A. Harmand  : Jeanne d’Arc, ses costumes, son armure (1929)

II. : 3. Bâtons

2723.
Bâtons

Anciennement on entendait par bâtons toutes les armes offensives quelles qu’elles fussent, depuis le simple gourdin, auquel ce nom est exclusivement réservé de nos jours, jusqu’aux plus grosses pièces d’artillerie, en passant par l’épée, la dague, la hache, la lance1513, l’arc1514, les maillets de fer ou d’acier1515, les plommées1516, les épieux de chasse1517, etc. Nous ne nous occuperons dans ce chapitre que de celles de ces armes qui, d’après d’incontestables documents, furent en la possession de Jeanne d’Arc au cours de son existence de guerrière.

Lorsque, à Tours, on équipa notre héroïne en chevalier, elle voulut tenir son épée de sainte Catherine. Délaissant l’arme que lui avait donnée Baudricourt à son départ de Vaucouleurs, elle en envoya quérir une dont ses voix lui avaient révélé l’existence dans l’église de Fierbois, dédiée à la vierge d’Alexandrie. Cette épée, marquée de cinq croix sur sa lame rouillée, s’y trouva, enfouie sous terre tout près de l’autel. Les prêtres du lieu la frottèrent et la rouille tomba aussitôt. Les gens d’église de Fierbois me l’armèrent d’un fourreau, déclara Jeanne à son procès, ceux de Tours également. Les deux fourreaux qu’ils me firent faire étaient l’un de velours vermeil, l’autre de panne d’or1518. J’en ai fait faire un troisième de cuir bien fort… Je la portai constamment depuis que je l’eus jusqu’à mon départ de Saint-Denis, après l’assaut de Paris1519. La Pucelle cependant ajoute un peu plus loin qu’elle avait encore cette épée à Lagny, où elle alla en quittant Saint-Denis. Une tradition veut qu’elle en ait brisé la lame sur le dos d’une ribaude. Jean Chartier place à Gien, en juin 14291520, ce fait qui, d’après la déposition du duc d’Alençon, se serait passé à Saint-Denis, entre le 26 août et le 13 septembre de la même année1521, mais comme l’épée de Fierbois était intacte à Lagny entre les mains de l’héroïne, le 14 septembre, il est certain que cet événement ne put avoir lieu avant cette date. À deux reprises 273les juges de Rouen demandèrent à Jeanne en quel endroit elle avait abandonné son épée de Sainte-Catherine, elle se refusa à répondre1522. Il paraît évident toutefois que, depuis le 27 avril 1429, jour de sa mise en marche de Blois sur Orléans, jusqu’au 14 septembre suivant, cette arme fut la seule épée dont on la vit embastonnée1523 en tenue de guerre. Une autre, prise par Jeanne sur un Bourguignon, la remplaça ensuite, et cette nouvelle épée, que l’héroïne appréciait tout particulièrement parce qu’elle était propre à donner de bonnes buffes et de bons torchons1524, elle la portait encore à Compiègne le 23 mai 1430, lorsque l’archer du bâtard de Wandomme la renversa de son cheval et la fit prisonnière1525.

Il est donc prouvé par les paroles mêmes de la sainte qu’elle fit usage successivement de trois épées au cours de sa mission.

Nous avons vu que la première était un don de Baudricourt. Jeanne semble bien ne l’avoir portée que pendant son voyage de Vaucouleurs à Chinon, du 23 février au 6 mars de l’année 1429. Elle ceignit la seconde, celle de Sainte Catherine, pour la première fois, le 27 avril et la garda constamment jusqu’au 14 septembre. Enfin, de cette dernière date au 23 mai 1430, elle n’usa plus que de la bonne épée de guerre qu’elle avait conquise sur un Bourguignon.

Il existe au Musée de Dijon une épée dont l’image et la description détaillée doivent nécessairement trouver place dans ce chapitre, car, bien que l’histoire n’en fasse aucune mention, il nous parait inadmissible que la lame de cette épée, en raison des signes particuliers qui s’y trouvent gravés, n’ait pas été forgée spécialement pour notre héroïne. On va en juger par les lignes suivantes que nous empruntons à l’intéressant article que M. Étienne Metman a consacré à ce précieux objet dans la Revue de Bourgogne de l’année 1911.

Si l’on tient à la main l’épée droite, on voit, au-dessus de la garde, occupant toute la largeur de la lame, deux écus, l’un à gauche, aux armes de France, est surmonté d’une couronne royale ouverte, l’autre, à droite, de plus grande dimension, porte les armes de la ville d’Orléans (fig. 1).

Gravures de la lame de l’épée de Dijon
1. — Gravures de la lame de l’épée de Dijon.

Plus haut, au pied d’une croix, entre les bras de laquelle est engagée une couronne de fleurs ou de feuillage, on devine, car la gravure peu profonde est assez effacée, un personnage de profil, agenouillé, les mains jointes. Derrière lui, le long du taillant, du côté opposé à la croix, on lit dans une sorte de cartouche allongé ces deux mots : CHARLE ○ SEPTIESME ○. Au-dessus de la traverse de la croix, une banderole assez large portait sans doute une inscription disparue. Des ornements contournés servent de couronnement à ce petit tableau qui se répète sur l’autre face de l’épée, mais moins distinct ; la banderole supérieure n’est pas visible et bien que le cadre renfermant l’inscription soit aussi long que celui de l’autre face, on y lit seulement, à la partie supérieure, le mot VAVCOVLEV. Les lettres qui vraisemblablement précédaient ce mot, ont disparu.

Enfin sur chaque face de la lame, au-dessus des ornements couronnant le cartouche renfermant la croix et le personnage agenouillé, se trouve profondément gravée deux fois la date 1419 ; elle est encore répétée une cinquième fois, dans l’angle 274supérieur du cartouche, au-dessus de la tête du personnage, sur la face où on lit VAVCOVLEV, celle où la gravure a le plus souffert.

La couronne royale surmontant la marque de Lupus Aguado1526, les armes de France rapprochées de celles d’Orléans, Charle septiesme, Vaucouleu, la date de 1419 cinq fois répétée, voilà autant de particularités singulières qu’il s’agirait d’expliquer. Certaines de ces particularités font naturellement penser à Jeanne d’Arc et permettent d’affirmer qu’il y a un rapport entre l’épée du Musée de Dijon et la libératrice d’Orléans. Mais quel est ce rapport ? Cette arme a-t-elle appartenu à Jeanne d’Arc ? Le seul fait que la question puisse être posée donne à notre épée une haute valeur et suffirait à en faire un objet de tout premier ordre.

À coup sûr, l’épée du Musée de Dijon n’est pas celle que Jeanne d’Arc était allée chercher1527 dans l’église de Sainte-Catherine de Fierbois et qu’elle portait à l’assaut des Tourelles. Jean Chartier précise, en effet, que cette épée avoit empreinte de chaque côté cinq croix. Voir Chronique de Charles VII publiée par M. Vallet de Viriville, t. I, p. 49. Mais Jeanne n’a pas possédé que cette épée ; celle du Musée de Dijon ne serait-elle pas une épée à elle offerte, par le roi, en reconnaissance de services rendus ? On comprendrait alors la couronne royale surmontant la marque, les armes de France et d’Orléans, les inscriptions CHARLE ○ SEPTIESME ○ et VAVCOVLEV désignant les deux personnages, le roi Charles VII et la vierge partie de Vaucouleurs agenouillés tous deux les mains jointes, devant une croix, dans l’attitude même où on les retrouvait à Orléans, sur le monument élevé en 1458, en mémorial de la délivrance de la ville. On s’expliquerait même l’exiguïté de la poignée qui manifestement n’aurait pas permis à une main d’homme revêtue du gantelet de fer, de la saisir, mais qui conviendrait à la main d’une jeune fille de dix-neuf ans.

Quant à la date 1419 cinq fois gravée sur la lame dans le voisinage des figures agenouillées, elle avait frappé, en 1831, M. de Saint-Mémin. S’il n’avait pas alors reconnu les armes de la ville d’Orléans, il avait du moins remarqué que l’épée ayant été fabriquée sous le règne de Charles VII cette date antérieure à la mort de Charles VI n’avait certainement pas été apposée sur la lame lors de sa fabrication ; il y a là une surcharge postérieure et la date intentionnellement répétée cinq fois étant celle de l’assassinat de Jean sans Peur, à l’entrevue du pont de Montereau, 275cette surcharge a un sens politique qui n’avait pas échappé à M. de Saint-Mémin. Voici, en effet, comment il s’exprime à ce sujet :

Si, comme il n’y a aucun doute, cette arme a été fabriquée du temps de Charles VII, il est évident qu’elle n’a pu l’être que depuis l’année 1422, époque de l’avènement de ce prince à la couronne, et que la date 1419, qui est celle de l’assassinat de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, a été tracée postérieurement. L’importance obstinée et singulière qu’a mise à rappeler la date de 1419 celui qui en a surchargé cinq fois la gravure de l’épée, ne porterait-elle pas à croire qu’il a voulu faire une épigramme à la gloire de Charles le Victorieux en présence duquel lorsqu’il était Dauphin, l’évènement funeste de l’entrevue du pont de Montereau s’était passé ?

La remarque est fort juste, la date 1419 cinq fois répétée et profondément gravée dans l’acier affirme à la fois l’importance attachée à l’épée par celui qui en connaissait l’origine, et l’intensité de sa haine contre Charles VII et ses partisans. Devenu le maître de cette épée, il s’attache à y imprimer cette date sanglante comme pour flétrir l’honneur du roi de France.

L’épée de Jeanne est tombée avec elle aux mains de ses ennemis dans cette fatale sortie de Compiègne. Jean de Luxembourg, après avoir fait conduire sa prisonnière à Beauvais1528, la livre ou plutôt la vend à Pierre Cauchon dont il reçoit 10,000 francs1529. N’aurait-il pas gardé son épée comme un trophée pour l’offrir à son suzerain Philippe le Bon, après y avoir fait graver cette date de l’assassinat du pont de Montereau, peut-être même après avoir fait gratter le commencement de l’inscription terminée par le mot Vaucouleu et les inscriptions gravées sur les banderoles ? Conservée par les ducs de Bourgogne, l’épée serait restée à Dijon pour entrer plus tard au Musée de cette ville qui possède peut-être le seul objet connu ayant appartenu à Jeanne d’Arc.

Encore une fois ce n’est là qu’une hypothèse suggérée par l’étude du monument et qui semble expliquer les singularités qu’il présente.

Cette hypothèse, des observations et des faits nouveaux peuvent venir ou la confirmer ou la détruire ; en la proposant ici, notre but est surtout de la soumettre au contrôle de la critique et à l’épreuve de la discussion. Il était intéressant de le faire, car elle deviendrait certainement plus vraisemblable si aucune autre plus plausible ne lui était opposée1530.

Dès son apparition dans la Revue de Bourgogne, cet article de M. Metman mit en émoi un nombre considérable de journaux d’Europe et d’Amérique. Il fut reproduit, analysé, commenté, donnant lieu à des interprétations plus ou moins fantaisistes et téméraires, ce qui motiva un second article, éditorial celui-ci, publié dans la même Revue de Bourgogne (1911, p. 193). L’épée avait été sérieusement examinée et l’on avait constaté le remplacement certain de son pommeau et de ses quillons primitifs par le pommeau et les quillons qu’on y voit actuellement, ceux-ci ne pouvant guère remonter au-delà des dernières années du seizième siècle. Par contre, on avait cru devoir conclure à l’authenticité de la lame. Pour nous cette authenticité ne fait aucun doute. Les mots Charle septiesme, Vaucouleu, l’écu royal, les armes de la ville 276d’Orléans, le tout comme biffé par la date 1419, cinq fois rageusement gravée, brutale réplique aux cinq croix de l’épée de Fierbois, tous ces détails qu’on distingue sur la lame de l’épée en question, ne prouvent-ils pas suffisamment qu’elle a été forgée pour cette pucelle représentée agenouillée, qui, de Vaucouleurs, vint délivrer Orléans ?

Cette épée, qui dut tomber aux mains des gens du seigneur de Beaurevoir, le 23 mai 1430, lorsque Jeanne fut prise, n’était pourtant pas celle dont l’héroïne se trouvait armée ce jour-là, puisqu’elle-même déclara à ses juges qu’elle portait alors l’épée qu’elle avait conquise sur un Bourguignon l’année précédente1531. On peut toutefois supposer que l’épée de Dijon avait été confiée ou même donnée par elle à un de ses compagnons1532 et plus probablement qu’à aucun autre, à son frère, Pierre d’Arc. Or celui-ci fut fait prisonnier en même temps que sa sœur, avec Jean d’Aulon et Poton le Bourguignon, au soir de la saillie de Compiègne, et c’est ainsi que l’épée commémorative de la délivrance d’Orléans serait parvenue en la possession du duc Philippe.

Bien que son pommeau et ses quillons soient d’une époque très postérieure au temps de Jeanne d’Arc, nous croyons pouvoir donner (fig. 2) la reproduction de cette épée, telle qu’elle figure dans la Revue de Bourgogne.

Épée de Dijon
2. — Épée de Dijon.

La lame, longue de quatre-vingt-quatre centimètres, en mesure à la base cinq de largeur et seulement treize millimètres à quatre centimètres de la pointe. La disparition du pommeau et des quillons primitifs n’a pas dû modifier les dimensions de la prise de main et il est probable que celle-ci avait à l’origine les quatre-vingt-cinq millimètres de longueur qu’on lui voit actuellement.

Au moyen âge, l’épée ne se portait ordinairement qu’avec l’armure. Ce fut seulement sous le règne de François Ier qu’elle commença à devenir le complément indispensable du costume des gens de robe courte, appelés depuis pour cette raison gens d’épée. Pendant tout le quinzième siècle, la tenue civile ne comporta, en fait d’armes, que la dague suspendue à la ceinture. L’épée fut pourtant ceinte sur la robe dans certaines circonstances. Les voyageurs notamment l’adoptaient volontiers comme moyen de défense éventuel et nous avons vu Jeanne d’Arc chevauchant de Vaucouleurs à Chinon, l’épée de Baudricourt à son côté.

Dans le chapitre concernant cette dernière arme, nous nous sommes trop étendu sur les diverses formes de poignées, fourreaux et attaches d’épées en usage à l’époque de Charles VII, pour qu’il soit besoin d’y revenir ici. Il ne semble pas d’ailleurs que les épées de guerre fussent différentes de celles qu’on portait parfois avec le costume civil, et, en général, les modes de suspension étaient les mêmes sur l’armure et sur la robe. Il y eut cependant des façons de suspendre l’épée spéciales aux harnais militaires. Telle fut celle qui consistait en un passant de métal, rivé au fourreau, dans lequel passant s’introduisait puis se bouclait une courte courroie fixée sur le côté gauche de la braconnière. On peut voir ce détail dans la figure 3 du chapitre de l’Armure, où la courroie, traversant le passant du fourreau, est représentée débouclée, afin que l’épée repose sur son plat, à côté du gisant.

277Des comptes d’armuriers, datés de 14121533 et de 14161534, mentionnent invariablement, comme attaches d’épées et de dagues : Un crampon pour pendre l’épée, un anel pour pendre la dague. Dans un autre compte de 13981535, ces attaches sont ainsi précisées : Un grand crampon en manière de boucle et un petit anneau d’argent doré, pour pendre une épée et une dague au jaque pour armer. Ces crampons d’épées en forme de boucles se rivaient aux braconnières des jaques et des cuirasses, au-dessous de la hanche gauche. L’épée y était attachée au moyen d’une courte courroie fixée en haut du fourreau. L’anneau pour pendre la dague se trouvait placé sous la hanche droite, comme le montre l’image d’un chevalier allemand, reproduite dans le Costume du Moyen Âge chrétien de Hefner-Alteneck, où cet anneau, très visible, est rivé sur une braconnière de cuirasse1536.

Les crampons d’épées étaient quelquefois au nombre de deux, espacés d’environ douze centimètres l’un de l’autre. L’épée s’y suspendait alors par deux courroies1537.

On rencontre, au cours de la première moitié du quinzième siècle, principalement dans l’imagerie britannique, des épées suspendues par une courroie lâche circonscrivant obliquement le bassin. Cette courroie est maintenue en place, probablement au moyen d’un crochet, sur le côté droit de la braconnière, à quelques centimètres au-dessous de la taille, d’où elle descend diagonalement, en avant sur l’abdomen, en arrière sur le séant, pour venir se rattacher, sur le haut de la cuisse gauche, au fourreau de l’épée1538. La figure 16 du chapitre de l’Armure fait clairement comprendre cette disposition, qui semble avoir été rarement employée sur le continent avant 1460. Une boucle placée, tantôt par devant1539, tantôt par derrière ou sur côté, permettait d’ajuster la courroie à la corpulence de l’homme d’armes.

Ce qui caractérise les systèmes de suspension que nous venons de voir, c’est l’absence de toute ceinture à la taille. En France cependant, à l’époque de Jeanne d’Arc, les épées portées sur l’armure étaient le plus souvent reliées à des ceinturons. Nous avons donné plusieurs exemples de ce genre d’attache au chapitre consacré à l’épée de Vaucouleurs. Nous en présentons un dernier dans la figure 31540.

Suspension d’épée (vers 1430)
3. — Suspension d’épée (vers 1430).

Il consiste en deux courtes belières d’inégales longueurs et très rapprochées l’une de l’autre reliant l’épée au ceinturon. Sur la miniature dont provient notre dessin, 278l’épée ainsi suspendue est celle d’un chevalier en armure, mais, comme toutes les épées à ceinturon, elle pouvait se porter aussi bien avec le costume civil.

Ici se trouve terminé tout ce que nous avions à dire sur les épées du temps de Charles VII. Les détails fournis dans un précédent chapitre à propos de l’arme donnée à Jeanne par Baudricourt, joints à ceux que nous venons d’exposer, suffiront, croyons-nous, à une reconstitution, sinon exacte, du moins plausible des deux épées que la Pucelle porta successivement dans ses tenues de guerre.

Bien que notre héroïne appréciât tout particulièrement les épées propres à donner de bonnes buffes et de bons torchons, elle ne tua jamais personne, par la raison que lorsqu’elle chargeait les ennemis, elle tenait son étendard1541. Il semble avéré cependant, par le passage suivant de la déposition de Jean d’Aulon, qu’elle usa, au moins une fois, au cours de son existence de guerrière, de la lance pour combattre :

Dit que ainsi que lesdits François s’en retournoient de ladicte bastille de Saint-Jehan-le-Blanc pour entrer en ladicte isle, lors de ladicte Pucelle et la Hire passèrent tous deux chacun ung cheval en ung basteau de l’aultre part d’icelle isle, sur lesquelx chevaulx ilz montèrent incontinent qu’ilz furent passés, chascun sa lance en sa main. Et adonc qu’ilz apperceurent que lesdits ennemis sailloient hors de ladicte bastille pour courir sur leurs gens, incontinent ladicte Pucelle et la Hire, qui tousjours estoient au devant d’eulx pour les garder, couchèrent leurs lances et tous les premiers commencèrent à fraper sur lesdits ennemis1542.

Marguerite la Touroulde nous apprend d’ailleurs que Jeanne montait à cheval et maniait la lance comme l’eût fait le meilleur chevalier1543 et nous avons vu dans la déposition du duc d’Alençon qu’elle s’était exercée à ce maniement avec succès dès son séjour à Chinon1544.

Enfin, la première fois que les jeunes seigneurs Guy et André de Laval la virent, elle venait de Selles à leur rencontre, armée de toutes pièces, sauf la tête, et tenant la lance en main1545.

Les fûts de lances étaient ordinairement de bois de frêne1546. En 1446, celui des lances de joutes n’avait pas moins de douze pieds (3, 96 m) de son extrémité inférieure au rocquet1547 et dépassait quelquefois cette longueur d’un pied et demi1548. Ronde et legière1549, la lance de guerre n’atteignait sans doute pas d’aussi grandes dimensions. Avant 1450, la plupart des fûts de lances étaient sensiblement de même grosseur d’un bout à l’autre, s’amenuisant seulement un peu jusqu’au fer dans les trois derniers quarts de leur longueur.

Pour charger, l’homme d’armes couchait le bois, c’est-à-dire que, de sa seule main droite, la gauche demeurant occupée à tenir les rênes, il plaçait sa lance horizontalement, à la fois sur l’arrêt et sous son aisselle, de manière que le fût ne dépassât 279l’aisselle en arrière que de quelques centimètres. Une bague de fer, appelée grappe ou agrappe1550, solidement fixée à la distance approximative d’un pied du bas de la lance, se trouvait alors buter contre l’arrêt, empêchant le bois de glisser en arrière au moment du choc. La main du cavalier, déchargée du poids de l’arme supporté par l’arrêt, et n’ayant plus qu’à en assurer la direction, se plaçait en avant de l’agrappe, butée contre l’arrêt, et non en arrière, comme l’a cru à tort Viollet-le-Duc1551.

Nous avons voulu nous rendre compte de la force qui était nécessaire pour maintenir la lance dans cette position. Ayant couché sur l’arrêt une lance de trois mètres quinze de longueur totale, du poids d’un kilogramme neuf cent cinquante grammes, nous avons constaté que la pression de bas en haut du bois sous l’aisselle, occasionnée par la pesanteur de la partie saillante, très supportable au début, commençait à devenir fatigante au-delà de trois minutes. Il ne fallait pas tant pour courir une lance, mais c’était à la condition de ne pas s’attarder à tenir inutilement l’arme couchée avant la course. C’est pourquoi il était recommandé au servant du jouteur de bien regarder, avant de lui donner sa lance, sil y a autre prest sur les rengs qui ait sa lance sur faulte1552 et prest pour jouster contre sondit maistre, afin que sondit maistre, ne tienne trop longuement sans faire course la lance en l’arrest1553.

La figure 4 donne la partie inférieure d’une lance de 1432, munie de son agrappe1554.

Agrappe de lance (1432)
4. — Agrappe de lance (1432).

Dans les anciennes images, cet appendice apparaît sur les lances vers 13751555. Les textes le mentionnent à partir de 13851556. Rivée sur un fût d’épaisseur sensiblement égale sur toute sa longueur, sans saillie ni dépression à l’endroit de la prise de main, l’agrappe se voit adaptée à presque toutes les lances de la première moitié du quinzième siècle1557. Le fer y fut parfois remplacé par du cuir1558.

Tant que les bois de lances ne dépassèrent pas trois centimètres et demi de gros, il ne fut pas nécessaire d’y pratiquer la dépression que les images nous montrent à l’endroit de la prise de main dans les lances dont la partie inférieure présentait une plus grande épaisseur. La figure 51559 donne un spécimen de ces dernières.

Prise de main et agrappe (1445)
5. — Prise de main et agrappe (1445).

Rarement rencontrées dans l’iconographie avant 1445, elles devinrent d’un usage général à partir de cette date. L’agrappe de fer y fut le plus souvent remplacé par un relief ménagé dans le bois au dessous de la prise de main1560. Ce relief apparaît cerclé de fer et exceptionnellement saillant sur notre dessin.

280La figure 6 reproduit le pied de la lance du saint Georges, peint en 1425 par Gentile da Fabriano1561.

Prise de main et agrappe (1425)
6. — Prise de main et agrappe (1425).

Comme dans l’exemple précédent, la prise de main s’y trouve indiquée par une dépression. Cette prise de main diffère toutefois de celle que nous venons de voir dans la figure 5 en ce qu’elle est garantie par une rondelle de garde et limitée dans le bas par une agrappe de fer façonnée en manière de tore perlé.

Les agrappes des lances de joutes présentèrent quelquefois, sur leur rive en contact avec l’arrêt de la cuirasse, une suite de saillies de la grosseur d’une petite noisette, taillées en pointes de diamant1562. Les lances, munies de ces sortes d’agrappes, se couchaient sur des arrêts garnis d’un revêtement de plomb ou de bois tendre dans lequel s’enfonçaient les pointes de l’agrappe. Dès lors l’adhérence de celle-ci était complète. Le jouteur, au moment du choc, pliait fortement en arrière, mais la lance se brisait sans avoir été projetée hors de l’arrêt1563.

René de Belleval a émis l’opinion que l’agrappe, appelée parfois grappe, de la lance devait sans doute son nom à une prétendue ressemblance de cet accessoire avec une grappe de raisin1564. Aucune des agrappes de lances représentées sur les anciennes images ne permet de constater entre ces objets et le fruit de la vigne une similitude qui n’exista jamais que dans les mots. Ceux de grappe et d’agrappe, appliqués à la bague de fer fixée au-dessous de la prise de main de la lance, n’avaient pas d’autre signification que celle de grappin, d’objet agrippant. Un texte de 1411, dans lequel une agrappe de lance est désignée sous le nom d’agraphe1565, en est, semble-t-il, une preuve suffisante. Quant à la grappe de billettes mobile, avancée par Viollet-le-Duc1566, grappe glissant, on ne sait pourquoi, le long de la prise de main, et qui serait venue se placer sur l’arrêt, immédiatement derrière la rondelle de garde, obligeant ainsi le jouteur à empoigner la lance trop loin de cette rondelle et en arrière de l’arrêt, dans une position des plus gênantes, nous nous refusons à admettre qu’elle ait pu exister. L’éminent architecte a eu le tort de ne pas vérifier sa théorie, que réfutent d’ailleurs tous les documents figurés représentant des cavaliers chargeant, par une expérience qui lui en eût démontré l’impossibilité.

L’agrappe à pointes de diamant était spéciale aux lances de joutes. Il en fut de même des rondelles de garde1567, dont la figure 6 a donné un spécimen, datant de 2811425. Ces rondelles d’acier, destinées à protéger la main, étaient garnies intérieurement d’une matelassure de bourre de trois doigts d’épaisseur, cousue entre deux cuirs1568.

Autant qu’on peut en juger sur les images, les fers des lances de guerre paraissent avoir consisté en une douille prolongée par une partie pleine s’amenuisant en pointe. La section transversale de cette partie pleine était quadrangulaire ou en losange aplati. Dans ce dernier cas, le fer se découpait en forme d’amande allongée. La longueur totale de ces fers, douilles comprises, variait de vingt à trente centimètres environ. L’emmanchement semble en avoir été ordinairement consolidé par deux branches qui, partant de la base de la douille, s’incrustaient dans le bois où elles étaient fixées par des goupilles.

Les lances furent quelquefois peintes aux devises des seigneurs. En 1433, celles du duc de Bourgogne étaient grises et noires1569. En 1438, les douze portiers, chargés de la garde des portes de la ville de Tours, tenaient en main des lances dont les fûts, peints en noir, étaient semés de tours d’argent1570.

Dans le registre des mémoires et diligences de la ville de Clermont, appelé le papier du chien, parce qu’il se trouvait recouvert d’une peau de chien, on lit qu’à la date du 7 novembre 1429, Jeanne et le sire d’Albret, occupés alors au siège de la Charité, mandèrent à la ville de Clermont-Ferrand qu’elle voulût bien les aider dans cette entreprise en leur fournissant de la poudre, des traits et des engins d’artillerie. On y voit ensuite que les seigneurs d’église, les élus et les habitants de Clermont répondirent à cet appel en envoyant à la Charité deux quintaux de salpêtre, un quintal de soufre et deux caisses contenant un millier de traits et qu’ils ajoutèrent à ces munitions une épée, deux dague et une apche d’armes pour la personne de ladicte Jehanne.

Nous avons déjà eu l’occasion de parler de la dague au chapitre de la Robe. Cette arme, la seule qu’on portât couramment avec le costume civil, accompagnait assez souvent le harnais de guerre, comme on peut le constater dans les figures 3, 4, 10 et 24 du chapitre de l’Armure et dans la figure 1 de celui des Cottes d’armes. Ces dessins montrent des dagues de différentes sortes et en même temps la place qui leur était assignée dans l’adoubement de l’homme de guerre. Alors qu’avec la robe elle se trouvait pendre indifféremment à gauche, à droite, par devant ou par derrière, avec l’armure, elle était toujours accrochée à un anneau rivé sur le côté droit de la braconnière, faisant ainsi pendant à l’épée suspendue à gauche.

La dague ne manque jamais d’être représentée sur les tombeaux des chevaliers du quinzième siècle. Par contre, il résulte de l’examen des miniatures reproduisant des scènes de bataille qu’elle n’était pas considérée comme indispensable dans la tenue de guerre. Ces images nous font voir en effet la plupart des cavaliers armés seulement de la lance et de l’épée. On peut en conclure que la dague était exclue de l’équipement de notre héroïne.

Quant à la hache d’armes, elle ne semble pas avoir été employée de son temps par les gentilshommes ailleurs que dans les combats à 282pied, en lices closes. La hache et les deux dagues offertes à la Pucelle par les habitants de Clermont doivent donc être considérées comme des armes d’honneur, dont Jeanne n’eut jamais la pensée de se servir.

Le 7 juin 1429, on vit cependant, sur la place de l’église de Selles en Berry, l’héroïne, armée à blanc, sauf la tête, montée sur un grand et vigoureux coursier noir, tenant à la main une hachette1571. Mais ce n’était certainement là qu’un objet de contenance et non une arme de combat. Quelques documents nous montrent ainsi des personnages en attitude de représentation, ayant en mains une petite arme de guerre ou de chasse, ou encore une simple baguette. Une intéressante miniature des Chroniques du Hainaut de la Bibliothèque royale de Bruxelles reproduit la scène dans laquelle l’écrivain fait hommage de son œuvre au duc Philippe le Bon. On y voit ce prince debout, ayant auprès de lui le jeune comte de Charolais et maniant négligemment un petit martel d’armes ressemblant à s’y méprendre à un marteau de tapissier. On reconnaît dans l’entourage ducal, composé d’hommes de loi en robes longues, et de chevaliers de la Toison d’or en robes courtes, les physionomies caractéristiques du chancelier Rolin et du premier chambellan Antoine de Croy, placés selon l’étiquette, le premier à la droite du prince, le second à sa gauche1572. Tous ces personnages se retrouvent dans une scène analogue, que reproduit la miniature d’un manuscrit de l’ex-Bibliothèque impériale de Vienne1573. Le duc, assis sous un dais, y tient un simple bâton ayant tout à fait l’apparence d’une canne. Un marteau d’armes, semblable à celui que nous venons de mentionner plus haut, occupe les mains du duc Jean sans Peur au folio 4 des Lamentations de Pierre Salmon de la Bibliothèque universitaire de Genève1574. Dans la même image, un familier du roi Charles VI tient un vireton d’arbalète de chasse, du genre appelé bougon1575, engin qui se remarque encore entre les mains d’un courtisan d’Antiochus Gryphos, roi de Syrie, sur une miniature d’environ 14101576. C’est une sagette empennée qui sert de contenance au grand bâtard de Bourgogne dans son portrait du Musée de Bruxelles, vers 1470, et on connaît l’Homme à la flèche de celui d’Anvers. Enfin un dernier document nous fait voir Jean sans Peur, assis sous un ciel brodé à ses devises du rabot et de la fleur de houblon, recevant l’hommage d’un manuscrit et tenant à la main, tel un sceptre, une petite hache d’à peu près cinquante-cinq centimètres de longueur, dont notre figure 7 reproduit la physionomie1577.

Hachette d’armes (1409)
7. — Hachette d’armes (1409).

C’est sans doute une hachette de cette sorte que portait Jeanne sur la place de Selles, lorsque les jeunes seigneurs de Laval la virent se mettre en route pour Romorantin.

Il nous reste à citer, pour terminer ce chapitre, le passage suivant du Journal du siège d’Orléans se rapportant aux préparatifs d’attaque de la ville de Troyes lors de la marche sur Reims de l’armée royale :

Et lors elle (Jeanne) monta sur 283ung courcier, tenant un baston en sa main, et feist toutes aprestes en grant diligence pour assaillir et faire jecter canons : dont l’evesque et plusieurs de la ville s’en merveillerent fort1578.

Ici, il semble qu’il s’agisse, non pas d’une lance ou d’une épée, mais d’un véritable bâton, au sens actuel du mot. En face de la ville qu’elle allait attaquer, la Pucelle s’en servait pour indiquer les emplacements et les directions qu’elle ordonnait en vue de l’assaut. C’était une sorte d’insigne de commandement en même temps qu’un objet de contenance.

Notes

  1. [1512]

    Ce vêtement a été taillé sur les patrons donnés par la figure 23. Un tableau de van Eyck, du Musée de Vienne, nous a fourni l’ornementation de son étoffe, dont les motifs se détachent en or sur un fond de velours rouge vermillon. Quatorze mètres de létice en bordent l’encolure et les huit pans. On donnait le nom de létice a une fourrure blanche, telle que l’hermine dépourvue de ses mouchetures noires.

  2. [1513]

    La lance, la hache, l’épée et la dague étaient les quatre bâtons employés régulièrement dans les combats à pied, en lices (Le Fèvre de Saint-Rémy, Mem., t. 1, p. 206 ; Mathieu d’Escouchy, Chronique, t. I, pp. 149, 150).

  3. [1514]

    La Curne de Sainte-Palaye, Glossaire de la langue françoise : Baston.

  4. [1515]

    1382 : Froissart, t. X, p. 212.

  5. [1516]

    1415 : Juvénal des Ursins, ap. Michaud et Poujoulat, t. II, p. 518. — 1449 : Du Cange, Glossarium : Basto.

  6. [1517]

    1397 : Id., Ibid.

  7. [1518]

    Nous rectifions ici le texte de Joseph Fabre qui porte que ce second fourreau était de drap noir. Dans les manuscrits du Procès de la Pucelle (Bibl. nat., lat. 5965, fol. 28 ; lat. 5966, fol. 40 v° ; lat. 8838, fol. 13 v°), ainsi que dans Quicherat qui les a fidèlement copiés, on lit : de panno aureo et non de panne nigro. M. Pierre Champion reproduit également la version latine correcte et la traduit comme il convient par de drap d’or (Procès de condamnation de Jeanne d’Arc, t. I, p. 57, t. II, pp. 51, 141). — L’un de ces deux fourreaux, sans doute celui de velours vermeil, était semé de fleurs de lis (Chronique de la Pucelle, p. 277).

  8. [1519]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 85, 88. — Pierre Champion, Procès de condamnation, t. II, p. 51.

  9. [1520]

    Jean Chartier, Chronique de Charles VII, t. I, p. 90.

  10. [1521]

    Fabre, Procès de condamnation, t. I. p. 183.

  11. [1522]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 87, 88. — Pierre Champion, Procès de condamnation, t. II, p. 51.

  12. [1523]

    1465 : Lesquels embastonnés d’espées et autres armes invasibles et défendues…. (Charte du Cartulaire de Saint-Pierre de Chartres, ap. Du Cange, Glossarium : Basto.)

  13. [1524]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 87.

  14. [1525]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 87.

  15. [1526]

    Comme l’a reconnu lui-même ultérieurement M. Metman, la marque gravée sur la lame de cette épée n’est nullement celle de Lupus Aguado, qui forgeait des armures à Tolède dans le dernier quart du XVIe siècle.

  16. [1527]

    Avait envoyé chercher serait plus exact.

  17. [1528]

    Beauvais est là pour Beaulieu ou Beaurevoir. Jeanne ne fut jamais conduite à Beauvais.

  18. [1529]

    C’est aux Anglais et non à Cauchon que la Pucelle fut vendue.

  19. [1530]

    La Revue de Bourgogne, année 1911, n° 3, pp. 131-134.

  20. [1531]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 87. — Pierre Champion, Procès de condamnation, t. II, p. 51.

  21. [1532]

    L’occasion que nous avons eue de manier cette épée nous a permis de constater que, contrairement à l’opinion émise plus haut, sa poignée n’est pas tellement exiguë qu’une main d’homme, même gantée de fer, ne puisse la saisir.

  22. [1533]

    L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 201, 206.

  23. [1534]

    L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 308, 310.

  24. [1535]

    Bibl. nat., fr. 10432, p. 16.

  25. [1536]

    1350-1400 : t. III, pl. 212.

  26. [1537]

    Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier, t. V, pp. 219 (fig. 1), 220.

  27. [1538]

    Sepulchral monuments in Great Britain, t. I, part. II, pl. XLV, effigie funéraire de 1432 ; t. II, part. II, huit autres exemples s’échelonnant de 1392 à 1451, planches XXIII-LX. — Hewitt, t. III, douze exemples de 1400 à 1458, pp. 185-468.

  28. [1539]

    Sepulchral monuments in Great Britain, t. II, part. II, un exemple de 1392, pl. XXIII, un autre de 1401, pl. III. et un troisième de 1430, pl. XXXI. — Vers 1430 : Bibl. nat., fr. 357, fol. 7.

  29. [1540]

    Vers 1430 : Bibl. nat., fr. 357, fol. 7.

  30. [1541]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 88-89.

  31. [1542]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. I, p. 241.

  32. [1543]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. I, p. 294.

  33. [1544]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. I, p. 174.

  34. [1545]

    Quicherat, Procès, t. V, p. 107.

  35. [1546]

    Louis Moland et Charles d’Héricault, Nouvelles françaises en prose au XVe siècle, p. 45. — R. de Belleval, Du costume militaire des Français en 1446, p. 73.

  36. [1547]

    Le rocquet, roc ou rochet était un fer spécial à la lance de joute, dite lance de rochet. Il se divisait en trois pointes émoussées, quelquefois quatre, espacées entre elles de quatre à cinq centimètres et légèrement recourbées en dehors.

  37. [1548]

    R. de Belleval, Du costume militaire des Français en 1446, p. 73.

  38. [1549]

    R. de Belleval, Du costume militaire des Français en 1446, p. 82.

  39. [1550]

    Ces deux mots étaient synonymes de grappin et d’agrafe.

  40. [1551]

    Dictionnaire du mobilier, t. VI, p. 161.

  41. [1552]

    C’est-à-dire tenue verticalement, le talon sur la cuisse, temps qui précédait celui de la mise du bois horizontalement à l’arrêt.

  42. [1553]

    R. de Belleval, Du cost. milit. des Français en 1446, p. 12.

  43. [1554]

    Musée des Arts décoratifs, ex-voto à saint François d’Assise en reconnaissance de la réconciliation de deux chevaliers espagnols.

  44. [1555]

    Bibl. nat., fr. 9016, fol. 68.

  45. [1556]

    Comptes de l’écurie du roi, fol. 60 v°, ap. Gay, Glossaire archéologique, p. 793.

  46. [1557]

    Vers 1410. — Bibl. de l’Arsenal, 3477, fol. 493.

    Vers 1425. — Ibid., 621, fol. 334 verso.

    Vers 1435. — Ibid. nat., fr. 356, fol. 40.

    Vers 1411. — Nuremberg, Musée germanique, 998, fol. 106 verso.

  47. [1558]

    R. de Belleval, Du cost. milit. des Français en 1446, p. 82.

  48. [1559]

    Musée de Bâle, saint Georges.

  49. [1560]

    1417. — Pérouse, Pinacothèque Vannucci, Giovanni Boccati Crucifixion.

    Vers 1430. — National Gallery, P. Uccello, bataille de saint Egidio.

    Vers 1465. — Bruxelles, Bibl. roy., 6, fol. 86 : 9342, folio 71 verso, 85 verso, 97 verso. — Ex. Bibl. imp. de Vienne, 2597, fol. 15.

    Vers 1503. — Musée de Munich, Autel Baumgartner, saint Eustache.

    Vers 1540. — Palais de Madrid, Tapisseries représentant la conquête de Tunis par Charles Quint.

    Vers 1550. — Musée des Arts décoratifs, Statue en pierre d’un chevalier.

  50. [1561]

    Florence, Galerie des Offices.

  51. [1562]

    R. de Belleval, Du cost. milit. des Français en 1446, p. 12.

  52. [1563]

    R. de Belleval, Du cost. milit. des Français en 1446, p. 76.

  53. [1564]

    R. de Belleval, Du cost. milit. des Français en 1446, p. 75-76.

  54. [1565]

    Arch. nat. KK 35, fol. 108 v°.

  55. [1566]

    Dictionnaire du mobilier, t. VI, pp. 161-162, fig. 13.

  56. [1567]

    Monstrelet, Chroniques, t. I, p. 40.

  57. [1568]

    R. de Belleval, Du cost. milit. des Français en 1446, p. 12, 76.

  58. [1569]

    L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1142.

  59. [1570]

    Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. XX, p. 8.

  60. [1571]

    Quicherat, Procès, t. V, p. 107.

  61. [1572]

    1146 : Bruxelles, Bibl. roy., 9242, fol. 1.

  62. [1573]

    2049, fol. 6.

  63. [1574]

    Bibl. de Genève, fr. 165.

  64. [1575]

    Gay, Glossaire archéologique, p. 187.

  65. [1576]

    Bibl. de l’Arsenal, 5193, 233.

  66. [1577]

    Bibl. nat., fr. 23279, fol. 119 v°.

page served in 0.209s (1,7) /