B.-Th. Poüan  : Hélie de Bourdeille (1897-1900)

Table des matières

Table des matières

  • Tome I (Mémoire historique, 1900)
  • Tome II (Preuves et éclaircissements, 1897)

Tome I
Mémoire historique
(1900)

  1. La maison de Bourdeille. — L’enfance du serviteur de Dieu.
      • Antiquité de la maison de Bourdeille.
      • La fable et la légende.
      • L’histoire.
      • Pièces héraldiques.
      • Devises et cri de guerre.
      • La maison de Bourdeille en Périgord.
      • Ancienne extraction et droit de préséance, d’après l’enquête de 1531.
      • Les barons de Bourdeille, premiers barons du Périgord, à l’entrée solennelle des évêques de Périgueux.
      • Alliances, et hauts faits.
      • Évolution des titres nobiliaires.
      • Les ancêtres du saint cardinal : filiation authentique.
      • Les exploits et loyaux services d’Archambaud Ier, son aïeul paternel.
      • Les Bourdeille, grands seigneurs et grands propriétaires.
      • Arnaud Ier de Bourdeille, père du saint cardinal, et Jeanne de Chamberlhac, sa mère.
      • Arnaud, sénéchal du Périgord.
      • Ses exploits ; ses mérites.
      • Les mérites de Jeanne de Chamberlhac.
      • Leurs enfants.
      • Leurs testaments.
      • Les frères, sœurs et neveux du saint cardinal.
      • Quelques faits relatifs à ces personnages.
      • Les diverses branches de la famille.
      • Les Bourdeille en Touraine.
      • Le serviteur de Dieu.
      • Date approximative de sa naissance, au château d’Agonac.
      • Il sera la gloire la plus pure de son illustre maison.
      • Les premières années du serviteur de Dieu.
      • Il n’a point d’enfance.
      • La nature prévenue par la grâce.
      • Sa vocation.
      • Le frère Bertrand de Comborn.
      • Le témoignage de Jehan Bordes, capitaine du château d’Agonac.
      • Quand donc aurai-je l’âge de mon grand frère !
      • Hélie de Bourdeille entre en religion, à l’âge de dix ans.
      • La brillante escorte, qui le conduit d’Agonac à Périgueux.
      • L’âne de saint François.
      • Âgé de dix ans, Hélie de Bourdeille embrasse saintement la Règle franciscaine.
  2. Hélie de Bourdeille religieux de Saint-François
      • Noviciat.
      • Scolasticat.
      • Progrès simultanés dans la vie spirituelle et dans les sciences.
      • Études théologiques à Toulouse.
      • Soutenance brillante, en Chapitre, sous la présidence du Général de l’Ordre.
      • Pronostic du Général au sujet du jeune religieux.
      • Le frère Hélie est envoyé au couvent de Mirepoix, et chargé d’y enseigner l’Écriture Sainte.
      • Il joint à cet office le ministère de la prédication.
      • Son zèle actif.
      • Ses succès et leurs causes.
      • De Mirepoix à Limoges.
      • Un fait authentique, renouvelé de la Légende de saint Alexis.
      • Impression générale, qui se dégage du court passage d’Hélie de Bourdeille dans l’Ordre des Frères Mineurs.
      • Hélie de Bourdeille, théologien.
  3. Le frère Hélie de Bourdeille promu à l’épiscopat
      • Décès de Geoffroy d’Arpajon.
      • Le frère Hélie de Bourdeille postulé à sa place.
      • Ses refus énergiques.
      • La sainte obéissance l’oblige à se rendre avec la députation capitulaire auprès du pape Eugène IV, alors à Bologne.
      • En dépit de ses efforts, le choix du Chapitre de Périgueux est confirmé par le Pape, et le cardinal de Sainte-Croix désigné comme évêque-consécrateur.
      • Date authentique de la promotion d’Hélie de Bourdeille.
      • Cette date fixe toute la chronologie le concernant.
      • Le bienheureux Nicolas Albergati, prélat consécrateur d’Hélie de Bourdeille.
      • Un coup d’œil sur la vie et les vertus de ce grand cardinal, l’un des éducateurs d’Hélie de Bourdeille dans son noviciat épiscopal.
      • Singulières analogies entre les vertus et les œuvres des deux serviteurs de Dieu.
  4. Du temps qui s’écoula entre la promotion du nouvel évêque et son arrivée dans son diocèse. — Hélie de Bourdeille au Concile de Florence.
      • Il est historiquement certain qu’Hélie de Bourdeille assista aux sessions du Concile de Florence, qui se tinrent à Ferrare ;
      • et moralement démontré qu’il assista aux sessions de Florence et même de Rome.
      • Son avis motivé, sur le projet de décret contre les dissidents de Bâle.
      • Notre sentiment corroboré par le fait, acquis, qu’Hélie de Bourdeille ne prit pas le gouvernement de son diocèse, immédiatement après sa consécration épiscopale.
      • À quelle date rapporter l’entrée solennelle d’Hélie de Bourdeille dans son diocèse ?
      • Importance de cette question.
      • Autre question, plus épineuse, soulevée par celle ci : Où et comment s’écoulèrent, pour Hélie de Bourdeille, les dix années comprises entre sa promotion épiscopale et sa prise de possession solennelle ?
      • Problème historique qui sera étudié à part, à la fin de ce Mémoire, dont il entraverait ici la marche régulière.
      • On se borne, pour le moment, à affirmer, d’une part, que la date de 1447, pour l’entrée solennelle, ne saurait être révoquée en doute ;
      • d’autre part, que cette date n’implique ni l’absence complète d’Hélie de Bourdeille, durant cette période, ni son abstention constante, en ce qui concerne les actes administratifs et autres fonctions épiscopales.
      • Attentions providentielles sur ce début d’épiscopat du serviteur de Dieu.
  5. Hélie de Bourdeille dans son diocèse. — État lamentable de l’Église de Périgueux, à son avènement
      • Entrée solennelle d’Hélie de Bourdeille.
      • Cérémonies de l’intronisation.
      • Hélie de Bourdeille tranche en faveur de son frère une question de préséance entre les quatre barons du Périgord.
      • Ruines accumulées par la guerre et ses suites, dans ce diocèse.
      • Les constatations du R. P. Denifle.
      • La supplique d’Hélie de Bourdeille, au Saint-Siège.
      • Tous ces maux aggravés par la longue interruption de la résidence des évêques titulaires du siège.
      • Tant d’obstacles, rapprochés des succès obtenus, prouvent de prime-abord les mérites et la sainteté d’Hélie de Bourdeille.
  6. Hélie de Bourdeille à l’œuvre. — Il commence par lui-même : sa vie intime et ses vertus dans l’épiscopat. — Sa maison.
      • Le saint évêque commence à réformer son diocèse, moins par l’autorité dominatrice qu’en donnant lui-même un exemple touchant de toutes les vertus.
      • Témoignages unanimes à ce sujet.
      • Caractère héroïque des vertus d’Hélie de Bourdeille.
      • Celles qui le distinguent entre toutes.
      • Comment un de ses panégyristes les ramène à trois principales.
      • Le témoignage spécial de Pierre de Bois-Morin.
      • Quelques-unes de ses assertions.
      • Hélie de Bourdeille continue à observer dans sa plus grande rigueur la Règle franciscaine, dont l’épiscopat l’a délié.
      • Il fait même de la ferveur légendaire des Pères primitifs, son idéal, et s’efforce de le réaliser dans sa fidélité minutieuse aux saintes observances.
      • Ses austérités.
      • Ses jeûnes et carêmes équivalent presque à un jeûne perpétuel.
      • Il couche sur la dure, et n’use de linge ni pour le coucher ni pour le vêtement.
      • Ses prières et oraisons.
      • Le temps considérable qu’il y consacre, permet de dire qu’il passait la nuit en prières.
      • Sa ferveur et ses larmes.
      • L’objet habituel de ses supplications.
      • Il a soin de ne pas imposer aux autres le surcroît de fatigues qu’il s’impose à lui-même.
      • Ses confessions quotidiennes, et sa ferveur à célébrer ou à entendre la sainte messe.
      • Ses œuvres de miséricorde.
      • Sa sainte prodigalité pour les pauvres.
      • Sa délicatesse, ses attentions, son respect à leur égard.
      • Comment il défend leurs droits, et surveille attentivement l’administration de leur patrimoine.
      • Comment il console et réconforte ceux qui ont besoin d’aumônes spirituelles.
      • Comment Hélie de Bourdeille règle sa maison.
      • Il veille avant tout, avec le plus grand soin, à ce que ses familiers et serviteurs de tout degré remplissent religieusement leur devoir en vers Dieu, et les y aide de tout son pouvoir.
      • Il les fait soigner, et parfois les soigne lui-même, dans leurs maladies.
      • S’applique à maintenir la paix entre eux.
      • Exige que la charité soit gardée, ainsi que la plus sévère honnêteté.
      • Impitoyable pour les mauvaises mœurs.
      • Joint la douceur à la pureté.
      • La table du serviteur de Dieu.
      • Ses hôtes.
      • Ses repas.
      • Comment Hélie de Bourdeille sanctifiait ses voyages, et y exerçait la charité.
  7. Hélie de Bourdeille, dans l’exercice de son ministère pastoral.
      • Le saint évêque réforme son clergé.
      • Urgence de ce besoin.
      • Il combat l’ignorance,
      • et les mauvaises mœurs.
      • Ses enquêtes au cours de ses visites pastorales.
      • Les ordinands, et la collation des saints Ordres.
      • Comment Hélie de Bourdeille évangélise et réforme son peuple.
      • Ses prédications.
      • Ses visites pastorales.
      • Le saint évêque se fait missionnaire, jusque dans les hameaux les plus reculés du Périgord.
  8. Hélie de Bourdeille prisonnier des Anglais. — Sa captivité. — Sa délivrance. — L’illustre et saint archevêque de Bordeaux, Pierre III Berland.
      • Les Anglais, qui sentent l’Aquitaine leur échapper, y font des otages de choix.
      • Hélie de Bourdeille, s’en allant vaquer aux devoirs de son ministère, tombe dans une embuscade, tendue par le Bâtard de Grammont.
      • Le fait se passe aux environs d’Aubeterre, et non aux environs d’Auberoche, comme la plupart des auteurs l’ont écrit après Jean Dupuy.
      • Date probable du fait, 1448.
      • Captivité pénible, au château d’Aubeterre.
      • Mauvais traitements.
      • Blasphèmes odieux des soudards d’Angleterre.
      • Héroïque patience du saint évêque, qui prie et fait prier pour eux.
      • Sa captivité se prolonge ; il est transféré au château de la Roche-Chalais.
      • Situation exceptionnelle de la Roche-Chalais.
      • Les Anglais transfèrent leur prisonnier de cette petite ville à Libourne, pour de là l’expédier, sans doute, en Angleterre.
      • Mais, dans le trajet, il est subitement délivré par Pierre Berland, son métropolitain,
      • qui le reçoit magnifiquement à Bordeaux,
      • et lui donne l’hospitalité, jusqu’à ce qu’il puisse rentrer dans son diocèse.
      • Parallèle entre Hélie de Bourdeille et Pey Berland.
      • Avec des origines et des aptitudes fort diverses, mêmes vertus, mêmes sentiments, dans des situations sans analogie.
      • Le culte de la Papauté est le lien principal qui les unit.
      • Hélie de Bourdeille rentre dans son diocèse, à la faveur de la paix.
      • Il est reçu comme les Athanase et les Chrysostome, à leur retour d’exil.
      • Hélie de Bourdeille, dans les vicissitudes de sa vie, rappelle d’une manière frappante les anciens champions de la cause évangélique.
  9. Après la captivité. — Les grandes luttes d’Hélie de Bourdeille pour le rétablissement de la discipline dans son diocèse.
      • Rendu à son troupeau, Hélie de Bourdeille reprend sa vie et son labeur apostoliques.
      • Lutte avec intrépidité contre les vices, qui pullulaient, à la suite des guerres,
      • et en particulier contre le désordre général du blasphème.
      • Rend en synode, contre les blasphémateurs, des Ordonnances signalées par les auteurs sous le titre de Decreta contra dejerantes.
      • Ces Ordonnances ne sont que la reproduction des Décrets conciliaires anciens, et qui n’avaient point cessé d’obliger.
      • Hélie de Bourdeille les applique avec la plus grande fermeté, sans acception de personnes,
      • et obtient promptement un complet succès.
      • Luttes d’Hélie de Bourdeille contre les abus des gens d’Université.
      • Il maintient contre eux l’autorité de l’Ordinaire, et se fait aussi contre eux le défenseur des faibles qu’ils oppriment.
      • Il soutient contre eux, en Cour de Rome, de nombreux procès, qu’il gagne tous.
      • Il les réduit enfin ;
      • et lutte, de même, pour la récupération des biens de son Église, presque annihilés durant les années de troubles et de guerre qui viennent de s’écouler.
      • Les vertus qu’il pratique dans ces longs combats, et qui lui as surent le succès : force, douceur, prudence, justice, charité.
      • Combien il résiste aux superbes.
      • Avec quelle miséricorde il reçoit les coupables à résipiscence.
      • Ses interventions personnelles pour l’absolution des censures encourues.
      • Comment il obtient obéissance générale et paix parfaite.
  10. Le zèle de la maison de Dieu. — La restauration des temples. — La régularité et la splendeur du culte divin.
      • Le zèle d’Hélie de Bourdeille pour la restauration et l’embellissement des églises.
      • La collégiale de Saint-Astier.
      • L’église suburbaine de Saint-Georges.
      • La cathédrale et son maître-autel.
      • La collégiale de Saint-Florent.
      • Les moyens qu’il emploie pour procurer des ressources à ces églises ou autres lieux pies.
      • Il révise le Bréviaire de Périgueux.
      • Il fait, à la cathédrale et à Saint-Front deux fondations annuelles et perpétuelles.
      • Conflit séculaire entre le Chapitre cathédral et le Chapitre collégial, au sujet des reliques de saint Front.
      • Hélie reprend le projet de Pierre de Saint-Astier, l’un de ses prédécesseurs, touchant l’élévation du saint corps.
      • La supplique des chanoines de Saint-Front à Eugène IV, en 1441.
      • Hélie de Bourdeille parvient à faire l’accord entre les deux Chapitres.
      • Le Chef du Saint restera à la collégiale, et la cathédrale recevra une relique insigne, le bras du glorieux apôtre.
      • Les largesses du pieux évêque facilitent l’apaisement.
      • Admirable reliquaire qu’il donne pour le Chef de saint Front.
      • Une belle œuvre d’art.
      • Sur nouvelle autorisation papale, Hélie de Bourdeille procède à l’élévation et translation des précieuses reliques.
      • Les deux fêtes de translation.
      • Il obtient du Saint-Siège des Indulgences considérables pour ces deux solennités.
  11. Sollicitude d’Hélie de Bourdeille pour le bien public et le soulagement du peuple. — Ses rapports avec le roi Charles VII.
      • Hélie de Bourdeille, conscient de ses devoirs épiscopaux, en ce qui concerne la protection de la cité.
      • Son zèle pour le soulagement du peuple.
      • Ses exhortations, aux États du Périgord.
      • Son attitude et ses démarches en faveur des gens de labeur et des pauvres, auprès des grands et spécialement des commissaires du Roi.
      • Le surcroît de préoccupations et de peines que lui occasionne l’affaire des francs-fiefs et des nouveaux acquêts de communautés d’Église.
      • Les trois grandes passions d’Hélie de Bourdeille.
      • Il sait les concilier, en les subordonnant l’une à l’autre.
      • Sa soumission au Saint-Siège.
      • Son attitude à l’assemblée de Bourges, en 1452.
      • Le roi Charles VII lui demande une Consultation sur le procès de Jeanne d’Arc.
      • Où en était alors le projet de réhabilitation de l’illustre héroïne.
  12. Les écrits d’Hélie de Bourdeille. — Sa Consultation, ou Considération sur la Pucelle de France
      • Caractère général des écrits d’Hélie de Bourdeille.
      • Sa parfaite orthodoxie.
      • Sa grande érudition ecclésiastique.
      • Défaut de critique historique, commun à tous ses contemporains.
      • Ses écrits témoignent de grandes qualités de l’esprit, non moins que de grandes vertus.
      • Ils reflètent les grandes et saintes passions de sa vie.
      • Intelligence très nette et sentiment profond de la mission catholique de la France, dans le monde.
      • Date approximative de la Considération d’Hélie de Bourdeille.
      • Jean Bréhal en fait le plus grand cas.
      • Des copies de ce traité existent dans plusieurs des grandes bibliothèques de l’Europe.
      • L’opinion des auteurs modernes, non moins favorable à ce travail de la première heure.
      • Motifs de la grande réserve affectée par Hélie de Bourdeille.
      • Ses arguments n’en sont que plus redoutables,
      • et n’impliquent aucun doute, de sa part.
      • Il vise surtout la question théologique, ou de fond.
      • Tout en suivant, pas à pas, les énonciations de la sentence, il ramène toute la cause à la question des apparitions.
      • Un traité complet sur la matière.
      • Pourquoi Hélie de Bourdeille s’est résolu à une aussi longue exposition des principes.
      • La sainteté de Jeanne d’Arc : conclusion qui ressort nécessairement de sa Considération.
      • Hélie de Bourdeille y aborde les grandes questions qui lui sont familières : les devoirs des rois ;
      • la mission de la France ;
      • l’autorité du Pontife Romain.
      • Jean Bréhal donne à la Consultation d’Hélie de Bourdeille une des premières places dans les deux grandes expéditions du procès de réhabilitation.
      • Cet inquisiteur, renseigné par les débats de l’assemblée de Bourges, avait, de préférence, choisi les consulteurs parmi les docteurs les plus éminents et les plus orthodoxes.
      • Et il se trouva, alors comme aujourd’hui et toujours, que les hommes les plus dévoués à la cause de la Pucelle et de la France étaient en même temps, les plus dévoués à la Papauté, et réciproquement ; tandis que les adversaires de la cause nationale étaient aussi les adversaires de la Papauté.
  13. Premiers rapports d’Hélie de Bourdeille avec Louis XI. — La cause de béatification de Pierre Berland, archevêque de Bordeaux. — La divine Providence met un terme à la mission du saint évêque en Périgord.
    1. Louis XI, promoteur ardent de la cause de béatification de Pierre Berland. — Motifs de ce zèle. — Hélie de Bourdeille et l’évêque de Bazas, délégués à l’enquête préalable. — Lettres de Pie II. — Il est procédé à cette enquête, — qui met nécessairement en lumière, auprès de Louis XI, l’évêque de Périgueux. — De là, sans doute, leur première sympathie. — Autres causes réciproques de mutuelle entente. — Louis XI le choisit pour confesseur.
    2. L’œuvre de Bourdeille à Périgueux est achevée. — Cette Église est merveilleusement relevée. — Éloges unanimes des historiens sur le glorieux épiscopat du serviteur de Dieu. — Témoignage touchant des chanoines de Saint-Front. — Le diocèse est établi dans l’ordre et la paix. — Mais la mission de son évêque ne touche pas à sa fin. — Dieu lui réserve de nouveaux et plus illustres combats.
  14. XIV. Les États généraux de 1468. — Hélie de Bourdeille, député à cette assemblée. — Sa promotion à l’archevêché de Tours. — Situation de cette Église, à son avènement.
    1. États généraux assemblés à Tours. — Dates précises de leur ouverture et de leur clôture. — Objet de cette assemblée. — Son véritable caractère. — Son patriotisme, en face du grave danger qui menaçait la France.
    2. Hélie de Bourdeille assiste aux États, en qualité de député ecclésiastique de la ville de Périgueux. — Il s’y distingue, prend une part importante aux délibérations, et conquiert, du premier coup, l’admiration universelle.
    3. Hélie de Bourdeille est promu à l’archevêché de Tours, — non, comme on l’a dit, pour son attitude aux États, ce qui est démenti par les dates, — mais pour sa grande réputation de doctrine, de vertus et de miracles ; — toutes choses connues du clergé et du Roi, véritable instigateur de la promotion. — Vues providentielles dans cette élection.
    4. Discussion des dates relatives à la promotion d’Hélie de Bourdeille. — La mort de l’évêque de Valence. — La démission de l’archevêque Géraud de Crussol. — L’élection capitulaire, provoquée par Louis XI, — et agréée par lui. — Préconisation. — Hélie de Bourdeille prête serment de fidélité au Roi. — Il est solennellement intronisé. — Hélie de Bourdeille, en acceptant le siège de Tours, n’hésite pas à quitter son pays, sa famille, tandis que Crussol, en échangeant Tours contre Valence, recherche l’une et l’autre.
    5. L’Église de Tours, à l’avènement d’Hélie de Bourdeille. — Peu de ruines matérielles. — La situation morale se révèle par les actes conciliaires de l’époque. — Canons disciplinaires contre les blasphémateurs. — Lutte pour la défense des Immunités menacées. — Hélie de Bourdeille ne fera, au fond, que procurer l’application de ces Canons provinciaux, expression de la discipline générale de l’Église. — Situation prospère des Institutions religieuses dans le diocèse. — La métropole. — La basilique Saint-Martin. — Églises paroissiales, Abbayes et monastères.
  15. Hélie de Bourdeille à Tours. — Sa vie privée, ses vertus, sa maison.
    1. Hélie de Bourdeille ne change rien à son genre de vie, et ne fait que de minces concessions aux exigences de son rang plus élevé. — Son vêtement. — Ses jeûnes et austérités, qu’il ne mitige que sous le fardeau des années. — Son humilité. Sa charité. — L’homme parfait en toute science et toute vertu. — Sa sainteté douce et populaire. — Ne veut posséder qu’un seul bénéfice, malgré l’écrasante charge de ses aumônes. — Les pauvres, ses invités de tous les jours, et surtout des jours de fête. — Trois témoins irrécusables de la sainte vie d’Hélie de Bourdeille, sur le siège de Tours.
    2. Hélie de Bourdeille, aussi grand et généreux, en ce qui concernait la dignité archiépiscopale, qu’il était humble et petit dans sa personne. — Il tient grand rang. — L’archevêché de Tours, fort riche et fort puissant, à cette époque. — Ses fiefs, ses châteaux et manoirs. — La baronnie d’Artannes. — Hélie de Bourdeille a ses gentilshommes et écuyers, ses aumôniers et ses chapelains, une cour. — Il reçoit fréquemment les légats du Pape ; — souvent aussi les grands du royaume, et les traite noblement, suivant leur condition et la sienne. — Dans ces occasions, il ne recule pas devant les dépenses énormes, dont l’utilité lui est démontrée, soit pour l’honneur de l’Église, soit pour le bien public.
  16. L’administration d’Hélie de Bourdeille : coup d’œil général et faits principaux
    1. Hélie de Bourdeille, à Tours, soutient la réputation qu’il s’est faite à Périgueux. — Commence par rétablir la paix, dans son Chapitre métropolitain. — Édicte de sages règlements. — Institue quatre vicaires généraux auxquels il partage sa juridiction sur le diocèse : origine de nos archidiaconés Tourangeaux. — Sa fermeté dans l’application et l’exécution des peines portées contre les blasphémateurs. — Le greffier de la Cour du Roi. — Il fait le procès d’un nécromancien, et le livre au bras séculier ; puis il condamne et brûle ses livres sur la place publique. — De concert avec son Chapitre, il renouvelle l’antique union de l’Église de Tours avec l’Église de Tolède.
    2. Hélie de Bourdeille introduit dans l’Église de Tours la célébration de fêtes nouvelles : la fête de la Visitation de la très sainte Vierge, d’origine franciscaine ; — la fête de saint Joseph ; — la fête de saint Alexis ; — la fête de saint François d’Assise. — Il pourvoit, par lui-même ou par d’autres, aux fondations qui assurent la célébration de ces fêtes, et par son testament, — caduque pour nullité de ressources disponibles — à la solennité de la fête de saint François.
    3. Hélie de Bourdeille favorise de tout son pouvoir le développement des Institutions religieuses dans son diocèse, soit par le clergé séculier, soit par le clergé régulier. — La collégiale de Saint-Florentin d’Amboise ; l’affaire épineuse de sa translation. — Pacifique intervention et libéralités d’Hélie de Bourdeille, en ces circonstances. — Fondation d’une psallette dans la nouvelle collégiale. — Monument de la reconnaissance du Chapitre de Saint-Florentin en vers Hélie de Bourdeille.
    4. Le couvent des Carmes. — Après de longues vicissitudes, son établissement définitif, — sous la protection de Louis XI, — et avec l’appui et les libéralités personnelles d’Hélie de Bourdeille. — Les transformations de la fondation des sires de Bueil. — L’établissement de la collégiale. — La collégiale du Plessis-lèz-Tours instituée par Hélie de Bourdeille, confirmée par le Saint-Siège après la mort du saint archevêque. — La reconstruction du couvent des Franciscains, à Amboise. — Le couvent de Jesus-Maria, au Plessis : Hélie de Bourdeille approuve le projet que lui en soumet saint François de Paule, son ami.
  17. Hélie de Bourdeille bâtisseur, protecteur des lettres et des arts, défenseur du peuple, bienfaiteur de la cité.
    1. Hélie de Bourdeille concourt activement à l’achèvement de sa cathédrale, notamment à la merveilleuse ornementation sculpturale de sa splendide façade ; — à la construction et reconstruction de ses tours. — Il exécute quelques travaux intérieurs. — Il obtient de Sixte IV une bulle d’Indulgences pour subvenir aux dépenses nécessitées. — Il bâtit, à ses frais, la belle église de Sainte Catherine de Fierbois. — Il procure ou favorise la construction ou l’agrandissement et réfection de nombreuses églises dans le diocèse. — Il y emploie tous les revenus que ses aumônes laissent disponibles, et pour le reste, s’ingénie à réunir les ressources nécessaires, par l’obtention de faveurs spirituelles et autres moyens. — Il pourvoit aussi d’ornements la plupart de ces églises.
    2. La ville de Tours, au temps d’Hélie de Bourdeille, d’après Francesco Florio. — Les grands personnages qui y sont attirés par le voisinage du Plessis. — Intensité de vie religieuse, politique, intellectuelle, artistique. — Les beaux-arts et les arts industriels représentés par une pléiade de maîtres renommés. — Hélie de Bourdeille comprend ce mouvement, et au tant qu’il est en lui, le sanctifie, en l’employant à la gloire de la religion. — Il élève sur les galeries du cloître Saint-Gatien la splendide bibliothèque capitulaire, — dont il veut faire une bibliothèque publique, — à l’imitation de ce que les papes faisaient à Rome, dans le même temps. — Cela, à une époque où les librairies étaient encore un objet de luxe seigneurial, — au moment même où Louis XI introduisait l’imprimerie chez nous. — Il fait paver les rues et la place centrale du cloître, amélioration qui n’avait jamais été tentée jusque-là.
    3. Hélie de Bourdeille, protecteur du peuple. — Fatigue le Roi de ses instances pour l’allégement des charges, la diminution des taxes. — Multiplie les remontrances pour que le Roi réforme l’administration de la justice. — Le Roi, malgré sa mauvaise humeur, semble n’avoir pas été indifférent à ces représentations persévérantes. — Hélie de Bourdeille mérite de la cité, en obtenant du Roi la construction de l’hôtel-de-ville et la plupart des privilèges de la municipalité, créée en 1463, mais demeure jusque-là sans organisation. — Toutefois, il fait reconnaître par jugement l’immunité des clercs, relativement aux charges résultant du nouvel état de choses.
  18. Les attentions persistantes d’Hélie de Bourdeille pour son ancienne Église de Périgueux. — Reconnaissance de cette Église pour son saint évêque. — Relations de famille. — Voyage à Rome en l’année jubilaire 1475.
    1. Hélie de Bourdeille, délié juridictionnellement de ses liens avec l’Église de Périgueux, n’a jamais brisé les liens de l’affection et du dévouement pour cette Église. — Il y était encouragé par l’amour du pays natal, et par les relations de famille. — Ses courtes apparitions en Périgord. — Affaires de famille. — Correspondance. — Sollicitudes temporelles, restreintes à leur juste mesure pour ses parents. — Sollicitudes plus marquées pour leur salut et le bien de leurs âmes.
    2. Coup d’œil sur la correspondance de l’archevêque de Tours avec les membres de sa famille. — Il perd son frère aîné, le sénéchal Arnaud II de Bourdeille, et figure parmi ses exécuteurs testamentaires. — Une démarche qu’il fait avec succès, auprès du chancelier de France, en faveur de son neveu, François de Bourdeille. — Quel pouvait être l’objet de cette démarche. — Les intérêts spirituels de sa famille lui étaient plus à cœur que ses avantages temporels. — Il envoie un de ses prêtres auprès de Sixte IV, récemment élu, pour obtenir confirmation des grâces spirituelles octroyées par Paul IV, en faveur de la famille de Bourdeille. — Réponse affirmative, dont les motifs sont fort élogieux pour Hélie de Bourdeille. — Un voyage de celui-ci en Périgord. — Il use de ces pouvoirs apostoliques en faveur de deux de ses parents. — Un mot sur le prêtre Chalumel qui l’accompagne.
    3. L’année jubilaire 1475. — Hélie de Bourdeille, qui a dessein de faire, en cette année, son pèlerinage ad limina, députe préalablement au pape Sixte IV le chanoine Chalumel, avec mandat pour régler plusieurs affaires. — Réponse gracieuse et élogieuse du Pape à l’archevêque de Tours. — Celui-ci part en octobre 1475. — Péripéties de son voyage. — Le Pape lui fait un accueil des plus flatteurs. — Lettre d’Hélie de Bourdeille à son neveu, François. — Il célèbre la munificence du Pape, envers les hôtes princiers du Jubilé, et envers les rois dépossédés par les Turcs. — Il obtient du Saint-Siège de grandes Indulgences pour les Églises de Tours et de Périgueux.
    4. La grande Indulgence décennale, en forme de Jubilé, accordée à l’Église de Périgueux. — Hélie de Bourdeille, nommé grand Pénitencier et Surintendant de ce Jubilé. — L’Église de Périgueux, quelques années plus tard, donne à Hélie de Bourdeille un témoignage solennel de sa reconnaissance. — Les successeurs immédiats d’Hélie de Bourdeille sur le siège de Périgueux.
  19. La grande mission d’Hélie de Bourdeille sur le siège de Tours.
    1. Importance du siège de Tours, à l’époque où Hélie de Bourdeille y fut appelé. — Situation politique de la France. — Son attitude, vis-à-vis de l’Église et du Saint-Siège. — L’épiscopat français, à cette époque. — Le roi Louis XI. — Sa tâche. — Ses qualités et ses défauts, d’après l’histoire, dégagée de la légende. — Comment Hélie a été préparé à la mission qu’il doit remplir auprès de ce roi, et auprès de la France. — Dispositions du Roi à l’égard de cet évêque. — Ce que cet évêque devra obtenir du prince. — Mission d’Hélie de Bourdeille en ce qui concerne la France. — La lutte sans trêve qu’il devra soutenir pour défendre au près d’elle les droits méconnus du Saint-Siège. — Comment il devra rappeler à cette nation sa vocation glorieuse ; — et corroborer ses enseignements par l’exemple permanent d’une sainteté incontestée : — ne se laissant ni enchaîner par les faveurs du Roi, ni intimider par ses menaces, — poursuivant parallèlement un quadruple but, la défense de l’Église, le bien et la grandeur chrétienne de son pays, la défense des humbles, le salut de l’âme du Roi.
  20. L’affaire du cardinal Jean Balue.
    1. Hélie de Bourdeille, à peine installé sur le siège de Tours, lorsque la trahison de Balue est découverte. — Antécédents de cet homme, l’ingratitude et la perfidie incarnées. — Ses vices. — Sa conduite auprès de Jacques Juvénal des Ursins, évêque de Poitiers, et après sa mort. — Comment il reconnaît les bienfaits de Jean de Beauvau, évêque d’Angers. — Comment il profite de sa fortune, dont le comte de Melun est l’artisan auprès du Roi, contre le comte de Melun lui-même, qu’il accuse et fait condamner à la peine capitale.
    2. À quoi attribuer les incroyables succès de Balue. — La perspicacité de Louis XI en défaut. — Raisons qui déterminaient ce prince dans ses choix. — Il fait de Balue son aumônier, et après la disgrâce de Melun, son trésorier. — Il le comble de bienfaits, d’honneurs et de bénéfices. — Balue, évêque d’Évreux, abbé commendataire du Bec et de Bourgueil. — Curieuse lettre de Louis XI à propos de cette dernière abbaye. — Balue, quelques années plus tard, évêque d’Angers. — Puis, cardinal de Sainte-Suzanne, sur les instances réitérées de Louis XI, — et de son ambassadeur extraordinaire, Adam Fumée, — malgré les vives répugnances de Paul II. — Balue, au comble de la fortune. — Moyens qu’il emploie pour se rendre indispensable. — Sa fourberie, ses richesses subites, son faste et son insolence.
    3. Le crime qui perdit Balue. — En relations suivies avec le duc de Bourgogne, à qui il livre les secrets d’État, — il essaie de faire subir à Louis XI le sort qu’il a réservé à tous ses autres bienfaiteurs. — N’a d’autre vue que d’attiser, à son profit, la haine qui existait entre le Roi et le duc de Bourgogne. — Le guet-apens de Péronne, mis à son compte par plusieurs historiens. — Ne craint pas de déchaîner la guerre, et de sacrifier la France. — Objet spécial de la trahison qui sera sa perte : empêcher que le frère du Roi ne prenne possession du duché de Guyenne, ce qui pourrait affaiblir le parti des ennemis de la France, en amenant une réconciliation entre le Roi et son frère. — Balue veut régner par la ruine de la France, moyennant la division de la famille royale.
    4. Le complice de Jean Balue, Guillaume d’Haraucourt, évêque de Verdun. — Ses antécédents. — Où Louis XI avait recruté ce traître. — Ses lettres, saisies en même temps que celles de Balue.
    5. La découverte des pièces de trahison, racontée par le Papiensis. — Arrestation immédiate des deux félons. — Émotion causée par l’incarcération, inouïe jusqu’à ce jour, de si hauts dignitaires ecclésiastiques. — Balue, prisonnier à Montbazon. — Un premier interrogatoire. — Aveux complets du misérable. — Les faits et leurs motifs.
    6. Intervention d’Hélie de Bourdeille auprès du Roi, pour arracher les coupables à la justice séculière et les réserver à l’autorité judiciaire de l’Église. — Héroïsme de cette démarche, au triple point de vue de l’odieux du crime, — de l’état d’âme du Roi, — de l’indignité des coupables. — Au risque de se perdre, Hélie de Bourdeille marche droit, et sans compter, à l’accomplissement de son pénible devoir.
    7. Résultats de l’intervention d’Hélie de Bourdeille. — Méprise ou mauvaise foi des historiens, à ce sujet. — Le Roi fait bon accueil à l’archevêque. — Sa réponse. — Hélie de Bourdeille a obtenu ce qu’il demandait. — Le devoir, pour lui se bornait là. — Il revient, heureux et satisfait des dispositions du Roi. — Témoignage formel et irrécusable de Bois-Morin.
    8. Louis XI, par des ambassadeurs spéciaux, demande des juges à la Cour de Rome. — Débats auxquels sa demande donne lieu. — Les conditions posées par le Saint-Siège. — Ses juges délégués. — Louis XI n’accepte ni les conditions, ni les juges. — Ses objections. — La Cour de Rome maintient ses décisions. — Deuxième et troisième instances du Roi. — Le Saint-Siège persiste dans son refus. — Louis XI garde ses prisonniers. — Attitude ferme, discrète et réservée d’Hélie de Bourdeille, durant le débat.
    9. Le châtiment des traîtres. — Les biens de Balue, vendus et distribués. — Énumération fastueuse. — Les cages de fer, d’origine italienne, importées en France par Balue et d’Haraucourt. — Usage que Balue en comptait faire, et usage qu’il en fit, le premier. — Balue enfermé dans une de ces cages, en 1471, et d’Haraucourt en 1476. — Interventions fréquentes d’Hélie de Bourdeille auprès du Roi, au sujet de la détention de ces misérables. — Résultat qu’il obtint. — Le Roi, frappé d’une première attaque, lâche enfin sa proie. — La longue vacance, de fait, du siège d’Angers et les questions relatives aux administrateurs provisoires de cette Église, source de graves embarras pour le métropolitain. — L’affaire de Jean Balue n’altère en rien les bons rapports d’Hélie de Bourdeille avec le Roi.
  21. L’affaire de l’évêque de Pamiers
    1. Peu de temps après l’incarcération de Balue, l’évêque de Pamiers est arrêté à Tours, et mené prisonnier à Toulouse, — par commission du Parlement de cette ville. — Auteurs probables de cette mesure. — Bourdeille en est profondément troublé. — De nouveau, il se présente au Roi, et lui fait de graves remontrances. — Louis XI lui répond qu’il ne sait rien de l’affaire et qu’il va s’en enquérir. — Une enquête est commencée par ses ordres. — Avant qu’elle soit achevée, on vient annoncer à Hélie de Bourdeille, que l’évêque a recouvré sa liberté.
  22. L’affaire des familiers du cardinal Balue et de l’évêque de Verdun
    1. Les familiers de Balue et de l’évêque de Verdun sont arrêtés, à la suite de leurs maîtres, — pour être jugés par le grand Conseil. — Hélie revendique énergiquement ses droits à connaître de l’affaire de ces gens d’Église. — Il publie un monitoire avec menace des censures contre les violateurs des Immunités ecclésiastiques. — Les magistrats, pour tourner la difficulté, lui demandent une délégation ; ils allèguent des précédents. — Hélie de Bourdeille refuse, et modèle sa conduite sur celle du Saint-Siège.
    2. Le conflit éclate. — De nouveau, deux conseillers sont députés vers l’archevêque. — Ils insistent, menacent. — Hélie reste inébranlable. — Mécontentement des gens de Cour. — Commandement fait à l’archevêque, sous menace d’amende et de saisie de son temporel. — Inflexibilité du prélat, qui reste sourd aux supplications de ses gens. — Plutôt se démettre que de céder aux empiétements. — Le Roi intervient, et l’affaire n’a pas d’autres suites. — Confusion et mauvaise foi des historiens.
  23. Hélie de Bourdeille domine hautement la situation.
    1. Les attentions du Roi à l’égard du saint archevêque. — Il veut qu’il signe à la Paix d’Ancenis. — Il le charge de recevoir solennellement le légat du Pape.
    2. Cette même année 1470, un miracle du saint archevêque signale la naissance du Dauphin Charles. — Un second fils naît au Roi, en 1472. — Grande joie de Louis XI qui donne Hélie de Bourdeille pour parrain au petit prince, — en considération de la grande dévotion dudit archevêque. — L’enfant royal reçoit le nom de François, et le titre de duc de Berry. — Il meurt l’année suivante. — Grand deuil du Roi. — Le jeune prince a sa sépulture en l’église des Frères Mineurs d’Amboise.
  24. Les suites de la révocation de la Pragmatique Sanction. — Le Concordat de 1472.
    1. Mauvaises conditions dans lesquelles s’était effectuée la révocation de la Pragmatique. — Le principal négociateur de l’affaire, plus intéressé que convaincu. — Le Roi plus convaincu que sincère. — Le triste messager du Roi auprès du Parlement. — Opposition rageuse de l’Université. — Le Parlement refuse d’enregistrer l’édit d’abrogation, — aux applaudissements du clergé et du peuple. — Le Roi, contre ses habitudes, adopte, vis-à vis de l’opposition, une attitude équivoque. — Les palinodies de Jouffroy, de Thomas Basin, etc. — Les trente deniers de Jouffroy, et la Passion de la Pragmatique. — Défaillance universelle de l’épiscopat français. — Courant populaire, d’une force redoutable. — Hélie de Bourdeille lutte seul contre ce courant, — et empêche, du moins, que le Roi ne rapporte officiellement l’édit d’abrogation. — Résistance héroïque du saint archevêque, jusqu’à son dernier jour.
    2. Dès son avènement, le pape Sixte IV essaie de mettre fin à la situation équivoque de l’Église de France. — Ambassade de Thibaut de Luxembourg à Rome, en réponse à la notification d’avènement faite au Roi par le légat Bessarion, que le monarque a mal reçu. — Les neuf demandes de Louis XI. — Réponse du Pape, en audience solennelle. — Deux mois plus tard, Sixte IV donne une Constitution, dite Concordat, contenant un bon nombre de concessions destinées à compenser le retrait des dispositions de la Pragmatique. — Cette Constitution, insérée au Corps du Droit, est a dressée à Hélie, archevêque de Tours. — Ce qui indique que ce prélat a eu une part plus efficace, bien qu’officieuse, dans l’affaire, que les ambassadeurs officiels du Roi. — Indication confirmée par l’ensemble des faits. — Louis XI, peu empressé à promulguer ce Concordat. — Ratification insuffisante. — Plaintes du Pape. — Louis XI homologue enfin la Constitution pontificale, — qui n’en reste pas moins lettre morte pour le Parlement, le clergé, le peuple et le Roi lui-même.
  25. L’affaire de la Bulle In Cœna Domini.
    1. Origines mal connues de la Bulle In Cœna Domini. — Le Saint-Siège rappelle aux évêques de France l’obligation de la publier chaque année. — Opportunité de ce rappel. — Hélie de Bourdeille semble avoir seul, en France, cru devoir obtempérer à l’ordre du Saint-Siège. — Grande colère du Parlement et des gens de Cour. — Commandement d’avoir à révoquer son acte est signifié à l’archevêque, sous peine de saisie de son temporel, et autres menaces. — Hélie de Bourdeille ne révoque rien. — Saisie effective. — Citation à comparaître, en personne, devant le Parlement de Paris. — Hélie de Bourdeille va trouver le Roi aux Augustins de Tours, et lui fait part des choses. — Bon accueil du Roi, qui arrête l’affaire. — Pouvoir extraordinaire et surnaturel, que le saint archevêque exerce sur le prince. — Les historiens dénaturent encore ou confondent les faits.
  26. Le procès de l’abbé de Saint-Jean-d’Angély.
    1. Louis XI et son frère se réconcilient. — Entrevue émouvante. — Grandes réjouissances au pays de France. — Part de la reine Charlotte et d’Hélie de Bourdeille, son intime conseiller, dans l’heureux événement. — Charles, pourvu du duché de Guyenne, à la grande colère des ducs de Bourgogne et de Bretagne. — Embarras causés au Roi par la légèreté et la faiblesse de son frère. — Le Roi menacé et en péril se tourne sincèrement vers le Ciel. — Établissement solennel de l’Angelus dans le royaume. — Jean Brette prêche cette dévotion à Notre-Dame de Paris. — Action visible de Bourdeille dans cette décision du Roi.
    2. Deux partis à la Cour de Guyenne : celui de la dame de Montsoreau, et celui de Lescun. — Mort violente de la favorite : la pêche empoisonnée. — Vers le même temps, maladie plus lente du duc de Guyenne. — Louis XI aux aguets sur l’état du malade. — Il ne connaît pourtant sa mort que cinq ou six jours après l’événement. — Touchantes et chrétiennes dispositions du duc mourant. — Son testament prouve qu’il n’eut aucun soupçon contre son frère, dans la circonstance. — Cette mort fut-elle causée par un crime, et quel fut le criminel ? — Obscurités non encore éclaircies.
    3. Parmi les nombreux crimes de famille qui assombrissent cette époque, certains écrivains n’ont d’indignation que pour le prétendu fratricide de Louis XI. — Or, les faits contredisent cette accusation monstrueuse. — Après la mort de la favorite et avant celle du duc, Lescun fait arrêter l’abbé de Saint-Jean-d’Angély et Henri de la Roche. — Leur procès, commencé à Bordeaux. — Puis, il les conduit à Nantes, pour être jugés et condamnés par le duc de Bretagne. — Celui-ci, fort empressé, en apparence, de juger ces gens, fait remonter, par insinuation, l’odieux du crime jusqu’au Roi. — Le duc de Bourgogne intervient. — Atroce exécution de Nesle. — Le duc lance un manifeste, avec accusations formelles contre le Roi.
    4. Intervention du Roi, après dix-huit mois de silence. — Il nomme cinq commissaires, pour faire le procès des accusés, conjointement avec les juges de Bretagne, — qu’il accepte, quoique les accusés soient exclusivement ses justiciables. — Il choisit, dit-il, les hommes les plus honorables et les plus autorisés de son royaume, et met à la tête de la députation Hélie de Bourdeille, dont tout le monde connaît la sainteté. — Aucune pression sur les commissaires délégués. — Le choix d’Hélie de Bourdeille est, à lui seul, une preuve de l’innocence et de la bonne foi de Louis XI. — Épilogue : Au moment où le procès va commencer, Jourdain Faure est trouvé étranglé ou pendu dans sa cellule, et Henri de la Roche disparaît de même. — Au pouvoir de qui étaient alors ces malheureux ? Et qui pouvait ainsi les faire disparaître, sinon ceux qui avaient intérêt à ce que le procès n’eût pas lieu ? — Il est facile de supposer quelle fut l’attitude d’Hélie de Bourdeille auprès du Roi, dans ces cruelles conjonctures.
  27. Luttes quotidiennes d’Hélie de Bourdeille pour la défense des droits de l’Église.
    1. Empiétements continuels de la justice séculière. — Bourdeille lutte contre elle sans crainte d’aucune sorte. — Violation du droit d’asile, à Saint-Pierre du Boille. — Le lieutenant du Prévôt excommunié, et le prisonnier restitué. — Hélie arrache quantité de clercs ou de religieux aux prisons du Roi. — On ne peut résister à ses réquisitions. — Le pendu, supposé personne ecclésiastique.
  28. Les écrits d’Hélie de Bourdeille pour la défense des prérogatives du Saint-Siège. — Le Defensorium Concordatorum.
    1. Les écrits d’Hélie de Bourdeille pour la défense des droits du Saint-Siège, furent nombreux. — Dirigés contre les erreurs du jour, Pragmatique, conciliabule de Bâle. — Courts et précis. — Vantés par plusieurs auteurs de renom. — Ils valent à Hélie de Bourdeille la reconnaissance du Saint-Siège, particulièrement du pape Sixte IV. — Le manuscrit de la métropole de Bordeaux.
    2. Le Defensorium Concordatorum, titre donné après coup. — Libellus Pragmaticam confutans, titre probable de l’ouvrage. — Sa date approximative. — Ce livre, acte de courage apostolique, de modération et d’habileté. — Traité complet de la primauté pontificale, sauf la thèse de l’infaillibilité doctrinale, qui n’était pas encore discutée. — Hélie de Bourdeille avait fort peu de modèles. — Ses sources principales. — Sa logique irréfutable. — Encore la vocation et la mission de la France. — Les conclusions qu’il en tire pour son sujet.
    3. Analyse du Defensorium. — Cinq raisons justifient l’abrogation de la Pragmatique. — 1° La quadruple prééminence du Pontife Romain. — 2° Le péril de la désobéissance au Saint-Siège. — 3° Les exemples salutaires, donnés par les prédécesseurs du Roi. — 4° Les bénédictions et privilèges dont le Saint-Siège a comblé la France et sa maison royale. — 5° Les excès qui sont la conséquence de la Pragmatique, et son défaut radical d’autorité. — Conclusion : le Roi a justement et utilement abrogé la Pragmatique.
    4. Destinées du Defensorium Concordatorum. — Admirateurs et détracteurs en prouvent l’importance, et en font la fortune. — Philippe Probus et Guillaume de Montserrat. — Le Defensorium édité à Rome, en 1486, est le premier ouvrage reproduit, qui appartienne à la Touraine. — Les éditions de 1518 et de 1520. — Le Defensorium Concordatorum reproduit, pour des motifs divers, à la suite du Concordat de François Ier, et dans la grande édition de la Pragmatique.
    5. Une polémique moderne à propos du Defensorium Concordatorum, et de l’opinion d’Hélie de Bourdeille sur l’authenticité de la Pragmatique attribuée à saint Louis. — La vérité à ce sujet. — Hélie de Bourdeille n’affirme rien sur le fait, et dit seulement que ce fait, fût-il vrai, ne prouverait rien en faveur de la Pragmatique de Bourges. — Ce fait ne l’embarrasse en aucune façon. — M. Paul Viollet qui interprète plus exactement que ses contradicteurs le texte de Bourdeille, montre toutefois qu’il ne connaît pas du tout ce saint personnage. — Il reproche, sans raison, à M. Gérin, les termes admiratifs que celui-ci emploie pour qualifier le saint archevêque. — L’éloge d’Hélie de Bourdeille par le cardinal de Bonnechose, au Sénat impérial, session de 1865.
  29. La guerre entre Louis XI et Maximilien d’Autriche. — Hélie de Bourdeille négociateur pontifical.
    1. Après la mort de Charles le Téméraire, Louis XI s’applique, suivant son droit et même son devoir, à réduire cette maison vassale qui avait failli ruiner la France, — et, selon le mot du feu duc, amener son démembrement. — Mais les moyens qu’il emploie, dans sa juste cause, lui aliènent tout le monde. — Il envahit des terres d’Empire ; — se conduit assez mal vis-à-vis de Marie de Bourgogne, qui épouse, malgré lui, Maximilien d’Autriche ; — se met à dos les Flamands ; — rend à l’empereur et à son fils, impopulaires jusque là, les sympathies des Allemands. — La guerre s’ensuit entre Louis XI et Maximilien. — Comme elle se prolonge, Sixte IV intervient entre les deux princes. — Hélie de Bourdeille, chargé du message du Pape, auprès du roi de France et de son gouvernement.
    2. Dispositions d’esprit du Roi, en ces années. — Il est plus défiant que jamais. — Châtiment de Saint-Pol et de Nemours. — Les révélations, imprudemment exigées de ce dernier, assombrissent encore l’esprit du monarque, déjà terrifié par les assassinats politiques dont cette période est remplie. — D’un autre côté, ses affaires semblent redevenir mauvaises. — L’Anglais, soutenu par la Bretagne et la Bourgogne, menace toujours. — L’œuvre de tout son règne peut être anéantie, au moment où elle est presque achevée. — D’autre part, le pape Sixte IV, contraire aux Médicis, n’a pas la pleine confiance de Louis XI. — Toutes circonstances peu favorables au complet succès de la mission d’Hélie de Bourdeille.
    3. On sait, par le compte rendu qu’il en adressa au Pape, la manière dont Hélie de Bourdeille exécuta son mandat, l’accueil et les réponses qu’il obtint. — L’archevêque reçoit les lettres pontificales vers le 2 février. — Dés le 3, il comparaît devant le Roi et son grand Conseil. — Le Roi l’accueille avec bienveillance. — Bourdeille expose l’objet de sa mission, et présente les lettres du Pape. — Il se retire, tandis que le Conseil délibère. — Réintroduit, le Roi répond d’une manière générale, laissant à son Conseil le soin de répondre sur les détails, un peu plus tard. — Le lendemain, le Roi part en pèlerinage. — En son absence, le grand Conseil donne à Hélie les réponses annoncées. — Puis, nouvelle audience royale. — Hélie réitère les considérations qu’il a déjà exposées. — Il lui est répondu définitivement. — Le Roi n’est pas opposé à la paix, mais il pose ses conditions ; s’étonne qu’on lui propose l’envoi d’un légat spécial, alors qu’il a inutilement demandé cet envoi, au début de l’affaire, mais ne s’oppose pas à son arrivée. — Bourdeille expose les sentiments paternels du Pape à l’égard du Roi. — Le Roi n’en doute pas, mais croit moins à ceux de l’entourage du Pape. — Que la partie adverse et vassale accepte, pour ses possessions de France, l’autorité du Parlement, et que pour les autres terres, elle garantisse la sécurité de la France, et la guerre cessera. — Bourdeille ajoute que le Roi a reçu dévotement les exhortations du Pape, conformes d’ailleurs à ses propres inclinations pour la paix, et qu’il est déjà reparti pour Arras. — On sent, à la rédaction de Bourdeille, que tout en favorisant de toutes ses forces le succès des desseins du Pape, il regarde comme justes, au fond, sinon dans tous leurs détails, les prétentions du Roi. — Son patriotisme lui rappelle tout le mal que la maison de Bourgogne a fait à la France. — Il désire la paix, mais aussi que la France ne coure plus de pareils périls.
    4. Avant d’expédier sa réponse au Pape, Hélie de Bourdeille, par déférence et aussi par prudence, la communique au Roi. — Celui-ci se tenant à Arras, il lui dépêche le chanoine Guillaume Chalumel. — Le Roi, en conseil, lit et approuve la réponse de l’archevêque. — Résultats de la négociation.
  30. Hélie de Bourdeille s’entremet généreusement dans les querelles de quantité d’évêques avec Louis XI. — L’avocat de tous les disgraciés.
    1. La plupart des évêques, fils ou créatures des grandes familles féodales, épousent leurs querelles politiques. — La Pragmatique, d’autre part, en sapant l’autorité du Pape, sapait le principe de toute autorité, celle du Roi, la première. — De là, les nombreux démêlés de Louis XI avec les évêques de son royaume, et les procédés violents, les répressions illégales qui en étaient la conséquence. — Hélie de Bourdeille ne cesse de rappeler ces illégalités à la conscience du Roi. — Nombre de ces évêques le prient d’intervenir en leur faveur. — L’affaire de l’archevêque d’Embrun. — À mesure que le temps complique les choses, Bourdeille redouble de zèle. — Les insuccès ne le découragent pas. — Il saisit toutes les occasions ou les fait naître. — Le Roi, sans l’éconduire formellement, se délivre de ses saintes importunités en lui de mandant de mettre par écrit ses requêtes.
    2. Hélie de Bourdeille prend le Roi au mot, et lui écrit longuement et avec une vigueur apostolique. — Il lui rappelle les principes immuables de l’Église sur la compétence des deux juridictions ; — lui représente aussi les censures qu’il encourt par sa conduite. — Le zèle d’Hélie de Bourdeille ne se borne pas à la défense des évêques et prélats : il s’étend à tous les disgraciés, particulièrement, à ceux qui se sont recommandés à sa charité. — Il prend aussi occasion de ces écrits qui lui sont demandés par le Roi, pour lui rappeler de nouveau les doléances du pauvre peuple, de plus en plus chargé, grevé. — Et il le fait en termes si forts, que, de l’opinion de tous, personne, pas même un prince du sang, n’eût osé écrire au Roi d’une manière aussi pressante et énergique.
  31. Hommes, et choses, contre-temps de toute nature, multiplient les obstacles autour de la mission du saint archevêque.
    1. Les obstacles croissent autour d’Hélie de Bourdeille. — Le gallicanisme parlementaire à son apogée. — Le gallicanisme théologique en plein développement. — Autorité injustifiée, mais immense, des décisions de l’Université de Paris. — Popularité croissante de la Pragmatique, malgré les désordres qu’elle engendre. — L’ambassade du cardinal Jouffroy à Rome, pour les affaires de Sicile. — Il excite le mépris du Sacré-Collège. — Son attitude, comme celle de plusieurs évêques de France, devient un scandale pour le Roi, à qui elle fournit des prétextes dans sa résistance à l’autorité pontificale et aux salutaires directions de l’archevêque de Tours.
    2. Sixte IV, pape franciscain. — Ses éminentes qualités. — Remarquable communauté d’idées entre ce pape et Hélie de Bourdeille. — On en retrouve les traces jusque dans le détail des actes administratifs de l’archevêque de Tours. — Liens étroits. — Côtés fâcheux de ce pontificat. — Népotisme. — Troubles et factions. — Compétitions des princes. — De là, pour Hélie de Bourdeille, difficultés plus grandes, et peine plus sensible.
    3. Avènement des papes politiques. — Ses causes. — Évolution d’abord mal comprise. — Louis XI, en particulier, l’accepte difficilement. — Les longues légations de Julien de La Rovère, occasion de graves dissentiments. — Louis XI revient de plus en plus aux errements de la Pragmatique, — qu’il n’ose pourtant rétablir légalement.
    4. L’affaire des Médicis et la conjuration des Pazzi. — Point culminant des débats de Louis XI avec Sixte IV. — Cette affaire, non éclaircie, pèse encore sur la mémoire de Sixte IV, quoiqu’il faille se défier des récits des Florentins, et même de ceux des autres contemporains. — Indignité de la conduite antérieure de Laurent de Médicis, à l’égard du Pape, son bienfaiteur. — Louis XI intervient en faveur des Médicis et des Florentins, — non par les armes, mais par des incursions sur le terrain canonique.
    5. L’assemblée du clergé de France, convoquée à Orléans pour étudier les moyens de rétablir la Pragmatique. — Les Universités de Paris et de Montpellier y envoient leurs grands clercs. — Résultats négatifs, probablement voulus du Roi. — Hélie de Bourdeille ne paraît pas avoir assisté à cette assemblée. — Guy Vigier, abbé de Marmoutier, qui y assistait, ne dut pas y avoir le rôle qu’on lui prête vaguement.
    6. Autres procédés d’intimidation. — Ambassade comminatoire, envoyée au Pape. — Réponse habile et digne du Pape. — Manœuvres en vue d’un prochain Concile œcuménique. — Les Milanais, les Florentins et les Vénitiens agissent de concert avec Louis XI. — Le Pape, inquiet, recourt aux bons offices de l’empereur Frédéric. — Celui-ci par vient à arranger l’affaire des Médicis, obtient quelques satisfactions de Laurent et des Florentins. — Le Pape lève les censures. — Action conciliante des ambassadeurs de tous pays, ceux de France compris. — Il n’y aura pas de Concile, et la Pragmatique ne sera pas rétablie légalement. — Louis XI s’en tient encore à une simple démonstration. — Mais cette affaire a réveillé en France tous les vieux préjugés, et rendu à la Pragmatique quarante ans de vigueur effective. — Que pouvait Hélie de Bourdeille contre une pareille poussée des événements ?
  32. Triomphes inouïs de la politique de Louis XI. — La Providence achève, par les événements, l’œuvre nationale dont elle l’a fait l’instrument. — Les débuts de la maladie du Roi. — Preuves et indices divers de l’action d’Hélie de Bourdeille auprès du Roi, durant cette période.
    1. Depuis la mort de Charles le Téméraire, tout réussit à Louis XI, même ses fautes politiques. — Regain d’ardeur juvénile, témérité. — La mort l’épargne et travaille pour lui. — Le roi René, Marie de Bourgogne disparaissent. — Provinces acquises ou recouvrées. — Traité de Picquigny. — Traité d’Arras. — L’unité nationale enfin réalisée. — L’œuvre de Jeanne d’Arc achevée. — Consécration des idées d’Hélie de Bourdeille sur la mission de la France et de son roi.
    2. Par quels actes se révèle, en ce temps, l’action d’Hélie de Bourdeille sur le Roi. — La grille d’argent offerte au tombeau de saint Martin, effet spontané de la joie et de la piété du Roi. — Les reliques de saint Gatien rapportées d’Arras. — La reconstruction du couvent des Frères Mineurs à Toulouse. — Hélie de Bourdeille, nommé par Sixte IV, protecteur de l’Ordre pour la France. — Reprise de la cause de canonisation de Pierre Berland. — Nombreuses libéralités du Roi en faveur des œuvres pies de la France à Rome. — Restauration de la chapelle de sainte Pétronille, à Saint-Pierre. — Grosse contribution pour la guerre contre les Turcs. — Amélioration des rapports entre Louis XI et le légat Julien de La Rovère. — Péripéties de cette longue légation. — Libération de Balue. — Le légat le ramène avec lui à Rome, en 1482. — Part d’Hélie de Bourdeille dans ces événements.
    3. Maladie du roi Louis XI. — Première attaque. — Le Roi, pour obtenir la grâce de vivre, multiplie ses dévotions, se recommande aux Saints du ciel et de la terre, affecte une confiance exceptionnelle dans les ermites. — Le saint ermite de la Calabre. — La première démarche du Roi pour l’attirer auprès de lui, reste infructueuse. — Il s’adresse au Pape, par ambassadeur spécial. — Derrière la démarche officielle apparaît la démarche officieuse, et d’ailleurs nécessaire, de l’Ordinaire du lieu. — Voyage triomphal de François de Paule, à travers l’Italie et la France. — Son arrivée au Plessis. — Il faut, sans nul doute, chercher dans ses entretiens avec Sixte IV, la première origine de son étroite amitié avec Hélie de Bourdeille.
  33. Le grand conflit entre Hélie de Bourdeille et le Roi.
    1. Hélie de Bourdeille n’eut jamais qu’un seul conflit véritable avec Louis XI, celui de l’été de 1482. — Pas de fait plus dénaturé que ce lui-ci par les historiens, — à la suite de Commines. — Duclos, Garnier, les frères Michaud ou Lespine, Barante et le père de Longueval lui-même.
    2. Les faits rétablis à l’aide des documents. — La seconde attaque sérieuse du mal de Louis XI. — Il fait appeler Bourdeille, pour se recommander à ses prières. — Celui-ci saisit l’occasion de rappeler au Roi l’urgence qu’il y a pour lui de régler ses affaires de conscience. — Le Roi accueille bien l’avis. — Il fait ensuite demander à Bourdeille un Mémoire sur les griefs de certains évêques, dont le saint archevêque l’a entretenu de vive voix. — Le Roi témoigne, par cette demande, de ses bonnes dispositions. — Il ne paraît pas que Bourdeille, dans son entretien, ait rappelé au Roi les doléances du peuple.
    3. Le Mémoire d’Hélie de Bourdeille et ses premiers résultats. — Bourdeille a écrit au Roi sur sa demande. — Précautions et réserves expresses dans son énoncé des faits. — Nouvelles réserves et excuses, à la fin de cet énoncé, véritable examen de conscience, tout préparé pour le prince malade. — Le Roi reçoit ce Mémoire avec bienveillance et satisfaction. — Il remercie par écrit le courageux archevêque, et de plus, commande à son chancelier de procéder aux réparations demandées. — Le chancelier et le grand Conseil se mettent en devoir d’obéir.
    4. Ce premier bon mouvement ne dure pas. — Avec la convalescence, le Roi se ressaisit, et répond au Mémoire de Bourdeille par un Contre-Mémoire, — laisse de côté les affaires à peu près arrangées, — omet celles du légat et de l’abbé du Pin, — discute pied à pied toutes les autres, — ainsi que celle de l’archevêque d’Auch, non mentionnée dans l’édition du Mémoire de Bourdeille. — Discussion alerte, pittoresque, mêlée de bonnes et de mauvaises raisons. — Louis XI se place toujours au point de vue personnel, ou de la raison d’État. — Il donne une idée vraie des conditions politiques de l’épiscopat de France à cette époque, par suite des liens de famille de la plupart de ses membres, — et une assez triste idée de cet épiscopat recruté sous le régime de la Pragmatique. — Le Roi, cependant, n’a pas, dans sa réponse, un mot de blâme ou de mécontentement marqué pour Hélie de Bourdeille.
    5. Louis XI, un peu remis, s’éloigne de Tours, et reprend ses pèlerinages. — Il se tient dans l’Orléanais, — où des maîtres en théologie de Paris l’indisposent contre l’archevêque de Tours. — Le fameux Martin Magistri, ou Lemaître, de Tours. — Leur argumentation fallacieuse. — Ils relèvent dix-neuf erreurs dans les Articles de l’archevêque. — Le Roi se laisse convaincre. — Mais il veut que ces maîtres discutent eux-mêmes avec Monsieur de Tours. — Leur députation annoncée à Hélie de Bourdeille, suivant ordre du Roi, par François Halle, archevêque de Narbonne.
    6. La députation des maîtres en théologie arrive à Tours. — Elle est reçue par Hélie de Bourdeille, entouré de plusieurs de ses prêtres. — Assemblée nombreuse et longue séance. — Que s’y passa-t-il ? — Ce qui est certain, c’est que les députés s’en allèrent mal contents. — Colère du Roi, attisée par ces gens. — Il ne se fiera plus à cet archevêque. — Il change de confesseur, et le remplace par le fameux Martin Magistri.
    7. Les effets de la colère de Louis XI. — Atténuations mensongères des historiens. — La lettre violente du Roi au chancelier de France. — Qu’on fasse justice incontinent de celuy qui a tort. — Traces évidentes du trouble qui agite le Roi, malgré lui. — Les lettres conformes du grand Sénéchal, et de Tristan l’Hermite de Soliers.
    8. À côté des violents, les modérés. — François Halle, archevêque de Narbonne. — Sa première lettre, au chancelier Doriolle. — Sa seconde lettre, écrite, dit-il, à l’insu du Roi. — Donne à l’archevêque de Tours des conseils peu énergiques. — Préconise la capitulation. — Cette lettre, d’ailleurs inutile, arrive trop tard. — Bourdeille montre qu’il y a pour un évêque, d’autres moyens de faire la paix avec les rois.
    9. Manifeste intervention de la Providence. — Le courrier royal contenant les lettres violentes du Roi et celles de ses grands officiers, expédié de Meung le 24 ou 25 août, n’arrive à Tours que le 11 septembre. — Le chancelier n’est renseigné que par la première lettre de François Halle. — Décès nombreux dans l’entourage du Roi, à Cléry ; et en particulier, mort subite de Martin Magistri, le principal auteur du conflit. — Avertissement sévère qui n’échappa point à Louis XI.
    10. Comment le chancelier Doriolle s’acquitta de sa mission. — Son entrevue avec Hélie de Bourdeille, le 5 septembre. — Le même jour, il en rend compte au Roi. — À quoi s’est borné l’entretien. — La réponse que lui fit Hélie de Bourdeille. — L’archevêque, dans quelques jours, écrira lui-même au Roi. — Doriolle demande ensuite des instructions complémentaires, relativement à l’exécution du mandement qu’il a reçu, pour ajourner les prélats qui se sont plaints à M. de Tours. — Lettre calme, digne, honnête, respectueuse pour le saint archevêque.
    11. Réponse d’Hélie de Bourdeille aux menaces et invectives du Roi. — Il répond en même temps à la lettre de M. de Narbonne et aux remontrances du chancelier. — Ramenant le tout à cinq points qu’il aborde l’un après l’autre, — il rappelle la noble attitude de sa famille, par tous les temps, vis-à-vis de la Couronne ; — déclare qu’il sera toujours tel, non par contrainte, mais par affection et devoir ; — rappelle ce qu’il a écrit sur la maison de France ; — ce qu’il a toujours pensé (et dit) de la protection que Dieu a accordée au Roi, et des luttes du Roi pour la France ; — répète, à maintes reprises, qu’il s’étonne grandement qu’on lui pose de pareilles questions ; — déclare, en fin, que si quelques-uns ont voulu le charger sur le point en question, ils ont agi contre Dieu et la vérité, et que le Roi le trouvera ainsy, quand il voudra en estre bien informé. — En somme, cette réponse est, d’un bout à l’autre, une protestation respectueuse, mais noble et ferme, rien autre chose. — Pas un mot d’excuse, et toutes les imputations repoussées avec une calme énergie.
    12. Que penser de la perspicacité ou de la bonne foi des historiens cités plus haut ? — En quoi se résume, d’après les textes, l’attitude d’Hélie de Bourdeille devant les maîtres en théologie ? — Son attitude devant le Roi, si redouté de tous ? — Où sont ses regrets ? — Ses excuses ? — Où est son humble sou mission ? Son repentir ? — Mais les gallicans avaient besoin de ces contre-vérités, réfutées par les documents publiés dans leurs propres collections.
    13. Triomphe complet d’Hélie de Bourdeille. — Le Roi agrée sa réponse si ferme. — Il comprend que ses deux grands moyens, la crainte et l’intérêt, lui échappent devant cet évêque. — De l’aveu des historiens, la plupart des griefs qu’il a signalés au Roi, sont examinés et réglés. — Lui-même reprend au près du Roi sa place et son influence, au grand étonnement de tous, et quoi que prétendent les historiens.
  34. La dernière année de Louis XI.
    1. La solution de ce grand conflit, point extrême de la vie politique de Louis XI. — Quelques jours après, scène incomparable de l’investiture royale du Dauphin, à Amboise. — Le Roi rentre au Plessis, qu’il ne quittera plus. — Traité d’Arras, décembre 1482. — Ses effets. — Le serviteur de Dieu achève sa mission auprès du Roi. — Pouvoirs qui lui sont délégués par le Saint-Siège. — Son action, manifeste, dans les œuvres pies du Roi. — Le Chapitre du Plessis. — La dotation faite à Saint-Jean de Latran, sur les péages du Périgord. — Hélie de Bourdeille, puissamment secondé par saint François de Paule. — On les voit ensemble dans la chambre inaccessible du Roi.
    2. Une sainte amitié unit étroitement Hélie de Bourdeille et saint François de Paule. — Témoignages formels des premiers historiens de l’Ordre des Minimes, et de ceux qui les suivirent. — Un certain nombre de lettres de François de Paule à Hélie de Bourdeille. — Les raisons de cette étroite amitié, d’après Doni d’Attichy.
    3. Dernier voyage d’Hélie de Bourdeille à Rome. — Sa date approximative, donnée par Bois-Morin. — Divers motifs qui purent déterminer à ce pénible pèlerinage l’archevêque septuagénaire. — Le motif principal. — Balue ramené à Rome par le cardinal Julien de La Rovère. — Règlement définitif de la situation de l’évêque d’Haraucourt, avec le concours actif d’Hélie de Bourdeille. — La peste bubonique, à Rome et dans la Haute Italie. — Admirables exemples de la charité du saint archevêque, à son retour de Rome. — Le chemin qu’il choisit de préférence. — Le pestiféré de la Palha.
  35. La restitution de la vicomté de Thouars aux La Trémouille.
    1. Ce fait, par sa date, printemps de 1488, prouve, à lui seul, la complète victoire d’Hélie de Bourdeille dans son grand conflit avec le Roi. — Le Panégyric du chevalier sans reproche, par Jehan Bouchet. — Cet auteur, d’accord avec Bois-Morin, jusque dans les termes par lesquels il loue le courage et la sainteté d’Hélie de Bourdeille. — Les trois frères La Trémouille s’adressent à l’archevêque de Tours, seul capable de s’entremettre, pour eux, auprès de Louis XI. — Il les accueille, — prédispose favorablement le Roi, — lui amène les jeunes gentilshommes, — insiste une autre fois. — Le Roi rappelle l’aîné des La Trémouille, — et accorde la restitution de la vicomté de Thouars. — Mais le règlement définitif n’a lieu qu’après sa mort. — Silence de la plupart des historiens sur l’admirable rôle d’Hélie de Bourdeille dans l’affaire. — Exception. — Jean de Troyes dit que cette affaire ne fut pas la seule dont Bourdeille obtint le règlement, dans l’extrémité de la maladie du Roi. — On doit partager entre saint François de Paule et lui le mérite de la mort vraiment chrétienne de Louis XI, — mais avec cette distinction essentielle, que le labeur principal échut nécessairement à celui des deux serviteurs de Dieu, qui dut, avec grâce d’état, exercer dans la circonstance les pouvoirs d’ordre et de juridiction.
  36. XXXVI. Hélie de Bourdeille et la famille royale.
    1. Louis XI n’eut jamais de foyer. — Sa femme, ses enfants, relégués à Amboise, ou dispersés en Dauphiné, en Berry. — Cet homme, qui ne fut que roi, réglait ses affections sur les besoins ou les aspirations de sa politique. — Il laissa ainsi à Hélie de Bourdeille un grand devoir à accomplir envers ces grands du monde, plus à plaindre que les déshérités des biens de la fortune. — On pourrait affirmer, même sans preuves directes, qu’il n’y manqua pas. — Mais les indices de son action paternelle au près des membres de la famille royale, quoique peu nombreux, sont suffisants pour qu’on en puisse suivre la trace, surtout à l’égard de la reine, et de Jeanne de France, la future bienheureuse Jeanne de Valois. — Pour ce qui concerne ces deux personnages, les preuves historiques se joignent aux preuves morales
    2. La reine Charlotte, confinée et presque oubliée de son époux, se réfugie dans la prière, la lecture, les œuvres de bienfaisance, s’adonne au gouvernement minutieux de sa maison. — Sa confiance et presque toutes ses largesses vont à l’Ordre Séraphique. — Elle bâtit, à Paris, le couvent des Clarisses de l’Ave Maria. — Or, Bois-Morin dit quel intérêt Hélie de Bourdeille portait aux pauvres Clarisses. — La Reine, un an avant sa mort, reconstruit le couvent des Frères Mineurs, à Amboise. — Ce couvent lui est cher, surtout pour les souvenirs qu’il lui rappelle, — souvenirs aux quels le saint archevêque se trouve mêlé. — Le miracle de la délivrance de la Reine. — La sépulture du petit duc de Berry, filleul de Bourdeille. — Bourdeille est nommé par la Reine, au nombre de ses exécuteurs testamentaires. — Tous faits qui prouvent l’action du saint archevêque sur Charlotte de Savoie, et par elle, sur ses enfants.
    3. Mêmes indices à l’égard de la princesse Jeanne, du moins, pour le temps qu’elle passa, à diverses reprises, soit à Amboise, soit à Tours. — L’action de Bourdeille se révèle, notamment, dans le choix des pères Franciscains, pour confesseurs de la jeune enfant ; — dans les préoccupations et l’approbation de Louis XI à ce sujet ; — dans l’idée, assez étrange chez Louis XI, de pousser cette enfant à la haute piété. — La légende des Plaies du Fils, pour trouver la Mère. — La fable des violences matérielles de Louis XI à l’égard de cette enfant. — Jeanne reléguée à Amboise, durant les scandales publics du duc d’Orléans, son époux. — Comment elle sanctifie ce temps, et l’induction qu’on en tire. — L’Ordre de l’Annonciade, d’abord recruté à Tours. — Cet Ordre, comme toutes les œuvres franciscaines, inspirées à Louis XI et à la Reine, tend au culte spécial de l’Ave Maria. — Inspiration commune, qui laisse supposer un inspirateur unique. — Hélie de Bourdeille a été, de près ou de loin, mêlé à tous les événements considérables de cette famille.
    4. Un seul fait, auquel on ne le trouve mêlé en aucune façon, le déplorable mariage du duc d’Orléans. — Le saint archevêque ne pouvait participer à une mauvaise action. — Il ne semble pas, d’ailleurs, que Louis XI ait osé l’en solliciter.
  37. Les commencements du nouveau règne.
    1. Hélie de Bourdeille fait partie du conseil de Régence. — Il apporte à la Régente le concours le plus dévoué, dans la lutte contre le duc d’Orléans et les seigneurs qui relèvent la tête. — Mais il ne peut lutter avec le même avantage qu’au temps de Louis XI, alors que le gouvernement n’avait qu’une tête, contre le courant de plus en plus favorable à la Pragmatique. — Déjà le procureur Saint-Romain est remonté sur son siège. — Ce début de règne causera à Hélie de Bourdeille sa dernière douleur.
  38. Hélie de Bourdeille élevé à la dignité cardinalice.
    1. Hélie de Bourdeille est créé cardinal, 15 novembre 1483. — Création due à l’initiative du Saint-Siège, uniquement, en dehors de toutes les raisons de situation, de nécessité politique ou d’usage, qui influent souvent sur ses choix.
    2. Mensonges des auteurs gallicans, à propos de cette promotion. — Leur visible dépit. — Le bénédictin Housseau se distingue entre tous.
    3. La vérité, reconnue, démontrée, place cette promotion au rang des promotions les mieux justifiées, au double point de vue des conditions dans lesquelles elle s’effectua, et des dispositions dans lesquelles le serviteur de Dieu l’accepta. — Unanimité des historiens du Sacré-Collège sur cette question.
    4. La septième création cardinalice de Sixte IV. — Elle est marquée, à Rome, par des scènes turbulentes et scandaleuses, injurieuses pour le Pape. — Les cardinaux Savelli et Colonna, libérés de leur captivité au château Saint-Ange, sont promenés en triomphe. — Singulier contraste avec le religieux silence qui accueille, à Tours, la promotion du saint archevêque. — Celui-ci se fait dispenser du voyage à Rome. — Le Pape lui envoie le chapeau cardinalice, et lui assigne, quoique absent, son titre presbytéral. — Hélie de Bourdeille reçoit avec révérence les insignes de sa dignité, mais ne les revêt presque jamais.
    5. Le titre de Sainte-Lucie in Silice. Étymologie de ce nom. — Antiquité de la vénérable église Sainte-Lucie . — Archéologie du monument. — Sa restauration par Maderne ; son état actuel. — Par qui elle fut successivement possédée et desservie. — Tantôt titre presbytéral et tantôt diaconie. — Sixte-Quint transfère ce titre à l’église des saints Vit et Modeste. — Le prédécesseur immédiat d’Hélie de Bourdeille au titre de Sainte-Lucie.
    6. Hélie de Bourdeille est, par la date, comme par la sainteté, le premier cardinal dont s’honore l’Église de Tours. — La pseudo promotion de Philippe de Coëtquis. — Les armes particulières, attribuées par quelques-uns à Hélie de Bourdeille. — Sa vie et ses sentiments sous la pourpre.
  39. Les États généraux de 1484. — Les derniers mois du saint cardinal.
    1. La réunion des États nécessitée par les embarras que donnait le duc d’Orléans. — Ils se tiennent à l’archevêché de Tours, en janvier 1484. — Zèle patriotique et générosité d’Hélie de Bourdeille. — Son rang aux États. — Le rôle qu’il y joue.
    2. La question nationale aux États de 1484 : situation analogue à celle de 1468. — Réaction hypocrite de la féodalité. — La France lui répond, en 1484, comme elle l’avait fait en 1468. — Célèbre harangue de Philippe Pot. — Triomphe de la Régence sur la guerre folle. — L’assemblée, ferme sur les principes politiques, sage et modérée dans leur application, — ne pouvait avoir, sous ce rapport, que la complète approbation et le plein concours d’Hélie de Bourdeille.
    3. La question ecclésiastique aux États. — Les assemblées de province ou d’élection. — Les partisans de la Pragmatique s’y remuent en toute liberté. — L’assemblée municipale de Tours. — Guy Vigier, abbé de Marmoutier, élu pour le clergé. — Un mot sur ce prélat, ami d’Hélie de Bourdeille. — Dès le 15 janvier, il se démet de son mandat. — Motif de sa résolution. — Son mandat maintenu. — La séance municipale du 24 janvier, écho de la séance orageuse de la veille aux États. — Bourdeille y a soutenu vaillamment la lutte contre les partisans de la Pragmatique. — Lutte désespérée, défaite glorieuse, à l’envi des victoires.
    4. Triomphe de l’iniquité. — Les instructions données à l’ambassade envoyée à Rome, pour notifier l’avènement de Charles VIII, — expédiées seulement après la mort d’Hélie de Bourdeille. — La Cour de Rome, de son côté, ne semble pas se rendre compte de l’état des choses en France. — Balue choisi comme légat, pour représenter le Pape au sacre de Charles VIII. — Ses intrigues et celles de son complice d’Haraucourt, avec le duc d’Orléans. — Attristé de tout ce qui se passe, Hélie de Bourdeille se retire dans la solitude. — Ce qu’il adviendra de la Pragmatique, jusqu’au Concordat de François Ier, triomphe posthume d’Hélie de Bourdeille.
    5. Les derniers mois du saint cardinal. — Sa solitude d’Artannes. — Il se prépare à la mort, en se sanctifiant de plus en plus. — Dessein béni de Dieu. — La raison que donne Bois-Morin, pour expliquer son abstention des solennité de la Fête-Dieu, dans sa ville archiépiscopale. — Qu’en penser ? — Nouvelle preuve de la piété et de la charité du saint archevêque.
  40. La dernière maladie et la mort du serviteur de Dieu. — Ses funérailles triomphales. — Sa sépulture.
    1. Les derniers jours du saint cardinal ; le journal de Bois-Morin. — L’Octave du Saint Sacrement à Artannes, l’an 1484. — La journée du 24 juin. — Le samedi 26 juin. — Les dernières communions du saint cardinal. — Le lundi, 28 juin, il prend ses dernières dispositions. — Le mardi 29, il appelle les Pères de l’Observance ; ceux-ci arrivent avant qu’on ait pu les prévenir. — Le jeudi, 1er juillet, recrudescence du mal ; le saint cardinal reçoit l’Extrême-Onction. — Il bénit sa famille épiscopale. — Chaque jour, jusqu’au dernier, il entend la messe, fait réciter l’office devant lui, le suit, en récite ce qu’il peut. — Le 2 juillet, crise violente ; on fait au mourant la recommandation de l’âme. — Le samedi 3 et le dimanche 4, mieux sensible, on se reprend à espérer. — Le lundi, 5 juillet, le saint cardinal entend la messe, après laquelle commence la crise suprême, extrêmement douloureuse. — On récite les psaumes pénitentiaux, les quatre Passions, le Deus, Deus meus, respice in me, et les psaumes suivants, jusques et y compris le In te, Domine, speravi, qu’on récite plusieurs fois. — Le saint cardinal rend son âme à Dieu, au moment où l’on psalmodie le verset prophétique.
    2. Les derniers devoirs. — Le corps prend une extraordinaire beauté. — Il s’en dégage une suave odeur. — Conclusions que les Pères de l’Observance et Bois-Morin tirent de ces phénomènes. — Le corps revêtu de son costume religieux, puis de ses vêtements épiscopaux. — L’office des morts, le corps présent, dans l’église d’Artannes. — Mise en bière et cortège processionnel pour le ramener à Tours. — Les délégués de Tours obligent le cortège à s’arrêter, pour la nuit, en l’église Saint-Sauveur. — Le concours des paroisses voisines durant cette nuit. — L’achèvement du trajet. — Réception solennelle du corps, à la porte Saint-Simple. — Parcours triomphal. — Démonstrations extraordinaires du peuple. — Les obsèques. — Démarche significative du peuple. — Premières manifestations éclatantes de son culte pour le saint défunt. — Guy Vigier, abbé de Marmoutier, préside les funérailles. — À midi seulement, on peut les terminer par la sépulture du saint corps.
    3. Nombre d’auteurs, sans donner au récit des novissima d’Hélie de Bourdeille, tous les développements dans lesquels Bois-Morin est entré, s’accordent avec lui, confirment son témoignage, et s’en rapprochent tellement, qu’avec leurs affirmations éparses on pourrait restituer en partie le témoignage de Bois-Morin. — Quelques sentiments, extraits de ces auteurs. — La topographie du tombeau d’Hélie de Bourdeille, et les premières manifestations du culte qui lui est rendu sur ce tombeau.
  41. Universelle renommée de sainteté et de miracles
    1. Les derniers jours du saint cardinal ; le journal de Bois-Morin. — L’Octave du Saint Sacrement à Artannes, l’an 1484. — La journée du 24 juin. — Le samedi 26 juin. — Les dernières communions du saint cardinal. — Le lundi, 28 juin, il prend ses dernières dispositions. — Le mardi 29, il appelle les Pères de l’Observance ; ceux-ci arrivent avant qu’on ait pu les prévenir. — Le jeudi, 1er juillet, recrudescence du mal ; le saint cardinal reçoit l’Extrême-Onction. — Il bénit sa famille épiscopale. — Chaque jour, jusqu’au dernier, il entend la messe, fait réciter l’office devant lui, le suit, en récite ce qu’il peut. — Le 2 juillet, crise violente ; on fait au mourant la recommandation de l’âme. — Le samedi 3 et le dimanche 4, mieux sensible, on se reprend à espérer. — Le lundi, 5 juillet, le saint cardinal entend la messe, après laquelle commence la crise suprême, extrêmement douloureuse. — On récite les psaumes pénitentiaux, les quatre Passions, le Deus, Deus meus, respice in me, et les psaumes suivants, jusques et y compris le In te, Domine, speravi, qu’on récite plusieurs fois. — Le saint cardinal rend son âme à Dieu, au moment où l’on psalmodie le verset prophétique, In me nus tuas, Domine.
    2. Universelle renommée de miracles, et pendant la vie et après la mort. — Témoignages, entre beaucoup d’autres : L’Histoire généalogique de la maison de Bourdeille. — Le frère Héberne de Limerick. — Jean Dupuy. — Maan. — Alphonse Ciacconio. — Breve Sommario, etc. — Legendario Francescano. — P. Gonzales de Torres. — Olivier Cherreau. — Rituale Turonense. — Gaignières. — Beyerlinck. — Odoric Raynald. — Doni d’Attichy. — Jean Chenu. — Un manuscrit du XVIe siècle. — Gallia Christiana. — Vertus particulières d’Hellies, cardinal de Bourdeille, manuscrit des XVIe-XVIIe siècle.
  42. Les enquêtes
    1. L’enquête canonique et l’enquête civile.
    2. Raisons multiples pour lesquelles la cause du serviteur de Dieu ne put être introduite tout d’abord par l’Église de Tours. — Raisons qui retardèrent durant quarante ans l’initiative de l’Église de Périgueux, dans la même cause. — Les revanches déplorables de la Pragmatique dans ces deux Églises.
    3. L’Information canonique de Jean de Plas ou de Plagnies, évêque de Périgueux. — La commission épiscopale, donnée à Jean Ganéoti, Notaire apostolique. — Motifs allégués par l’évêque. — Elle est faite à la postulation de Jean de Bourdeille. — Quelques mots sur ce digne prélat. — Date de l’information. — Le nombre des articles proposés. — Le nombre des témoins entendus. — Le procès est aussitôt envoyé à Rome. — Il y est perdu. — Plusieurs copies dudit procès, longtemps conservées en France, — aujourd’hui perdues. — Certains auteurs les ont vues et utilisées pour leurs travaux. — Il ne reste guère d’espoir de retrouver l’une ou l’autre de ces copies.
    4. Il est possible de reconstituer, dans ses parties essentielles, sinon dans son intégrité parfaite, l’enquête de 1527. — Nous avons les noms des treize témoins, ceux du postulateur et des notaires. — Nous connaissons le nombre des articles. — Dupuy et surtout l’auteur des Vertus particulières nous donnent, en des résumés distincts qui se contrôlent l’un par l’autre, la substance des dépositions relatives aux vertus. — L’auteur des Vertus donne textuellement les dépositions relatives aux miracles, et Dupuy, qui n’en cite que quelques-uns, se rencontre avec le premier, quelquefois jusque dans les termes. — Enfin, l’enquête civile de 1531 confirme et complète, sans avoir ce but, l’enquête canonique de 1527.
  43. Essai de restitution de l’enquête canonique de 1527. — L’enquête civile de 1531.
    1. Essai de restitution de l’enquête canonique. — Les noms des huit témoins entendus pour les vertus, et des cinq témoins entendus pour les miracles. — Quelques notes sur ces gens de marque.
    2. Substance des témoignages émis sur les vertus, d’après Jean Dupuy, et d’après l’auteur des Vertus parti culières. — Identité des deux résumés. — Les miracles opérés durant la vie du serviteur de Dieu. — Le miracle de la délivrance de la Reine et l’annonce prophétique de la naissance du Dauphin. — Le miracle du courtisan de Charles VIII guéri instantanément de folie furieuse. — Le démoniaque de Périgueux et celui de Tours, délivrés par la prière du serviteur de Dieu. — La triple guérison des trois frères Chalup ou Chalupt, accomplie subitement, à distance, et accompagnée d’annonce prophétique. — Les cinq miracles opérés après la mort du serviteur de Dieu et relatés à l’enquête. — La guérison subite du frère et du neveu de François de Lambertie, sur le tombeau d’Hélie de Bourdeille. — La guérison de Guillaume de La Vallée. — La guérison instantanée de Pierre de Bois-Morin. — La déposition du chanoine Pierre Robert, au sujet du chapeau cardinalice d’Hélie de Bourdeille, en l’église Saint-Front, — et de la guérison subite de Pierre de Bois-Morin.
    3. L’enquête civile de 1531, confirmative de l’Information canonique.
  44. Vicissitudes de la cause.
    1. Le XVIe siècle peu favorable à l’instruction normale des causes de canonisation. — Presque tous les Saints des deux siècles précédents béatifiés par la voie du casus excepti. — Exemples. — Obstacles particuliers que rencontre la cause d’Hélie de Bourdeille. — Outre la perte déjà mentionnée des pièces de l’enquête, à Rome, — accident qui se produisit, de même pour le dossier de Pierre Berland, dont la cause a eu des vicissitudes aussi étonnantes et moins explicables : — à Périgueux, la mort de Jean de Bourdeille, postulateur ; — le trop court épiscopat de l’évêque Jean de Plagnies, dont les successeurs passent aussi rapidement ; — puis, les troubles de la Réforme. — Ses ruines matérielles, à Tours. — À Périgueux, ses ruines matérielles et morales. — Après une occupation violente de plusieurs années, domination réelle des Huguenots, pendant un siècle. — Les évêques de Périgueux, éloignés par la force de leur ville épiscopale. — François de Bourdeille, un des arrière-neveux du serviteur de Dieu, dans ce cas. — Périgueux, place de sûreté pour les Protestants. — L’épiscopat de François de La Béraudière, et le livre du père Jean Dupuy. — L’ordre ne se rétablit définitivement que vers 1670, sous l’épiscopat de Guillaume Le Boux. — La cause d’Hélie de Bourdeille, en ces conditions, ne pouvait être poursuivie par cette malheureuse Église.
    2. La cause reprend au XVIIIe siècle. — Symptômes significatifs, à Rome et en Périgord. — À Rome, plusieurs papes, dit-on, font rechercher les pièces du procès. — Benoît XIV surtout montre un vif intérêt pour cette cause, et s’en occupe activement. — À Périgueux, l’abbé de Bourdeille, vicaire général du diocèse, et plus tard évêque de Tulle, puis de Soissons, fait de nombreuses démarches, notamment à Tours, — dont le siège est occupé par Chapt de Rastignac, digne archevêque, allié à la famille de Bourdeille. — Mais Tours est tout entier aux disputes et persécutions jansénistes. — Une Note de la Sacrée Congrégation des Rites, en 1766, conseille de procéder par la voie du casus excepti. — Puis, la Révolution interrompt, pour un siècle encore, cette cause que n’abandonneront jamais ni la famille religieuse ni la famille naturelle du serviteur de Dieu.
  45. Ce qu’il advint du tombeau du saint cardinal.
    1. Ouverture du tombeau, en 1748. — À quelle occasion. — Reconnaissance, mesures, description technique. — Ce qu’il contenait. — Disparition complète des ossements. — Conservation des ornements pontificaux. — Étonnement consigné au procès-verbal. — Fermeture du tombeau. — Tous les tombeaux environnants et plus anciens que celui là ont conservé leurs ossements. — Mention au procès-verbal du tombeau de Réginald de Montbazon, resté intact, même dans ses ouvrages extérieurs, — ainsi que le prouve le dessin de Gaignières. — Aucun signe ni inscription, sur les dalles qui ferment le tombeau du serviteur de Dieu. — Il doit être encore aujourd’hui dans le même état qu’au jour de la signature du procès verbal.
  46. Le culte immémorial rendu à Hélie de Bourdeille. — Conclusion.
    1. Le culte public, rendu à Hélie de Bourdeille, commence au jour même de sa mort et de ses funérailles. — Il s’affirme d’une manière éclatante, à Tours, sur son tombeau, par les signes réservés au culte, et par le concours du peuple. — Il s’affirme aussi par la profanation dont le corps du serviteur de Dieu est l’objet, de la part des Huguenots, qui le brûlent comme une relique notoire. — Le même culte s’affirme à Périgueux, par les hommages religieux rendus, en l’église Saint-Front, au chapeau cardinalice du serviteur de Dieu, et par le concours de prières dont cet insigne est continuellement honoré. — Il s’affirme, en outre, par la destruction que les Huguenots font subir à cet objet, comme à une relique célèbre dans le pays. — Le culte public d’Hélie de Bourdeille survit, dans l’Église de Tours, à la violation de son tombeau. — Preuves évidentes au XVIIe et au XVIIe siècle. — Il n’est interrompu, dans ses manifestations historiques que par la dévolution, le pillage de la cathédrale, et les remaniements ultérieurs qui font disparaître jusqu’à la dernière apparence du tombeau du saint cardinal. — À Périgueux, le culte du serviteur de Dieu persiste visiblement après le pillage des Huguenots. — Mais leur domination séculaire sur cette contrée, et le manque de renseignements locaux ne nous permettent pas de le suivre et de le démontrer. Néanmoins, certains symptômes favorables apparaissent encore, au XVIIe et même au XIXe siècle. — Ce culte persévère jusqu’à nos jours dans la parenté et dans la famille religieuse du serviteur de Dieu. — D’où immémorialité, et continuité, sauf interruption pour causes de force majeure, absolument démontrée. — Les enquêtes établiront, sans doute, que la continuité elle même, fut plus persévérante, que nous n’avons pu le savoir, par nos faibles moyens d’information ; — ce qui permet d’espérer pour cette cause un succès, qui serait, actuellement, d’une véritable opportunité

Tome II
Preuves et éclaircissements
(1897)

  1. Sources biographiques (Pièces fondamentales)
    1. La vie du cardinal Hélie de Bourdeille, archevêque de Tours, par Pierre de Bois-Morin, son secrétaire et confesseur
    2. Vertus particulières d’Hellies, cardinal de Bourdeille.
    3. Enquête de 1531
    4. Histoire généalogique de la maison de Bourdeille, composée sur les titres originaux et tirés du cabinet de monsieur de Clairambault. Article Hélie de Bourdeille.
    5. Fr. Hibernus Limericensis
    6. L’Estat de L’Église du Périgord, depuis le christianisme, par Jean Dupuy, Récollect. — Périgueux, Pierre et Jean Daluy. (1629)
    7. Maan. — Sancta et Metropolitana Turonensis Ecclesia 1667.
    8. Alphonsus Ciaconius Ordinis Prædicatorum
  2. Les Écrits d’Hélie de Bourdeille.
    1. Écrits doctrinaux
  3. Pièces et éclaircissements relatifs à quelques points de la vie d’Hélie de Bourdeille.
    1. Pièces originales fixant la date de la promotion d’Hélie de Bourdeille à l’épiscopat, et par suite la date de sa naissance
      1. Élection à l’évêché de Périgueux (1437)
      2. Provision au Collège des Cardinaux (1438)
    2. Le bienheureux Nicolas Albergati, cardinal du titre de Sainte-Croix, évêque de Bologne
    3. 10 avril 1483. Acte capitulaire des chanoines de Périgueux.
    4. L’assemblée de Bourges (1452)
      1. Henricus Spondanus
    5. Les États généraux, et la promotion d’Hélie de Bourdeille à l’archevêché de Tours (1468)
      1. Jean de Troyes
      2. De Barante
      3. Livre des Provisions de Paul II
      4. Maan
    6. La trahison du cardinal Balue (1469)
      1. Chacon et son continuateur Oldoin
      2. Jean de Troyes
      3. Jacques Amanati, cardinal de Pavie (le Papiensis)
    7. La collégiale de Saint-Florentin d’Amboise (1470)
      1. Suppression de la prébende de l’église
      2. Promesse de messes par le chapitre
    8. La paix d’Ancenis (1468-1470)
      1. Traité d’Ancenis (1468)
    9. La mort du duc de Guyenne et le procès de l’abbé de Saint-Jean-d’Angély (1472-1473)
      1. Jacques Amanati, cardinal de Pavie (le Papiensis)
      2. Chacon et ses continuateurs
      3. Lettres de Louis XI au Grand Maître de France
      4. Instructions de Louis XI à ses commissaires
    10. Charte ou diplôme d’indulgences octroyées par Hélie de Bourdeille, en vertu d’une délégation papale, à certains membres de sa famille (1474)
    11. Le concordat de Sixte IV (1474)
    12. La guerre entre Louis XI et Maximilien d’Autriche (1478)
      1. Lettre d’Hélie de Bourdeille au pape, concernant la paix entre Louis XI et Maximilien d’Autriche
    13. Complications et intrigues politiques, nuisible à l’œuvre d’Hélie de Bourdeille. — L’assemblée d’Orléans. (1478)
      1. Pamphlet anonyme
      2. Chacon et ses continuateurs
      3. Pie II
      4. Cardinal de Pavie
      5. Jean de Troyes
    14. Le grand conflit (1482)
      1. Article Baillez par Monsieur de Tours à Messieurs le Chancelier et de Narbonne, le 11 jour d’Aoust 1482, touchant les Prélats qui font plainte d’aucunes choses, qui leur ont esté faites par les officiers du Roy.
      2. Response faite par le Roy aux Articles et Mémoires de plaintes donnez par Monsieur l’Archevesque de Tours, touchant quelques Prélats de France.
      3. Lettre originale du Roy Louis XI, contenant les Mémoires envoyez au Chancelier, pour le fait de l’archevesque de Tours.
      4. Minutte des lettres écrites au Roy par moy, Pierre d’Oriole, Chancelier, touchant ce que Monsieur de Narbonne m’a écrit, pour parler à Monsieur de Tours ; et aussi pour faire adjourner devers le Roy et son Conseil, les Archevesques, Évesques et Prélats, qui se sont plaints à Monsieur de Tours.
      5. Lettre originale de Monsieur l’Archevesque de Narbonne. — Receüe par Jean des Bœufs.
      6. Response faite par Monsieur de Tours aux choses que Monsieur de Narbonne luy a escrites par l’ordonnance du Roy, et le chancelier à part audit Monsieur de Tours, expédiée le 11e jour de septembre 1482.
    15. La restitution des biens de la famille de La Trémouille (1483)
      1. Jean Bouchet, Mémoires de la Trimoille
      2. Brantôme
      3. Jean de Troyes, Chronique scandaleuse
    16. La donation à Saint-Jean de Latran. — Le dernier voyage d’Hélie de Bourdeille à Rome. — Le règlement de l’affaire de l’évêque de Verdun. (1482-1483)
      1. Chacon
    17. Saint François de Paule et le bienheureux Hélie de Bourdeille (1482-1484)
      1. Procès de canonisation de saint François de Paule
      2. Jacques Rosier
      3. René Ouvrard
      4. Hilarion de Coste
      5. Dony d’Attichy
    18. Hélie de Bourdeille et la famille royale
      1. Charlotte de Savoie
      2. Charles, Dauphin
      3. François, duc de Berry
      4. Jeanne de France
    19. Le cardinalat (1483)
      1. Dom Étienne Housseau
      2. Dony d’Attichy
      3. Nautiporto
    20. Minorité de Charles VIII. — Les États généraux. (1484)
      1. A. Paul Viollet
  4. Témoignages rendus à la sainteté d’Hélie de Bourdeille
    1. Auteurs Franciscains
      1. Arthur Du Monstier (Arturus a Monasterio)
      2. Fortunat Hüber (Fortunatus Hueberus)
      3. Pierre-Rodolphe de Tossignan (Petrus Rodulphus Tossiniacensis, 1586)
      4. Abrégé de la vie des papes et cardinaux franciscains(1680)
      5. Légendier franciscain de Benoît Mazzara (1722)
      6. Chronique Séraphique d’Eusèbe Gonzalez de Torres (1729)
      7. Luc de Wadding (1734)
      8. L’Année Franciscaine (1865)
    2. Auteurs tourangeaux
      1. François Florio (Francesco Florio, 1477)
      2. Olivier Cherreau (1654)
      3. Martin Marteau (1661)
      4. Annales de Touraine (vers 1670)
      5. Jean Le Clerc de Boisrideau (1670-1680)
      6. Rituel de Tours (1785)
      7. Histoire de saint François de Paule (1872)
    3. Auteurs profanes
      1. Philippe de Comines (XVe siècle)
      2. Brantôme (XVIe siècle)
      3. Manuscrit Français 18824 (XVIIe siècle)
      4. François Roger de Gaignières (XVIIIe siècle)
      5. Auteurs déjà cités
    4. Historiens et auteurs ecclésiastiques
      1. Jérôme Garimbert, évêque de Gallese (1567)
      2. Gilles Camart (1631)
      3. Laurent Beyerlinck (1678)
      4. Odoric Raynald (1691)
      5. Henri de Sponde, évêque de Pamiers (1647)
      6. Pierre Frizon (1638)
      7. Louis Doni d’Attichy, évêque de Riez et d’Autun (1647)
      8. Antoine Aubéry (Histoire des Cardinaux, 1643)
      9. Jean Chenu (1621)
      10. Louis et Scévole de Sainte-Marthe (Gallia Christiana, XVIIe siècle)
      11. Gallia Christiana (1656)
      12. Jean-Barthélemy Hauréau (Gallia Christiana, XIXe siècle)
      13. Histoire Ecclésiastique (1728)
      14. Jacques Longueval (Histoire de l’Église Gallicane, 1749)
      15. Joseph Briand (Vie d’Hélie de Bourdeille, 1866)
      16. Marie-Joseph Belon et François Balme (1893)
      17. Jean-Baptiste-Joseph Ayroles (1885-1890)
  5. Pièces et éclaircissements relatifs au culte d’Hélie de Bourdeille
    1. Recherches de l’abbé de Bourdeille (1742)
    2. Recherches du marquis de Bourdeille (1744 et 1746)
    3. Ouverture du tombeau d’Hélie de Bourdeille (1748)
    4. Recherches de l’abbé de Bourdeille (1752)
    5. Recherches de l’abbé de Bourdeille (1760)
  6. Pièces et notes généalogiques sur la maison de Bourdeille
    1. Origines de la maison de Bourdeille
    2. Les parents d’Hélie de Bourdeille
    3. Ses frères et sœurs, neveux et nièces
    4. Descendance
    5. Les Bourdeilles en Touraine
    6. Titres nobiliaires de la famille de Bourdeille
    7. Armes de la famille de Bourdeille
    8. Alliances avec d’autres maisons
  7. Addition aux preuves et éclaircissement
    1. Hélie de Bourdeille au Concile de Florence
      1. Horace Justinien, Actes du concile de Florence
    2. Les reliques de saint Front
      1. Supplique des Chanoines et Chapitre de Saint-Front (1441)
      2. Lettres apostoliques d’Eugène IV
    3. L’état de l’Église de Périgueux, à l’avènement d’Hélie de Bourdeille
      1. L’état de l’Église de Périgueux durant la première moitié du XVe siècle d’après les documents conservés aux archives vaticanes
    4. La cause de Pey Berland. — L’enquête confiée à Hélie de Bourdeille.
      1. Joseph-Henri-Gaston de Laborie(Biographie de Pey Berland, 1885)
      2. Raymond Corbin (Histoire de Pey Berland, 1888)
      3. Lettres apostoliques de Pie II aux évêques de Périgueux, Hélie de Bourdeille, et de Bazas, Raymond du Treuil (1462-1463)
      4. Questionnaire annexé à la bulle de Pie II
      5. Enquête faite par Hélie de Bourdeille et Raymond du Treuil, d’après le questionnaire ci-dessus (1464)
    5. L’état de l’Église de Tours à l’avènement d’Hélie de Bourdeille.
      1. Troisième Concile de Nantes (1431)
      2. Cinquième Concile d’Angers (1448)
      3. Synode diocésain (1512)
    6. La maison de Bourdeille
      1. Chroniques de Jean Tarde
      2. Testament d’Anne de Talleyrand (1673)
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