A. Harmand  : Jeanne d’Arc, ses costumes, son armure (1929)

I. : 2. Chaperon

512.
Chaperon

La Chronique de la Pucelle nous apprend qu’à Vaucouleurs on lui avait fait faire un chaperon à homme316.

Lorsqu’elle pénétra dans la grande salle de Chinon, elle avait un chapperon de layne sur la teste, écrit Mathieu Thomassin317.

Les actes d’accusation, cités plus haut318, confirment ces deux témoignages. Il paraît donc hors de doute que, pendant son voyage de Vaucouleurs à Chinon et durant son séjour dans cette dernière ville, Jeanne d’Arc a été coiffée d’un chaperon. Nous avons d’ailleurs les propres paroles de l’héroïne qui déclare qu’à Chinon, mise en présence du roi, elle avait un chaperon.

Interroguee se son roy et elle firent point de reverence a l’angle quant il apporta le signe : respond que ouil d’elle ; et se agenoulla et oulta son chaperon319.

Cette réponse suffirait à elle seule pour infirmer l’assertion du greffier de la Rochelle qu’à son arrivée au château de Chinon elle avait un chappeau noir sur la teste320. La parole de la sainte doit primer tous les témoignages321.

Viollet-le-Duc a expliqué, avec figures à l’appui, comment le chaperon, petite chape à capuchon à l’origine, avait fini par devenir bonnet ou turban à volonté, tout en conservant sa destination primitive322. Mais l’énorme tâche, assumée par l’éminent architecte, de décrire en détail le costume et les armes d’une période de sept cents ans ne pouvait s’accomplir sans erreurs et sans omissions. Pareille entreprise dépassait les investigations d’un seul homme. C’est pourquoi, parmi beaucoup de science, de nombreuses lacunes et de flagrantes inexactitudes se font remarquer dans les deux volumes du Dictionnaire du mobilier que cet auteur a consacrés aux vêtements médiévaux. Le chaperon notamment, qui joua un rôle si important et si caractéristique pendant tout le moyen âge eût mérité d’y être plus complètement traité323.

52D’une érudition moins téméraire mais mieux assise, Jules Quicherat, n’ayant prétendu écrire l’histoire du costume que dans ses grandes lignes, en évitant de trop hasardeuses précisions, a su davantage se tenir à l’abri de l’erreur. Comme pour les autres pièces de l’habillement, il n’a fait qu’effleurer la question du chaperon.

Le Glossaire archéologique de Victor Gay, dont le principal mérite consiste dans une abondante et précieuse compilation de textes intéressants, est resté encore plus insuffisant dans la description qu’il renferme de cette partie du vêtement.

De même que les ouvrages de Quicherat et de Viollet-le-Duc précédemment cités, le Manuel archéologique du regretté Camille Enlart, embrasse trop de siècles et un ensemble de matières trop étendu pour que son auteur ait pu approfondir en tous points et parfaire l’œuvre de ses devanciers.

Ayant restreint notre étude au costume masculin en usage à l’époque de Jeanne d’Arc, nous allons nous efforcer d’être à la fois plus précis et plus complet.

Très ancien, le chaperon dura des siècles324. Nous montrerons, au cours de ce travail, qu’il en existe encore quelques vestiges dans certaines de nos coiffures modernes, civiles et militaires, ainsi que dans la tenue de cérémonie de nos magistrats et de nos professeurs.

Chaperon du prophète Isaïe (Chartreuse de Dijon)
1. — Chaperon du prophète Isaïe (Chartreuse de Dijon).
Patron du chaperon du prophète Isaïe
2. — Patron du chaperon du prophète Isaïe.

Le profane, qui d’un œil admiratif contemple les détails pleins de finesse du merveilleux Puits de Moïse de la Chartreuse de Dijon325, s’arrête parfois intrigué devant un objet de forme imprévue posé sur l’épaule gauche d’un des prophètes composant cette œuvre magistrale. L’initié a reconnu le chaperon. Notre figure 1 en donne l’aspect et la figure 2 le patron, que nous croyons avoir reconstitué aussi exactement que possible. Ce n’était en somme qu’un capuchon dont le collet D E s’appelait goule, guleron ou patte, l’ouverture B C visagière ou barbote, et l’appendice supérieur A cornette326.

Chaperons des XIIIe et XIVe siècles
3. — Chaperons des XIIIe et XIVe siècles.

La figure 3 représente deux croquis de chaperons plus anciens et de coupes différentes, exécutés en marge d’un recueil de statuts municipaux des métiers de Toulouse qui fut rédigé de 1279 à 1311327.

53Il y avait des chaperons à courtes cornettes et des chaperons à longues cornettes. Ceux que viennent de montrer nos dessins sont de la catégorie des premiers.

Patron d’un chaperon à grande cornette verticale
4. — Patron d’un chaperon à grande cornette verticale.
Chaperon à grande cornette verticale
5. — Chaperon à grande cornette verticale.

La figure 4 reproduit le patron reconstitué d’un chaperon à longue cornette provenant d’une des statuettes de pleurants qui entourent le tombeau du duc Philippe le Hardi, au Musée de Dijon328. Nous donnons la tête de ce pleurant (fig. 5). Ici, le chaperon n’est pas porté sur l’épaule, comme dans l’exemple fourni par notre figure 1. Il n’est pas davantage mis en capuchon enveloppant la tête de manière à ne laisser voir que le visage, suivant la destination première de tout chaperon. Il est disposé en bonnet. L’avancée de la visagière est retournée sur elle-même en dehors de façon à constituer une épaisse saillie, et cette visagière, avec son bord ainsi retourné, au lieu d’encadrer la figure, coiffe le crâne. Le guleron retombe alors sur l’épaule droite, et la cornette, après avoir reposé en partie sur l’épaule gauche, pend librement le long du dos329.

Les patrons reproduits dans les figures 2 et 4 nous montrent la cornette issant verticalement de la têtière du chaperon. Un exemple, tiré, comme le dernier, des statuettes des tombeaux des ducs de Bourgogne, nous met en présence d’un autre type de chaperon, dont la cornette, au lieu de saillir verticalement, se trouve prolonger horizontalement en arrière le sommet du capuchon, disposition que fera comprendre la figure 6 donnant le patron de ce nouveau chaperon.

Patron d’un chaperon à cornette horizontale
6. — Patron d’un chaperon à cornette horizontale.

Dans cet exemple, la goule, plus longue que celles des chaperons précédemment reproduits, est rendue plus étoffée au moyen de deux pièces latérales destinées à revêtir les épaules. Tous les chaperons, dont la goule descendait assez bas pour couvrir le haut des bras, possédaient cette particularité, naturellement indépendante de la direction de la cornette330.

Il est donc établi qu’il y avait des cornettes verticales et des cornettes horizontales, et que ces deux sortes de cornettes se trouvaient taillées d’un seul morceau avec le chaperon.

Les monuments vont maintenant nous montrer un troisième genre de cornettes, lequel n’était pas le moins répandu, celui des cornettes taillées à part et rapportées ensuite à la têtière. Le mode spécial d’emmanchement de ces appendices leur permettait de pivoter librement, de haut en bas et inversement, autour de leur point d’attache, de 54manière à pouvoir prendre à volonté non seulement les directions verticale et horizontale, mais encore toutes les positions obliques intermédiaires. Très en faveur au quinzième siècle, les cornettes rapportées n’apparaissent guère avant 1400 dans l’iconographie du moyen âge. On comprendra que leur invention constituait un progrès dans l’art de confectionner les chaperons.

Nous avons mentionné dans notre préface l’existence, au Musée Jeanne d’Arc d’Orléans, d’une tapisserie allemande représentant l’arrivée de la Pucelle à Chinon331. L’un des cavaliers de la suite de l’héroïne s’y trouve coiffé d’un chaperon enformé, c’est-à-dire mis en capuchon enveloppant la tête (fig. 7).

Chaperon «enformé» allemand (tapisserie d’Azeglio)
7. — Chaperon enformé allemand (tapisserie d’Azeglio).

Ce chaperon est rouge, entouré, à la hauteur du front, d’un tortil jaune et bleu. Il est difficile de distinguer nettement sur la tapisserie si ce tortil appartient à un bonnet rouge indépendant mis par-dessus le chaperon, ou s’il n’est autre que la cornette enroulée de celui-ci. Dans cette dernière hypothèse que nous croyons pouvoir adopter, la cornette est certainement rapportée puisqu’elle diffère de couleur avec le reste de la coiffure. Ce bariolage, qu’on retrouvera plus tard dans l’accoutrement des lansquenets, peut s’expliquer par l’origine allemande de la tapisserie. On ne le rencontre pas dans les costumes français du temps de Jeanne d’Arc, où les chaperons se montrent généralement d’une seule couleur.

Patron du chaperon de la tapisserie d’Azeglio
8. — Patron du chaperon de la tapisserie d’Azeglio.

La figure 8 donne le patron de ce chaperon tricolore.

L’angle b a b, formé par les deux fentes obliques a b, représente la pointe supérieure du capuchon destinée à recouvrir la naissance de la cornette sur sa face externe. Les deux angles i c b, réunis ultérieurement, formeront la pointe inférieure qui sera cousue à la face interne de la cornette.

Pour exécuter ce chaperon, il faut réunir par une couture d’abord les deux lignes courbes c i, puis les deux lignes courbes f h de la têtière ; ensuite coudre ensemble les deux lignes droites c’ e de la cornette. Il n’y a plus alors qu’à joindre la cornette à la têtière en cousant b a b sur b’ a’ b’ et b c b sur b’ c’ b’.

Chaperon à cornette rapportée enformé
9. — Chaperon à cornette rapportée enformé.

La figure 9 montre l’aspect de la cornette cousue à l’entaille en pointe de la têtière et tombant à plat le long du dos. Cet assemblage, invisible sur la tapisserie, nous est donné par une statuette des pleurants de Dijon, sur le dos de laquelle on voit, emmanchée de cette façon, une cornette rapportée et couturée par le milieu332, comme l’était forcément la cornette mi-partie jaune et bleue du chaperon rouge dont est coiffé le compagnon de Jeanne d’Arc, représenté par notre figure 7. De nombreuses miniatures nous offrent d’ailleurs maints exemples de ce mode de jonction de la cornette à la têtière333.

Chaperon enformé français
10. — Chaperon enformé français.

La figure 10, provenant du Boccace de Jean sans Peur334, donne un chaperon français, enformé comme le chaperon allemand précédent. On peut remarquer dans ce dernier exemple l’extrémité de la cornette sortant en dessous de son enroulement.

Le chaperon avait l’avantage sur le chapeau et le simple bonnet de se transformer suivant les circonstances. Il était à plusieurs fins, et c’est ce qui explique sa très longue vogue, malgré la bizarrerie apparente de certaines de ses métamorphoses.

Lorsqu’il s’agissait de se garantir du froid, on l’enformait, ainsi que le montrent les figures 7 et 10. Pour enformer le chaperon, on s’y prenait de la façon suivante. Ayant préalablement retroussé une fois sur lui-même le bord de la visagière et rapproché son ouverture de celle du guleron, en les juxtaposant l’une sur l’autre, on saisissait des deux mains l’anneau d’étoffe ainsi obtenu, le guleron en dedans, la visagière en dehors, et on y introduisait la tête de manière que le guleron s’étalât en pèlerine sur les épaules et que la visagière encadrât le visage (fig. 11, A.). Mais comme celui-ci se trouvait alors un peu trop enfoui sous l’avancée de la visagière, bien que cette avancée fût diminuée par un retroussis, on modifiait ce retroussis en refoulant à l’intérieur les parties avoisinant les pommettes, de façon à rapprocher du front le bord supérieur de la visagière, ainsi que le fait comprendre, en B, la figure 11.

Mise en forme du chaperon
11. — Mise en forme du chaperon (1re et 2e phase).

Cette dernière opération occasionnait, de chaque côté du visage, comme on le voit sur notre dessin, un pli vertical qu’on peut remarquer dans tous les monuments anciens représentant avec quelque précision les chaperons enformés335. La tête se trouvait ainsi chaudement enveloppée et à l’abri des intempéries. Courte ou longue, la cornette pendait librement sur le dos. Lorsque la dimension de cet appendice le permettait, on l’enroulait en turban autour de la tête, comme la font voir les figures 7 et 10. C’est bien de cette manière que la Pucelle a dû porter son chaperon durant les froides nuits de février pendant lesquelles elle chevauchait, au cours de son voyage de Vaucouleurs à Chinon.

Lorsque, le beau temps revenu, on désirait défeubler336 son capuchon, c’est-à-dire se désencapuchonner, il n’y avait qu’à saisir de la main droite l’extrémité de la cornette, préalablement déroulée, et à la tirer franchement de haut en bas. La tête surgissait alors, débarrassée de sa chaude enveloppe, le cou se trouvant entouré du retroussis de la visagière, lequel retroussis prenait l’aspect d’un large col, ainsi que le montre notre figure 15337. C’était ce qu’on appelait mettre le chaperon en gorge338.

Il est bon de faire remarquer que la disposition régulière des plis dessinant nettement col, capuchon et guleron, telle qu’on la voit sur ce fragment de miniature et sur les nombreux monuments représentant cette manière de porter le chaperon, ne peut s’obtenir qu’en tirant sur la cornette. Cette simple traction provoque seule un résultat satisfaisant et immédiat.

En temps normal, le chaperon se coiffait par la visagière, en bonnet, le guleron pendant d’un côté, la cornette de l’autre, comme l’a montré la figure 5. Il s’enfonçait bas sur la nuque et couvrait le haut des oreilles. Voici l’explication de cette dernière particularité.

La visagière, destinée en principe à encadrer le visage, se trouvait trop grande pour être transmuée en tour de tête sans subir de modification. Si donc on voulait 57 mettre le chaperon en bonnet, il fallait rétrécir la visagière. À cet effet, les bords de cette partie du chaperon étaient, soit repliés, soit enroulés sur eux-mêmes, et l’accroissement d’épaisseur que leur donnait l’une ou l’autre de ces opérations diminuait sensiblement son ouverture. Néanmoins, malgré ce rétrécissement, trop de largeur empêchait encore la visagière d’enserrer suffisamment le crâne au-dessus des oreilles, d’où la nécessité d’englober le haut de celles-ci pour être coiffé solidement et ne pas être déchaperonné au moindre heurt ou au premier coup de vent.

Chaperon coiffé en bonnet (Cornette tortillée par-dessus le guleron)
12. — Chaperon coiffé en bonnet (Cornette tortillée par-dessus le guleron).
Chaperon coiffé en bonnet (guleron saillant en crête de coq)
13. — Chaperon coiffé en bonnet (guleron saillant en crête de coq).
Chaperon coiffé en bonnet (extrémité de la cornette saillant au-dessus ou au-dessous du tortil)
14. — Chaperon coiffé en bonnet (extrémité de la cornette saillant au-dessus ou au-dessous du tortil).
Chaperon mis en gorge
15. — Chaperon mis en gorge.

Lorsque le chaperon transformé en bonnet possédait une longue cornette, cet appendice encombrant s’enroulait parfois en tortil circonscrivant le bord retroussé de la visagière formant tour de tête339. Sous ce tortil s’étalait le guleron qui pouvait dès lors servir à préserver du soleil ou du vent, soit la nuque, soit un côté du visage, en tournant le chaperon à volonté suivant le besoin (fig. 12)340. L’extrémité de la cornette se trouvait plus ou moins saillante hors du turban, comme le fait comprendre la figure 14341. Les deux exemples de chaperons en bonnet que donne cette figure proviennent d’un Décaméron d’environ 1440. On remarquera l’extrémité de la cornette issant du tortil, en dessus dans l’un, en dessous dans l’autre.

Quelquefois on enroulait la cornette de manière que le guleron, au lieu de pendre sous le turban saillit par-dessus en façon de crête de coq (fig. 13)342. Le chaperon 58ainsi atourné prit le nom de chaperon à la coquarde. Les cocardes de nos coiffures d’uniformes et de livrées, dont les plis en éventail rappellent ceux du guleron dressé en crête, n’ont pas d’autre origine. On sait d’ailleurs que les chaperons étaient souvent vêtements de livrées et, dans ce cas, aux couleurs des villes, seigneurs ou chefs de partis qui en octroyaient la livraison.

Ces deux agencements à cornettes tortillées, l’un sur le guleron (fig. 12 et 14), l’autre en dessous (fig. 13), nous paraissent avoir été rarement employés avec le chaperon à transformations, dit chaperon à enformer, qui fait le sujet exclusif de ce chapitre. Il semble qu’en raison de leur économie un peu compliquée, ils furent plutôt de mise avec le chaperon façonné, c’est-à-dire établi d’une manière fixe et devenant dès lors une sorte de chapeau. Il est du reste assez difficile de distinguer, dans l’iconographie ancienne, les cornettes tortillées à demeure, de celles qu’on pouvait enrouler et dérouler à volonté. Toujours est-il qu’en général, lorsque le chaperon à enformer se coiffait en bonnet, la cornette pendait de côté librement, comme l’a montré la figure 5.

La cornette rapportée, du type de la figure 8, permettait, ainsi que la cornette de coupe horizontale donnée par la figure 6, une façon de porter le chaperon en bonnet qu’on rencontre dans plusieurs monuments du quinzième siècle343, le guleron pendant par derrière en garde-nuque, et la cornette tombant à plat le long du dos, par dessus le guleron, comme le fait voir la figure 16344.

Chaperon coiffé en bonnet (guleron et cornette pendant dans le dos)
16. — Chaperon coiffé en bonnet (guleron et cornette pendant dans le dos).

Enfin, dans les cortèges funèbres, les proches du défunt portaient ce qu’on appelait le chaperon embronché. C’était un chaperon de drap noir345, qu’on enformait, le guleron revêtant les épaules, le capuchon coiffant la tête, et l’avancée de la visagière laissée dans toute son ampleur, ce qui constituait l’embronchement. Le visage, enfoui dans la profondeur de cette avancée, demeurait invisible, et la cornette pendait à plat sur le dos. La figure 17, reproduite d’après une statuette de pleurant du tombeau de Philippe le Hardi, fait comprendre cette disposition.

Chaperon de deuil embronché
17. — Chaperon de deuil embronché.

La figure 18 donne le patron de ce chaperon de deuil, qui possède, de même que le chaperon de la figure 5, deux pièces d’épaules rapportées.

Patron du chaperon de deuil à cornette rapportée
18. — Patron du chaperon de deuil à cornette rapportée.

C’est au moyen d’une pince pratiquée sur chacune de ces pièces qu’on obtenait l’exact emboîtement des épaules par le guleron que présente la figure 17, ainsi que beaucoup 59d’autres chaperons de deuil du quinzième siècle346. On doit remarquer la large ouverture de la visagière du chaperon embronché de notre pleurant. Son pourtour dépasse la dimension normale, laquelle n’excédait guère deux pieds pour les chaperons ordinaires de moyenne grandeur. Cette particularité semble avoir été spéciale aux chaperons de deuil. Ceux-ci en effet, fournis aux frais du défunt pour le temps de la cérémonie des funérailles, n’étaient sans doute pas faits sur mesure, mais taillés plutôt grands de façon à pouvoir s’adapter aisément à toutes les têtes347.

Le chaperon embronché fut conservé tard dans le cérémonial des convois funèbres puisqu’il figure encore aux obsèques de l’empereur Charles Quint en 1558348 et à celles de Louis XIV en 1715349.

Bien que cette manière de porter le chaperon fût plus spécialement réservée à la famille et à la maison d’un défunt le jour de ses funérailles, elle avait été également employée dans des circonstances moins solennelles, mais parfois aussi moins avouables. L’incognito, que conférait à son porteur le chaperon embronché, était trop propice aux attaques à main armée pour que les malandrins n’usassent pas d’un genre de coiffure leur permettant d’exécuter leurs mauvais coups sans risquer d’être reconnus. Aussi cette mode avait-elle été défendue par un édit de 1399350.

60La suite variée de petits chefs-d’œuvre, constituée par les pittoresques pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne, est une source unique et précieuse pour une étude approfondie du chaperon au quinzième siècle. C’est ce qui nous a conduit à parler du chaperon de deuil, bien que Jeanne d’Arc n’ait certainement jamais eu l’occasion de le porter. La plupart de ces pleurants ne sont pas des moines, comme d’aucuns seraient tentés de le croire, mais bien des officiers de la maison ducale revêtus de la livrée funèbre commandée par les circonstances. Leurs chaperons un peu spéciaux, quant à l’ampleur de leurs visagières qui fait que la plupart d’entre eux ne pourraient être mis en bonnet, n’en ont pas moins la coupe, dans ses lignes essentielles, de tous les chaperons usités alors dans la vie ordinaire. Les diverses cornettes de ces coiffures de deuil sont identiques à celles des chaperons d’usage courant que nous représentent, avec les mêmes variantes, d’innombrables miniatures des trois premiers quarts du quinzième siècle. C’est pourquoi nous croyons utile de montrer, dans la figure 19, six manières différentes d’adapter ces appendices aux capuchons que nous offre, avec un merveilleux fini de détails, l’envers de ces jolies statuettes.

Adaptation de la cornette à la têtière d’après les pleurants des tombeaux de Jean sans Peur et de Philippe le Hardi
19. — Adaptation de la cornette à la têtière d’après les pleurants des tombeaux de Jean sans Peur et de Philippe le Hardi.

On reconnaîtra dans les deux premiers chaperons, en commençant en haut par la gauche, ceux dont les figures 6 et 18 ont donné les patrons.

Le second et le troisième proviennent du tombeau de Philippe le Hardi, terminé en 1411. Le sixième et dernier appartient au monument de Jean sans Peur, achevé en 1470. Les trois autres se rencontrent dans l’ornementation des deux tombeaux. C’est dire que ces variétés furent immuables pendant plus d’un demi-siècle, et que par conséquent elles ont existé du temps de la Pucelle.

Quatre de ces chaperons sont à cornettes rapportées, deux seulement à cornettes horizontales. Avec le type à cornette verticale donné par la figure 4, ces six chaperons forment la série complète des différents emmanchements de cornettes usités dans la première moitié du quinzième siècle351.

On remarquera que les coutures fermant les cornettes se trouvent tantôt sur leurs faces externes, comme dans les second, cinquième et sixième chaperons, tantôt sur leurs faces internes en contact avec le dos et par suite invisibles, ainsi qu’en témoignent les premier, troisième et quatrième chaperons.

Il arrive souvent que les cornettes sont taillées en deux morceaux et, dès lors, couturées à la fois intérieurement et extérieurement. Cette disposition, obligatoire 61avec les cornettes mi-parties de deux couleurs (fig. 8), se rencontre aussi dans les chaperons à cornettes non rapportées, lorsque leurs têtières affectent la forme convexe du crâne. Une couture est en effet indispensable pour obtenir cette convexité352. On voit que le cinquième chaperon de la figure 19 rentre dans cette dernière catégorie. Indépendamment de sa couture interne, invisible sur notre dessin, la cornette de ce chaperon possède une couture externe, visible, qui se prolonge sur le capuchon jusqu’au bord de l’ouverture de la visagière. Cette couture ne serait qu’une complication inutile si elle ne servait à cintrer le dessus de la têtière.

C’est pour cette raison qu’on doit considérer comme convexes les têtières des quatrième et sixième chaperons, à cornettes rapportées, puisqu’elles sont couturées à leurs sommets, tandis que les capuchons des trois premiers chaperons sont forcément droits, se trouvant taillés d’un seul morceau et sans couture.

Remarquons enfin, avant de quitter l’examen de la figure 19, que les trois grands gulerons de ces chaperons du rang supérieur s’augmentent de pièces d’épaules dont sont dépourvus les gulerons de dimension moindre des chaperons de la deuxième rangée.

On peut voir que les cornettes de ces chaperons, si variées qu’elles paraissent au premier abord, se ramènent toutes à trois genres, celui des cornettes verticales, celui des cornettes horizontales et celui des cornettes rapportées. Ce dernier, bien que d’une coupe plus compliquée, était le plus répandu par la raison qu’il donnait à la cornette la faculté de se placer aussi bien verticalement qu’horizontalement. Les cornettes rapportées sont en effet en majorité dans la suite des pleurants enchaperonnés des tombeaux des ducs de Bourgogne, où l’on ne rencontre que quatre cornettes horizontales et une seule cornette verticale, proportion qui semble bien se trouver confirmée par un examen attentif des miniatures du quinzième siècle.

Cornette rapportée disposée verticalement ou horizontalement
20. — Cornette rapportée disposée verticalement ou horizontalement.

La figure 20 montre les deux positions verticale et horizontale qu’on pouvait faire prendre à la cornette rapportée d’un même chaperon. Parmi les diverses façons de coiffer le chaperon, il en était que favorisait la cornette verticale et d’autres qui s’accommodaient mieux de la cornette horizontale. Nous laisserons de côté la cornette rapportée que nous savons propre à toutes les transformations qu’on exigeait du chaperon, puisqu’elle participait à la fois du type vertical et du type horizontal, pour parler maintenant des différentes aptitudes à se métamorphoser que possédaient inégalement ces deux derniers modes, toujours usités, quoique les plus anciens, en raison de la simplicité de leur coupe.

La cornette horizontale tombait naturellement et régulièrement à plat le long du dos, lorsque le chaperon se trouvait enformé ou mis en gorge, comme on peut le voir dans les figures 9, 11, 15, 17 et 19. Il n’en était pas de même avec la 62cornette taillée verticalement. Le capuchon enformé, la cornette verticale ne tombait à plat qu’à la condition de lui faire produire à sa naissance deux sortes de petites cornes qu’occasionnait la courbe concave de son tracé, contrariée par une position anormale (fig. 21).

Pointes produites par la retombée à plat sur le dos d’une cornette verticale
21. — Pointes produites par la retombée à plat sur le dos d’une cornette verticale.

Aussi, chez les hommes, cette cornette à coupe verticale était-elle toujours portée tombant librement d’un côté ou de l’autre, quand le chaperon était enformé ; comme le montre la figure 22353.

Cornette verticale retombant sur le côté
22. — Cornette verticale retombant sur le côté.

Seules les femmes la faisaient parfois pendre à plat au milieu du dos et produire dès lors à sa naissance, ainsi que nous venons de le dire, deux saillies latérales sur le sommet de la tête354, agencement qui avait pu donner l’idée des atours à grandes cornes, si prisés du beau sexe au temps de notre héroïne.

Contrairement à la cornette horizontale, la cornette verticale était peu propre à la mise en gorge. Lorsqu’on tirait sur cette cornette pour défeubler le capuchon, elle se plaçait gauchement, nuisait à la transformation de la visagière en tour de cou et ne pouvait tomber régulièrement à plat sur le dos comme le faisaient naturellement les cornettes horizontales et les cornettes rapportées.

Mais si la coupe verticale n’avantageait pas la retombée de la cornette à plat sur le dos dans l’encapuchonnement et dans la mise en gorge, elle était en revanche spécialement favorable au port du chaperon en bonnet représenté par la figure 5. Comme on peut le voir sur les patrons qu’ont donnés les figures 2 et 4, la cornette verticale se trouvait prolonger insensiblement et sans à-coup la ligne postérieure du capuchon suivant un tracé légèrement concave, indiqué en A E dans la figure 2. La cornette horizontale au contraire s’emmanchait au capuchon de manière à former avec la même ligne une concavité très accentuée, ainsi qu’il est facile de s’en assurer en examinant le patron de la figure 6.

La mise en bonnet, telle qu’on la voit dans la figure 5, avait pour conséquence de contrarier le sens de ces concavités, puisque la convexité du crâne faisait retomber naturellement d’un côté le guleron et de l’autre la cornette. Dès lors le tracé très peu concave de la ligne postérieure du chaperon à cornette verticale permettait à ces deux appendices une retombée de chaque côté de la tête que la ligne correspondante dans le chaperon à cornette horizontale était incapable de procurer.

Lorsqu’on coiffait en bonnet le chaperon à cornette horizontale, il fallait le disposer, soit de la façon que représente la figure 16355, la cornette superposée au 63guleron tombant sur l’échine, soit, comme l’indique la figure 23356, la cornette et le guleron se côtoyant et pendant du même côté.

Cornette horizontale pendant sur le côté
23. — Cornette horizontale pendant sur le côté.

On peut donc, ainsi que nous l’avons dit plus haut, distinguer les chaperons dont nous nous sommes occupé jusqu’à présent en chaperons à cornettes verticales, chaperons à cornettes horizontales et chaperons à cornettes rapportées, ces deux derniers modes plus spécialement propres à la mise en gorge, alors que le premier se portait de préférence en bonnet, le guleron pendant d’un côté, la cornette de l’autre.

Il y eut encore des chaperons qui ne possédaient pour toute cornette que la pointe de leurs capuchons. Les premiers chaperons du douzième siècle avaient été de cette sorte. Lorsqu’ils étaient enformés, la pointe du capuchon prenait l’aspect d’une petite corne, d’où le nom de cornette donnée à cette pointe qui fut l’origine de toutes les cornettes de chaperons. La figure 24 reproduit le patron d’un chaperon du quinzième siècle de ce dernier type.

Patron d’un chaperon à cornette embryonnaire
24. — Patron d’un chaperon à cornette embryonnaire.

Il se portait généralement coiffé en bataille, le guleron sur l’oreille gauche et l’angle A du capuchon formant cornette et dardant sa pointe horizontalement au-dessus de l’oreille droite, ou inversement, comme le montre la figure 25357, ainsi que beaucoup d’autres documents358.

Chaperon à cornette embryonnaire, coiffé en bataille
25. — Chaperon à cornette embryonnaire, coiffé en bataille.

Un Térence de la Bibliothèque nationale nous le fait voir en plusieurs endroits porté de deux façons également bizarres et exceptionnelles, l’angle de la têtière, tantôt tombant sur la nuque, tantôt pointant sur le front (fig. 26)359.

Chaperon à cornette embryonnaire, coiffé en colonne
26. — Chaperon à cornette embryonnaire, coiffé en colonne.

Quelquefois la cornette produite par la pointe du capuchon était noyée dans le retroussis du tour de tête (fig. 27)360. Ce mode fut particulièrement en faveur vers 1410.

Pointe de cornette noyée dans le retroussis de la visagière
27. — Pointe de cornette noyée dans le retroussis de la visagière.

Enfin il exista des chaperons dont la têtière se taillait de façon à circonscrire exactement le crâne, formant ainsi un capuchon rond et sans pointe. La figure 21 du chapitre consacré plus loin au harnachement du cheval montrera deux exemples de cette sorte de chaperon qui paraît avoir été peu usitée.

Les cinq catégories de chaperons que nous venons de passer en revue, chaperons à cornettes verticales, chaperons à cornettes horizontales, chaperons à cornettes rapportées, chaperons dont la cornette se réduisait à la pointe du capuchon et chaperons sans cornettes, à têtières arrondies, toutes les cinq également favorables à l’encapuchonnement de la tête, constituaient ce qu’on appelait les chaperons à enformer, les seuls qui fassent l’objet de ce chapitre361.

Plusieurs manuscrits enluminés, et notamment un Livre de chasse de Gaston Fébus, comte de Foix362, nous montrent quelques personnages portant le chaperon en gorge d’une façon tout à fait anormale. Ceux-ci se trouvent être le plus souvent des varlès et pages de chiens363 en action de chasse. Les mouvements nécessités par leurs fonctions ont eu pour conséquence de faire tourner leurs chaperons de telle manière que cornettes et capuchons, au lieu de rester sur les échines, sont venus pendre par devant en façon de rabat364. Pour remédier à cet inconvénient, on faisait parfois coudre aux gulerons des chaperons à enformer deux agrafes qui les fixaient à la robe sur la poitrine et sur le dos365.

Tous les chaperons que nous avons successivement décrits étaient des chaperons à hommes. Peut-être n’est-il pas inutile de montrer en quoi les chaperons des femmes différaient de ces derniers.

La coupe des uns et des autres dérivait du même principe. Mais les deux côtés de la visagière des chaperons féminins ne se trouvaient jamais joints ensemble sous le menton par la couture qui réunissait ces deux parties dans les chaperons d’hommes. Il en résultait deux découpures angulaires encadrant le visage, lesquelles prenaient le nom d’oreillettes. Ces découpures, laissées libres, se prêtaient à des dispositions que la coquetterie savait varier selon la mode. Cependant lorsque les femmes demandaient au chaperon une protection efficace contre les intempéries plutôt qu’un simple enjolivement de coiffure, l’une des oreillettes était garnie de boutons et l’autre de boutonnières, de la visagière au bas du guleron, de manière à pouvoir clore le chaperon par devant et garantir ainsi la gorge jusqu’au menton en prenant la forme du cou366.

Il en avait été de même de certains chaperons d’hommes 65 en faveur au quatorzième siècle et encore usités exceptionnellement dans les premières années du quinzième367.

Les monuments nous montrent le chaperon porté en guerre enformé et recouvert d’une coiffure défensive368, comme il l’était souvent du chapeau369, ou même du bonnet370, dans le costume civil.

Parfois aussi le chaperon enformé recelait un casque au lieu d’en être surchargé. Celui-ci n’était alors qu’une calotte de fer sans bords saillants, appelée coiffette, cervelière ou capeline371.

On portait encore le chaperon en armes autrement qu’enformé. C’est ainsi qu’on le rencontre mis en bonnet par dessus la cervelière dans une miniature d’un Froissart de la Bibliothèque de Besançon, représentant les membres de la faction flamande des Chaperons blancs372.

Ordinairement en drap, les chaperons à enformer étaient, à l’exception de leurs cornettes, souvent doublés, quelquefois fourrés. Il en existait de sangles ou seingles, c’est-à-dire sans doublure373. Les chaperons doublés s’appelaient chaperons doubles, leur doublure se trouvant communément du même drap que le reste du chaperon. Dans certains cas pourtant, on doublait les chaperons d’homme de taffetas374, comme ceux des femmes. Rarement la doublure se distinguait de l’étoffe extérieure par une couleur différente375. Il y eut des chaperons dont la visagière seule était doublée376.

La visagière des chaperons sangles se taillait plus saillante que celle des chaperons doubles. On peut constater cette particularité en comparant le patron du chaperon du Puits de Moïse, donné par notre figure 2, avec celui du chaperon à longue cornette de la figure 4. Tous deux sont à cornettes verticales ; mais le premier, ayant une profonde visagière, est un chaperon sangle, tandis que le second, dont la visagière est moins saillante, est destiné à recevoir une doublure. On comprendra en effet qu’une certaine consistance fût nécessaire au pourtour de la visagière quand il s’agissait de le transformer en tour de tête afin de pouvoir coiffer le chaperon en bonnet. 67Cette consistance s’obtenait, dans les chaperons doubles, en retournant en dehors le bord de la visagière une seule fois sur lui-même, ce qui produisait un tour de tête de quatre épaisseurs d’étoffe, dont deux de doublure. Avec le chaperon sangle, il fallait, pour remédier à la minceur de la visagière, que celle-ci pût être retournée deux, fois sur elle-même et qu’à cette fin elle fût taillée plus saillante que celle d’un chaperon doublé. Le tour de tête se trouvait alors de trois épaisseurs d’étoffe. Cette quantité, moindre que dans les chaperons doubles qui en produisaient quatre, était néanmoins suffisante parce que le chaperon sangle se confectionnait généralement en drap plus épais que celui qu’on employait pour les chaperons destinés à être doublés. C’est du moins ce que nous croyons pouvoir affirmer à la suite de nombreuses expériences. Cependant, ces tours de tête, malgré leurs trois ou quatre épaisseurs, n’enserraient pas toujours le crâne assez solidement. On a pu remarquer d’autre part, en examinant nos figures 1, 5, 11, 15, 16, qu’en raison de la coupe des chaperons, le retroussis de la visagière se trouvait constamment plus large du côté du front qu’en bas, à l’endroit du menton. Que ce retroussis fût donc établi à trois ou quatre épaisseurs, on procédait le plus souvent à un dernier repli qui ne s’effectuait dès lors que sur la moitié de la circonférence du tour de tête, du côté large. Cette opération produisait sur le devant et sur le derrière du tour de tête un pli oblique, dont la présence se constate sur maintes miniatures représentant des personnages coiffés du chaperon en bonnet.

Il arrivait que le bord des gulerons fût découpé377, à quarreaulx378, à lambeaux379, a longues feuilles pendans380. Parfois on découpait en dents aiguës ou arrondies non seulement le guleron381, comme le montrent nos figures 7 à 10, mais encore la cornette382 et aussi le tour de la visagière383.

68Au début du siècle, on avait vu des cornettes taillées sur leurs côtés en longues dents qui leur donnaient l’apparence d’arêtes dorsales de poissons384, et il s’en était trouvé d’autres, vers 1415, garnies d’entre-deux de draps de différentes couleurs385.

Quelquefois le bas de la cornette seul était frangé en minces lambeaux386. L’extrémité des cornettes courtes se trouvait, tantôt coupée carrément387, comme l’était toujours celle des longues cornettes au temps de Jeanne d’Arc388, tantôt terminée eu pointe389 ou en bout arrondi390.

Les plus longues cornettes que nous ayons reproduites (fig. 4 et 8) n’atteignent guère que le bas des reins lorsque les chaperons sont enformés. D’autres descendaient davantage391, sans arriver cependant, pour les chaperons à enformer, aux dimensions de celles que nous verrons adaptées à certains chaperons façonnés. Quant à la largeur de ces appendices, elle ne dépassait pas, dans les chaperons libres, les plus grandes mesures données par nos patrons392.

Un ancien texte nous apprend qu’à l’occasion, la cornette servait de bourse393. L’argent était introduit par la têtière, et, parvenu au fond du cul-de-sac qui terminait la cornette, arrêté au moyen d’un nœud. Quelques monuments nous montrent en effet de longues cornettes pendantes ainsi nouées près de leur extrémité inférieure394.

Il nous reste à citer une manière universellement adoptée d’user du chaperon qui consistait à le porter sur l’une ou l’autre épaule, mais de préférence sur la gauche, comme le fait voir la figure 28395.

Chaperon libre porté sur l’épaule
28. — Chaperon libre porté sur l’épaule.

La visagière, avec son bord retourné, 69 était posée sur l’épaule, l’ouverture en dehors396, le guleron pendant en arrière sur l’omoplate, et la cornette tombant verticalement par devant. Le chaperon du Puits de Moïse, que nous avons reproduit au début de ce chapitre (fig. 1), est ainsi placé sur l’épaule du prophète Isaïe. Quicherat prétend qu’une agrafe ou un bouton maintenait le chaperon dans cette position397.

À côté de ces chaperons à plusieurs fins, tour à tour bonnets, turbans ou capuchons, il existait, comme nous l’avons déjà dit, toute une autre catégorie de ce genre de coiffure, laquelle ne fut pas la moins usitée dans le cours du quinzième siècle. Nous voulons parler des chaperons façonnés, c’est-à-dire établis d’une manière fixe.

On avait trouvé incommode, chaque fois qu’on coiffait le chaperon en turban, de disposer d’une façon satisfaisante le tortil de la cornette et les plis du guleron. En outre, le seul fait d’ôter cette coiffure en dérangeait l’économie, et c’était un nouveau travail lorsqu’il s’agissait de la remettre sur la tête. On avait donc imaginé de façonner le turban et le guleron d’une manière définitive et de les coudre à la têtière. Le tout devenait ainsi une sorte de chapeau. Il en fut de même pour les chaperons mis en bonnets, sans être enturbannés de la cornette ; un bourrelet, recouvert d’étoffe, vint remplacer la saillie formée par le bord de la visagière roulé sur lui-même. Une cornette et un guleron taillés à part étaient ensuite fixés sur ce bourrelet. Cependant ces chaperons, échafaudés à demeure, ne répondaient plus au but primitif de cette partie du costume qui consistait à servir à la fois de capuchon par le mauvais temps et de chapeau pour se garantir du soleil. C’est pourquoi les deux catégories de chaperon coexistèrent.

Il faut d’ailleurs remarquer que le chaperon, et plus spécialement le chaperon façonné, paraît avoir été par excellence la coiffure habillée. En voyant de nos jours la vogue plus que centenaire de notre extravagant chapeau haut-de-forme, il est permis de se demander si celle des chaperons façonnés, d’égale durée398, ne venait pas, comme pour notre chapeau de cérémonie, de leur bizarrerie et de leur incommodité. Les docteurs, les magistrats, estimaient le chaperon tellement indispensable à la gravité de leur tenue qu’ils le portaient encore, alors qu’il avait disparu dans le reste de la nation, non plus sur la tête qu’ils coiffaient d’un bonnet, mais sur l’épaule, où nous le retrouvons aujourd’hui sous le nom de chausse ou d’épitoge, chez leurs successeurs directs399.

Le chapeau, quoique souvent richement orné, semble avoir été considéré, au quinzième siècle, plutôt comme une coiffure de fantaisie, laquelle, dans certains cas ne dispensait pas du chaperon. Façonné, celui-ci fut très prisé des seigneurs et des bourgeois, tandis que les gens du peuple et les paysans n’usèrent jamais que du chaperon à enformer, qu’ils pouvaient mettre en capuchon par le froid, la neige ou la pluie, en garde-nuque pour se protéger du soleil, et en simple bonnet lorsque la température était modérée.

70Si Jeanne d’Arc a jamais porté des chaperons façonnés, ce ne put être, croyons-nous, qu’après son admission par Charles VII comme chef de guerre. Il est certain que les villageois de Vaucouleurs ne durent lui donner que le chaperon à enformer, véritable coiffure de voyage. Le poids, le volume, la rigidité et les appendices encombrants autant qu’inutiles du chaperon façonné le rendaient impropre à la dure chevauchée qu’allait entreprendre l’héroïne. D’autre part, la mise simple dont elle ne semble pas s’être départie tant qu’elle séjourna à Chinon et à Poitiers, infirme l’hypothèse qu’on pourrait émettre de l’acquisition dans l’une de ces deux villes d’un chaperon de cette dernière sorte à son usage. Tout au plus est-il loisible de supposer qu’à son arrivée à Chinon, elle remplaça son chaperon de route, trop fatigué à la suite des vicissitudes d’une longue pérégrination, par une coiffure neuve mais du même genre pour se présenter décemment devant le roi.

Le chaperon de Vaucouleurs était-il à courte, longue, étroite ou large cornette ? Celle-ci s’y trouvait-elle horizontale, verticale ou rapportée ? Le guleron était-il court, long, découpé ? Enfin ce chaperon était sangle, doublé ou fourré ? Ce sont là autant de questions que nous nous déclarons impuissant à résoudre. Nous savons seulement que toutes ces variétés du chaperon ont été usitées pendant la première partie du quinzième siècle sans changement appréciable400, et que chacune d’elles constituait, par excellence, la coiffure propre à une longue chevauchée d’hiver. À toutes les questions posées par le titre même de notre ouvrage, nous n’avons pas la prétention de répondre avec la même précision affirmative et de reproduire en tous points le costume de Jeanne d’Arc tel qu’il était, mais seulement d’indiquer ce qu’il pouvait être ou ne pas être, selon les modes du temps où vivait notre héroïne.

Nous devons cependant faire remarquer qu’en 1429, l’usage des cornettes taillées à part et rapportées était depuis longtemps très répandu, ce genre se prêtant mieux que tout autre aux diverses transformations qu’on exigeait d’un chaperon libre. Il y a donc quelques probabilités pour que le chaperon de Vaucouleurs ait été du modèle que donnent nos figures 8 et 9, moins sans doute les découpures du guleron, puisque Mathieu Thomassin nous raconte que la Pucelle se présenta au dauphin, vêtue de bien simple manière et que, par conséquent, son chaperon, comme le reste de son accoutrement, devait être dépourvu d’enjolivures.

D’après le greffier de la Rochelle, ce premier chaperon de Jeanne aurait été de couleur noire401.

Le plus souvent porté enformé, ainsi que le montrent les figures 7 et 10, durant le voyage de Vaucouleurs à Chinon, le chaperon noir de la Pucelle put être parfois coiffé par la visagière de la façon qu’indique notre figure 5, notamment lors de son séjour dans cette dernière ville. Toujours est-il que, dans la grande salle du château royal, lorsque Jeanne aborda le dauphin, il est vraisemblable qu’elle se 71découvrit, jeta son chaperon sur son épaule et mit un genou en terre. C’est généralement dans cette posture que les monuments de l’époque nous représentent les personnages porteurs de chaperons qui s’approchent des grands (fig. 29)402.

Port sur l’épaule d’un chaperon façonné genre bourrelet
29. — Port sur l’épaule d’un chaperon façonné genre bourrelet.

Ce chapitre sur les chaperons à plusieurs fins ne serait pas complet si nous passions sous silence la manière de s’en débarrasser lorsqu’on les portait enformés, car c’est dans cette opération que se manifestait une des utilités de la cornette. Nous avons déjà vu combien les cornettes longues étaient favorables à la mise en gorge du chaperon. Les cornettes courtes, aussi bien que les longues, avaient à jouer un rôle non moins important dans l’enlèvement du chaperon enformé. Il eût été en effet peu commode de se décoiffer d’un chaperon ainsi porté autrement qu’en saisissant la cornette de la main droite et en la tirant franchement d’arrière en avant.

La figure 30, qui sera la dernière de ce chapitre, représente le patron reconstitué d’un chaperon à enformer tel qu’en portaient les voyageurs au quinzième siècle403.

Port sur l’épaule d’un chaperon façonné genre bourrelet
30. — Reconstitution du chaperon fourni à Jeanne d’Arc par les habitants de Vaucouleurs.

Nous avons vu que les chaperons étaient en général doubles ou sangles, mais qu’il y en avait aussi dont la visagière, c’est-à-dire la partie comprise entre l’avancée F A B C D et la ligne pointillée F E D, se trouvait seule doublée et c’est ce mode que nous avons adopté pour notre reconstitution.

La cornette, dont nous ne donnons ici que les extrémités, mesure un mètre dix-huit de longueur de la pointe de la têtière à son extrémité inférieure.

72Un chaperon de drap noir, exécuté d’après le patron ci-dessus, nous semble devoir se rapprocher beaucoup de celui qui préserva des intempéries d’une fin d’hiver la tête, la gorge et les épaules de l’héroïque Pucelle au cours de son voyage des marches de Lorraine en pays de France.

Souhaitons maintenant que les artistes, ayant à la représenter à ce début de sa mission, n’infligent pas à leur innocente victime la toque à plumes dont l’affuble gratuitement certain auteur moderne, à la seule satisfaction des partisans attardés du style troubadour cher à nos aïeux de 1830.

Notes

  1. [316]

    Vallet de Viriville, Chronique de la Pucelle, Paris, 1859, p. 272.

  2. [317]

    Quicherat, Procès, t. IV, p. 304.

  3. [318]

    Voir l’introduction.

  4. [319]

    Quicherat, Procès, t. I, p. 122 (Minute du greffier Manchon). Bibl. nat., lat 8838, texte original de la minute, fol. 19 v°.

  5. [320]

    Revue historique, t. IV, p. 336.

  6. [321]

    Les paroles de ladite damoiselle sont toujours vérité. (Journal de Morosini, publié par Germain Lefèvre-Pontalis pour la Société de l’Histoire de France, t. III, p. 66.) — Ce qui ressort surtout des textes, c’est qu’elle fut une sainte… Elle eut des visions, et ces visions ne furent ni feintes, ni contrefaites… On ne peut la soupçonner de mensonges. (Anatole France, Vie de Jeanne d’Arc, t. I, pp. XXXII et XXXIX). — Jeanne pouvait-elle mentir ? Sa sincérité, sa droiture qui se manifestent en toutes circonstances répondent pour elle. Une âme si loyale qui a accepté tous les sacrifice, plutôt que de renier la France et son roi, une telle âme ne pouvait s’abaisser jusqu’au mensonges. (Léon Denis, Jeanne d’Arc médium, p. 66-67). — Elle ne ment jamais… Ce qu’elle dit, elle le pense ; quand elle ne sait pas ou qu’elle ne veut pas dire, elle se tait ; il faut la croire. (Gabriel Hanotaux, Jeanne d’Arc, p. 96.)

  7. [322]

    Dictionnaire du mobilier, t. III, p. 131 et suivantes.

  8. [323]

    Le tracé en manière de patron, donné par Viollet-le-Duc au début de son article sur le chaperon (Dictionnaire du mobilier, t. III, p. 132, fig. 1) est purement fantaisiste et d’ailleurs inexécutable. D’autre part, nous avons pu constater expérimentalement que la théorie, établie par le même auteur (Ibid., p. 133, fig. 2), de l’agencement de certain chaperon coiffant une tête sculptée de l’église Saint-Nazaire de Carcassonne, se trouvait absolument erronée.

  9. [324]

    Quicherat fait remonter le chaperon à l’année 1183 (Histoire du costume en France, p. 160.)

  10. [325]

    Le Puits de Moïse, œuvre du Hollandais Claus Sluter, ymaigier du duc de Bourgogne, commencé en 1396, fut terminé en 1405.

  11. [326]

    Nous devons faire observer que ce patron ne représente qu’une moitié du chaperon. Pour confectionner ce dernier, il faut donc découper l’étoffe en double suivant le tracé, les coutures en plus, de façon à obtenir deux morceaux semblables et coudre ceux-ci exactement l’un sur l’autre à l’exception de la goule DE et de la visagière BC, lesquelles en leur qualité d’ouvertures, doivent nécessairement rester libres. La dimension d’environ un pied, pour la ligne BC, donne l’échelle de ce dessin. La verticale est le sens du fil. Mêmes remarques pour le patron reproduit par la figure 4.

  12. [327]

    Ernest Roschach, Histoire graphique de l’ancienne province de Languedoc, 1905, p. 357.

  13. [328]

    Commencé en 1384, ce tombeau fut terminé en 1411.

  14. [329]

    Il faut remarquer que cette longue cornette se plie suivant la ligne pointillée (voir figure 4), de façon à présenter son plat de face, tandis que la courte cornette du chaperon de la figure 2 reste plate dans le plan du profil.

  15. [330]

    Contrairement aux chaperons à cornettes verticales, toujours taillés en deux parties réunies par une couture, ce chaperon, si l’on fait abstraction des pièces d’épaules nécessitées par la longueur du guleron, est coupé d’un seul morceau, qu’on plie ensuite suivant la ligne pointillée indiquée sur le patron, de telle façon que le côté droit se superpose exactement au côté gauche. Comme pour tous nos patrons de chaperons, la verticale est le sens du fil de l’étoffe.

  16. [331]

    Quicherat ne nous semble pas s’éloigner de la vérité en donnant à cette tapisserie la date approximative de 1430.

  17. [332]

    Voir plus loin, le second chaperon de la figure 19.

  18. [333]

    Vers 1400 : Bibl. nat., fr. 166, fol. 15 r° et v° ; lat. 13262, fol. 24 v°. — 1405 : Ibid., fr. 598, fol. 11. — 1409 : Ibid., fr. 9, fol. 253, v° ; fr. 616, folios 85 v°, 105 v°, 118, 119 v°, fr. 2810, folios 92, 201 v°, fr. 20352, fol. 14 v°. Bibl. de l’Arsenal, 5077, fol. 196 v°. — 1415 : Bibl. nat., fr. 10, fol. 444. Brit. Mus., Harl. MS. 4431, fol. 109 v°. — 1440 : Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 173. — 1449 : Bruxelles, Bibl. roy., 10958, fol. 2. — 1460 : Bibl. de Clermont-Ferrand, 84, fol. 69. — 1480 : Bibl. nat., fr. 2829, fol. 101.

  19. [334]

    Vers 1415 : Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 159. Ce chaperon, très ajusté à l’encolure, est sans doute taillé dans un tissu plus élastique que le drap dont semble confectionné le chaperon de la figure 7.

  20. [335]

    Citons entre autres : Vers 1380 : Bibl. nat., lat. 6069 F, fol. A v°. — 1400 : Un des pleurants du tombeau de Philippe le Hardi. — 1407 : Bibl. nat., lat. 7907 A, fol. 15. — 1444 : Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 47. — 1458 : Chaperons fourrés de plusieurs membres du Parlement dans la miniature du Boccace de Munich, représentant le jugement du duc d’Alençon au lit de justice tenu à Vendôme par le roi Charles VII, en 1458. — Vers 1460 : Un pleurant du tombeau de Jean sans Peur.

  21. [336]

    Rabelais, Pantagruel, livre IV, Nouveau prologue.

  22. [337]

    Vers 1410 : Bibl. nat., fr. 23279, fol. 119 v°.

  23. [338]

    Georges Chastelain raconte qu’en 1461, lorsque mourut le chancelier Rolin,

    il fut revestu de chemise blanche, de riche pourpoint, de chausses, de nouveaux soliers, d’une robe de velour, l’espee chainte au coste et la dague de l’aultre, les esperons dorés aux pieds, le chaperon en gorge et le chapeau en teste, atout une enseigne d’or au front du chappeau.

  24. [339]

    Vers 1410 : Bibl. nat., fr. 12420, fol. 71 v° ; fr. 12559, fol. 8 v° ; fr. 15469, fol. 1 ; Bibl. de Troyes, 19, folios 100, 255 v°. — Vers 1415 : Brit. Mus., Harl. MS. 4431, fol. 259 v°. — 1416 : Lucques, Église de San Frediano, pierre tombale de Matteo Trenta. — Vers 1420 : Bibl. nat., lat. 13267, folios 113, 117, 124. — 1425 : Ibid., lat. 1158, folios 84, 91 ; Brit. Mus, Add. MS. 18850, fol. 17 v°. — 1430 : Bibl. nat., fr. 2675, fol. 60 ; lat. 17294, folios 27 v°, 41 v°, 47 v°, 108 v°, 357 v°, 433 v°. Bibl. de Chartres, 547, fol. 12. Bibl. de Rouen, 1143, fol. 4. — 1435 : Bibl. nat., fr. 239, folios 157, 170, 211 v°, 212, 289 v°. — 1440 : Ibid. ; fr. 22553, fol. 50. Bibl. de l’Arsenal 5070, folios 18 v°, 28 v° 244.

  25. [340]

    Vers 1430 : Bibl. nat., lat. 17294, fol. 433 v°.

  26. [341]

    Vers 1440. Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 244.

  27. [342]

    Vers 1410 : Henry Martin, Le Térence des Ducs, pl. XI, 43. Cet ouvrage offre beaucoup d’autres exemples de ces chaperons dont les gulerons sont disposés en crête saillante au-dessus du turban. On en trouve encore dans les manuscrits suivants : — 1405 : Bibl. nat., fr. 24289, fol. 1. — Ibid., fr. 9, fol. 35 v° ; fr. 73, fol. 50 ; fr. 759, fol. 69 ; fr. 616, folios 40 v°, 85 v°, 93, 96 v°, 99 v°, 111 v°, 115, 116, 118, 119 r° et v°, 120 ; fr. 2810, folios 92, 146, 226 ; fr. 12420, folios 46 v°, 134 r° et v° ; fr. 12559, folios 3, 7, 56 v°, 167, 168 v° ; fr. 20352, fol. 4 v°, fr. nouv. acq. 1255, fol. 12 v° ; lat. 9471, fol. 7. Bibl. de Besançon, 864, folios 1, 46 v°, 384 v°, 863, fol. 15. Bibl. de Troyes, 179, folios 5, 128. — 1413 : Bibl. de l’Arsenal, 5193, folios 80, 94 v°, 333. — 1417 : Bibl. nat., lat. 14620, fol. 3. — Vers 1425 : Ibid., lat. 1158, fol. 84. Brit. mus., Add. MS. 18850, fol. 96. — 1430 : Bibl. nat., lat. 18026, fol. 79. Bibl. de Rouen, 1143, fol.4.

  28. [343]

    Vers 1410 : Bibl. nat., lat. 10538, fol. 21. — 1415 : Ibid., fr. 10, fol. 444. — 1448 : Vatican, Chapelle Saint-Nicolas, Fra Angelico, saint Laurent distribuant des aumones. — Vers 1450 : Bibl. de Chantilly, 1456 (livre d’heures non paginé), chaperon de saint Joseph dans la miniature représentant la fuite en Égypte. — 1456 : Les Miracles de Notre-Dame, Paris, Berthaud, t. I, planches 7, 8, 9.

  29. [344]

    Vers 1440 : Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 293.

  30. [345]

    Exceptionnellement, une miniature d’environ 1400 (Bibl. de Dijon, 1268, fol. 196 v°) nous montre trois chaperons de deuil embronchés, le premier rose, le second rouge et le troisième bleu. Cette singularité n’est sans doute qu’une fantaisie de l’enlumineur.

  31. [346]

    Voir en particulier au Musée du Louvre, les pleurants du tombeau de Philippe Pot, d’environ 1480.

  32. [347]

    Les robes, chausses, et chaperons, confectionnés à Bruxelles pour les obsèques du duc Philippe le Hardi, furent menés à Hal, où était mort ce prince, par trois couturiers bruxellois pour être essayés sur les personnes à qui ces habillements furent donnés (Bibl. nat., Coll. Bourg., t. LIV, folios 79, 80). Cet essayage pouvait n’être, au moins quant aux chaperons, qu’une répartition de vêtements tout faits de différentes grandeurs.

  33. [348]

    Magnifique et somptueuse pompe funèbre, publiée par Plantin à Anvers, en 1559.

  34. [349]

    Bibl. nat., Est., Gravure représentant la chambre du trépas de Louis XIV.

  35. [350]

    Quicherat, Histoire du costume en France, p. 747.

  36. [351]

    Plus tard, une simple fente horizontale remplacera quelquefois, sur des têtières arrondies de façon à prendre la forme du crâne, l’entaille angulaire indiquée sur quatre des chaperons de la figure 19. On trouve des exemples de ce genre d’emmanchement de cornette dans les manuscrits suivants : — Vers 1430 : Bibl. nat., lat. 13264, fol. 105 v° ; Bibl. de Cambrai, 146, fol. 67 v°. — 1460 : Bruxelles, Bibl. roy. 9068, fol. 295.

  37. [352]

    Les figures 2 et 4, qui donnent les patrons de deux chaperons à cornettes verticales, font comprendre cette convexité de certaines têtières.

  38. [353]

    Vers 1400 : Bibl. nat., fr. 811, fol. 8 v°. — 1410 : Bibl. de Besançon, 865, fol. 426 verso. Bibl. de Troyes, 179, fol. 128. — 1435 : Bibl. nat., lat. 1156 A, fol. 14 v°, 48, 62. — 1483 : Ibid., fr. 648, fol. 16.

  39. [354]

    Vers 1410 : Bibl. de l’Arsenal, 664, fol. 209 v°. D’autres différences plus essentielles, dont nous parlerons plus loin, distinguaient les chaperons des femmes de ceux des hommes.

  40. [355]

    C’est un chaperon à cornette rapportée que représentent cette figure, mais le chaperon à cornette horizontale pouvait prendre la même disposition.

  41. [356]

    1456 : Miracles de Notre-Dame, t. I, pl. 12.

  42. [357]

    Vers 1415 : Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 298 v°.

  43. [358]

    Vers 1350 : Leipzig, Bibl. de l’Université, 3514, fol. 44 v°. — 1400 : Bibl. nat., fr. 23, fol. 119 v°. — Ibid., lat. 10338, fol. 11. Bibl. de Rennes, 28, folios 33, 94. — 1415 : Bibl. de l’Arsenal, 5193, folios 11 v°, 341, 353 v°. Brit. Mus., Harl. MS. 4431, folios 106, 109, 124 v°. — 1433 : Bibl. nat., fr. 239, fol. 171. — 1440 : Bibl. d’Aurillac, 2, fol. 3.

  44. [359]

    Vers 1407 : Bibl. nat., lat. 7907 A, folios, 15, 18, 20, 24, 107.

  45. [360]

    Vers 1415 : Bibl. de l’Arsenal. 5193, fol. 290 v°.

  46. [361]

    Comme nous l’avons déjà dit, il y avait des chaperons agencés en bonnets d’une manière fixe et que par conséquent on ne pouvait enformer. Ce n’était dès lors que des espèces de chapeaux. L’examen de ces chaperons façonnés à demeure trouvera sa place dans notre deuxième partie.

  47. [362]

    Vers 1410 : Bibl. nat., fr. 616.

  48. [363]

    Les La Trémoille pendant cinq siècles, Nantes, 1890, t. 1, p. 230 C.

    Enformé, le chaperon était la meilleure des coiffures pour foncer, tête baissée, dans les fourrés. On en rabattait alors la visagière sur les yeux, comme l’indiquent ces deux vers du Roman de Rou :

    Sur ses oils traist li chaperon

    Comme hom ki deit passer bison.

  49. [364]

    Vers 1410 : Bibl. nat., fr. 616. folios 57 v°, 77, 85 v°, 112.

  50. [365]

    1432-1433 : Item pour crochès de fer pour mettre devant ou derrière à ses chaperons à enformer IIII s. (Léon de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. I, n° 1653).

  51. [366]

    Vers 1310 : Brit. Mus., Arundel MS. 83, fol. 124. — 1400 : Bibl. nat., fr. 12592, fol. 44 v°. — 1435 : Ibid., fr. 239, folios 212, 242.

  52. [367]

    Vers 1340. — Avignon, Palais des Papes, chapelle Saint Jean-Baptiste, Fresque du groupe de Laure.

    1377. — 1 chaperon a 6 boutons d’argent (B. Prost, Inventaire des ducs de Bourg., t. I, n° 3003).

    1379. — Bibl. nat., fr. 12399, folios 9 verso, 16, 19 verso, 20, 24, 28, 51 verso, 59, 61 verso, 73 verso, 84 verso, 157 verso.

    1389. — Un chaperon a boulons pour chevaucher. 4 S (Inventaire de Richard Picque, p. 31).

    Vers 1400. — Bibl. nat., Fr. 12592, fol. 44 verso.

    1412. — Brit. Mus., Harl. MS. 2332, folios 1 verso, 2 verso.

  53. [368]

    Vers 1407. — Bibl. nat., lat. 7907 A, fol. 43.

    1410. — Ibid., Fr. 25g, fol. 126. — Bibl. de Lyon, 584, fol. 70 verso.

    1415. — Bibl. nat., Fr. 10, fol. 466 verso.

    1427. — Bibl. de Gries (Tyrol), Speculum humanæ salvationis, David vainqueur de Goliath.

    1429. — Munich, Musée national bavarois, retable de Bamberg.

    Vers 1430. — Musée de Hambourg, retable de Saint Thomas de Cantorbéry, exécuté de 1424 à 1435.

    1433. — Brit. mus., Harl. MS. 2278, fol. 83.

    1437. — Musée de Berlin, retable de Hans Multscher.

    1441. — Nuremberg, Musée germanique, 998, folios 106 verso, 107.

    Vers 1445. — Brit. mus., Royal MS., 15 E VI, folios 7, 8 verso, 11 verso.

    1460. — Bibl., al., Fr. 12572. fol. 241 verso.

    1470. — Ibid., Fr. 2643, fol. 28 verso ; Fr. 2644, fol. 275.

  54. [369]

    Vers 1250. — Cathédrale du Mans, verrière de la légende d’Évron.

    1379. — Bibl. nat., Fr. 12399, folios 9 verso, 147.

    1393. — Ibid., Fr. 823, folios 87 verso, 92.

    Vers 1400. — Ibid., Fr. 12592, folios 45 verso, 63 verso ; Fr. 24405, fol. 101. Bibl. de l’Arsenal, 2312, fol. 100 verso, — Bibl. de Châteauroux. 2, fol. 6 recto et verso.

    1405. — Bibl. de l’Arsenal, 616, fol. 145. — Dijon, Puits de Moïse, le prophète Zacharie.

    1410. — Bibl., at., Fr. 2810, folios 2, 3, 15 verso, 125, 129 verso, 153 recto et verso, 155, 170, 171 verso. 210 verso, 215, 270 verso, 274 recto et verso, 292 ; fr. 12595, fol. 63 verso. — Bibl. de l’Arsenal, 3693, fol. 9. — Bibl. de Rennes, 28, fol. 68.

    1412. — Brit. Mus., Harl. MS. 2332, fol. 1 verso.

    1415. — Bruxelles, Bibl. royale, 11041, fol. 135, verso.

    Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, folios 179, 329. — Heures de Milan, Bruxelles, 1911, fol. 116.

    1420. — Bibl. nat., Fr. 131, fol. 213 verso ; Fr. 825, fol. 2 verso.

    1425. — Brit. Mus., Add. MS. i885o, fol. 5, verso.

    1430. — Bibl. nat., Fr. 20087, fol. 32 verso ; Fr. 20088, fol. 541 verso ; lat. 13269, fol. 68 ; lat. 15381, fol. 1. — Bibl. de Chantilly, 575, fol. 125 verso.

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018, fol. 63.

    Vers 1433. — Brit. Mus. Harl. MS. 2278, folios 27, 37.

    1440. — Bibl. nat., Fr. 111, fol. 23o verso. — Heures de Milan, Bruxelles, 1911, folios 38 verso, 109 verso ; 111, 116.

    1441. — Nuremberg, Musée Germanique, 998, fol. 196 verso.

    1449. — Bruxelles, Bibl. roy. 10958, folios 4 verso, 5 recto et verso, 7 verso, 8, 10, 11, 15, 20 recto et verso.

    Vers 1450. — Bibl. nat., Fr. 9842, fol. 91 ; Fr. nouv. atq. 4811, fol. 47.

    1455. — Ibid., Fr. 309, fol. 57 verso.

    1460. — Bruxelles, Bibl. roya., 9067, folios 85 verso, 149 verso.

    Vers 1460. — Bibl. nat., Fr. 12566, fol. 58 verso : lat. i8o3o, fol. 43 verso. — Bibl de Clermont-Ferrand, 84, fol. 10.

    1467. — Bibl. nat., Fr. 254, folios 13 verso, 36, 55.

    Vers 1470. — Ibid., Fr. 2644, fol. 135 ; lat. 13263, folios 24, 67.— Bibl. de Caen, 13, fol. 70. — Bibl. de Cambrai, 107, fol. 56. — Bruxelles, Bibl. roy., 4244, fol. 75.

    1482. — Bibl. de Chaumont, Bréviaire de Langres, 1re partie, fol. 1.

    1485. — Bibl. de Rouen, 344, fol. 62 verso.

    1490. — Bibl. nat., lat. 13273, fol. 2.

    1500. — Venise Bibl. de S. Marco, Bréviaire Grimani, folios 5 verso, 8 verso.

  55. [370]

    Vers 1370. — Bibl. de Tours, 185, fol. 1 verso.

    1379. — Bibl. nat., Fr. 12399, folios 9 verso, 16, 19 verso, 20, 24, 28, 51 verso, 59, 61 verso, 63, 72 verso, 71 recto et verso, 84 verso.

    1400. — Ibid., Fr. 335, folios 13 verso, 78 verso, 102 verso, 232, 312 verso, 335 ; Fr. 336, fol. 59 verso.

    Vers 1400. — Ibid., Fr. 17060, fol. 13 verso. — Bibl. de l’Arsenal, 2312, fol. 102 verso ; 3141, fol. 56 verso.

    1405. — Bibl. de l’Arsenal, 616, fol. 75 verso.

    1408. — Osta (Jean sans Peur) son aumuche de velours qu’il avoit mise sur un chappron enfairmé… (Rapport de Jehan Petit, ap. Douée d’Arcq, Bul. de la Soc. de l’Hist. de Fr., t. II, part. 2, p. 14).

    Vers 1410. — Bibl. nat., Fr. 259. folios 15, 275, 501 verso ; Fr. 603, fol. 81 ; Fr. 1023, fol. 31 verso ; Fr. 2810, folios 7, 86 verso, 87, 109 verso, 110 verso, 137 verso, 188, 101, 199 verso, 213 ; fr. 12559, folios 74 verso, 168 verso ; fr. 20352, fol. 10 verso ; fr. nouv. acq. 9604, fol. 1 ; fr nouv. acq. 6352, folios 4, 5 verso ; lat. 10529, fol. 2 ; lat. 10538, fol. 3. — Bibl. de l’Arsenal, 3477, fol. 156 verso ; 3480, fol. 442 verso ; 5077, folios 24 verso, 192, 285.

    1415. — Bibl. de l’Arscnal, 5193, folios 215 verso, 371, 380 verso, 389 verso. — Brit. Mus., Harl. MS. 2.897, fol. 157 verso, 160.

    1419. — Bibl. d’Avallon, 1, folios 1 verso, 2.

    Vers 1420. — Bibl. nat., fr. 210, fol. 1.

    Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 56 verso.

    Vers 1430. — Bibl. nat., lat. 13278, folios 65, 85. — Brit. Mus., Add. MS. 35311, folios 294, 310 verso, 374 verso.

    Vers 1433. — Bill. nat., lat. 17294. fol. 256 verso. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, fol. 27.

    Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 111, fol. 263 verso. — Bibl. d’Aurillac, 2, fol. 11. — Heures de Milan, Bruxelles 1911, fol. 9 verso.

    Vers 1450. — Bibl. nat., fr. 9342, fol. 121 verso ; lat. 1176, fol. 140 verso. — Bibl. de Saint-Omer, 183, fol. 19. Notre-Dame de Semur, vitrail des bouchers.

    1451. — Bibl. nat., fr. 12476, fol. 112.

    1455. — Ibid., fr. 309, folios 76, 95 verso, 103 verso, 157.

    1460. — Bruxelles. Bibl. roy., 9067. fol. 85 verso.

    Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 12574. fol. 162.

    1467. — Bruxelles, Bibl. roy. 9243, fol. 14 verso.

    Vers 1470. — Bibl. nat., lat. 13163, fol. 1. — Bruxelles, Bibl. roy., 9967, fol. 83. — Musée de Berlin, Ouvater, Résurrection de Lazare.

    Vers 1480. — Bibl. nat., fr. 22500, folios 6, 47.

    Vers 1490. — Bibl. de Carpentras, 59. fol. 9.

    Vers 1495. — Bibl. de Rouen, 345. fol. 45 verso.

  56. [371]

    1408. — … un chappron enlairmé, dessoubs le quel avoit une capeline… (Suite de la citation de la note précédente). En principe, le terme de capeline était réservé aux chapeaux à très grands bords, et ce n’est que par antiphrase qu’il désignait quelquefois de simples calottes.

  57. [372]

    Vers 1410. — Bibl. de Besançon, 865, fol. 15. Dans cette miniature, les chaperons blancs paraissent être du type de notre figure 24. Un Froissart de la Bibl. nat., un peu plus moderne, représente les Flamands révoltés, coiffés de chaperons blancs à longues cornettes tortillées sur des guletons couvrant la nuque (fr. 2658 ; fol. 14).

  58. [373]

    1375. — II chapons p. gorge un double et un cengle (Brit. Mus., Add. Chart., 2037). 1386. — Une aulne d’escarlate vermeille toute preste pour faire iiii chapperons, deux doubles et deux sangles à mettre sur coquette de satin et de veloux vermeil (Douet-d’Arcq, Nouv. rec. des Cptes de l’Argenterie, p. 125.) 1454, 1455. — Pour deux petis chapperons à enformer, ung double et ung seingle, au pris de six solz piece. (L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1673).

  59. [374]

    1458. — Pour la façon d’un petit chapperon à enformer, taillé de un tiers d’aune de drap noir de Rouen, doublé de un tiers taffetas noir de Fleurance, 10 s. t. (1er Cpte roy. de P. Burdelot, fol. 29, ap. Gay, Gloss archéol., t. I, p. 332.)

  60. [375]

    1395. — II chapperons de tres fort satin vermeil doublés de satin noir (Brit. Mus., Add. Chart., 2175).

    1400. — II chappons de drap de dampnas doublés de satin vert (Ibid., 2367).

    Vers 1400. — Bibl. nat., fr. 12592, fol. 44 verso. 1402. — Trois chappons de fin drap vert gay doublés de satin noir (Brit. Mus., Add. Chart., 2384).

    Vers 1405. — Bibl. de l’Arsenal, 616, fol. 73.

    1410. — Ibid., 5077, fol. 190 verso.

    1440. — Bibl. d’Aurillac, 2, folios 54, 59 verso, 71. 1460. — Bibl. nat., fr. 12574, fol. 24.

    1482. — Bibl. de Chaumont, Bréviaire de Langres, 2e partie, fol. 334.

  61. [376]

    1491. — Pour la façon d’avoir fait et taillé demye aulne ung chapperon à enformer et d’icelluy avoir doublé la barbute, 5 s. t. (9e Cpte roy. de P. Briçonnet, fol. 162 verso).

  62. [377]

    1438-1439. — Vint petiz chapperons tous decoppez qu’il a faiz pour les paiges, palefreniers et varlès d’estable (L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1282).

  63. [378]

    Vers 1400. — Bibl. de Châteauroux, 2, fol. 5.

    Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 12559, fol. 5 ; fr. 20353, fol. 53 ; fr. nouv. acq. 9604, fol. 1. — Bibl. de Carpentras, 52, fol. 102.

    Vers 1415. — Bibl. nat., fr. 9, fol. 275 ; fr. 10, fol. 364.

    1437. — Bibl. de l’Arsenal, 5199, fol. 1.

  64. [379]

    Vers 1415. — Bibl. nat., fr. 9, fol. 171 verso.

    1427. — Les gulerons découpés en lambeaux sont très nombreux dans le Speculum humanæ salvationis, daté de 1427, conservé dans la Bibl. du couvent des Bénédictins de Gries (Tyrol).

    Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 398 verso.

    Vers 1440. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 273 verso.

    1442. — Olivier de la Marche, Mém., t. I, p. 276.

    Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 6165, fol. 419.

  65. [380]

    1420-1421. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 645.

  66. [381]

    Vers 1400. — Bibl. nat., fr. 335, fol. 19.

    Vers 1410. — Ibid., fr. nouv. acq. 6352, fol. 4 verso.

    Vers 1415. — Ibid., fr. 848, fol. 2 verso. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, folios 159, 166. — Brit. mus., Harl. MS. 4431, fol. 102.

    1427. — Bibl. du couvent de Gries (Tyrol). Speculum humanæ salvationis.

    Vers 1430. — Bibl. nat., fr. 20087, fol. 32 verso. — Bibl. de Caen, Collect. Mancel, 237, fol. 73 verso. — Bibl. de Rouen, 1143, fol. 4. — Dresde, Bibl. roy., 60, fol. 141.

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy. 9018-9, folios 5, 23.

    Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 395. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, fol. 37.

    1441. — Nuremberg, Musée germanique, 998, folios 106 verso, 107, 170 verso.

    Vers 1445. — Brit. Mus., Royal MS. 15 E. vi, fol. 6 verso.

    Vers 1450. — Millin, Antiq. nat., t. V, n° LIV, pl. 7, p. 67, statuette de Jean, comte d’Étampes, décorant le tombeau de Louis de Mâle.

  67. [382]

    Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 616, folios 13, 52 verso, 53 verso, 66, 67, 103, 105 verso, 111, 118 verso, 119 verso.

    Vers 1415. — Brit. Mus., Harl. MS. 2897, fol. 390 verso.

    Vers 1425. — Ibid., Add. MS. 18850, fol. 290 verso.

  68. [383]

    Vers 1400. — Bibl. nat., fr. 335, fol. 13 verso.

    Vers 1410. — Ibid., fr. 12420, fol. 98 verso ; fr. 20353, fol. 1 verso.

    Vers 1415. — Dresde, Bibl. roy. Oc. 61, fol. 34 recto et verso.

    Vers 1420. — Bibl. nat., fr. 226, folios 151, 221 verso.

    Vers 1450. — Amsterdam, Musée de l’Etat, une des statuettes du Dam, par Jacques de Gérines.

  69. [384]

    Vers 1400. — Bibl. de Châteauroux, 2, fol. 395 verso.

    1405. — Bibl. nat., fr. 598, fol. 76.

    1415. — Ibid., fr. 848, fol. 1.

  70. [385]

    Les La Trémoille pendant cinq siècles, Nantes, 1890, t. I, p. 130.

  71. [386]

    Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 616, fol. 114 verso ; fr. 20352, fol. 45 verso.

  72. [387]

    1405. — Dijon, Puits de Moïse, chaperon d’Isaïe (Voir fig. 1 et 2).

    Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 2810, fol. 3 ; fr. 12420, folios 18 verso, 161.

  73. [388]

    Vers 1420. — Brit. Mus., Harl. MS. 1251, fol. 109.

    Vers 1425. — Ibid., Add. MS. 18850, fol. 170.

    Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, folios 13 verso, 66, 368 verso.

  74. [389]

    Vers 1400. — Bibl. nat., fr. 6261, fol. 14.

    Vers 1407. — Ibid., lat. 7907 A, folios 15, 18, 20 verso.

    Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 378.

    1432. — Bibl. nat., lat. 10209, fol. 1.

    Vers 1450. — Ibid., lat. 848, fol. 155 verso.

  75. [390]

    Vers 1400. — Bibl. nat., fr. 23, fol. 1 ; fr. 811, fol. 8 verso ; fr. 12592, fol. 44 verso ; lat. 13262 fol. 24 verso.

    Vers 1410. — Ibid., fr. 2810, folios 142 verso, 191, 255, 272 ; fr. 12420, fol. 13 verso. — Bibl. de Troyes, 179, fol. 128.

    1412. — Brit. Mus., Harl. MS. 2332, fol. 1 verso.

    Vers 1415. — Bibl. nat., fr. 10, fol. 444. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, folios 337, 376.

    1451. — Bibl. nat., fr. 12476, fol. 68 verso.

    1456. — (Miracles de Notre-Dame, pl. 19).

    Vers 1470. — Bibl. de Lille, 412, fol. 230.

    1491. — Bibl. de Saint-Calais, 1, fol. 69.

  76. [391]

    Vers 1415. — Heures de Turin, Paris, 1902, fol. 59 verso (Cornette tortillée autour d’un chaperon enformé et dont l’extrémité pendante dénote une longueur totale plus grande que celles des cornettes données dans nos figures 4 et 8).

  77. [392]

    Les cornettes masculines du quinzième siècle sont plates et toujours d’une certaine largeur. Celles du siècle précédent sont étroites affectant la forme d’un tuyaux souvent très minces comme le prouvent les références suivantes :

    1348. — Bibl. nat., fr. 241, fol. 177.

    1373. — Ibid., fr., 14939, fol. 5.

    1375. — Ibid., fr. 9749, fol. 76 verso.

    Vers 1379. — Ibid., fr. 2813, fol. 3 verso.

    Vers 1380. — Ibid., fr., 871, fol. 196.

    Vers 1390. — Ibid., fr. 619, fol. 1.

  78. [393]

    1476. — Lettres de rémission, accordées à Berthonnet Bedard, chaussetier demeurant à Poitiers (Arch. nat. JJ. 201, p. 185).

  79. [394]

    Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 12420, fol. 15.

    Vers 1450. — Florence, Académie des Beaux Arts, Les Noces de Boccace Adimari.

    1478. — Bibl. de l’Arsenal, 3692, fol. 8.

  80. [395]

    Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 66.

  81. [396]

    Exceptionnellement, une miniature d’environ 1440 (Bibl. d’Amiens, 483, fol. 107) montre un chaperon sur l’épaule dont la visagière, au lieu d’être tournée en dehors, l’est en dedans, du côté du cou.

  82. [397]

    Histoire du costume en France, p. 271. Quicherat ne cite aucun texte a l’appui de cette assertion que nous croyons erronée, au moins pour les chaperons à longues cornettes, l’expérience nous ayant appris que ces chaperons tiennent très suffisamment sur l’épaule sans la moindre agrafe.

  83. [398]

    Saint-Julien nous apprend, dans ses Meslanges Historiques, qu’on portait encore des bonnets à la coquarde et à l’arbaleste du temps de Bayard. Ces bonnets n’étaient autres que les anciens chaperons façonnés.

  84. [399]

    Remarquons à ce propos que les rubans de nos chapeaux modernes paraissent bien provenir des anciennes cornettes des chaperons du XVe siècle. Dès la fin du règne de Charles VII, on voit en effet les chapeaux emprunter parfois aux chaperons leurs longues cornettes.

  85. [400]

    On conçoit la longue durée du chaperon à enformer qui était une coiffure utile plutôt qu’un objet de luxe et de fantaisie.

  86. [401]

    Le greffier de la Rochelle parle d’un chapeau noir. De cette indication, ne retenons que la couleur, puisqu’il est prouvé qu’à ce moment Jeanne d’Arc n’avait qu’un chaperon.

  87. [402]

    Vers 1433 : Bibl. nat., lat. 17294, fol. 13 v°. Le chaperon porté par le personnage ici représenté, est un chaperon façonné, du genre dit bourrelet, mais la figure 28 nous a montré le chaperon libre dans la meure position.

  88. [403]

    Les flèches indiquent le sens de l’étoffe pour les pièces d’épaules.

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