Enquête au lieu de naissance de Jeanne
Âge moyen des témoins : 55 ans.
1. Lieu d’origine de Jeanne
Jeannette naquit à Domrémy et fut baptisée en l’église paroissiale Saint-Remi.
Croit que Jeanne fut baptisée dans l’église Saint-Remi de Domrémy.
Jeannette est née à Domrémy.
Jeannette est née à Domrémy.
Jeannette naquit à Domrémy et fut baptisée en l’église Saint-Remi du village.
Jeannette est née à Domrémy.
Jeannette, dite la Pucelle, naquit à Domrémy.
Jeanne la Pucelle est née à Domrémy.
Jeannette la Pucelle est née à Domrémy et fut baptisée en l’église paroissiale Saint-Remi.
Jeanne la Pucelle est née à Domrémy.
Jeannette la Pucelle était de Domrémy.
Jeanne la Pucelle naquit à Domrémy.
Jeanne la Pucelle était de Domrémy.
A connu Jeanne dès sa jeunesse, laquelle est née à Domrémy.
Jeanne la Pucelle naquit dans la paroisse de Domrémy.
Jeannette naquit à Domrémy et fut baptisée en la paroisse Saint-Remi.
Croit qu’elle naquit à Domrémy et fut baptisée en l’église Saint-Remi.
Jeannette la Pucelle naquit dans la paroisse de Domrémy.
Jeanne appelée la Pucelle est native de Domrémy, paroisse Saint-Remi.
Jeanne dénommée la Pucelle est née à Domrémy.
A entendu dire que Jeanne la Pucelle est née à Domrémy.
A bien connu Jeanne dès sa jeunesse. Elle est née à Domrémy, dans la paroisse.
Vit autrefois Jeanne lorsqu’elle venait à Maxey-sur-Vaise ; elle était née, à ce qu’on disait, à Domrémy.
Jeanne était de la parenté de Jeanne, sa propre épouse ; croit qu’elle est née à Domrémy et fut baptisée à Saint-Remi.
Jeanne naquit à Domrémy.
A entendu dire que Jeanne est née à Domrémy.
Jeanne est née dans la paroisse de Domrémy.
A entendu dire que Jeanne la Pucelle était née en la paroisse de Domrémy.
Jeanne naquit, à ce qu’on dit, à Domrémy.
Jeanne est née à Domrémy, où il la vit plusieurs fois.
A entendu dire généralement que Jeanne naquit en la paroisse Notre-Dame de Domrémy.
Jeanne naquit à Domrémy.
2. Ses parents
Son père s’appelait Jacques d’Arc, et sa mère Ysabelle, laboureurs, demeurant tous deux à Domrémy tant qu’ils vécurent ; ils étaient de bons et fidèles catholiques, de bons laboureurs, de bonne renommée et d’honnête conduite, comme laboureurs, car il a parlé souvent avec eux.
Croit que ses parents furent Jacques d’Arc et Isabelle, mariés, bons catholiques et de bonne renommée, comme il l’a toujours entendu dire.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, laboureurs, vrais et bons catholiques, honnêtes et solides, selon leurs facultés, mais non pas très riches.
Ses parents furent Jacques d’Arc et Isabet, mariés, bons catholiques, de bonne réputation, gens probes et selon leur condition honnêtes laboureurs.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, bons catholiques, de bonne renommée et de situation honnête comme des laboureurs ; il le sait car lui, témoin qui parle, était leur voisin.
De Jacques d’Arc ; ignore le nom de sa mère ; ses parents étaient de vrais catholiques, de bonne réputation, réputés tels comme il l’a entendu et vu, quoiqu’ils fussent pauvres.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, probes, catholiques, de bonne réputation, qui se conduisaient comme des laboureurs, honnêtement dans leur pauvreté, car ils n’étaient pas trop riches.
De Jacques d’Arc ; ignore le nom de sa mère. Ses parents étaient bons catholiques, comme il le constata, et il n’entendit jamais dire le contraire.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, qui vivaient honnêtement en tant que laboureurs.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, catholiques sincères et laboureurs de bonne renommée, comme il le vit.
De Jacques d’Arc, laboureur, et d’Isabelle, mariés, du village, gens honnêtes et catholiques.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, laboureurs honnêtes et bons catholiques, de bonne renommée, comme il le vit.
Elle fut engendrée par Jacques d’Arc et Isabet, mariés, laboureurs de Domrémy, vrais catholiques, de bonne renommée, de bonne réputation, exempts de reproches, comme tout bon laboureur.
De Jacques d’Arc et Isabet mariés, honnêtes laboureurs et bons catholiques, de bonne renommée ; et le sait, car souvent elle s’est trouvée et a dormi amicalement dans la maison de son père.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, qui étaient bons catholiques et de bonne réputation, en tant que laboureurs, comme il le vit.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés. Ses parents étaient, comme il le vit, bons catholiques et bonnes gens sans mauvaise renommée, de bonne réputation.
Il connut en effet Jacques d’Arc et Isabet, mariés, ses parents, qu’il jugeait et juge bons catholiques et de bonne réputation.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, bons laboureurs, vrais catholiques et de bonne réputation.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, qui étaient bons chrétiens et vrais catholiques, de bon renom, comme elle les estimait et les a entendu estimer.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, bons catholiques et de bon renom, braves laboureurs sans reproche, qui ont toujours été tenus pour tels et que le témoin tient pour tels.
Au moment de son départ de Domrémy, il vit ses père et mère, qui lui parurent être bons catholiques.
De Jacques d’Arc et Isabet, mariés, laboureurs probes et catholiques, de bon renom, comme il le vit alors.
A connu ses père et mère mais ignore leurs noms ; sait seulement qu’ils étaient bons chrétiens et catholiques, comme sont des laboureurs, et n’a jamais entendu dire le contraire.
A connu aussi Jacques d’Arc et Isabet, mariés, ses parents, bons et fidèles catholiques et de bonne réputation.
De bons et honnêtes laboureurs.
Elle avait de bons père et mère, et n’a jamais entendu dire le contraire.
Son père fut Jacques d’Arc, bon et honnête laboureur, qu’il a vu et connu. Il le sait aussi pour l’avoir entendu relater par plusieurs personnes au cours de l’enquête qu’il fit lorsque Jeanne était détenue à Rouen [Cf. 10.].
De Jacques d’Arc, du village ; ignore le nom de sa mère ; mais est allé plusieurs fois dans leur maison et sait que c’étaient de bons laboureurs, comme il l’a vu.
Vit également Jacques d’Arc, son père, et sa mère, qui étaient bons catholiques et de bonne réputation, comme il l’a constaté.
Vit autrefois venir ses père et mère à Vaucouleurs.
De Jacques d’Arc et d’Isabet de Vouton, mariés, honnêtes laboureurs.
3. Ses parrains et marraines
Fut l’un des parrains de Jeanne. — Marraines : la femme d’Étienne le Royer et Béatrice, veuve de Thiesselin, demeurant à Domrémy ; Jeannette, veuve de Thiesselin de Vittel, demeurant à Neufchâteau.
L’ignore car Jeanne était plus vieille que lui.
Jeannette fut baptisée sur les fonts de l’église Saint-Remi du village ; parrains : Jean Morel de Greux, Jean le Langart et feu Jean Rainguesson ; marraines : Jeannette, veuve de Thiesselin le Clerc, Jeannette, femme de Thévenin le Royer, de Domrémy, et elle-même.
Jeannette fut baptisée sur les fonts du village ; parrains : Jean Barre de Neufchâteau et Jean Morel de Greux ; marraines : Jeannette, veuve de Thiesselin, et elle qui parle.
Ne s’en souvient pas.
Elle fut baptisée sur les fonts de l’église paroissiale Saint-Remi du village ; marraines : elle-même (Jeanne prit son nom) et la femme de Thévenin Royer, du village.
Jeanne, la femme du témoin qui dépose, était la marraine de ladite Pucelle, et l’avait tenue sur les fonts avant qu’il l’épousât.
A entendu dire que Jeanne fut baptisée en l’église Saint-Remi du village ; parrain : Jean Morel de Greux ; marraine : Jeannette de Roze.
Croit qu’elle fut baptisée à l’église Saint-Remi du village ; marraines : à ce qu’on dit, Béatrice, veuve d’Estellin, et Jeanne, femme de Thévenin le Charpentier.
Jeanne fut baptisée dans la paroisse du village à l’église Saint-Remi ; elle eut à ce qu’on dit parrains et marraines, qu’il ne connaît pas, sauf qu’encore actuellement au village il y a deux femmes passant pour les marraines de ladite Pucelle, à savoir Jeannette, femme de Thevenin Royer, dudit village, et Jeannette, veuve de Thiesselin de Vittel, demeurant à Neufchâteau.
Croit qu’elle fut baptisée dans la paroisse de Domrémy et qu’elle eut de bons parrains et marraines. Il connaît Jean Morel, son parrain, et Jeannette Roze et Jeannette veuve de Thiesselin, ses marraines.
Ne se souvient pas des parrains et marraines, car Jeanne était, à ce qu’elle disait, plus âgée qu’elle de trois ou quatre ans.
Connaît Jean Morel, le parrain, Jeannette Roze et Jeanne de Vittel, les marraines de cette Jeannette.
A entendu dire que Jean Morel, de Greux, fut son parrain, et Jeannette de Roze sa marraine.
Parrain : Jean Morel, de Greux ; marraines : Jeannette Roze et Jeannette de Vittel, à ce qu’on disait.
Parrains et marraines, à ce qu’on disait : Jean Morel de Greux ; femme de Thévenin de Domrémy et Édette, veuve de Jean Barre, demeurant à Frebécourt.
A entendu dire que Jean Morel, de Greux, était son parrain et Jeannette Roze sa marraine.
A eut des parrains et des marraines, comme il l’a entendu dire.
4. Son enfance
Lui semble que Jeannette fut bien et convenablement élevée dans la foi et les bonnes mœurs, et telle qu’à peu près tout le monde l’aimait dans le village de Domrémy. Comme toutes les jeunes filles, elle savait ses articles de foi, le Pater noster, l’Ave Maria.
[Réponse groupée aux articles 4 et 5.]
A connu Jeannette, trois ou quatre ans avant son départ. Elle était de bonnes mœurs et de comportement honnête.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeannette était bien et suffisamment instruite dans la foi catholique, comme les filles de son âge. Elle fut élevée dans les bonnes mœurs, fille chaste, d’un bon comportement.
Jeannette, comme elle la vit, était une fille bonne et simple, craignant Dieu, suffisamment instruite dans la foi, comme ses semblables.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeanne fut et avait été une fille bonne et chaste, craignant Dieu.
[Réponse groupée aux articles 4-8.]
Tient de Guillaume Fronté, ancien curé de Domrémy, que Jeannette était une fille bonne et franche, pieuse, de bonnes mœurs, craignant Dieu, si bien qu’elle n’avait pas sa pareille dans le village ; se confessait souvent à lui ; elle disait aussi que si elle avait eu de l’argent, elle l’aurait donné à son curé pour célébrer des messes.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeannette était dans son plus jeune âge et tant qu’elle fut à Domrémy, une fille bonne, vivant honnêtement et saintement, comme une fille sage.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeanne la Pucelle était une fille bonne, telle qu’il l’a vue, et il n’a jamais entendu dire d’elle le contraire.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeannette était une fille bonne.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeanne était bien élevée, franche et douce.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeannette la Pucelle, dans sa jeunesse et quand elle eut l’âge de raison jusqu’à son départ de la maison paternelle, fut et était constamment une fille bonne, chaste, franche, modeste, ne jurant ni par Dieu ni par ses saints, craignant Dieu. Elle faisait beaucoup d’aumônes.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
A bien connue Jeannette depuis le temps qu’il l’a rencontrée ; c’était une fille bonne, honnête et franche, qui s’entretenait avec les honnêtes filles et femmes du village. Croit qu’il n’en existait pas une meilleure dans le village.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeanne était bonne fille, franche et douce.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
A vu plusieurs fois Jeannette. Dans sa jeunesse il alla avec elle à la charrue du père de Jeanne, ou avec d’autres jeunes filles et elle dans les pâtures et les prés ; et souvent, pendant que les autres jouaient ensemble, Jeanne se tirait à part et parlait à Dieu, comme il lui semblait ; et lui avec les autres se moquait d’elle.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Lui-même habite Domrémy depuis l’âge de dix-huit ans. Il vit et il sut que Jeanne était honnête, franche et dévote.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Fut élevé avec Jeanne et habitait à côté de la maison de son père. Elle était bonne, franche, dévote, craignant Dieu et ses saints. Elle prenait soin des malades, donnait des aumônes aux pauvres, comme il le vit, car dans son enfance lui-même fut malade et Jeanne le réconfortait.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
A connu depuis sa jeunesse les parents de Jeanne et Jeanne elle-même, quand elle était jeune et tant qu’elle a vécu avec ses parents ; elle était élevée dans la foi catholique et les bonnes mœurs, franche, bonne, pudique, dévote et craignant Dieu, à ce qu’il paraissait ; elle donnait fréquemment des aumônes, faisait héberger les pauvres, et voulait passer la nuit dans la cuisine pour que ces pauvres pussent coucher dans son lit.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
La maison de son père était presque contiguë à celle de Jeannette, qu’elle connaissait bien car souvent elle filait en sa compagnie et faisait les autres travaux ménagers de jour et de nuit avec elle. C’était une fille instruite dans la foi chrétienne, de bonnes mœurs comme il lui semblait.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeannette était bonne, franche, douce fille, d’un bon naturel. — Elle priait beaucoup Dieu et la Sainte Vierge, au point que parfois, à cause de sa dévotion, le témoin qui alors était jeune et les autres jeunes gens se moquaient d’elle.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Dès son enfance et jusqu’à son départ de la maison paternelle, elle était bonne catholique, simple, réservée.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
Jeanne était d’une bonne nature, pieuse, patiente ; elle donnait des aumônes aux pauvres quand elle le pouvait, comme il le vit, tant dans le village de Domrémy qu’audit Burey, car Jeanne y séjourna dans la maison du témoin pendant six semaines.
[Réponse groupée aux articles 4, 5.]
A vu plusieurs fois Jeanne dans son jeune âge et jusqu’à son départ de la maison paternelle : c’était et ce fut toujours une bonne fille, de bon comportement, bonne catholique.
5. Son adolescence
Jeannette était honnête dans son comportement, comme peut l’être semblable fille, car ses parents n’étaient pas très riches.
Elle allait à la charrue et parfois gardait les animaux dans les champs ; elle faisait les travaux de femme, en filant et accomplissant tout le reste.
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
Elle était d’un comportement bon, simple et doux ; par amour de Dieu elle donnait souvent des aumônes.
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
[Cf. 4.]
Jeanne faisait volontiers l’aumône ; lui-même lui accorda fréquemment de l’argent qu’elle donnait pour l’amour de Dieu. Tout le temps qu’il fut avec elle, il remarqua qu’elle était bonne, franche, pieuse, bonne chrétienne, de bonne compagnie et craignant Dieu.
[Cf. 4.]
Quand Jeanne allait à Maxey, elle venait quelquefois chez lui ; elle lui paraissait une bonne, simple et pieuse fille.
[Cf. 4.]
Vit Jeanne après son départ de la maison paternelle, lorsqu’elle fut amenée chez elle par Durand Laxart, et qu’elle voulait aller trouver le dauphin.
C’était une fille bonne, simple, douce, modeste et bien élevée.
Ne sait rien sinon que Jeanne, quand elle vint à Vaucouleurs, logea chez lui ; et, à ce qu’il lui paraît, c’était une bonne fille.
Lui-même vit Jeanne à Vaucouleurs quand elle voulait être conduite au roi. Elle lui semblait tout à fait de bonnes mœurs ; et il aurait bien voulu avoir une fille aussi parfaite.
[Cf. 4.]
A entendu dire qu’elle était une bonne fille, de bon renom et d’honnête maintien.
A entendu dire que Jeanne dans son jeune âge était une bonne fille, de bonne tenue. [Il parle à nouveau de Jeanne à l’article 10, lorsqu’il raconte le voyage vers Chinon.]
Jeanne, depuis qu’elle eut dix ans jusqu’à son départ, était une bonne fille, élevée dans de bonnes mœurs, comme il l’a constaté.
Vit Jeanne plusieurs fois à Domrémy et dans les champs ; c’était une très douce, bonne, chaste et prudente fille, à ce qui lui parut. Il n’entendit jamais dire du mal d’elle ; on l’estimait bonne et pieuse fille.
6. Son assiduité à l’église
Elle allait souvent à l’église, au point que parfois les autres jeunes se moquaient d’elle ; elle allait parfois à l’église ou ermitage de Notre-Dame de Bermont, près du village de Domrémy, alors que ses parents la croyaient aux champs, à la charrue ou ailleurs.
Lorsqu’elle entendait sonner la messe et qu’elle était aux champs, elle venait à l’église du village pour entendre la messe, comme le témoin assura l’avoir vu.
Elle allait fréquemment à l’église et parfois, lorsqu’on sonnait les complies à l’église du village, se tenait à genoux. Elle disait ses prières avec dévotion.
Elle visitait fréquemment et avec dévotion les églises et lieux saints ; ainsi, quand le village de Domrémy fut incendié, elle allait tous les jours de fête entendre la messe au village de Greux. Il n’y avait pas meilleure qu’elle dans les deux villages.
Elle allait souvent et dévotement à l’église.
Elle allait volontiers à l’église.
[Cf. 4.]
Elle allait volontiers à l’église et craignait Dieu. Parfois elle allait à l’église Notre-Dame de Bermont avec quelques jeunes filles, pour prier sainte Marie ; et le témoin y alla autrefois avec elle.
Elle aimait aller à l’église ; servait Dieu.
Elle craignait Dieu et allait volontiers à l’église.
Elle aimait aller à l’église, et spécialement à celle du village, comme il le vit.
Elle allait fréquemment à l’église. Le témoin parle en connaissance de cause, car il était alors marguillier de l’église de Domrémy et il voyait souvent ladite Jeanne venir à l’église, pour les messes et les complies ; et quand le témoin ne sonnait pas les complies, elle le lui reprochait et le blâmait, disant que ce n’était pas bien ; et Jeanne avait promis au témoin de lui donner des galettes afin qu’il fût diligent à sonner les complies.
Jeanne allait souvent, avec sa propre sœur et d’autres personnes, à l’église et ermitage de Bermont, fondé en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie.
Elle allait volontiers et souvent à l’église.
Elle allait volontiers et souvent à l’église et à des lieux saints ; et souvent elle avait de l’embarras parce que les gens lui disaient qu’elle allait trop dévotement à l’église.
Elle était bonne et franche, fréquentait les églises et les lieux saints ; parfois aussi quand elle était dans les champs et entendait la cloche sonner, elle se mettait à genoux. Elle portait souvent des cierges et allait au pèlerinage de Notre-Dame de Bermont.
Elle allait volontiers à l’église et aux lieux saints.
Elle allait volontiers et souvent à l’église et aux lieux saints. Quand on sonnait les cloches, elle se signait et se mettait à genoux. Elle portait des cierges volontiers à l’église devant Notre Dame, comme il le vit.
Elle allait volontiers et souvent à l’église Notre-Dame de Bermont. — On ne la voyait pas par les chemins, mais elle se tenait dans l’église en prière.
Elle allait volontiers et souvent à l’église, faisait l’aumône sur les biens de son père.
À ce qui lui paraît, c’était en conscience une bonne fille, et elle avait les signes d’une bonne, catholique et parfaite chrétienne aimant aller à l’église.
Elle aimait aller à l’église, à ce qu’il vit, car, presque chaque samedi après-midi, elle allait avec sa propre sœur et d’autres femmes à l’ermitage ou église de Notre-Dame de Bermont, y portait des cierges.
Jeanne aimait entendre la messe, comme il le vit.
Elle aimait aller à l’église et fréquentait les lieux saints. Il l’a vit plusieurs fois, et l’accompagna en pèlerinage à Notre-Dame de Bermont, où elle allait presque chaque samedi avec sa sœur ; elle y portait des cierges et aimait donner pour l’amour de Dieu ce qu’elle pouvait avoir.
Elle aimait aller à l’église.
Elle aimait aller à l’église.
Jeanne aimait aller à l’église et [durant son séjour à Vaucouleurs] y allait souvent avec sa femme (témoin qui précède).
[Réponse groupée aux articles 6-8.]
Elle aimait fréquenter les églises et les lieux saints, allait en pèlerinage à Notre-Dame de Bermont et se confessait presque chaque mois, comme il l’a entendu dire par beaucoup des habitants de Domrémy. Le sait aussi par l’enquête qu’il fit avec le prévôt d’Andelot [Cf. 10.].
A entendu dire qu’elle aimait aller à l’église, et presque chaque samedi elle allait à l’ermitage Notre-Dame de Bermont et y portait des cierges.
Elle aimait aller à l’église et dans les lieux saints ; c’était une bonne fille, craignant Dieu, car dans l’église parfois elle était inclinée devant le crucifix, et parfois se tenait mains jointes levant son visage et les yeux vers le crucifix ou la sainte Vierge.
Jeanne vint à Vaucouleurs et disait vouloir aller vers le dauphin.
Lui-même était alors un jeune séminariste (jeune et clergeon) à la chapelle Notre-Dame de Vaucouleurs ; la vit souvent venir à ladite église très dévotement ; elle y entendait les messe du matin et restait beaucoup à prier. L’a aussi vue dans la crypte, ou les voûtes, sous ladite église, se tenant à genou devant Notre-Dame, parfois le visage incliné et parfois le visage relevé. Croit que ce fut une bonne et sainte fille.
Elle aimait aller à l’église ; il la vit aller volontiers à l’église Notre-Dame de Bermont.
7. Ses occupations
Jeannette filait, allait à la charrue et gardait les animaux, cf. 5e article.
Jeannette filait parfois, allait à la charrue ou gardait les animaux.
Elle s’occupait à divers travaux dans la maison paternelle : parfois elle filait le chanvre et la laine, allait à la charrue, à la moisson, quand c’était le temps, et parfois gardait les animaux et le troupeau du village, quand c’était le tour de son père.
Dans la maison de son père elle filait le chanvre, la laine, et parfois allait à la charrue avec son père, et gardait les animaux pour son père, à son tour.
Elle travaillait volontiers, filait, faisait les choses utiles pour la maison de son père, gardait parfois les animaux.
[Cf. 4.]
Elle s’adonnait volontiers à des travaux, en filant, ou faisant des choses nécessaires à la maison ; et souvent, à l’occasion, quand c’était le tour de son père, elle gardait le troupeau.
Jeanne ne jurait pas, à l’exception de Sans faute !
, et ne s’adonnait pas à la danse ; mais parfois, quand les autres jeunes filles chantaient et dansaient, elle, elle allait à l’église.
Elle s’occupait à filer, à faire les tâches domestiques, et parfois gardait le troupeau, quand c’était le tour de son père.
Elle s’occupait tous les jours aux travaux de la maison ; il la vit plusieurs fois le soir, dans la maison de lui qui parle, où elle filait avec une de ses filles, sans jamais remarquer chez elle le moindre mal ; elle gardait les animaux lorsque c’était le moment.
Elle exécutait les travaux domestiques et filait, comme font les autres jeunes filles, allait parfois à la charrue avec son père, et parfois gardait le troupeau, quand c’était le tour de son père.
Elle travaillait volontiers, filant et faisant les autres travaux nécessaires ; parfois elle allait à la charrue, et gardait le troupeau à son tour.
Elle aimait travailler, filant, accomplissant les tâches domestiques et se rendant utile à ses père et mère ; parfois elle allait à la charrue, suivant la volonté paternelle.
Jeanne travaillait comme les autres jeunes filles ; elle accomplissait les travaux domestiques, filait, et parfois gardait, comme elle le vit elle-même, les animaux de son père.
Elle travaillait volontiers, filait, accomplissait ce qui était nécessaire et utile à la maison, allait à la charrue avec son père et parfois gardait le troupeau, à son tour.
Elle travaillait, filait, sarclait, et faisait tous les travaux domestiques nécessaires, comme les filles.
Elle n’était pas paresseuse, travaillait volontiers, filait, allait à la charrue avec son père, hersait la terre avec la herse et faisait les autres travaux domestiques nécessaires.
Elle travaillait de bon gré, filant, cultivant la terre avec son père, faisant les travaux domestiques et parfois gardant les animaux. — Elle ne dansait pas, aussi les jeunes et les autres s’en plaignaient.
Elle allait à la moisson et quand c’était le moment et le tour de sa famille gardait parfois le troupeau en filant.
Elle aimait travailler, s’occupait de la nourriture des bêtes, avait soin des animaux de son père, filait et faisait les travaux domestiques ; elle allait à la charrue, à la herse et gardait le troupeau à son tour.
Elle s’empressait d’accomplir, bien et convenablement, les travaux des femmes et des jeunes filles.
Elle aimait travailler, filait, allait à la charrue, gardait les animaux, et faisait tout ce qui convient aux femmes.
Elle filait volontiers et bien, et a filé dans sa maison.
Elle filait avec son épouse [durant son séjour à Vaucouleurs].
La vit ensuite en la compagnie de gens d’armes.
[Cf. 6.]
Elle filait, gardait parfois les animaux et les chevaux de son père.
Elle travaillait volontiers, filait, allait parfois à la charrue avec son père et ses frères ; elle gardait en temps voulu les animaux.
Elle aimait travailler, filait, allait à la charrue et allait herser la terre, gardait parfois les animaux.
8. Son assiduité à la confession
Jeannette se confessait à Pâques et lors des fêtes solennelles. Il la vit se confesser à dom Guillaume Fronté, alors curé de la paroisse de Domrémy.
Croit qu’elle se confessait et, à ce qu’il lui paraît, était une fille bonne et sage.
Elle se confessait volontiers aux jours convenables, surtout à Pâques.
Elle se confessait, car elle était bonne.
Croit que, dès qu’elle eut l’âge de raison, elle se confessait plusieurs fois l’an.
[Cf. 4.]
Elle se confessait souvent, car elle la vit plusieurs fois se confesser à messire Guillaume Fronté, alors curé de l’église paroissiale.
Entendit en effet dire qu’elle était honnête et se confessait volontiers.
Elle se confessait volontiers, le jour de Pâques.
Elle se confessait volontiers au jour de Pâques.
Selon les dires, elle se confessait volontiers.
Elle se confessait beaucoup.
Elle se confessait volontiers et dévotement comme il le vit.
A entendu dire par le curé de l’époque qu’elle se confessait à plusieurs reprises.
Elle se confessait volontiers, aux dires du prêtre du village.
Croit qu’elle se confessait volontiers, car elle était très dévote.
Elle se confessait volontiers, disait-on.
Elle se confessait volontiers et souvent, comme elle le vit, car cette Jeannette était la marraine et avait tenu sur les fonts un de ses fils, Nicolas ; et souvent elle allait avec elle et la voyait aller se confesser, dans l’église, à messire Guillaume, le curé du temps.
Elle se confessait volontiers, et elle la vit plusieurs fois à genoux devant le curé du village.
Jeanne étant à Vaucouleurs vint à lui deux ou trois fois, pour se confesser, et il entendit deux ou trois fois sa confession.
A entendu Guillaume Fronté, l’ancien curé de la paroisse, dire que Jeanne était bonne catholique, que meilleure qu’elle il n’en avait jamais vue et il n’y en avait pas dans sa paroisse.
Elle se confessait souvent.
Elle se confessait souvent. Il le sait, car il se tenait en sa compagnie et il la vit plusieurs fois se confesser.
Elle aimait se confesser.
Elle aimait se confesser ; le sait car elle la conduisit à l’église et la vit se confesser à Jean Fournier, alors curé de Vaucouleurs.
La vit se confesser à frère Richard, devant la ville de Senlis, et recevoir le corps du Christ, en deux journées, avec les ducs de Clermont et d’Alençon, et croit absolument qu’elle était bonne chrétienne.
[Cf. 6.]
La côtoya tant à Vaucouleurs qu’ailleurs dans la guerre, et la vit se confesser souvent et parfois à deux reprises dans la semaine ; elle recevait l’eucharistie et était fort pieuse.
Elle aimait se confesser souvent, car lui, témoin, l’a confessée quatre fois : trois fois pendant un carême, et une fois pendant une fête.
Elle se confessait volontiers et souvent, disait-on.
9. L’arbre des fées
Entendit dire autrefois que des femmes ou personnes surnaturelles, on les appelait fées, allaient anciennement danser sous l’arbre appelé des dames
; mais, à ce qu’on dit, après une lecture de l’évangile de saint Jean, elles n’y vont plus.— Encore aujourd’hui, le dimanche de Lætare [4e dimanche de Carême] communément appelé dimanche des Fontaines
, et les jours de fêtes au printemps et en été, les jeunes filles et jeunes gens de Domrémy vont sous cet arbre pour danser ; parfois ils y déjeunent ; et en revenant ils vont à la fontaine aux Rains, qui est plus près du village que l’arbre, en se promenant et chantant, y boivent son eau et autour s’amusent à cueillir des fleurs. — Jeanne y allait parfois avec les autres jeunes filles et faisait comme les autres ; il n’entendit jamais dire que Jeannette fût allée seule, ni pour d’autres raisons, à cet arbre et à cette fontaine, si ce n’est pour se promener et s’amuser comme les autres.
L’arbre en question est appelé communément l’arbre des dames. Le dimanche de Lætare, qu’on appelle ici dimanche des Fontaines, ou pendant le printemps, les jeunes filles, les enfants et les jeunes gens de Domrémy viennent à cet arbre pour chanter, et emportent avec eux du pain ; en revenant ils vont à la fontaine des Rains, mangent leur pain et boivent de cette eau ; et ils font cela pour se promener. Il a vu Jeanne venir et aller avec les jeunes filles, et elle faisait comme les autres. Cet arbre est d’un aspect étonnant et admirable, raison pour laquelle, selon lui, les jeunes filles et les enfants vont volontiers danser sous lui.
L’arbre était appelé l’arbre des dames
. — Le témoin y alla autrefois avec les seigneurs du village et leurs femmes pour s’y promener, à cause de sa beauté. — Cet arbre se trouve à côté du grand chemin par lequel on va à Neufchâteau ; et autrefois entendit dire qu’anciennement les dames fatales
, en français les fées
, allaient sous cet arbre ; mais n’y vont plus à cause des péchés. — Les jeunes gens et les jeunes filles de Domrémy, chaque dimanche de Lætare, qu’on appelle ici dimanches des Fontaines, et au printemps, vont à cet arbre, et Jeannette y allait avec eux, et sous l’arbre chantent et font des chœurs, déjeunent ; en revenant, vont à la Fontaine aux Rains et boivent son eau. — La veille de l’Ascension, quand le curé porte les croix par les champs, il va lui aussi sous cet arbre et y chante l’évangile, ainsi qu’à la fontaine aux Rains et aux autres fontaines.
L’arbre est appelé l’arbre des dames
. — Entendit dire que les femmes des seigneurs du village de Domrémy allaient autrefois se promener sous cet arbre. Lui semble que dame Catherine de La Roche, femme de Jean de Bourlemont, seigneur dudit village avec ses demoiselles y allait se promener. — Les jeunes filles et les jeunes gens de Domrémy, au printemps et au dimanche des Fontaines vont sous cet arbre, y chantent, font des danses, apportent du pain et mangent, vont ensuite à la Fontaine aux Rains et boivent de son eau. — Jeannette y allait avec les autres jeunes filles ; n’a jamais vu ni appris que Jeannette serait allée autrement sous cet arbre.
L’arbre mentionné est près d’un bois, au bord du grand chemin par lequel on va à Neufchâteau. Les jeunes gens et jeunes filles du village, tous les ans, le dimanche des Fontaines, ont coutume d’aller se promener sous cet arbre, et là ils déjeunent joyeusement, vont aux fontaines près de cet arbre pour boire.
L’arbre est appelé l’arbre des dames
, car on raconte qu’anciennement un seigneur appelé seigneur Pierre Gravier, chevalier, seigneur de Bourlemont, allait rencontrer sous cet arbre une certaine dame dénommée Fée
, et qu’ils parlaient ensemble ; l’a entendu lire dans un roman. Les seigneurs et dames de Domrémy, ainsi dame Béatrice, femme du seigneur Pierre de Bourlemont, avec ses demoiselles et ledit seigneur Pierre, allaient parfois, à ce qu’on disait, se promener jusqu’à cet arbre. — Les jeunes filles et les jeunes gens du village vont chaque année, le dimanche de Lætare appelé des Fontaines, s’y promener, et là déjeunent et dansent, et vont boire à la Fontaine aux Rains. Ne se rappelle pas si Jeanne y alla jamais. N’a jamais entendu dire que cette Jeannette fut jamais diffamée à propos de cet arbre.
A entendu dire qu’anciennement les seigneurs et les dames du village de Domrémy, comme le seigneur Pierre de Bourlemont, son épouse, et d’autres serviteurs et demoiselles allaient se promener sous cet arbre. — Encore actuellement les jeunes filles et jeunes gens du village, au dimanche des Fontaines et à l’époque du printemps, vont sous cet arbre, emportant de petits pains, et là se promènent et mangent, dansent et font des rondes, et Jeanne allait avec eux. Il n’a jamais entendu dire que Jeanne allait seule à cet arbre, ou pour une autre raison, sans lesdites jeunes filles.
Les seigneurs féodaux et les dames du village allaient communément se promener sous cet arbre. Encore actuellement jeunes filles et jeunes gens du village vont sous cet arbre au printemps et en été, et au jour des Fontaines en emportant des pains pour les manger là et se promener. — Dans sa jeunesse, Jeanne allait aussi à cet arbre avec des jeunes filles se promener aux jours indiqués.
L’arbre qu’on appelle arbre des dames
est un hêtre, et il est très courbé. On disait jadis que les fées (en français) y allaient ; cependant il n’a jamais vu, ni entendu dire à l’époque que lesdites fées fussent allées sous cet arbre. — Au printemps et le dimanche des Fontaines, les jeunes filles et jeunes gens du village, allaient parfois à cet arbre, avec Jeanne parmi eux, et à la fontaine proche, pour se promener et faire des rondes ; ils avaient aussi l’habitude d’y manger. — Jamais il n’entendit dire que Jeanne était allée seule à cet arbre.
L’arbre en question est appelé l’arbre des dames. — Il vit une dame du village, qui était la femme du seigneur Pierre de Bourlemont, et la mère de ce seigneur aller parfois vers cet arbre pour se promener ; avec eux ils emmenaient leurs demoiselles et quelques jeunes filles du village, et ils portaient du pain et du vin avec des œufs. — Au printemps et le dimanche de Lætare, appelé dimanche des Fontaines, les jeunes filles et les jeunes gens du village ont coutume d’aller à cet arbre et aux fontaines ; ils emportent de petits pains et mangent sous cet arbre, et se promènent en faisant des rondes et en chantant. — Jeanne dans sa jeunesse y alla parfois avec les jeunes filles du village, se promener et faire des rondes vers l’arbre et à la fontaine des Rains.
L’a souvent entendu appeler l’arbre des fées
. — Jadis, les dames des seigneurs de Domrémy avaient coutume d’aller avec leurs demoiselles et leurs servantes sous cet arbre pour se promener. — Au dimanche de Lætare, appelé des Fontaines, les jeunes filles et les jeunes gens de Domrémy y vont parfois pour faire leurs fontaines et se promener ; ils apportent du pain et mangent là ; ensuite ils reviennent à la fontaine des Rains et boivent de son eau. — Il y vit une fois Jeannette avec les jeunes filles, mais ne la revit plus ensuite. — Les jeunes filles et jeunes gens de Greux vont faire leurs fontaines à l’église Notre-Dame de Bermont.
L’arbre est appelé l’arbre des dames
depuis l’ancien temps. On disait qu’avant, les dames appelées fées
allaient à cet arbre, mais elle-même n’a jamais entendu dire que quelqu’un les ait vues. — Les jeunes filles et jeunes gens du village avaient l’habitude d’aller à cet arbre et à la fontaine des Rains le dimanche de Lætare, dit des Fontaines, et emportaient du pain. — Elle-même y alla avec Jeanne, qui était son amie, et avec d’autres jeunes filles ; on y mangeait, on se promenait, on jouait. — Elle a vu porter des noix autour de cet arbre et aux fontaines.
L’arbre est communément appelé l’arbre des dames
. Entendit dire que jadis des femmes appelées fées
s’y rendaient ; mais n’entendit jamais dire que quelqu’un les y ait vues. — À l’été et au dimanche des Fontaines, les jeunes filles et les jeunes gens de Domrémy ont coutume d’aller sous l’arbre, apportent de petits pains, et les mangent et dansent dessous ; puis au retour vont à la fontaine des Rains ou parfois à d’autres fontaines, et boivent. — Il vit Jeanne s’y rendre ainsi, avec d’autres jeunes filles, pour jouer et se promener comme elles.
L’arbre est appelé l’arbre des dames. — Il vit les seigneurs féodaux de Domrémy et leurs femmes au printemps, une ou deux fois, qui portaient du vin et du pain et allaient manger sous l’arbre, car celui-ci est beau comme les lys, épanoui, et ses feuilles et branches viennent jusqu’à terre. — Les filles et les jeunes gens du village de Domrémy ont l’habitude, au dimanche des Fontaines, d’aller à cet arbre ; les mères leur font des pains et ils vont sous cet arbre faire leurs fontaines ; ils y chantent, font des rondes, et ensuite reviennent à la fontaine des Rains, mangent le pain et y boivent de l’eau, comme il le vit. — Jeanne y allait avec les autres jeunes filles et faisait comme elles.
L’arbre est communément appelé l’arbre des dames
; on dit que jadis celles qu’on appelle les fées allaient sous cet arbre, bien qu’il n’eût lui-même jamais vu quelque signe de quelque esprit malin. — Les jeunes filles et jeunes gens vont, au printemps et le dimanche dit des fontaines, sous cet arbre pour faire leurs fontaines ; ils mangent là leur pain, font des rondes, en revenant passent à la fontaine des Rains et boivent de son eau. — Lui-même, avec Jeanne et d’autres, dans son jeune âge, alla vers cet arbre au dimanche des Fontaines, pour jouer et se promener, comme les autres filles et garçons du village.
A toujours entendu appeler cet arbre Aux loges des Dames. — Quand le château du village était en bon état, les seigneurs et leurs femmes allaient se délasser sous cet arbre, le dimanche du Lætare, appelé des Fontaines, et parfois en été ils y conduisaient leurs filles et leurs garçons ; elle le sait, car elle accompagna autrefois le sire Pierre de Bourlemont, seigneur du village et son épouse, qui était de France, et plusieurs fois aussi les jeunes filles du village, tant au printemps qu’en ce dimanche des Fontaines. — Les jeunes filles et les jeunes gens du village ont coutume d’y aller le dimanche des Fontaines pour se reposer et se promener ; ils emportent des pains pour manger ; et Jeanne allait avec eux pour se promener et jouer, en emportant son pain ; au retour ils venaient boire à la fontaine des Rains ; selon la coutume qui existe encore.
Ne sait rien sinon par ouï-dire.
L’arbre est appelé Aux loges des dames
. — Entendit dire que les seigneurs féodaux de Domrémy et leurs femmes avaient coutume d’aller sous cet arbre pour se délasser et se promener. — Les jeunes filles et les jeunes gens du village ont l’habitude d’aller sous cet arbre, au dimanche de Lætare dit des Fontaines
, et aussi au printemps et en mai. Parfois, le jour des Fontaines, ils font un homme de mai
et apportent de petits pains, chacun ayant le sien ; là ils mangent, dansent, chantent, et au retour vont parfois pour boire à la fontaine des Rains et y boivent ; et ils font cela à cause des loisirs en usage ce jour-là. — N’a jamais vu Jeanne y aller ; mais entendit dire qu’elle y fut avec d’autres, pour se promener et manger, comme le font les jeunes filles.
L’arbre est appelé Les loges des dames
. — A entendu dire que des femmes appelée fées se rendaient autrefois sous cet arbre, mais ignore si c’est vrai puisqu’elles n’y ont plus. — Les jeunes filles et les jeunes gens de Domrémy ont l’habitude d’y aller le dimanche de Lætare, ou des Fontaines, et là font des rondes, mangent, font leurs fontaines en jouant et se promenant ; ensuite vont boire à la fontaine des Rains. — Petite, Jeanne y allait aussi comme les autres pucelles, pour faire ses fontaines
; mais ne croit pas qu’elle y soit allée pour d’autres raisons, parce que c’était une fille tout à fait bonne.
N’en sait rien car il ne resta pas longtemps à Domrémy.
Ne sait rien sinon qu’on dit que les jeunes vont se promener vers cet arbre.
A entendu dire autrefois que jadis les fées venaient sous cet arbre, sans que personne ne les eût vues. N’a jamais entendu dire que Jeanne s’y trouvait ; d’ailleurs c’est bien vingt ou trente ans avant qu’on ne parlât de Jeanne, qu’il entendit ces histoires de fées.
A souvent entendu dire que les jeunes filles de Domrémy ont coutume d’aller sous l’arbre aux jours de fête, au printemps ou en été ; elles y font des rondes et cueillent des fleurs ; Jeanne allait avec elles et faisait comme les autres. A vu une fois ces filles du village, qui revenaient joyeusement de l’arbre.
A vu plusieurs fois l’arbre en question ; lui-même y alla pendant une douzaine d’années avant d’avoir rencontré Jeanne. A entendu dire que les jeunes filles et les jeunes gens de Domrémy et des autres villages voisins y vont durant l’été se promener et faire des rondes dessous.
A entendu dire autrefois, avant la naissance de Jeanne, que l’arbre était appelé les Loges des dames
. Il alla souvent à Domrémy et n’entendit jamais dire que Jeanne se rendait à cet arbre.
Les jeunes filles et jeunes gens ont coutume, l’été et le dimanche des Fontaines, d’aller sous cet arbre, ils chantent, mangent, font des rondes, puis, jouant et se promenant, reviennent à la fontaine des Rains, boivent de son eau. Croit que Jeanne y allait avec les autres filles.
10. Son départ de Domrémy
Quand Jeannette partit de la maison paternelle, elle alla deux ou trois fois à Vaucouleurs pour parler au bailli [Baudricourt, bailli de Chaumont].
Il entendit dire que le seigneur Charles, duc de Lorraine, voulut la voir et lui envoya un cheval de poil gris, suivant ses dires.
Ajoute qu’au mois de juillet, lui, témoin qui parle, alla à Châlons lorsqu’on disait que le roi allait à Reims pour se faire sacrer, et là il vit ladite Jeanne qui lui donna une veste rouge qu’elle avait revêtue.
Jeannette alla à Vaucouleurs quand elle quitta la maison paternelle.
Ne sait rien, mais a entendu dire qu’un de ses oncles conduisit Jeanne à Vaucouleurs.
A entendu dire que, quand elle voulut aller en France, elle alla voir le seigneur bailli de Chaumont [Baudricourt] et ensuite le seigneur duc de Lorraine ; et le seigneur duc lui donna un cheval et de l’argent ; et ensuite les nommés Bertrand de Poulengy, Jean de Metz, Jean de Dieuleward et Colet de Vienne la conduisirent vers le roi.
Un homme de Burey-le-Petit vint au village de Domrémy pour chercher Jeannette, et il la conduisit à Vaucouleurs pour parler au bailli [Baudricourt, bailli de Chaumont]. A entendu dire que ce bailli l’envoya au roi.
Quand Jeanne voulut partir de la maison paternelle, elle alla avec un Durand Laxart, son oncle, à Vaucouleurs pour parler à Robert de Baudricourt, alors capitaine de ce Vaucouleurs.
Lorsque cette Jeannette partit du domicile paternel, il la vit passer devant cette maison avec un oncle, nommé Durand Laxart ; et alors Jeannette dit à son père : Adieu ! Je vais à Vaucouleurs.
Et ensuite il entendit dire qu’elle allait en France.
Elle ne sut rien du départ de Jeanne et en pleura beaucoup, car elle aimait Jeanne qui était si bonne, et qui était sa compagne.
L’a vu partir de Greux. Elle disait aux gens : Adieu !
— L’entendit plusieurs fois dire qu’elle relèverait la France et le sang royal.
Ne sait rien sinon qu’au moment de son départ, elle lui dit : Compère, si vous n’étiez bourguignon, je vous dirais bien quelque chose.
Le témoin croyait alors qu’il s’agissait de quelque ami qu’elle voulait épouser. Il la vit aussi à Châlons, avec quatre autres dudit village, et elle disait n’avoir pas peur, si ce n’est d’une trahison. — [Réponse à l’article 12 qui semble aller avec le 10 :] Elle partit de la demeure paternelle, car il lui était pénible, à ce qu’elle disait, de demeurer là.
A entendu ceci de Durand Laxart, qui la conduisit au sire Robert de Baudricourt : elle lui demanda de dire à son père qu’elle allait aider la femme de ce Durant qui était en couches, afin qu’il pût la conduire audit sire Robert.
Quand Jeannette voulut aller à Vaucouleurs, elle fit venir Durand Laxart, pour faire savoir à ses père et mère qu’elle allait chez ce Durand Laxart, demeurant à Burey-le-Petit afin de rendre service à sa femme ; et en partant elle dit à elle qui témoigne : Adieu ! la recommandant à Dieu
, puis alla à Vaucouleurs.
Il vit Jeanne à Vaucouleurs, quand elle voulut aller en France, et la vit monter sur un cheval quand elle se mit en route ; il y avait avec elle Bertrand de Poulengy, Jean de Metz, Colet de Vienne, écuyers et sergents de Robert de Baudricourt.
A entendu Durand Laxart dire qu’elle le pressait de la conduire à Vaucouleurs, car elle voulait aller en France ; elle lui demandait aussi de dire à son père qu’elle se rendait à la maison dudit Durand, pour aider sa femme en couches ; et ainsi fit ledit Durand. Alors, avec le consentement de son père, elle se rendit à la maison de Durand, qui la conduisit à Vaucouleurs pour parler à Robert de Baudricourt.
Rencontre avec Jeanne à Vaucouleurs ; il se propose de la conduire au roi Elle était habillée de pauvres vêtements de femme, de couleur rouge et logeait chez un certain Henri le Royer. Il l’interrogea : Que faites-vous ici ? Convient-il que le roi soit chassé du royaume et que nous soyons anglais ?
Elle répondit : Je suis venue trouver Robert de Baudricourt pour être conduite au roi, mais il m’ignore. Il faut pourtant que je sois auprès du roi avant la mi-carême, dussé-je y perdre les jambes jusqu’au genou, car nul au monde, ni rois, ni ducs, ni fille du roi d’Écosse ou autres, ne peut recouvrer le royaume de France. Je préférerais filer auprès de ma mère mais il faut que j’aille car mon Seigneur le veut.
Il lui demanda qui était ce Seigneur, elle répondit que c’était Dieu. Alors, lui touchant la main, il promit de la conduire vers le roi, avec l’aide de Dieu.
Préparatifs Il lui demanda ensuite quand elle voulait partir ? Plutôt aujourd’hui que demain, et demain qu’après.
Avec ses vêtements ? elle répondit préférer des vêtements d’homme ; il lui remit l’habit d’un de ses serviteurs, puis les habitants de la ville de Vaucouleurs lui firent faire un costume d’homme et des chausses, des guêtres et tout le nécessaire, et lui donnèrent un cheval valant environ seize francs.
Jeanne rend visite au duc de Lorraine Ainsi équipée elle se rendit [à Nancy] auprès du duc Charles de Lorraine, qui lui avait délivré un sauf-conduit ; le témoin l’accompagna jusqu’à Toul [à mi-chemin]. Elle fut de retour à Vaucouleurs au début du Carême (cela fera bientôt 27 ans).
Départ de Vaucouleurs Le témoin et Bertrand de Poulengy la conduisirent au roi à Chinon, à leur frais, avec deux serviteurs, Colet de Vienne, messager royal, et un certain Richard l’Archier.
Voyage Ils chevauchèrent 11 jours, parfois de nuit par crainte des Anglais et des Bourguignons.
Mission divine de Jeanne Il lui arriva de l’interroger si elle ferait ce qu’elle disait, elle répondait de n’avoir crainte ; Dieu et ses frères du paradis, qui la dirigeaient depuis quatre ou cinq ans déjà, l’envoyaient à la guerre pour recouvrer le royaume de France.
Absence de désir charnel Chaque nuit Jeanne, Bertrand et lui couchaient côte-à-côte ; Jeanne gardait son pourpoint et ses chausses, mais il la craignait tellement qu’il n’aurait pas osé la solliciter, et n’eut jamais de désir ni de mouvement charnel.
Messe En chemin, elle demandait à entendre la messe, mais par prudence ils ne l’entendirent que deux fois.
Sa foi en Jeanne Les paroles de Jeanne et son amour de Dieu l’enflammaient. Il croit qu’elle était envoyée par Dieu ; elle ne jurait pas, aimait la messe et se signait pour prêter serment.
Arrivée à Chinon Ainsi voyagèrent-ils le plus secrètement possible. Une fois arrivé à Chinon, ils la présentèrent aux gens du roi et à ses conseillers ; alors elle fut beaucoup interrogée.
Ne sait rien sinon qu’une fois Jeanne lui dit, la veille de saint Jean-Baptiste [décollation de Jean Baptiste, célébrée le 29 août], qu’une jeune fille entre Coussey et Vaucouleurs, ferait sacrer le roi de France avant un an. Et dans l’année le roi fut sacré à Reims.
A entendu Jeanne dire plusieurs fois qu’elle voulait aller en France. Il vit Jean de Metz, Bertrand de Poulengy et Julien, à cheval dire qu’ils allaient conduire Jeanne au roi.
Mission de Jeanne Il alla chercher Jeanne chez son père et la ramena chez lui. Elle lui disait qu’elle voulait aller en France, vers le dauphin, pour le faire couronner, déclarant : N’a-t-il pas autrefois été dit que la France par une femme serait désolée, et ensuite par une pucelle devait être restaurée ?
Il mène Jeanne auprès de Baudricourt Elle voulut aller trouver Robert de Baudricourt pour qu’il la fasse conduire auprès du dauphin ; mais celui-ci répéta plusieurs fois au témoin qu’il devrait la reconduire chez son père et lui donner des gifles. Après le refus de ce Robert, Jeanne accepta les vêtements du témoin et dit qu’elle voulait partir ; il la conduisit à Vaucouleurs.
Jeanne rend visite au duc de Lorraine Ensuite elle fut menée avec un sauf-conduit à Charles, duc de Lorraine ; celui-ci s’entretint avec elle et lui donna quatre francs, que Jeanne montra au témoin.
Préparatifs À son retour, les habitants de Vaucouleurs lui achetèrent des vêtements d’homme, et un équipement. Le témoin et Jacques Alain, de Vaucouleurs, lui achetèrent un cheval, douze francs, que lui remboursa Baudricourt.
Départ pour Chinon Elle partit escortée par Jean de Metz, Bertrand de Poulengy, Colet de Vienne, Richard l’Archier, et deux serviteurs desdits Jean et Bertrand. Et, au dire du témoin, il a raconté tout cela au roi.
Reims Il revit Jeanne à Reims lors du couronnement du roi.
Séjour de Jeanne chez elle à Vaucouleurs Lorsque Jeanne voulut se rendre auprès du dauphin, elle séjourna plusieurs fois chez elle par intervalles durant trois semaines, et fit dire à Robert de Baudricourt de la faire conduire, ce que le sire Robert refusa.
Rencontre entre Jeanne et Baudricourt Un jour, Baudricourt entra chez elle accompagné du curé Jean Fournier pour qu’il exorcisât Jeanne devant lui ; le prêtre montra une étole à Jeanne en déclarant que si elle était une mauvaise créature, elle s’éloignât d’eux, et si elle était une bonne créature, elle vint vers eux. Jeanne se jeta à ses genoux et lui reprocha d’avoir mal agi, car il l’avait entendu en confession. Et comme Baudricourt refusait de la faire conduire elle lui dit qu’elle devait aller trouver le dauphin, ajoutant : N’avez-vous pas entendu cette prophétie, à savoir que la France par une femme serait détruite, et par une pucelle des marches de Lorraine restaurée ?
Le témoin, qui assistait à la rencontre s’est rappelé avoir entendu ces paroles et fut stupéfait.
Jeanne s’impatiente Voyant qu’on ne la conduisait pas au dauphin, Jeannette était pleine d’impatience, et le temps lui pesait comme à une femme enceinte.
Jeanne va jusqu’à Saint-Nicolas Après cela le témoin et beaucoup d’autres crurent à ses paroles. Un certain Jacques Alain et Durand Laxart voulurent la conduire ; ils l’emmenèrent jusqu’à Saint-Nicolas mais retournèrent à Vaucouleurs, car Jeanne disait qu’il n’était pas honnête de partir ainsi.
Préparatifs À leur retour des habitants de Vaucouleurs l’équipèrent (vêtements, éperons, épée, …) et lui achetèrent un cheval.
Départ Le témoin assista au départ de Jeanne vers le dauphin, conduite par Jean de Metz, Bertrand de Poulengy, Colet de Vienne avec trois autres, à cheval.
A entendu Jeanne dire qu’elle devait aller trouver le dauphin, parce que son Seigneur, le roi du ciel, voulait qu’elle y allât, et elle était ainsi envoyée par le roi du ciel ; et que s’il le fallait, elle irait sur les genoux.
Lorsque Jeanne vint chez lui, elle portait un habit de femme rouge ; lorsqu’elle partit vers le dauphin, elle avait revêtu un habit d’homme, était montée sur un cheval et accompagnée par Jean de Metz, Bertrand de Poulengy, avec leurs serviteurs, Colet de Vienne, Richard l’Archier, comme il les vit tous partir.
Lors de son départ, on l’avertit des gens de guerre présents tout autour ; elle répondit qu’elle ne les craignait pas car sa voie était dégagée ; que s’il s’en trouvait sur le chemin, Dieu lui ouvrirait la route jusqu’au dauphin ; et qu’elle était née pour accomplir cela.
Elle demandait à beaucoup de gens de la conduire près du roi, pour le plus grand profit de celui-ci. Elle parlait bien ; et ensuite fut conduite par Bertrand de Poulengy, Jean de Metz et ses serviteurs.
Premier séjour de Jeanne à Vaucouleurs Jeanne vint à Vaucouleurs aux environs de l’Ascension. Il la vit alors demander à Robert de Baudricourt d’appeler le dauphin à tenir bon, sans engager bataille contre ses ennemis, car son Seigneur lui apporterait un secours avant la mi-carême ; elle disait que le royaume n’appartenait pas au dauphin, mais à son Seigneur, lequel voulait cependant que le dauphin devint roi et tint le royaume en commande. Elle ajoutait que le dauphin deviendrait roi et qu’elle le conduirait pour le faire sacrer. Baudricourt lui demanda qui était son Seigneur, elle répondit : le roi du ciel ; puis s’en retourna à Domrémy avec son oncle Durand Laxart de Burey-le-Petit.
Second séjour à Vaucouleurs Vers le début du carême, Jeanne revint à Vaucouleurs afin d’être menée vers le dauphin. Lui-même et Jean de Metz se proposèrent ensemble de l’y conduire.
Séjour à Saint-Nicolas et chez le duc de Lorraine Après être allée en pèlerinage à Saint-Nicolas et s’être rendue grâce à un sauf-conduit auprès du duc de Lorraine, qui voulait la voir, Jeanne revint à Vaucouleurs et logea chez Henri Le Royer.
Préparatifs Elle put quitter ses vêtements féminins, de couleur rouge pour des vêtements d’homme et un équipement que lui-même, Jean de Metz et d’autres gens de Vaucouleurs lui firent préparer (éperons, guêtre, épées, … et un cheval).
Départ de Vaucouleur Ils se mirent en route, avec Julien, serviteur dudit témoin, Jean de Honnecourt, serviteur de Jean de Metz, Colet de Vienne et Richard l’Archier. Le premier jour, craignant les bandes de Bourguignons et d’Anglais, alors tout-puissants, ils marchèrent la nuit.
Voyage vers Chinon : messes Jeanne leur disait qu’il serait bon d’entendre la messe, mais ils ne le purent, tant qu’ils furent dans les pays en guerre, pour ne pas être reconnus.
Voyage vers Chinon : couchers Chaque nuit elle couchait avec lui et Jean de Metz, revêtue de son surcot et ses chausses lacées et fixées. À cette époque il était jeune mais n’eût pourtant ni désir ni quelque envie charnelle, et n’aurait pas osé solliciter Jeanne, à cause de la bonté qu’il voyait en elle.
Voyage vers Chinon : inquiétude Le voyage dura onze jours jusqu’au roi. Ils eurent beaucoup d’inquiétudes mais Jeanne leur répétait de ne rien craindre, car une fois arrivés à Chinon, le noble dauphin leur ferait bon visage.
Portrait de Jeanne Elle ne jurait jamais et l’enflammait de ses paroles. Elle lui semblait être envoyée par Dieu. Jamais il ne vit quelque chose de mauvais en elle ; elle fut si bonne qu’on aurait dit une sainte.
Arrivée à Chinon Ils cheminèrent ainsi jusqu’à Chinon. Une fois arrivés ils présentèrent la Pucelle aux nobles et gens du roi, auxquels le témoin s’en rapporte pour les actions de Jeanne.
[A vu Jeanne lorsqu’elle vint à Vaucouleurs, cf. 6.]
11. Les informations commandées par les juges de Rouen
Ne sait rien, mais entendit dire autrefois que certains frères mineurs furent dans le présent pays pour faire une enquête ; mais ignore s’ils la firent.
A entendu dire que des frères mineurs vinrent pour faire une enquête ; ne sait rien de plus, car on ne lui a rien demandé.
Après la prise de Jeanne il vit arriver à Domrémy un certain Nicolas Bailly [lequel dépose plus bas, voir], d’Andelot, accompagné de quelques autres. Celui-ci se disait envoyé par Jean de Torcenay, bailli de Chaumont pour le prétendu roi de France et d’Angleterre, pour faire une enquête sur la réputation et la vie de Jeanne. Ils n’osaient pas forcer les gens à prêter serment à cause de ceux de Vaucouleurs. Jean Begot dût être interrogé, car ils logèrent chez lui. Croit qu’ils ne trouvèrent rien de mal à propos de Jeanne.
Jean de Torcenay, chevalier, alors bailli de Chaumont, tenant ses pouvoirs du prétendu roi de France et d’Angleterre [Baudricourt était bailli de Chaumont au nom de Charles VII], l’avait commis lui avec un certain Gérard dit Petit, pour faire une enquête sur le cas de Jeanne la Pucelle, alors détenue, disait-on, dans la prison de Rouen. Ils recueillirent avec soin les dépositions de douze ou quinze témoins. Toutefois on les soupçonna d’avoir d’avoir mal fait l’enquête ; et les témoins durent venir devant Simon de Charmes, écuyer, agissant alors comme lieutenant du capitaine de Monteclère, pour authentifier leurs dépositions. Ils les déclarèrent conformes, ce que rapporta par écrit le lieutenant au bailli de Chaumont. Lorsque le bailli vit le rapport il déclara que ces commissaires étaient des Armagnacs déguisés. — Interrogé s’il possède le texte de cette enquête ou une copie, déclara que non.
A entendu dire que l’enquête avait été corrigée, mais ne sait par qui.
A vu Nicolas, dit Bailly, d’Andelot, et Guillot le sergent, avec quelques autres venus audit village de Domrémy, faire une enquête sur le fait de la Pucelle, à ce qu’on disait. — Ils ne forcèrent personne à témoigner ; et semble-t-il, interrogèrent Jean Morel, Jean Guillemette son propre père, Jean Colin, encore vivants, feu Jean Hennequin de Greux et plusieurs autres. — Ils partirent enfin discrètement, par crainte des gens de Vaucouleurs. — À ce qu’il croyait, cette enquête avait été commandée par le bailli de Chaumont, partisan des Anglais et des Bourguignons.
12. Son séjour à Neufchâteau
Quand Jeanne alla à Neufchâteau à cause des bandes armées, elle fut toujours en la compagnie de ses père et mère. Ils y restèrent quatre jours et rentrèrent à Domrémy. Le témoin le sait, car il fut avec d’autres dudit village à Neufchâteau et vit alors Jeannette et ses père et mère.
Tous les habitants de Domrémy prirent la fuite à cause des bandes armées, et allèrent à Neufchâteau. Jeannette y alla avec son père et sa mère et il lui semble qu’elle resta toujours dans leur compagnie et quitta Neufchâteau avec eux.
Quand Jeanne était à Neufchâteau, tous les habitants de son village s’y étaient réfugiés. Vit Jeannette toujours dans la compagnie de ses parents. Jusqu’à son départ pour la France elle ne fut au service que de son père.
Jeannette fut toujours à Neufchâteau dans la compagnie de son père, comme elle le vit.
A entendu dire que lorsque les villageois s’était réfugiés à Neufchâteau, à cause des bandes armées, Jeannette alla dans la maison d’une femme honnête appelée la Rousse ; et qu’elle était toujours en compagnie de son père et des autres du village.
Lui-même vit Jeannette à Neufchâteau ; elle menait aux champs les animaux de ses parents, qui étaient dans cette ville.
À cause des bandes armées qu’on disait se diriger vers le village, tous les habitants partirent pour Neufchâteau. Jeanne y alla en la compagnie de ses parents et y séjourna avec eux pendant quatre jours environ.
Quand les gens du village s’enfuirent à Neufchâteau à cause des bandes armées, Jeanne et ses parents y allèrent et y conduisirent leurs animaux ; après trois ou quatre jours elle revint avec son père à Domrémy.
Lui-même fut à Neufchâteau avec Jeanne et ses parents ; il les vit toujours ensemble sauf pendant trois ou quatre jours, quand Jeannette, en présence de ses parents, aidait l’hôtesse du lieu où ils étaient logés, une certaine la Rousse, honnête femme de la ville. Ils ne restèrent à Neufchâteau que quatre ou cinq jours, jusqu’au départ des bandes armées ; alors Jeanne revint avec ses parents à Domrémy.
Jeanne resta toujours à Neufchâteau avec ses parents, car elle-même y était aussi et la vit toujours.
Le témoin fut lui-même à Neufchâteau, avec les autres du village. Jeannette resta avec ses parents durant tout son séjour.
Jeanne séjourna peu de temps à Neufchâteau et, à ce qu’il lui semble, avec son frère Jean d’Arc, depuis prévôt de Vaucouleurs ; elle gardait les animaux de son père ; et elle partit de la demeure paternelle, car il lui était pénible, à ce qu’elle disait, de demeurer là.
Il se trouva lui aussi à Neufchâteau avec des habitants du village, parmi lesquels était Jeanne et ses parents. Elle y resta peu de temps, jusqu’au départ des gens de guerre, puis quitta Neufchâteau, toujours avec ses parents.
Jeanne séjourna à Neufchâteau avec ses parents, ses frères et sœurs, qui avaient conduit les animaux dans cette ville à cause des bandes armées. Elle n’y resta pas longtemps et retourna au village de Domrémy, avec son père, comme le témoin l’a vu, car elle ne voulait pas rester audit lieu et préférait être à Domrémy.
À cette époque, tous les gens du village s’enfuirent à Neufchâteau avec leurs animaux. Jeanne y fut avec ses parents et y séjourna en leur compagnie, toujours, et en revint de même, comme elle a pu le voir.
Tous les habitants du village s’enfuirent à Neufchâteau, et Jeanne y resta avec ses parents dans la maison d’une certaine la Rousse. Ils revinrent ensemble, comme il le vit.
Lui-même fut à Neufchâteau avec les autres habitants de Domrémy ; il y vit Jeanne qui était toujours en la compagnie de ses parents.
Il apprit par les témoins de l’enquête, que Jeanne s’était réfugiée avec ses parents à Neufchâteau, qu’elle resta dans la maison d’une certaine la Rousse pendant trois ou quatre jours, toujours en compagnie de son père, puis revint à Domrémy avec ses parents.
Tous les habitants de Greux et de Domrémy allèrent à Neufchâteau. Il vit Jeanne conduire les animaux de ses parents. Ils revinrent ensuite, et Jeanne revint comme les autres avec ses parents.
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L'enquête de 1452 :
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