-160.
    • De plus, le Gallia signale des faits précis, concernant plusieurs des évêques rejetés en bloc par le R. P. Denifle, entre autres, l’inscription funéraire de l’un d’eux dans la cathédrale de Périgueux, 159, 387.
    • En troisième lieu, il existe aux archives Vaticanes, au moins une pièce datée de 1488, adressée à Pierre de Durfort, l’un des évêques rejetés par le R. P. Denifle, avec cette qualification : Episcopus Petragoricensis, 159, 387.
    • Les conditions politiques dans lesquelles se trouvait alors la Guyenne, expliquent, par ailleurs, la présence à Périgueux de cet évêque dominicain, issu d’une famille toute dévouée à la cause des Anglais, 388.
    • La mort inopinée de Pierre de Durfort, 10 avril 1440,
    • et celle de Raymond, qui lui succède dans la nomenclature de Dupuy, 1441,
    • permettent de croire, avec quelque vraisemblance, au passage, dans l’Église de Périgueux, du Godefroy, que la même nomenclature place à leur suite, en 1442, pour le faire mourir en 1447, 389.
    • Mais ces évêques ne furent, vraisemblablement, que de simples administrateurs, 388-389.
    • Hélie de Bourdeille resta titulaire, ainsi que le prouve, entre autres, une pièce émanée de lui en 1442, 389.
    • La célébration du Concile et l’état du Périgord, où Hélie de Bourdeille, membre de la famille la plus redoutée des Anglais, ne pouvait, pour le moment, séjourner sans danger, expliquent le long retard qui fut mis à son entrée dans son diocèse, ainsi que les atermoiements et dispositions transitoires du-Saint-Siège, 388.
    • Ces mesures d’exception, qui durent nécessairement laisser quelques traces documentaires dans les archives de l’Église de Périgueux, expliquent aussi l’embarras qu’avoue Dupuy, au sujet de ces trois ou quatre évêques, qu’il ne sait trop comment placer, 67.
    • Peut-être trouverait-on dans la distance des deux dates, de promotion et de prise de possession personnelle, l’interprétation d’une contradiction apparente de Bois-Morin relativement à la durée de l’épiscopat d’Hélie de Bourdeille à Périgueux, 159-160.
    • Ce qui est certain, c’est qu’Hélie de Bourdeille n’était pas arrivé dans son diocèse en 1441, date de la supplique des chanoines de Saint-Front à Eugène IV pour l’élévation du corps de saint Front, 392.
    • Plusieurs auteurs affirment qu’Hélie de Bourdeille, préconisé par Eugène IV, fut confirmé dans sa charge par Nicolas V, son successeur immédiat, 303, 338, 390.
    • Cette assertion, étrange en elle-même, se concilierait aisément avec notre hypothèse, et la confirmerait, 390.
    • Au surplus, notre hypothèse dissipe, seule, les ténèbres accumulées par la contradiction des textes, et confine à la certitude, 390.
  19. Les attentions providentielles sur ce début d’épiscopat.
    • L’espace, relativement long, quelle qu’ait été sa durée réelle, qui s’écoula entre la promotion d’Hélie de Bourdeille et le commencement de son ministère épiscopal, fut comme un noviciat incomparable, où la Providence, par le bienheureux cardinal Albergati, par le Concile de Florence, et par les grands et saints personnages, soit de l’Ordre des Frères Mineurs, soit des autres Ordres ou du clergé séculier, avec lesquels il fut mis en contact, enfin, par les événements auxquels il prit part, et les grands spectacles qu’il eut sous les yeux, le prépara à sa mission présente sur le siège de Périgueux, et encore mieux à sa mission future, sur le siège archiépiscopal de Tours, 389-390.
  20. Entrée d’Hélie de Bourdeille dans sa ville épiscopale.
    • Hélie de Bourdeille passe en prières sur le tombeau de saint Front, la nuit qui précède son intronisation, 346.
    • Description du cérémonial usité, en ces temps, à Périgueux, pour l’entrée solennelle de l’évêque dans sa ville, 69.
    • Hélie de Bourdeille est obligé de trancher, en faveur de son frère, premier baron du Périgord, une question de préséance entre les quatre barons, qui devaient porter l’évêque, dans cette cérémonie, 58, 69.
  21. État lamentable de l'Église de Périgueux, à l'avénement d'Hélie de Bourdeille.
    • Les constatations du R. P. Denifle, dans sa Désolation des Églises de France, au XVe siècle : misères physiques et morales, ruines sans nombre, guerres, épidémies, désordres dans le peuple, les monastères, le clergé, 393-395.
    • Cette désolation sévit surtout dans les contrées ravagées par l’interminable guerre de Cent ans : de là, les ruines et les désordres accumulés plus qu’ailleurs dans l’Église de Périgueux, 395.
    • Les revenus de la cathédrale, réduits de six mille florins à trois cents, 397.
    • Ceux de la mense capitulaire, réduits de sept ou huit mille florins à trois cents, 398.
    • La collégiale de Saint-Front, en délabrement, 400.
    • Les prébendes de cette église, réduites de deux cents livres à quinze, 397-398.
    • L’abbaye de Saint-Astier, dépouillée et en ruines, ses chanoines, dispersés, 401.
    • L’abbaye de Brantôme occupée par les Anglais et détruite, l’abbé tué et les moines en fuite, 396.
    • La Chartreuse de Vauclaire tellement ruinée, que les moines n’y peuvent trouver leur maigre subsistance, 399.
    • De même, le Prieuré de Sorzac, de l’Ordre de Cluny, 399.
    • Le monastère de Sainte-Marie de Castres, réduit à un revenu de dix livres tournois, inhabitable, presque anéanti, 399.
    • Le monastère de Saint-Martin de Bergerac, tellement désolé et ruiné que quatre religieux y peuvent à peine subsister avec le prieur, 400.
    • Plusieurs autres prieurés en ruines, 397, 399-400.
    • Plusieurs hôpitaux incapables de recevoir les pauvres, 397, 398.
    • Une supplique d’Hélie de Bourdeille, en 1442, montre les ruines matérielles et morales de son diocèse : les églises polluées et transformées en casernes, devenues des cavernes de voleurs, les prêtres et les religieux captifs, la juridiction de l’évêque méprisée, les gens d’Universités et autres, multipliant les abus, les excès, 400-401.
    • Cette supplique d’Hélie de Bourdeille ne prouve pas sa présence dans le diocèse, mais plus probablement, l’espoir momentané qu’il eut de s’y rendre, après la mort de Raymond, qui avait remplacé Pierre de Durfort, et avant que le Saint-Siège n’eût pourvu à l’administration provisoire de cette Église, 1442-1447, par Godefroy, 396.
  22. Longue interruption de la résidence des évêques.
    • L’histoire des prédécesseurs immédiats d’Hélie de Bourdeille semble faite pour rehausser l’éclat de ses perfections, 67.
    • Depuis soixante ans, les évêques ne résidaient plus dans ce malheureux diocèse, 16.
    • Hélie de Bourdeille, envoyé de Dieu pour retenir les débris de cette Église, 67.
    • Un courage moins grand eût succombé à la peine, 346.
    • Grande moisson, où il fera plus de fruits qu’il n’eût osé l’espérer d’un si complet désordre, 69.
    • Avoir triomphé de tant d’obstacles, prouve les mérites et la sainteté d’Hélie de Bourdeille, 395-396.
    • Un mot du R. P. Denifle : Il devait être un saint !, 396.
  23. Hélie de Bourdeille met la main à l’œuvre, et commence par prêcher d’exemple.
    • À peine installé, il s’applique sans relâche à la réforme de son diocèse par l’exemple, 58.
    • Il gouverne moins par l’autorité dominatrice, que par l’exemple, 64.
    • Miroir de toute perfection, 64.
    • Il paît son troupeau par la parole et l’exemple, 338.
    • C’est par la parole et par l’exemple qu’il amène à une vie mieux réglée son clergé et son peuple, 344.
    • Il donne, dans ses mœurs, un illustre modèle de la perfection, 338.
  24. Ses vertus.
    • Posé sur le chandelier de l’Église, Hélie de Bourdeille l’illumine aussitôt des rayons de ses vertus, 309.
    • Le frère Héberne de Limerick le proclame illustre en toute espèce de vertus héroïques, 84, 610.
    • Dévotion ferme, jamais interrompue, obéissance aveugle, humilité sans feinte, pureté angélique, 44.
    • Son panégyriste anonyme ramène toutes ses vertus à trois principales, la charité, la magnanimité, la confiance en Dieu, 44.
    • Il tirait sa charité du brasier de l’oraison, 71.
    • La charité inspire et vivifie toutes ses vertus, 44-45.
    • Il aimait les hommes comme s’il eût été leur père, et se fût livré en ana thème pour eux, 44.
    • La magnanimité lui donne des forces et un courage inébranlables contre le monde, 46.
    • Elle lui inspire l’amour du travail, des souffrances, l’intrépidité dans ses grands combats pour Dieu et pour l’Église, 46-47.
    • De même, l’aversion pour les honneurs terrestres et le zèle pour les humbles et les dé laissés, 47.
    • Toujours le même, dans l’adversité, ou dans la prospérité qui ébranle l’âme des plus saints, 305.
    • Dans tout le cours de sa vie, loué pour sa sainteté, obéi pour sa prudence, respecté pour sa gravité, aimé pour sa douceur, 67.
    • École de vertu à la noblesse, modèle aux bons prélats, prototype à l'austérité des religieux, portrait de sainteté pour tout le christianisme, 67.
  25. D’après le témoignage spécial de Pierre de Bois-Morin.
    • Hélie de Bourdeille prend Pierre de Bois-Morin pour son secrétaire, et peu après, pour son confesseur, 13.
    • Il le sera durant vingt-sept ans, c’est-à-dire, jusqu’à la mort du saint cardinal, 38.
    • Son témoignage : Il n’y eut pas d’homme d’une conscience plus délicate, 38.
    • Se faisait conscience et faisait pénitence de choses de rien, 28.
    • Faisait pénitence de ses péchés et de ceux des autres, 38.
    • Se croyait incapable de tenir sa charge, et responsable, par son incapacité, des péchés de ses sujets, 38.
    • Se réputait grand pécheur, et craignait même pour le bien qu’il faisait, 38.
    • N’a jamais dit parole oiseuse ou mauvaise, 38.
    • N’écoutait ni ne souffrait parole contre le prochain, 29.
    • Ne se vengeait, ni ne permettait qu’on le vengeât, parents ou amis, mais faisait du bien à ses ennemis, 29-30.
    • Jamais ne fit de mal à personne, 30.
    • Jamais, dans sa bouche, et devant amis ou ennemis, que le Christ, la paix, la miséricorde, l’action de grâces, 38.
    • Irrépréhensible en tout temps, toujours utile à tous, jusqu’à la fin, 38.
    • Une grande lumière dans l’Église de Dieu : Non est inventus similis illi, surtout dans les temps où il vécut, 38-39.
  26. Maintient et accroît sa ferveur franciscaine. — Émule des Pères primitifs.
    • On a dit d’Hélie de Bourdeille qu’il fut un Évêque-Religieux, bien plus qu’un religieux élevé à l’épiscopat, 71.
    • Conserve dans l’épiscopat l’austérité religieuse, alliée avec les travaux du zèle pastoral le plus actif, 348.
    • Conserve l’austérité franciscaine, tant pour sa table que par son éloignement de tout faste et de toute vanité, 58, 344.
    • Brûlant de l’amour de la pauvreté, 338, 344,
    • il la pratiquait aussi strictement que sa dignité le lui permettait, 338.
    • Habits grossiers, vêtements pauvres, 25, 58.
    • Tout ferveur pour retenir et même accroître la sainte observance, 338, 344.
    • Se rapprochait, autant qu’il le pouvait, des traditions et pratiques des Pères primitifs, 84, 307, 309, 325.
    • N’a jamais vécu qu’en franciscain austère, 24.
    • Regrettait sa cellule, et s’en ouvrait souvent à son confident le plus intime, Pierre de Bois-Morin, 19.
  27. Ses macérations.
    • Jeûnes, abstinences, austérités incessantes, 19, 71.
    • Jeûnait souvent au pain et à l’eau, 58.
    • Faisait trois carêmes par an, 24.
    • De plus, un petit carême de dix jours avant l’Assomption de Notre-Dame, 24.
    • En temps ordinaire, jeûnait les mercredi, vendredi et samedi de chaque semaine, et lorsqu’il était malade, le vendredi seulement, 24.
    • Jeûnait aussi en beaucoup de vigiles non commandées, 24.
    • Jeûnes de coutume et de dévotion personnelle, 24, 66.
    • Couchait tout vêtu de son habit et de sa corde, et n’usait de linge que de temps à autre, pour la tête et les pieds, 25, 58, 71.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Jamais sa chair ne toucha linge, cela jusqu’à la fin, 25.
  28. Ses prières et oraisons.
    • Se couchait vers onze heures du soir, et se levait à deux ou trois heures du matin, 19. — Consacrait presque toute la nuit à l’oraison et à l’étude, 19, 71, 338.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Passait deux et trois heures de nuit en prières, à genoux, 19, 58.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Les veilles de fête et samedis, passait presque toute la nuit en prières, 25.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Priait souvent en secret, avec larmes, 25, 71, 338.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Pleurait les péchés qui se com mettent dans le monde, 25.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Mettait ce saint repos de la prière au-dessus de toutes les affaires, 338.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Disait toujours à genoux l’office du jour et celui de Notre-Dame, 25.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Le récitait lentement et avec grande révérence et dévotion, y mettant deux heures, et aux fêtes, trois heures, pour la récitation de Matines, 25.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Aux fêtes, soit la nuit, soit le jour, récitait le Psautier en entier, ajoutait nombre de commémoraisons, et restait ensuite en contemplation si fervente, qu’il avait les yeux gonflés, à force de pleurer, 25.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Avait, quand il est allé à Dieu, la chair des genoux dure comme celle des talons, 25.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Exhortait son secrétaire à prier pour lui, pour la réforme de l’Église, en son chef et en ses membres, et pour la conversion des pécheurs, 19.
    • Couchait sur un banc, avec un livre pour oreiller, les veilles de fête, 25.
    • Plein de ménagements pour son secrétaire, il le congédiait, la nuit, pour qu’il reposât, mais, lui, continuait, de longues heures, ses oraisons, 19, 25.
  29. La confession, et la sainte messe.
    • Se confessait tous les jours, avant de dire la sainte messe ou de l’entendre, 28.
    • Mettait au moins deux heures pour se préparer à dire la messe et la célébrer, 28.
    • Impossible de dire sa crainte, son humilité, ses larmes, dans la célébration des saints mystères, 28.
    • En tendait une, et parfois deux, parfois trois messes, en action de grâces, qu’il prolongeait encore après, 28.
    • Les jours de dimanche ou de vigile, après avoir dit la messe de la fête, il entendait celle de la vigile ou du dimanche, 28.
    • Ne disait jamais l’office obligatoire, tandis qu’il entendait la messe, 28.
  30. Œuvres de miséricorde.
    • Incessantes aumônes ; secourt les pauvres avec la plus grande libéralité, 24, 344.
    • Une souveraine bienveillance à leur égard, regardait leur tutelle comme un office primaire de sa charge, 338.
    • Les biens du Crucifix, disait-il, appartiennent aux pauvres, 24.
    • Convertissait en aumônes et œuvres pies la plus grande partie de ses revenus, 64.
    • Faisait donner en abondance aliments et vêtements à tous les pauvres qui se présentaient, 22,
    • parfois au nombre de deux ou trois cents, si bien que l’argent manquait, 24.
    • Les invitait, aux jours de fête, et les servait, tête nue, avant de dîner lui-même, 22, 71.
    • De même, et de plus leur lavait les pieds, le jeudi saint, 22.
    • Envoyait ses prêtres aux hôpitaux, s’enquérir s’il y avait des malades, et dans ce cas, y allait lui-même, pour prendre soin de leur âme, leur administrer les sacrements, et leur faire donner tout ce dont ils avaient besoin, 22, 71.
    • Se chargeait de tous les frais de la sépulture des pauvres, députait six prêtres pour faire l’office, nourrissait fossoyeurs et porteurs, 22.
    • Reprenait ses familiers qui s’indignaient, lorsque les pauvres réussissaient à se faire donner deux fois de suite, 24.
    • Convertissait en aumônes et œuvres pies l’argent provenant des amendes et du sceau de la cour de l’Official, 22.
    • Payait un homme pour surveiller les secours qui venaient aux hôpitaux, et empêcher qu’ils ne fussent soustraits aux pauvres ; faisait rendre des comptes exacts à ses aumôniers, 23.
    • Payait à l’année un avocat, attaché à sa curie, pour défendre gratuitement les causes des pauvres, 23.
    • Aumônes spirituelles à quiconque avait besoin de consolation, 338.
  31. Comment Hélie de Bourdeille règle sa maison.
    • Veillait, avant tout, à ce que ses serviteurs ou familiers servissent Dieu le premier, lui ensuite, 26.
    • Disait que ses gens devaient illuminer le diocèse par leur exemple, 26.
    • Veillait à ce que ses chapelains récitassent leur office avec grande ferveur, et les y exhortait souvent, 25.
    • Leur défendait de le réciter à cheval, 26.
    • Plein de sollicitude pour le salut des âmes de ses serviteurs, ne voulait pas qu’ils chevauchassent le dimanche, et les punissait lorsqu’ils le faisaient, 26.
    • Ne voulait pas que son cuisinier commençât son travail, même sur semaine, avant d’avoir entendu la messe, 26.
    • Veillait à ce que ses gens de service observassent les jeûnes et autres commandements de l’Église, et leur en facilitait les moyens, 26.
    • Les faisait bien servir, les jours de jeûne, 26.
    • Veillait à ce qu’ils communiassent aux quatre fêtes principales de l’année, 26.
    • Les y préparait lui-même, 27.
    • Faisait, ces jours-là, célébrer deux messes, auxquelles ils se partageaient par moitié, 27.
    • Communiait ses écuyers à la messe qu’il célébrait lui-même, 27.
    • Veillait à ce qu’ils vécussent tous en bonne harmonie, 27.
    • Les faisait bien soigner dans leurs maladies, et venait parfois les soigner lui-même, panser et médicamenter, 29.
    • Ne souffrait pas qu’on entendît chez lui paroles de détraction, 29.
    • Veillait rigoureusement à ce que ses gens fussent honnêtes et réservés de parole et de conduite, 27.
    • Ne les congédiait que pour les fautes d’impureté, en paroles ou autrement ; leur pardonnait tout, même de lui avoir manqué ou de l’avoir volé, hormis ce péché qu’il exécrait, 27.
    • Ne pouvait souffrir auprès de lui les personnes atteintes de ce vice, eussent-elles été de ses parents, 27.
    • Joignait la douceur à la pureté, et ne pouvait voir tuer un animal, 28.
    • Haïssait la chasse, les chiens, les oiseaux de chasse, 27.
    • Ne permettait pas à ses chapelains de chasser, 27.
    • S’indigna contre l’Official de Périgueux, qui lui offrait un chevreuil tué par lui, et le fit distribuer aux pauvres, 28.
  32. Ses hôtes, ses repas.
    • Jamais femme n’entra dans ses appartements, hormis sa mère et ses sœurs, ou les enfants de ses frères, 30.
    • Recevait les femmes dans l’église ou à sa chapelle, 30.
    • Recevait et hébergeait chez lui, ou quand il y avait impossibilité, logeait en ville, à ses frais, tous les Pères de l’Observance, et aussi quantité d’autres prêtres ou religieux, qui passaient par sa ville, 29.
    • Recevait aussi, à l’occasion, les grands seigneurs à sa table, 29.
    • Ne dînait jamais, sans qu’on fît la lecture, 29, 71.
    • Vers le milieu du repas, il commentait lui-même ce qui venait d’être lu, 29 ;
    • cela, quelque grand seigneur qu’il eût à sa table, 29.
    • Après dîner, causait toujours de choses spirituelles, y ramenait la conversation de ses hôtes mondains, et si quelque grand clerc se trouvait là, agitait des questions théologiques, 30.
    • Faisait distribuer, après chaque repas, à sa porte, par son aumônier, la desserte de la table, et aussi des provisions de la dépense, 23.
    • Volontiers envoyait son souper aux pauvres des hôpitaux, 23.
  33. Ses voyages.
    • Ne voyageait pas le dimanche, 26.
    • Lorsqu’il devait prêcher ou confirmer ce jour-là, partait la veille ou dans la nuit, 26.
    • Dans ses longs voyages, s’arrêtait et séjournait en quelque endroit, pour y sanctifier le jour du Seigneur, 26.
    • Lorsqu’il arrivait au gîte, commençait par se rendre à l’église, ce qui dépitait ses gens, lorsque l’église était éloignée, 26.
    • Faisait donner argent, par son aumônier, à tous les pauvres rencontrés sur le chemin, 23.
    • Dans les longs trajets, notamment dans les nombreux voyages qu’il fit à Rome,
    • tous les six ou sept ans, d’après le calcul dont Bois-Morin fournit les éléments, 22,
    • descendait de sa mule, pour parler aux pauvres malades qu’il trouvait sur sa roule, 22.
    • Les assistait de remèdes et nourriture, et les menait avec lui à l’hôtellerie ou au logis, 22.
    • Souvent, payait un homme pour les soigner, après son départ, 22.
  34. Hélie de Bourdeille réforme son clergé.
    • Grand travail, à cause du trouble et des désordres engendrés par de si longues guerres, 58, 344.
    • Combat l’ignorance des clercs, et amène des prêtres de soixante ans à redevenir écoliers, 46.
    • Combat les mauvaises mœurs avec la plus grande vigilance, usant d’abord de miséricorde envers les coupables, et ensuite de grande rigueur contre ceux qui s’obstinent, 27.
    • Discernait vite les bons prêtres, et les accueillait avec effusion de tendresse ; plus froid et réservé vis-à-vis des autres, 27.
    • S’enquérait avec le plus grand soin, au cours de ses visites pastorales, de la manière dont le clergé se conduisait et remplissait ses devoirs dans les paroisses ; réprimandait ou punissait, s’il y avait lieu, et dans les cas de véritable scandale procédait par voie juridique, 21.
    • Faisait examiner et préparer les ordinands avec le plus grand soin, 28.
    • Conférait les saints ordres, à toutes les époques fixées par l’Église, 28,
    • avec la plus grande dévotion, 28.
    • Exhortait et prêchait avant la collation de chaque ordre, au prix d’une extrême fatigue, 28.
  35. Évangélise son peuple.
    • Portait le nom d’Élie, et possédait son esprit, 341,
    • et sa vertu à reprendre les vices, 71.
    • N’était jamais plus heureux que lorsque des gens de bien lui étaient signalés, jamais plus triste que lorsqu’on lui révélait le contraire, 27.
    • Vigilance et travaux incessants, 58.
    • Une assiduité continue à remplir les devoirs de la charge épiscopale, à prêcher, administrer les sacrements, extirper les vices ; un zèle dévorant, vraiment céleste, 344, 348.
    • Réforme les mœurs, au prix de mille vexations et ennuis, 18.
    • Prêchait jusqu’à deux et trois fois par jour, visitait souvent les prisonniers et les pauvres malades des hôpitaux, confessait tous ceux qui se présentaient, allait au-devant des pécheurs et presque toujours les convertissait, 58.
    • Plein de miséricorde aux repentants, terrible aux superbes, 71.
    • Communément preschoit son dit peuple, témoigne un paysan de Montagrier, 54-55.
    • Héraut de la divine parole, très célèbre et très puissant, en son temps, 338.
    • Prêche tous les jours d’un carême à Périgueux, sur les péchés capitaux, et produit des fruits merveilleux, 19, 71.
    • Prêche un autre carême encore, 19.
    • Un grand nombre de ses sermons manuscrits, conservés, 313.
    • Assidu au ministère de la confession, 71.
    • Consacrait, lorsqu’il était nécessaire, plusieurs heures, à entendre un pénitent, et quelquefois à plusieurs reprises, 19.
    • Négligeait, pour son ministère, les heures des repas, retardait son dîner jusqu’à deux heures de l’après-midi, et par fois le supprimait, 19, 69.
    • Visites pastorales incessantes, 17.
    • Ministère alors particulièrement pénible en Périgord, 45.
    • Allait de préférence aux hameaux perdus, inaccessibles, où jamais on n’avait vu d’évêque, 45.
    • S’installait chez ces pauvres gens, appelait la population, la catéchisait, confessait, confirmait, et lui laissait de larges aumônes, 45.
    • Avec un autel portatif, se transportait chez les vieillards, les infirmes et par tout produisait des fruits merveilleux, 46.
    • Fruits extraordinaires à Notre-Dame de la Prade ; obligé de faire l’office en plein air, 19, 20,
    • et à Notre-Dame de Castres, 20.
    • Observait, dans ses visites, les plus menus détails du Pontifical, 20.
    • Se faisait renseigner par le curé sur les abus locaux, et prêchait avec ferveur contre ces abus, 20.
    • Très attentif, d’ailleurs, à montrer le plus grand désintéressement dans l’exercice de son ministère, dans sa chancellerie et ses visites, pour ne point grever les églises pauvres, en exigeant des droits légitimes mais trop onéreux pour elles, 20-21.
  36. Hélie de Bourdeille, captif du bâtard de Grammont.
    • Ses continuelles visites pastorales avaient pour but de réconcilier les églises, presque autant que les âmes, 17.
    • Lorsqu’il allait en compagnie de quelques clercs, réconcilier l’église polluée de Saint-Antoine, Hélie de Bourdeille tombe dans une embuscade tendue par le bâtard de Grammont, 17-18, 61, 63, 69,
    • qui épiait l’occasion, 69.
    • Les Anglais, voyant la Guyenne leur échapper, faisaient, ainsi, grand nombre d’otages de choix, pour en tirer profit plus tard, 403.
    • Le fait se passe en 1448, 403-404.
    • Cette date semble confirmer celle de 1447, pour l’entrée d’Hélie de Bourdeille dans son diocèse, 405.
    • On ne lui laisse de son escorte qu’un seul prêtre, qui sera le compagnon et le témoin de sa captivité, 18.
    • Il est emmené au château d’Aubeterre, 18.
    • Captivité pénible ; mauvais traitements, mais surtout cruelle et incessante douleur causée par les horribles blasphèmes de ces soudards, 18, 51, 70, 402.
    • Héroïque patience du saint évêque, 18, 64, 310.
    • Il recommande à son compagnon de beaucoup prier pour le salut de ces malheureux, 18.
    • Sa captivité se prolonge assez longtemps, et son exil, quelques années, 63-64, 84, 306.
    • Il est transféré d’Aubeterre à la Roche-Chalais, au diocèse de Saintes, 18, 70.
  37. Il est délivré par le saint archevêque de Bordeaux, Pierre III Berland.
    • De la Roche Chalais, Hélie de Bourdeille est conduit à Libourne, pour être interné, soit dans le Midi, soit plutôt en Angleterre, 18, 70, 403-404.
    • Pierre Berland, de concert avec quelques nobles, dont plusieurs parents de l’évêque captif, réunit une troupe, fond sur l’escorte anglaise et lui enlève son prisonnier, 18, 61, 63, 64, 70, 403, 404.
    • Le fait se passe à quelques kilomètres de Libourne, 403,
    • vers Saint-Denis de Piles, 404.
    • Pierre Berland rentre par terre à Bordeaux, 403.
    • Hélie de Bourdeille y est conduit par eau, 18, 403.
    • Pierre Berland, à la tête de son peuple, le reçoit solennellement sur le port, 18, 70, 403.
    • Le traite avec générosité, magnificence, le fête, 18, 70, 403.
    • Hélie de Bourdeille devient son hôte jusqu’à ce qu’il puisse rentrer dans son diocèse, 403.
  38. Hélie de Bourdeille et Pey Berland.
    • Parallèle entre ces deux saints évêques, 406-407.
    • Mêmes vertus, mêmes sentiments, dans des situations différentes, 404, 406.
    • Pey Berland, contre la Pragmatique, en 1438 et 1462, 342, 407.
    • Hélie de Bourdeille rentre à Périgueux, à la faveur de la paix, de 1451 à 1453, ’ 64, 71, 403, 405.
    • Son absence avait duré quelques années, 63, 64, 84, 306.
    • Il est reçu comme les Athanase et les Chrysostome rentrant d’exil, 64, 71, 403.
    • Il rappelle, dans les incidents de sa vie, les anciens champions de la vérité évangélique, 313-314.
  39. Après la captivité. — Contre les blasphèmes.
    • Hélie de Bourdeille reprend aussitôt sa vie apostolique et ses combats contre les vices, 18.
    • Sa lutte intrépide contre le blasphème, 16.
    • Il rend en synode des Ordonnances très rigoureuses, 16.
    • Ces Ordonnances qui astreignent les blasphémateurs à une pénitence publique, sont renouvelées des saints Canons, 69, 412-413 sqq.
    • Il en forme comme un .code spécial, signalé par tous les auteurs qui ont fait l’énumération de ses ouvrages, sous le titre de Decreta contra Dejerantes, 313.
    • Il les applique avec la plus grande fermeté, même aux plus hauts personnages, 348.
    • Il obtient très promptement un complet succès, 71.
    • Combat, de même, les autres vices, qui pullulaient à la suite des guerres, 16.
  40. Contre les abus des gens d’Université, et pour la récupération des biens de son Église.
    • S’est muni, par avance, de pouvoirs spéciaux contre ces abus de gens embusqués derrière leurs privilèges, et qui annihilaient la juridiction de l’Ordinaire, 400-401.
    • Inspiré, aussi, dans sa lutte, par la compassion pour les humbles, que ces gens vexaient de toutes manières, 19.
    • Est obligé de soutenir des procès contre la plupart des Universités du Royaume, 19, 71.
    • Les gagne tous, au prix d’un travail écrasant, de jour et de nuit, 19.
    • Réduit enfin la puissance de ces gens, et fait cesser leurs injustices, 19, 30, 47. — Soumet les bénéficiers quelconques, rebelles à sa juridiction, 71.
    • Lutte aussi pour la récupération des biens de son Église, presque annihilés par les troubles des années précédentes, 18.
    • Emploie à cette fin les ressources qui lui viennent de la visite de son diocèse, 22.
  41. Joint à la force, la douceur, la prudence, la justice, la charité. — Succès complet.
    • Reprend les orgueilleux avec vigueur, 71 ;
    • les grands, sans crainte, 45.
    • Reçoit miséricordieusement à résipiscence les bénéficiers universitaires, qui reconnaissent leurs torts, 30.
    • En use de même à l’égard des laïques qui se soumettent, 30.
    • S’entremet, au temps de Pâques, e.n faveur des pauvres, excommuniés à l’instance du promoteur, et les absout, la veille des Rameaux, 29.
    • Facilite, autant qu’il est en lui, dans le même temps, la levée des censures encourues, 29.
    • Use en toutes choses d’une grande prudence, et ne résout jamais les doutes qu’on lui propose, sans avoir pris le loisir de la réflexion, et remis au lendemain, 29.
    • Juste, sans pusillanimité, ne craint pas de prononcer en faveur de sa famille, lorsque ses droits sont prouvés, par exemple, pour la préséance sur les autres barons du Périgord, 69,
    • et pour la mouvance de la forteresse de las Chabanas, 61.
    • Mais ne lui accorde rien déplus, 333.
    • Obtient, à la fin, en Périgord, obéissance complète et paix parfaite, 31.
  42. Restauration des édifices sacrés.
    • Zèle ardent pour restaurer, accroître, embellir les édifices consacrés au culte divin, 59, 64.
    • Collégiale de Saint-Astier, ruinée, 401.
    • Hélie de Bourdeille donne une somme d’argent pour commencer à la relever, 37, 59, 64, 71, 76, 84.
    • Refait à ses frais une grande partie de l’église paroissiale de Saint-Georges, 37, 64,
    • le portail et presque toute l’église, 59, 71, 76, 84.
    • Réparations et embellissements partiels à la cathédrale, 37.
    • Refait à ses frais le maître-autel, 37, 64,
    • avec une extraordinaire magnificence, 59, 71, 167.
    • Y dépense deux mille livres tournois, 167.
    • Réparations à la collégiale de Saint-Front, 37.
    • Obtient nombre d’indulgences et pardons, pour aider à la réparation d’églises et hôpitaux détruits ou ruinés par la guerre, 37.
    • Fait, à la cathédrale et à Saint-Front, deux grandes fondations perpétuelles, de cent cinquante livres tournois chacune, pour les fêtes de l’Assomption et de saint François d’Assise, 167.
    • Avait coutume d’y faire des distributions, 167.
  43. Les reliques de saint Front.
    • Reprend le projet formé deux cents ans auparavant par son prédécesseur, Pierre de Saint-Astier, 72,
    • conflit trois fois séculaire, au sujet des reliques de saint Front, entre le Chapitre cathédral et le Chapitre collégial, 46,
    • conflit qui aliène les cœurs, 46.
    • Le Chapitre de Saint-Front essaie de prendre les devants par sa supplique de 1441 à Eugène IV, 392.
    • Malgré la permission octroyée par le Pape, l’élévation du saint corps est ajournée, 391, 393.
    • Hélie de Bourdeille parvient à faire l’accord, moyennant grand travail et sollicitude, entre les deux Chapitres, laissant le chef du saint apôtre à la collégiale, et attribuant l’un des bras à la cathédrale, 72, 166.
    • Facilite cet accord par sa munificence, 37, 167.
    • Obtient du Pape une nouvelle autorisation de lever le saint corps, 59.
    • Procède à cette cérémonie avec la plus grande solennité, en mai 1463, 37, 59, 72, 166, 423.
    • Met le chef de saint Front dans un reliquaire à part, placé au milieu du chœur, 59.
    • Transfère solennellement à la cathédrale, en la fête et procession de Sainte-Quitère, le bras du saint apôtre du Périgord, 72.
    • Obtient, à l’occasion de ces fêtes deux indulgences plénières pour les deux églises, l’une ad triennium, pour la fête de l’élévation, l’autre ad unam diem, le 29 août, pour la réposition du chef de saint Front dans son magnifique reliquaire, 167.
    • Le tout gratuitement, à ses frais, 167.
  44. Le reliquaire du chef de saint Front.
    • Magnifique œuvre d’art, don personnel d’Hélie de Bourdeille, 37, 59, 72.
    • Sa description, 72, 166.
    • D’argent massif, doré et émaillé, non de cuivre, 37, 72, 166.
    • Du prix de douze cents livres tournois, 167.
  45. Son zèle pour le bien public et le soulagement du peuple.
    • Grand zèle à garder et conserver le bien public, véritable custos civitatis, 30.
    • Ses exhortations aux États du Périgord, en faveur du bien public et du menu peuple, 30.
    • Avait volontiers à dîner, dans ce but, les grands du pays, 30.
    • De même, multipliait les prévenances et les libéralités auprès des commissaires du Roy, qui venaient mettre taille ou lever subsides, 30.
    • Leur montrait la pauvreté du peuple, et le gardait d’oppression, 30.
    • Parfois même allait, par le pays, vers le prince, avec grandes dépenses, pour obtenir un allégement aux charges du peuple, 30-31.
    • S’imposa beaucoup de peines, en 1463, à propos de la commission donnée au sénéchal de Périgord, touchant les francs-fiefs et nouveaux acquêts faits spécialement par les communautés d’Église, 73.
  46. Ses rapports avec le roi Charles VII.
    • Les trois grandes passions d’Hélie de Bourdeille : l’Église, la Papauté, la France.
    • A lutté, toute sa vie, pour la liberté de l’Église et pour le Saint-Siège, 31.
    • Si plein de soumission à l’égard du Saint-Père, qu’il se mettait en devoir d’accomplir ses ordres, alors même qu’ils étaient d’une exécution impossible, 31.
    • À l’assemblée de Bourges, en 1462, où le cardinal légat d’Estouteville essaie d’obtenir l’abolition de la Pragmatique Sanction, il est le seul, avec les délégués de Pierre Berland, archevêque de Bordeaux, qui s’élève contre la Pragmatique, 168-169, 342.
    • Le roi Charles VII ne lui tient pas rigueur de son opposition, et lui demande peu après, par lettres patentes, son avis motivé sur la condamnation et le projet de réhabilitation de la Pucelle, 97.
    • Lui donne, dans ces lettres, le titre de Conseiller, 97.
    • Ce qui avait été fait antérieurement à l’assemblée de Bourges, en faveur de ce projet, 87-88.
    • Les articles de Jean Bréhal, grand inquisiteur.de France, 88.
    • Ils sont envoyés à Hélie de Bourdeille, 91-92.
  47. Les écrits d’Hélie de Bourdeille.
    • Ne fait pas métier d’écrivain, 86.
    • N’écrit que sous l’empire des circonstances, et par devoir de sa charge, 86.
    • Écrits fort nombreux, cependant, 80.
    • Grande érudition ecclésiastique, 86.
    • Orthodoxie très pure, 86.
    • Se borne à un certain nombre de vérités et d’idées, qu’il essaie d’inculquer aux hommes de son temps, 86.
    • Manque, comme tous ses contemporains, de critique historique, 95.
    • Possède admirablement les Pères, les Docteurs, les Mystiques, le Corps du Droit, 95, 127.
    • Ses écrits témoignent d’un esprit droit et ferme, d’une méthode sûre, et aussi de grandes vertus, 86.
    • Dans ses écrits, comme, au reste, dans sa vie, trois points culminants : l’amour de l’Église, le culte de la Papauté, l’amour de la France, avec l’intelligence très nette et le sentiment profond de sa mission catholique dans le monde, 86.
  48. La Considération d’Hélie de Bourdeille, évêque de Périgueux, sur la Pucelle de France.
    • Analyse de ce Mémoire, 97, 124.
    • Sa date probable, 90.
    • L’inquisiteur Jean Bréhal reconnaît à cet écrit une importance considérable, et le place aux premiers rangs dans les grandes expéditions du procès de réhabilitation, 96.
    • Il est fait de ce Mémoire plusieurs copies contemporaines, dispersées dans les grandes bibliothèques de l’Europe, 96.
    • Opinions favorables des PP. Belon et Balme 347,
    • et du P. Ayroles, parmi les modernes, 97.
    • Édition défectueuse, donnée dans ces derniers temps, 96.
    • Hélie de Bourdeille affecte le ton de la plus grande réserve, 90.
    • Ses arguments n’en sont que plus redoutables pour les juges de la Pucelle, 90.
    • Raisons de sa réserve, 91.
    • Elle n’implique aucun doute personnel de sa part, 90.
    • Il partage, en faveur de la Pucelle, les sentiments connus de son peuple, 91.
    • Vise surtout la question de fond, mais touche quelquefois aussi la question de forme, 93.
    • Ramène toute la cause à la question primordiale des apparitions et de leur origine surnaturelle, divine, 94.
    • Place considérable qu’il donne à l’exposé des principes, 94,
    • preuve incontestable de sa grande érudition théologique, 94.
    • a rareté des renseignements de fait sur lesquels il travaillait, explique ce développement, qui paraît exagéré, des principes doctrinaux, 91-92, 95.
    • Ne pouvant, faute de matériaux, élever un édifice achevé en toutes ses parties, il donne, du moins, une base inébranlable à l’œuvre, avec un plan magnifique des développements entrevus, 95.
    • Conclusion implicite mais nécessaire de sa Considération : la sainteté de Jeanne d’Arc, 95.
    • Aborde, à cette occasion, les grandes questions qui lui étaient familières : les devoirs des rois, 112 ;
    • la mission de la France, 113-114 ;
    • l’autorité du Pontife romain, 120-122.
    • Jean Bréhal, à l’assemblée de Bourges, avait de préférence choisi les consulteurs parmi les docteurs les plus orthodoxes, 90.
    • Les théologiens les plus respectueux de l’autorité pontificale, se trouvaient être, en même temps, les plus favorables à la cause de la Pucelle, 90,
    • tandis que les ennemis de la Pucelle étaient aussi les ennemis de la Papauté, 347-848 ;
    • de même que, de tout temps, parmi nous, les hommes les plus dévoués au Saint-Siège et à la religion catholique, se sont trouvés, dans leur ensemble, les plus dévoués à la cause nationale de la France, représentée aujourd’hui comme alors, par Jeanne d’Arc, l’envoyée de Dieu, 347-348.
  49. La cause de béatification de Pierre Berland, archevêque de Bordeaux. — Hélie de Bourdeille délégué par le Saint-Siège à l'enquête. — Ses premiers rapports avec le roi Louis XI.
    • Louis XI, promoteur ardent de la cause de Pierre Berland, 407.
    • Raisons spéciales de son zèle pour cette affaire, 407,
    • dont il s’occupera jusqu’à la mort, 70, 407.
    • Hélie de Bourdeille et 1 évêque de Bazas, Raymond du Treuil, délégués par le Pape à l’enquête, 407. — Joie particulière qu’en dut éprouver Hélie de Bourdeille, 407.
    • Lettres de Pie II, 1463, aux deux évêques délégués, 408.
    • Questionnaire annexé aux Lettres pontificales, 409.
    • Fragments conservés de l’enquête, 410.
    • Cette Commission a dû mettre Hélie de Bourdeille, premier enquêteur, en lumière auprès du roi Louis XI, 407-408.
    • De là, sans doute, leur première sympathie, favorisée du côté de Bourdeille par les mesures royales contre la Pragmatique Sanction ; du côté du Roi, par les glorieux services de sa famille et le zèle patriotique des Frères Mineurs de France, 178, 408.
    • Louis XI le choisit pour confesseur, 64, 339, 344.
  50. Les saints triomphes d’Hélie de Bourdeille dans son passage sur le siège de Périgueux.
    • Les historiens du temps ne tarissent pas d’éloges sur ses prodigieux succès, 346.
    • Impression profonde laissée par son épiscopat, 346.
    • Il a jeté sur l’Église de Périgueux une gloire singulière, 344.
    • Il a été une grâce insigne et une éclatante lumière pour ce diocèse, 67.
    • Les chanoines de la cathédrale et de Saint-Front proclament qu’il l’a comblé de bienfaits, 166.
    • Il l’a établi dans l’ordre et la paix, 31.
    • C’est lorsque tout y était en paxification de conscience, que Dieu l’a translatté à Tours, pour batailler encore contre les vices et les péchés, et pour la liberté de l’Église, 31.
  51. Les États généraux de Tours, 1468.
    • Ouverture de ces États, leur clôture, dates précises, 76-77, 169, 170, 177.
    • Principaux personnages qui y assistent, 169.
    • Les absents, 170.
    • Objet des délibérations, 169-170.
    • Principaux incidents, 170-171.
    • Ce qu’on décide, 77, 171.
    • Véritable caractère de cette assemblée, 171.
    • Danger des plus graves, que courait la France, 171-172.
    • La nation se ressaisit, et les États donnent une preuve éclatante de patriotisme, 169, 172.
  52. Hélie de Bourdeille et les États.
    • Y assiste, 59, 76, 77.
    • Chaque ville du royaume y avait envoyé trois députés, dont un ecclésiastique, 172.
    • Hélie de Bourdeille, député ecclésiastique de la ville de Périgueux, 172.
    • S’y distingue par ses services, 76.
    • Au dire de tous, prend une part notoire dans les délibérations, et conquiert, du premier coup, l’admiration universelle, 172.
    • Avait toutes les raisons pour s’associer au noble élan de la nation, 169.
  53. Il est promu a l’archevêché de Tours.
    • Dieu l’élève autant qu’il s’abaisse, 73.
    • La grande notoriété de l’évêque de Périgueux, pour sa doctrine, sa sainteté et aussi pour la vertu des miracles, 64, 307, 339.
    • Cette notoriété, qui remplissait l’Église de France, confirmée et accrue aux États généraux, qui le font mieux connaître des grands de l’État et du clergé Tourangeau, 172.
    • Mais l’affaire de sa promotion, déjà réglée à ce moment, 173,
    • ainsi que le prouve sa préconisation, un mois seulement après la clôture des États, 177-178.
    • Les négociations relatives à cette affaire datent au plus tard de la mort de l’évêque de Valence, à qui devait succéder le prédécesseur d’Hélie de Bourdeille sur le siège de Tours, 178.
    • Raisons qui paraissent avoir déterminé le choix du roi Louis XI, 173, 176, 344, 348.
    • Miracles notoires et fréquents, connus de Louis XI, 310.
    • Vues providentielles dans cette élection, 176.
    • Mérite d’Hélie de Bourdeille à accepter cette translation qui l’éloigne de son pays, et lui ravit le fruit légitime de ses victorieux combats, 328.
    • Transféré à Tours pour y combattre jusqu’à la fin, 31,
    • avec succès, 31,
    • après vingt-neuf ans d’épiscopat, 24,
    • et dix-neuf ou vingt de gouvernement effectif, 31.
  54. Notes historiques relatives a la promotion d’Hélie de Bourdeille.
    • L’Église de Valence, à laquelle sera prochainement unie celle de Die, vacante le 21 février 1468, par la mort de son titulaire, 178.
    • Géraud de Crussol, promu depuis un an à l’archevêché de Tours, démissionne pour revenir au Dauphiné, son pays d’origine, tandis que, pour obéir à la voix de Dieu, Hélie de Bourdeille s’éloigne du pays où sa famille est toute-puissante, 59, 173.
    • Le choix d’Hélie de Bourdeille est primitivement l’œuvre de Louis XI, 64, 73, 339, 344.
    • Le Chapitre de Tours, rassemblé par ordre du Roi, l’élit à l’unanimité, 173, 352.
    • Louis XI agrée l’élection, 77.
    • Il est préconisé le 16 mai 1468, et son successeur sur le siège de Périgueux, Raoul du Fou, est préconisé le 8 juin suivant, 176, 177.
    • Hélie de Bourdeille prête serment de fidélité au Roi, le 23 décembre 1468, 59, 77, 177.
    • Le Roi, à cette occasion, lui témoigne publiquement son estime, 329. — Il est solennellement intronisé au mois de février 1469, et non dans l’octave de l’Ascension, comme on l’a écrit, 177.
  55. L’Église de Tours, a l’avènement d’Hélie de Bourdeille.
    • N’eut pas tant à souffrir que l’Église de Périgueux, des désastres matériels de l’époque : la Touraine, un des rares lambeaux du pays qui échappèrent aux pillages de la guerre, 411.
    • Le bilan de cette Église presque nul dans le livre du R. P. Denifle, 411.
    • Par contre, plus menacée par les empiétements des gens de cour et de parlement, 411. — Période remar quable pour l’épiscopat Tourangeau, 411.
    • Conciles provinciaux assez fréquents, où se reflète exactement la situation morale et spirituelle de la province, 411.
    • Ce que nous révèlent, en particulier, les Conciles de 1431 et 1448. — La lutte contre le blasphème et la défense des Immunités, qu’on sent menacées de toutes parts, forment les objets principaux des canons conciliaires, comme aussi d’ailleurs, des canons antérieurement promulgués par les Conciles de 1315, de 1320, et par le Concile national de Bourges, à la fin du XIIIe siècle, 411-412, 419-420.
    • Inconséquence de quelques-uns de ces prélats, favorables à l’erreur gallicane, si fatale aux Immunités qu’ils s’efforçaient de défendre contre les incursions de la puissance laïque, 412.
    • Hélie de Bourdeille sera plus conséquent avec les vrais principes, 412.
    • Mais dans la grande lutte qu’il soutiendra contre le blasphème et pour la liberté de l’Église, il ne fera que procurer l’exécution des décisions conciliaires prises, depuis deux siècles, par ses prédécesseurs, 412.
    • Ne sera, dans son gouvernement, ni un innovateur, ni un anachronisme, 412-418.
    • Concile de Tours, tenu à Nantes, en 1431, par l’archevêque Philippe de Coëtquis, 413-418.
    • Traite à fond la question des Immunités ecclésiastiques, 415-418.
    • Concile de Tours, tenu à Angers, en 1448, par l’archevêque Jean de Bernard, 419-421.
    • L’archevêque Carrette, cardinal de Finariis, dans ses Constitutions Synodales de 1512, ne fera guère que renouveler, contre les blasphémateurs, les Ordonnances édictées par Hélie de Bourdeille, son prédécesseur, d’après le Droit ancien et les décisions plus récentes des Conciles de la Province, 421-422.
    • En ce qui concernait spécialement l’archidiocèse et la ville de Tours, situation ecclésiastique relativement prospère, 316-320.
    • Sa cathédrale décrite par un contemporain, Francesco Florio, 317.
    • Splendeur du chant et des cérémonies dans cette église, nombreux clergé, etc., 317.
    • La Basilique de Saint-Martin : ses incomparables cérémonies, 318-319, 322.
    • La chapelle du Roi et le célèbre Jean Ockegam, 319.
    • Saint-Julien, Marmoutier, Notre-Dame la Riche que vont illustrer les fresques de Jehan Foucquet ; toutes ces églises enrichies par la munificence des rois, et spécialement du roi Louis XI, 320.
    • Les Ordres religieux, les quatre Ordres mendiants, 317.
    • Les couvents franciscains de Tours, 178-179, — et d’Amboise, 50.
  56. Hélie de Bourdeille a Tours, sa vie privée, ses vertus.
    • Continue le genre de vie qu’il menait à Périgueux, avec un plus grand train de personnes et de maison ; porte à regret de vingt-cinq à trente sous le prix de l’étoffe de sa robe, et de quarante à quarante-cinq ou cinquante sous, celui de l’étoffe de sa chape ou manteau, 25.
    • Multiplie ses réceptions : tous les jours, quinze pauvres à dîner, vingt-cinq à toutes les fêtes chômées, trente aux fêtes plus élevées, quarante, cinquante, soixante et jusqu’à soixante-douze, aux grandes solennités, universelles ou locales, 28.
    • Aux grands jours, les servait tête nue, se recommandait à leurs prières, les bénissait et ne les laissait aux soins de ses aumôniers et serviteurs pour aller dîner lui-même, que lorsqu’ils étaient pourvus, 23.
    • Continue ses jeûnes et austérités ; est obligé, avec l’âge, de retrancher un de ses carêmes, mais observe jusqu’à la mort le grand carême et celui de la Toussaint à Noël, 24.
    • Accablé de charges, par suite de ses aumônes, il ne veut pourtant jamais posséder qu’un seul bénéfice, l’estimant déjà trop pesant pour lui, 36.
    • Toujours grand exemple d’humilité et de charité, 38.
    • Toujours se réputait grand pécheur, et craignait que le bien qu’il faisoit ne fust acceptable à Dieu, 38.
    • Homme parfait en toute science et toute vertu, 318. — Personne qui pût, pour l’intégrité des mœurs lui être préféré parmi les prélats de son temps, 318.
    • Sa régularité et vie austère attire tous les regards, son affabilité et sa charité lui méritent tous les cœurs, 60.
    • Les registres du Chapitre métropolitain témoignent combien religieusement et saintement Hélie de Bourdeille a vécu sur le siège de Tours, 77.
  57. Sa maison.
    • Zélateur ardent de la pauvreté en tout ce qui le concerne, Hélie de Bourdeille, en ce qui touche la dignité archiépiscopale, tient grand rang, dans son beau palais récemment reconstruit par son prédécesseur Jean de Bernard, 36.
    • L’archevêché de Tours fort riche, pourvu de cinquante-cinq fiefs et d’un grand nombre d’arrière-fiefs, 36.
    • La tour gallo-romaine encore subsistante, siège de la Baronnie archiépiscopale, 36.
    • Haute, moyenne et basse justice, 36.
    • Châteaux archiépiscopaux de Vernou et de Larçay, 38.
    • Manoir et baronnie d’Artannes, qu’Hélie de Bourdeille, semble avoir habité de préférence, 38. — L’oratoire de ce manoir consacré par saint Grégoire de Tours, 38.
    • Aveu et dénombrement de la Motte-d’Artannes rendu par Jean Bernard à Hélie de Bourdeille pour sa baronnie d’Artannes, 39.
    • Hélie de Bourdeille a écuyers qui le servent à table, 27,
    • dont quelques-uns, ses parents, 49-51,
    • des chapelains domestiques et de cour en assez grand nombre, 26, 51,
    • une cour complète, 26, 27 et passim.
    • Reçoit fréquemment les légats du Pape, les accueille avec une suprême déférence, et leur offre la plus large hospitalité, 36.
    • Preuves de ses relations affectueuses et suivies avec le légat Julien de La Rovère, futur pape Jules II, 249.
    • Il reçoit de même les grands de l’État, lorsque les circonstances l’y invitent, et en vue du bien d’autrui, 36.
  58. Son administration.
    • Soutient, sous ce rapport comme sous tous les autres, la grande réputation qu’il s’est faite à Périgueux, 59, 346.
    • Commence par rétablir l’union et la paix, un instant troublées, parmi les chanoines de son Église, 59, 77.
    • Puis, il établit les règlements les plus sages pour le bon gouvernement de son diocèse, 77.
    • Très vigilant sur les besoins de son troupeau, il se montre très industrieux pour les satis faire, se refusant tout à lui-même pour ne rien refuser aux autres, 59, 846.
    • Institue quatre vicaires généraux, qu’il choisit instruits et aptes à partager sa sollicitude épiscopale : origine de nos archidiaconés, 77, 329.
    • Fait exécuter avec une rare énergie, contre les blasphémateurs, les décrets des Conciles de la Province, 34.
    • Procès et pénitence publique du greffier de la Cour du Roy, en Touraine, à la porte de toutes les églises de la ville, 34.
    • Se tient exactement aux règles du Droit dans l’administration de la justice : libre et normal fonctionne ment de son Officialité, 24, 32 et passim.
    • Fait le procès d’un nécromancien, qui tenait école publique de perversion, et le livre au bras séculier, qui le condamne suivant les lois en vigueur, 77, 329.
    • Perfide insinuation de D. Housseau à ce sujet, 283.
    • Le nécromancien meurt impénitent, 329.
    • Hélie de Bourdeille condamne et fait brûler ses livres sur la place publique, 77, 328, 329.
    • Il renouvelle, de concert avec son Chapitre, en 1480, l’antique union qui avait été formée, — dès l’épiscopat de saint Arnoul, disent quelques-uns, 352,
    • entre l’Église de Tours et l’Église de Tolède, 77, 329.
    • Un service annuel célébré dans l’une et l’autre de ces illustres églises, Ibid.
  59. Institution de fêtes nouvelles.
    • La fête de la Visitation de la sainte Vierge, d’origine franciscaine, pour l’Occident, XIIIe siècle, 77.
    • Hélie de Bourdeille l’introduit dans l’Église de Tours, 77,
    • et pour voit à sa célébration par une fondation personnelle, 77.
    • La fête de saint Joseph, instituée pour l’Église universelle par le pape franciscain Sixte IV, 77.
    • Hélie de Bourdeille l’établit dans l’Église de Tours, 77,
    • et pourvoit à sa célébration, au moyen d’une fondation effectuée par le Chancelier de France, Pierre Doriolle, 77.
    • Il établit aussi la fête de saint Alexis, à la célébration de laquelle il est pourvu par fondation d’un bourgeois de Tours, Alexis le Boin, 77.
    • Enfin, tant qu’il occupa le siège de Tours, il célébra lui-même, suivant le rite des fêtes doubles, la fête de saint François d’Assise, dont il suivait la Règle et pratiquait les vertus, 77.
    • De plus, il pourvut par son testament à sa célébration à perpétuité, 77.
    • À la vérité, lorsqu’il mourut, il n’avait pas même de quoi tester, Minorita pauperrimus, 77.
  60. Favorise le développement des institutions ecclésiastiques et religieuses.
    • La collégiale de Saint-Florentin. — Le château d’Amboise, son annexion à la Couronne, 190.
    • Séjours et travaux qu’y fit Louis XI, 190.
    • Assigné comme résidence à la reine Charlotte de Savoie, et aux enfants de France, 190.
    • Louis XI, non sans motifs, transfère la collégiale de Notre-Dame de Saint-Florentin, de l’intérieur du château au lieu qu’elle occupe encore actuellement, 190.
    • Hélie de Bourdeille, par acte du 9 août 1469, approuve cette translation, 344.
    • Par Ordonnance, en date du 14 avril 1470, il supprime une des prébendes du Chapitre collégial, et en affecte les revenus à l’entretien du maître et des enfants d’une Psallette, qu’il érige en la dite église, 191.
    • Belle rédaction de cette Ordonnance : considérations élevées sur la dignité de l’office canonial, 191-192.
    • Le Chapitre de Saint-Florentin répond à la bienveillance d’Hélie de Bourdeille par un acte capitulaire aux termes duquel, en reconnaissance des secours et faveurs qu’il a déjà reçus du révérendissime archevêque, il s’engage à célébrer, chaque année, aussi longtemps qu’Hélie de Bourdeille vivra, une messe de Notre-Dame, au jour anniversaire de sa translation sur le siège de Tours, et après sa mort, chaque année, au jour anniversaire, un service solennel pour lui et pour ses successeurs, 192-193.
    • Couvent des Carmes. — Histoire antérieure des Carmes à Tours, leurs migrations, leurs démêlés avec les moines de Saint-Julien et les curés avoisinants, 81.
    • Anecdote explicative de l’intérêt que Louis XI leur porte, 82.
    • De 1470 à 1473, il rebâtit leur couvent et leur assigne des revenus terriers, à charge de redevance féodale, 81-82,
    • payée par une monnaie spéciale dite Mater misericordiæ, 81.
    • Non content de favoriser ces bonnes dispositions du Roi à l’égard des Carmes, Hélie de Bourdeille concourt lui-même à l’œuvre de leur établissement définitif, par sa protection personnelle et ses libéralités, 352.
    • Le Chapitre collégial de Bueil. — Cette fondation bénédictine, effectuée en 1390 par les sires de Bueil, mais bientôt après convertie en Chapitre régulier de moines Augustins, devient, en 1476, collégiale séculière, composée de six chanoines et un doyen, par les dispositions de Jean V de Bueil, avec l’autorisation d’Hélie de Bourdeille, 82-83, 352.
    • La collégiale du Plessis-les-Tours. — En 1482, Hélie de Bourdeille autorise la fondation royale du Chapitre du Plessis, en l’honneur de saint Jean l’Évangéliste, 82, 268.
    • Il oblige les chanoines du Plessis à se conformer, en tout ce qui concerne le service divin, aux usages de l’église métropolitaine, 353.
    • Ce Chapitre est exempté de la juridiction de l’Ordinaire par acte pontifical de 1486, 82.
    • Le couvent des Franciscains, à Amboise. — La reine Charlotte de Savoie, aux sollicitations ou avec les encouragements d’Hélie de Bourdeille, reconstruit ce couvent, qu’elle recommandera bientôt, en mourant, à la bienveillance dû jeune Roi, son fils, 275.
    • Par une bulle, en date de 1482, Sixte IV approuve cette reconstruction, 275.
    • Le couvent des Minimes ou de Jesus-Maria, au Plessis. — Hélie de Bourdeille applaudit avec joie au projet que saint François de Paule lui soumet, de construire son couvent sur l'emplacement qui vient de lui être concédé ; il l’approuve, mais il ne voit pas le commencement de ce f monastère, 272, 332.
  61. Les édifices sacrés.
    • La cathédrale de Tours, achevée dans son œuvre principale, non dans sa façade ses tours, et quelques-uns de ses accessoires, à l’avènement d’Hélie de Bourdeille, 37.
    • Il concourt par ses libéralités et ses influences à l'ornementation sculpturale de la splendide façade de Saint-Gatien, achevée, comme gros œuvre en 1440, comme décoration en 1500, 37, 77.
    • Contribue, de même, à l’embellissement intérieur du temple, 60,
    • et aux deux réfections successives de la tour du Nord, l’une effectuée de son temps, l'autre reprise peu après sa mort, grâce aux aumônes qu'il avait provoquées, 37.
    • Obtient du pape Sixte IV, en 1475, une bulle accordant des indulgences pour l’achèvement de l’œuvre séculaire, 37, 207.
    • Louis, duc d’Orléans, dans une lettre au Pape, des dernières années du XVe siècle, rappelle cette bulle, et les démarches d'Hélie de Bourdeille, 207.
    • Hélie de Bourdeille porte ses soins sur le péristyle ou parvis de l’édifice, établit un caveau funéraire, 78.
    • Fonts baptismaux, 60.
    • L’église de Sainte-Catherine de Fierbois, dont on attribue la reconstruction à tel et tel, 38,
    • est l’œuvre personnelle d’Hélie de Bourdeille, ainsi que l’atteste formelle ment Pierre de Bois-Morin, 37 ;
    • ce qui ne contredit pas formellement l’opinion, basée sur les armoiries qu’on voit dans cette belle église, que Charles VIII et Louis XII ont pu contribuer à son ornementation, 37-38.
    • L’ancienne chapelle, dépositaire de l’épée révélée à Jean d’Arc, avait été complètement détruite par un incendie, 37.
    • Hélie de Bourdeille procure, en outre, la réfection d’un grand nombre d’églises ou chapelles, à Tours et dans tout le diocèse, 37.
    • Les nombreuses églises ou portions d’églises que ce diocèse possède, datant du XVe siècle, sont l’œuvre de Jean de Bernard, prédécesseur d’Hélie, (1440-1466), ou la sienne, 37, 60.
    • Hélie de Bourdeille les pourvoit, en outre, de nombreux ornements et objets du culte, 47.
    • Le tout souvent à ses frais, y employant la plus grande partie des revenus qu’il ne consacrait pas aux aumônes, 37, 60, 64,
    • souvent aussi par l’obtention d’indulgences ou autres moyens de zèle et de piété, 60.
  62. Autres actes de munificence. — La première bibliothèque publique établie en province.
    • Tours, au temps d’Hélie de Bourdeille, d’après Francesco Florio, 316-318.
    • Les grands personnages qui y sont attirés par le voisinage du Plessis et de la famille royale, 319.
    • Vie religieuse, politique, intellectuelle et artistique de la ville, 320.
    • Éclosion de la Renaissance française en Touraine, 321-324.
    • Les beaux-arts et les arts industriels représentés par un grand nombre de maîtres renommés, 321 sqq.
    • Hélie de Bourdeille profite de ce mouvement, et le sanctifie autant qu’il est en lui, en le faisant servir à la religion et aux lettres, soit par les œuvres qu’il commande lui-même, soit par celles dont il provoque la création, 324.
    • Les merveilleuses galeries du cloître, œuvre de Jean de Bernard, 77.
    • La splendide bibliothèque capitulaire, élevée sur ces galeries, œuvre d’Hélie de Bourdeille, 60, 77, 327.
    • Hélie de Bourdeille en veut faire une bibliothèque publique, 60 ;
    • à une époque où les librairies étaient un objet de luxe réservé aux rois et aux plus opulents seigneurs ; au moment même où Louis XI introduisait l’imprimerie en France ; peu de temps après que Nicolas V eût jeté les premières bases de la bibliothèque Vaticane, 225 ;
    • et dans le temps que Sixte IV affirmait et développait magnifiquement l’œuvre de son prédécesseur, 225.
    • Le séjour d’Hélie de Bourdeille auprès du cardinal Albergati et de ses illustres hôtes ou disciples, ne fut peut-être pas étranger à cette création, 162.
    • Hélie de Bourdeille améliore aussi les conditions d’habitation du cloître ; il en fait paver la place et toutes les rues qui convergent vers cette place, 77, 327.
    • Monuments de sa bonté et de son génie, lesquels joints à tant d’autres, ne sortiront jamais de la mémoire de la postérité, dit Maan, 77.
  63. Le bien public ; la création de la municipalité Tourangelle.
    • Protecteur du peuple, à Tours, comme à Périgueux, Hélie profite, en sa faveur, du libre accès qu’il a auprès du Roi, et fatigue celui-ci de ses instances pour l’allégement des charges, la diminution des taxes, etc., 64.
    • Il sollicite auprès de Louis XI la construction d’un Hôtel-de-ville, et la plupart des privilèges dont jouirent, par la suite, le maire de Tours et ses vingt-quatre échevins, institués par acte royal de 1462, 352-353.
    • Mais, d’autre part, il fait reconnaître par jugement l’immunité des clercs, relativement aux charges dont ce nouvel état de choses grève les habitants, 80-81.
    • Ne cessait de rappeler à Louis XI les doléances du pauvre peuple, et de le presser de redresser la justice en son royaume, 64.
    • Représentations auxquelles le Roi, quoi qu’il en eût, ne paraît pas avoir été indifférent, 174.
  64. Garde une part de sollicitude pour le Périgord. — Sa famille. — Son église.
    • N’a jamais abandonné, oublié son pays, en esprit et par affection, 73.
    • Relations brèves, mais affectueuses et de grand ton avec les membres de sa famille : une lettre, écrite de Tours, à son frère Archambaud le Jeune, 153.
    • Perd son frère aîné, Arnaud II, le sénéchal, en 1473 ou 1474, 153.
    • Il est nommé l’un de ses exécuteurs testamentaires, 62.
    • Lettre, écrite d’Artannes, à son neveu, fils aîné d’Arnaud, pour lui recommander de vivre en bons termes avec sa belle-mère, Brunissende de Montbron, seconde femme d’Arnaud II. Lui rend compte des laborieuses négociations qu’il a conduites à bonne fin, en sa faveur, auprès du Chancelier de France, 153.
    • Négociations probablement relatives à la charge de sénéchal, à laquelle François fut appelé, comme son père et son aïeul, 153-154.
    • Avènement de Sixte IV, franciscain, en 1472 : Hélie de Bourdeille lui députe immédiatement un de ses prêtres, Philippe Lebrunier, chanoine de Chinon, 206,
    • avec mission de déposer aux pieds de Sa Sainteté les hommages de l’archevêque de Tours, et de demander confirmation des faveurs spirituelles, au for de la confession, précédemment obtenues de Paul II par Hélie de Bourdeille, pour sa famille, 206.
    • Sixte IV confirme et amplifie ces faveurs par un Bref du 23 juillet 1472, 206.
    • Il donne pour motifs l’austérité de vie du suppliant, la pureté de sa doctrine, et sa singulière dévotion envers le Siège Apostolique, 206.
    • Hélie de Bourdeille en Périgord, au mois de janvier 1474, 206-207.
    • Du château de la Tour-Blanche, le 31 de ce mois, il use de ces pouvoirs, en faveur de Philippe de Leygue et de Pierre de Ailes, ses parents et alliés, 206.
    • La pièce est contre-signée Chalumel, chanoine de Saint-Hilaire de Poitiers, que le saint archevêque chargea de plusieurs missions auprès du Pape et auprès du Roi, 207.
    • L’année jubilaire de 1475 : son importance tirée de ce qu’on y appliquait pour la première fois la constitution rédactive de Paul II, 164.
    • Hélie de Bourdeille, qui a le dessein de faire, en cette année sainte, son pèlerinage ad limina, envoie au préalable le chanoine Guillaume Chalumel auprès de Sixte IV, avec mission de traiter plusieurs affaires, 155.
    • Lettres gracieuses de Sixte IV, 9 avril 1475, au sujet de la mission de Chalumel, et en réponse à l’avis de la prochaine arrivée d’Hélie de Bourdeille, 155.
    • Le Pape loue encore la droiture innée, l’intégrité de vie et la pure doctrine d’Hélie de Bourdeille, 155.
    • Hélie de Bourdeille part vers le milieu d’octobre 1475, 164.
    • Il tombe malade en route, et met neuf semaines pour effectuer son voyage, 164.
    • Il arrive à Rome sept ou huit jours avant Noël, et y restera jusqu’après Pâques, 164.
    • Il écrit de Rome, le 23 février 1476, à son neveu François de Bourdeille, et lui dit la réception exceptionnellement affectueuse et honorifique que le Saint-Père lui a faite ; ses attentions continuelles, 154-155.
    • Il loue la munificence avec laquelle le Pape accueille les hôtes princiers que le Jubilé amène à Rome, 164.
    • La charité magnifique de Sixte IV envers les reines détrônées de Chypre et de Bosnie, envers le fils de l’empereur de Constantinople, et tant d’autres princes et prélats dépossédés par les Turcs, 154-155.
    • Dans ce même voyage, Hélie de Bourdeille obtient, pour l’achèvement de la cathédrale de Tours, la bulle d’indulgences mentionnée plus haut, 37, 207.
    • De plus, il obtient du Pape, en faveur des deux Églises Saint-Étienne et Saint-Front de Périgueux, une grande indulgence décennale, en forme de Jubilé, 167-169.
    • Hélie de Bourdeille est nommé, par bulle spéciale, grand Pénitentier et surintendant de ce Jubilé, 73.
    • Le 10 avril 1483, les chanoines des deux Églises, assemblés capitulairement en l’église Saint-Front, dressent un acte solennel de reconnaissance pour tous les bienfaits dont Hélie de Bourdeille a comblé leurs Églises, 166-168.
    • Ils décident qu’en faible témoignage de leur gratitude, aux deux fondations effectuées par Hélie de Bourdeille, pour les fêtes de l’Assomption et de saint François, les distributions qu’il avait coutume de faire, seront continuées à perpétuité de proventibus Ecclesiæ, 167,
    • que, de plus, à l’avant-veille de chacune de ces fêtes, un obit solennel, avec vigiles et sonnerie, sera célébré pour Hélie de Bourdeille et tous les siens, passés, présents, à venir, 167-168.
  65. La grande mission d’Hélie de Bourdeille sur le siège de Tours.
    • Importance exceptionnelle et d’ailleurs transitoire de ce siège, à l’époque où Hélie de Bourdeille y fut appelé, 173.
    • Situation politique de la France, à la même époque, 172, 176. — Son attitude vis-à-vis de l’Église et de la Papauté, 214-218, 412 sqq.
    • L’épiscopat français, au temps d’Hélie de Bourdeille, 173.
    • Un roi qui fut roi, profond et habile politique, chrétien convaincu, 272 ;
    • chargé par la Providence d’achever l’œuvre de Jeanne d’Arc, en constituant fortement l’unité de la patrie française, 176 ;
    • mais un roi ombrageux, retors, acharné à la proie, 175 ;
    • poussé à la vengeance sournoise, aux entreprises peu scrupuleuses et à la duplicité par les crimes, trahisons et perfidies dont il est entouré, 195-199, 210 ;
    • mêlant d’ailleurs une certaine superstition à sa foi sincère, et toujours en quête de motifs à capitulation de conscience, 242-243.
    • Hélie de Bourdeille, préparé à la mission qu’il doit remplir, auprès de ce roi et de ce peuple, d’un côté, par un véritable esprit de pauvreté, et un complet détachement de tous biens et honneurs de ce monde, 64 ;
    • par une direction de volonté et d’affections, supérieure à toute considération humaine, 314 ;
    • par un esprit de force et une flamme de zèle qui l’affranchissent de toute crainte, 33, 35, 74, 264 ;
    • d’un autre côté, par un patriotisme de famille et de religion, non moins que par l’idée élevée et le sentiment profond de la vocation spéciale de la France au milieu, à la tête des nations chrétiennes, 175, 178, 258 ;
    • prévenu, d’ailleurs, par la confiance perspicace et les faveurs du Roi, qui le craint et le croit, 85, 267 ;
    • qui révère son pouvoir surnaturel, et souvent s’en recommande, 260 ;
    • qui s’incline, enfin, devant celui qu’il ne peut faire trembler, 262 ;
    • Hélie de Bourdeille a la mission, en ce qui concerne ce monarque aux qualités rares et aux redoutables défauts, d’en obtenir par fermeté, douceur, patience et sainteté de vie, la plus grande somme de bien possible, 176 ;
    • d’empêcher, de sa part, le plus de mal qu’il se pourra, 175 ;
    • mais surtout, quoi qu’il advienne, de le retenir dans l’unité de la .sainte Église, 85, 339 ;
    • enfin, de le soutenir, encourager et aider, dans sa grande œuvre nationale, 259 ;
    • En ce qui concerne l’Église, de défendre sa liberté menacée, et de s’opposer comme un mur d’airain aux envahissements de la puissance laïque, 340, 346, 348 ;
    • de lutter sans trêve ni merci, fût-il seul à combattre, 47,
    • contre toutes forces adverses, enhardies par l’universelle défection, 33, 36, 64, passim ;
    • de défendre, d’exalter et de venger, contre tous, l’autorité divine du Siège Apostolique, 36, 47, 64, 78, passim ;
    • En ce qui concerne la France, de la prémunir contre la déviation doctrinale et disciplinaire dont elle est si follement éprise, 348 ;
    • de lui rappeler sa vocation sublime, au moment où la Providence, se souvenant du pacte initial, vient de multiplier les prodiges en sa faveur, et en dépit des fautes du roi très chrétien, comme de l’insubordination de la fille aînée de l’Église, va faciliter le triomphe inespéré, presque inouï, définitif, de leur cause commune, 259, et passim ;
    • de corroborer ses enseignements, d’une doctrine si pure, par l’exemple illustre d’une vie, dont personne, ni parmi ses contemporains, ni depuis, n’aura jamais contesté l’éclatante sainteté, 302 sqq.
    • Hélie de Bourdeille ne se laissera point enchaîner par les faveurs de Louis XI, et ne s’en servira que pour défendre avec une liberté apostolique les droits de l’Église, du Saint-Siège, travailler au bonheur de la France, au soulagement des humbles et au salut de l’âme du Roi, 346-348.
  66. L’affaire du cardinal Jean Balue.
    • Deux mois seulement après l’installation d’Hélie de Bourdeille sur le siège de Tours, 185. — Antécédents de Jean Balue ; sa naissance obscure, 78.
    • L’ingratitude et la trahison incarnées : personne ne lui a fait du bien, à qui il n’ait fait ou cherché à faire le plus grand mal, 78.
    • Avec cela, vicieux, cupide et de mauvaises mœurs, 182.
    • Chapelain et aumônier de Jacques Juvénal des Ursins, évêque de Poitiers, il poursuit de ses accusations et parvient à écarter les fidèles serviteurs de ce prélat, 180.
    • Devenu son exécuteur testamentaire, il s’approprie tous les legs pieux du défunt, 78.
    • Réfugié auprès de Jean de Beauvau, évêque d’Angers, nommé par lui chanoine, official et vicaire général, il le perdra un peu plus tard, pour prendre sa place, 78.
    • Le comte Charles de Melun, trésorier de Louis XI, l'admet dans sa maison, et le recommande au Roi : il profitera de sa fortune, dont Melun est l’artisan, pour l’accuser de péculat, et le faire condamner à mort, 78, 180.
  67. Succès inouïs.
    • Dus à son esprit exercé, 181,
    • à une audace qui ne reculait devant aucun crime ; infamie de son caractère, 180.
    • Perspicacité de Louis XI, singulièrement mise en défaut, 180.
    • Cause : la singulière tendance de ce prince à s’entourer de gens de basse extraction, ou de gens criminels, qu’il croyait tenir par les secrets dont il était détenteur, 180.
    • Il fait d’abord de Balue son aumônier, 181,
    • et après la disgrâce de Melun, son trésorier, 182.
    • Puis, il le comble d’honneurs, de bienfaits et de bénéfices, 181, 184.
    • Évêque d’Évreux, 181, 182.
    • Premier abbé commendataire du Bec, 181.
    • En même temps, abbé de Bourgueil : lettre curieuse de Louis XI au conseiller de Bressuire, à ce sujet, 181.
    • Affaire de l’évêque d’Angers, suspens de ses fonctions par le métropolitain Jean de Bernard en 1465, puis déposé par le Pape, en 1467, 181.
    • Balue, promu à sa place, 78, 181.
    • Louis XI demande aussitôt pour lui le chapeau, 182.
    • Paul II résiste : Le Roi y tient, il s’en repentira, 182.
    • Ambassade d’Adam Fumée, 182.
    • Balue, cardinal-prêtre du titre de Sainte-Suzanne, 182.
    • Au comble de la fortune, 182, 341.
    • Seul, il peut tout auprès du Roi, sinon au-dessus du Roi, 341.
    • Sa manière, pleine de fourberie : susciter au Roi et au Pape lui-même des difficultés, pour se donner le facile mérite de les résoudre et d’en recueillir avantage, 182.
    • Ses richesses subites, son faste et son insolence, 181, 182, 185.
  68. Le crime qui le perdit.
    • Le guet-apens de Péronne, avec ses horribles conséquences pour les Liégeois, et celles qu’il aurait pu avoir pour la France, mis par plusieurs historiens, non sans raison, sur le compte de Balue, 184.
    • Ses manœuvres pour empêcher, par tous moyens, la réconciliation de Louis XI avec son frère, et pour attiser la guerre entre la France et le duc de Bourgogne, 183, 184.
    • Essaie de faire partager à Louis XI le sort qu’il a fait subir à tous ses bienfaiteurs, 185.
    • En le trahissant de la manière la plus odieuse, il trahit la France, qu’il essaie de livrer au duc de Bourgogne, au duc de Bretagne, et finalement à la revanche de l’Anglais ; le plus ignoble des sans-patrie, 78-79, 183, 184.
    • Objet spécial de la trahison pour laquelle il sera châtié : empêcher que le frère du Roi accepte le duché de Guyenne, et de la sorte, maintenir la lutte avec les ducs de Bourgogne et de Bretagne, lutte par laquelle il a élevé et compte maintenir sa puissance, 183, 184.
  69. Son complice.
    • Guillaume d’Harancourt, évêque de Verdun, 183.
    • Ancien premier conseiller de Jean, duc de Lorraine et de Calabre, 183.
    • Attiré par Louis Xi qui connaissait l’influence de ce prélat sur son frère, 183.
    • Prend part à la trahison suprême de Balue ; ses lettres saisies en même temps que celles du cardinal félon, 183.
  70. Découverte de la trahison.
    • Le cardinal de Pavie, mêlé à ces événements par sa participation aux conseils du Saint-Siège, raconte la manière extraordinaire dont ces lettres et celles de Balue furent saisies sur le messager qu’ils envoyaient au duc de Bourgogne, 183.
    • Ces lettres sont transmises au Roi, 183, 184 ;
    • qui fait arrêter incontinent le cardinal et Guillaume d’Harancourt, 79, 184.
    • Jamais, en France, on n’avait vu l’incarcération d’un si haut dignitaire ecclésiastique, 64.
    • Verdun est chargé de chaînes et gardé, 183,
    • à part du cardinal, qui est conduit à Montbazon, 183, 184,
    • confié à la garde du sire de Torcy, 184.
    • En attendant qu’on fasse le procès à ces misérables, le cardinal subit l’interrogatoire des commissaires de Roy, Tannegui du Chastel, Cousinot, Doriolle et Torcy, 184.
    • Les coupables font des aveux complets : Balue, se croyant déjà à sa dernière heure, confesse les motifs criminels qui l’ont dirigé dans cette machination, ainsi que dans toutes les autres, du reste, 183.
  71. Intervention d’Hélie de Bourdeille.
    • Dès qu’il a appris l’arrestation des deux prélats criminels, Hélie de Bourdeille court auprès du Roi, à Amboise, pour les arracher à la justice séculière, 31.
    • Acte héroïque dans les circonstances, 47, 79, 84, 185.
    • Héroïque, eu égard au crime : tout se réunissait pour le rendre exécrable et digne, en soi, d’une prompte et sommaire justice, 179-180.
    • Héroïque, eu égard au caractère de Louis XI et aux dispositions dans lesquelles devait le mettre cette cruelle révélation qui l’atteignait au plus sensible de son âme de roi, de frère et de bienfaiteur longtemps trompé, 185, 341.
    • Héroïque, eu égard à la personne odieuse des prélats, qu’Hélie de Bourdeille connaissait fort bien, et dont il détestait l’indignité, 79, 185.
    • Mais au-dessus de toutes ces considérations planait, à ses yeux, le droit divin de l’immunité ecclésiastique, 348.
    • Il pensait qu’il est des moments où l’évêque doit savoir opposer sa poitrine aux violateurs des droits de Dieu et de son Église, et tout sacrifier pour accomplir ce devoir, 346, 348.
    • Au risque de se perdre, il court arracher à Louis XI la proie qu’il vient de saisir, 31, 329-330, 341, passim.
  72. Son succès auprès du Roi.
    • Les historiens amoindrissent le rôle d’Hélie de Bourdeille, ou en atténuent les effets, par inattention ou de parti pris, 79, 185-186.
    • La vérité est qu’Hélie de Bourdeille fut bien accueilli par le Roi, 31.
    • Il demandait uniquement que la cause des deux prisonniers fût dévolue à l’Église, au Saint-Siège, 186.
    • Le Roi lui répond que telle est aussi son intention, et qu’il va demander des juges à Rome, 31, 186.
    • La démarche d’Hélie de Bourdeille n’ayant point d’autre but, le résultat obtenu constituait pour lui un véritable triomphe, 352.
    • Pour lui, le devoir s’arrêtait là ; aussi son plus intime confident écrit-il, dans sa naïve véridicité, qu’il revint bien content de la réponse du Roy, la suite ne pouvant lui être imputée, 31.
  73. Négociations avec la Cour de Rome.
    • Louis XI, fidèle à sa parole, envoie deux ambassadeurs demander des juges à Rome, 79, 186-187.
    • Ceux-ci exposent le crime commis, et demandent que la cause soit jugée en France, 79, 186.
    • Discussion et partage des avis au sein du Sacré-Collège : on se défie du Roi, et le Roi se défie des étrangers, 186.
    • Finalement, on accorde que le procès soit instruit à Avignon, ville de domination pontificale, ou dans une ville de domination épiscopale, choisie par le Roi parmi les trois que proposeraient les délégués pontificaux, 187.
    • Mais à la condition que les accusés seront mis en liberté sur parole, et que les délégués se borneront à instruire le procès, et à prononcer la sentence qui leur sera envoyée de Rome après examen des actes du procès par le Sacré-Collège, 187.
    • Un évêque espagnol, juge délégué, deux assesseurs italiens, un procureur et un avocat consistorial, de la curie pontificale, 187.
    • Louis XI n’accepte pas ces juges, 79, 187.
    • Ses objections, 187-188.
    • Il réitère inutilement sa demande ; fait une troisième instance, 79.
    • Devant le refus persistant de la Cour pontificale, il garde ses prisonniers, sans autre forme de procès, ce qui est une grave atteinte au principe sacré de l’immunité ecclésiastique, 79.
  74. Le châtiment des traîtres.
    • Louis XI, au fond, s’accommode assez bien de l’échec des négociations, 188.
    • Les biens de Balue sont vendus et distribués en partie aux serviteurs du Roi, 185.
    • Énumération qui atteste le faste de cet homme, 185.
    • Balue et d’Harancourt sont enfermés dans des cages de fer et détenus, Balue en Touraine, en 1471, 78,
    • d’Harancourt à la Bastille, en 1476, 78.
    • Origine de ces cages, 78.
    • Leur importation en France par Balue et d’Harancourt, 78.
    • L’usage que Balue en comptait faire, 78.
    • L’usage qu’il en fit personnellement, le premier, ainsi que son complice, durant plusieurs années, 79, 187.
    • Hélie de Bourdeille intervient, par ses protestations, exhortations, instances, auprès du Roi, pour obtenir la cessation de cet état de choses, 79.
    • Tout ce qu’il obtient, c’est de tenir en inquiétude la conscience du Roi, qui, averti par une première attaque du mal dont il mourra, lâche enfin sa proie, 187.
    • La vacance du siège d’Angers, durant douze ou treize années, et les questions relatives aux administrateurs provisoires de ce diocèse, ajoutent aux embarras du saint archevêque, 250-251.
    • Cette affaire n’altère en rien les bons rapports d’Hélie de Bourdeille avec le Roi, 189.
  75. L’affaire de l’évêque de Pamiers.
    • Un peu après l’arrestation de Balue, Pascal du Four, évêque de Pamiers, est arrêté à Tours et mené, lié, à Toulouse, 31, 47,
    • par commission du Parlement de cette ville, et probablement à l’instigation du compétiteur de du Four à l’évêché de Pamiers, ou du vicomte de Narbonne, son protecteur, 31.
    • Hélie de Bourdeille, apprenant cette nouvelle exécution, en est profondément troublé, 31.
    • Il retourne en hâte auprès du Roi, et lui fait ses remontrances, 31.
    • Le Roi lui répond qu’il ne sait rien de l’affaire, qu’il n’a donné aucun ordre concernant l’évêque de Pamiers, et qu’il va s’enquérir de ce qui s’est passé, 31.
    • Sans retard, l’enquête est commencée par ordre du Roi, 31.
    • Mais entre temps, arrive à Tours un serviteur de l’évêque de Pamiers, qui annonce à Hélie de Bourdeille que son maître a été relaxé, et qu’il intente un procès aux auteurs responsables de son arrestation, 31.
  76. L’affaire des gens de Balue et de l’évêque de Verdun.
    • Ces familiers et serviteurs, gens d’Église, sont arrêtés, à la suite de l’incarcération de leurs prélats, 31, 188.
    • Le Chancelier et le grand Conseil s’apprêtent à faire leur procès, 31-32.
    • Hélie de Bourdeille s’y oppose énergiquement, et revendique ses droits à connaître de l’affaire, 31, 188.
    • Il fait publier dans les églises un monitoire, menaçant des censures quiconque attenterait, en cette cause, aux Immunités de la sainte Église, 47, 59, 64, 65, 79.
    • Le Chancelier et le grand Conseil, pour tourner la difficulté, lui demandent un vicariat ou délégation écrite, pour pro céder comme en son nom, 31-32.
    • Ils allèguent des antécédents, de la part de ses prédécesseurs, 32, 189.
    • Hélie de Bourdeille refuse, et modelant sa conduite sur celle que tenait la Cour de Rome, relativement aux deux principaux inculpés, exige que les accusés soient d’abord mis en son pouvoir, offrant de faire leur procès en la présence de l’avocat et du procureur du Roi, préalablement appelés, 32.
  77. Conflit menaçant.
    • Deux conseillers du Roi sont envoyés derechef auprès de l’archevêque, avec mandat d’insister énergiquement, 32.
    • Ils mettent en question la personne du Roi et la sauvegarde de l’État, 32.
    • Ils menacent, 32, 189.
    • Hélie de Bourdeille reste inébranlable : qu’on lui montre qu’il a le droit de faire ce qu’on lui demande, et il le fera ; sinon, il s’en tiendra à ce qu’il a déclaré, 32, 74.
    • Mécontentement des gens de Cour, 32, 189.
    • Commandement est fait à Hélie de Bourdeille d’obtempérer aux injonctions de la justice, sous peine d’une amende de mille marcs d’or, de la saisie de son temporel, et autres sanctions, 32.
    • Hélie reste inflexible : plutôt que de forfaire à son devoir, il se démettra de l’archevêché, 32.
    • Ses familiers, moins héroïques que leur maître, lui font d’émouvantes observations : Ne pourrait-il, eu égard au trouble de ces jours mauvais, et étant donné que celui à qui il confierait sa délégation, serait un homme de toute conscience, agir comme l’ont fait ses prédécesseurs, et écarter ainsi tant de maux qui le menacent, lui et les siens ? 32.
    • Plutôt que de donner les mains à un si grand mal, et par là scandaliser et embarrasser ses suffragants, il laissera l’archevêché et retrouvera la cellule de son couvent, 32.
    • L’affaire en reste là, et les menaces des gens de Cour, grâce à l’intervention de Louis XI, qui leur impose silence, demeurent sans effet, pour le moment, 189.
    • Les historiens, à ce sujet, confondent les faits, 189.
    • Le temporel de l’archevêque ne fut pas saisi en cette circonstance, 189.
    • D’autres auteurs accusent Hélie de Bourdeille d’avoir réservé ses rigueurs pour les subalternes, et ménagé le Roi, principal moteur de l’affaire, 189.
    • Ils ignorent que, les causes des rois étant réservées au Saint-Siège, Hélie ne pouvait agir auprès du Roi que par voie de remontrances, devoir dont il s’acquittait amplement, 189.
    • Auprès de ses officiers, au contraire, il avait autorité, et en usait avec courage, 189.
  78. Hélie de Bourdeille domine la situation.
    • Hélie de Bourdeille ayant contribué et contribuant, par ses bons offices, au maintien de la» Paix dite d’Ancenis, entre Louis XI et le duc de Bretagne, le Roi veut que la signature du saint archevêque figure parmi celles des grands du royaume, appelés comme garants de la convention intervenue, 344.
    • Quelques mois plus tard, le Roi veut qu’il reçoive solennellement, avec honneurs exceptionnels, le légat du Pape, 344.
    • Hélie de Bourdeille signe ladite conventionné 7 juin 1470, 198-194, 344.
    • Le 10 septembre 1470, Hélie de Bourdeille, à la tête du clergé et du peuple de Tours, se rend au-delà des murs, et y harangue le représentant du Saint-Siège, 344.
  79. Hélie de Bourdeille parrain du duc de Berry, second fils de Louis XI.
    • Un miracle du saint archevêque signale, en 1470, la naissance du dauphin Charles, objet de tant de vœux, 50, 74, 276.
    • Un second fils naît au Roi, en 1472, 55, 276.
    • Grande joie de Louis XI, 276.
    • Il choisit l’archevêque de Tours pour parrain de ce prince, 53-56, 325,
    • en considération de la dévotion et sainteté du dit archevêque, déclarent plusieurs témoins, 54, 55.
    • Le prince reçoit le nom de François et le titre de duc de Berry, 276.
    • Il meurt l’année suivante, 276.
    • Grand deuil de Louis XI, lorsque la mort de cet enfant lui est annoncée dans la forêt de Loches, 276.
    • Le petit duc a sa sépulture en l’église conventuelle des Frères Mineurs d’Amboise, 276.
  80. Les suites de la révocation de la Pragmatique Sanction.
    • Mauvaises conditions dans lesquelles s’était effectuée la révocation de la Pragmatique Sanction, 125, 219.
    • Le principal négociateur dans cette affaire, plus intéressé que convaincu, 174, 219 sqq.
    • Le Roi, irrésolu, plus convaincu en principe que sincère dans la pratique, 126, 174.
    • Opposition rageuse de l’Université, 218 et passim.
    • Le Parlement refuse d’enregistrer l’édit d’abrogation, 219, 294.
    • Le triste messager du Roi auprès de cette assemblée, 294. — Opposition du clergé et du peuple, 125, 218.
    • Le Roi, habitué à briser toute opposition, adopte vis-à-vis de celle-ci une attitude équivoque, 218. — Raisons politiques de cette attitude, 126. — Les palinodies de Jouffroy, de Thomas Basin, 174, 219.
    • Les trente deniers de Jouffroy, 219-220.
    • Défaillance universelle de l’épiscopat français, 168, 174, 218.
    • Un formidable courant populaire, véritable vent de folie, 218-219, 237.
    • Seul, Hélie de Bourdeille lutte contre ce courant, 47, 125, 218.
    • Seul, Hélie de Bourdeille empêche que le Roi, en mauvaise humeur, ne rapporte l’édit d’abrogation, 59, 85, 126-127.
    • Résistance héroïque du saint archevêque, de son premier à son dernier jour, passim.
  81. Le Concordat de 1472.
    • À peine assis sur la Chaire de Saint-Pierre, Sixte IV, en dépit de l’accueil disgracieux que l’illustre Bessarion, son légat, a reçu de Louis XI, 227-228,
    • essaie de mettre fin à la situation équivoque et troublée, qui a persisté sous ses deux prédécesseurs immédiats, relativement à la Pragmatique, abolie en droit, maintenue en fait, 125.
    • Le Roi a répondu à la notification, par légat, de l’avènement de Sixte IV, par l’envoi d’une ambassade conduite par Thibaud de Luxembourg, évêque du Mans, 228.
    • Le Pape la reçoit solennellement, le 8 juin 1472, 228.
    • Neuf demandes du Roi, portant sur la convocation d’un Concile œcuménique à Lyon, pour l’union des princes chrétiens contre les Turcs, sur l’élévation de l’archevêque de Lyon à la pourpre, et sur plusieurs mesures ou concessions destinées à compenser le retrait des dispositions de la Pragmatique, 228-229.
    • Le Pape répond que la demande de convocation du Concile est intempestive, que les mouvements des Turcs appellent une action immédiate ; que, pour le reste, le Roi éprouvera, en tout ce que ses demandes ont de juste, les effets de la bienveillance apostolique, 229.
    • De fait, dès le mois d’août de cette même année, 1472, Sixte IV octroie à la France une Constitution désignée sous le nom de Concordat, 125, 229,
    • mot pris dans son sens premier de concession gracieuse, non dans le sens que beaucoup lui donnent parmi les modernes. — Cette Constitution est insérée au Corps du Droit, huitième livre des Décrétales, Extravagantes communes, 125.
    • Elle est adressée à Hélye, archevêque de Tours, 125.
    • Suscription qui indique, à elle seule, l’intervention officieuse d’Hélie de Bourdeille dans cette affaire, 125.
    • Intervention que les personnes et les circonstances s’accordent, d’ailleurs, à représenter comme ayant été plus efficace que les négociations officielles des ambassadeurs du Roi, 154-155, 207.
    • Malgré les faveurs considérables, eu égard à l’époque où le Saint-Siège les octroyait, contenues dans ce premier Concordat, Louis XI se montre peu empressé à le promulguer, 208. — Réclamations du Pape, à ce sujet ; ratification insuffisante, 208.
    • Louis XI reçoit enfin et homologue par lettres patentes la Constitution pontificale, 208.
    • Ce Concordat n’en demeure pas moins lettre morte ; ni le Parlement, ni le clergé, ni le Roi lui-même n’en tiennent compte : Hélie de Bourdeille aura à continuer sa tâche ingrate contre les fanatiques partisans de la Pragmatique, 207.
  82. L’affaire de la bulle In Cœna Domini.
    • Origine de cette bulle, 32.
    • À une date indécise, mais probablement dans les années qui suivirent immédiatement l’incarcération de Balue, le Saint-Siège rappelle aux évêques de France l’obligation de la publier annuellement, le Jeudi-Saint, 32.
    • Il y avait opportunité notoire, en ce que cette Constitution condamne et censure précisément les entreprises contre la juridiction du for ecclésiastique, 32.
    • Il y a lieu de conclure, de l’orage qui se déchaîna alors contre Hélie de Bourdeille, qu’il fut seul à la publier et à la faire publier par les curés de son diocèse, 32, 48.
    • Mais aucune difficulté ne pouvait l’arrêter, lorsqu’il s’agissait d’obéir au Saint-Père, 33.
    • Le grand Conseil, le Parlement, tous les gens de Cour s’insurgent contre le saint prélat, 33.
    • Commandement lui est fait de révoquer ce qu’il a fait, sous peine de saisie de son temporel, et.autres menaces, 33, 48, 59, 74, 85.
    • Ces menaces le trouvent inflexible, 33.
    • Son temporel est saisi, et il est lui-même cité à comparaître en personne, en la Cour du Parlement, à Paris, 33.
    • De plus, on épouvante ses serviteurs et familiers ; on les menace même de mort, 33.
    • Un de ses serviteurs, pris de frayeur, le quitte, 33.
    • Rien ne l’ébranle : heureux de souffrir, de mourir même, s’il le fallait, pour la cause de Dieu et de son Église, 33.
    • Sur ces entrefaites, il va trouver le Roi, au couvent des Augustins, et lui découvre, avec les mobiles de sa conduite, les injustes procédés dont on use à son égard, 33, 48.
    • Bien que prévenu par ses officiers et autres gens, le Roi accueille bien l’archevêque, lui remontre doucement qu’il ne devrait pas être si prompt à l’obéissance, en des choses qui créent de si graves difficultés, 33.
    • Allez voir ma bonne ville de Paris, je le veux bien, mais que ce ne soit pas pour comparoir en Parlement. — Quant à votre temporel, c’est mon affaire, et je serai moi-même mon commissaire, 33.
    • Le Roi agit par une crainte respectueuse de la science et de la sainteté du prélat, 85. — L’orage n’eut pas d’autres suites, 33, 48, 59, 65, 85.
    • Les historiens, ici encore, confondent ou dénaturent les faits, 189.
  83. Le procès de l’abbé de Saint-Jean-d’Angély. — La réconciliation des deux frères.
    • Les dissentiments politiques mis à part, Louis XI et son frère Charles paraissent avoir eu, l’un pour l’autre, une affection réelle, 194.
    • À la suite de la découverte des machinations de Balue, entrevue touchante et ré conciliation des deux frères, 194-195.
    • Grandes fêtes et réjouissances dans toute la France, 195.
    • La reine Charlotte, et conséquemment Hélie de Bourdeille, son intime conseiller, signalée pour avoir eu sa part dans cette réconciliation, 195.
    • Charles est investi du duché de Guyenne, au grand déplaisir des ducs de Bourgogne et de Bretagne, dont cette solution déjoue les plans hostiles à la France, 195-196.
    • La légèreté d’esprit et la faiblesse de caractère du nouveau duc de Guyenne ne laissent pas de créer de graves difficultés au Roi, malgré toutes les concessions et toutes les offres qu’il fait à son frère, 196.
    • Le Roi, abandonné de tous, se tourne sincèrement vers Dieu, et établit dans son royaume la pratique franciscaine de l'Angelus, 196.
    • Il envoie Jean Brette, alors chanoine de Saint-Gatien de Tours, prêcher à Notre-Dame de Paris l’établissement de cette dévotion, 35.
    • Impossible de ne pas soupçonner l’inspiration d’Hélie de Bourdeille derrière ces actes pieux du Roi, 35.
  84. Maladie et mort du duc de Guyenne.
    • Deux partis à la Cour de Guyenne : celui de la Dame de Montsoreau, favorite du duc, et celui de Lescun, 196.
    • Mort de la Dame de Montsoreau : la pêche empoisonnée, 198.
    • Le duc de Guyenne tombe malade vers le même temps : Louis XI aux aguets pour se renseigner sur son état de santé, 196-197.
    • Une lettre du Roi prouve, toutefois, qu’il ne connut la mort de son frère que cinq ou six jours au moins après l’événement, 197.
    • Touchante attitude du duc mourant ; son testament prouve qu’il n’avait aucun soupçon contre le Roi, 197.
    • Obscurités non encore éclaircies sur la cause effective de cette mort, et s’il y a eu crime, sur le nom du criminel, 197-198.
  85. Odieuse imputation.
    • Les historiens, généralement assez calmes vis-à-vis des fratricides qui assombrissent, en si grand nombre, l’histoire des grandes familles de celte époque, n’ont d’indignation que pour celui qu’on a essayé d’imputer à Louis XI, 198.
    • Lescun, par crainte, imaginaire ou fondée, de se trouver compromis, fait arrêter, après la mort de la favorite et avant celle du duc, Jourdain Faure, abbé de Saint-Jean-d’Angély, et Henri de la Roche, officier de la bouche du duc, 198.
    • Après un commencement de procès à Bordeaux, il les conduit à Nantes, pour y être jugés et brûlés par autorité du duc de Bretagne, 198.
    • François II se déclare fort pressé de faire justice, et par insinuation, s’efforce de faire remonter jusqu’au Roi l’odieux du crime, 198.
    • De son côté, le duc de Bourgogne promet au Roi une guerre à feu et à sang ; il débute par l’atroce exécution de Nesle, 198.
    • De plus, il lance un manifeste, dans lequel il accuse ouvertement le Roi d’avoir fait empoisonner son frère, et d’avoir voulu l’empoisonner lui-même, 199.
    • L’histoire n’a point accepté ces imputations, qui ne reposent sur aucun témoignage formel et digne de foi, 199.
  86. Intervention du Roi.
    • Après dix-huit mois de silence, Louis XI réclame la lumière, toute la lumière, et nomme cinq commissaires charges de juger, conjointement avec les commissaires du duc de Bretagne, les deux accusés, Jourdain Faure et Henri de la Roche, 199.
    • Quoique lesdits accusés, suivant sa juste remarque, soient exclusivement justiciables de ses tribunaux, il accepte, par désir de la justice et de la vérité, la participation des juges de Bretagne, 201.
    • Il déclare avoir choisi, pour commissaires, les gens les plus honorables du royaume, 199 ;
    • accepte et maintient l’inquisiteur qui a d’abord instruit le procès à Bordeaux, 199 ;
    • et met à la tête de la députation Hélie de Bourdeille, dont il proclame à plusieurs reprises, dans ses Instructions, et semble prendre à témoin la sainteté universellement reconnue, 59, 202.
    • Ces Instructions écrites, datées de Mons, le 22 novembre 1473, révèlent une extrême prudence et une défiance assez justifiée, d’ailleurs, mais en même temps la sincérité et la plus entière bonne foi, 200-206.
    • Au reste, l’acceptation par Hélie de Bourdeille de la mission que le Roi lui confiait, est la meilleure preuve en faveur de l’innocence de celui-ci, 200.
    • Épilogue : Le duc de Bretagne, si soucieux de faire justice, lorsqu’il espérait par là compromettre le Roi, avait, durant près de deux ans, laissé traîner l’affaire, 195.
    • Et lorsque le procès va enfin commencer, Jourdain Faure, qui est en son pouvoir, ainsi que son co-accusé, non au pouvoir du Roi, est trouvé pendu ou étranglé dans sa cellule, 200.
    • Henri de la Roche, détenu dans une autre geôle, disparaît également, 200.
    • Le procès n’a pas lieu, mais la mémoire de Louis XI bénéficie surtout du choix d’Hélie de Bourdeille, qu’il a désigné pour premier commissaire, afin que l’idée qu’on avait de la vertu de ce prélat écartât tout soupçon contre le jugement qui serait rendu, 334.
  87. Luttes quotidiennes d’Hélie de Bourdeille en faveur des Immunités, et pour la sauvegarde des droits du for de l’Église.
    • Ne craint ni adversités, ni opprobres, ni menaces, dans ce combat de chaque jour contre les empiétements continuels de la justice séculière, 33, 346,
    • même au péril de sa vie, 74.
    • Violation du droit d’asile à Saint-Pierre du Boille, 33.
    • Le lieutenant du prévôt des maréchaux excommunié, et le prisonnier restitué, 33.
    • Hélie arrache aux prisons du Roi quantité de clercs et de religieux : on ne résiste pas à ses réquisitions, 33.
    • Fait poursuivre, par son promoteur, jusque sous le gibet d’un pendu, une enquête à fin de savoir si la justice séculière a, ou non, supplicié un clerc, comme le bruit en courait, 34.
  88. Les écrits d’Hélie de Bourdeille pour la défense des droits du Saint-Siège.
    • Ces écrits furent très nombreux, 36 ;
    • dirigés, d’une manière générale, contre la pernicieuse influence qu’exerçaient alors les théories du conciliabule de Bâle ;
    • et aussi savants que pieux, disent Doni d’Attichy, Sponde, plusieurs autres, 84, 339.
    • Ils lui valurent la reconnaissance du Saint-Siège, 80,
    • et de Sixte IV, en particulier, 343.
  89. Le Defensorium Concordatorum.
    • Titre donné postérieurement à la publication du Traité, 134.
    • Date probable de ce livre, 125.
    • Acte de courage apostolique, soit qu’on envisage les dispositions du Roi, soit qu’on considère l’immense et universelle impopularité de la saine doctrine, à cette époque de notre histoire, 123-126.
    • Hélie de Bourdeille sait allier le respect et l’habileté à la liberté apostolique et à la rigueur doctrinale, 126.
    • Son livre, probablement intitulé Libellus Pragmaticam Sanctionem confutans, forme un Traité complet de la Primauté pontificale, moins la question de l’infaillibilité doctrinale, qui n’était pas encore en cause, 127.
    • Hélie de Bourdeille n’avait point de modèle spécial sur la matière, 127.
    • Les auteurs qu’il suit de préférence sont Alexandre de Haies et saint Thomas, 127.
    • Mais il se réfère surtout au Corpus Juris, qu’il possède à fond, 127.
    • D’une logique admirable dans les déductions, il n’affecte dans l’application des principes ni intransigeance ni parti pris, 128 ;
    • et laisse apercevoir qu’il y aurait, certes, quelques réformes à apporter en haut lieu, 128 ;
    • mais n’admet pas qu’on exige ces réformes aux dépens de la soumission et du respect dus en tout état de cause, 120.
    • Reprend avec amour la thèse qu’il a déjà soutenue dans sa Consultation sur la Pucelle, touchant la vocation, la mission de la France, pour en conclure que la grandeur et le bonheur de la nation sont étroitement liés à sa fidélité à l’Église et au Saint-Siège, 128.
  90. Analyse du Defensorium.
    • L’obéissance, dont le Christ a donné l’exemple dans son œuvre rédemptrice, base du Traité, 135.
    • Raisons qui justifient l’abrogation de la Pragmatique Sanction. Première raison : La quadruple prééminence du Saint-Siège et du Pontife romain, primauté d’honneur et de juridiction, 136-140.
    • Deuxième raison : Le péril de la désobéissance au Saint-Siège, 140-141.
    • Troisième raison : Les exemples donnés par les prédécesseurs du Roi, 141-144.
    • La bénie race des lis, maison royale et’ peuple des Francs, 141.
    • Charlemagne. — Saint-Louis : Les Pragmatiques qui leur sont attribuées, 142-144.
    • Quatrième raison : Les bénédictions et privilèges dont le Saint-Siège a comblé la France et la maison de France,
    • Cinquième raison : Les excès qui sont la conséquence de la Pragmatique de Bourges, et son défaut radical d’autorité, 146-151.
    • Réponse aux griefs qui sont faits au Saint-Siège, 150.
    • Conclusion : Le roi Louis, notre Sire, a fait justement, utilement et saintement, d’abroger cette Pragmatique, 150-151.
  91. Les destinées de ce livre.
    • Son apparition fut un événement, 132. — Admirateurs et détracteurs en prouvèrent aussitôt l’importance, 132. — Le Defensorium Electionum de Philippe Probus et les élucubrations de Guillaume de Montserrat, 132.
    • Le livre de Bourdeille, imprimé à Rome, en 1486, 132.
    • Se trouve ainsi le premier livre imprimé, qu’ait donné la Touraine, 36.
    • Premières rééditions de 1518 à Toulouse, de 1620 à Paris, 182.
    • Celle-ci, à la suite du Concordat de François Ier : véritable triomphe pour l’œuvre d’Hélie de Bourdeille, qu’on jugeait l’écrit le plus capable de dissiper la mauvaise humeur suscitée par ce second Concordat, presque aussi mal accueilli que le premier, 133.
    • Lettre de Pierre de Salsebry à Durand Gerlier, éditeur du Concordat : Éloge complet du livre d’Hélie de Bourdeille, 133-134.
    • Les admirateurs et éditeurs de l’Édit de Bourges ont cru, de leur côté, que leurs éditions savantes de la Pragmatique seraient incomplètes, si elles ne reproduisaient l’ouvrage qui avait eu le plus de retentissement contre la Pragmatique, 132, 135.
    • La grande édition de 1666, in-fol., Paris, Clousier, 132.
  92. Une polémique moderne au sujet de ce livre. — L’éloge du saint archevêque de Tours au Sénat impérial, 1865.
    • Objet de la polémique : le sentiment d’Hélie de Bourdeille sur la question d’authenticité de la Pragmatique attribuée à saint Louis, 129-132.
    • Hélie de Bourdeille écarte comme apocryphe et ne soutenant pas l’examen la Pragmatique dite de Charlemagne, 142.
    • Il reproduit et discute celle que, dès son temps, on attribuait à saint Louis, mais la formule dont il se sert exprime seulement un doute sur son authenticité, 142-143.
    • Il montre ensuite que, authentique ou non, elle n’infirme en rien sa thèse, 143-144.
    • MM. Thomassy et Gérin se sont trompés en affirmant qu’Hélie de Bourdeille avait dénoncé, dès son apparition, le faux historique de cette pièce attribuée à saint Louis, 129-130.
    • M. Paul Viollet, leur contradicteur, se méprend, de son côté, lorsqu’il écrit que la Pragmatique de saint Louis embarrasse fort Hélie de Bourdeille, 130-131.
    • Il montre, par ailleurs, qu’il ne connaît pas son Bourdeille, lorsqu’il l’appelle le pieux et naïf prélat, 131.
    • Il se trompe du tout au tout, lorsqu’il plaisante M. Gérin sur les trois épithètes qui justement caractérisent le mieux Hélie de Bourdeille, l’un des plus saints, des plus savants, des plus courageux prélats de son temps, 131.
    • Éloge d’Hélie de Bourdeille au Sénat impérial de Paris, 1865, par le cardinal de Bonne chose, archevêque de Rouen, à propos d’une recrudescence des théories du vieux gallicanisme parlementaire, 130.
    • Hélie de Bourdeille, resté classique sur la matière, 135.
  93. La guerre entre Louis XI et Maximilien d’Autriche. — Hélie de Bourdeille, négociateur pontifical, 1478.
    • Louis XI, après la mort du Téméraire, s’empresse de réduire cette maison vassale qui a failli, maintes fois, suivant le vœu du Téméraire lui-même, ruiner à jamais la France, 209.
    • C’était son droit et même son devoir, 209.
    • Ses armes s’emparent de la plupart des provinces et places françaises, détenues par le duc défunt, 209.
    • Mais il envahit aussi des terres d’Empire, qu’il occupe uniquement, dit-il, pour la sécurité de ses propres États, 209.
    • De plus, sa manière d’agir lui aliène tout le monde dans la plus juste des causes, 209.
    • Se conduit assez mal vis-à-vis de Marguerite de Bourgogne, héritière du duc, 209 ;
    • laquelle épouse malgré lui Maximilien d’Autriche, fils de l’empereur Frédéric, 209.
    • Il se met à dos les Flamands, et rend presque populaires chez les Allemands des princes qui n’avaient jusque là aucune sympathie, 209.
    • La guerre s’ensuit, entre Maximilien et Louis XI, 209-210.
    • Comme elle menace de se prolonger, au détriment de la chrétienté, gravement menacée par les-progrès des Turcs, Sixte IV intervient entre les belligérants et les exhorte à faire la paix, 210.
    • Pour la France, c’est Hélie de Bourdeille qu’il députe auprès de Louis XI et de son gouvernement, 210.
  94. Dispositions d’esprit de Louis XI, dans cette période de son règne.
    • Il est plus défiant que jamais, 210.
    • Il châtie Saint-Pol et Nemours, qui l’ont amplement mérité, 210.
    • Mais les révélations qu’il a exigées de Nemours, et les assassinats politiques dont cette époque est pleine, le pénètrent de terreur, et la terreur l’exaspère, 210.
    • De plus, ses affaires semblent redevenir mauvaises : l’Anglais soutenu par la Bretagne et la Bourgogne, le menace toujours, 210-211.
    • Rien n’est encore assuré, et son œuvre presque achevée peut être anéantie d’un coup, 211.
    • Par malheur, les débats politiques auxquels Sixte IV se trouve assez fâcheusement mêlé, enlèvent-au Pontife l’influence qu’il aurait pu avoir, en d’autres conditions, sur ce prince susceptible, inquiet, autoritaire, et astucieux, mais croyant, 227 sqq.
    • Toutes circonstances peu favorables au plein succès de.la mission officielle confiée à Hélie de Bourdeille, 210.
  95. Hélie rend compte au Pape de sa mission auprès du Roi.
    • Hélie de Bourdeille dit au Saint-Père qu’il a reçu ses lettres, aux environs du 2 février, avec l’ordre de se transporter auprès du Roi, pour l’exhorter à la paix, lui promettre à cette fin le concours de Sa Sainteté, et lui offrir en son nom, si le Roi le jugeait à propos, l’envoi d’un légat spécial chargé de travailler à cette œuvre, 212.
    • Il se hâte d’accomplir le mandat pontifical, et dès le 3 février il comparaît devant le Roi et son grand Conseil, 212.
    • Le Roi le reçoit avec bienveillance, 212.
    • Il expose méthodiquement l’affaire, et présente les Lettres pontificales que le Roi fait lire par son chancelier, 212.
    • Puis, il se relire, tandis que le Conseil délibère, 212.
    • Réintroduit, le Roi répond avec bienveillance, d’une manière générale, à ses propositions, puis laisse à son Conseil le soin de lui répondre en détail, un peu plus tard, 212.
    • Le lendemain, le Roi part en pèlerinage, 212.
    • En attendant son retour, le grand Conseil donne à Hélie de Bourdeille les réponses annoncées, parmi lesquelles cette plainte que la Majesté royale semblait avoir été offensée de bien des manières jusqu’à ce jour, 212.
    • Hélie de Bourdeille réitère, en présence du Roi, les considérations qu’il a déjà exposées, 212.
    • Il lui est définitivement répondu : Que plusieurs des domaines possédés par le duc Charles de Bourgogne, ont fait retour à la Couronne, soit par le fait de sa mort, soit par d’autres justes moyens ; que pour tout ce que le dit Charles détenait dans le royaume, il devait, comme vassal, obéissance et fidélité au Roi, et relevait de sa Cour suprême de Parlement ; que sa fille et héritière, Marie de Bourgogne, détient ces possessions injustement et en désobéissance au Roi très chrétien : pour quoi le Roi s’est personnellement transporté sur les lieux ; qu’il s’étonne que Maximilien ait pris de là occasion de déclarer au Roi une guerre injuste ; qu’il se soit spontanément, contre tout droit, constitué son ennemi, alors que le Roi n’a jamais soulevé la moindre querelle contre lui ou contre son père, l’empereur Frédéric ; que le Roi ne peut ni ne doit laisser passer de pareilles prétentions ; qu’il aurait cru, au contraire, qu’en un temps où l’infidèle menace si gravement la chrétienté, l’empereur se serait fait un devoir de favoriser la concorde entre les princes chrétiens ; qu’ici le Roi de France n’est point l’agresseur, qu’il cherche uniquement à recouvrer son bien, suivant le serment qu’il en a fait à son avènement ; qu’il s’étonne, d’autre part, qu’on lui offre l’envoi d’un légat spécial, alors qu’il l’a inutilement demandé, au début de l’affaire, 212-213.
    • Hélie de Bourdeille expose alors au Roi les pieuses intentions de Sa Sainteté et ses craintes que cette guerre ne rende plus puissant et plus audacieux l’ennemi de la chrétienté, 213.
    • Il ajoute à cette considération l’assurance des sentiments d’amour paternel dont Sa Sainteté est animée à l’égard du Roi, 213.
    • Le Roi répond qu’il ne doute pas des sentiments personnels du Pape, qu’il aime et vénère profondément ; mais que l’entourage du Saint-Père semble bien plutôt favoriser la partie adverse, 213.
    • Le Roi ajoute que Maximilien et Marie de Bourgogne, comme vassaux, relèvent de la Cour suprême de Parlement ; que s’ils veulent promettre d’accepter les décisions de cette Cour, le Roi consentira qu’ils soient entendus, et que bonne justice leur soit rendue ; que ceci s’entend seulement de ce qu’ils possèdent dans le royaume ; que pour leurs autres possessions, il suffira qu’ils assurent au Roi et au royaume paix et sécurité ; qu’à ces conditions, le Roi déposera les armes, 213.
    • Le Roi a d’ailleurs reçu volontiers et dévotement les exhortations de Sa Sainteté, conformes à l’inclination qu’il a lui-même pour la paix : il ne s’opposera point à ce que Sa Sainteté envoie ici un ou plusieurs légats, selon son bon plaisir, 213.
    • Le Roi est reparti ; il est déjà à Arras, 213.
    • Que le Dieu tout-puissant exauce les prières de son Église, pour la concorde des princes chrétiens, et remplisse Sa Sainteté des lumières de son éternelle Sagesse ! 213.
  96. Résultats.
    • La paix ne se fit pas ; mais le Roi signa une trêve, promit de se retirer des terres d’Empire, laissa le Hainaut et Cambrai, 211.
    • On comprend, par la rédaction du compte-rendu d’Hélie de Bourdeille, que ce dernier regardait comme juste, quant au fond, sinon quant à tous ses détails, la cause de Louis XI en cette affaire, 211-213.
    • Avant de l’expédier au Pape, il la communique à Louis XI, à Arras, qui l’approuve en Conseil, 211.
    • Le chanoine Chalumel, chargé par Hélie de Bourdeille, de transmettre au Roi les dites lettres, les reçoit du Roi pour les rapporter à Hélie de Bourdeille, le 22 avril 1478, 211.
  97. Hélie de Bourdeille intervient généreusement dans les querelles de Louis XI avec plusieurs évêques de son royaume.
    • Fils, pour la plupart, des grandes familles féodales, ces évêques épousaient plus ou moins les querelles politiques de leurs proches, 173.
    • Armagnacs, Bourguignons, Bretons, et par suite, favorables à l’Anglais ou aisément soupçonnés de l’être, 178.
    • De plus, la Pragmatique, en sapant l’autorité du Pape, avait sapé le principe de toute autorité, de celle du Roi, la première, 173.
    • De là les nombreux démêlés du Roi avec les évêques de son royaume, et les confiscations, bannissements, et autres procédés violents, qui en étaient la conséquence, 34, 173.
    • Hélie de Bourdeille, par amour de l'Église et aussi par charité, ne cesse d’intervenir auprès du Roi, pour lui démontrer l’illégalité de ces mesures, l’usurpation des droits de l’Église et le presser d’y remédier, 34.
    • L’affaire de l’archevêque d’Embrun, 34.
    • Nombre de ces évêques pourchassés écrivent à Hélie de Bourdeille, pour qu’il intervienne en leur faveur, 249.
    • À mesure que le temps complique les choses, le zèle du saint archevêque redouble, au lieu de se fatiguer ou de se décourager par les insuccès, 34.
    • Il insiste à tout propos, prend mille peines pour faire naître l’occasion ou la rencontrer, 34.
    • Si bien qu’à la fin le Roi, au lieu de l’écouter longuement, lorsqu’il voit que la question va être ramenée par Monsieur de Tours, le prie de lui consigner par écrit ses recommandations, 34.
  98. Monsieur de Tours, rescripvés-moy.
    • Et le saint archevêque lui écrit longuement et fortement, 34 ;
    • lui rappelle qu’il encourt les censures de l’Église par ses mesures illégales contre les évêques et les bénéficiers, 34 ;
    • que leurs causes ne sont point de sa compétence, mais de celle du Saint-Siège, 34.
    • Il profite aussi de l’occasion pour lui remontrer la pauvreté, les charges écrasantes, les doléances du pauvre peuple, 34,
    • d’autant plus accablé que Louis XI préfère les négociations à la voie des armes, et que ces négociations où souvent, de dupeur il devient dupé, lui coûtent fort cher, 175,
    • et grèvent horrible ment le peuple, 175.
    • Et tous s’étonnent de la sainte audace que le serviteur de Dieu montre dans ces lettres et avertissements, 34.
    • Il écrit au Roi, comme aucun des plus grands et redoutables seigneurs n’oserait lui écrire, et sans que le Roi s’en offense, 34-35.
  99. Les événements multiplient les obstacles autour de la mission spéciale qu’Hélie de Bourdeille remplit auprès du Roi. — L’affaire des Médicis, et l’assemblée d’Orléans.
    • Hélie de Bourdeille rencontre, dans l’accomplissement de sa mission, de la part des hommes et des événements, les plus graves obstacles, qui grandissent et se multiplient à mesure qu’il avance vers le terme, 214.
    • Ce qui ajoute au mérite et à la gloire de son invincible constance, 214.
    • Le vieux Gallicanisme des légistes a atteint son plein développement dans la Pragmatique Sanction, 214.
    • Le Gallicanisme théologique, né du grand schisme d’Occident, trouve dans l’Université de Paris un appui formidable et un puissant moyen d’extension, 214-215.
    • Autorité immense de l’Université de Paris, dont les décisions tendent à devenir règles de conduite, sinon de croyance, et y réussissent auprès de la presque totalité des clercs et des fidèles de l’Église de France, 215.
    • Se rappeler les obstacles déjà signalés et résultant de la popularité incroyable d% la Pragmatique, même et surtout après sa révocation, malgré les désordres qu’elle provoque, 218 ;
    • l’impopularité méritée du principal agent de cette révocation, le cardinal Jouffroy, 219-220.
    • Ce cardinal, tout en servant la politique de Louis XI, notamment dans son ambassade relative aux affaires de Sicile, 222,
    • et en s’attirant, en plein consistoire, les virulentes invectives de l’illustre cardinal de Pavie, 222-223,
    • expression fidèle du mépris de tous, 220-222,
    • ne pouvait que scandaliser le Roi, et lui fournir des prétextes et de mauvaises excuses dans ses résistances à l’autorité pontificale et aux saintes directions d’Hélie de Bourdeille, 219-223.
  100. Le pape Sixte IV.
    • Qualités éminentes, d’esprit et de cœur, de ce pape franciscain, 224.
    • La communauté d’idées, de sentiments et d’aspirations sur un grand nombre de points, s’unissent en Hélie de Bourdeille à l’esprit de solidarité religieuse et à la dévotion envers le Saint-Siège, pour créer entre lui et ce Pontife les plus étroites relations, 224-226.
    • On retrouve dans le gouvernement d’Hélie de Bourdeille sur le siège de Tours une preuve frappante de l’impulsion qu’il recevait, jusque dans le détail de ses actes, de l’illustre Frère Mineur, assis sur la Chaire de Saint-Pierre, 224-226.
    • Mais ce pontificat, remarquable à tant de titres, fut terni par le népotisme, troublé par les factions au dedans, agité par la compétition des princes au dehors, servi par une politique rarement heureuse, 226.
    • De là, pour Hélie de Bourdeille qui avait sous les yeux et pouvait toucher du doigt les effets fâcheux de ces inconvénients, une peine aggravée par les sentiments de la plus filiale affection, 227.
  101. L’avènement des papes politiques.
    • Sixte IV inaugure la série des papes que la situation de l’Italie, en proie aux violentes ambitions des princes et des républiques qui s’en disputaient le sol, obligea à se jeter dans le mouvement, et à faire, beaucoup plus que par le passé, actes de princes temporels, 227.
    • Évolution tout d’abord mal comprise des princes et des peuples, et qui créa de gros embarras à ceux qui, comme Hélie de Bourdeille, se constituaient les défenseurs de la Papauté auprès des princes et des peuples, 227.
    • Louis XI ne fut pas celui qui, de ce chef, créa le moins d’embarras à Sixte IV : de là, pour la mission qu’Hélie de Bourdeille avait à remplir auprès de ce prince et de son peuple, un surcroît de difficultés et d’obstacles, 227.
    • Les longues légations de Julien de La Rovère, neveu du Pape, n’étaient pas faites non plus, semble-t-il, pour aplanir ces obstacles, 229-230 ;
    • et l’on s’explique sans trop de peine que Louis XI ait repris, peu à peu, dans le détail, en ces années, les errements de la Pragmatique, sans néanmoins la rétablir, 229.
  102. Fautes politiques de Sixte IV. — Les Médicis et les Pazzi.
    • Les débats malheureux de Sixte IV avec son ancienne alliée la République de Venise, 226.
    • La conjuration des Pazzi et l’assassinat de Julien de Médicis, 230. — Cette affaire, loin d’être encore enclaircie, dit le cardinal Hergenröther, pèse toujours sur la mémoire de Sixte IV, 230-231.
    • Le récit du docte cardinal, plus sûr que celui d’Oldoin, qui accepte trop aisément les dires d’Ange Politien, 231-233.
    • Se défier de tous les humanistes florentins de ce temps, 233.
    • Aveu du R. P. Marcellino da Civezza, 233.
    • Du même : indignité de la conduite antérieure de Laurent de Médicis à l’égard du Pape, qui l’avait comblé de bienfaits, 233.
    • Louis XI intervient en faveur des Florentins, ses amis, et des Médicis ses banquiers, 233.
    • Non par les armes, n’ayant pas de troupes à leur envoyer, mais par une guerre de représailles exercées contre le Pape, sur le terrain de la jurisprudence canonique, 233-284.
  103. L’assemblée d’Orléans.
    • Par opposition au Pape qui avait excommunié les Médicis, à la suite de la conjuration des Pazzi, Louis XI convoque le clergé de France à Orléans, pour subtilier et trouver moyen de ravoir la Pragmatique, 284.
    • Les Universités de Paris et de Montpellier y font étalage de leurs théories gallicanes, 234.
    • Nous ne savons si Hélie de Bourdeille assista à cette assemblée : peut-être pourrait-on le conclure du résultat négatif de la réunion, 284.
    • L’abbé de Marmoutier, Gui Vigier, y assistait, mais n’y dut pas avoir le rôle qu’on semble lui prêter, 284-235.
    • L’assemblée se sépare sans conclure, et en indiquant, pour l’année suivante, à Lyon, une autre assemblée, qui n’eut jamais lieu, 235.
    • Louis XI, qui décorait à l’avance cette assemblée d’Orléans du nom de Concile, n’avait voulu faire, au fond, qu’une démonstration armée, pour intimider la Cour de Rome, 284, 235.
  104. Autres procédés d’intimidation. — Manœuvres en faveur d’un Concile œcuménique.
    • Louis XI envoie au Pape une ambassade comminatoire, avec des instructions fort blessantes, 235.
    • Dignité et à-propos merveilleux de la réponse du Pape, 235-236.
    • Les ambassadeurs signifient au Pape la prochaine convocation d’un Concile œcuménique, qui se réunira en France, 236 ;
    • déclarent que la Pragmatique va être remise en vigueur, et rappellent de la Curie les prélats français qui s’y trouvent, 236.
    • Action conforme des Milanais, des Florentins et des Vénitiens, 236.
    • Le Pape recourt aux bons offices de l’empereur Frédéric, 236 ;
    • qui, en dépit du violent et injuste réquisitoire des Florentins, où le plus généreux des papes est accusé d’avarice sordide, 236-287,
    • parvient à arranger l’affaire des Médicis, obtient de Laurent et des Florentins quelques satisfactions, et du Pape l’absolution des censures portées, 287.
    • Action commune et conciliante des ambassadeurs d’Empire, de France, de Hongrie et des puissances italiennes, réunis à Florence, 287.
    • Le Concile n’aura pas lieu ; la Pragmatique ne sera point légalement rétablie : ce n’était encore, de la part de Louis XI, qu’une démonstration, plus violente que l’autre, 287.
    • Mais cette malheureuse affaire avait réveillé, en France, tous les vieux préjugés, éloigné du Saint-Siège le peuple, impressionné par les faits au détriment des principes, créé ou ranimé une effervescence qui rendra quarante années de prospérité effective à cette Pragmatique, dont Louis XI faisait ainsi, sans conviction, le pivot de sa politique tortueuse, 287.
    • Fatale poussée des événements contre laquelle Hélie de Bourdeille ne pouvait lutter qu’à grand’peine, 287.
  105. Triomphes inouïs de Louis XI dans son œuvre nationale.
    • La mort de Charles le Téméraire, signal du retour de la fortune en faveur de Louis XI et de son œuvre, 210.
    • Dès lors tout lui réussit, même les fautes politiques, 211.
    • Il montre une témérité juvénile à la guerre, et la mort l’épargne.
    • La mort travaille pour lui, abat coup sur coup le roi René, Charles et Marie de Bourgogne, lui donne l’Anjou, la Provence, les pays de l’Est et du Nord, 176 et passim.
    • Dans son imagination ambitieuse, il rêve, à l’occasion, de l’empire de Charlemagne, et en tout cas, convoiterait volontiers un peu des pays du Rhin, 210.
    • Le traité de Picquigny l’assure enfin contre l’Anglais, et enlève les moyens au duc de Bretagne, 211.
    • Louis XI, dans sa défiance excessive, désorganise sa propre armée, la fait battre par Maximilien d’Autriche, et Maximilien ne profite pas de sa victoire, 211.
    • Le traité d’Arras va porter le dernier coup à la maison de Bourgogne, 211.
    • L’unité de la France est faite, les grands vassaux sont réduits, 176.
    • Au centre, la paix règne, et pour la première fois, la France peut contempler sa belle ceinture de provinces, 176,
    • à laquelle la Bretagne se nouera bientôt, 176.
    • Tout cela, dans un temps où le Roi, qui a rudement besoigné, avec une rare persévérance et une astuce peu commune, commet nombre de maladresses, 211 ;
    • cela, avec un peu d’argent, sans armée, pour ainsi dire, puisqu’il occupe la sienne à piller le Luxembourg, 211.
    • La Providence ne pouvait mieux montrer qu’elle avait fait son œuvre de la reconstitution de la France et qu’elle achevait, d’une autre manière, ce qu’elle avait commencé avec Jeanne d’Arc, 176, 211.
    • Les historiens constatent les faits, mais ne les expliquent pas : Impossible de n’y pas voir une consécration nouvelle des grandes et justes idées du saint archevêque de Tours, sur la mission de la France et de son Roi, 259.
  106. Par quels actes se révèlent, en ce temps, l’action d’Hélie de Bourdeille sur le Roi.
    • La grille d’argent dont Louis XI fait entourer le tombeau de saint Martin, effet spontané de la joie du Roi, à la nouvelle de la mort du Téméraire, son implacable ennemi : Hélie de Bourdeille ne semble avoir eu d’autre part, dans cette œuvre pie, que celle d’encourager le Roi à accomplir un dessein ou un vœu dont l’exécution coûta près de deux millions et demi, 322-323.
    • Eut une part plus visible dans le retour d’une partie des reliques de saint Gatien, retour stipulé par le Roi, après la reddition d’Arras, l’enragée bourguignonne, 211.
    • De même, dans la reconstruction du couvent des Frères Mineurs, de Toulouse, entreprise par Louis XI, et autorisée par une bulle pontificale de 1480, 312,
    • l’année même où Sixte IV nomme l’archevêque de Tours, avec les évêques d’Orléans et de Troyes, protecteurs de l’Ordre des Frères Mineurs pour la France. — De même aussi, dans les démarches faites par Louis XI, en 1481, pour la reprise de la cause de canonisation de Pierre Berland, et la nouvelle délégation donnée, à cet effet, par le Pape aux évêques de Périgueux et de Bazas, 70.
    • De même encore, dans les nombreuses libéralités que Louis XI, en ces temps, fit au profit des œuvres nationales à Rome, et qui, ajoutées à ses anciennes largesses, telles que les dons à la basilique de Saint-Pierre, la restauration de la chapelle Sainte-Pétronille, en cette église, furent comme les premières assises de nos établissements pieux dans la Ville éternelle, 269.
    • De même enfin, dans la grosse contribution en or (300.000 florins), qu’il versa, le 8 mars 1481, au Saint-Siège, pour la guerre contre les Turcs, 250.
    • Mais la pacifique et puissante intervention d’Hélie de Bourdeille, à cette époque, se montre surtout dans l’amélioration considérable des relations entre Louis XI et le légat du Saint-Siège, Julien de La Rovère, et la libération de Balue, qui en fut la conséquence, 249-251.
    • Débuts orageux de cette légation, à Avignon, 230.
    • Difficultés graves avec l'archevêque de Lyon, Charles de Bourbon, 230.
    • Le Roi fait arrêter le légat, à Lyon, 230.
    • Causes du débat : Conflit d’attributions entre le cardinal-légat et l’archevêque de Lyon, légat spécial pour Avignon ; visées de Louis XI sur cette ville pontificale, dans sa querelle avec René d’Anjou, comte de Provence qui l’avait promise à Charles-le-Téméraire, 230.
    • La défaite de Granson rapproche René du Roi, et les rapports de celui-ci avec Julien de La Rovère deviennent moins tendus, 230.
    • En 1480, ces rapports sont assez bons, grâce à l’appui que Julien de La Rovère prête à Louis XI, auprès des Flamands, et pour l’abaissement définitif de la maison de Bourgogne, 250.
    • Le Roi accorde enfin l’élargissement de Balue, que le légat ramènera lui-même à Rome, en 1482, au retour de sa légation, 250.
    • Grandes fêtes données au légat, en 1481, à Paris, 250.
    • Nous savons d’autre part, par Hélie de Bourdeille lui-même, qu’il eut des relations, apparemment suivies, avec Julien de La Rovère, et que celui-ci usa de son entremise, pour assurer le Roi de son dévouement, et en obtenir certaines faveurs, en même temps que Balue lui-même se recommandait à l’archevêque de Tours, pour faire savoir au Roi-qu’il voulait (désormais) le servir loyalement, 250.
    • Indices certains, ajoutés à tant d’autres, du rôle pacificateur qu’Hélie de Bourdeille eut auprès du Roi, dans ces circonstances si difficiles, 230-250.
  107. L’arrivée de saint François de Paule auprès du Roi.
    • Après un voyage triomphal à travers l’Italie et la France, l’humble ermite arrive au Plessis, le 24 avril 1482, 269.
    • Aucun texte ne dit qu’Hélie de Bourdeille ait eu quelque part dans cet événement, 269-270.
    • Mais les choses elles-mêmes le disent, 270 sqq.
    • La première démarche faite par Louis XI, en 1481, échoue : le roi Ferdinand de Sicile ne peut décider le Saint à quitter son désert de la Calabre, 270.
    • Le Roi s’adresse alors au Pape, par ambassadeur spécial, le sire de Laheuse, 270.
    • Mais à côté de la démarche officielle, il y a place pour les démarches officieuses : Louis XI sait tout le crédit dont Hélie de Bourdeille jouit auprès du Pape, et il n’est pas homme à négliger un seul moyen pour réaliser son désir, 270-271.
    • De son côté, Hélie de Bourdeille, qui a tant à cœur le salut du Roi, ne peut que souhaiter, dans ce but, le concours d’un saint si puissant auprès de Dieu, 271.
    • Enfin, la Cour de Rome n’a pas coutume de souscrire à une demande aussi grave que d’enlever un fondateur à son Ordre encore jeune, sans s’enquérir auprès des Ordinaires du résultat probable de cette concession, 271,
    • surtout quand l’Ordinaire a la pleine confiance du Saint-Siège, 271.
    • Il ne se peut qu’Hélie de Bourdeille n’ait eu sa part, et auprès du Roi, et auprès du Pape, dans cet événement qui fut une si grande grâce pour le Roi, 271.
    • Et il ne se peut que Sixte IV, dans les trois longues audiences qu’il accorda à François de Paule, lorsqu’il traversa Rome, ne lui ait fait connaître l’appui et le concours qu’il trouverait auprès du saint arche vêque de Tours, ainsi que Sixte IV l’appelait déjà, 271.
    • De là, sans nul doute, la première origine de la sainte et très étroite amitié que nous constaterons entre les deux grands serviteurs de Dieu, 271.
  108. Le grand conflit entre Hélie de Bourdeille et le Roi.
    • Hélie de Bourdeille n’eut jamais avec Louis XI d’autre débat sérieux que celui-ci, 238.
    • Pas de fait plus dénaturé par les historiens, 238.
    • Tout d’abord par Commines, que les autres semblent avoir suivi de confiance, 238.
    • Ensuite par Duclos, plein de commisération pour le bon archevêque auquel il adjuge plus de piété que de lumières. Par Garnier, continuateur de Mézeray, qui prétend que Bourdeille sentit la faute qu’il avait faite, et en demanda pardon, 239.
    • Par le P. de Longueval, moins affirmatif pourtant que les autres, 239.
    • Par Michaud Frères, qui publient que le chancelier reçut et fit agréer les excuses de l’archevêque, 239.
    • Par de Barante, qui montre l’archevêque bien humble et bien repentant, aux premiers mots que le chancelier lui adresse, de la part du Roi, 240.
  109. Les faits rétablis.
    • Une première attaque frappe Louis XI, en 1481, au château des Forges, près de Chinon ; puis une seconde, plus violente, dans l’été de 1482, 240.
    • Il appelle l’archevêque, dans les prières duquel il a la plus grande confiance, et se recommande à lui, 240.
    • L’archevêque, qui a toujours dit la vérité au Roi, ne perd pas l’occasion de la lui dire à ce moment, qui lui paraît décisif, et lui rappelle qu’il lui importe, avant tout, de mettre ordre à sa conscience, en réparant ce qui peut la charger, 240-241.
    • Comme toujours, ou presque toujours, le Roi accueille bien l’observation du saint archevêque, 241.
    • Outre le témoignage de Bois-Morin, 35,
    • on en a la preuve dans la demande que le Roi fait parvenir à Hélie de Bourdeille, de lui adresser un Mémoire sur les prélats dont il lui a signalé verbalement les griefs, pour leur faire raison selon bonne équité, 249.
    • Il ne paraît pas que, dans cet entretien, Hélie de Bourdeille ait insisté, ainsi que quelques historiens l’affirment, sur les confiscations de biens et sur les charges dont le peuple était grevé, 241.
  110. Le Mémoire d’Hélie de Bourdeille.
    • Ce Mémoire, daté du 11 août 1482, est adressé à Messieurs le Chancelier (P. Doriolle) et de Narbonne (François Halle) récemment promu à cet archevêché, 249.
    • Bourdeille rappelle au Roi qu’il lui écrit sur sa demande, et le félicite de ses chrétiennes dispositions, 249.
    • Il prend la précaution de faire toutes réserves sur ce qu’il va articuler, n’ayant point la science certaine des choses, et ne voulant point déplaire au Roi, 249.
    • Puis il aborde les divers points qu’il veut soumettre à la conscience du Roi : tout d’abord les excès que l’on fit naguère en Avignon à M. le Légat, cardinal Julien de La Rovère, et l’empêchement que l’on a mis jusqu’ici à ce qu’il jouisse de son abbaye de Cose, 249.
    • 2° L’affaire de l’administration du diocèse d’Angers : Hélie de Bourdeille, par égard pour le Roi, a différé d’exécuter le Bref qui lui enjoint de déposséder l’administrateur actuel, Me Auger de Brie, 250-251.
    • 3° Pour mémoire, les affaires de Balue et de l’évêque de Verdun, 250-251.
    • 4° L’affaire, désavouée par le Roi, de l’évêque de Pamiers, 251.
    • 5° Les affaires de l’archevêque de Toulouse, Bernard du Rozier, de l’archevêque d’Embrun, Jean Bayle ; de l’évêque de Castres, Jean d’Armagnac, de l’évêque de Saint-Flour, Antoine de Lantoin ; de l’évêque de Coutances, Geoffroy Herbert ; de l’évêque de Laon, Charles de Luxembourg, fils du connétable de Saint-Pol ; de l’évêque de Séez, Robert de Cornegrue, translaté en Avranches ; de l’abbé du Pin, Potereau, dépouillé au profit de Pierre de Lyon, archevêque de Toulouse, 251.
    • Il peut y en avoir d’autres, qu’Hélie de Bourdeille oublie : au Roi qui scet mieulx le mérite des causes, d’y pourvoir selon Dieu et raison ; pour lui, il n’en parle que parce que le Roi lui en a témoigné le désir, 251.
    • Le saint archevêque termine, en priant le Roi de lui pardonner, s’il ne sait le tout si bien conseiller, comme il luy appartiendroit, 251, 345.
    • Louis XI reçoit avec bienveillance et même satisfaction l’écrit d’Hélie de Bourdeille, 241.
    • Il lui répond par écrit et le remercie des avertissements qu’il lui a envoyés, 35, 242.
    • Il fait plus, et commande à son chancelier que tous les prélats et gens d’église qui estoient bannis, fussent resti tués en leurs évêchés et bénéfices, et que les fruits qu’on en avait perçus, fussent rendus, 35, 242.
    • Même, au surplus des dits advertissements, le Roy avoit bonne intention de parfaire, 35.
    • Et le chancelier et le grand Conseil se mirent en mesure d’obéir, 35.
  111. Après le premier bon mouvement.
    • La convalescence aidant, le Roi se ressaisit vite et montre que, même en examen de conscience, il ne se rend pas aisément, 242.
    • Il écrit un Contre-Mémoire, en réponse aux Articles donnés par M. l’Archevêque de Tours, touchant quelques prélats de France, 252-254.
    • Laisse de côté les questions déjà réglées ou en voie de règlement, celles du légal, de Balue, des évêques de Verdun et de Pamiers, 242.
    • Omet, parce que sans doute il n’y trouve pas réponse, l’affaire de l’abbé du Pin, 252.
    • Par contre, explique l’affaire de l’archevêque d’Auch, qu’on ne trouve pas signalée dans le Mémoire d’Hélie de Bourdeille, ce qui donne à supposer qu’il y a eu omission de la part de l’éditeur des Articles, 254.
    • En ce qui concerne l’archevêque de Toulouse, tous ceux du Rozier sont fort Armignagoix, et ce n’était pas ce qu’il fallait à Toulouse, qui est trop prez d’Armignac, 252.
    • Cependant, c’est de quoy le Roy fait plus de conscience, 252.
    • En ce qui concerne l’archevêque d’Auch, lui et son neveu ont trahi le Roi au profit d’Armagnac, 252.
    • En ce qui concerne l’archevêque d’Embrun, il est le fils de Jean Belle, qui a eu toute la confiance du Roi, et l’a trahi pour le compte du duc de Bourgogne. De plus, il n’avait pas vingt-deux ans. Le Roi a demandé au Pape de le transférer ailleurs, et le Pape l’aurait fait volontiers, sans le cardinal d’Estouteville, etc., 252-253.
    • L’évêque de Castres est un traître qui a voulu plusieurs fois prendre le Roi, et l’empoisonner, 253.
    • L’évêque de Saint-Flour a fait la guerre au Roi, et tenu la ville de Saint-Flour en rébellion douze à quatorze ans, 253-254.
    • L’évêque de Coutances est invocateur des diables, ainsi qu’il appert du procès du duc de Bourbon, 254.
    • L’évêque de Laon n’a point été maltraité par le Roi, qui lui a seulement interdit la ville de Laon, où il aurait pu faire aisément les affaires de son père, le connétable de Saint-Pol et du duc de Bourgogne, 254.
    • Quant à l’évêque de Séez, le Roi ne parle pas de Robert de Cornegrue, forcé de démissionner en 1478, en faveur de Goupillon, mais de Goupillon, qui a perdu cet évêché, par sentence de Rome, pour crime de faux, 254.
    • Discussion alerte, pittoresque, où se mêlent les bonnes et les mauvaises raisons, mais qui trahit à peine, en un seul endroit, relatif à l’évêque de Coutances, quelque mécontentement des observations de l’archevêque de Tours, 242.
    • Jusque là tout allait encore assez bien, mais à quelles difficultés ne se heurtait pas le saint archevêque ? 242.
  112. Les gens de mauvais conseil.
    • Louis XI, un peu moins malade, et plus irritable et défiant que jamais, s’est éloigné de Tours et soustrait à l’influence immédiate d’Hélie de Bourdeille, 242.
    • Il se tient dans l’Orléanais, où les pires conseillers le dominent, 242-243.
    • Ces gens de mauvais conseil sont des maistres en théologie de Paris, c’est-à-dire, des gens de cette Université jadis aux genoux de l’Anglais, 35, 243.
    • Parmi eux, un prêtre de Tours, Martin Lemaître ou Magistri, 243,
    • que Bois-Morin signale comme particulièrement acharné, 36.
    • Ils prennent le Roi par l’argument le plus fort à ses yeux ; la sécurité du royaume l’œuvre si ardue de tout son règne, 35, 243.
    • Le Roi, prédisposé par les retours en arrière déjà signalés, se laisse convaincre, 243.
    • Ils relèvent dix-neuf erreurs dans le Mémoire d’Hélie de Bourdeille, 35, 243.
    • Cependant, le Roi compte encore avec Hélie de Bourdeille, et veut qu’ils aillent, en délégation, discuter avec lui, 35, 243.
    • Il charge François Halle, archevêque de Narbonne, d’écrire à l’archevêque de Tours, pour qu’il veuille bien ouyr ses ambassadeurs, 35, 243.
  113. La délégation des Universitaires chez Hélie de Bourdeille.
    • Hélie de Bourdeille reçoit la députation, 35.
    • À la séance, qui fut nombreuse et longue, assistent, outre les dits maîtres en théologie, l'archevêque de Narbonne, le chanoine Jehan Brette et plusieurs autres (prêtres de Tours, sans doute), 35.
    • On ne sait ce que leur dit le saint archevêque, 35,
    • qui, ainsi que saint Ambroise, ne craignoit rien, 35.
    • Mais les délégués ne le convainquirent pas, puisqu’ils s’en allèrent mal contents, 35.
    • À leur retour, ils indisposent grièvement le Roi contre Hélie de Bourdeille, 35.
    • Le Roi proteste avec violence que jamais plus il ne se fiera à cet archevêque, 35.
    • Puis, changeant de confesseur, ce qui indique qu’Hélie de Bourdeille l'était encore à ce moment, 243,
    • il choisit, pour le remplacer, l’ennemi acharné de l’archevêque, le fameux Martin Magistri, 36, 243.
  114. La colère de Louis XI.
    • Le conflit n’a point les mesquines proportions que les historiens lui attribuent, pour déverser le ridicule sur le magnanime archevêque, 244.
    • Louis XI ne se contente pas d’excès de langage, il agit, 244.
    • Écrit une lettre violente, datée de Meung, le 24 août au chancelier Doriolle, 244, 255.
    • Bourdeille a voulu faire grant playe contre la Couronne, 255.
    • Il s’agit de savoir s’il est plus tenu au Roy qu’à Monsieur le Cardinal Balue, et au cardinal Sancti Petri ad vincula, 255.
    • Le Roi ferait grant pesché de le croire en rien, 245.
    • Il faut faire justice incontinent de celuy qui a tort, et laisser toutes les besoignes du Roy pour ce faire, 245.
    • Où le Roi laisse percer, avec une extrême colère, le trouble d’un homme qui, malgré lui, ne parle que de conscience et de péché : lettre qui eût fait trembler tout autre qu’un saint, 245, 255.
    • À la lettre du Roi sont jointes les lettres, du grand sénéchal, sire du Lude, et de Tristan l’Hermite de Soliers, écrites par ordre, 246, 267.
  115. Les modérés.
    • De ce nombre, l’archevêque de Narbonne, François Halle, 245-246.
    • Il écrit une première lettre au chancelier Doriolle, laquelle arrive à Tours vers le 3 septembre, 245.
    • Il en écrit une seconde au même, en date du 10 septembre, laquelle arrivera trop tard pour le but qu’il se propose, 246, 267.
    • Il y conseille à l’archevêque de Tours la soumission complète, en toute révérence et humilité, purement et simplement, sans si ne sans que, 267.
    • Capitulation complète et sans dignité, conseillée en secret, à l’insu du Roy, par ce prélat de cour, 246.
    • Hélie de Bourdeille montrera qu’il y a, pour un évêque, d’autres moyens, de contenter et appaiser les rois les plus puissants et les plus redoutés, 246.
  116. Intervention manifeste de la Providence.
    • La Providence qui veille sur son serviteur, sur l’âme du Roi, et peut-être aussi tient compte dés honnêtes et chrétiennes dispositions du chancelier Doriolle, inter vient en plusieurs manières, 245.
    • D’une part, le message contenant la lettre du Roi et celles du sénéchal et de Tristan l’Hermite, s’égare, et n’arrive à Tours que le 11 septembre, trois semaines après son envoi, c’est-à-dire, le jour même où Hélie de Bourdeille remet sa réponse définitive, 245, 255.
    • Le chancelier, qui con naît son homme, a soin de faire constater par deux témoins, le retard dans l’arrivée du message, 255.
    • C’est uniquement sur la première lettre de François Halle, arrivée à Tours vers le 3 septembre, qu’il s’est transporté auprès de l’archevêque, 255.
    • D’autre part, Dieu a rappelé à lui subitement le fameux Martin Magistri, qui heusse faict beaucoup de maulx, 36, 48, 74, 245.
    • Le Roi était alors à Cléry, et y mourut beaucoup de gens, tant de son hostel que d’aultres, 36.
    • Autant de salutaires et très significatifs avertissements pour le Roi ; avertissements qui arrivèrent en temps opportun, grâce au retard inexplicable du courrier royal, 245.
  117. La mission du chancelier Doriolle.
    • Notes biographiques sur ce magistrat honnête et chrétien, 77, 154, 245.
    • Dès qu’il reçoit la lettre de François Halle, il envoie vers Hélie de Bourdeille, ainsi qu’il l’écrit au Roi le 5 septembre, 255.
    • Cette date nous donne celle de son entrevue avec le saint archevêque, 256.
    • Hélie de Bourdeille était absent, mais il rentra à Tours dès le lendemain pour recevoir le chancelier, 256.
    • Doriolle le trouve très fatigué et abattu par la maladie, 256.
    • Conformément à l’ordre qu’il en a reçu dans la lettre de Monsieur de Narbonne, il traite une seule question avec l’archevêque, celle de la fidélité que celui-ci doit au Roi et au royaume, 256.
    • L’archevêque lui répond qu’il est fort triste à la pensée que le Roy est mal content et a deffiance de luy ; qu’il aimerait mieux mourir que de manquer à ses devoirs de fidélité envers le Roi, qu’il prie, qu’il fait et qu’il fera prier toujours pour lui, 256.
    • À cela se borne tout l’entretien ; le chancelier se contentant de faire l’éloge du Roi, et de demander à l’archevêque, en termes mesurés, une explication dont la réponse ne lui est pas douteuse, et l’archevêque se bornant à protester de sa fidélité au Roi, sans revenir sur le détail des observations qu’il lui a faites, et sans en rien regretter, désavouer ni retirer, 256.
    • Hélie de Bourdeille déclare au chancelier qu’il en écrira lui-même au Roi, mais demande un peu de délai, à cause de sa santé chancelante, 256.
    • Doriolle ajoute qu’à la lettre de Monsieur de Narbonne était joint un mandement, à l’effet d’ajourner par devant le Roi et son grand Conseil les prélats qui se sont plaints à Monsieur de Tours, 256.
    • Louis XI, dans sa colère momentanée, reprenait ainsi l’offensive, 246.
    • Cet ajournement tombera avec la colère royale contre le saint archevêque, 246. En attendant, Doriolle demande au Roi quelques indications plus précises sur les noms de ceux que le Roi entend comprendre dans les poursuites, 256-257.
    • Sa lettre est digne, calme, habile, honnête : on y sent percer la vénération qu’il a pour l’archevêque de Tours, 255-257.
  118. La réponse d’Hélie de Bourdeille aux invectives royales.
    • En date du 11 septembre 1482, 258,
    • Monsieur de Narbonne ne s’était pas contenté d’écrire par deux fois au chancelier Doriolle, il avait écrit aussi à l’archevêque de Tours, et lui avait sans doute envoyé, par la même occasion, ses conseils pusillanimes, 258.
    • Hélie de Bourdeille se basant sur cette lettre et sur les remontrances du chancelier, dit que des unes et de l’autre il y a à tirer cinq articles, auxquels il va répondre point par point, 258.
    • Il rappelle d’abord, avec une noble dignité, les illustres services que sa famille a, de tout temps et récemment encore, rendus à la Couronne, 246, 258 :
    • Tel aussi sera le dit archevêque, sans jamais varier, non par contrainte, mais par vraie et entière affection, 258.
    • Il rappelle ensuite son serment de fidélité, et l’obligation de conscience qui en résulte, 258.
    • Il s’étonne grandement qu’on lui demande de déclarer comment il veult penser à ce serment, n’ayant jamais pensé qu’à le garder le plus parfaitement qu’il peut, 249, 258-259.
    • On lui demande de déclarer ce qu’il pense de la manière dont le Roi s’est acquitté du serment de son sacre et de ses devoirs envers la Couronne : Hélie répond que le Roi a grandement travaillé et s’est exposé à beaucoup de dangers où il eût succombé, si Dieu et la Vierge à laquelle il a grandement raison de recourir, ne l’eussent protégé et délivré miraculeusement, 249, 259.
    • Hélie de Bourdeille nous livre, en passant, son sentiment sur ce règne extraordinaire, où de si prodigieux succès naissent de luttes si troublantes et si pleines d’alternatives contraires, 259.
    • On lui demande ce qu’il pense de la légitimité des droits de la maison de France, et de la foi du Roi et de ses prédécesseurs : pour toute réponse, Hélie de Bourdeille reproduit en partie, et en latin, ce qu’il en a écrit jadis dans sa Défense de la Pucelle et dans son livre contre la Pragmatique Sanction, 247, 259-261.
    • Mais il est fort peiné qu’on émette un doute sur ces deux points, 249.
    • On lui demande enfin de déclarer comment il entend pour l’avenir entretenir le serment qu’il doit à la Couronne, et la forme de fidélité qu’il lui veut garder : Hélie de Bourdeille dit qu’il a répondu à ceci par ce qui précède, mais ne cesse de s’étonner qu’on lui pose de pareilles questions, n’y ayant donné ni occasion ni motif, 247, 261.
    • Il termine : Il n’y a homme, en tout le royaume qui désire plus le bien du Roy, ne qui veuille mieux garder le serment de fidélité, en toute vérité et selon Dieu. Si quelques-uns ont voulu charger l’archevêque sur ce point, ils ont fait et dit contre Dieu et la vérité. Et ainsy le trouvera le Roy, à la fin, quand il voudra en estre bien informé, 261.
    • Ainsi luy plaise le faire, et le tenir toujours en sa bonne grâce. — Pas un mot de plus, 261.
  119. Que penser maintenant de la bonne foi des historiens, de la valeur de leurs renseignements ?
    • D’après les sources primitives et documents authentiques sur lesquels nous nous appuyons, toute l’attitude d’Hélie de Bourdeille se résume, vis-à-vis des maîtres en théologie, opposants, en un énergique maintien de ses dires et remontrances, 35,
    • vis-à-vis de la colère du Roi, en une énergique protestation contre les sentiments qu’on lui prête injustement, et qu’il repousse avec une dignité et une vigueur auxquelles le calme respectueux de la forme n’enlève rien de leur supériorité, 258-261.
    • Il termine par une leçon pour le Roi, 261.
    • Quant aux humbles excuses, il n’y en a pas l’apparence : Hélie de Bourdeille ne retire rien, ne désavoue rien, ne regrette même pas le malentendu, 253, 258.
    • Mais les gallicans avaient besoin de rabaisser leur irréductible antagoniste, victorieux en cette mémorable circonstance, et ils ne s’en sont pas fait faute, alors que toutes les pièces du débat, qui les confondent, sont imprimées dans maintes collections, voire, dans les leurs, 248.
  120. Le triomphe d’Hélie de Bourdeille.
    • La réponse, si digne et si ferme du saint archevêque a plein succès près du Roi, éclairé sans doute aussi par les avertissements que la Providence ne lui ménageait pas, à cette heure, 248.
    • Celui qui n’avait que deux moyens, en politique, la crainte et l’intérêt, comprit que ni l’un ni l’autre n’étaient d’un emploi utile contre l’homme de Dieu, 262.
    • De l’aveu des historiens, la plu part des griefs qu’il avait soumis au Roi, furent examinés et réglés, 248.
    • Quant à lui, il fut en grâce du Roy comme auparavant, et disoit le Roy que Monsieur de Tours estoit un vray sainct homme, 36, 249.
    • Cette solution baille de l’estonnement à toute la France sur la constance d’Hélie de Bourdeille, 74.
    • Les historiens disent qu’il ne put jamais plus recouvrer la confiance du Roi : encore un mensonge qui va se trouver réfuté par les faits subséquents, 249.
  121. La dernière année de Louis XI.
    • La solution de l’unique mais grave conflit entre le serviteur de Dieu et le roi Louis XI, marque le point extrême de la vie politiqué de ce monarque, 262.
    • Quelques jours après a lieu, à Amboise, la célèbre scène de l’investiture royale du Dauphin : scène incomparable de grandeur et de dignité royale et chrétienne, 262.
    • L’acte d’assemblée dressé par le notaire Pierre Parent, 262.
    • Louis XI rentre au Plessis, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort, 262.
    • Au mois de décembre est signé le traité d’Arras qui affermit définitivement toutes les reprises de la France, et consacre les triomphes inespérés de la politique du Roi mourant, 211.
    • Spectacle, unique dans l’histoire, de ce roi paralysé, frappé à mort, dominant et menaçant tous les grands fiefs, après avoir ruiné ou réduit tous les fiefs moindres de l’intérieur, 211.
    • L’œuvre politique est accomplie ; le serviteur de Dieu achève la sienne auprès du Souverain tant redouté, sans rencontrer désormais aucun obstacle, 262.
    • Le Pape l’a délégué, ainsi qu’un ou deux autres évêques, pour absoudre le Roi de toutes fautes et censures, dans le cas où la conscience inquiète du malade réclamerait cette suprême sécurité, 60.
    • L’action de l’archevêque de Tours se révèle jusqu’à l’évidence dans les œuvres pies qui signa lent ces derniers mois de la vie du roi Louis XI, 268-269.
    • Fondation, en 1482, du Chapitre du Plessis, en l’honneur de saint Jean l’Évangéliste ; autorisation donnée par Hélie de Bourdeille à cet établissement, 268.
    • Même année, riche dotation faite par le Roi en faveur de l’église de Saint-Jean de Latran, à Rome, 269 ;
    • avec cette clause significative que les revenus annuels en seront prélevés sur les péages du Périgord, province dans laquelle la charge de sénéchal, fréquemment occupée par les parents de l’archevêque de Tours, est presque héréditaire dans la famille, 269.
    • Hélie de Bourdeille puissamment secondé, dans son œuvre auprès du Roi, par le saint thaumaturge, François de Paule, 270.
    • On les voit ensemble dans la chambre du Roi, où aucun prince ne pénètre, 271.
  122. Saint François de Paule et Hélie de Bourdeille.
    • L’étroite amitié qui unit les deux serviteurs de Dieu.
    • Signalée par tous les historiens des commencements de l’Ordre des Minimes, 271.
    • Le Minimologium Turonense, 272.
    • Le P. Hilarion de Coste, 272.
    • Doni d’Attichy, 272-273.
    • Auteurs tourangeaux, 272, 327, 332.
    • On signale un certain nombre de lettres de saint François de Paule à Hélie de Bourdeille, 272.
    • Raisons données par les auteurs, notamment par Doni d’Attichy, de cette très étroite amitié : Similitude de vie, similitude de sentiments et d’aspirations, commune intimité avec le Roi ; autrement dit, mêmes vertus et même mission, 273, 341.
  123. Dernier voyage d’Hélie de Bourdeille a Rome.
    • La date approximative en est donnée par Pierre de Bois-Morin, et répond aux derniers mois de 1482 ou aux premiers mois de 1483, 22, 251.
    • Nous inclinons pour le printemps de 1483, pourvu qu’on ne retarde pas au delà d’avril le retour d’Hélie dans sa ville, où sa présence certaine est signalée par sa participation au règlement de la question de La Trémouille, 263.
    • Sa dévotion et tous les liens qui l’attachaient au pape Sixte IV purent contribuer à déterminer ce pénible et dernier pèlerinage de l’archevêque septuagénaire, 224 sqq.
    • Peut-être aussi les solennités imminentes (avril 1482) de la canonisation de saint Bonaventure, la gloire de l’Ordre Franciscain, que la province franciscaine de Touraine, probablement à l’instigation d’Hélie, prit immédiatement pour patron, 179.
    • Mais le motif principal fut, pour lui, de travailler au dernier règlement des questions soulevées entre l’Église et le Roi, par les vicissitudes de son règne troublé, 250-251.
    • Le voyage d’Hélie de Bourdeille coïncide avec la rentrée à Rome du cardinal-légat, Julien de La Rovère, ramenant le cardinal Balue, 250.
    • L’évêque de Verdun, d’Harancourt, qui vient d’être libéré, — septembre ou octobre 1482, probablement en conséquence de l’heureuse issue du grand conflit, — se trouve aussi à Rome, 60, 251.
    • Louis XI, qui ne peut accepter son maintien sur le siège de Verdun, a obtenu du Pape qu’il fût transféré à l’évêché de Vintimille, sauf à compenser les revenus, 60, 251.
    • Le Pape enjoint à d’Harancourt de prêter, entre les mains de l’archevêque de Tours, présent à Rome, tel serment qu’il plaira au Roi, et de le renouveler le lendemain, entre les mains du Pape, en présence du même archevêque, ce qui indique nettement qu’Hélie de Bourdeille était, dans la circonstance, un intermédiaire accrédité entre le Pape et le Roi, 251.
    • La peste régnait à Rome et dans la haute Italie, lorsqu’il entreprit ce pèlerinage, et surtout lorsqu’il en revint, 22, 46.
    • C’était précisément la peste bubonique dont on parle tant aujourd’hui, 22.
    • Ce lui fut une occasion particulière d’exercer ces actes de charité déjà signalés, 22, 46 et passim. — Pouvant éviter le Florentin, le Milanais, il y passe de préférence, pour secourir les malheureux qu’il rencontrera en grand nombre sur sa route, 46.
    • Description de la caravane de charité, 46.
    • Le pauvre étranger qu’il rencontre, mourant, aux environs de la Palha, un peu avant d’arriver à Rome, 22.
    • Les soins qu’il lui prodigue, 22.
    • Obligé de quitter l’hôtellerie de la Palha, il paie un homme qui ira soigner le pauvre malade dans l’abri où il a pu l’installer, 22.
    • Au retour, à cause de la défense de recevoir ou secourir quiconque vient de Rome, il lui faut recourir aux podestats pour obtenir un gîte pour lui et les siens, 22-23.
    • S’il le peut, il le fait partager aux pauvres qu’il a rencontrés, et quoiqu’il lui soit difficile de se procurer des vivres, il paie un homme et un cheval pour accompagner ses gens, avec toute espèce de provisions à distribuer aux affamés du chemin, 22.
  124. La restitution de la vicomté de Thouars a la famille de La Trémouille.
    • Prouve merveilleusement la complète victoire d’Hélie de Bourdeille dans le conflit où les ennemis du bien espéraient le ruiner à jamais, 262.
    • Le fait se passe au printemps de l’année 1483, six mois après ce grand conflit, 265.
    • Le Panégyric du Chevalier sans reproche, par Jehan Bouchet, 263.
    • Cet auteur se rencontre jusque dans les expressions avec Bois-Morin, pour reconnaître que l’arcevesque de Tours… parloit hardiement au Roy de ce qui concernoit le faict de sa conscience, et par crainte de mort ou exil ne différa onc de confondre ses désordonnées excuses, 264.
    • Déclare qu’Hélie de Bourdeille était seul capable d’aborder de pareilles questions avec Louis XI, 263 ;
    • qu’aucun des amis, princes ou autres, que les La Trémouille avaient en cour, n’eut la hardiesse d’en parler au Roy, 263.
    • Dit Hélie de Bourdeille prélat de grant sainteté, 264.
    • Les trois frères La Trémouille viennent à Tours, 268-264.
    • Note sur la famille, 264.
    • Ils s’adressent à l’archevêque, 264,
    • qui très voluntiers leur preste l’oreille, 264.
    • Ils lui exposent leur affaire, dont aultrefois on luy avoit tenu propos, 264.
    • Il promet d’en parler au Roi, à la première occasion favorable, 264.
    • Cette occasion s’étant présentée, Hélie de Bourdeille s’acquitte de sa promesse, 264.
    • Louis XI rappelle tout le mal que lui ont fait les princes du sang ; dit que s’il n’eut, par sévérité, rompu leurs entreprinses, il fust demouré le derrier roy des nobles malheureux, puis vient au cas des La Trémouille, qu’il explique à son point de vue, et remet la conclusion à un autre jour, 264-265.
    • Peu après, l’archevêque renouvelle son instance, et finalement, par le commandement du Roy, mène en sa chambre le jeune seigneur et ses deux frères, 265.
    • En laquelle chambre aucun des princes lors n’avoit entrée, 265.
    • Le Roi fait bon accueil aux jeunes princes, et après les avoir écoutés, les congédie avec ces mots : Je pourvoieray à vostre affaire, par le conseil de monsieur de Tours, en sorte que vous aurez matière de me appeler roy et père, 266.
    • Dix ou douze jours après, le Roi, sollicité par l’arcevesque de Tours, mande de nouveau l’aîné des La Trémouille, 266-267.
    • Affaire conclue : le Roi garde Amboise, pris par Charles VII, et Montrichard ; restitue Thouars et autres terres en Poitou, 267.
    • Mais, l’état du Roi s’aggravant chaque jour, le règlement définitif n’intervient que sous la régence d’Anne de Beaujeu, 267.
    • La plupart des historiens signalent l’affaire, sans dire mot de la part qu’y prit Hélie de Bourdeille, 267.
    • Font exception : Brantôme, 267 ;
    • Varillas, Réfutation, 267-268 ;
    • Commines, 61, 268.
    • Jean de Troyes ajoute que cette réparation ne fut pas la seule qu’Hélie de Bourdeille obtint du Roi, dans l’extrémité de sa maladie, 268, 827.
    • On doit, ainsi, lui reconnaître, de même qu’à saint François de Paule, une grande part, plus épineuse assurément que celle du saint thaumaturge, dans la mort vraiment chrétienne de ce redoutable et redouté monarque, passim.
  125. Hélie de Bourdeille et la famille royale.
    • Louis XI ne fut pas assez homme, 278.
    • Toujours en route et en besoigne, l’esprit absorbé par les préoccupations de son règne agité, il n’eut pas de foyer, 278-274.
    • Sa femme, ses enfants relégués à Amboise ou dispersés en Dauphiné, en Berry, ailleurs, subissent son joug autoritaire, sans jouir des tendresses d’un roi, qui l’était trop pour le bonheur des siens, 274.
    • Fait élever son fils à sa façon, et règle ses sentiments à l’égard de sa femme, de ses enfants, sur les besoins ou les aspirations de sa politique, 274.
    • Laisse ainsi beaucoup de place et un grand à-propos aux consolations qu’Hélie de Bourdeille devait à ceux que dévoraient les peines morales, 338,
    • tout autant, sinon plus, qu’aux déshérités des biens de ce monde, 274.
    • Si son devoir et sa vertu l’obligeaient à être père, c’est bien auprès de ce groupe affligé, 338.
    • Son action, dans ce sens, se manifeste surtout auprès de la reine Charlotte de Savoie, et de la jeune princesse Jeanne de France, dite plus lard Jeanne de Valois, 274, 276.
    • Preuves historiques et morales de cette action du saint archevêque, 274-280.
    • La reine Charlotte, confinée et presque délaissée par le Roi, se réfugie dans la prière, la lecture ou l’étude, les œuvres de bienfaisance, le gouvernement minutieux de sa maison, 274-275.
    • Toute sa confiance et ses principales largesses vont à l’Ordre Franciscain, 280-281.
    • Elle bâtit, à Paris, le couvent des Clarisses de l’Ave Maria, 281.
    • Mais avant sa mort elle reconstruit le couvent des Frères Mineurs d’Amboise, 274-275.
    • Or, Bois-Morin note l’intérêt spécial qu’Hélie de Bourdeille portait aux religieuses Clarisses, de Bretagne et autres lieux, 24.
    • Nous savons, d’autre part, que le couvent des Frères Mineurs d’Amboise avait été le théâtre du miracle accompli par Hélie de Bourdeille, en faveur de la Reine et du Dauphin, 50, 276.
    • Ce couvent gardait la dépouille du petit duc François, filleul de Bourdeille, 276.
    • Bourdeille figure au nombre des exécuteurs testamentaires choisis par la Reine, à son dernier jour, 275.
    • Autant d’indices qui révèlent l'action du saint archevêque auprès de cet intérieur attristé, auprès de la Reine tout d’abord, et par elle auprès de ses enfants, 274, 280.
    • En ce qui concerne l’infortunée princesse qui sera, un jour, sainte Jeanne de Valois, les indices sont les mêmes, pour autant qu’elle résida, en divers temps de sa vie, à Tours ou à Amboise, 276-282.
    • Impossible de ne pas apercevoir son influence plus ou moins immédiate dans le choix des Pères Franciscains pour confesseurs de la jeune enfant, 277 ;
    • son action plus directe encore dans les préoccupations de Louis XI, à ce sujet, 278.
    • La gracieuse légende : Pour trouver la Mère, cherche les plaies du Fils, pourrait bien n’être que la traduction poétique des conseils et indications du saint archevêque, 278, 281-282.
    • En tout cas, c’est bien grâce à son influence que Louis XI, dont les violences matérielles à l’égard de cette enfant, sont absolument controuvées, rejetées par les historiens de nos jours, 279,
    • eut la pensée, assez étrange chez ce prince, de pousser lui-même sa fille vers les voies de la haute piété, 277.
    • Jeanne s’engagea d’ailleurs, d’assez bonne heure, dans le Tiers-Ordre de Saint-François, 278.
    • De plus, après la mort de sa mère, lorsque le duc d’Orléans son époux donnait, à Orléans et à Tours, des réjouissances si scandaleuses, Jeanne se trouva, de longs mois, reléguée au château d’Amboise, 280.
    • Elle n’y avait d’autres consolateurs que les religieux franciscains, et tout naturellement le saint archevêque franciscain, qui avait eu, jusqu’au dernier jour, l’intime confiance de sa mère, dont elle était l’enfant la plus aimée, 279-280.
    • Or, en ces jours de deuil et de larmes amères, elle multipliait ses œuvres de bienfaisance et de dévotion, s’affiliait à des confréries célèbres, et recevait du pape Sixte IV, évidemment par l’intermédiaire de l’archevêque de Tours, des bénédictions et des indulgences, 280.
    • Plus tard, elle tirera de Tours et d’Amboise, par l’intermédiaire de l’Ordre Franciscain, les premiers sujets de l’Ordre de l’Annonciade, 280, 282.
    • Et cet Ordre lui-même, par son titre, rappellera les œuvres royales accomplies par son père ou sa mère sous le souffle de l’esprit franciscain, pour propager le culte de l’Ave Maria, 281.
    • Si bien qu’on voit là une inspiration unique, de famille, et qu’on est tenté d’y voir aussi un inspirateur unique, le saint archevêque de Tours, 281.
    • On ne peut nier toutefois qu’Hélie de Bourdeille n’ait été mêlé, de près ou de loin, à tous les événements les plus considérables de cette famille, 282.
    • De tous ces événements, il n’y en a qu’un seul auquel il ne prit aucune part, quoique sa place y fût tout indiquée, le mariage de Jeanne avec le duc d’Orléans, 276-282.
    • Hélie de Bourdeille ne pouvait participer à une mauvaise action, et il ne paraît pas que Louis XI ait même osé l’en solliciter, 282.
  126. Les commencements du nouveau règne.
    • Hélie de Bourdeille fait partie du Conseil de Régence, 299.
    • Il n’a qu’à suivre les inspirations de son cœur et les traditions de sa famille pour prêter à la Régente le concours le plus dévoué, en tout ce qui concerne les intérêts du jeune Roi, et la lutte contre les prétentions du duc d’Orléans, et des seigneurs impatients de réparer les désastres que leur a infligés le roi défunt, 294.
    • Mais il ne saurait défendre les intérêts de l’Église et les droits du Saint-Siège avec autant d’efficacité que lorsque le gouvernement n’avait qu’une tête, et qu’il avait à lutter contre cette volonté unique, assez puissante pour tenir en respect toutes les autres, 294.
    • L’autorité nominale d'un roi de treize ans est exercée, en fait, par des hommes d’État imbus, pour la plupart, de tous les préjugés du gallicanisme parlementaire, 294.
    • Si ondoyante et tortueuse qu’eût été l’attitude de Louis XI, par rapport à la Pragmatique Sanction, on avait pu, néanmoins, le dissuader de la rétablir légalement, 294, 299.
    • Désormais, le courant populaire, que le Roi défunt favorisait d’une main et maîtrisait de l’autre, allait rompre ses digues, 294.
    • Le vieux Procureur Saint-Romain, descendu de son siège, vingt ans déjà passés, plutôt que de souscrire à l’abolition de la Pragmatique, y était remonté, 294.
    • Ce commencement de règne apportait au serviteur de Dieu la dernière et aussi la plus grande tristesse de sa vie, 294.
  127. Le Cardinalat.
    • Hélie de Bourdeille est créé cardinal le 15 et non le 25 novembre 1483, comme l’écrit Ciacconio, 65, 286.
    • Cette création, due à l’unique initiative du Pape, n’a été ni une création politique, demandée et souvent imposée par les princes, ni une création d’usage, motivée par la situation, la parenté, la carrière, ou des fonctions emportant la dignité cardinalice, 285.
  128. Mensonges et dépit, a l’occasion de cette haute distinction pontificale.
    • Les auteurs gallicans ne voient dans l’élévation d’Hélie de Bourdeille au cardinalat qu’une faveur de complaisance entre confrères du même Ordre, — une manœuvre de parti, — le salaire convoité d’un zèle ultramontain, — le succès d’un prélat plus attentif à soigner ses propres affaires, qu’à soutenir les intérêts de son pays, 282-283.
    • Chalmel, 283.
    • Le bénédictin Housseau ; sa Notice malveillante, 283-284.
    • Pleine d’inexactitudes, qui font tort à sa réputation de savant, 284.
  129. La vérité démontrée.
    • Mauvaise foi d’autant plus misérable que la vérité, connue de tous et absolument démontrée, place la promotion d’Hélie de Bourdeille, en ce qui concerne les conditions dans les quelles elle s’est effectuée, au niveau, sinon au-dessus de ce qui se passe habituellement, même pour les promotions les plus heureuses et les mieux justifiées, 284-286, 343.
    • De la part du Saint-Siège, agissant dans la plénitude de sa liberté et de sa spontanéité, un seul motif déclaré : l’éclatante sainteté de l’élu, mise tout particulièrement et efficacement au service de l’Église et du Saint-Siège, sous le règne du dernier roi, 65, 286, 340.
    • De la part de l’élu, aucune joie, pas le moindre signe de satisfaction personnelle ; une humble et respectueuse, mais silencieuse et mélancolique acceptation ; la visible indifférence d’un homme parfaitement mort à ce monde et à lui-même : témoignage unanime de tous les auteurs sans parti pris, et en particulier, de tous les historiens du Sacré-Collège, visiblement étonnés de tant d’abnégation, 65, 74, 80, 83, 85, 285-286, 340, 343.
  130. La septième création cardinalice du pape Sixte IV.
    • Cette création comprend cinq cardinaux, Jean de Comitibus ou de Conti, archevêque, ambassadeur du roi d’Espagne, Hélie de Bourdeille, archevêque de Tours, deux évêques d’Italie et Jean-Baptiste Ursino, prélat de la Cour pontificale, 286.
    • Elle est marquée, à Rome, par des scènes turbulentes et scandaleuses, 287.
    • Des cortèges injurieux pour le Pape, et de folles réjouissances troublent les rues de la ville, en l’honneur des cardinaux Savelli et Colonna, détenus depuis dix-huit mois au château Saint-Ange, pour crime de trahison au profit du roi de Sicile, et que Sixte IV a libérés à l’occasion du Consistoire, 287.
    • Tous les cardinaux les escortent, successivement, à travers la ville, 287.
    • Et l’on voit le nouveau cardinal Ursino, le seul de la promotion qui appartienne à la Curia, se faire acclamer dans les carrefours, entre les deux cardinaux libérés, ses parrains de circonstance, 287.
    • Le peuple de Rome, comme toujours, du côté des ennemis du Pape, 288,
    • et ne pouvant se passer du Pape, 226.
    • Mœurs singulières et singulier contraste avec le religieux silence qui accueillit, à Tours, la promotion du saint archevêque, 286.
    • Joie contenue, dont les manifestations durent à peine dépasser le cercle de la famille épiscopale, 287, 336.
    • D’autant qu’Hélie de Bourdeille, qui avait si souvent entrepris, par devoir, le pèlerinage ad limina, s’en fit dispenser lorsqu’il ne s’agissait plus que de l’honneur, 340 ;
    • et que le Pape s’inclinant devant cette haute vertu, par une très rare exception, lui assigna, malgré son absence, son titre presbytéral, et lui envoya le chapeau cardinalice que les autres doivent venir recevoir à Rome, — souvent après l’avoir longtemps et impatiemment poursuivi, 65, 286, 308, 340.
    • Insignes qu’il reçut à Tours, avec la vénération due à leur auguste provenance, mais qu’il ne revêtit jamais ou presque jamais, 305, 340.
  131. Le titre de Sainte-Lucie in Silice, ou in Selci.
    • Titre presbytéral, assigné à Hélie de Bourdeille, 286.
    • Antiquité de cette vénérable église. — Étymologie de son nom. — Archéologie du monument. — Sa restauration par Maderne et son état actuel. — Tantôt titre presbytéral, et tantôt diaconie, jusqu’à sa suppression par Sixte-Quint. — Desservie d’abord par les Bénédictins, puis par les Chartreux, donnée ensuite aux religieuses Augustines, qui la possèdent encore. — Philibert Ugonet, évêque de Mâcon, prédécesseur immédiat d’Hélie de Bourdeille à ce titre (1473), 289-290.
  132. L’Église de Tours, honorée pour la première fois de la pourpre cardinalice.
    • Hélie de Bourdeille, le premier, par la date, des archevêques de Tours élevés à la pourpre, en est aussi le plus illustre par la sainteté, 290.
    • Les armes spéciales que Ciacconio et plusieurs autres lui attribuent, et qui résument si bien sa vie, toute à l’Église et à la France, toute innocence et charité, pourraient, si elles sont authentiques, remonter à sa promotion cardinalice, 275 ;
    • et n’avoir été, de la part du serviteur de Dieu, qu’une imitation de la décision du B. Albergati, dans la même circonstance, 163.
    • Mais l’éclat que le saint cardinal jette sur son Église, est tout intérieur ; il ne change rien à l’austère pauvreté de sa vie, 36, 340.
    • Attristé par les maux qui atteignent l’Église, à Rome et en France, n’ignorant rien de ce qui était alors pour les Saints un sujet de douleur et un motif de plus cruelles alarmes, sentant d’ailleurs que sa mission prend fin, il se tient habituellement dans la solitude, 288-289.
    • Le judicieux Maan remarque qu’on ne le voit même plus sourire, 80.
    • Sa vie sous la pourpre n’est qu’une sainte et immédiate préparation à la mort, 290, 340.
  133. Les États généraux de 1484.
    • Leur convocation nécessitée par la rébellion du duc d’Orléans, 291.
    • Ils se réunissent à Tours, au palais de l’archevêché, en janvier 1484, 291.
    • Détails historiques et locaux, 36, 291, 331.
    • Zèle patriotique et générosité d’Hélie de Bourdeille pour le bien public, pour le jeune Roi et pour le royaume, notamment en cette circonstance, 36.
    • Tout ce qu’il a, est abandonné pour cette cause à gens de bien, 36.
    • Aussi mourra-t-il pauvre et dépourvu, 36.
    • La place qu’il occupe aux États généraux, en qualité de cardinal, 292.
    • Le rôle considérable qu’il y joue, 292.
  134. La question nationale aux États de 1484.
    • Situation analogue à celle de 1468, 293.
    • Réaction hypocrite de la féodalité : il faudrait lui rendre la France, même au profit de l’étranger, 293.
    • La France se retrouve, comme en 1468, 293.
    • Célèbre discours de Philippe Pot, 293.
    • La voix du duc d’Orléans reste sans échos, 293.
    • Triomphe de la Régence sur la guerre folle, 293.
    • L’assemblée se montre ferme sur les principes, sage et modérée dans leur application, 293-294.
    • Sous ce rapport, elle est en plein accord avec les convictions et sentiments patriotiques d’Hélie de Bourdeille, 294.
  135. La question religieuse aux États. — Les assemblées d’élection ou de province.
    • Les parti sans de la Pragmatique s’y remuent avec plus de liberté que sous le redouté roi défunt, 294-295.
    • L’assemblée municipale de Tours donne, dans ses débats, le reflet de ce qui se passe aux États, 295.
    • Dans sa séance du 11 janvier, Gui Vigier, abbé de Marmoutier, élu de la ville, réclame que les remontrances des trois ordres ne soient pas séparées, et que l’Église recouvre son ancienne liberté dans l’exercice de sa juridiction contentieuse, 295.
    • Gui Vigier le Jeune : influence d’Hélie de Bourdeille sur ce prélat, 295-298.
    • Zèle religieux de l’abbé de Marmoutier, 295.
    • Ce qu’il fit pour la réforme de l’Ordre de Saint-Benoît, notamment aux États généraux, 297.
    • La confiance qu’il inspire au Saint-Siège, 297.
    • Dans la séance du Corps de ville, du 15 janvier, Gui Vigier fait savoir par un de ses religieux qu’il cessera d’assister aux États, et demande qu’on le remplace, 295.
    • Motif évident : ne partage pas les idées de ses commettants sur la question de la Pragmatique, 298.
    • On le maintient comme député, malgré cette déclaration, 295.
    • Dans leur séance du 24 janvier, les municipaux paraissent disposés à faire des remontrances à Hélie de Bourdeille, 295.
    • Motif évident : la séance de la veille, 23, aux États, consacrée aux abus et réformes dans l’Église, et la manière dont Hélie de Bourdeille s’y est élevé contre la Pragmatique, 295, 298.
    • Lutte énergique, mais cause désespérée, pour le moment, 298.
    • Engouement insensé du clergé pour la Pragmatique, 298.
  136. Triomphe des parlementaires.
    • Facilité par la défection générale des gens d’Église, 298.
    • Les Instructions à l’ambassade envoyée à Rome pour l’avènement du jeune roi Charles VIII, tout imbues du pire esprit gallican, 298-299.
    • Lues et approuvées au Conseil de régence du 18 mars 1484 : Hélie de Bourdeille n’a pu les empêcher de passer, 299.
    • Toutefois, elles ne sont expédiées que le 21 juillet suivant, trois semaines après la mort du saint archevêque, 299.
    • À Rome, on ne semblait pas se rendre bien compte, non plus, de l’état des choses en France, 299.
    • On choisit le cardinal Balue pour légat, chargé de représenter le Pape au sacre et couronnement de Charles VIII, 299.
    • Celui que le peuple avait si vertement chansonné, 300.
    • Balue part sept mois avant le couronnement, et consacre ses loisirs au duc d’Orléans, le révolté, 300.
    • Intrigue avec lui, et traite en compagnie de l’ami d’Harancourt, la question de son divorce, 300.
    • On conçoit qu’Hélie de Bourdeille, attristé, navré, se soit renfermé dans la solitude, 300.
    • Ce qu’il adviendra de la Pragmatique, sous Charles VIII, Louis XII et jusqu’au Concordat de Léon X avec François Ier, 300-301.
    • Simple remarque, François Ier, dans sa jeunesse, placé sous la conduite d’un neveu d’Hélie de Bourdeille, François, fils d’Arnaud II de Bourdeille, 371. — Et pour vaincre les résistances à ce Concordat de François Ier, on ne trouvera pas de meilleures armes que le Traité d’Hélie de Bourdeille, vigoureuse et solitaire protestation du saint archevêque contre la Pragmatique, 301.
  137. Les derniers mois du saint cardinal.
    • Les passe, autant que le permettent les devoirs de sa charge, dans sa solitude d’Artannes, où il se retire au mois d’octobre 1483, 353,
    • pour se préparer à la mort par la méditation des vérités éternelles, 330 et passim.
    • Il s’y sanctifie de plus en plus, dans la pratique de toutes les vertus, 353.
    • Dessein béni de Dieu, ainsi qu’on l’a reconnu par les merveilles, opérées lors de son décès, 330.
    • La mort ne pouvait effrayer ce grand serviteur de Dieu, 347.
    • Bois-Morin donne, pour expliquer l’abstention d’Hélie de Bourdeille aux solennités de la Fête-Dieu dans son église métropolitaine, depuis cinq ou six ans, une raison qui pourrait bien voiler une chicane de la part du Chapitre exempt de Saint-Martin, 39.
    • Ce serait le cas d’appliquer l’axiome Summum jus, summa injuria, 39.
    • Quelle qu’elle soit, l’excuse découvre la douce piété et la tendre charité du saint archevêque, 39.
    • Cette abstention, et la compensation qu’y apportera pour lui-même sa dévotion à la très sainte Eucharistie, qu’il fêtera avec toute la pompe possible au village d’Artannes, seront les dernières manifestations de sa vie épiscopale, 39.
  138. La maladie et la mort : Journal de Bois-Morin.
    • Le lundi, 14 juin 1484, Hélie de Bourdeille se rend à Artannes, pour y passer les fêtes du Très-Saint-Sacrement, 39.
    • Le jeudi, 17, jour de la fête, il la fait solenniser, célèbre la messe, en entend deux autres, assiste à la procession, préside à tout l’office du jour, en grande ferveur et dévotion, 39.
    • Tous les jours de l’Octave, il célèbre la messe, en entend une autre, et récite l’office du jour dans l’église, 39.
    • Le dernier jour de l’Octave, 24 juin, fête de saint Jean Baptiste, il dit la messe, en entend deux autres, assiste à la procession, préside à tout l’office du matin, 39.
    • Ce même jour, après dîner, il assemble ses serviteurs, leur parle des privilèges qu’il a obtenus pour eux du Saint-Père, et les avertit de se presser de les faire mettre par écrit, surtout pour ce qui concerne le for intérieur, tandis qu’il en est encore temps, 39.
    • Une démarche analogue du pape Eugène IV, dans sa dernière maladie, 39.
    • Ses serviteurs congédiés, il prend un peu de repos, et deux heures après la maladie le saisit violemment, 39.
    • Le samedi suivant, 26 juin, il reçoit la sainte Communion, et ainsi tous les jours, jusqu’au jeudi suivant, 1er juillet, 39.
    • Détails admirables sur ces dernières communions du saint cardinal, 39.
    • Le lundi 28 juin, il fait appeler son official, son secrétaire et son promoteur, pour prendre ses dernières dispositions, et s’il se pouvait, fonder deux messes par semaine dans son église métropolitaine, 39-40.
    • Ce même jour, après dîner, il appelle Bois-Morin, le supplie, par tout l’amour que celui-ci lui porte, de ne plus le quitter, et lorsqu’il connaîtra que Dieu va l’appeler, de le faire mettre à terre, car il veut mourir sur la cendre, sous son habit franciscain, 40.
    • Il veut aussi qu’on l’enterre sans aucune pompe ni sonnerie, dans son habit religieux, sans cercueil et dans un lieu où chacun le foulera aux pieds, 40.
    • Il demande seulement qu’on lui mette, dans sa fosse, une croix à la tête, et une croix aux pieds, 40.
    • Le mardi, 29 juin, il recommande qu’on lui administre l’Extrême-Onction en temps opportun ; puis demande qu’on appelle deux Pères de l’Observance, pour l’assister jusqu’à la mort, 40.
    • Comme on allait partir, quatre Pères de l’Observance arrivent, à sa grande joie et consolation, 40.
    • Le jeudi, 1er juillet, il a une si forte fièvre, qu’on croit qu’il va mourir : on lui administre l’Extrême-Onction, 40.
    • Après l’Extrême-Onction, son médecin lui demande de le bénir, ainsi que tous les membres, présents ou absents, de sa famille épiscopale, 40.
    • Le saint cardinal, levant les yeux au ciel, levant et joignant les mains, les bénit avec une formule qui rappelle la bénédiction du Seigneur, à ses disciples, lorsqu’il monta au ciel, 40.
    • Il ajoute avec peine plusieurs saintes paroles, que Bois-Morin ne peut saisir, 40.
    • Tous les jours, y compris le dernier, il entend la messe, fait dire l’office devant lui, en récite ce qu’il peut, et fait reprendre, même le jour de sa mort, les passages où l’on s’est trompé, 40.
    • Le vendredi, 2 juillet, vers midi, il a une si forte fièvre qu’on croit le dernier moment venu : on lui fait la recommandation de l’âme, et on lui lit la Passion, selon les quatre évangélistes, 40.
    • Les samedi 3 et dimanche 4, mieux sensible : on se reprend à espérer, 40.
    • Le lundi matin, 5 juillet, après la messe, fièvre terrible, crise suprême : on a peine à le voir tant souffrir, 40.
    • On récite à genoux les psaumes pénitentiaux, les quatre Passions, puis le psaume Deus, Deus meus respice in me, et les suivants jusqu’au verset In manus tuas, etc., 40-41.
    • On récite cinq ou six fois ce dernier psaume : In te, Domine, speravi, 41. — Lorsqu’on répète le verset In manus tuas, Domine, vers midi, il rend son âme à Dieu, 41.
  139. Ensevelissement et funérailles. — Journal de Bois-Morin.
    • Les derniers devoirs rendus à la dépouille du saint cardinal par les Pères de l’Observance et les clercs de la famille épiscopale, 41.
    • Le corps du défunt prend une étonnante beauté, 41.
    • Une odeur merveilleuse s’en dégage, 41.
    • Les Pères reconnaissent à ces signes la parfaite pureté de vie et chasteté du défunt, 41.
    • Bois-Morin qui a entendu deux fois sa confession générale, de toute la vie, déclare avoir reconnu que ces Pères disoyent la vérité, 41.
    • On revêt le corps de ses habits religieux, puis de ses vêtements pontificaux, pallium et anneau. — Puis, on le porte à l’église, où l’on chante solennellement l’office des morts, 41.
    • Après quoi, par une prudence exagérée, à cause de la grande chaleur, on met le corps en bière, et on s’achemine processionnellement, avec des torches, vers la ville de Tours, 41.
    • À mi-chemin entre Artannes et Tours, le cortège rencontre les envoyés du Chapitre métropolitain, — commissaires nommés pour aller chercher le corps jusqu’à Artannes, 357, — et les envoyés de la municipalité Tourangelle, qui intiment l’ordre de passer la nuit dans l’église de Saint-Sauveur, sur les bords du Cher, car on veut recevoir le corps, à Tours, en grande solennité, 41.
    • Toute la nuit, les paroisses voisines, de la campagne et des faubourgs, viennent à Saint-Sauveur en procession, 41.
    • Lorsque l’une d’elles a fini l’office, une autre le commence, 41.
    • Et toute la nuit, les gens se pressent pour baiser la bière qui renferme le corps vénéré, 41.
    • Le matin, 6 juillet, dès l’aube du jour, — trois heures du matin, — on célèbre trois messes, après lesquelles le cortège se remet en marche, 41.
    • Le Chapitre métropolitain, tout le clergé et tous les religieux, le maire de la ville et tout le peuple de Tours viennent processionnellement, en grande pompe, au-devant du corps, 41. — il y a si grande presse de la foule pour toucher la bière, qu’on a extrêmement de peine à le conduire jusqu’à la cathédrale, 41.
    • Et tous, hommes et femmes, à bien peu d’exceptions près, répandaient des larmes, 41.
    • Lorsque le corps est déposé dans le chœur, le Chapitre, à cause de la presse, fait fermer les portes du chœur, afin de pouvoir célébrer le service solennel, 41.
    • Mais le peuple ne l’entend pas ainsi : après l’Évangile, il fait savoir au Chapitre qu’il veut voir, une dernière fois, son bon pasteur, avant qu’on le mette en terre ; qu’il faut, en conséquence, qu’on ouvre le chœur, ou qu’il y entrera par la force, 41.
    • Le Chapitre charge douze hommes choisis de porter le corps au milieu de l’église, et de l’y soutenir et garder, 41.
    • Empressement inouï du peuple à toucher et baiser le corps, à en approcher des objets qu’on baise ensuite en grant révérance, 41.
    • L’abbé de Marmoutier, Gui Vigier, qui a célébré la messe, a grand peine à parvenir auprès du corps, pour faire la cérémonie des absoutes, 41-42.
    • Telle est la presse du peuple qu’il est plus de midi quand on met le corps en terre, 42.
    • Grandz pleurs et lermes du peuple, et non pas sans cause, 42.
    • Et pouvoyent dire, comme leurs prédécesseurs à sainct Martin : Cur nos, Pater, deseris, etc., 42.
  140. Quelques concordances d’auteurs.
    • Hélie de Bourdeille reçoit les derniers sacrements avec les marques de la plus haute piété, 65.
    • Il meurt pauvrement, n’ayant pas de quoi se faire enterrer, 60,
    • bien qu’il eût joui, à Tours, d’un magnifique revenu, 61,
    • ayant tout mis en dépôt au sein des pauvres, hôpitaux, églises ou monastères ruinés, 74.
    • Il meurt humblement, ayant défendu toute pompe funèbre, 74,
    • et voulu expirer à terre, sur la cendre, 65, 74, 304, 308, 31 1, 347.
    • Il meurt saintement, 60, 74, 85, 340, 353,
    • laissant la ville de Tours plus désolée qu’elle n’avait été depuis le trépas du grand saint Martin, 74.
    • Il meurt le 5 juillet, de même le bienheureux Pierre de Luxembourg, thaumaturge comme lui, 343.
    • Il meurt quarante jours avant le pape Sixte IV, 62,
    • mais il a, de la part du peuple, pour l’honneur de celui-ci, des funérailles bien différentes, 288.
    • La nouvelle de sa mort, qui est une perte pour l’Église, 345,
    • est apportée à Rome le 19 juillet suivant, 85.
    • Le corps, précieux dépôt, 353,
    • est reçu par tout le clergé de Tours, la municipalité, le peuple entier, à la porte Saint-Simple, et de là transporté à la métropole, 80, 353.
    • Il est inhumé à droite de l’autel majeur, 80,
    • au bas du marchepied, à l’endroit où le sous-diacre lit l’Épître, 354,
    • auprès de la clôture, 80, 330,
    • formée de balustres de cuivre, 325,
    • en face du tombeau de l’archevêque Reginald de Montbazon, 355.
    • Le tombeau d’Hélie de Bourdeille, 327.
    • À peine fermé, ce tombeau est couvert de cierges allumés par la piété des fidèles, 67,
    • excitée et entretenue par les nombreux miracles qui s’y opèrent, 60, 326, 331, 340, 345.
  141. Grande renommée de miracles.
    • Outre les témoignages qu’on vient d’indiquer, et ceux qui le seront plus bas dans le relevé des enquêtes : Histoire généalogique, etc. : Opéra plusieurs miracles pendant sa vie et après sa mort, 60.
    • Fr. Hibernus Limericensis : Non minus a morte quam in vita miraculis coruscans, 65.
    • Dupuy : Dieu voulut le recommander par plusieurs miracles, comme il avoit faict durant sa vie, 74.
    • Maan : Frequentibus jam inde claruit miraculis, 80.
    • Ciacconio : Post obitum miraculis coruscat, 85.
    • Breve Sommario… (Chronique Franciscaine, XVIIe s.) : Risplende con molti miracoli, 305.
    • Legendario Francescano : Operava il Signore per i suoi meriti molti miracoli, non meno dopo morte che essendo in vita, 308.
    • P. Eusebio Gonzales de Torres : Como despues de su muerte se continuassen los milagros, con que tambien le avia illustrado el Senor en vida, 311.
    • Olivier Cherreau : Nostre Dieu fit pour luy miracles quantité, — visitant son tombeau, de grands faveurs données, 324.
    • Rituale Turonense (XVIIIe s.) : Miraculorum fama inclaruit, 331.
    • Gaignières : Miraculis insignis, 334.
    • Beyerlinck : Claruit miraculis, 336.
    • Odoric Raynald : Miraculis post mortem effulsisse refertur, 336.
    • Doni d’Attichy : Miraculis in vita ac post mortem clarus, 340.
    • Jean Chenu : Post mortem claruit miraculis, 343.
    • Gallia Christiana : Miraculis insignis, 344.
    • Manuscrit XVe-XVIe siècle : Prodiges que le Ciel opéroit par son intercession, 353, et passim.
    • Opportunité de la puissance des miracles, chez Hélie de Bourdeille, 49.
    • Sa vie, un miracle perpétuel, 49.
  142. Universelle renommée de sainteté.
    • Il n’est pas un auteur, parmi ceux qui ont eu à s’occuper d’Hélie de Bourdeille qui se soit inscrit contre sa réputation de sainteté, ou qui ait émis, à ce sujet, le moindre doute positif, 302.
    • Presque tous la signalent comme universellement reconnue, 302.
    • Ceux qui, par les exigences de leur sujet, ne sont pas amenés à en parler explicitement, la laissent aisément deviner, 302.
    • Les gallicans eux-mêmes, encore que cette grande autorité morale les gêne, ne la contestent pas : ils essaient uniquement de donner le change à leurs lecteurs, en omettant ou travestissant les faits, pour amoindrir leur redoutable adversaire ; tel, Housseau, le plus malveillant d’entre eux, 302.
    • Par contre, les témoignages positifs et sans réserves d’aucune sorte, abondent en faveur des héroïques vertus du saint cardinal, de ses miracles : on parle couramment de lui comme on parle des Saints que l’Église a jugés dignes des honneurs de la canonisation, 302.
    • Aux appréciations éparses dans ce qui précède, parce que mêlées au récit ou à la discussion des faits, on a cru devoir ajouter, et ranger en quatre groupes divers, les témoignages plus explicites, fournis, pour ainsi dire, ex-professo, par des auteurs dont les noms se trouvent rangés par siècles dans notre État ci-dessus des personnes qui ont affirmé, d’une manière ou d’une autre, cette universelle renommée de sainteté d’Hélie de Bourdeille, 303-349.
    • Premier groupe : Auteurs Franciscains : Arturus à Monasterio, Martyrologium Franciscanum, 303.
    • Fortunatus Hueberus, Menologium Franciscanum, 304.
    • Rodulphus Tossiniacensis, Historiar. Seraphicæ Religionis, 305.
    • Breve Sommario delle vite… di tutti Sunimi Pontefici e cardinali… dal Serafico Ordine... 305.
    • Legendario Francescano…, 306-308.
    • Padre Fray Eusebio Gonzalez de Torres, Chronica Seraphica…, 308-311.
    • Fr. Lucas Waddingus, Annales Minorum, 311-312.
    • L’Année Franciscaine, 313-314.
    • Deuxième groupe : Auteurs Tourangeaux : Francesco Florio, De Probatione Turonica, 314-324.
    • Olivier Cherreau : Histoire des Illustrissimes Archevêques de Tours, 324.
    • Martin Marteau : Le Paradis délicieux de la Touraine, 325-326.
    • Annales de Touraine, 326-328.
    • Jean le Clerc de Boisrideau : Manuscrit, 328 331.
    • Rituale Turonense, 331.
    • Histoire de saint François de Paule et de son couvent du Plessis, 331-332.
    • Troisième groupe : Auteurs divers : Philippe de Commines, Mémoires, 332.
    • Brantôme, Oraison funèbre de feu Madame de Bourdeille, 332-333,
    • et Vies des hommes illustres et grands capitaines français, 333.
    • Anonyme du XVIIe siècle, Manuscrit, 333-334.
    • Gaignières, Manuscrit latin, 334.
    • Claude de Seyssel, La Louënge du bon Roy Louys XII, 334.
    • Duclos, Histoire de Louis XI, 334.
    • De Barante, Histoire des Ducs de Bourgogne, 335.
    • Quatrième groupe : Historiens et auteurs ecclésiastiques :
    • Hieronimo Garimberto, Vite overo fatti memorabili d’alcuni papi e di tutti i cardinali passati, 335.
    • Ægidius Camartus, De rebus Eliæ Prophetæ, 335-336.
    • Beyerlinck, Theatrum vitæ humanæ, 336.
    • Odoricus Raynaldus, Annales Ecclesiastici, 336,
    • Petrus Frizon, Gallia Purpurata, 337.
    • Donius d’Attichy, Flores historiæ Sacri Collegii, 337-842.
    • Histoire des Cardinaux, dédiée au cardinal Mazarin, 342-343.
    • Jean Chenu, Archiepiscoporum et Episcoporum Galliæ chronologica Historia, 343.
    • Fratres Sammartani, Gallia Christiana, 343-344.
    • Gallia Christiana per quatuor tomos deducta, 344.
    • B. Hauréau, Gallia Christiana (nova), 344-345.
    • Fleury, Histoire Ecclésiastique (continuée), 345.
    • P. de Longueval, Histoire de l’Église Gallicane, 345.
    • L’abbé Briand, Vie d’Hélie de Bourdeille, cardinal-archevêque de Tours, 345-347.
    • PP. Belon et Balme, des Frères Prêcheurs, Jean Bréhal et la Réhabilitation de Jeanne d’Arc, 347.
    • P. Ayroles S. J., Jeanne d’Arc sur les autels et la régénération de la France, 347-848,
    • et La Pucelle devant l’Église de son temps, 348-349.
    • Le XIXe siècle a fait sien le jugement des quatre siècles qui l’ont précédé, 349.
    • Mention des Bollandistes, au 5 juillet, 303.
  143. L’Information canonique de Jean de Planis, évêque de Périgueux.
    • Cette information, faite par autorité de l’Ordinaire, 65.
    • Jean de Planis, nommé évêque de Périgueux le 10 novembre 1624, intronisé le 23 avril 1525, expédie, dès la première année de son épiscopat, une commission authentique à Jean Ganéoti, Notaire Apostolique, à l’effet de procéder à ladite information, 74.
    • Nobles et pieux motifs de sa décision, 74.
    • L’information, ordonnée en 1826, est faite le 19 avril 1627, ce qui explique que les auteurs prennent tantôt 1526 et tantôt 1627 pour date de cette enquête, 43, 51, 61, 65, 74, 80, 85 et passim.
    • Elle a lieu à la postulation de Jean de Bourdeille, neveu du saint cardinal, 74.
    • Jean de Bourdeille, troisième fils d’Archambaud, seigneur de Montagrier, Chamberlhac et Sanset, et d’Isabeau de Saint-Georges, Protonotaire Apostolique, abbé de Beaulieu-les-Loches, de 1521 à 1534, grand aumônier de Louis XII, évêque nommé de Périgueux en 1534, décédé la même année, 370, 374.
    • Le Notaire Apostolique Jean Ganéoti est assisté de Simon Galopin, notaire royal, 49.
    • Dupuy dit qu’il fit ouyr quatorze ou quinze tesmoings, 74,
    • ailleurs il réduit ce nombre à treize, 67.
    • Un auteur plus précis en nomme treize, 48, 50-51.
    • L’enquête comprend dix-huit articles, 74.
    • Les marques de sainteté, qu’elle révèle, sont toutes telles que l’Église les veut pour la canonisation, dit un de ceux qui en ont eu copie entre les mains, 49.
    • Elle est aussitôt envoyée à Rome, par les soins et à la sollicitation de Jean de Bourdeille, 60.
    • Elle s’y perd par le fait des guerres qui désolent alors l’Italie et Rome elle-même, mise à sac en 1627 par le connétable de Bourbon, 5.
    • Les recherches les plus minutieuses, faites au XVIIIe siècle dans les archives de la Sacrée Congrégation des Rites sont restées infructueuses, 5.
    • Il existait plusieurs copies de cette enquête, 60-61.
    • Notamment, il y en avait deux à Périgueux, collationnées par le notaire royal Saivat, 43.
    • L’une se trouvait chez les Pères de Saint François-les-Périgueux, l’autre, plus complète, chez les dames de Naucase, 43,
    • parentes ou alliées des Bourdeille, 376.
    • L’auteur de la pièce intitulée Vertus particulières d’Hellies, cardinal de Bourdeille, 42 52,
    • les a vues et utilisées dans son travail, 43.
    • Le P. Dupuy les a eues également sous les yeux, et en a extrait quelques passages, pour son Histoire du Périgord, publiée en 1629. — Arthur du Moustier, auteur du Martyrologe Franciscain, déclare également avoir puisé une partie de ses renseignements sur Hélie de Bourdeille dans cette enquête de 1626, 304.
    • Mais les guerres qui ont ravagé le Périgord l’ont privé de ce monument, 61.
    • Toutes nos recherches personnelles dans les principaux dépôts d’archives, pour retrouver une expédition quelconque de l’inquisition de 1427, n’ont, jusqu’à ce jour, abouti à aucun résultat, 43, 52.
  144. Qu’il est possible de reconstituer, dans ses parties essentielles, cette précieuse enquête.
    • À remarquer, d’abord, que l’auteur des Vertus particulières d’Hellies, cardinal de Bourdeille, donne les noms de treize témoins, c’est-à-dire, apparemment^ leur totalité, 49-62.
    • Que nous savons par ce même auteur et par Dupuy les noms des notaires, le nombre des articles sur lesquels les témoins furent interrogés, 74 ;
    • que la substance de leurs dépositions, en ce qui concerne les vertus du serviteur de Dieu, se retrouve moralement identique dans l’écrit de l’auteur des Vertus particulières d’Hellies, et dans l’histoire de Dupuy, 44-62, 67-75 ;
    • que l’auteur des Vertus particulières d’Hellies résume d’une façon claire et précise les témoignages de huit témoins, qu’il nomme, sur les vertus du dit cardinal, 49 ;
    • qu’il reproduit textuellement les témoignages relatifs aux miracles opérés par le serviteur de Dieu, soit avant soit après sa mort, 49-62 ;
    • que Dupuy, dans le court extrait qu’il donne sur les miracles, se rencontre avec lui, non seulement quant aux choses, mais aussi quant aux expressions, 74-76,
    • de telle sorte que ces deux témoignages concordants excluent toute crainte d’infidélité et d’erreur ; — qu’enfin, l’enquête civile de 1531, relative à la noblesse de la maison de Bourdeille, complète et confirme, d’une manière aussi heureuse qu’inattendue, les témoignages fournis à l’information canonique de Jean de Planis, 52-56.
  145. Essai de restitution de l’Information de 1627.
    • Les noms dès huit témoins qui attestent les vertus d’Hélie de Bourdeille : Jean et Arnaud de Lacques, Irmil de Fortunes, Jean de Chaumon, abbé de Saint Astier, de Laurière, sire de l’Aumary, Antoine Jay et Pierre Jay, bourgeois de Périgueux, Pierre de la Cueille, prêtre domestique ou chapelain du saint cardinal, 51.
    • Résumé de leurs dépositions : pureté parfaite de corps, chasteté angélique de l’âme ; doctrine véritable et pure, conforme aux enseignements de la sainte Église Romaine ; grand amour de la pauvreté ; charité ardente et piété admirable, portées, l’une et l’autre, jusqu’au miracle, c’est-à-dire, jusqu’au plus haut héroïsme : toutes marques reconnues de la grande sainteté, 51-52.
    • En ce qui concerne les miracles : Témoignage de François de Lambertie, écuyer du serviteur de Dieu : Le courtisan de Charles VIII, frappé de folie furieuse, guéri instantanément, à la prière qu’Hélie de Bourdeille fait sur lui, 49.
    • Reproduit sommairement par Dupuy, 74.
    • Le miracle, déjà raconté, de la délivrance de la reine Charlotte, accompagné de prophétie, 50.
    • Reproduit par Dupuy, 74-75.
    • Les deux démoniaques délivrés par son seul exorcisme, 50.
    • Reproduit par Dupuy, qui précise : L’un à Tours, l’autre à Périgueux, 76.
    • Témoignage de Guillaume Chalupt, Chalupy d’après Dupuy : Triple guérison de ses trois frères, accompagnée de prophétie, à la prière longue et fervente extraordinairement du serviteur de Dieu, retiré dans son oratoire, 51.
    • Reproduit incomplètement par Dupuy, 75.
    • Miracles accomplis après la mort du serviteur de Dieu : Témoignage de François de Lambertie : Guérison subite de son frère et de son neveu, abandonnés des médecins, jugés incurables et conduits par lui de Poitiers à Tours, sur le tombeau du saint cardinal, 50.
    • Raymond de Lambertie, prêtre et curé de Mialet, paroisse où se trouve le château des Lambertie, diocèse de Périgueux ; témoignage conforme à celui de François de Lambertie. — Témoignage de Guillaume de la Vallée, prêtre habitué de l’église de Saint-Front : guéri complètement sur le tombeau du serviteur de Dieu, après de longs mois de souffrances, et de soins coûteux et inutiles, de la rupture des deux jambes ; revient de Tours avec la même liberté de marche qu’il avait avant sa double fracture, 51.
    • Reproduit brièvement par Dupuy, 76.
    • Témoignage de Pierre Robert, licencié-ès-droits, chanoine de Périgueux : le culte rendu au chapeau cardinalice du serviteur de Dieu, dans l’église Saint-Front, 50.
    • Pierre de Bois-Morin, guéri entièrement et instantanément d’une maladie longue et invétérée, sa prière au saint cardinal à peine finie, 51.
  146. L’Enquête civile de 1531, complétive et amplement confirmative de l’Information canonique de 1527.
    • Cette Enqueste pour montrer l’ancienne extraction de la maison de Bourdeille est faite à Montagrier par devant Me Bernard de Sauliaire, conseiller pour le Roy et l’élection de Périgueux, 52,
    • en date du pénultiesme du mois d’octobre 1531, 56,
    • Pazat faisant fonction de greffier, 56.
    • Dix témoins, contemporains d’Hélie de Bourdeille et déposant comme témoins oculaires de ce qu’ils rapportent, attestent spontané ment et sans que ce détail concerne l’objet précis de l’enquête, les grandes vertus, le zèle héroïque, la sainteté notoire et d’universelle renommée d’Hélie de Bourdeille, la renommée de ses miracles, 52-56.
    • Me Pierre Charles, natif de Montagrier : la grande bénignité et dévotion du serviteur de Dieu, motifs de ses dignités qu’il n’accepta que par obéissance, 52-53.
    • Messire Matthieu Boulière, prêtre : A vu tenir et réputer ledit cardinal de grand sainteté et dévotion… les dites dignités ne voulut accepter, si ce n’est à grosses difficultés, mesmement le chapeau de cardinal, 53.
    • Martial Lafaye, laboureur : dépose comme le dernier, à l’égard du dit seigneur cardinal, de point en point, 53.
    • Bouland Lafaye, marchand hôtelier : même déposition, plus : lequel, depuis son décès, a esté dit et réputé, tant en la ville de Tours que ailleurs, estre sainct en Paradis, et faire miracles, 53-54.
    • Raymond Simonnet, clerc de Montagrier : par sa sainteté et dévotion, laissa et renonça à plusieurs biens qu’il avait en l’Église, et se rendit observant ; atteste que de sa sainteté et dévotion estoit voix et fàmes publiques, 54.
    • Jean Magnoul, laboureur : par sa grande bonté et dévotion, au commencement de son temps, se rendit observant ;… l’a vu par plusieurs fois, luy qui dépose, prescher au peuple, à Périgueux, à Montagrier, ailleurs, car communément preschoit son dit peupleet tellement véquit ledit seigneur Cardinal, qu’il estoit tenu et réputé sainct homme ; et depuis son décès, avoir fait miracles, à Tours où son corps repose, 54-55.
    • Jean Révolté de Bosque : a toujours véqu en hon neur et grosse dévotion jusques à son décès, 55.
    • Hélie Magnan, laboureur : dépose connoistre… et dépose comme les autres, 55.
    • Jean Chouvet : estoit tenu et réputé prélat de grande dévotion et sainteté, 55-56.
    • Guilhomet Chazote : lequel seigneur Cardinal estoit tenu et réputé homme sainct, dévot, tellement que, par la sainteté et dévotion qui estoit en luy, etc., 56.
  147. Vicissitudes de la cause.
    • La cause d’Hélie de Bourdeille contrariée par la conspiration des événements, 350.
    • Tout d’abord, les guerres d’Italie et le sac de Rome au milieu desquels se perdent, à peine transmises au Saint-Siège, les pièces relatives au procès de l’Ordinaire, 350.
    • Même sort réservé aux pièces concernant le procès de P. Berland, archevêque de Bordeaux, 358.
    • Puis, la mort, dès 1534, du postulateur Jean de Bourdeille, qui était l’âme de l’affaire, en ce qui concernait le diocèse de Périgueux et la famille du serviteur de Dieu, 370.
    • Dans le même temps, impossibilité pour l’Église de Tours, et son jeune archevêque, Martin Fournier de Beaune, tout absorbé par le procès capital de Semblançay, son malheureux père, de joindre ses efforts à l’initiative de l’Église de Périgueux, 353.
    • Puis, les troubles qui précédèrent, accompagnèrent et suivirent la Réforme, troubles qui furent pour beaucoup dans l’interruption des causes de canonisation, et eurent, pour leur bonne part, cette conséquence, que presque tous les Saints de cette époque ou de l’époque immédiatement antérieure ont d’abord été béatifiés per viam casus excepti, 350.
    • Cependant, il paraît que plusieurs papes ont fait rechercher les pièces relatives au procès d’Hélie de Bourdeille, 61.
    • Il est certain que Benoît XIV, qui dans ses travaux antérieurs, avait rencontré, sans doute, la grande et sainte figure d’Hélie de Bourdeille, et en avait été frappé, s’intéressa vivement à cette cause, 61, 351.
    • Son pontificat marque un nouvel effort en sa faveur, 61, 354.
    • Il fait rechercher, par tout le royaume, les actes du procès d’information, 351.
    • Le P. Allet, procureur général des Jésuites à Lyon, reçoit de Rome, en 1744, — et non sur l’initiative de la famille, comme nous l’avions cru d’abord, 57,
    • commission d’envoyer renseignements et mémoires sur la cause, 354.
    • Il s’adresse, dans ce but, au marquis de Bourdeille, chef de la famille, qui lui fait tenir, de 1744 à 1746 plusieurs documents tirés des archives de la maison, et autres mémoires ou extraits, 354.
    • Le P. Allet les juge suffisants pour le moment, et mande au marquis de Bourdeille de ne lui en point envoyer d’autres jusqu’à nouvel ordre, 354.
    • Il les expédie à Rome et en tient accusé de réception, 353.
    • Ces pièces elles-mêmes disparaissent, ne se retrouvent plus aux archives de la S. Congrégation, et doivent être définitivement perdues, 358.
    • Note, à ce sujet, de M. Giannuzzi, official de la Congrégation (1894), 351.
    • Vers 1740, encouragée par la bienveillance du Saint-Siège, la famille du serviteur de Dieu recommence, de son côté, à s’employer à sa cause, 352.
    • Le moment semble favorable pour la reprise en commun par les deux Églises de Périgueux et de Tours, de l’affaire si longtemps interrompue, 355-356.
    • Le siège de Tours est occupé (1723-1760) par M. de Chapt de Rastignac, originaire du Périgord, et parent ou allié de la famille de Bourdeille, 356-376.
    • L’abbé de Bourdeille, vicaire général de Périgueux, écrit à ce propos à l’abbé Odelin, prêtre à Tours, 352.
    • Celui-ci lui répond le 13 février 1742, en lui envoyant copie d’une Notice manuscrite, précieuse en ce qu’elle est antérieure au procès d’information de 1627, 352-353.
    • L’abbé de Bourdeille, qui n’est autre que Henri-Joseph Claude de Bourdeille, évêque de Tulle en 1762 et de Soissons en 1764, mort en 1804, continue avec une rare persévérance ses démarches : il écrit en 1752 à un chanoine de Saint-Gatien, son compatriote, probablement venu à la suite du défunt archevêque de Rastignac, 355.
    • Celui-ci lui répond en lui donnant des détails sur l’ouverture assez récente du tombeau du serviteur de Dieu, 355-356.
    • Il le met aussi au courant des troubles graves que les Jansénistes causaient alors à Tours, lesquels troubles expliquent comment, cette fois encore, l’Église de Tours était empêchée de s’occuper de la cause du saint cardinal, 356.
    • En 1760, le vicaire général écrit encore au chanoine son compatriote, cette fois, de la part de l’évêque de Périgueux, à la recherche de l’enquête de 1627, 357.
    • Enfin, en 1766, le même de Bourdeille, évêque de Soissons, reçoit de la Sacrée Congrégation des Rites une Note qui conseille de recourir, pour la reprise de la cause, à la voie plus expéditive du Casus excepti, et donne les instructions en ce sens, 5-6.
    • C’est cette Note que nous avons suivie, autant qu’il nous était permis de le faire, dans notre travail, 5-7.
    • Quant à ce que fit l’évêque de Soissons, pour mettre à profit la Note de 1766, nous n’avons aucun renseignement : la Révolution était proche, qui allait reculer d’un siècle encore la reprise de cette cause, interrompue depuis tant de siècles, 358,
    • jamais abandonnée par la double famille, religieuse et naturelle, du serviteur de Dieu, 373.
  148. Le tombeau du saint cardinal Hélie de Bourdeille.
    • Ce tombeau, ouvert par le Chapitre, en 1748, 354.
    • À quelle occasion, 355.
    • Procès-verbal d’ouverture, 354-355.
    • Reconnaissance, mesures, description technique, 354.
    • Ce qu’il contenait, d’après le procès-verbal, 355,
    • d’après des témoignages oculaires, 355, 357.
    • Le procès-verbal s’étonne de la disparition complète des ossements, jointe à la conservation des ornements pontificaux, 355.
    • Hypothèses faites par le chanoine, correspondant de l’abbé de Bourdeille, et le témoin oculaire qui le renseigne, 355-356 ;
    • ses doutes ne sont pas éclaircis en 1760, 357.
    • Les objets trouvés dans le tombeau y sont remis en partie et le tombeau est fermé avec les mêmes dalles qui le couvraient, 356.
    • On fouille dans le tombeau de quelques autres archevêques qui se trouvent auprès, dont quelques-uns plus anciens, et l’on trouve partout les ossements, dit le correspondant de l’abbé de Bourdeille, 355.
    • Le procès-verbal mentionne le tombeau de Reginald de Montbazon (1291-1312), placé en face et à trois toises de celui d’Hélie de Bourdeille, trouvé parfaitement intact, avec ses ornements, ossements, etc., 355.
    • Le dessin que Gaignières nous a conservé, du tombeau de Reginald de Montbazon, dans sa précieuse collection, prouve que les Huguenots ne s’étaient pas même attaqué aux ouvrages extérieurs de ce mausolée, tandis qu’il ressort du procès-verbal de 1748 que le tombeau d’Hélie de Bourdeille, avait dû être brisé, et simplement refermé avec soin, sans inscription ni signes distinctifs, après le pillage de ces hérétiques, en 1562, 355.
    • Copie du procès-verbal de 1748 est envoyée en 1760 à l’évêque de Périgueux, par l’intermédiaire de son vicaire général, 357-358.
  149. Le culte immémorial rendu a Hélie de Bourdeille.
    • Hélie de Bourdeille canonisé de son vivant par le Pape, 271, 286,
    • le Roi, 249 et passim,
    • le peuple, 41, 318.
    • Témoignage significatif de Francesco Florio, à ce sujet, 318.
    • Son culte commence immédiatement après sa mort, par les manifestations du peuple autour de son corps : manifestations qui dépassent évidemment celles de la vénération vulgaire, même la plus profonde, 41-42.
    • Il se continue à Tours, et s’affirme, sous les yeux de l’autorité ecclésiastique, par les signes réservés au culte proprement dit, 67.
    • Cierges, flambeaux, continuellement allumés sur cette tombe bénie, 67.
    • Le grand et continuel concours de peuple affirmé par plusieurs témoins, 60, 324, 326, 334.
    • Probablement, des ex-voto, conséquence naturelle des nombreux et éclatants miracles qui s’accomplissent au sépulcre du saint cardinal, 80, 331 et passim.
    • D’après l’auteur des Annales de Touraine, chanoine de Saint-Gatien, sa figure se voit au maître-autel, durant le XVIIe siècle, 325-326.
    • De fait, les chanoines qui présidèrent à l’ouverture du tombeau en 1748, furent obligés, aux termes de leur procès-verbal, de reconnaître, à l’aide de Maan, l’identité du tombeau, ce qui n’aurait pas été nécessaire si la figure d’Hélie de Bourdeille avait été représentée sur le tombeau, et non sur un point quelconque du maître-autel, qu’on venait précisément de démolir pour le remplacer, 355.
    • Culte visible et absolument démontré jusqu’en 1502, année du pillage de Saint-Gatien par les Huguenots, 355.
    • Culte démontré, en manière de contre-épreuve, par la sacrilège profanation que ces hérétiques infligèrent aux dépouilles du saint cardinal, qu’ils mirent, dans leur haine, à l’égal de nos saintes Reliques, et brûlèrent en même temps, 355-356.
    • Le fait ne paraît pas douteux, et l’objection tirée de la conservation des vêtements se résout sans peine, 356.
    • À bien considérer le fait que, de tous les tombeaux d’archevêques qui remplissaient le chœur, le sanctuaire, et environnaient de toutes parts le tombeau de Bourdeille, les Huguenots ne violèrent que celui-là, 355.
    • Le culte d’Hélie de Bourdeille, à Périgueux, n’est ni plus tardif, ni moins démontré, 50, 67.
    • Plus saisissant, en ce sens, qu’il a pour centre et objet sensible, un objet qui, d’habitude, intéresse, commande le respect, mais ne provoque pas la prière : le chapeau cardinalice légué par Hélie de Bourdeille à l’église Saint-Front, et suspendu en place honorable, mais suivant l’usage commun, 50.
    • Ce souvenir devient une relique fort vénérée, 50-51.
    • Des cierges ou flambeaux brûlent continuellement devant elle, 67 ;
    • et les grâces qui sont obtenues par ces prières sont assez remarquables et remarquées, pour que le peuple voie ou dise voir un signe sensible et miraculeux de l’agrément, par le Ciel, desdites prières, 51.
    • Et à Périgueux comme à Tours, les Huguenots contresignent l’authenticité et la notoriété de ce culte, en se hâtant de brûler, en 1665, cette précieuse relique, si chère à la piété des Périgourdins, 51.
    • Le culte immémorial d’Hélie de Bourdeille se trouve naturellement affaibli par ces destructions des objets sacrés qui en étaient comme le foyer, 350-351.
    • À Tours, néanmoins, il persévère et on peut en suivre aisément la trace à des indices qui se renouvellent de siècle en siècle, 326, 355.
    • Au XVIIe, la manière dont tous nos auteurs, sans prononcer le mot de culte, parlent de la sainteté exceptionnelle d’Hélie de Bourdeille et des miracles qui ont glorifié sa tombe, 77, 80, 324, 325, 327, 331.
    • De plus, sa figure représentée, ainsi qu’on l’a dit plus haut, au maître-autel, 326.
    • Dans le même temps, on signale son image à Chatellerault, ce qui manifestement doit s’entendre d’une image honorée d’un culte, et non d’un simple portrait historique, 324.
    • Au XVIIe, la religieuse curiosité et le soin pieux des chanoines de la métro pole, ouvrant son tombeau, soin pieux et vraiment religieux que décèle manifestement leur procès-verbal, 354 355. — De plus et surtout, la réelle avidité avec laquelle on recueille et se partage les lambeaux de sa robe brune et quelques autres reliques, en ayant soin de replacer et disposer dignement dans le tombeau la plus grande partie des saints objets qu’il contient encore, 355, 357.
    • À la fin de ce même siècle, la manière discrète, mais significative, dont le Rituel, édité par autorité de l’archevêque de Tours, parle d’Hélie de Bourdeille, de sa sainteté reconnue et de la gloire de ses miracles, 331.
    • Survient la Révolution, et après celle-ci, les remaniements intérieurs de la cathédrale, qui cachent dans les profondeurs du sol les derniers vestiges du tombeau, et nécessairement affaiblissent encore le souvenir du saint cardinal, par un de ces coups sous lesquels nous avons vu s’affaiblir et presque disparaître, parmi nous, le culte populaire de saint Martin lui-même, pour reparaître et revivre au jour où les débris d’un tombeau si fameux furent enfin replacés sous les yeux des fidèles, 351.
    • Mais le culte d’Hélie de Bourdeille persévère et dans sa famille religieuse et dans la famille qui porte son nom, ainsi que des enquêtes bien conduites le pourront établir. — Il est, à tout le moins, démontré que le culte d’Hélie de Bourdeille est immémorial, qu’il n’a été interrompu dans ses manifestations principales que par des coups de force majeure, et qu’il se manifesterait derechef avec un éclat spontané, si quelque fait extérieur se produisait, de nature à neutraliser les effets contraires, successivement produits par l’hérésie, le schisme, l’impiété.

Table-inventaire
des pièces inédites ou relevées sur manuscrits, publiées au présent volume

  1. Page 13.

    La Vie du cardinal Hélie de Bourdeille, archevêque de Tours, par Pierre de Bois-Morin, son secrétaire et confesseur. — (Paris, Bibliothèque nationale. Manuscrits. Cabinet des titres. Pièces originales. Vol. 462. Dossier 10.294. Bourdeille, fol. 65 sqq.)

  2. Page 44.

    Vertus particulières d’Hellies, cardinal de Bourdeille. — (Archives du château de Bourdeille.)

  3. Page 52.

    Enqueste pour montrer l’ancienne extraction de la maison de Bourdeille. — (Archives du château de Bourdeille. Cotte Brassac et Montagrier, 138.)

  4. Page 56.

    Histoire généalogique de la maison de Bourdeille, composée sur les titres originaux et tirés du cabinet de M. de Clairambault. Article Hélie de Bourdeille. — (Archives du château de Bourdeille. Archives du château de Saveille. Archives nationales.)

  5. Page 153.

    Trois lettres d’Hélie de Bourdeille, archevêque de Tours, à sa famille. — (Archives du château de Bourdeille.)

  6. Page 156.

    Préconisation d’Hélie de Bourdeille à l’évêché de Périgueux. — (Archives Vaticanes. Liber Provisionum Eugenii IV, ab anno 1433 ad annum 1441, fol. XXXVIII, v°.)

  7. Page 156.

    Acquit des taxes dues par Hélie de Bourdeille pour sa promotion. — (Archives Vaticanes. Obligationum Collegii Liber, sub Martine V° et Eugenio IV°, ab anno 1427 ad annum 1443, fol. CCLXV, v°.)

  8. Page 166.

    Acte capitulaire des chanoines de Périgueux, en reconnaissance des bienfaits d’Hélie de Bourdeille, autrefois leur évêque, avril 1483. — (Archives du château de Saveille. Liasse 7. Pièce originale.)

  9. Pages 176, 177, 178.

    Préconisation d’Hélie de Bourdeille à l’église métropolitaine de Tours ; de Raoul du Fou à l’évêché de Périgueux ; de Géraud de Crussol à l’évêché de Valence. — (Archives Vaticanes. Liber Provisionum Pauli II, Sixti IV, Innocentii VIII, ab anno 1466 ad annum 1488.)

  10. Page 180.

    Déposition de Jean de Beauvau, évêque d’Angers, et son remplacement par Jean Balue, transféré de l’église cathédrale d’Évreux. — (Archives Vaticanes. Liber Provisionum Pauli II, fol. VII.

  11. Page 191.

    Suppressio prebende Ecclesie Ambasie convertende in Magistro et pueris de psalleta erigendis. — (Archives d’Indre-et-Loire. Archevêché de Tours, Cartulaire, p. 422.)

  12. Page 192.

    Capitulum Ambasie promittit missam in die Translatidnis (Hélie), et anniversarium post obitum archiepiscopi. — (Archives d’Indre-et-Loire. Archevêché de Tours, Cartulaire, p. 424.)

  13. Page 200.

    Instruction à très Révérend Père en Dieu, Monsieur l’Arcevesque de Tours, l’Evesque de Lombez, etc., touchant le procès de frère Jourdain Faure… n’aguères abbé de Saint-Jehan d’Angély, et Henri de la Roche, etc. — (Bibliothèque nationale. Manuscrits. Fonds français, 3884. Baluze, f° 292.)

  14. Page 202.

    Copies des lettres closes escriptes par le Roy au Duc de Bretaigne ; au Chancellier de Bretaigne ; à Monsieur de Lescun. — (Ibid. f° 296, 297, 298.)

  15. Page 203.

    Copies des lettres closes escriptes par le Roy à l’Arcevesque de Tours. — (Ibid., p. 299.)

  16. Page 204.

    Instructions particulières à ceulx que le Roy envoyé présentement devers le Duc de Bretaigne, pour le fait du procès des prisonniers, etc. — (Ibid., f° 306.)

  17. Page 206.

    Feuille d’indulgences octroyées par Hélie de Bourdeille, en vertu d’une délégation papale, à certains membres de sa famille. — (Archives du château de Saveille. Liasse 7.)

  18. Page 211.

    Copia litterarum quas Dominus Archiepiscopus Turonensis scribere debet sanctissimo Domino nostro Papæ, continentium ea que sibi responsa fuerunt a Christianissimo Domino nostro Rege et ejus Consilio, cum, ex parte ipsius Sanctissimi Domini nostri Papæ, et per Brevem apostolicum, exortatus est ipsum Christianissimum Regem ad pacem inter eum et Ducem Maximilianum ineundam. — (Bibliothèque nationale. Manuscrits. Fonds français, 3882, p. 278 sqq. Baluze.)

  19. Page 271.

    Processus Turonensis factus pro canonizatione Francisci de Paula, juxta exemplar quod Romæ asservatur. — (Archives d’Indre-et-Loire. Testis 14.)

  20. Page 283.

    D. Housseau, Anjou et Touraine, t. XV ; Archevêques de Tours. 183 ; Hélie de Bourdeille, cardinal. — (Bibliothèque nationale. Manuscrits.)

  21. Page 326.

    Annales de Touraine. — (Bibliothèque municipale de Tours. Manuscrit 51. XVIIe siècle.)

  22. Page 328.

    Jean le Clerc de Boisrideau. — IIIIXX XVIII. Hélie de Bourdeille. — (Bibliothèque municipale de Tours. Manuscrit, XVIIe siècle.)

  23. Page 333.

    Élie de Bordeille. — (Bibliothèque nationale. Manuscrits. Fonds français, 13.824, f° 48. XVIIe siècle.)

  24. Page 334.

    Gaignières, Elias de Bordeille. — (Bibliothèque nationale. Manuscrits. Fonds latin, 17.047, p. 17. XVIIIe siècle.)

  25. Page 352.

    Lettre de l’abbé Odelin à M. de Bourdeille, vicaire général à Périgueux, 1742. — (Archives du château de Bourdeille. Liasse Tessere diverse sopra la santità del cardinale Elia de Bourdeille.)

  26. Page 353.

    Lettre du P. Allet, procureur général des Jésuites, à Lyon, à Monsieur le Marquis de Bourdeille, au Palais-Royal, 1744. — Page 354. Note manuscrite du marquis de Bourdeille ajoutée à cette lettre, 1746. — (Archives du château de Bourdeille. Même liasse.)

  27. Page 354.

    Procez verbal de l’ouverture du tombeau du cardinal Hélie de Bourdeille, 1748. — (Copie de 1760. Archives du château de Bourdeille. Même liasse.)

  28. Page 355.

    Lettre d’un chanoine de Saint-Gatien de Tours, originaire du Périgord, à M. de Bourdeille, vicaire général à Périgueux, 1762. — (Archives du château de Bourdeille. Même liasse.)

  29. Page 357.

    Lettre du même au même, 1760. — (Archives du château de Bourdeille. Même liasse.)

  30. Page 364.

    Donation et provision par le Roy au seigneur Arnaud de Bourdeille, de l’office de Séneschal de Périgord. — (Archives du château de Saveille. 6e liasse.)

  31. Page 364.

    Estat de Séneschal de Périgord, par Loys, duc de Guyenne et Dauphin du Viennois, à Arnaud de Bourdeille. — (Archives du château de Saveille. Même liasse.)

  32. Page 368.

    Testament d’Arnaud Ier de Bourdeille. — (Archives du château de Saveille. Même liasse.)

  33. Page 369.

    Testament de Jehanne de Chamberlhac, dame de Bourdeille. — (Archives du château de Saveille. Même liasse.)

  34. Page 423.

    Testament de Anne de Tallerand de Griniouls, Damoyselle, Dame de Montancés. — (Archives du château de Saveille.)

  35. Page 5.

    Observations à faire passer à Mgr l’évêque de Soissons, sur le saint cardinal de Bourdeille. — (Bibliothèque nationale. Manuscrits. Périgord : Fonds Prunis et Leydet, XII, f° 80. Mémoires pour servir à l’histoire du cardinal de Bourdeille.)

Table alphabétique
des auteurs cités au tome second

  • Achéry (Luc d’). — Spicilegium. Miscellanea Epistolarum.
  • Amanati (Jacob, cardin. Papiensis seu Luccensis). — Epistolæ.
  • Armellini (Mariano). — Le chiese di Roma.
  • Arturus a Monasterio. — Martyrologium Franciscanum.
  • Attichy (Doni d’). — Flores Historiæ sacri Collegii S. R. E. Cardinalium.
  • Aubry. — Histoire des Cardinaux.
  • Ayrolles (P. S. J.). — Jeanne d’Arc sur les autels, et la Régénération de la France. — La Pucelle devant l'Église de son temps.
  • Baluze (Étienne). — Miscellanea.
  • Barante (de). — Histoire des Ducs de Bourgogne de la maison de Valois.
  • Barret (abbé). — Histoire de sainte Jeanne de Valois.
  • Basin (Thomas, Faux Amelgard).
  • Belon et Balme (O. P.). — Jean Bréhal, grand Inquisiteur de France, et la Réhabilitation de Jeanne d’Arc.
  • Benoît XIV. — De festis D. N. Jesu Christi et B. Marice Virginis.
  • Bétancourt (Dom de). — Cartulaire de l’Archevêché de Tours, copié sur l’autographe et traduit en français.
  • Beyerlinck. — Theatrum vitæ humanæ.
  • Bois-Morin (Pierre de). — La Vie du cardinal Hélie de Bourdeille. (Manuscrit.)
  • Boisrideau (Jean Le Clerc de). — Manuscrit de la Bibl. municip. de Tours.
  • Bollandistes. — Acta Sanctorum.
  • Bouchet (Jean). — Le Panégyric du Chevalier sans reproche, ou Mémoires de la Trémoille.
  • Boudin (Amédée). — Histoire généalogique du Musée des Croisades.
  • Bourassé (l’abbé J.-J.). — Les plus belles cathédrales de France.
  • Bourdeille (Marquis de). — Maison de Bourdeille en Périgord. Filiation complète.
  • Brantôme. — Les Hommes illustres et grands Capitaines français.Vie d’Anne de France.Opuscules.
  • Briand (l’abbé). — Vie d’Hélie de Bourdeille, cardinal-archevêque de Tours.
  • Busserolles (X. Carré de). — Armorial général de la Touraine.
  • Calentio (P. Generoso). — Metropolitanæ ecclesiæ Neapolitanæ Provisiones Consistoriales, a sæculo XV° ad XIXum, ex authenticis documentis in lucem editæ.
  • Camartus (P. Ægidius). — De rebus Eliæ Prophetæ Commentarius posthumus.
  • Camuzet. — Miscellanea historica.
  • Cange (Du). — Glossarium media et infimæ Latinitatis.
  • Capponi. — Storia della Republica di Firenze.
  • Chalmel. — Tablettes chronologiques de l’histoire civile et ecclésiastique de Touraine.
  • Chenu (Jean). — Archiepiscoporum et Episcoporum Gallia Chronologica Historia.
  • Cherreau (Olivier). — Histoire des Illustrissimes Archevesques de Tours.
  • Chevalier (l’abbé Casimir). — Promenades pittoresques en Touraine.Inventaire des archives municipales d’Amboise.
  • Ciacconio (Alphonsus). — Vita et res gesta Pontificum Romanorum et S. R. E. Cardinalium. — (Oldoino S. J.). — Recognita, ac ingenti ubique rerum accessione producta. — (Victorellus Andreas). — Annotata et continuata.
  • Cimber et Danjou. — Chronique anonyme.
  • Commîmes (Philippe de). — Mémoires. (Collection Petitot.)
  • Contelerius (Félix). — Elenchus, etc.
  • Corbin (chanoine Raymond). — Histoire de Pey Berland et du pays Bordelais au XVe siècle.
  • Coste (P. Hilarion de). — Le Portrait en petit de saint François de Paule.
  • Denifle (P. Henri, O. P.). — Désolation des églises, monastères, hôpitaux de France, vers le milieu du XVe siècle.
  • Duclos. — Histoire de Louis XI.
  • Dupuy (Jean, Récollect). — L’Estat de l’Église du Périgord, depuis le Christianisme.
  • Fabroni. — Vita di Lorenzo (Medicis).
  • Fleury (l’abbé). — Histoire ecclésiastique. Continuation.
  • Florio (Francesco). — De Probatione Turonica.
  • Fourault (l’abbé J.-B.). — Sainte-Catherine de Fierbois, ses monuments, etc.
  • Frizon (Pierre). — Gallia Purpurata.
  • Gaignières. — Manuscrit 17.047. — Fonds latin. Bibl. nation. Paris.
  • Gams (O. S. B., Pius-Bonifacius). — Series episcoporum, etc.
  • Garimberto (Hieronimo). — La prima parte delle vite overo fatti memorabili d’alcuni Papi et di tutti i Cardinali passati.
  • Garnier. — Continuation de l’Histoire de France de Mézeray.
  • Gérard (Vicomte Gaston de). — Les Chroniques de Jean Tarde.
  • Gérin (Charles). — Les deux Pragmatiques.Réponse à la Bibliothèque de l’École des Chartes.
  • Gerlier (Durand). — Lettre préliminaire à son édition du Defensorium Concordatorum d’Hélie de Bourdeille.
  • Giraudet. — Histoire de la ville de Tours.
  • Gonzaga (Franciscus O. M.). — De origine Seraphicæ Religionis.Provinc. Aquitan.Provinc. Turon. Ordinis Minoritici.
  • Gonzalez de Torres (F. Eusebio O. M.). — Chronica Seraphica.
  • Grandmaison (Ch.-L.). — La Grille d’argent de Saint-Martin de Tours.
  • Gregorovius. — Storia della città di Roma.
  • Grimaldi (Jacques). — Notes sur l’ancienne basilique de Saint-Pierre.
  • Guerroys (des). — Les Saincts de Troyes.
  • Guymier (Cosmas). — In Pragm. Sanct. Caroli VII Glossæ.
  • Hain (Ludovicus). — Repertorium bibliographicum in quo libri omnes ab arte typographica inducta ad annum MD, etc.
  • Hauréau (Barthélemy). — Gallia Christiana (nova).
  • Hergenröther (Cardinal). — Histoire de l’Église.
  • Hibernus Limericensis (Fr. O. M.). — Epitome Annalium Ordinis Minorum.
  • Housseau (O. S. B.). — Anjou et Touraine. — Manuscrit, Bibl. nat.
  • Hueberus (Fortunatus O. M.). — Menologium Franciscanum.
  • Iogelin (Gaspar). — Elogia Cardinalium Ordinis Minorum.
  • Justiniani (Horatio). — Acta sacri œcumenici concilii Florentini (apud Labbe).
  • Laborie (J.-H. Gaston de, chanoine). — Biographie de Pierre III ou Pey Berland, le LIIe archevêque de Bordeaux.
  • Lanéry d’Arc (P.). — Mémoires et Consultations en faveur de Jeanne d’Arc par les juges du procès de Réhabilitation.
  • Legrand (l’abbé). — Histoire de Louis XI. — Manuscrits de la Bibliothèque nationale. Paris.
  • Lenglet du Fresnoy. — Mémoires de Ph. Commines.
  • Lobineau (O. S. B.). — Histoire de Bretagne.
  • Longueval (de S. J.). — Histoire de l’Église Gallicane.
  • Maan (Jean chanoine). — Sancta et Metropolitana Turonensis Ecclesia.
  • Magistri (Martin Lemaître). — De Rhetorica.Questiones morales.
  • Mansi (Giov. Domenic.). — Adnotationes ad Balusii Miscellanea.
  • Marini (Niccolò). — L’azione diplomatica della S. sede e il beato Niccolà Albergati.
  • Marcellino (da Civezza O. M.). — Il Romano Pontificato nella storia d’Italia.
  • Marteau (Martin, de l’Ordre des Carmes). — Le Paradis délicieux de la Touraine.
  • Martène (O. S. B.). — Amplissima Collectio.Histoire de Marmoutier.
  • Masselin (Jehan). — Journal des États généraux de France, tenus à Tours en 1484.
  • Mathieu. — Histoire de Louis XI.
  • Maulde (Raoul de). — Jeanne de France, duchesse d’Orléans et de Berry.
  • Mazzara (Benedetto O. M.). — Legendario Francescano.
  • Michaud (Frères). — Biographie universelle.
  • Michelet — Histoire de France.
  • Monsnier (Raoul). — Histoire de l’Église de Saint-Martin. — Ms. de la Bibl. municipale de Tours.
  • Montserrat (Guillelmus de). — In Pragm. Sanct. Caroli VII Glossæ.
  • Moroni (Gaëtano). — Dizionario di erudizione storico-ecclesiastico.
  • Motte-Tibergeau (de la). — Poésies.
  • Muratori. — Rerum Italicarum Scriptores.
  • Natalis (Alexander O. P.). — Hist. Eccl.
  • Nautiporto (Notaio del). — Diario di Roma.
  • Nettement (Alfred). — De la Pragmatique Sanction attribuée à saint Louis, par R. Thomassy.
  • Petrus Rodulphus Tossiniacensis (O. M.). — Historiarum Seraphicæ Religionis libri tres.
  • Piazza. — Gerarchia.
  • Pie II (Æneas Sylvius Piccolomini). — Pii secundi, Pontificis Maximi, Commentarii. (Gobellini.)
  • Pinssonius (Franciscus). — In Pragm. Sanct. Caroli VII Glossæ.
  • Politien (Ange). — Congiura dei Pazzi.
  • Probus (Philippus). — In Pragm. Sanct. Caroli VII Glossæ.Defensorium Electionum.
  • Prunis et Leydet. — Mémoires pour servir à l’histoire du cardinal de Bourdeille.
  • Rastignac (Louis-Jacques de Chapt de), archev. de Tours. — La Communion fréquente.
  • Raynaldus. — Annales Eccles. (Continuat.)
  • Rodulphus Tossiniacensis. (O. M.).
  • Roscoe. — Vita di Lorenzo (da Medic.)
  • Rosmini. — Vita di Filelfo.
  • Sainte-Marthe (Frères). — Gallia Christiana.
  • Salmon (André). — Documents sur quelques architectes et artistes de l’église cathédrale de Tours.
  • Seyssel (Claude de). — La Loüenge du bon Roy de France Louis XII.Comparaison de son règne à celui du Roy Louis onziesme.
  • Soliers (Tristan l’Hermite de). — Le Cabinet du Roy Louis XI.
  • Spondanus (Henricus). — Annalium Cæsarii Baronii continuatio ab anno 1597 ad finem anni 1647.
  • Tarde (Jean). Les Chroniques de
  • Thomassy (R.). — De la Pragmatique Sanction attribuée à saint Louis.
  • Thuanus. — Historia sui temporis.
  • Travers (N.). — Concilia Provinciæ Turonensis.
  • Troyes (Jean de). — La Chronique scandaleuse.
  • Tuetey. — Inventaire des biens de Charlotte de Savoie.
  • Varillas. — Réfutation, etc.
  • Viollet (Paul). — Examen critique d’un ouvrage de M. Charles Gérin.Recherches sur l’élection des députés aux États généraux réunis à Tours en 1468 et 1484.
  • Wadding (Luc). — Annales Minorum, seu trium Ordinum a S. Francisco institutorum. — Scriptores Ordinis Minorum.

Table alphabétique
des auteurs anonymes et des périodiques

  • Année Franciscaine (périodique, avril 1865).
  • Bibliothèque de l’École des Chartes (1870).
  • Breve sommario delle vite, imprese, e fatti illustri di tutti Sommi Pontefici e Cardinali, li quali assunti dal Serafico Ordine di S. Francesco, nella santa Romana Chiesa gloriosamente fiorirono.
  • Chronique manuscrite du XVe siècle, Bretagne.
  • Histoire généalogique de la maison de Bourdeille, composée sur les titres originaux, et tirée du cabinet de M. de Clairambault.
  • Histoire de saint François de Paule et de son couvent du Plessis.
  • Inventaire-Sommaire des archives départementales (d’Indre-et-Loire) antérieures à 1790 (manuscrit).
  • Liber Computorum civitatis Petrocoricencis. (Fonds Prunis et Leydet.) — Liber Expeditionum Sixti IV. (manuscrit).
  • Mémoires de la Société archéologique de Touraine.
  • Minimilogium Turonense, attribué à Jacques Rozier de l’Ordre des Minimes (Archives d’Indre-et-Loire).
  • Palmier Séraphique, ou Vies des Saints des Ordres de Saint-François.
  • Pragmatica Sanctio Caroli VII, cum Glossis Cosmæ Guymier, Philippi Probi, Guillelmi de Montserrat et Francisci Pinssonii.
  • Preuves des libertés de l'Église Gallicane.
  • Rituale Turonense, auctoritate DD. de Conzié, Turon. Archiep. editum, 1785.
  • L'Union (journal, mars 1865).
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